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  • Sur le Qui-vive, le podcast sur l’invisibilisation des jeunes aidants

    Sur le Qui-vive, le podcast sur l’invisibilisation des jeunes aidants

    Avoir un frère ou une sœur atteint de maladie ou de handicap, c’est être aidant dès l’enfance et ce souvent sans s’en rendre compte. Car même si ce sont les adultes qui assument principalement les missions de soin, la fratrie reste sur le qui-vive, en observateurs toujours attentifs. Enfant, sont-ils perçus comme aidant par leur entourage familial et amical ? Comment les parents essayent-ils de les préserver tout en les préparant au futur, lorsqu’ils ne seront plus là ? Comme Julie, 700 000 jeunes en France apportent une aide quotidienne à un proche dépendant. Découvrez son histoire.

     

    Épisode 1- La fin du conte de fées

    Fille unique jusqu’à ses 6 ans, Julie rêve d’avoir une petite sœur. Et lorsque son souhait est exaucé, toute la famille est sur un petit nuage. Puis, alors que Laura n’a qu’un an, les premiers spasmes apparaissent, l’inquiétude et le désarroi suivent. Julie devient alors un soutien quotidien pour ses parents, que ce soit en aidant dans les tâches ménagères ou en ne faisant aucune vague pour les laisser s’occuper de sa cadette. Grande sœur, elle devient jeune aidante.

    Épisode 2 – Jeune aidante démunie face à la maladie

    Enfant, Julie ne se rend pas compte qu’elle est aidante. Laura, c’est simplement sa petite sœur qu’elle aime et avec qui elle adore passer du temps. Sauf que la voir malade, observer ses parents s’inquiéter et n’être jamais prise en compte personnellement par le corps médical ont une forte incidence sur elle. Et aujourd’hui, bien qu’adulte, elle se sent toujours aussi démunie.

    Enfant aidant, faut surtout pas faire de vagues. À l’adolescence, j’ai eu envie de faire des tsunamis.

    Julie, aidante de sa sœur Laura

    Episode 3 – S’éloigner pour mieux aider

    Son rôle d’aidante prenant le dessus sur sa relation de sœur, Julie a 18 ans lorsqu’elle décide de quitter Nevers et la maison familiale pour construire sa propre vie. Ema, une aidante professionnelle, s’occupe désormais régulièrement de Laura, aux côtés de ses parents. Bien que soulagée, l’aidance continue de faire partie du quotidien car Julie pense à sa soeur à chaque moment de la journée.

    Épisode 4 – Vivre pour soi : les projets qui sauvent

    Aujourd’hui, à distance de sa sœur et de ses parents, Julie tente de s’épanouir dans ses propres projets. Son emploi, son couple et sa santé mentale peuvent alors prendre toute leur place. Sa passion pour la musique lui offre également un échappatoire, et ce depuis l’enfance. Comment se projette-elle dans l’avenir ? Se laisse-t-elle vraiment vivre ?

    Épisode 5 – Le répit pour l’aidant aussi

    Comment les parents de Julie et Laura organisent-ils le futur, lorsqu’ils ne seront plus là ? Désireux que chacune de leurs filles s’épanouissent individuellement, le couple cherche des solutions pour alléger la charge qui incomberait à Julie et pour que Laura soit accompagnée le mieux possible. De son côté, la jeune aidante l’affirme : elle sera toujours aux côtés de sa sœur.

     

    Une série réalisée par Insider Podcast.

    Besoin d’informations ou d’accompagnement ?

    Rendez-vous sur le site aveclesaidants.fr

    Depuis près de 20 ans, la Macif s’engage en faveur des aidants qui accompagnent un proche fragilisé par le handicap, la maladie ou la dépendance. L’enjeu: favoriser leur reconnaissance et l’élargissement de leurs droits, leur apporter des informations utiles dans leur rôle d’aidant et leur offrir des solutions adaptées.

  • Vers qui se tournent les ados pour parler de leurs problèmes ?

    Vers qui se tournent les ados pour parler de leurs problèmes ?

    L’ado qui va mal, dans l’imaginaire collectif, relève presque de la banalité. Cheveux gras, humeur lunatique, insolence… Cette crise qu’hommes et femmes traversent à la puberté est un topo parfaitement intégré. Au-delà d’une série de changements corporels, l’adolescence marque par son lot d’angoisses. Les adultes ont beau répéter que « ça va passer », que « c’est qu’une période » et que « ça ira mieux après », personne n’y croit. Les peurs sont diverses et parfois se rallient entre elles : peur d’être rejeté, peur d’abandon, peur de l’échec, peur d’être différent, peur de l’avenir… Comme le disait si bien François Truffaut : « L’adolescence ne laisse un bon souvenir qu’aux adultes ayant mauvaise mémoire. »

    Plus de quatre ados sur dix touchés par des troubles anxieux

    Sauf que voilà : depuis les confinements, pédiatres et pédopsychiatres ne cessent d’alerter sur la dégradation mentale des jeunes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : ils sont plus de quatre sur dix à être touchés par des troubles anxieux(1). Comment l’expliquer ? D’abord, il y a l’actualité. « Depuis trente ans, le champ sémantique de la “crise” irrigue les discours politiques et alimente les flashs infos. Qu’il s’agisse d’économie, de terrorisme ou de pandémie, les crises se succèdent indéniablement. Les adolescent·e·s d’aujourd’hui sont les enfants de ces secousses », écrit la Fondation Jean-Jaurès. Sans surprise, l’état de la planète et de la nature préoccupe les jeunes : 54 % d’entre eux se déclarent stressés lorsqu’ils en entendent parler. Même pourcentage pour ce qui est des violences faites aux enfants. « Perso, mon stress concerne plus les études, confie Jeanne, lycéenne âgée de 17 ans. Surtout lorsque tu es en dernière année de cursus. Tous les ans, on a droit à une nouvelle réforme qui change tout notre planning. Les profs nous mettent la pression, on ne se sent pas soutenu. Ça nous stresse et surtout, on ne sait pas vers qui se tourner – à part nos ami·e·s qui sont dans la même situation… Bref, c’est la galère. »

    « C’est la honte d’aller voir la psychologue scolaire »

    L’adolescente reconnaît quelques avancées, notamment pour la sexualité : « Récemment, un grand van s’est installé dans la cour du lycée. On pouvait se renseigner, poser des questions. Et si on avait des problèmes, on pouvait aussi en parler. » Malheureusement, ce progrès se voit terni par un autre sujet : le harcèlement scolaire. Selon les dernières statistiques publiées en 2023, entre 800 000 et 1 000 000 d’élèves seraient victimes de harcèlement chaque année, soit 6 à 10 % des effectifs. Alarmant. « Dans mon ancienne classe, une fille se faisait harceler par des camarades, regrette Jeanne. Mais elle n’a jamais rien dit, on ne l’a su qu’en fin d’année qu’elle avait quitté le lycée en raison de ce harcèlement. » Si le mal-être appelle à la parole, à la verbalisation, encore faut-il avoir conscience du problème. « Un trait saillant de notre enquête est l’absence de prise de conscience de la nécessité d’un suivi psychologique chez les adolescent·e·s, écrit la fondation Jean-Jaurès. Pire peut-être, ils ou elles déclarent même aller relativement bien. » Dans les rares exceptions où l’adolescent·e reconnaît son anxiété, il ou elle choisira d’abord de se confier à ses proches : 56 % affirment ainsi parler à leurs parents, 58 % déclarent se tourner vers leurs amis.

    Pour Jeanne, ce sont les ami·e·s avant tout. « Ça dépend des personnes, mais j’ai l’impression que beaucoup de jeunes préfèrent cacher des choses à leur famille. Pour parler de nos problèmes, on privilégie les ami·e·s, et on évite les adultes. » Pas étonnant donc, d’apprendre que plus de huit adolescent·e·s sur dix en situation de mal-être ne sont pas allés se confier à un·e psychologue, psychiatre, médecin, infirmier·ère de l’établissement scolaire ou encore professeur·e. « De ce que j’entends, c’est la honte d’aller voir la psychologue scolaire, observe la lycéenne. Se confier à un adulte, c’est bizarre. Pour nous, aller voir un psychologue, c’est avoir un problème vraiment très grave. »

    58 % des ados se tournent vers leurs ami.e.s

    56 % vers leurs parents

    En cas de mal-être, 38 % se rabattent sur les réseaux sociaux

    Autre problématique : « parler » ne veut pas toujours dire échanger de façon orale et de visu. Lorsqu’ils se sentent mal, les adolescents semblent avoir tendance à se tourner vers les écrans – téléphone, télévision, tablette ou jeux vidéo) de manière massive : « Presque deux tiers d’entre eux (62 %) regardent plus souvent l’écran que d’habitude en cas de mal-être, rapporte la Fondation Jean-Jaurès. De même, plus d’un tiers des adolescent·e·s (38 %) se rabat sur les réseaux sociaux en situation de mal-être. » Pour donner une idée, les ados passent en moyenne presque trois heures quotidiennes sur le smartphone et jusqu’à six heures par jour sur les écrans.

    (1) Enquête Fondation Jean-Jaurès sur 1 000 jeunes Français âgés de 11 à 15 ans

  • Les choses à ne pas faire ni dire à son ado

    Les choses à ne pas faire ni dire à son ado

    « Besoin de conseils pour gérer vos ados ? De partager des expériences entre parents ? Vous êtes au bon endroit », clame le message de bienvenue du groupe Facebook Parents d’ados, qui regroupe plus de 40 000 membres. Sur le fil de discussion, les posts fusent – plus de dix nouvelles publications par jour. Excédés par les nouveaux défis TikTok de leurs ados, agacés par leurs nouvelles habitudes (« Neuf mois à se casser la tête pour leur trouver un prénom pour que quinze ans plus tard ils s’appellent tous “frère” », se désole Émilie), ou profondément inquiets de leur santé mentale, les nombreuses publications rappellent à quel point l’adolescence est une période charnière dans la vie d’un parent.

    Tantôt face à la nonchalance de leur progéniture, tantôt face à l’intensité de leurs états d’âme, la majorité des parents sont traversés par cette question : comment instaurer une relation et un dialogue équilibré avec un(e) adolescent(e) excédé(e), souvent en contradiction et qui revendique plus de liberté ? « Comme c’est le cas dans la petite enfance, l’opposition de l’adolescent marque en réalité un besoin. Le plus souvent, il s’agit du besoin de gagner en autonomie, du besoin qu’on lui fasse confiance », analyse Michèle Prados, infirmière puéricultrice à Fréjus, mère de deux ados, âgés de 11 et 17 ans.

    L’écoute, toujours l’écoute

    Plus qu’une véritable révolution dans le foyer, l’adolescent serait surtout à la recherche d’un moyen d’expression, passage obligatoire dans la construction de son identité. Le bon réflexe à avoir : lui accorder de l’importance. « Consacrer chaque jour, 10-15 minutes à l’écouter parler de tout et de rien, à réagir à ce qu’il vous raconte, à lui montrer que ce qu’il vit ou ce qui le passionne a de l’intérêt pour vous, lui montrer que sa parole compte » conseille Michèle Prados.

    Mais alors : doit-on s’intéresser à tout ce que dit notre ado, même lorsqu’on a la sensation qu’ils parlent pour ne rien dire ? « Oui, c’est important de les laisser dire leurs bêtises, exprimer leurs points de vue, sans monter sur nos grands chevaux. Peu de temps après, on s’aperçoit qu’ils ont changé de vision, ou qu’ils sont animés par autre chose », relativise Léa Vigier, mère de deux ados.

    Savoir modérer ses exigences

    Pour Aude, mère de trois garçons de 16 ans, la responsabilité du conflit se niche parfois du côté des parents. « Beaucoup sont en attente de l’enfant tel qu’ils l’avaient idéalisé », confie-t-elle. De bons résultats scolaires, une facilité sociale et du sérieux… L’adolescence est en effet liée à une augmentation des exigences de la part de l’entourage, avec une forte attention portée sur son avenir professionnel. « En tant que parent, il peut être utile de garder en tête qu’avant d’être un élève, et un futur adulte, c’est un individu en construction, qui a besoin de se définir et s’épanouir pour lui-même, avant d’avoir à répondre d’exigences sociales », complète Michèle Prados. Les phobies scolaires et sociales, en augmentation ces dernières années auprès des collégiens et lycéens, préoccupent particulièrement les parents.

    Les ados, reflet de l’époque

    Autre motif possible de conflit : la soudaine contradiction des adolescents avec l’ordre établi et les règles du foyer, qui ont pourtant toujours existé. À nouveau, pas d’inquiétude à avoir. « À l’adolescence, on met en doute notre système de valeurs, initié par les personnes qui nous ont élevées, c’est plutôt sain », nuance Aude. Pour certains ados engagés, leurs convictions peuvent aussi marquer un écart avec les parents, qui se sentent alors dépassés par leurs discours. « On est aussi le reflet d’une nouvelle époque, nos parents doivent essayer de la comprendre », retoque Léa, 16 ans, lycéenne près d’Aix-en-Provence.

    Cependant, gare à ne pas trop se mettre la pression, les psychologues spécialisés en parentalité le rappelle : le parent parfait n’existe pas. Pour Michèle Prados, le secret réside en une chose simple : « Écouter sans jugement, leur donner des limites, car ça les rassure. Bref, rester leur phare dans la tempête. »

  • « Il ne faut pas avoir peur de poser des questions sur l’état mental de ses enfants »

    « Il ne faut pas avoir peur de poser des questions sur l’état mental de ses enfants »

    Selon l’UNICEF, 50 % des troubles de santé mentale apparaissent avant l’âge de 14 ans. Comment expliquez-vous cette donnée ?

    Olivier Bonnot : Ces dix dernières années, on constate une augmentation importante des troubles anxieux et dépressifs chez les enfants et les adolescents. On parle de 2 % pour les enfants, et entre 15 et 20 % chez les adolescents. La raison : ces troubles ont tendance à la chronicisation ou à la répétition. Quand vous avez été anxieux, vous avez plus de risque de l’être plus tard. Or, comme ça commence tôt et que ça se répète dans l’ensemble de la vie, nécessairement ça fait baisser la moyenne d’âge.

    Et pourquoi cet âge plus qu’un autre ?

    O. B. : C’est lié au phénomène qu’on appelle la « plasticité neuronale ». Pour simplifier les choses : lorsque vous discutez avec quelqu’un, dans votre cerveau, des connexions se font. Après cet échange, votre cerveau ne sera plus le même qu’avant. Il aura changé. Cette capacité de connexion neuronale, nous l’avons tout au long de notre vie, mais elle est particulièrement sollicitée chez l’enfant et l’adolescent. C’est normal, car c’est une période où tout ce que l’on fait est une nouveauté. Arrivé à la fin de l’adolescence, le cerveau fait le point de toutes ces connexions et élimine celles dont il n’a pas besoin. C’est aussi à cette période qu’il essaie de compenser les « anomalies », la plupart d’entre elles génétiques. Grosso modo, vous partez avec un bagage génétique qui peut vous envoyer vers une schizophrénie, mais grâce à cette plasticité, le cerveau opère des remaniements qui font que parfois, vous n’évoluez plus dans cette direction. Si chez certains ça peut fonctionner, pour d’autres, c’est là que les premiers symptômes apparaissent.

    Longtemps, on a considéré que la bipolarité ou la schizophrénie avaient tendance à s’exprimer tardivement…

    O. B. : C’est vrai ! Par exemple, on disait que les schizophrènes, c’était le trouble de la vingtaine. Et les bipolaires, le trouble de la trentaine. Tout ça ne veut rien dire… Il y a des patients schizophrènes avant l’âge de 18 ans. Ça représente même à peu près 20 % de l’ensemble des schizophrènes. Et nous découvrons chaque jour un peu plus des troubles bipolaires de l’adolescent. Longtemps, on a cru que ça n’existait pas chez les jeunes. C’est principalement dû à une méconnaissance des troubles et de la clinique de l’enfant. La psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent est une discipline qui date essentiellement de l’après-guerre. Assez récente, donc.

    Pourquoi est-ce si difficile de déceler des troubles psychiques chez les jeunes ?

    O. B. : Déjà, force est de constater qu’il y a un manque important de spécialistes… Le nombre de gens formés est vraiment trop faible. Il faut aussi rappeler que la psychiatrie est au stade où était l’ensemble de la médecine il y a encore cent cinquante ans, lorsqu’elle n’avait que très peu d’examens complémentaires. En psychiatrie, il n’y a pas d’examen biologique ou radiologique, qui permet de matérialiser objectivement un diagnostic. On observe et on établit des diagnostics uniquement cliniques. Certes, c’est intéressant, mais ça nécessite d’être bien formé et de prendre son temps. Autre élément qui rend les choses compliquées : les symptômes présentés par les enfants et les adolescents sont très souvent – en tout cas, au premier abord – assez similaires. Un enfant agité, en colère, peut aussi bien avoir un trouble du développement intellectuel, un trouble du spectre de l’autisme, un TDH, une dépression ou un trouble anxieux. Ce n’est donc pas toujours évident de faire la distinction. Et le dernier élément : il arrive que des gens répondent objectivement aux éléments d’un diagnostic à un moment donné de leur existence pour finalement, quelques années après, répondre aux éléments d’un autre diagnostic. La question s’est alors posée : est-ce qu’un diagnostic est évolutif ? Autrement dit : la personne est-elle d’abord autiste puis schizophrène ? Il faut être prudent. D’autant que les prises en charge ne seront pas forcément les mêmes selon le diagnostic. Bref, entre le manque de spécialistes, le fait que le diagnostic clinique puisse être un peu trompeur et évoluer, ça fait pas mal d’obstacles. Mais le vrai problème reste que si nous étions plus nombreux, on y arriverait mieux.

    Concernant la santé mentale des jeunes, la pandémie Covid-19 n’a rien arrangé… Quel rôle les parents doivent-ils jouer ?

    O. B. : Premièrement, il ne faut pas avoir peur de poser des questions sur l’état mental de ses enfants. N’hésitez pas à l’interroger : « Est-ce que tu te sens bien ? », « j’ai l’impression que tu es parfois un peu triste », etc. Et si vraiment, votre enfant vous semble ne pas aller bien, il faut savoir dire : « Tu n’as pas l’air en forme, est-ce que tu as eu envie de te suicider dernièrement ? » Non seulement cette question ne déclenchera pas des envies de suicide, mais elle peut le soulager. Et en posant ces questions, il ne faut surtout pas avoir peur des réponses. Sinon, l’enfant le sentira et se taira. Et enfin : ne jamais minimiser les choses ! Si un enfant vous dit qu’il n’a pas le moral, qu’il n’y arrive pas à l’école, pas de « oh, ça va aller, faut s’accrocher ». Nous ne sommes pas tous équipés de la même manière. Il faut donc être attentif, car si l’on arrive à prendre ces troubles précocement, on sera bien plus efficace. La psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent est avant tout une discipline de la prévention.

    Quels sont les types de troubles psychiques ?

    • Anxiété, phobies et TOC

    • Troubles dépressifs

    • Troubles bipolaires

    • Troubles schizophréniques

    • Troubles addictifs

    • Troubles du comportement alimentaire (TCA)

    • Trouble de stress post-traumatique

  • Être ado et aidant : une double casquette lourde à porter

    Être ado et aidant : une double casquette lourde à porter

    Plus de 14 % des lycéens français seraient de jeunes aidants(1). C’est-à-dire des jeunes ayant un proche malade, en situation de handicap ou d’addiction, auquel ils apportent une aide significative et régulière. « Cela ne veut pas forcément dire qu’ils sont tous en difficulté, précise Aurélie Untas, professeure de psychopathologie, mais cette situation peut avoir un impact sur la santé physique et mentale des jeunes, sur leurs activités sociales et leur scolarité. »

    Une aide peu visible, mais pesante

    Dans la plupart des cas, l’aide consiste moins à prodiguer des soins qu’à soulager son ou ses parents. C’est le cas de Mathilde, 17 ans, dont le petit frère est atteint de deux maladies génétiques rares ayant engendré de multiples complications. « Mes parents ont toujours tenu à ce que ma sœur et moi ne soyons pas impliquées dans les soins médicaux donnés à mon frère, raconte-t-elle. Mon rôle consistait à ne pas faire de vagues. Il fallait que je sois bonne à l’école, que je ne râle jamais, pour que mes parents puissent se concentrer sur les difficultés de mon frère. » Une situation qui a fini par devenir pesante pour la jeune fille, et que la période de confinement a accentuée, jusqu’à provoquer une dépression au moment d’entrer au lycée. « J’ai développé une phobie scolaire, car j’avais peur du regard des autres. Je craignais qu’on juge mon petit frère et j’avais l’impression qu’on me critiquait aussi. » Déscolarisée et placée en centre de soins pendant une partie de son année de seconde, elle a fini par surmonter ses troubles et par retourner en cours. « Je n’arrivais pas à me dire que j’étais malade, parce que mon petit frère était bien plus gravement atteint. Mais j’ai appris à admettre que j’avais le droit d’avoir des problèmes et qu’il ne fallait pas minimiser ceux que j’avais. »

    Mon rôle consistait à ne pas faire de vagues, pour que mes parents puissent se concentrer sur les difficultés de mon frère.

    Mathilde, 17 ans

    Une plus grande maturité

    Désormais en classe de première, Mathilde imagine se diriger vers des études de médecine. Une voie presque logique au regard de son passé. « J’ai besoin d’aider les autres. Et je pense avoir une capacité supérieure à les comprendre. Il n’y a pas beaucoup d’avantages à se retrouver dans la peau d’un jeune aidant, mais on grandit en tout cas plus vite que les autres. » Une orientation professionnelle assez courante dans ce genre de cas, selon Aurélie Untas qui a cosigné l’étude Adocare : « Quand on a été un jeune aidant, il y a plus de chance qu’on aille vers des carrières autour du soin ou du social. L’expérience a souvent une influence dans les choix de carrière. »

    Ce n’est pas Quentin, 16 ans, qui contredira cette observation. Son petit frère est en fauteuil roulant, souffrant d’une maladie musculaire. « Je suis protecteur, parce qu’il lui est forcément difficile de se défendre lui-même, explique Quentin. J’ai envie de faire des études de droit ou même l’armée, de faire en tout cas quelque chose qui soit en rapport avec la défense des autres. » S’il rêve qu’un jour un remède à la maladie de son frère soit découvert, afin de pouvoir « se chamailler avec lui, comme on se chamaille avec un frère », il essaie de voir le côté positif de la situation. « Il faut voir ça comme une épreuve, pas une fatalité. Quelque chose à surmonter. Et on sera tous plus heureux si on s’aide. »

    Quelles aides pour les jeunes aidants ?

    Aujourd’hui, seules deux associations aident les jeunes aidants en France : JADE (Jeunes aidants ensemble) et La Pause Brindille. La première, qui existe depuis 2016, organise notamment des ateliers artistiques et des séjours de répit gratuits, afin de sortir les jeunes de leur quotidien. La seconde, créée en 2019, grâce à laquelle ont été recueillis les témoignages de Mathilde et Quentin, se concentre principalement sur le partage de témoignages et l’échange, proposant un service d’écoute accessible par appel téléphonique, SMS ou chat. Des actions qui comptent, car comme le souligne Mathilde, la première aide dont ont besoin les jeunes aidants est le plus souvent de pouvoir se confier et souffler. « Mon conseil est de trouver quelqu’un à qui parler de votre quotidien, et qui de préférence ne fait pas partie de la famille ou n’est pas proche, parce que chacun a besoin d’un regard extérieur, de quelqu’un à qui l’on peut dire tout ce qu’on veut, pour vider son sac de temps en temps. Ça fait du bien et ça apaise. »

    Besoin de soutien ?

    Depuis plus de 15 ans, la Macif s’engage en faveur des aidants qui accompagnent un proche fragilisé par le handicap, la maladie ou la dépendance.

    (1) Adocare

     

  • Les jeunes consomment-ils différemment que leurs aînés ?

    Les jeunes consomment-ils différemment que leurs aînés ?

    Dis-moi quel âge tu as, je te dirai comment tu consommes

    On les imagine smartphones de seconde main en poche, sapes solidaires sur le dos, sneakers à impact positif aux pieds, encas vegan dans le ventre : à en croire les imaginaires, les jeunes formeraient un groupe homogène de consommateurs éveillés et responsables. C’est du moins ce que l’on pourrait déduire de la médiatisation de cette “génération Greta Thunberg”, marcheuse pour le climat, politiquement verte, adepte de Vinted et Biocoop, vent debout contre l’ancien monde des entreprises et celui des “boomers”.

    De fait, la prise de conscience existe bien chez certains : Romain, 24 ans, responsable de communication interne dans un fond d’investissement parisien, explique ainsi que ses habitudes de consommation ont évolué ces dernières années : « J’ai réellement plus conscience de mon impact écologique. J’achète beaucoup moins de produits transformés pour l’alimentation. Je n’achète plus ou alors très peu de vêtements issues du fast fashion par rapport à avant ». Maxime Delavallée, se félicite lui de rassembler 50 000 visiteurs actifs chaque mois sur le site de sa boutique en ligne de vêtements vintage de seconde main CrushOn. « Dans les nombreux retours de nos clients, la satisfaction provient à la fois de l’acte militant d’acheter de la mode de seconde-main sourcée par des commerçants indépendants à taille humaine, et de l’unicité stylistique et au glamour de porter du vintage » témoigne-t-il.

    Lire aussi : Comment consommer la mode de façon responsable ?

    Pourtant, il suffit de se pencher plus sérieusement sur les chiffres pour constater que ce seul constat est loin d’être pleinement représentatif des comportements d’achat des représentants de la jeunesse. Fin 2019, le Crédoc concluait son étude « Consommation et modes de vie » pour l’ADEME en notant que « les jeunes ont de fortes inquiétudes mais leurs comportements restent consuméristes ». Bien que l’environnement soit en tête de leurs préoccupations, ils sont toujours plus enclins à prendre l’avion et à faire les soldes que le reste de la population, et moins prêts qu’eux à calmer leur cadence d’achats. Laurène, 21 ans, étudiante à l’Ecole de Sage-Femme de Dijon, concède par exemple qu’elle « achète beaucoup plus de choses dites non essentielles (vêtements, produits multimédias…) » que ses parents, « alors qu’eux, qui avaient souvent moins de moyens, se concentraient sur des choses indispensables (voiture, loyer…) ».

    Les jeunes sont-ils touchés par une forme d’hypocrisie ? Non : c’est plutôt que les termes du débat sont mal posés.

    À la recherche du consommateur parfait

    « Jeune ou pas, personne ou presque ne fréquente exclusivement McDonald’s, ou exclusivement des Salad Bars vegan et il nous arrive tous de nous retrouver dans la situation de récupérer un panier d’Amap sur le chemin d’Ikea ou une commande Amazon en même temps qu’un colis Vinted » rappelle l’essayiste Jean-Laurent Cassely, spécialiste des tendances urbaines et nouveaux modes de consommation. « Dans une étude que j’ai pu mener avec l’ObSoCo (ndlr : Les jeunes urbains créatifs, contre-culture ou futur de la consommation, ObSoCo, 2018), on s’est demandé si les jeunes diplômés qui incarnent souvent l’avant-garde dans les médias étaient plutôt alter-consommateurs ou hyper-consommateurs : en fait la plupart des gens sont tiraillés entre ces deux modèles, et rares sont ceux qui ont un profil “pur ». »

    « Ce qui est clair c’est que l’alter-consommateur modèle ne correspond pas forcément aux comportements des “vrais gens”, y compris parmi les fameux Millennials »

    Jean-Laurent Cassely, spécialiste des nouveaux modes de consommation

    Quand on pose la question aux principaux intéressés, il est effectivement difficile d’obtenir des réponses tranchées : à choisir s’ils sont plus portés sur la fête commerciale du Black Friday ou son boycott, le Green Friday, Romain répond « ni l’un ni l’autre », Laurène « entre les deux extrêmes » et Léa, 27 ans, consultante en communication dans une agence parisienne, « les deux ».

    Pour beaucoup, cette ambivalence traduit en fait la mise en place d’un mécanisme de balancier, qui consiste à contrebalancer sa consommation non-raisonnable par des achats vertueux. « C’est un jeu des compensations qui s’observe beaucoup dans le discours de l’alter-consommation, précise Jean-Laurent Cassely. Plus on prend l’avion, plus on va chez McDo, et plus il faudra acheter des produits verts ou en vrac pour compenser ». Un constat qui abonde dans le sens du raisonnement de Romain, qui avoue « compenser avec des actions quotidiennes comme le tri des déchets ou le recours à l’économie circulaire » son « addiction à tout ce que peut apporter l’uberisation (commandes de nourriture, VTC) ».

    Lire aussi : Économie circulaire et collaborative : quels sont les enjeux ?

    D’ailleurs, un même comportement d’achat peut dissimuler des aspirations bien distinctes. Le fait de moins consommer, par exemple, peut cacher à la fois un sens des responsabilités aigu comme un simple manque de moyens. « On observe notamment du côté de la jeunesse ce qu’on appelle des comportements de transition, analyse Jean-Laurent Cassely. Si les jeunes n’ont pas de voiture ou qu’ils ne sont pas propriétaires de leur logement, c’est parfois tout simplement parce qu’ils ne sont pas stabilisés dans vie d’adulte, et qu’ils n’en ont pas encore besoin ». Un constat confirmé par une étude menée par le chercheur Richard Grimal sur une cohorte de jeunes français, dans laquelle il atteste que « les opinions et les attitudes de la génération Y ne jouent aucun rôle » dans le fait que les jeunes utilisent moins la voiture que leurs aînés, et que l’explication est plutôt à chercher du côté de leur non-entrée dans la vie d’adulte et dans l’obtention des moyens financiers qui l’accompagne. « Pour résumer, on peut dire que les jeunes prennent dès qu’ils le peuvent le même pli que les fameux boomers que l’on accuse aujourd’hui de tous les maux sur la consommation » ironise Jean-Laurent Cassely.

    « Un jeune, c’est un être humain pas très différent des autres »

    Jean-Laurent Cassely

    De la conso au discours : où est le fake ?

    C’est donc surtout dans les discours que la confusion règne. D’abord parce que saisir “les jeunes” comme un groupe uniforme est vain. Dans son livre Millennial Burn-Out (Arkhé, 2019), Vincent Cocquebert confirme que « derrière cet énième mythe générationnel » se cache « une armée de marketeurs et autres consultants avides d’alimenter la machine à poncifs pour faire tourner un juteux business ».

    Et pose, in fine, la question : « Et si les millennials n’existaient pas ? ».

    Mais la confusion vient aussi et surtout du fait que les projecteurs n’ont tendance à ne se braquer que sur une seule facette des modes de consommation. « Dans les faits, c’est souvent la recherche du meilleur prix qui l’emporte, mais dans le discours, c’est l’écologie, l’éthique ou la consommation responsable qui prend le pas, observe Jean-Laurent Cassely. La raison à cela, c’est que les catégories culturelles monopolisent le discours sur la consommation, alors que celles et ceux cherchent simplement le meilleur objet au meilleur prix ne prennent pas la parole ; non pas parce que ce modèle est honteux mais il ne fait pas l’objet d’un discours et d’une philosophie ».

    Dans son livre co-écrit avec la sociologue et directrice de recherche au CNRS Monique Dagnaud, Génération surdiplômée, les 20 qui transforme la France (Odile Jacob, 2021), Jean-Laurent Cassely rappelle ainsi que seul un Français sur cinq a un master ou le diplôme d’une grande école en poche, mais que ce petit groupe des 20% se retrouve aux manettes des prescription de tendances. Les modes de consommation semblent donc moins une question d’âge qu’une question de catégorie socio-professionnelle.

    Et si hypocrisie il y a, elle ne vient pas des jeunes, mais de son élite culturelle. « Depuis que la société de consommation existe, les intellectuels français s’y opposent, confirme Jean-Laurent Cassely. Il y a un décalage immense entre le discours critique sur la consommation et la place qu’elle occupe dans la société : la France est le second marché de McDonald après les US, la grande distribution traditionnelle, le discount et Amazon s’y sont très bien implantés, mais la condamnation de la “société de consommation” continue d’être la position dominante dans les médias et parmi les intellectuels, ce qui a tendance à creuser l’écart avec les consommateurs lambda qui sont pourtant conscients pour beaucoup des limites du consumérisme, mais en tirent également des satisfactions réelles ».

  • “Il n’y avait pas de filles à l’école de rugby” – Nadège Fondraz

    “Il n’y avait pas de filles à l’école de rugby” – Nadège Fondraz

    En ce mercredi soir de fin de saison, les rires des cadettes de Chambéry s’élèvent du terrain d’entraînement de l’équipe de rugby. Devant des bannières noir et jaune où se détache la tête d’éléphant, emblème de l’équipe, les jeunes filles âgées de 15 à 18 ans improvisent des exercices sous l’œil bienveillant de deux de leurs éducateurs, Nadège et Jean-Christophe. Elles ont terminé leur parcours en huitième de finale cette année, mais continuent de se retrouver sur le terrain jusqu’à fin juin. « Maintenant, on s’amuse », souligne Jean-Christophe, alors que les filles tentent un mélange de rugby et de baseball, s’emmêlant dans les règles que l’une d’elles vient d’imaginer.

    Nadège Fondraz, cheveux châtains courts, seule femme parmi les trois entraîneurs, les encourage et les conseille. À 41 ans, l’ancienne joueuse de l’équipe senior du SOC (Stade olympique de Chambéry), passionnée par ce sport, coache les adolescentes depuis qu’une blessure aux cervicales l’a forcée à rester à l’extérieur des lignes. Technicienne de laboratoire au CHU de Grenoble, elle fréquente assidûment les terrains depuis près de vingt ans, mais s’est mise à jouer un peu par hasard. Bien qu’ayant grandi dans une famille très portée sur l’ovalie – avec un père, un frère, des oncles et des cousins présents dans les stades –, elle a mis du temps à franchir le pas. « Il n’y avait pas de filles à l’école de rugby, quand j’allais voir mon frère », explique-t-elle. À 22 ans, c’est sa cousine qui la pousse à chausser des crampons, alors qu’un club féminin se lance dans un village voisin, non loin du lac de Paladru, en Isère. La même année, elle rejoint également l’équipe féminine de son université à Lyon. « Depuis, je n’ai jamais arrêté ! », glisse Nadège Fondraz, amusée. Au début, son entourage y voit pourtant une « lubie qui ne durera pas ».

    La jeune femme fait face à de nombreux préjugés : garçon manqué, clichés liés à l’orientation sexuelle présumée des joueuses, remarques sur le physique… « Aujourd’hui, il y en a moins, note Nadège Fondraz, soulagée. On sait que les filles peuvent faire du rugby, on en voit à la télévision. Mais on entend toujours des idées reçues. Il faut aller au-delà. »

    Elle encourage les jeunes filles de son équipe, dont certaines craignent d’être trop musclées. « Je leur dis : “tu es un avantage pour nous ! Ta puissance, ton gabarit, sers-t’en !”. » Et le rugby attire des jeunes filles aux parcours et aux centres d’intérêt très variés. « Certaines arrivent parfaitement maquillées pour l’entraînement… même si elles ressortent couvertes de boue », s’amuse la coach. Pour elle, le rugby a été un moyen de s’affirmer, de prendre confiance en elle. « Quand on est adolescente, avec un corps qui ne correspond pas aux critères actuels de beauté, ce n’est pas toujours évident, se souvient Nadège Fondraz. Dans le monde du rugby, j’ai vu des armoires à glace, mariées, avec des enfants. Tout le monde a une place. Des ailières qui font 40 kilos aux avants qui sont très charpentées. Il y a forcément un poste pour son gabarit, toutes les morphologies sont représentées ».

    Plus il y aura de filles qui encadreront et plus il y aura de référentes dans les bureaux, plus il y aura une équité et plus le rugby féminin se développera.

    Elle s’enflamme en parlant de ce sport, qui représente beaucoup pour elle et dont elle défend les valeurs. La très grande majorité de ses amies sont issues de ce milieu. Elles vont à des concerts ensemble, organisent des week-ends. « J’aime ce sentiment d’appartenir à un groupe. Ça m’a beaucoup aidée, quand j’étais plus jeune, pour la confiance en moi.» Aujourd’hui, elle prend les cadettes sous son aile et les intègre au sein des Fillass’, le collectif des joueuses de Chambéry qui se voient aussi en dehors du terrain. Aujourd’hui, elle est l’une des rares femmes à former au rugby et milite pour que davantage de femmes s’engagent dans cette voie. « On constate qu’il n’y a pas assez d’entraîneuses et d’éducatrices. Les femmes ont tendance à ne pas se sentir légitimes vis-à-vis des hommes qui prennent beaucoup de place, confie-t-elle. Mais heureusement, de plus en plus de mamans veulent s’investir auprès des jeunes ! » Elle-même était la seule femme, il y a trois ans, dans sa formation pour obtenir le brevet fédéral en vue de coacher les cadettes. Elle a dû se faire violence pour réussir à se sentir à la hauteur, alors même qu’elle a été très bien accueillie par les autres apprentis-entraîneurs. « Plus il y aura de filles qui encadreront et plus il y aura de référentes dans les bureaux, plus il y aura une équité et plus le rugby féminin se développera », souligne-t-elle.

    Sur le bord du terrain, les adolescentes apprécient particulièrement la présence de Nadège. « Avoir une femme comme entraîneuse, c’est important. Elle comprend mieux certains de nos problèmes, on peut lui parler plus facilement, quand on a nos règles par exemple », souffle Juliette, 18 ans. « Ou pour les straps, ajoute Maya. C’est plus facile si c’est elle qui nous les fait ! » Et surtout, elle les comprend dans leur pratique : « Coachs hommes ou femmes ne connaissent pas le même rugby. C’est important d’avoir les deux », ajoute Alison. Très attentive à elles, Nadège leur tend toujours une oreille. « On échange beaucoup avec les filles de l’équipe, explique l’éducatrice. J’en ai connu certaines à 15 ans, elles en ont 18 aujourd’hui et arrivent en voiture ! Entre temps, on a parlé scolarité, rugby, ce que ça leur apporte, etc. Certaines arrivent toutes timides et s’affirment, arrivent à faire partie de l’équipe. » Maya confirme : « Nadège, c’est un peu comme une grande sœur ».

    Son collègue Jean-Christophe entraîne aussi bien des filles que des garçons, mais constate l’évolution du rugby féminin. « Avant, on n’arrivait pas à remplir les stades, ils nous donnaient les places pour aller voir jouer les filles. Maintenant, il faut payer les billets », se réjouit-il. Pour autant, le nombre de joueuses est encore très inférieur à celui des garçons. Ainsi, pour former une équipe féminine de cadettes en Savoie, il a fallu mobiliser plusieurs clubs. À la vingtaine de licenciées du club de Chambéry sont venues se greffer huit filles du BAAR d’Annecy ainsi que deux du SOUA, le club d’Albertville. La trentaine de joueuses, revêtues d’un short rouge et d’un maillot rouge avec une croix blanche, arborent fièrement les couleurs des Pays de Savoie, en Élite 2. Au pied du massif des Bauges, qui surplombe le stade, sous les banderoles « Fiers d’être savoyards », Nadège entend bien continuer à développer sa passion conjuguée au féminin.

  • Écrans et perte de contrôle : un danger pour les jeunes  ?

    Écrans et perte de contrôle : un danger pour les jeunes  ?

    Une saturation d’écrans

    Omniprésents dans notre quotidien, tant sur le plan social que professionnel, les écrans prennent même une place de plus en plus importante dans la vie des jeunes. 42 % des 15-30 ans passent au moins six heures devant un écran quotidiennement, et 13 % en passent dix ou plus. Un chiffre constant par rapport à 2022, mais qui confirme une hausse post-confinement.

    Faut-il s’inquiéter – et à quel moment ? Quand peut-on parler de surconsommation, ou même d’addiction ? En réalité, comme l’explique la psychologue Karine de Leusse, il faut surtout se demander ce qui se cache derrière ce temps d’écran. « Le temps passé est un premier signe, explique-t-elle. Pourtant, l’indicateur majeur, c’est la difficulté à se détacher de l’écran. Si cela s’avère difficile, il faut commencer à se poser des questions. » En particulier en ce qui concerne les adolescents, en période charnière de leur développement. C’est ce que constate Florian, père d’une fille de 16 ans, plutôt désemparé : « C’est le principal sujet de fâcherie entre nous. Elle a toujours une bonne raison de garder son téléphone, pendant ses devoirs ou même dans son lit. La limitation pure et simple ne fonctionne pas : elle le vivrait comme une punition, qui ne ferait que renforcer son désir d’écrans. »

    36 % des jeunes ont ressenti une perte de contrôle

    face à leurs écrans au moins vingt fois durant l’année écoulée. (1)

    Des applis qui font perdre le contrôle

    Autre facteur alarmant : la perte de contrôle. 70 % des jeunes interrogés avouent l’avoir ressenti au moins une fois. C’est le cas de Robin, community manager de 26 ans. « Entre mon travail et mes loisirs, je peux vite monter à douze heures d’écrans par jour, raconte-t-il. J’ai un écran au moment de me coucher et je me réveille avec un écran. Forcément, je me dis que c’est excessif, mais en fait je ne le vis pas comme ça. » Car une fois rentré du travail, les écrans deviennent pour Robin un moyen de décompresser. « Quand je regarde une longue vidéo YouTube, ou que je joue à un jeu qui me plaît, c’est un temps choisi, dont je ressors enrichi. » La perte de contrôle arrive plutôt quand ce temps est subi : « Quand je passe deux heures sur TikTok alors que je voulais y passer cinq minutes, j’ai vraiment l’impression de perdre mon temps. »

    Faut-il parler d’addiction ?

    Certains psychologues refusent malgré tout d’utiliser le terme d’addiction aux écrans. Sans le réfuter totalement, Karine de Leusse relativise : « En effet, difficile de parler d’addiction au même titre que l’alcool et la cigarette, d’autant qu’on est quasiment obligés de les utiliser dans sa vie quotidienne et professionnelle. Pourtant certains comportements en relèvent. Qu’on parle d’addiction, de régression ou autre, peu importe : il faut comprendre à quoi ce comportement correspond pour chaque personne. »

    Et cela passe déjà par comprendre les risques. Seuls 28 % des 15-30 ans, considèrent que l’usage des écrans peut être risqué, voire très risqué. « Ils ont une certitude, c’est qu’ils maîtrisent tout parfaitement, poursuit Karine de Leusse. Et au fond, ils maîtrisent effectivement très bien l’écran, mais ils ne connaissent pas les dessous de l’écran. »

    En effet, les applications modernes savent jouer avec la chimie des cerveaux pour capter l’attention. Florian ne peut que constater : « Quand je la regarde enchaîner les vidéos TikTok ou YouTube pendant trois ou quatre heures, je me dis qu’elle n’a pas un réel contrôle de ces outils. Et même que ces applications sont conçues pour ça : un ado n’est pas équipé pour déjouer les techniques utilisées pour capter son attention. Et les adultes ne le sont pas tellement plus. »

    Souvent, les activités personnelles en pâtissent, comme le constate Robin : « Mon problème depuis quelques années, c’est que j’ai l’impression de ne pas avoir le temps pour quoi que ce soit, raconte Robin. J’ai souvent envie d’avancer sur des projets personnels, mais c’est toujours plus facile de se mettre devant les écrans. »

    La détox numérique : une fausse bonne idée ?

    Mais alors, comment reprendre le contrôle ? La détox numérique, soit le fait de se couper d’écrans durant une période donnée, est une possibilité. Attention toutefois de ne pas y voir un remède miracle, comme l’explique Karine de Leusse : « Ça ne peut pas faire de mal, surtout si toute la famille le fait en même temps. Mais une détox seule, ce n’est rien du tout, c’est comme faire le Dry January [janvier sobre] et se remettre à boire comme avant. Ce qu’il faut, c’est fixer les bonnes limites. »

    La psychologue conseille ainsi de « tout contractualiser. Il faut dresser avec l’ado un règlement intérieur avec un temps maximum par jour, par exemple, et quand l’enfant dépasse son temps attribué le décompter pour la journée du lendemain. Il faut redonner la vraie valeur du temps ».

    Et ce contrat peut être dressé avec soi-même, comme le détaille Robin : « Souvent, je fais des emplois du temps de mon temps libre. Cela me permet de vraiment reprendre le contrôle sur mon temps justement. Malheureusement, dès que je traverse une période chargée, impossible de m’y tenir. »

    Mais il ne s’agit dans tous les cas que d’une première étape. Pour Karine de Leusse, il faut « voir à quoi l’écran fait écran. C’est bien souvent un refuge, non pas le problème, mais la solution à un problème qu’il s’agit donc de résoudre avant toute chose ».

    En attendant d’aller au bout de ce long processus, mieux ne vaut pas totalement noircir le tableau et se montrer optimiste, à l’image de Florian. « Toute une génération va souffrir des mêmes problèmes, mais aussi trouver des solutions ensemble. C’est une vie différente de celle que j’imagine, mais ma fille sera au moins autant armée que ses amies. Donc j’essaye de ne pas me faire trop de souci. »

    Comment les jeunes gèrent les addictions ?

    En 221, la Macif a lancé avec Ipsos le 1er baromètre sur les addictions et leurs conséquences chez les jeunes. Cette étude annuelle permet d’étudier les consommations de substances addictives chez les 16-30 ans et les comportements à risques qu’elles engendrent afin de proposer des solutions de prévention adaptées.

    L’Essentiel de l’article

    • 42 % des 15-30 ans passent au moins six heures devant un écran quotidiennement
    • 70 % des jeunes interrogés avouent avoir ressenti une perte de contrôle au moins une fois
    • seuls 28 % des 15-30 ans considèrent que l’usage des écrans peut être risqué
    • S’il vous est difficile de vous détacher des écrans, cela peut être un indicateur d’un souci dans votre consommation

    (1) Baromètre des addictions 2023 réalisé par l’IPSOS pour la MACIF

  • Harcèlement : le monde de la musique, des salles de concert et des festivals réagit

    Harcèlement : le monde de la musique, des salles de concert et des festivals réagit

    On les reconnaît à ses dossards blancs. L’équipe du dispositif Safer, qui lutte contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles en milieu festif, se faufile dans la foule compacte. Elle cherche une festivalière qui vient de signaler un comportement déplacé via une application dédiée. « Grâce à la géolocalisation, on peut intervenir rapidement. Notre rôle est de prendre la température, de rassurer, et de faire le lien avec la sécurité si le harceleur est toujours dans les parages, ou la Croix-Rouge si la victime a été droguée par exemple », détaille Lola, qui, comme la dizaine d’autres bénévoles qui travaillent avec elle, a été formée le matin même pour cette mission de la plus haute importance. « C’est plutôt calme », se félicite la jeune femme.

    Peut-être est-ce parce que le festival parisien We Love Green, où elle officie ce week-end, a mis le paquet : capotes à verre distribuées gratuitement, campagne d’affichage rappelant la loi, plateforme de signalement… Tous les moyens sont bons pour instaurer un climat aussi sécurisant que possible, dans ce grand festival comme dans plus en plus de salles de concert et de clubs partout en France.

    Près de 6 jeunes sur 10 ont déjà perdu le contrôle d’eux-mêmes

    au moins une fois au cours des 12 derniers mois du fait de leur consommation de substances, au point de ne plus vraiment savoir ce qu’ils faisaient (54%) (1). Parmi ces pertes de contrôle, le fait d’avoir un comportement inadapté envers les autres.

    Ouvrir des espaces de discussion

    À quelques mètres de là, d’autres associations organisent d’ailleurs des actions de prévention. Parmi elles, le CRIPS Île-de-France anime plusieurs activités pédagogiques pour sensibiliser les moins avertis. « Ces jeux permettent de démarrer une conversation avec – et surtout entre – les jeunes dans une démarche de prévention, sans tomber dans un discours d’interdiction », commente Émilie Monod, Responsable de la Communication au CRIPS Île-de-France.

    Qu’il s’agisse de consommation d’alcool, de substances, ou de consentement, l’association est équipée : « On a des lunettes qui permettent de simuler un état d’ébriété, par exemple. Ça nous permet de donner quelques conseils comme boire un verre d’eau entre chaque verre d’alcool… On a aussi imaginé un pref pong, sur le modèle du beer pong américain. Lorsque l’on parvient à viser un gobelet avec sa balle, on doit lire le papier qui est dedans, et dire selon nous si la situation décrite est charmante, gênante ou harcelante. »

    Le CRIPS n’est pas novice en la matière : « Cela fait plusieurs années que l’on travaille avec des festivals, des soirées, des lieux festifs… Il y a eu une vraie prise de conscience du secteur au sujet des violences sexistes et sexuelles depuis #MeToo. Les professionnels du milieu se forment massivement », poursuit l’experte.

    18% des consommateurs ont déjà agressé quelqu’un physiquement

    après avoir consommé de substances nocives (alcool, cannabis, ecstasy, cocaïne, héroïne). (1)

    Des formations certifiées

    La salle de concert et club le Trabendo, situé dans le Parc de la Villette à Paris, peut en témoigner ; pratiquement toute l’équipe a été formée par Consentis, l’une des associations de référence sur le consentement en milieu festif. « Pendant une demi-journée, on a revu les bases du consentement et appris à qualifier juridiquement différents comportements. Il en a découlé une charte interne et un protocole strict que nous déclenchons en cas de harcèlement ou d’agression. Aujourd’hui, ces formations se font sur la base du volontariat, mais elles sont en passe de devenir obligatoires, notamment pour être affilié au Centre National de la Musique et bénéficier de subventions », explique Pablo El Baz, directeur de la salle, qui fait une veille constante sur ce qui se passe chez ses collègues du secteur.

    « J’échange beaucoup avec d’autres clubs. On s’entraide, on partage les bonnes pratiques… » Il se félicite d’ailleurs que de plus en plus d’initiatives collectives voient le jour pour que le monde de la musique et de la nuit soit plus sûr pour tous : « Il y a notamment le Conseil de la nuit, les rencontres organisées sur le sujet par le CNM, le réseau MAP, le dispositif Demandez Angela… Tout cela traduit une prise de conscience indéniable, conjuguée à une demande accrue du public qui veut se sentir en sécurité. » Sur les murs du Trabendo, plusieurs affiches rappellent la loi et les règles du lieu. Un détail qui fait toute la différence, selon Pablo El Baz : « Ces affiches rassurent car elles rappellent aux clubbeurs que nos équipes sont mobilisées sur ces questions et qu’il y a une tolérance zéro vis-à-vis de ces comportements. L’équipe de sécurité et les barmen sont aussi particulièrement alertes, car ils sont les premiers en contact avec le public », poursuit-il.

    Une méfiance qui demeure ?

    Pourtant, certaines personnes se sentent encore mal à l’aise en club ou dans les salles de concert. À l’image de Pauline et Esther, toutes deux 24 ans : « J’ai souvent peur qu’on mette quelque chose dans mon verre », explique la première, venue se renseigner au stand du CRIPS entre deux concerts. « Personnellement, en boîte, j’ai surtout l’impression d’être un bout de viande dans une fosse aux lions, renchérit son amie. Les fois où j’y vais quand même, je fais en sorte de danser pas trop loin des vigiles, parce que je me dis que comme ça personne ne viendra m’embêter. »

    Si le monde de la nuit a entamé sa mue, le chemin est encore long. « La prise de conscience est certaine, appuie Safiatou Mendy, formatrice pour la très active association Consentis. Mais tout cela est encore bien fragile. Le consentement n’est pas une simple notion, il doit se pratiquer au quotidien. »

    (1) 3ème Édition du baromètre des addictions Ipsos/Macif 2023

    L’Essentiel de l’article

    • Le personnel des boîtes de nuit, festivals, bars et autres lieux de la vie nocturne est de plus en plus formé
    • Les comportements inappropriés sont divers (harcèlement sexuel, violence physique, insultes) et aucun n’est acceptable
    • Si vous êtes victime ou témoin de comportement inapproprié et/ou dangereux, adressez-vous au personnel du lieu
  • Santé mentale des étudiants : des dispositifs pour se sentir mieux

    Santé mentale des étudiants : des dispositifs pour se sentir mieux

    « Problèmes familiaux, isolement, discrimination. Mais il y a aussi la précarité, les problèmes de logement ou financiers, voilà les difficultés que rencontrent les étudiants qui viennent à nous », explique Quentin Bourgeon, président de l’association Rêves Jeunes, présente dans plusieurs universités françaises et qui s’engage pour la santé mentale des étudiants. Une étude menée par l’Institut CSA vient confirmer ce constat de terrain. Publiée en juillet 2022, elle montre une situation alarmante : 70 % des étudiants sont en situation de mal-être.

    35% des étudiants

    en France auraient eu des pensées suicidaires.(1)

    Des parcours de soins souvent trop longs

    Pour venir en aide à ces jeunes, différents dispositifs ont été mis en place ces dernières années. L’Etat tente de s’emparer du problème avec son programme Santé Psy Étudiant. Il permet de prendre un rendez-vous en ligne avec un des mille cent psychologues volontaires. Les consultations sont gratuites, mais nécessitent un passage préalable chez un médecin généraliste pour obtenir une lettre d’orientation. Ils peuvent ensuite profiter de huit rendez-vous annuels, renouvelables l’année suivante. « L’idée c’est aussi d’habituer les étudiants à un parcours de consultation classique. On voit un généraliste, puis son spécialiste », justifie Vikie Ache, responsable communication et animation de Santé Psy Étudiant. Un processus contraignant et des délais parfois longs qui peuvent freiner les étudiants qui vivent un mal-être. « J’ai essayé Santé Psy Etudiant, mais les rendez-vous étaient trop éloignés. Je n’ai pas continué » constate Judith, 25 ans, en double licence histoire et philosophie à l’université de Créteil. En 2022, le dispositif du gouvernement aura tout de même permis à quarante-trois mille jeunes en détresse de rencontrer un psychologue.

    Lire aussi : “Ça va (pas) la tête ?” le podcast pour décrypter le mal-être étudiant

    38% des étudiants

    ont renoncé à consulter un médecin au cours de l’année 2022 par manque de moyens et/ou de créneaux disponibles. (1)

    Des assos à l’écoute des jeunes

    Dans les facultés et écoles, des associations et des Bureaux d’aide psychologique universitaires (Bapu) travaillent aussi au quotidien pour améliorer la santé mentale des étudiants.

    Après avoir abandonné Santé Psy Etudiant, Judith est tombée par hasard sur une affiche de Rêves jeunes en sortant d’un partiel. Après avoir discuté avec des membres de l’association, elle a décidé de rencontrer une de ses psychologues. « Mon problème c’était que j’étais un peu perdue après avoir été alitée un mois à cause du Covid, j’avais aussi du mal à jongler entre mon travail et mes études. Alors j’ai franchi le pas » raconte-t-elle. Outre la gratuité, c’est la disponibilité de la spécialiste consultée qu’a appréciée l’étudiante. « On s’est vues toutes les deux semaines et elle a pu s’adapter à mon emploi du temps. Je pouvais la contacter entre deux séances si ça n’allait pas », explique-t-elle.

    Comme Rêves jeunes, l’association Nightline et ses six antennes partout en France permettent aux étudiants en détresse d’être entendus. Depuis sept ans, les bénévoles de Nightline proposent un service d’écoute par et pour des étudiants. L’association a également lancé il y a quelques mois une nouvelle ressource en ligne pour prendre soin de sa santé mentale et soutenir ses proches à travers un parcours personnalisé comprenant des mini-jeux, des entraînements, des activités et des fiches synthétiques. Pour Nightline comme pour tous les acteurs de la santé mentale des étudiants, la prévention reste un des enjeux majeurs. Tous constatent un tabou autour de ces questions, mais aussi une méconnaissance des dispositifs existants.

    Alors forcément, certains jeunes abandonnent. L’enquête de l’Institut CSA montre notamment que 28% d’entre eux n’ont pas réussi à trouver un médecin et 13% ont eu des difficultés à s’y retrouver dans le système de santé. « Nous ne sommes pas sensibilisés. On ne sait pas forcément vers qui s’orienter quand on rencontre un problème. Je pense qu’en plus du travail des associations, les universités elles-mêmes pourraient informer les étudiants, au moment de la prérentrée par exemple », estime Judith, devenue elle-même bénévole à l’association Rêves Jeunes.

    L’info en + Services d’écoute gratuits pour les étudiants

    Fil Santé Jeunes au 0 800 235 236 : Service téléphonique anonyme et gratuit pour les 12-25 ans tous les jours de 9h à 23h

    Fil Santé Jeunes en Chat : sans inscription, anonyme, vous pouvez discuter avec un professionnel de l’écoute et votre conversation n’est stockée nulle part

    Nightline : Service téléphonique anonyme et gratuit tous les soirs de 21h à 2h30

    SOS Amitié au 09 72 39 40 50 : Service téléphonique anonyme et gratuit, tous les jours 24h/24

    VOUS ÊTES ÉTUDIANT ET SOCIÉTAIRE MACIF ?

    Macif Solidarité Coups Durs Spécial étudiant pourra vous orienter pour obtenir de l’aide psychologique et retrouver un équilibre.

    L’Essentiel de l’article

    • 70 % des étudiants sont en situation de mal-être
    • Les temps d’attente et les coûts sont souvent trop élevés
    • Des associations de jeunes pour les jeunes existent partout en France

    (1) Institut BVA juillet 2022