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  • De Ouf ! par Macif : Nordine Ganso, le rire en ultra-violet

    De Ouf ! par Macif : Nordine Ganso, le rire en ultra-violet

    Bonjour Nordine. Tu t’apprêtes à monter sur scène : est-ce que, malgré l’habitude, tu as toujours le trac ?

    Ouais, quand même ! On a toujours peur, surtout quand c’est filmé, on veut toujours faire des trucs bien, avoir un bon mood et tout, donc je pense que ça va être bien. Après, pour De Ouf !, j’ai un thème assez précis, donc, tu vois, on essaie de s’y tenir et de respecter. Ne pas être vulgaire, être bienveillant… Et si on s’égare un peu du thème, les gens, ils vont pas nous taper dessus, quoi !

    Ton métier, c’est de faire rire les gens. D’où te vient “ce truc”, est-ce que c’était déjà le cas quand tu étais enfant ?

    Je pense que j’ai toujours voulu être le gars qui fait golri les gens, mais ça n’a jamais été par des blagues. Avant, c’était plus en me faisant remarquer. J’étais un petit élève turbulent, tu vois, je faisais des bêtises à l’école pour faire marrer la galerie. Après, j’ai capté que je voulais vraiment faire un métier à part, donc j’ai commencé à chercher un peu, je voulais être dans le foot à fond. Mais j’ai arrêté et je me suis lancé dans tout ce qui est comédie, et puis j’ai commencé à faire du stand-up très vite. À 17 ans, j’ai démarré, j’ai quitté Bordeaux pour Paris. Aujourd’hui, c’est mon job à temps plein, donc c’est cool, de ouf.

     

    Tu as fait salle comble partout avec ton spectacle “Ultra Violet” : qu’est-ce qu’on se dit quand on a rempli autant de salles, quand on a fait rire autant de gens ?

    Il y a un double sentiment, il y a un truc de “p***** c’est fini” ! En même temps, t’es fier, et en même temps, t’as peur, parce que le plus important, c’est la suite. Et c’est un truc qui te torture en vrai au quotidien. Moi je pense toujours à l’après et en même temps il faut penser à ce que t’as maintenant. Il ne faut pas penser à demain, parce que quand on démarre, on ne sait pas de quoi demain sera fait. Le problème c’est que quand t’as du succès, tu sais qu’il y a un demain. Donc du coup, le demain, il faut le préparer pendant que t’es dans le présent, et c’est ça le plus dur, tu vois. Donc franchement j’ai hâte de préparer la suite, mais je suis confiant, déjà “Violet” ça a été une belle aventure !  En vrai, ce spectacle-là, c’est une consécration de malade, genre, j’aurais jamais imaginé faire tout ça. Maintenant, le but, c’est de se dire, on a fini ça en beauté et on passe à la suite.

     

    Tu es donc déjà en cours de travail pour la suite ?

    Ouais, j’ai repris le chemin des comédies-clubs, au Sacré, au Paname, au Jamel Comédie-Club… pour essayer déjà de me remettre dans cette direction, et une fois qu’on aura tout écrit, tout travaillé, on pourra se relancer sur la suite.

     

    Est-ce que tu as conscience d’aider les gens à poser un autre regard sur eux, à mieux accepter leur fragilité, leur vulnérabilité ? Est-ce que l’humour, ça sert aussi à ça ?

    J’ai pas forcément écrit en ayant ça en tête, mais c’est vrai que plus j’avance et plus je reçois des messages de gens qui me disent “merci pour ton regard, merci pour ce que tu racontes, parce que ça me touche” donc ça me fait plaisir. Après, l’idée, c’est vraiment d’être honnête avec moi-même, ce que je fais, c’est vraiment dans l’idée de me ressembler moi, et de faire un truc qui me correspond. Et ça touche les gens, donc c’est cool. Parce que oui, faire rire, ça permet de décloisonner beaucoup de choses, ça dédramatise des sujets lourds, et rire, ça permet aux gens d’être bien dans leur tête, dans leur peau. C’est incroyable et je conseille à tout le monde de rigoler parce que c’est la meilleure façon d’aller mieux quand on ne va pas bien !

     

    Et le choix du violet, pour le nom du spectacle, dans la tenue, c’est pour quoi ?

    En fait, il y avait d’abord cette histoire de mélange. Parce que moi je suis métis : mon père est congolais, ma mère est marocaine-algérienne et je voulais trouver une façon subtile de parler de ça, sans dire je suis arabe et noir quoi. Donc je trouvais que le fait de prendre une couleur comme le violet c’était intéressant. Après, il y a aussi toutes les valeurs que le violet incarne : le symbole du féminisme, la douceur, l’apaisement ; et c’est même devenu une sorte d’état d’esprit aujourd’hui, donc c’est cool. Il y a même des gens qui viennent habillés en violet dans ma salle.

     

    Tu participes à la saison 3 de De Ouf ! : est-ce que tu connais les autres humoristes qui partagent la scène avec toi ?

    Oui, on se connaît tous, c’est bienveillant, on rigole entre nous, on se donne des retours sur des blagues. On est vraiment une bonne équipe. Et surtout, ce ne sont que des gens que j’aime bien. Moi, je suis quelqu’un de très généreux, très solaire, j’ai beaucoup de respect pour tout le monde, donc en vrai c’est cool et là, ça a été une très bonne soirée. 

     

    On se prépare différemment quand le public ne vient pas pour soi, ou ne connaît pas forcément l’artiste, comme c’est le cas dans un programme de stand up comme De Ouf ! ?

    Ouais, on sait jamais vraiment, en fait il faut travailler les blagues au max et voir comment ça réagit. Si le public réagit bien, tant mieux, et si ça réagit pas, c’est que c’est que c’était pas pour nous et il faut se remettre en question mais généralement quand tu fais ton passage en plateau en comédie club, c’est beaucoup plus dur que dans des émissions de télé, là, il y a un chauffeur de salle, il y a quelqu’un qui vient mettre une énergie donc c’est plus simple d’arriver avec des blagues qui marchent, donc c’est cool.

     

    Quel petit conseil tu donnerais aux jeunes qui voudraient se lancer dans le stand up ?

    Mon conseil, c’est : faites des blagues, écrivez, testez-les dans les comédies club et surtout gardez en tête que c’est en étant toi-même que tu vas faire des grandes choses. Plus tu restes toi-même et plus tu vas être dans une direction qui t’appartient.

     

    De Ouf ! par Macif : revivez la saison 3 !

    Meryem Benoua, Ethan Lallouz, Nordine Ganso, Laurie Peret, Sofiane Soch, Rodrigue, Nordine Ganso : retrouvez la team 2025 sur la scène du Sacré dans la saison 3 de De Ouf ! par Macif, présentée par Camille Lellouche.

  • Ados, IA et deepfakes : les dangers de l’ère du faux

    Ados, IA et deepfakes : les dangers de l’ère du faux

    L’utilisation de l’IA peut permettre de générer des contenus amusants, pourtant, elle ouvre aussi la porte à des dérives plus sinistres, tels que des « deepfakes », des images truquées et nocives. Comment les parents peuvent-ils accompagner leurs enfants face à cette menace nouvelle ? 

    « Je suis comme Saint-Thomas, je ne crois que ce que je vois. » Longtemps, ce dicton célèbre a fait consensus. Aujourd’hui pourtant, il est remis en question par l’intelligence artificielle générative, qui permet de créer de toutes pièces des images. « C’est un changement de paradigme. Auparavant, ce qu’on voyait de nos yeux avait caractère d’évidence, aujourd’hui, on ne peut plus croire tout ce qu’on voit. L’évidence n’a plus rien d’évidente », explique Jean-Gabriel Ganascia, président du comité d’éthique du CNRS et spécialiste de l’intelligence artificielle. Avec l’avènement des outils d’IA générative, la manipulation d’images s’est démocratisée. Faire mentir des photos est devenu un jeu d’enfants. D’autant qu’il est difficile de démêler le vrai du faux, les solutions techniques n’étant pas toujours capables de déceler un trucage. Désormais, tout le monde peut générer un hypertrucage (une notion que Jean-Gabriel Ganascia préfère à celle de deepfake) bluffant de réalisme. Il suffit d’une photo publiée en ligne, d’un logiciel et le tour est joué. Nolan, 13 ans, est en classe de quatrième en région parisienne. Avec d’autres collégiens, il s’amuse à générer des contenus amusants à partir de leurs photos. Mais cette utilisation ludique peut aussi évoluer en de plus graves dérives, à l’image de la fabrication de deepfakes à contenu pornographique ou diffamatoire. 
     

    Une sensibilisation essentielle

    Le 12 mars dernier, un fait divers a défrayé la chronique dans la Manche. Une douzaine de collégiennes scolarisées dans le département ont été victimes de deepfakes à caractère sexuel. Ces derniers mois, la manipulation d’image à des fins de malveillance, de vengeance et de cyberharcèlement a explosé. Les conséquences pour les victimes peuvent être désastreuses et aller jusqu’à provoquer un suicide. Axelle Desaint est la directrice d’Internet Sans Crainte, le programme national d’éducation des jeunes au numérique. En mars dernier, à l’occasion du Safer Internet Day, elle organisait à la Sorbonne à Paris une grande séance de sensibilisation auprès de 500 élèves de troisième et de seconde. L’occasion de constater que le sujet est une grande source d’angoisse pour les adolescents : « Quand on a abordé le sujet des deep nudes (des images truquées de corps dénudés), il y a eu un silence religieux dans la salle, on sent que cela parle déjà énormément aux jeunes. » Pour la coordinatrice de Safer Internet France, parler du sujet dans le cadre familial et sensibiliser les jeunes aux dangers du numérique reste essentielle pour contrer les dérives. Celle qui anime régulièrement des ateliers de sensibilisation au sujet dans les lycées se réjouit d’ailleurs du retour des séances d’éducation sexuelle et affective à l’école : « J’espère que, dans ces séances, les enjeux d’intimité, de sexualité, de rapport affectif dans l’espace numérique vont être abordés, car les adolescents sont très seuls face à ces sujets. »

    Ne jamais répondre

    Avec les progrès de la technologie, ce sont désormais parfois des « brouteurs », ces sinistres arnaqueurs en lignes, qui génèrent des deep nudes à partir d’images captées sur les réseaux sociaux avant de les envoyer aux victimes en les menaçant de les dévoiler à tout leur entourage. Dès lors, comment les victimes de sextorsion, le terme générique pour les extorsions basés sur la sexualité, doivent réagir ? : « C’est un peu contre-intuitif, mais il ne faut pas répondre, c’est le même principe que les spams. Répondre, c’est valider son numéro ou son e-mail. Si vous ne répondez pas, l’image ne sera jamais partagée. La bonne réponse est donc d’ignorer et de signaler aux autorités pour permettre éventuellement de repérer une adresse IP et de remonter vers un réseau d’arnaqueurs », détaille Axelle Desaint. Et dans le cas où le harceleur n’est pas un brouteur, mais bien un camarade de classe ou une connaissance ? Il convient alors d’effectuer un signalement à son établissement scolaire ou même de porter plainte auprès de la police : « Le cyberharcèlement est un délit passible de lourdes amendes, voire de peines de prison. On ne joue pas avec l’identité de l’autre », termine Axelle Desaint.
     

  • Make-up mania : quel maquillage pour les ados ?

    Make-up mania : quel maquillage pour les ados ?

    Si la pratique est vieille comme le monde, elle prend aujourd’hui une autre dimension, plus virale, avec les réseaux sociaux, alors que les points de vente physiques ou digitaux se sont démultipliés. Raison de plus pour garder un œil sur nos jeunes et leur rapport au make-up.

    Quand Elsa, 43 ans, a remarqué qu’Ada, sa fille de 13 ans, se maquillait, elle a un peu tiqué. « Pourtant, elle avait eu ses règles l’année précédente, qu’elle grandisse n’avait rien d’une surprise. Mais je n’ai pas trop aimé. C’est d’autant plus étrange que, pour être honnête, à l’adolescence, je me maquillais comme un camion volé. Avec tous les tutos qu’on trouve aujourd’hui, Ada a obtenu des résultats bien plus réussis. Mais, j’ai eu l’impression que ce n’était plus elle. » Pour Aude, 48 ans, le ressenti a été totalement différent avec Clélia, sa fille qui a aujourd’hui 15 ans : « Ça nous a donné quelque chose de nouveau à partager, ça nous a un peu rapprochées dans une période où, justement, elle s’éloignait. Elle me demande, parfois, mon avis, je lui prête mon maquillage et elle m’apprend de nouvelles techniques. »
    Dans les deux cas, en fait, il s’agit, d’un « rite de passage » comme l’explique le psychiatre et pédopsychiatre Stéphane Clerget*, mais c’est aussi pour les ados une façon « plutôt saine d’essayer d’avoir le contrôle sur son corps, à un âge où, justement ils se modifient. Et puis c’est une manière d’essayer de se donner une allure un peu adulte quand on est plus jeune. Paradoxalement, le maquillage est aussi un moyen de se cacher. Et c’est ce qui permet de s’exposer tout en étant à l’abri, comme avec un masque finalement ».
     

    Déconseillé avant la puberté

    Vouloir se maquiller à l’adolescence est donc normal. Mais parfois les préados aimeraient aussi se farder comme les plus grands. Et là, il convient d’être vigilants, car il y a des considérations dermatologiques à prendre en compte. Ainsi, avant la puberté, il est bon de cantonner le maquillage à des évènements exceptionnels, comme le gala de l’école, le carnaval, etc., et de toujours utiliser des produits adaptés. « Chez les enfants, la peau est beaucoup plus fine, explique le Dr Isabelle Gallay, dermatologue à Dijon et vice- présidente du SNDV (Syndicat National des Dermatologues-Vénéréologues). Et ça favorise la pénétration de tous les actifs, de toutes les substances, ce qui augmente les risques de dessèchements, d’irritations, voire de développer des allergies. Alors qu’à la puberté, la peau devient plus épaisse. »
     

    Aider son ado à préserver la bonne santé de sa peau

    Si l’acné est la plaie de l’adolescence, il faut savoir que le maquillage peut le favoriser. On parle dans ce cas-là d’acné cosmétique. « C’est très répandu, note le Dr Gallay. Beaucoup de maquillages sont comédogènes, c’est-à-dire qu’ils vont boucher les pores, ce qui va favoriser le développement de kystes d’acné sous la peau. » D’où l’importance de choisir des produits adaptés, comme « un maquillage qui masque les imperfections, mais qui ne soit pas trop couvrant, qui ne risque pas d’empêcher le sébum de s’évacuer », conseille la dermatologue. Même logique si l’acné est déjà en place et que l’ado a la tentation, bien compréhensible, de vouloir camoufler boutons, points noirs et peau grasse, sous des plâtrées de fond de teint. Ce qui s’avère en réalité contre-productif. « Parce que, quand on a de l’acné, on a des glandes sébacées qui fonctionnent plus. Si ces glandes ne peuvent évacuer leur contenu parce que le maquillage fait barrière, parce qu’il est occlusif, ces glandes vont grossir et être à l’origine de la formation de kystes plus importants qui vont s’enflammer, et même parfois s’infecter, prévient le Dr Gallay. Mais heureusement, on a des gammes spécifiques à conseiller aux ados pour camoufler justement ces problèmes de peau, ces comédons » tient à rassurer la dermatologue. 
    Enfin, pour la santé et la beauté de la peau, qui dit maquillage dit démaquillage. Une sacro-sainte étape. « Il faut un nettoyage soigneux tous les soirs, recommande-t-elle. On peut même faire un double nettoyage : d’abord avec un produit un peu plus émulsifiant si on utilise des produits gras. Et puis, un nettoyant plus léger pour continuer à nettoyer la peau. Et le matin, juste une pulvérisation d’eau minérale et un séchage soigneux avec un Kleenex bien propre. »
     

    Faire attention à sa santé mentale

    « Il y a plein de tutos de maquillage sur les réseaux sociaux et c’est chouette d’avoir ça à dispo quand on est ado, admet Aude, la maman de Clélia, mais ça leur met aussi une pression énorme. À un moment ma fille refusait de passer la porte de l’appart si elle n’était pas maquillée. Heureusement cette période n’a pas duré. » Une préoccupation parentale naturelle et surtout nécessaire, comme l’explique le pédopsychiatre : « Il faut faire attention et chercher à savoir si elle ou il se maquille parce qu’elle ou il se trouve moche et s’il y a derrière ça une mésestime, met en garde le Dr Clerget*. Et dans ce cas, il faut l’aider à s’aimer. Évidemment, ça ne se fait pas en une fois. On revient sur le sujet régulièrement pour discuter avec elle/ lui de ses qualités, de ses compétences, de ce qu’il y a d’appréciable chez elle/lui. On les valorise. On veille à ce que l’entourage les valorise également. On mène l’enquête pour savoir s’il n’y a pas des gens autour d’eux qui les dévalorisent. C’est un travail sur du moyen terme. L’important est de favoriser l’estime de soi au-delà de l’apparence. »

    * Dr Stéphane Clerget, Le Guide de l’ado à l’usage des parents (Le livre de poche)

    Établir et respecter un budget

    Aujourd’hui, l’offre est devenue tellement énorme dans le domaine de la cosmétique que la tentation peut être grande de vouloir tout avoir, tout tester. « Au début c’est moi qui lui achetais son maquillage, raconte Aude. C’était aussi une façon de choisir et contrôler les produits qu’elle mettait sur sa peau. Mais elle a un peu trop cru que c’était la liste du père Noël : elle pensait pouvoir acheter pour plus de 50 euros par mois en cosmétique, alors j’ai mis le holà. Maintenant elle l’achète avec son argent de poche. Et on a établi un budget pour l’aider à comprendre et à faire des choix : quelle part de ses finances elle peut dépenser pour ses sorties, pour son maquillage, etc. » Le maquillage, la porte d’entrée pour faire comprendre ce qu’est un budget ? Finalement, les fards ne seraient donc pas tant superficiels… 

  • Ados : faire ses devoirs à l’heure de l’IA

    Ados : faire ses devoirs à l’heure de l’IA

    46,9 % des 13-25 ans qui utilisent ChatGPT reconnaissent y avoir recours pour réaliser des travaux scolaires. Comment réagir en tant que parents ? État des lieux de la pratique et conseils de professeur.

    Dans la liste des choses que les parents de 2025 ne comprennent pas toujours très bien – juste après les mèmes abscons et les vidéos TikTok où on parle en morse avec les yeux –, on trouve ChatGPT. Pas le concept, non. Tout le monde a vaguement compris qu’il s’agissait d’un robot qui parle comme un humain un peu trop poli. Mais l’usage qu’en font les ados, surtout pour faire leurs devoirs, reste un mystère teinté de soupçons. Car selon une étude récente, 46,9 % des 13–25 ans utilisant ChatGPT l’activent pour que l’application réalise leur travail à leur place. Alors forcément, ça secoue un peu le tableau noir. Triche ou outil malin ? Fainéantise ou débrouillardise 3.0 ? Pour les parents, la tentation est grande de tomber dans la parano numérique : « Mon enfant est-il en train de se faire remplacer par un algorithme ? » Spoiler : non. Ou en tout cas, pas encore. Reste que l’IA s’invite désormais à la table des devoirs, entre le stylo quatre couleurs et la calculatrice en fin de batterie. Faut-il s’inquiéter ou s’adapter ? Est-ce qu’un devoir fait avec l’aide d’un robot reste un devoir ? Comment accompagner cette révolution sans sombrer dans l’excès de surveillance ou le laxisme techno-compatissant ? 

    La facilité de l’IA

    Avouons-le, cette introduction au sujet a été réalisée grâce à ChatGPT. Bluffant, non ? Bluffant c’est également ce que s’est dit Pierre, 55 ans, quand son fils Basile a résolu un problème mathématique en quelques secondes grâce à l’IA. Alors que père et fils sèchent devant un ardu devoir de mathématiques, le lycéen, en classe de seconde, prend en photo le problème avant de le soumettre à l’intelligence artificielle. « Quelques secondes plus tard, c’était résolu », s’étonne ce cadre dans l’industrie. De quoi faire naître un peu d’inquiétude chez ce parent qui pense que le recours à l’IA pour faire ses devoirs s’apparente à un « minimum d’effort, pour un maximum de fainéantise ». Charlotte, 43 ans, a fait le même constat avec ses enfants de 12 et 15 ans. Un jour, elle réprimande son aîné qui utilise ChatGPT pour préparer un exposé et s’entend répondre avec impertinence : « Ça sert à quoi d’apprendre, de réfléchir ? ChatGPT peut le faire pour moi. » Le pire dans tout cela, c’est que lorsque sa fille – plus sensible à son argumentaire – décide de faire sa rédaction de français sans aide de l’intelligence artificielle, elle obtient une moins bonne note que ses copines qui ont sollicité ChatGPT : « Elle était dégoûtée », se souvient cette mère qui travaille dans le graphisme. 
    Selon Pierre, le souci de l’utilisation de l’intelligence artificielle pour faire ses devoirs s’inscrit dans un problème plus général : celui de la place des écrans, notamment dans l’enseignement : « Ce qui m’énerve, c’est que je fais la guerre aux écrans, alors même que l’école est devenue un environnement extrêmement numérique. Les exercices, les livres, les bulletins de notes, l’agenda… Tout est désormais sur écran », regrette-t-il. Charlotte fait un constat similaire : « Mon fils est en classe de troisième, il a toujours une bonne raison d’ouvrir son ordinateur. » Dès lors, il est difficile de savoir exactement quand les adolescents travaillent sérieusement sur leur ordinateur et quand ils font appel à l’IA pour faire leur boulot. 

    Travailler en bonne intelligence

    Alors, comment réguler l’utilisation de l’intelligence artificielle à un âge où se forme une bonne partie du jugement et de l’esprit critique ? C’est l’enjeu auquel sont confrontés les parents d’ado. Pour cela Charlotte a ses petites techniques : « Je lutte pour qu’ils arrêtent de chercher tout et n’importe quoi sur ChatGPT en leur rappelant que c’est très énergivore et que cela à un réel coût écologique » (chaque requête ChatGPT consomme jusqu’à 500 ml d’eau et 2,9 Wh d’énergie). Dès que Charlotte tombe sur un article de presse mettant en cause le bien-fondé du recours systématique à l’IA, cette directrice artistique l’envoie à ses enfants : « La dernière fois, je leur ai parlé d’une étude du MIT expliquant que l’utilisation de ChatGPT aurait des conséquences sur le fonctionnement cérébral. » À force de les sensibiliser à ce sujet, Charlotte a bon espoir que ses enfants utilisent l’IA à bon escient. 
    Certains professeurs l’assurent d’ailleurs, l’IA n’est pas forcément cet épouvantail qui rendra les élèves plus bêtes. D’ailleurs, de nombreux enseignants l’utilisent eux-mêmes pour préparer leurs cours. Certains poussent même leurs élèves à faire appel à elle. Ainsi, les professeurs du lycée Paul Valéry à Paris (XIIe arrondissement) ont élaboré un projet pédagogique pour que leurs élèves apprennent à travailler intelligemment avec l’IA. La professeure de lettres Claire Doz est ainsi persuadée que son utilisation peut favoriser l’apprentissage : « L’IA peut, par exemple, être une aide dans le cadre d’un sujet de dissertation. Souvent les élèves posent telle quelle la question du sujet à l’IA en espérant qu’elle délivre clé en main une réponse ou même, un plan. Or, une IA de type Brainstory, va plutôt poser une nouvelle une question à chaque question posée comme pour inciter l’élève à se poser lui-même des questions sur le sujet. Ainsi l’élève dialogue avec l’IA et en même temps avec le sujet et cela fait émerger en lui une meilleure compréhension de ses enjeux », estime-t-elle. Ce qui est certain, c’est que pour le moment, à l’heure de passer des contrôles en classe ou des épreuves officielles, les élèves ne peuvent pas encore compter sur l’aide de l’intelligence artificielle. La meilleure solution pour avoir son bac est certainement encore de bien réviser ses fiches !
     

  • Le volontariat rural pour les jeunes

    Le volontariat rural pour les jeunes

    En quinze ans d’existence, le service civique a connu une popularité croissante. Rien qu’en 2024, 150 000 jeunes ont rejoint à ce titre de nombreuses structures – associations, collectivités ou entreprises – durant 6 à 12 mois. Si certaines de ces « missions » s’effectuent en ville, il est également possible de sillonner la France rurale en travaillant pour des organismes locaux à faire vivre des initiatives dans les villages. C’est d’ailleurs la mission que s’est donnée InSite, une association ayant noué des partenariats avec des collectivités pour proposer à des jeunes entre 18 et 30 ans un « volontariat rural » sous la forme d’un service civique.

    « Un engagement mutuel qui permet de créer du lien »

    L’objectif ? Faire vivre des « initiatives culturelles, sociales et environnementales » pour « créer du lien social avec l’ensemble des habitants et mettre en pratique un art de vivre ensemble, respectueux du vivant ». Les missions proposées par InSite sont construites avec les acteurs locaux pour identifier les besoins du territoire. Après avoir lancé son action en Occitanie en 2019, InSite a étendu son offre dans plusieurs régions et entend apporter aux communes l’aide dont elles ont besoin, tout en faisant découvrir des « initiatives rurales porteuses de sens » aux jeunes. Ceux-ci peuvent ainsi participer au lancement et à l’animation d’un tiers-lieu à Argiusta-Moriccio (Corse), animer des activités participatives sur la biodiversité à Aube (Moselle), ou encore participer à la valorisation du patrimoine dans la vallée des peintres à Cuzion et Saint-Plantaire (Indre), tout en étant logés sur place.

    Plusieurs organismes pour faire du volontariat

    InSite n’est pas la seule association à mettre l’accent sur la vitalité des territoires ruraux. C’est également le cas de Familles rurales, qui, entre autres activités, envoie chaque année 150 jeunes en service civique rural sur le territoire français. « Nous proposons des missions allant de l’accueil périscolaire à la lutte contre l’isolement des personnes âgées, en passant par la création et l’animation d’espaces de vie sociale pour les familles », détaille Vincent Clivio, directeur du développement de la vie associative chez Familles rurales. Le responsable souligne que, dans la globalité, « les structures locales ont une évaluation positive » de ces expériences. Faire participer des jeunes à ces initiatives permet de « bousculer les choses établies, d’apporter une perspective nouvelle ». Pour ces derniers, « c’est un engagement mutuel qui permet de créer du lien et de désinhiber des jeunes qui n’ont pas confiance en eux en leur proposant une mission qui a une utilité sociale forte ».

    Une expérience bénéfique

    De fait, les retours des jeunes sont souvent très satisfaisants, « même pour ceux qui sont en échec, car on n’attend pas d’eux une réussite de type scolaire, mais une capacité à créer du lien ». Emma a ainsi effectué une mission à la Fédération de l’Aveyron de Familles rurales il y a quelques années, durant laquelle elle a aidé les associations locales à créer et à utiliser des sites Internet et à se développer sur les réseaux sociaux. Une expérience bénéfique, qui a permis à la jeune femme de « faire une pause » avant d’avoir à se décider sur la direction qu’allaient prendre ses études et de « se recentrer sur (elle)-même » pour « découvrir une autre voie » possible.

    De son côté, Julien a réalisé un service civique à Jarville-la-Malgrange (Meurthe-et-Moselle) en 2021. Son objectif : « Réaliser des vidéos de promotion du bénévolat et les offrir à des associations pour les aider à donner envie ». Âgé de 19 ans à l’époque, le jeune homme a également contribué à la « mise à disposition de tablettes numériques pour les personnes âgées isolées ». Une initiative essentielle au moment où le Covid-19 limitait les possibilités d’interaction sociale et où il était « très important de garder le contact ».

    « Se rendre utile et développer le sens du contact »

    En 2021 encore, Roxane a passé plusieurs mois dans le Maine-et-Loire pour aider à construire des projets d’activités pour séniors. Un moyen, selon elle, de se « recentrer sur des valeurs qui sont miennes : la bienveillance, l’entraide, le respect » et qu’elle a trouvées dans ces missions, mais aussi « de se rendre utile et développer le sens du contact », tout en ayant l’opportunité de « redéfinir » son projet professionnel.

    Des expériences enrichissantes, pour les territoires comme pour les jeunes qui s’y engagent. Pourtant, à l’été 2025, le service civique est victime, comme nombre d’autres secteurs, des coupes budgétaires destinées à redresser les finances publiques. « On nous demande de diminuer de 18 % le nombre de nos missions », révèle Vincent Clivio, qui s’inquiète de « la perte du lien social » qui pourrait ainsi être engendrée. 

  • Comment s’engage la Gen Z ?

    Comment s’engage la Gen Z ?

    « 3,5 millions d’euros récoltés. Respect à vous. Quand on se retrouve unis comme ça pour la bonne cause, c’est juste magnifique. Vous êtes des monstres. » C’est sur ces paroles enjouées postées sur Instagram que le streamer (celui qui diffuse et propose son contenu en ligne, en direct ou en différé léger, ndr) français Amine MaTue a réagi, le 20 janvier 2025, à la clôture de l’événement Stream for Humanity. Un marathon caritatif de trois jours, diffusé sur Twitch (service de diffusion en direct de vidéos, populaire dans le domaine des jeux vidéo, de la retransmission de compétitions esport ou d’événements divers), ayant pour objectif de récolter des dons pour les victimes de conflits armés au bénéfice de l’association Médecins sans frontières. Pour la première édition de cette collecte de fonds, c’est plus de 26 streamers qui se sont réunis sur la plateforme, dont quelques grands noms du web comme Squeezie, deuxième youtubeur de France, et Inoxtag, dont le documentaire sur l’Everest a été la vidéo la plus vue de 2024 sur YouTube en France. Aussi spectaculaire qu’elle puisse paraître, cette collecte est loin d’être un cas isolé. Ces dernières années, ce genre de mobilisations en ligne — touchant des participants ayant une moyenne d’âge ne dépassant pas 30 ans — se multiplient. L’un des plus importants étant le ZEvent, rassemblement de stars du web français créé en 2016, qui, lors de sa dernière édition, a récolté plus de 10 millions d’euros au profit de cinq associations luttant contre la précarité.

    Preuve d’une bascule dans l’univers du don où les seniors ont longtemps été les plus généreux ? Pas complètement : les plus de 70 ans sont encore et toujours les plus gros donateurs (33 % contre 4 % pour les moins de 30 ans). Mais si les gens âgés restent les premiers à dégainer le chéquier, ils ne sont plus les seuls. Selon le dernier bilan dressé en 2023 par l’association Recherches et Solidarités sur la générosité des Français, les 18-27 ans sont ceux qui consentent « l’effort de don » le plus important. En effet, les dons aux associations de cette tranche d’âge représentent 2,5 % de leur revenu annuel moyen. Et pour ce qui est des bénéficiaires, toujours selon Recherches et Solidarités, trois causes semblent les mobiliser par ordre de priorité – la pauvreté et l’alimentation, l’écologie et les animaux, et l’enfance.

    Un engagement protéiforme

    Si les « digital natives » s’engagent davantage que les « boomers » (nés entre 1946 et 1964, ndr), la génération X (nés entre 1965 et 1979, ndr) ou les « millenials » (nés entre 1980 et 1994, ndr), c’est justement parce qu’ils maîtrisent – comme leur nom l’indique – le numérique sur le bout des doigts. « Le vecteur digital est énorme pour la solidarité, confirme Élisabeth Soulié, anthropologue et auteure de La Génération Z aux rayons X (2020). Grâce au numérique, cette jeune génération a massivement recours aux “microdons”. Chacun peut mettre un peu, et au bout du compte, ça a un impact extrêmement important. » La mutation ne s’arrête pas là : ces quinze dernières d’années, le nombre de portails de collecte en ligne a explosé, les réseaux sociaux Facebook, Instagram ou encore TikTok ont lancé les « donation stickers » (« autocollants de don », en français) permettant aux utilisateurs d’effectuer des collectes de fonds personnelles, et même les ONG ont adapté leurs quêtes de terrain pour que le don par carte bancaire soit possible… Zoom, la plateforme de visioconférence, a elle aussi rejoint l’aventure caritative en proposant d’ajouter un bouton de don dans ses réunions virtuelles. Bref, aujourd’hui, grâce aux outils numériques, s’engager ou faire un don n’a jamais été aussi facile. « En 2023, la part du don en ligne représente 30 % dans la collecte de dons ponctuels (contre 20 % en 2019), indique Pauline Héry, chargée de plaidoyer chez France Générosités. Et selon notre baromètre “image et notoriété”, 52 % des 25-34 ans déclarent avoir participé à des cagnottes en ligne pour des associations ou fondations. »

    Bien qu’ils soient souvent considérés comme immatures et naïfs, comme le souligne la journaliste Salomé Saqué dans son livre Sois jeune et tais-toi !, force est de constater que les 12-27 ans ne sont pas sans courage lorsqu’il s’agit de se retrousser les manches pour agir. Partout dans le monde, jeunes hommes et jeunes femmes se bougent pour que ce dernier tourne plus rond : Greta Thunberg, Camille Étienne et tant d’autres. La liste est longue. L’engagement prend aussi bien des formes. À défaut de pouvoir donner son argent, Tim Deguette préfère donner son temps aux associations, comme bénévole lors de maraudes. Originaire de Lille, cet étudiant en alternance à l’agence de marketing Isoskèle a récemment fait parler de lui, après avoir lancé « Solly », la première carte de paiement pour les sans-abri qui permet de dématérialiser les dons directement depuis son smartphone. « L’idée, c’est d’empêcher l’habituelle phrase “désolé, je n’ai pas de monnaie”, tout en redonnant confiance aux donateurs, raconte‑t-il. Car après sondage, on s’est rendu compte que 70 % des Français avaient une crainte sur la destination de leur don, considérant qu’il pouvait payer l’une des quatre addictions : alcool, tabac, drogue et jeu d’argent. » À seulement 22 ans, ce jeune entrepreneur a ouvert en avril 2024 une campagne de financement participatif pour « Solly ». Ses trois objectifs : récolter 15 000 euros, trouver 500 donateurs et obtenir trois parutions médiatiques. Après seulement 39 jours de campagne, le projet récolte près de 80 000 euros, rassemble 1 400 donateurs et apparaît déjà dans une trentaine de médias.

    Génération altruiste

    « On a souvent considéré la Gen Z comme égoïste, alors qu’en réalité, elle est très altruiste, constate l’anthropologue Elisabeth Soulié. Elle est sortie de l’individualisme pour aller vers le collectif. » Ainsi, la participation bénévole des jeunes est aujourd’hui à son plus haut niveau depuis 2016. Pauline Héry, de France Générosités, confirme que 29 % des 16-24 ans déclarent avoir une activité bénévole. « C’est une génération qui ne se projette quasiment plus, explique Élisabeth Soulié. Pour elle, l’expérience l’emporte sur la possession. Elle va donc privilégier le temps présent, elle va s’engager et rester fidèle à son engagement tant que ça la nourrit émotionnellement. » L’anthropologue parle d’une nouvelle solidarité « hyper‑personnalisée » : je m’engage parce que cette cause me concerne, parce que le fait de pouvoir agir participe à l’intelligence du monde. « Cette génération fait aussi le pari du relationnel, poursuit-elle. Face au grand défi qui l’attend, elle se dit : “Seule, je ne peux rien faire, c’est ensemble qu’on y arrivera.” » C’est aussi ce qui pousse les influenceurs à s’engager. À l’instar d’Arkunir qui, fort de son million d’abonnés sur le réseau X (ex-Twitter), a lancé le 18 novembre dernier un appel à réaliser le record d’Europe de don du sang. Promesse tenue, puisqu’en seulement quatre jours, Florian Gripon de son vrai nom est parvenu à réunir plus de 4 000 donateurs. Et ce n’était pas la première fois que l’influenceur de 22 ans usait de sa popularité pour servir une bonne cause. En 2021, il avait déjà récolté 47 500 euros pour la Fondation 30 millions d’amis, en faisant le tour du monde sur Google Maps dans un live Twitch de 48 heures. De quoi donner des idées aux ONG traditionnelles qui, pour toucher une cible plus jeune, n’hésitent plus à faire appel aux créateurs de contenu. Le 20 janvier dernier, par exemple, l’Unicef a annoncé la nomination de l’influenceuse Paola Locatelli (2 millions d’abonnés sur Instagram) en tant qu’ambassadrice. « Ce sont de vrais porte-parole, estime Tim Deguette. Aujourd’hui, si Squeezie ou Léna Situations décident de donner, leur communauté va donner. »

    1 500 podcasts pour appeler au don

    Inspiré du Téléthon et du ZEvent, le Podcasthon a fait son retour pour une troisième édition du 15 au 21 mars 2025. Durant cette période, des milliers d’animateurs de podcasts francophones (et anglophones) ont diffusé un épisode inédit dédié à une association. « Les podcasteurs ont raconté les actions menées par l’organisme caritatif de leur choix, quels sont ses enjeux, et ont invité leurs auditeurs à s’engager à leur tour, que ce soit en relayant l’info, en donnant de leur temps ou de l’argent », explique Jérémie Mani, cofondateur de l’association Altruwe, à l’origine de l’événement. « Ça permet de toucher un nouveau bassin de population, notamment les jeunes, dont les écoutes sont en hausse de 10 % pour les 12‑24 ans. »

  • Dysmorphie financière :  comment éduquer nos ados face aux réseaux sociaux ?

    Dysmorphie financière : comment éduquer nos ados face aux réseaux sociaux ?

    L’argent sur les réseaux sociaux

    À 23 ans, Laurianne a dû interrompre temporairement ses études et enchaîner les missions d’intérim pour éponger ses dettes. « J’avais fait beaucoup d’achats compulsifs, alors que je ne gagnais pas encore ma vie et que mes parents n’ont pas de grosses ressources », résume-t-elle. L’origine de cette fièvre acheteuse ? Le matraquage marketing, les injonctions à la consommation et la pression économique et sociale sur les réseaux sociaux. « À force de voir défiler des contenus de jeunes de ton âge habillés comme des célébrités, tu finis par croire que c’est la norme et par être complexée. Si j’ai autant dépensé, c’était pour essayer de me rapprocher de ce modèle qui est en fait une illusion », analyse-t-elle. La jeune femme est tombée dans un engrenage de consommation très au-dessus de ses moyens que des sociologues américains nomment la « dysmorphie financière ». Autrement dit, un biais de perception de sa situation économique qui peut entraîner un sentiment d’insatisfaction, de l’anxiété et des dépenses inconsidérées.

    Argent dématérialisé

    Laurence Vély, animatrice du podcast Thunes, vit avec quatre enfants, dont trois ados, sous son toit. Selon elle, ce n’est pas un hasard si les digital natives sont particulièrement touchés par cette distorsion du porte-monnaie. « Cette génération ne connaît quasiment que l’argent dématérialisé », explique-t-elle. En effet, la jeune génération est habituée à effectuer ses paiements en ligne ou directement avec un smartphone à la caisse des magasins. Et cela peut compliquer l’évaluation du budget. Laurence Vély pointe aussi le risque d’investissements compulsifs dans les cryptomonnaies. Mais alors, comment protéger nos adolescents de la dysmorphie financière ?

    Déconstruire les stratégies marketing

    L’animatrice du podcast qui « parle d’argent par la face sensible » partage quelques astuces. D’abord, elle insiste sur la nécessité d’accompagner nos enfants dans l’apprentissage de la gestion de leur budget. « On peut, par exemple, leur prendre une carte de crédit et mettre en place un contrôle des dépenses, suggère l’experte. Il faut vraiment être derrière eux et vérifier toutes leurs dépenses. » Laurence Vély insiste également sur l’importance de déconstruire les stratégies toxiques du marketing : « Il faut expliquer aux ados tentés par l’achat d’un t-shirt de hip-hop hors de prix que le vêtement n’a rien de subversif ! » Elle conseille aussi de les inciter à prendre des petits boulots, dès qu’ils ont l’âge légal, pour les confronter à la valeur de l’argent. En effet, quelques baby-sittings ou heures de ménage rémunérées au SMIC horaire permettent de comparer l’effort, la pénibilité et le temps passé avec un revenu. Elle propose également de leur montrer comment créer et gérer un tableur de suivi de leurs dépenses. D’ailleurs, un certain nombre d’applications ont vu le jour ces dernières années pour accompagner la tenue des budgets. Autant d’outils qui devraient aider vos adolescents à y voir plus clair dans leurs affaires !

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  • Les jeunes et leurs grands-parents, partenaires particuliers

    Les jeunes et leurs grands-parents, partenaires particuliers

    À chaque réunion de famille, c’est le même schéma. Après les bises et autres marques de politesse entre les plus anciens et leurs descendants directs eux-mêmes devenus parents, les regards des grands-parents se posent immédiatement sur les plus jeunes. Amour, étude, travail, passions sportives ou artistiques… Les questions, de toutes sortes et sur toutes les thématiques, s’enchaînent avec un intérêt réel. Et les petits-enfants, pas en reste, déballent les dernières actualités de leur vie avant de passer à table pour un repas préparé avec le cœur par leurs interlocuteurs. En France, les chiffres ne mentent d’ailleurs pas à ce sujet : selon l’Étude Notre Temps–EGPE réalisée par l’Ifop en juin 2021, 94 % des grands-parents se déclarent heureux dans leur relation avec leurs petits-enfants et 69 % souhaitent passer encore davantage de temps avec eux (contre 61 % en 2018). Un investissement personnel (huit heures hebdomadaires consacrées aux petits enfants, en moyenne), mais aussi financier, puisqu’ils dépensent 585 euros par an pour chacun d’entre eux.

    L’adolescence, période spéciale

    C’est dire comme les liens entre les deux générations sont forts et importants, notamment pour les jeunes de 15 à 20 ans. À cet âge, les attaches sont en général déjà solides et l’adolescent prend conscience de l’aspect privilégié de cette connexion. « Effectivement, le lien est très fort à ce moment-là s’il a été créé dès la toute petite enfance. Les grands-pères, par exemple, entrent bien souvent plus facilement en contact avec les adolescents. Plus facilement qu’avec un bébé, en tout cas, appuie Régine Florin, la Présidente de l’EGPE (École des Grands-Parents européens) Paris Île-de-France. En outre, l’ado a des chances d’entrer en conflit avec ses parents et le grand-parent peut alors jouer un rôle de médiateur ou de confident sans jamais interférer dans l’éducation. » Avec tout de même quelques précautions à prendre, rappelle la spécialiste elle-même mamie d’adolescents : « Il faut faire preuve de diplomatie, savoir écouter les confidences et ne rien rapporter aux parents. En même temps, il convient de savoir détecter s’il y a péril en la demeure (harcèlement, comportement suicidaire, situation risquée…) et avertir l’ado d’en référer aux parents. La confiance se construit et se mérite, mais attention à savoir rester à sa place de grands-parents. »

    Un lien fort

    Micheline, 86 ans au compteur et grand-mère de neuf petits-enfants désormais grands, a toujours su tenir ce rôle en conservant une connexion aussi saine que bénéfique avec eux. C’est en tout cas Arsène, le plus jeune de la liste avec sa vingtaine de bougies soufflées, qui l’assure : « Il s’agit de liens teintés de respect, de soutien et d’amour. C’est une relation absolument différente de toutes les autres, parce que ma mamie représente quelqu’un d’unique dans la famille. On l’a construite naturellement avec le temps, en se voyant régulièrement. Tout s’est encore renforcé, soudé en grandissant. La distance peut constituer un obstacle, certes. Mais ce n’est pas une fatalité, on peut s’en affranchir avec le téléphone et Internet. La relation passe par des écrits, des coups de fil… Des pensées, aussi, tout simplement. C’est difficile de mettre des mots là-dessus, je dirais que ma grand-mère a une place capitale dans mon esprit. Quand je pars en voyage, typiquement, il faut que je lui donne des nouvelles. D’autant qu’on sait qu’elle n’est pas éternelle… J’ai toujours profité de son expérience et je veux encore le faire. Pouvoir lui poser des questions sur la vie, l’interroger sur le monde d’avant, découvrir l’époque qui était la sienne et qui est bien différente de la mienne… Quelle richesse ! »

    Être mamie ou papy, du grand art

    « Être ou devenir grand-parent, c’est d’une beauté inouïe et d’une particularité hors norme, répond Micheline à celui qu’elle considère comme son chouchou, même si elle n’a jamais voulu l’avouer ouvertement. Et c’est tout à fait passionnant avec les 15-20 ans, car de vraies discussions peuvent s’engager. Combien de fois ai-je reçu mes petits-enfants à déjeuner où les seuls silences servent à avaler ce qu’il y a dans les assiettes, tant on a de choses à se dire ? » Plus riche qu’avec les bébés ou les enfants en bas âge et moins protocolaire qu’avec les (jeunes) adultes, l’échange avec l’adolescent et précieux pour avancer dans la vie. Au même titre que les activités à partager, bien plus nombreuses qu’on ne peut parfois le penser. « Puisqu’on ne sert plus à chouchouter nos petits-enfants comme quand ils étaient petits, à nous de proposer d’autres choses. Et si on allait au ciné, au restaurant ? Si on découvrait le street art, si on cuisinait ce plat ensemble ? Si on allait se balader en discutant, si tu me racontais tes cours ? », s’enthousiasme Régine Florin. Et de conclure : « Les centres d’intérêt de nos ados ne sont plus les nôtres, mais une certaine tendresse s’installe. Nos enfants ados prennent conscience que nous allons partir un jour, surtout quand nous leur parlons de nos propres parents. C’est donc un lien à inventer, à construire, à maintenir… »

  • Jeunes aidants : vers qui se tourner pour du soutien ?

    Jeunes aidants : vers qui se tourner pour du soutien ?

    À partir de quand peut-on se considérer comme étant un jeune aidant ?

    Est considéré comme jeune aidant toute personne de moins de 25 ans apportant une aide significative et régulière à un proche souffrant d’une maladie, d’un handicap ou d’une addiction. « C’est la définition officielle, celle qui revient dans les études, résume Rébecca Billy, coordinatrice de La Pause Brindille, l’une des principales associations dédiées à la cause des jeunes aidants en France. Pour préciser, ce sont des jeunes qui, de façon quotidienne, vont soutenir leurs proches en faisant le ménage, les courses, le repas, en apportant une aide dans les soins, un soutien moral, matériel, logistique ou financier. » Elle ajoute, toutefois, qu’au sein de cette structure basée à Lyon, on ne s’en tient pas à cette définition. « On accompagne tous les jeunes confrontés à la maladie, au handicap ou à l’addiction d’un proche, quel que soit le niveau d’aide qu’ils apportent. » Et de citer en exemple des enfants dont le frère ou la sœur aurait un handicap, et qui seraient confrontés à cette situation sans avoir les moyens d’aider. « Il est difficile pour eux d’avoir conscience des impacts que ça a sur eux et de se sentir légitime pour aller chercher de l’aide. Une définition trop restrictive, c’est les empêcher de le faire. »

    Afin de répondre à cette question, JADE (Jeunes AiDants Ensemble), l’autre grande association consacrée aux jeunes aidants en France, propose de son côté un quiz. « Chaque aidant a un rôle différent et ne ressent pas forcément les choses de la même manière, explique Camille Vassort, responsable du développement et de la coordination de l’association. On a mis en place ce quiz au regard des difficultés que rencontrent les jeunes à s’identifier comme aidant. Cet outil est également utile aux professionnels confrontés à des situations de jeune aidance. »

    Jeunes aidants : vers qui se tourner ?

    En premier lieu vers ses proches, membres de sa famille ou amis, mais également des professionnels de santé et du social qui interviennent auprès de la personne aidée. Cela peut constituer une première étape, estime Camille Vassort de l’association JADE. « Les jeunes aidants parlent peu de leur situation familiale à leurs amis, à leurs professeurs et autour d’eux. Ils sont souvent en proie à des sentiments de honte, de culpabilité et d’ambivalence. Ils ont parfois du mal à se reconnaître comme tels et ont besoin d’être accompagnés dans cette prise de conscience. »

    Les jeunes ou leurs parents peuvent également entrer en contact avec les associations JADE et La Pause Brindille. La première propose des ateliers et des séjours de répit un peu partout en France, afin de permettre aux jeunes de souffler et de couper avec leur quotidien, tandis que la seconde dispose d’un service d’écoute et organise un festival à Lyon, le Tribu Brindille. Les deux associations peuvent aussi rediriger les jeunes vers d’autres structures qui travaillent sur cette thématique de façon plus sectorisée, sur une pathologie, une tranche d’âge ou une situation particulière. Ainsi, le comité du Nord de la Ligue contre le cancer met en place un accompagnement psychologique à destination des jeunes confrontés au cancer d’un proche, tandis qu’à Reims, le Club Famille de l’association l’amitié offre des activités aux jeunes confrontés aux troubles psychiques d’un parent, d’un frère ou d’une sœur.

    Quelles aides existent ?

    D’un point de vue financier, pas grand-chose pour le moment. « Aujourd’hui, il n’existe pas d’aides ou de droits pour les aidants mineurs en France, rappelle Camille Vassort. S’agissant des jeunes adultes aidants, la législation est différente puisqu’étant majeurs, ils peuvent bénéficier des mêmes aides et droits que les aidants adultes. » D’autre part, les étudiants ayant un parent reconnu porteur de handicap à plus de 80 %, ont la possibilité de bénéficier de quatre points de bourse supplémentaires.

    Au niveau scolaire, s’il n’existe pour l’heure officiellement aucun dispositif, « certains établissements peuvent parfois aménager les horaires d’un élève, précise Rébecca Billy. Ça peut se faire si le proviseur ou le CPE est sensible à sa situation ». Si cela reste encore maigre, les choses vont en s’améliorant, constate la coordinatrice de La Pause Brindille. « Depuis un an, on sent que le sujet des jeunes aidants émerge en France, il y a de plus en plus de financements, de plus en plus d’acteurs qui s’en emparent, qu’ils soient institutionnels ou privés. Le sujet est porteur. »

    Aidant : Besoin de reconnaissance

    Pour les concernés, se sentir reconnu constitue déjà un soutien non négligeable. « La première fois que j’ai entendu le mot “aidant”, que j’ai compris ce qu’il représentait, c’était en cours et j’avais 23 ans, raconte Romane, qui s’est ensuite rapprochée de JADE. C’est marrant comme un mot peut tout changer. Savoir que je ne suis pas seule, que de nombreuses personnes vivent la même chose que moi et sont donc probablement confrontées aux mêmes obstacles, problèmes ou doutes, ça fait du bien ! C’est libérateur, c’est rassurant et ça m’a motivée. Motivée à en parler plus et à mettre en valeur ce rôle, car il est magnifique. Je pense qu’il y a autant d’aidants qu’il y a de personnes malades. Nous sommes tous différents et pourtant si similaires. »

    Besoin de soutien ?

    Depuis plus de 15 ans, la Macif s’engage en faveur des aidants qui accompagnent un proche fragilisé par le handicap, la maladie ou la dépendance.

  • Comment se préparer à un entretien d’embauche ?

    Comment se préparer à un entretien d’embauche ?

    Patrice Ras est spécialiste en gestion de carrière. Il a animé des ateliers de préparation d’entretien d’embauche dans le supérieur et enseigne depuis plus de vingt ans les techniques de recrutement aux cadres, managers et gestionnaires de ressources humaines. Il est l’auteur de l’ouvrage Le Grand Livre de l’entretien d’embauche, publié aux Éditions Studyrama.

    Quelle est la préparation idéale avant un entretien d’embauche ?

    Patrice Ras : La clé d’un entretien réussi, c’est d’en préparer assidûment toutes les étapes préalables. Comme personne ne peut anticiper, et donc pleinement maîtriser l’interaction une fois le moment venu, le candidat doit d’abord s’assurer de parfaitement connaître son sujet : s’informer sur l’entreprise, sa manière de communiquer sur les réseaux sociaux, sa culture, ses produits ou services, et ses valeurs. Cela lui évitera de se rater à une première question basique, qui est, d’expérience, l’une des choses les plus déstabilisantes en entretien. Je recommande souvent aux étudiants de simuler des entretiens seuls, dans un espace qui les rassure, en imaginant les questions et les réponses qui peuvent être apportées. Un enregistrement vidéo, pour observer ses expressions faciales et corporelles, peut aussi être utile. Le recrutement, c’est comme un sport. Si on veut mettre le ballon dans le filet, il faut parfois tirer cent fois avant de marquer un but. Je recommande aussi de postuler à des annonces qui nous intéressent que moyennement, histoire de s’entraîner à l’interaction. Il n’y a pas de secret : il faut manger de l’entretien d’embauche, parce qu’on est toujours mauvais au premier.

    Vous dites qu’il y a un point essentiel auquel on pense rarement : connaître ses propres attentes et savoir en parler. Pouvez-vous développer ?

    Patrice Ras : Pour avoir recruté des jeunes diplômés comme des cadres confirmés, je me suis souvent aperçu que beaucoup de candidats ne verbalisent pas suffisamment leurs envies, leurs attentes, leurs doutes. C’est pourtant ce qui rend un entretien humain et un candidat attractif, singulier et sûr de lui. Plus qu’être dans une forme de passivité, il est recommandé de préparer des questions pertinentes à poser à la fin ou au cours de l’entretien. Cela démontre que vous êtes volontaire, affirmé, en mesure de cerner les attentes de la hiérarchie, mais aussi les vôtres. L’étape d’après, bien entendu, consiste à tenter de répondre à la question centrale et inévitable que le recruteur a en tête : pourquoi vous sélectionner et pas un(e) autre candidat(e) ? Recruter, c’est choisir, donc forcément comparer.

    Quid de l’attitude corporelle du candidat, qui doit elle aussi être maîtrisée au cours d’un entretien d’embauche ?

    Patrice Ras : Votre posture, vos gestes, la manière dont vous êtes assis et vos expressions faciales jouent un rôle crucial. La communication non verbale est le reflet de l’état d’esprit dans lequel vous êtes : quand on est droit sur sa chaise, sans être rigide, on paraît clair, confiant. Mais gare à ne pas trop y penser, il faut quand même être naturel ! L’essentiel est que le recruteur ne perçoive pas d’incohérence entre votre discours et les documents de votre candidature. Autre conseil de route au passage : si on veut anticiper au mieux l’échange et éviter les questions pièges, il faut que votre CV soit très clair.

    Si vous deviez avertir les potentiels candidats sur les deux erreurs à éviter, quelles seraient-elles ?

    Patrice Ras : On dit que la culture, c’est comme la confiture. Moins on en a, plus on l’étale. C’est un peu la même chose pour l’expérience que l’on vend à nos recruteurs en entretien d’embauche. Les candidat(e)s ont tendance à ajouter des éléments inutiles, voire dévalorisants ! Par exemple, un avocat me racontait qu’un candidat en entretien pour en stage avait passé cinq minutes à disserter sur sa cueillette de cerises à l’été dernier. Parfois, la piste extrascolaire est une fausse bonne idée. Cela ne veut pas dire que seuls les diplômes comptent. Mais il faut se poser la question : parmi tout ce que j’ai fait, qu’est-ce qui me valorise, qu’est-ce que cette expérience ou cet engagement raconte de moi ? Si je fais de la vidéo, même à un petit niveau, ça démontre une envie de raconter, une autonomie, une appétence pour l’image. Sans oublier le domaine le plus oublié des candidat(e)s, pourtant essentiel : l’aspect relationnel. Cela fait une vingtaine d’années qu’ils communiquent avec les autres, il faut donc savoir en tirer quelque chose : êtes-vous plutôt quelqu’un qui est à l’écoute ou qui motive les troupes ? Pour maximiser la sincérité, posez la question aux membres de votre famille, à vos amis.

    Quelques conseils supplémentaires pour réussir son entretien d’embauche

    • Envoyez un email de remerciement après l’entretien. C’est l’occasion de réitérer votre intérêt pour le poste et rappelez brièvement pourquoi vous pensez être un bon candidat.
    • Préparez des exemples concrets tirés de votre expérience, vos formations, vos voyages, vos intérêts : oubliez les phrases trop génériques !
    • Écoutez attentivement les questions et n’hésitez pas à prendre quelques secondes pour réfléchir avant de répondre. Cela montre que vous prenez la question au sérieux et que vous êtes réfléchi.

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