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  • Comment financer vos études à l’étranger ?

    Comment financer vos études à l’étranger ?

    1 Des bourses à la mobilité internationale

    Erasmus+, c’est un programme de mobilité de l’enseignement supérieur. Il permet aux étudiants, dès leur deuxième année post-bac et jusqu’au doctorat, d’étudier de 3 à 12 mois dans l’établissement d’enseignement supérieur européen de leur choix et de bénéficier d’une bourse. Pour en savoir plus, tournez-vous vers le service des relations internationales de votre établissement.

    Si vous êtes boursier et que vous partez dans un pays du Conseil de l’Europe, vous pouvez continuer à percevoir votre bourse sur critères sociaux pour vous aider à financer vos études supérieures ! Elle s’élève de 1 042 € à 5 736 €(1) selon votre situation.

    Si vous êtes étudiant et que vous voulez suivre une formation supérieure ou effectuer un stage dans un autre pays, vous pouvez prétendre à l’Aide à la mobilité internationale (AMI) de 400 €(2). Retirez un dossier de demande au service des relations internationales de votre établissement.

    Le saviez-vous ?

    Dans le top 5 des pays plébiscités par les étudiants français : la Belgique, le Canada, la Suisse, le Royaume Uni et l’Espagne(3).

    2 Des aides des collectivités territoriales

    Les Régions et les Conseils départementaux encouragent la mobilité à l’étranger des étudiants en accordant une aide forfaitaire à ceux qui effectuent un stage ou un séjour d’études supérieures à l’étranger. Renseignez-vous auprès des collectivités territoriales de votre lieu de résidence pour en connaître les modalités.

    Vous souhaitez étudier à l’étranger ?

    La Macif vous accompagne pour partir sereinement.

    3 Des dispositifs pour travailler à l’étranger

    Travailler à l’étranger, c’est possible ! Pensez au VIE (Volontariat international en entreprise). Le ou la volontaire, entre 18 et 28 ans, réalise une mission de 6 à 24 mois au sein d’une entreprise française à l’étranger. Le VIA (Volontariat international en administration) est destiné, lui, aux jeunes de 18 à 28 ans souhaitant travailler pour des services de l’État à l’étranger : consulats, ambassades, services et missions économiques français à l’étranger, etc.

    Pour travailler à l’étranger, vous pouvez aussi partir comme jeune au pair ! En tant que jeune au pair (entre 18 et 24 ans) vous êtes logé, nourri et vous percevez de l’argent de poche, en échange de quoi, vous assurez la garde des enfants de la famille d’accueil.

    4 Partir à l’étranger : quelles dépenses prévoir ?

    Logement, ouverture d’un compte bancaire, demande de visa éventuelle, frais de scolarité, alimentation, assurances, transport… Un départ à l’international ne s’improvise pas ! Pour estimer le coût de votre future installation (logement universitaire, appartement privé, colocation…), renseignez-vous sur le marché immobilier du pays d’expatriation.

    Les frais de scolarité varient aussi selon votre cursus, l’établissement et le pays que vous choisissez. Renseignez-vous directement sur les sites des universités que vous convoitez. Autre dépense qui peut plomber le budget : l’assurance santé. Dans certains pays, sans convention de sécurité sociale avec la France, il faut prévoir une couverture sociale pendant tout votre séjour ! C’est le cas par exemple aux États-Unis et au Canada(4). D’où l’importance de bien préparer son budget, la condition sine qua non d’une expérience réussie !

    Bon à savoir :

    Les pays où les étudiants sont amenés à mettre le plus la main au portefeuille sont les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, l’Australie et les Émirats arabes unis(5). Il faut compter en moyenne 9 000 €(5) pour neuf mois au Canada et aux États-Unis et 10 000 €(5) au Royaume-Uni, sans compter les billets d’avion et les frais de scolarité.

    VOUS AVEZ ENTRE 18 ET 25 ANS ?

    La Macif propose un crédit à 1 000 €. Renseignez-vous !

     

    Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager. Sous réserve d’acceptation par l’organisme prêteur Socram Banque.

    L’Essentiel de l’article

    • Des aides financières sont octroyées pour étudier à l’étranger.
    • Des dispositifs existent pour travailler à l’étranger.
    • Pensez à anticiper toutes les dépenses sur place.

    (1) service-public, Étudiant : bourse sur critères sociaux, 2025

    (2) service-public, Aide à la mobilité internationale d’un étudiant, 2025

    (3) Campusfrance, Chiffres-clés de la mobilité étudiante dans le monde, 2025

    (4) ameli, Études à l’étranger : votre prise en charge, 2025

    (5) L’étudiant, Études à l’étranger : Organiser son budget pour en profiter un max, 2019

  • Reprends le contrôle : le podcast qui libère la parole sur les addictions

    Reprends le contrôle : le podcast qui libère la parole sur les addictions

    À partir de quel moment est-on dépendant ? Comment détecter et éviter des comportements à risque, notamment sur la route, chez soi et chez les autres ? A-t-on besoin d’aide ? Des questions qui se posent face à des consommations de substances addictives, en particulier chez les jeunes. Dans Reprends le contrôle, signé Macif, quatre témoins âgés de 21 à 28 ans ont choisi de raconter leur consommation d’alcool ou de drogues, les années passées sans se poser de questions, le moment où les choses ont basculé et comment ils et elles sortent la tête de l’eau aujourd’hui. Si ces témoins veulent partager leur histoire, c’est parce que finalement, ça n’arrive pas qu’aux autres. C’est d’ailleurs ce que confirme Jessica Sautron, psychologue : « l’addiction peut concerner tout le monde, et ça commence tôt. »

    Lire aussi : Consommation de drogues, comment savoir si on est addict ?

    Épisode 1 – « J’ai mis ma vie en danger plusieurs fois à cause de l’alcool » – Thomas

    Soirées trop arrosées, désinhibition sous l’effet groupe, prises de risques inouïs… À 26 ans, Thomas a déjà mis en danger sa vie plusieurs fois sous l’effet de l’alcool et des drogues, mais à l’époque les conséquences n’avaient pas d’importance pour lui. Jusqu’au jour où il s’est fait très peur en ne passant pas loin d’un accident fatal.

    Épisode 2 – « Je trouvais toujours des excuses pour boire » – Charlotte

    Avec une enfance baignée dans les traditions familiales de consommation d’alcool, des études supérieures aux soirées particulièrement arrosées et l’ouverture de son propre bar/restaurant, Charlotte a bu dès son jeune âge, sans modération. Aujourd’hui, à 28 ans, elle est sobre depuis plus d’un an, mais sait que l’alcool ne pourra plus jamais faire partie de sa vie.

    Lire aussi : Les jeunes et l’alcool : il y a comme un hic en France !

    Épisode 3 – « C’était impensable de passer une soirée sans consommer » – Elin

    LSD, ecstasy, speed cannabis…Pour Elin, 23 ans, les drogues se sont agrégées les unes aux autres, rendant encore plus compliquée la possibilité de les abandonner. Mais la jeune femme veut reprendre le contrôle sur sa consommation et ce qu’elle fait subir à sa santé.

    Lire aussi : Connaissez-vous les dangers des drogues ?

    Épisode 4 – « Mon joint seul dans mon lit, j’arrive pas à le lâcher » – Cédric

    Depuis ses 17 ans, Cédric consomme du cannabis quotidiennement. À tout juste 21 ans, son addiction l’a menée à plusieurs reprises devant la justice. Si la prise de conscience est là et qu’il voudrait bien en finir avec le cannabis, l’arrêt total n’est pas si évident.

     

    Face à l’addiction et l’usage de substances, de nombreux organismes existent pour vous écouter, vous renseigner et vous aider : les Maisons des Adolescents, les Missions Locales, les Espaces Santé Jeunes.

    Vous avez besoin d’aide ?

    Drogues info service : 01 70 23 13 13 – Gratuit – 8h-2h

    www.drogues-info-service.fr

  • Quand les jeunes réinventent la masculinité

    Quand les jeunes réinventent la masculinité

    Avec ses 3 millions d’entrées en France et ses 710 millions de dollars de recettes mondiales, « Mourir peut attendre », le dernier James Bond sorti en 2021, consolide sa place de référence de la pop culture. Et aussi celle d’une masculinité puissante, portée par un Daniel Craig intouchable, fort et viril. Pourtant, ces imaginaires sont aussi en train d’évoluer car une nouvelle génération d’hommes entend bien proposer un nouveau récit pour les hommes.

    Avec ses 490.000 abonnés sur YouTube, Ben Névert montre que la jeunesse est capable de réinventer la masculinité. Dans ses tables rondes « Entre mecs », le format phare de sa chaîne, il donne la parole à des invités masculins. Ils parlent ouvertement de leurs ruptures amoureuses ou de leur style vestimentaire et remettent en question des stéréotypes comme « les hommes ne pleurent pas » en expliquant leur cheminement. Un discours qui se répercute d’ailleurs sur Instagram et TikTok, où de jeunes créateurs de contenus comme @Tubandes encouragent les hommes à exprimer leurs émotions, libérer leur rapport à leur corps ou encore oser s’habiller comme ils le souhaitent.

    Lire aussi : Le body shaming chez les ados et ses impacts sur leur santé mentale

     

    Vers une néo-masculinité positive, épanouie et enracinée dans Metoo ?

    Cette évolution des mœurs chez les jeunes hommes puise ses racines dans les avancées féministes de ces dernières années, particulièrement représentées pour cette génération par le mouvement #MeToo. Sur Instagram, de nombreux comptes militants ont vulgarisé massivement les discours féministes dès 2018 et ont structuré des communautés sur ces questions, en y incluant les hommes. Biberonnés à #MeToo, les garçons de la GenZ se sont sentis représentés dans les causes féministes. Et ils ont surtout compris que le féminisme n’était en aucun cas une guerre contre la gente masculine.

    C’est ce qu’a montré le journaliste Jérémy Patinier dans son Petit Guide du féminisme pour les hommes. Publié en 2018, l’ouvrage montre comment les hommes peuvent bénéficier du féminisme. « Quand, dans une famille, un père accomplit spontanément 50 % des tâches domestiques et organise les week-ends à la campagne ou les allers-retours au foot, sa femme est plus détendue et le couple va mieux. De plus, ce père impliqué améliore le lien avec ses enfants. Il peut les éduquer sans ces stéréotypes qui dévalorisent le féminin. Cela fait des individus plus structurés et plus forts, contrairement à ce que l’on croit, car on ne leur impose pas des modèles inatteignables », a-t-il commenté pour le journal Le Temps. Jérémy Patinier parle « d’individus plus structurés et plus forts » car ils ont appris, bien plus tôt que leurs pères, ce qu’étaient la charge mentale et les injonctions virilistes. Ils ont eu l’espace pour développer une identité plus apaisée, parfois jusqu’à interroger les modèles prônés par leurs propres parents.

    Lire aussi : Une jeunesse décomplexée sur sa santé mentale

     

    Une rupture héritière d’une histoire

    Ce renouveau des masculinités est d’ailleurs étudié sur les bancs de l’université, relève le maître de conférence en sociologie Arthur Vuattoux : « De nombreuses thèses ont été soutenues ces dernières années comme celle de Josselin Tricou sur l’Église et les masculinités, celle de Florian Vörös sur le rapport des hommes au porno ou celle de Mélanie Gourarier sur la drague et masculinité ».

    Dans tous les domaines, les hommes sont en train de questionner leur rapport au monde qui les entoure. Mais cette libération de la parole est-elle vraiment nouvelle ?

    Pour mieux comprendre les ressorts de ce phénomène, retournons au milieu des années 1980. C’est à ce moment que les premiers travaux universitaires sur la masculinité voient le jour, grâce à l’anthropologue Raewyn Connell. Dans son ouvrage Masculinities paru en 1995, elle définit la « masculinité hégémonique » comme « la configuration des pratiques de genre visant à assurer la perpétuation du patriarcat et la domination des hommes sur les femmes ». D’autres universitaires comme Robert Brannon préféreront parler des clichés de l’homme « maîtrisant ses émotions, subvenant aux besoins de sa famille et pratiquant des activités violentes et audacieuses ». Des définitions différentes, mais qui amorcent déjà (et pour la première fois) une définition scientifique de la place du genre masculin dans la société. En dehors des laboratoires de recherche, des changements s’opèrent aussi dans la société et les familles.

    Dès les années 1970, le mouvement féministe permet déjà aux hommes de questionner leurs désirs et leur place dans le foyer, à l’image des icônes de l’époque comme David Bowie et Freddy Mercury qui jouent avec les frontières du genre dans leur esthétique. Les hommes cassent de plus en plus les codes de la masculinité en s’appropriant le make up et la mode, jusqu’alors « autorisés » uniquement aux femmes.

     

    Quand les jeunes réinventent la masculinité

     

    Bien que les hommes questionnent leur masculinité depuis des décennies, le phénomène a pris une dimension nouvelle grâce aux réseaux sociaux. En ligne, on s’approprie de nouveaux termes comme celui de « masculinité toxique », d’abord popularisé par la blogueuse américaine Amanda Marcotte, qui la définit comme « un modèle spécifique de la virilité, orienté vers la domination et le contrôle ». Elle poursuit : « c’est une virilité qui perçoit les femmes et personnes LGBT comme inférieures, conçoit le sexe comme un acte non pas d’affection mais de domination, et valorise la violence comme seule façon de s’imposer dans le monde ». Bien que cette expression ne soit pas employée en sciences sociales, Arthur Vuattoux admet que « ce qui se dit sur les réseaux sociaux corrobore une grande partie des recherches ».

    Le rôle des réseaux sociaux

    C’est dans ce contexte de libération de la parole que Dina a créé le compte “Les garçons parlent”. Sur son compte Instagram, il invite les hommes à déconstruire tous les stéréotypes de l’homme viril, et les appelle à se confier sur leurs problèmes. Le créateur de contenus était d’ailleurs le premier concerné : « En master 1, j’ai fait une dépression en Erasmus. J’aurais pu en parler mais c’était délicat car je ne savais pas vraiment ce que je ressentais et je n’arrivais pas à l’exprimer, comme beaucoup d’hommes ». À son retour en France, en 2018, il ouvre petit à petit son compte aux témoignages : « J’ai d’abord publié quelques stories et les hommes sont venus spontanément pour la même chose. » Parmi les sujets les plus abordés, il y a les agressions sexuelles et la santé mentale. On y trouve par exemple celui d’un jeune de 17 ans qui complexe sur la taille de son sexe, ou des récits plus graves comme celui d’Ismaïl, victime d’un viol. Le compte met aussi en avant des problématiques du quotidien comme la galanterie ou le témoignage d’un lycéen pratiquant la Zumba. Ces prises de parole sont ensuite publiées anonymement : « Ils me disent que c’est une libération, c’est un peu comme un carnet intime public », explique Dina.

    Cette libération de la parole est aussi ressentie dans la vraie vie. Depuis la création de son spectacle « Sensiblement viril », l’humoriste Alex Ramirès sensibilise son public aux problématiques liées à la masculinité. Selon lui, son spectacle, dont la dernière aura lieu à l’automne, a beaucoup évolué depuis son lancement en 2017. « Ce que je pouvais considérer comme un thème précurseur en 2017, voire un peu dérangeant, est devenu quelque chose de plus accepté », commente-t-il. Et d’ajouter : « J’ai un regard très admiratif sur les nouvelles générations, je suis hyper fier d’elles alors que je ne les connais pas. Les réseaux sociaux, malgré tous leurs travers, nous permettent de nous sentir moins seuls. Je crois beaucoup en la représentation et quand je vois des jeunes de 15 ans casser les codes du genre ou de la masculinité, je trouve que c’est très important ».

     

    Lire aussi : Quelles sont les références culturelles de la génération Z* ?

     

    Cette rupture générationnelle n’est d’ailleurs pas l’apanage des jeunes hommes bourgeois, rappelle Arthur Vuattoux. « Dans les classes supérieures on a l’impression que les masculinités évoluent beaucoup plus, mais en réalité les changements sont tout aussi profonds dans les milieux ruraux ou les classes populaires. Simplement ces populations prennent moins la parole dans l’espace public. Les classes supérieures n’ont pas le monopole du progressisme », explique-t-il.

    Un travail encore en cours

    En revanche, le sociologue nous invite à nuancer les discours répandus sur Internet : « Quand on parle du web il faut faire attention à regarder dans quels espaces sociaux on voit apparaître ces prises de parole. On a l’impression qu’un compte Instagram, c’est représentatif de ce qui se dit dans la jeunesse alors que les espaces numériques sont très clivés ». En dehors de la (toute petite) bulle d’Internet, les hommes évoluent donc à leur rythme. Derrière la face visible d’une GenZ ultra connectée se cachent de nombreuses nuances, qu’il s’agit d’écouter.

    Alors comment ces nouvelles masculinités vont-elles s’agencer dans les 5 ou 10 prochaines années ? Il est encore difficile de se projeter, mais les masculinités de demain s’inventent sûrement aujourd’hui, à l’ombre des luttes féministes, dans l’angle mort d’un virilisme aux abois, recroquevillé dans sa superbe d’antan. Comment garantir aux jeunes hommes en quête d’identité de ne pas se faire écraser par des mouvements antagonistes comme la communauté MGTOW, abréviation de Men Going Their Own Way, qui se revendique de la lutte contre l’effacement des hommes de la société et plus précisément de leur virilité ?

    La réponse se trouve peut-être dans l’écoute et l’accompagnement de ces néo-masculinités, pour qu’elles aient une chance d’avoir un impact proche de celui de #MeToo. Alors que ce mouvement n’a même pas encore fêté ses dix ans d’existence, il est naturel que les hommes prennent le temps de casser les codes de leurs identités. Et les générations futures iront peut-être plus loin, grâce à la force de frappe d’Internet ?

  • Étudiant : des astuces pour bien gérer son budget transport

    Étudiant : des astuces pour bien gérer son budget transport

    Gérer sa vie étudiante sans se retrouver dans le rouge en fin de mois peut être une sacrée gymnastique. Mais des bons plans existent pour réduire vos coûts de transport.

    1 Optez pour les transports doux

    Pour réduire les frais liés à vos déplacements, préférez les transports doux à la voiture. Vélo, skate, trottinette et scooter électrique… l’offre se développe. Certaines collectivités offrent même un coup de pouce financier pour faire réparer son vélo. Tandis que certaines universités nouent des partenariats avec des associations qui apprennent aux étudiants à effectuer eux-mêmes leurs réparations sur leur bicyclette ! Renseignez-vous sur votre campus !

    2 Privilégiez le covoiturage

    Trouver ou proposer un covoiturage pour vos trajets quotidiens pour vous rendre à la fac ou rendre visite à vos proches le week-end, est une autre solution pour maîtriser votre budget transport en plus de limiter votre empreinte carbone ! Le court-voiturage domicile-travail ou université se démocratise. À Paris, Lyon, Toulouse, Bordeaux, Lille, Nantes, Rennes et Grenoble, les détenteurs d’un pass de transports en commun peuvent covoiturer gratuitement sur les plateformes partenaires de la ville. Bon à savoir !

    3 Sollicitez des aides à la mobilité

    Selon votre région, vous pouvez bénéficier de différentes aides pour réduire vos frais de déplacement. Renseignez-vous auprès du service de transport en commun de vos collectivités territoriales (mairie, conseil départemental, conseil régional). Et selon votre statut et votre âge, la SNCF propose des cartes de réduction ou des tarifs préférentiels. Un bon plan pour voyager à moindre coût !

    Bon à savoir

    Si vous êtes stagiaire ou alternant dans une entreprise, votre employeur doit vous rembourser la moitié de votre abonnement(1) ou de vos titres de transport pour le trajet entre votre domicile et votre travail. Renseignez-vous !

    4 Favorisez la marche

    Il n’y a pas de petites économies ! Évitez de prendre la voiture pour les petits trajets. Rejoignez votre salle de sport à pied, par exemple, si elle n’est pas trop loin. De quoi bien vous échauffer avant votre séance. Aller au supermarché à pied oblige aussi à n’acheter que l’essentiel, et donc à réduire les dépenses. Astucieux !

    Chiffre-clé

    Pour les adultes, il est recommandé de pratiquer 30 minutes(2) d’activité physique, comme faire du vélo, courir, marcher à bonne allure, au moins 5 fois par semaine.

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    *Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager. Organisme prêteur : Socram Banque. La Macif agit en qualité d’Intermédiaire en opérations de banque et services de paiement pour le compte exclusif de Socram Banque. N° Orias 13005670 (www.orias.fr).

    L’Essentiel de l’article

    • Des aides au transport sont octroyées par les collectivités.
    • Le co-voiturage permet de limiter les frais.
    • Vélo, trottinette, skate… permet de se dépenser physiquement tout en réduisant son budget transport.

    (1) Ministère de l’Intérieur, Transports : quelles réductions pour les jeunes, étudiants et apprentis ?, 2021

    (2) ANSES, Manque d’activité physique et excès de sédentarité : une priorité de santé publique, 2022

  • Le sport est-il encore un bastion sexiste ?

    Le sport est-il encore un bastion sexiste ?

    L’accès au sport pour les femmes est d’abord un combat mené depuis de nombreuses années. « Au XIXe siècle, les femmes jouaient au tennis, mais c’était plus un moyen de rencontre des jeunesses dans les milieux bourgeois qu’une véritable pratique sportive », affirme Catherine Louveau, sociologue du sport spécialisée sur les conditions d’accès des femmes aux pratiques sportives. Les femmes ont dû attendre 1950 pour obtenir une licence de la fédération sportive de cyclisme, 1970 pour le football et 1987 pour la boxe (1).

    Elles sont d’abord acceptées dans les sports jugés compatibles aux normes sociales féminines en vigueur : « Après le tennis, les disciplines ouvertes aux femmes sont la natation et les gymnastiques. Avec ces activités, elles peuvent “travailler leur féminité”, c’est-à-dire muscler leur corps. L’idée, c’est de fabriquer des belles femmes et des bonnes mères », ajoute Catherine Louveau. De même pour les compétitions sportives. Ce n’est qu’en 1928, après avoir essuyé plusieurs refus, que les femmes ont la possibilité de participer aux épreuves olympiques. « Pierre de Coubertin [l’initiateur des Jeux Olympiques modernes à partir de 1896, ndlr] était hermétique à la pratique du sport par les femmes. Pour lui, le sport visait à viriliser les hommes et à les préparer à l’affrontement. »

    En effet, dès que les activités sportives impliquent de la force, du combat et de l’affrontement physique, elles s’inscrivent, depuis l’antiquité, dans le registre du masculin. Pour Catherine Louveau, cela s’illustre toujours aujourd’hui : « J’entends encore des personnes dire que le rugby n’est pas fait pour les femmes. » De même lorsqu’il s’agit d’épreuves sportives d’endurance. En 1928, le 800 mètres d’athlétisme fait son apparition aux jeux olympiques : « À l’arrivée, les sportives sont – à juste titre – fatiguées. Certaines s’effondrent sur les pistes, grimaçantes après l’effort. C’était tellement choquant pour l’époque de voir des femmes dans ces circonstances qu’ils ont supprimé l’épreuve du 800 mètres, qui n’a été réautorisée qu’à partir des années 1960 », raconte la sociologue.

    Preuve qu’une femme, dès qu’elle s’éloigne des stéréotypes liés à son genre (ici, une femme « grimaçante » est jugée disgracieuse), est considérée comme subvervise.

    Des freins encore importants

    D’après Catherine Louveau, les femmes font l’objet d’un véritable « procès de virilisation » dès qu’elles sont jugées trop masculines. Ce n’est pas un hasard si l’haltérophilie, le taekwondo, le lancer de marteau, la lutte ou encore la boxe n’ont pu être pratiqués par les femmes qu’à partir des années 2000 lors des Jeux Olympiques. Aujourd’hui encore, malgré la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes – qui introduit l’obligation de représentation dite « proportionnelle » au nombre de femmes pratiquantes – les inégalités homme-femme dans le sport se jouent à tous les niveaux.

    Pour Nicole Abar, ancienne joueuse de l’équipe de France de Football, connue pour son engagement en faveur de l’égalité d’accès au sport pour les filles et les garçons : « Les représentations stéréotypées freinent l’accès aux pratiques sportives. »

    Lire aussi : Foot : les filles sur le terrain !

    « Les petites filles n’osent pas demander de participer à une activité qui, a priori, est connotée masculine et certains parents ne vont pas les encourager non plus. »

    Nicole Abar, ancienne joueuse de l’équipe de France de Football

    Les structures, elles aussi, ne sont pas toujours adaptées. « Malgré les programmes fédéraux, tous les clubs ne sont pas prêts à recevoir des filles, regrette Nicole Abar. Pour accueillir une nouvelle pratique, ou une nouvelle catégorie, que ce soit des femmes ou des personnes en situation de handicap, il faut trouver des créneaux, et il n’y a pratiquement pas d’accès aux équipements sportifs pour les femmes, car ils sont saturés par les hommes. » À cette répartition inégalitaire des infrastructures sportives (stades, vestiaires…), s’ajoutent les inégalités économiques.

    Si la fédération américaine de football a annoncé, le 18 mai 2022, avoir conclu un accord pour l’égalité des salaires entre les joueurs et les joueuses, les inégalités perdurent en France entre les joueurs et joueuses de football. Le footballeur Lionel Messi aurait touché plus de 100 millions d’euros en 2019 d’après le magazine France Football(2), alors que Wendie Renard et Amandine Henry, les deux joueuses françaises les mieux payées, toucheraient 30 000 euros par mois (soit 360 000 euros sur un an) selon le journal l’Équipe(3).

    De plus, les joueuses ont un statut amateur, contrairement aux hommes qui sont sous contrat professionnel : « Les footballeuses ont un contrat fédéral avec les clubs. Elles sont souvent à temps partiel et doivent dans ce cas compléter leur revenu avec une autre activité professionnelle », rappelle l’ancienne footballeuse. En travaillant à côté, les athlètes féminines sont moins disponibles psychiquement et physiquement pour leur compétition.

    Le football féminin ne serait-il pas encore assez rentable ? Pour Nicole Abar : « Il y a un souci d’économie de marché. Lors des compétitions, les stades sont quasiment vides, le merchandising est très limité et les montants des contrats publicitaires et des sponsors n’atteignent pas des sommets. Pour qu’il y ait plus d’équilibre, il faudrait créer de l’audience, mais aujourd’hui il y a encore un déficit monstrueux de visibilité. »

    En effet, d’après le rapport du CSA paru en septembre 2017, les femmes représentaient entre 14 et 18, 5 % du volume horaire de représentation d’activité sportive à la télévision, contre une fourchette de 16 et 20 % en 2016(4).

    Vers un sport moins sexiste

    Les statistiques montrent que les femmes n’ont qu’une place marginale et secondaire dans le milieu sportif(5), qu’elles soient arbitres, entraîneuses, journalistes ou dirigeantes. Concernant la pratique, elles représentent au total un peu plus de 38 % des licenciés – tous sports confondus – en 2018, alors qu’elles sont plus nombreuses dans la population française. Selon l’INSEE, au 1ᵉʳ janvier 2021, les femmes représentent 51,7 % de la population en France – soit 2,3 millions de plus que les hommes.

    Lorsqu’on se penche sur la répartition, on constate que certains sports restent toujours majoritairement pratiqués par des hommes (comme le football, le rugby ou le tir…) et d’autres, principalement par des femmes (comme la gymnastique, le patinage ou la natation synchronisée…) Si l’écart reste important, les pratiquantes des sports jugés « masculins » sont de plus en plus nombreuses. Par rapport à 2011-2012, le nombre de footballeuses licenciées a par exemple été multiplié par deux et s’élève aujourd’hui à 193 882 selon la Fédération Nationale de Football(6). La Fédération Nationale de boxe compte quant à elle 17 436 licenciées contre 7133 en 2011-2012.

    Pour l’ancienne joueuse de football Nicole Abar – qui a réussi, en 2002, à faire condamner pour la première fois un club de football pour sexisme – cela s’explique par l’évolution des représentations : « Faire du foot pour une fille n’est plus considéré comme une bizarrerie. Elle peut rêver de rentrer en équipe de France, de rejoindre des grands clubs… » Or, le travail de sensibilisation n’est pas terminé, pour Nicole Abar, qui reprend les ateliers Passe la balle qu’elle avait mis en place l’année 2000, destinés aux enfants de la primaire à la 6e.

    « L’objectif est de travailler avec les petits sur les représentations des filles dans le sport car, dès l’âge de 4 ans, elles perdent en motricité, ce qui est pourtant une composante essentielle de la construction de l’estime et de la confiance en soi. »

    Nicole Abar

    Grâce à ses ateliers centrés sur la motricité et le langage, elle espère déconstruire les stéréotypes dans le sport et permettre aux filles d’oser se déployer dans l’espace autant que les garçons car, pour Nicole Abar : « Encourager la mobilité des petites filles aujourd’hui, c’est leur donner toutes les chances d’avoir confiance en elles demain. »

    (1) Barbusse, Béatrice. « Et maintenant, et demain ? », , Du sexisme dans le sport. sous la direction de Barbusse Béatrice. Anamosa, 2022, pp. 285-356.

    (2) France Football, 2018

    (3) L’Équipe, 2019

    (4) Rapport du CSA sur la diffusion de la pratique féminine sportive à la télévision (2017).

    (5) Barbusse, Béatrice. « Et maintenant, et demain ? », , Du sexisme dans le sport. sous la direction de Barbusse Béatrice. Anamosa, 2022, pp. 285-356.

    (6) FFF

  • La colocation, toujours aussi prisée par les jeunes !

    La colocation, toujours aussi prisée par les jeunes !

    Vivre en coloc’, c’est partager un lieu de vie et le loyer, mais pas que ! Par souci d’économie ou pour rompre la solitude, les étudiants restent attirés par la vie en communauté.

    1 Quel est le profil type du colocataire ?

    En France, les candidats à la colocation sont étudiants pour 58 %(1) d’entre eux (55 % en 2020(2)), et 36 %(1) travaillent (41 % en 2020(2)). Le profil type des jeunes qui optent pour la vie en communauté : âgé de 27 ans(1) en moyenne, avec un revenu moyen mensuel de 1 805 € (lui ou ses garants) contre 1 729 € en 2020(2).

    Chiffre-clé

    76 %(1) des colocataires ont moins de 30 ans et 6 % plus de 50 ans.

    2 Quelles sont les villes les plus propices à la colocation ?

    L’Île-de-France représente 38 %(1) des recherches de colocation, contre 62 %(1) pour les autres régions, qui gagnent d’ailleurs 4 points par rapport à 2020(2), confirmant ainsi la perte de vitesse du marché parisien depuis la crise sanitaire.

    La Rochelle, avec 7,9 demandes pour une chambre libre, remplace Paris (8,2 demandes en 2020(2)) et devient la première ville où il fait bon partager la cuisine, la salle d’eau et la pièce principale ! En manque de logements et de terrains disponibles, la ville étudiante paye le prix de son attractivité. Dans ce top 5 où le marché de la colocation est le plus tendu, viennent ensuite, Lyon (4,8 demandes) et Lille (4,7 demandes par chambre). Paris (4,6 demandes) et Angers (3,4 demandes) complètent ce classement.

    Si vous souhaitez trouver plus facilement une colocation, Saint-Étienne reste idéal avec presque 4 chambres libres pour 1 demande (contre 2 chambres pour 1 demande en 2020(2)). Autres grandes villes, où il est plus aisé de trouver une colocation : Nice, Limoges, Amiens et Nîmes.

    3 À combien s’élève le loyer moyen d’une colocation ?

    Pour vivre dans une chambre en colocation, il faut débourser en moyenne 392 €/mois (charges incluses) en province (+ 1,82 %(2) par rapport à 2020), 715 €/mois à Paris (+ 0,7 %(2) par rapport à 2020), et 442 € au niveau national (+ 2,46 %(2) par rapport à 2020). Contre 562 € (515 €(2) en 2020) pour un studio en location individuelle (soit 27 % plus cher). La colocation est donc une option économique pour les étudiants au budget serré !

    4 Qu’est-ce qui motive les jeunes à vivre à plusieurs ?

    L’aspect social est la principale motivation des jeunes colocataires. Comme en 2020, 73 %(1) d’entre eux disent opter pour la colocation pour rencontrer de nouvelles personnes, voire parfois, découvrir d’autres cultures. L’aspect économique est aussi important. 49 %(1) des jeunes disent vouloir réduire leur budget logement (contre 53 %(2) en 2020) Autre attrait de la colocation : le fait de pouvoir profiter d’un logement plus grand, qui n’était pas une priorité pour les jeunes auparavant. Une autre conséquence du confinement.

    Chiffre-clé

    Avec le français, l’anglais (70 %), l’espagnol (23 %) et l’allemand (9 %) sont les langues les plus parlées dans les colocations.

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    L’Essentiel de l’article

    • Le profil type du colocataire : 27 ans en moyenne, avec un revenu moyen de 1 805 €/mois.
    • La Rochelle est la ville la plus recherchée par les colocataires.
    • Le loyer moyen en colocation s’élève à 442 €/mois, charges incluses.
    • La colocation est une option idéale pour réduire ses dépenses.

    (1) Observatoire 2021 de la colocation par LocService

    (2) Observatoire 2020 de la colocation par LocService

  • La checklist pour louer un appartement

    La checklist pour louer un appartement

    1 Le dossier de location

    Les pièces à fournir par le locataire et son cautionnaire

    • Une pièce justificative d’identité (carte nationale d’identité, passeport…).
       
    • Un seul justificatif de domicile : 3 dernières quittances de loyer, le dernier avis de la taxe foncière, ou encore pour le cautionnaire : une facture d’eau, de gaz ou d’électricité de moins de trois mois.
       
    • Un ou plusieurs justificatifs de situation professionnelle : le contrat de travail, la carte professionnelle pour les professions libérales, l’extrait K ou Kbis pour les entreprises commerciales.
       
    • Un ou plusieurs justificatifs de ressources : 3 derniers bulletins de salaire, le dernier avis d’imposition ou de non-imposition, les deux derniers bilans pour les professions non salariées.

       

    Les pièces complémentaires, souvent demandées

    • L’attestation de l’employeur : à demander à votre boss pour justifier d’un CDI et attestant que vous n’êtes plus en période d’essai.
       
    • Une attestation du précédent bailleur : elle atteste de votre capacité à payer un loyer.

    2 Les pièces à recevoir du propriétaire (ou de l’agence immobilière)

    • Le bail : il est signé par le locataire et le propriétaire ou l’agence mandataire. Il doit comporter la date d’entrée dans les lieux, le montant du loyer mensuel et celui des charges, les conditions de location (vide ou meublée, durée du bail, conditions d’habitation, etc.).
       
    • Un dossier de diagnostic complet : il comprend un diagnostic de performance énergétique, un constat de risque d’exposition au plomb, un état des risques naturels, miniers et technologiques, un état de l’installation intérieure de l’électricité (si l’installation a plus de 15 ans), un état de l’installation intérieure du gaz (si l’installation ou le dernier certificat de conformité ont plus de 15 ans).
       
    • L’état des lieux : il est fait à l’entrée, lors de la remise des clés, ainsi qu’à la sortie du locataire (à la fin de son bail). C’est un document qui détaille pièce par pièce l’état de l’appartement et servira de justificatif si le propriétaire retient tout ou partie de la caution au départ du locataire.
       
    • La quittance de loyer (ou un décompte de situation) : elle peut être remise chaque mois, gratuitement, pour attester du paiement du loyer. Elle précise le détail des sommes versées (loyer, charges).

    Vous déménagez ?

    La Macif vous accompagne dans cette étape de votre vie. Renseignez-vous !

    DPE : attention aux G et aux F

    Depuis le 1er janvier 2023, un logement (hors meublé de tourisme), situé en France métropolitaine, peut être mis en location uniquement si sa consommation d’énergie ne dépasse pas le seuil de 449 kilowattheures d’énergie finale par mètre carré de surface habitable. À partir du 1er janvier 2025, l’ensemble de la classe G sera concerné par cette mesure, puis en 2028 tous les logements classés F.

    3 Les frais à prévoir

    • Le dépôt de garantie : il est remis par le locataire ou un organisme tiers (Action Logement, par exemple) sous forme de chèque, par virement ou par carte bancaire. Le dépôt de garantie sert à couvrir les éventuelles dégradations dues au locataire. Il ne peut être supérieur à 1 mois de loyer hors charges pour un logement vide ou à 2 mois de loyer hors charge pour un logement meublé. Il est encaissé à l’entrée dans les lieux et restitué (si aucune dégradation n’est constatée) dans un délai d’un mois après la remise des clés par le locataire ou de deux mois si l’état des lieux de sortie révèle des différences avec l’état des lieux d’entrée.
       
    • L’avance du premier mois de loyer : c’est bon à savoir, un loyer se règle généralement d’avance (1 à 2 mois maximum) et non en fin de mois. Le locataire devra évidemment payer le loyer et les charges à la date convenue dans le bail pendant toute la durée de la location.
       
    • Les frais d’agence : ils sont désormais encadrés par la loi ALUR, qui fixe les montants maximums des loyers en fonction de la zone d’habitation (dans les zones tendues ou en dehors). Pour les frais de dossier, de visites et de rédaction du bail, le montant payé par le locataire ne peut dépasser à la fois :
       
      • le montant facturé au bailleur ;
      • et un plafond réglementaire de prix TTC par mètre carré de surface habitable.

    Le plafonnement du montant imputable au locataire varie en fonction de la zone géographique où se situe le logement.

    4 Les démarches à effectuer dès l’entrée dans le logement

    • L’assurance habitation : avant même la signature du bail et la remise des clés, contactez votre assureur pour souscrire un contrat d’assurance habitation. Non seulement c’est obligatoire, mais l’assurance se révélera fort utile en cas de pépin, un dégât des eaux par exemple (c’est malheureusement très courant !).
       
    • L’ouverture des compteurs et de la ligne téléphonique : prévenez les prestataires choisis le plus rapidement possible pour ne pas rester dans le noir ou, pire, sans wifi pendant une semaine.
       
    • Déclarer son changement d’adresse : aux assureurs, aux banques et aux organismes de prêt, aux impôts, à l’Assurance maladie et à la mutuelle, à la CAF, à votre employeur, à la caisse de retraite, à l’URSSAF ou tout autre organisme de rattachement…

    Besoin d’une assurance habitation ?

    Avec la Macif, vous pouvez personnaliser votre contrat grâce à des options* modulables pour l’adapter à votre mode de vie. Une bonne façon d’ajuster également le prix de votre assurance habitation à votre budget. 

    5 Je n’ai pas de caution solidaire, comment faire ?

    Si vous n’avez pas de cautionnaire « physique » (un parent, un ami), il est possible de solliciter un organisme tiers via votre employeur ou Action Logement qui pourra se porter caution pour vous sous certaines conditions.

    De manière générale, ce n’est pas une obligation légale d’avoir une caution physique ou morale. Un contrat de location peut être signé sans qu’un garant ne soit désigné, même si dans les faits, la plupart des bailleurs exigent la désignation d’un ou plusieurs garants et ce pour limiter les risques de non-paiement de loyers.

    Le montant du salaire exigé est souvent de 3 fois le montant du loyer, bien que ce ne soit pas une règle officielle. 

    La Garantie Visale est une caution accordée au locataire par Action Logement (ex. 1% logement) pour prendre en charge le paiement du loyer et des charges de sa résidence principale, en cas d’impayés. Les sommes sont avancées au bailleur par Action Logement, puis remboursées par le locataire. Pour en savoir plus sur les conditions d’éligibilité, consultez www.service-public.fr

    6 Les aides de la CAF

    Les aides au logement sont bien évidemment soumises à certaines conditions de revenus, au type de logement que vous occupez et à votre situation familiale et personnelle. Pour faire le point sur les aides auxquelles vous pouvez prétendre, faites une simulation en ligne sur le site de la Caisse d’allocations familiales avant de remplir votre dossier de demande de location : le fait d’être éligible à une aide peut jouer en votre faveur.

    Bon à savoir

    La loi ALUR permet à certaines mairies d’obliger les propriétaires à obtenir un « permis de louer » attestant de la qualité du logement qu’ils proposent. C’est notamment le cas dans les zones particulièrement concernées par l’habitat insalubre, comme certaines communes de région parisienne (Pierrefitte-sur-Seine, Gennevilliers, etc.). Si vous cherchez à louer dans ces zones (renseignez-vous auprès de la mairie de la commune visée), vous pouvez exiger du propriétaire qu’il justifie de ce permis de louer.

    L’Essentiel de l’article

    • Constituez votre dossier à l’avance pour gagner du temps.
    • Fournissez des photocopies et non l’original des documents.
    • Présentez uniquement les pièces demandées, sauf si d’autres justificatifs peuvent jouer en votre faveur (feuille d’impôts, etc.).
    • Notez-le : les frais d’agence sont désormais encadrés par la loi ALUR.
    • Sachez que certains organismes peuvent se porter caution pour vous et régler le montant du dépôt de garantie.

    * Options accessibles en formule Protectrice et accordées dans les conditions et limites fixées au contrat.

    ** Source : Eurostat.

    Source : Service public, Paiement des charges locatives par le locataire

  • « Les jeunes ont moins peur de quitter leur entreprise »

    « Les jeunes ont moins peur de quitter leur entreprise »

    Maxime, 21 ans, est en réorientation dans un bac pro de maintenance des équipements industriels à Nantes et apprenti dans un grand groupe international de constructions navales, au sein duquel il fait de la maintenance mécanique sur des pompes à chaleur de sous-marins nucléaires. De son côté, Olivier a arrêté son BTS Techniques Commerciales pour un poste de manutentionnaire de fruits et légumes dans un grand groupe agroalimentaire lorsqu’il avait 21 ans. Depuis, il n’a cessé d’évoluer et est aujourd’hui responsable d’exploitation au sein d’une start up prometteuse de distribution alimentaire.

    Le modèle d’entreprise dans lequel vous travaillez a-t-il de l’importance lorsque vous projetez votre vie professionnelle future ?

    Maxime : Travailler dans une petite ou grosse entreprise m’est égal tant qu’il y a une bonne ambiance, que le travail est intéressant, et que j’ai l’impression de servir à quelque chose. Par exemple, ça a beaucoup de sens pour moi de travailler dans l’entreprise au sein de laquelle je suis apprenti car ce qu’elle produit me semble utile : je pense qu’on a besoin de ces sous-marins pour assurer la sécurité du pays.

    Olivier : Je suis entré dans le monde du travail dans une grosse entreprise, mais chaque site fonctionnait de manière individuelle donc il y avait un esprit “ taille humaine “ avec une très bonne ambiance et un esprit d’équipe. Je pense que ce fonctionnement familial a aidé au fait qu’on m’y ait vite accordé une certaine confiance et autonomie dans mon travail.

    28 % des jeunes

    s’imaginent rester au sein de la même entreprise autant que possible. 1

    Quels sont les éléments dont vous avez besoin pour vous sentir bien dans une entreprise ?

    Maxime : Avant tout, comme je le disais, j’ai besoin d’une bonne ambiance : avec mes collègues, on s’entraide, on se rend la pareille et on peut compter les uns sur les autres. Mon manager n’est pas déconnecté de ce que je fais, on s’entend très bien et il y a une atmosphère de confiance, ce qui me motive d’autant plus. Il y a aussi les avantages d’une grosse entreprise : comité d’entreprise, jours de congés, aide au logement… Pour l’instant j’habite chez mes parents mais pour plus tard ça peut être intéressant.

    Olivier : À mes débuts, tout ce qu’il me fallait dans mon travail, c’était me sentir utile, avoir des challenges à relever, et des projets en vue. Puis l’ambiance entre collègues et l’esprit d’équipe sont devenus primordiaux à mes yeux, c’est quelque chose dont j’ai mieux compris la valeur avec le temps. Cela passe également par le management, or je pense que c’est plus facile de mettre en place un management bienveillant dans une petite structure que dans une grosse. Pour moi qui ai vu le management participatif se développer dans les années 90, j’ai constaté combien cela a permis plus d’échanges et de faire grandir les collaborateurs.

    Lire aussi : Jeunes et emploi : « C’est particulièrement attirant qu’une entreprise soit moderne »

    Vous projetez-vous sur du long terme dans un même établissement ?

    Maxime : Dans l’idée, ça ne me dérangerait pas de rester une bonne partie de ma vie dans l’entreprise pour laquelle je travaille. En revanche, je ne m’imagine pas particulièrement monter des échelons, parce que j’ai une personnalité qui préfère suivre que montrer l’action. J’ai du mal à me projeter, mais j’imagine que plus tard je pourrais faire un travail sur moi-même pour gagner en confiance et me sentir capable de gagner en responsabilités. Peut-être que je pourrai faire des formations pour avoir plus de qualifications. Je n’ai pas encore réfléchi au fait d’aller travailler à l’étranger, ça peut aussi être une option intéressante, mais pour l’instant je me vois plutôt rester à Nantes.

    Olivier : Je pense qu’à l’époque, on se posait beaucoup moins la question de savoir si on allait rester dans une entreprise ou pas : quand on entrait dans une boîte, c’était généralement pour y faire carrière, ou au moins y rester un maximum. Moi j’avais des perspectives d’évolution dès le départ, et j’y suis resté 10 ans, avec pas mal de différentes missions à l’intérieur. Autour de moi aujourd’hui, j’ai l’impression qu’un certain nombre de jeunes essaye d’évoluer et de progresser rapidement dans leur boulot, lorsqu’ils se sentent bien dans l’entreprise. Mais j’observe qu’ils se sentent moins liés à leur entreprise qu’à mon époque, ce qui explique qu’ils changent plus facilement de boulot qu’il y a 20 ou 30 ans : moi je sentais bien ce lien d’appartenance à ma première entreprise.

    43 % des jeunes

    indiquent que leur attente principale vis-à-vis de leur travail se situe au niveau du salaire. 1

    Le salaire est-il déterminant pour choisir votre emploi ?

    Maxime : Mes ambitions en terme de salaire sont proportionnelles à mes coûts par mois liés au strict minimum : actuellement, je vis chez mes parents, alors mon petit salaire d’apprenti me convient très bien puisque je ne paye pas de loyer, ni de nourriture, d’électricité… même si je participe aux frais de la maison. C’est avant tout une question de sécurité pour moi : une fois que j’aurai quitté le nid et que j’aurai ma propre famille, je voudrai être sûr de pouvoir subvenir aux besoins de mes enfants.

    Olivier : Pour moi, le salaire n’a jamais été primordial. Je le trouvais correct à mes débuts, aligné sur les prix du marché. Je n’étais pas particulièrement tourné vers les avantages, je ne regardais pas non plus ce qu’il pouvait y avoir comme formation. Il s’agissait d’abord de financer un logement puisque ça correspondait avec le moment où je m’installais avec ma femme, donc j’avais besoin d’être indépendant et d’assurer un loyer, une voiture, etc. Il y avait une part de loisir aussi, mais c’était secondaire : on faisait avec ce qu’il restait, quand il en restait. L’important était plutôt la perspective de pouvoir évoluer, en sachant que le salaire suivrait. Un bon salaire, c’était donc pour moi un salaire qui suit la valeur de mon évolution professionnelle.

    Lire aussi : « Le revenu représente la valeur de notre travail »

    Êtes-vous satisfait de votre arrivée sur le marché du travail ?

    Maxime : Ma vision de la vie de travailleur n’est pas très positive, car je me dis que les meilleures années pour quelqu’un, ce sont celles où il est à l’école. Une fois qu’on est en entreprise, on est fatigué quand on rentre du travail, donc on a moins d’énergie pour faire des choses amusantes. Or je pense qu’il faut quand même penser à se faire plaisir pour décompresser et ne pas avoir une vie ennuyeuse. Et ça, ça passe par le fait d’avoir une vie sociale en dehors du travail, ainsi que des loisirs.

    Olivier : À mes débuts, je n’avais pas une très bonne vision du monde du travail : entre la théorie apprise à l’école et la pratique de la vie en entreprise, ça ne reflétait pas du tout ce qu’on m’a appris, donc il y a une eu petite période d’incompréhension. Heureusement, j’avais envie de rentrer dans la vie active et je me suis tout de suite impliqué dans mon entreprise, en travaillant autant que je pensais qu’il était nécessaire pour aller au bout de mes projets.

    Lire aussi : Jeunes et emploi : « On n’attend plus de l’entreprise qu’elle nous dise qui on est »

    Avez-vous l’impression d’avoir un rapport au travail différent de vos collègues plus âgés ?

    Maxime : D’un point de vue strictement professionnel, j’essaie de prendre exemple sur mes aînés : ils sont travailleurs et persévérants, ça m’apprend la discipline. En quelques mois d’expérience je trouve qu’on devient déjà plus sérieux, les autres juniors et moi. En revanche, j’ai l’impression que les plus anciens sont souvent assez dépendants de la sécurité de l’emploi et que ça ne les rend pas heureux : il y en a certains qui critiquent l’entreprise mais qui restent malgré tout. Je trouve ça dommage, les jeunes ont moins peur de partir parce qu’ils sont moins fidèles à leur entreprise.

    Olivier : Quand je suis arrivé en entreprise, j’ai senti que je devais faire mes preuves et apprendre beaucoup, car je n’avais pas la connaissance que les anciens avaient accumulée avec l’expérience. Mais il y avait aussi beaucoup de gens qui n’étaient pas là pour s’impliquer professionnellement : certains venaient travailler parce qu’il le fallait et faisaient le minimum. Je crois que de ce côté les mentalités ont beaucoup évolué, et je suis convaincu que c’est notamment parce que l’esprit d’équipe est devenu central. Du coup, on se sent mieux au travail, ce qui est particulièrement important pour les jeunes d’aujourd’hui.

    Est-il important pour vous que votre entreprise s’engage pour les causes qui vous sont chères ?

    Maxime : Oui, j’ai l’impression que mon entreprise utilise une énergie qui ne pollue pas l’air et c’est important pour moi : je préfère qu’on ait une énergie propre pour respecter l’environnement, car la planète terre ne nous appartient pas et il faut la respecter. Si elle utilisait du charbon, je ne sais pas si je serais aussi enthousiaste. Cette conscience me suffit, je n’ai pas besoin qu’elle s’engage plus ouvertement sur le sujet.

    Olivier : À l’époque, on ne parlait pas du tout des sujets environnementaux en entreprise, et moi même je n’y étais pas particulièrement sensible. Les jeunes ont apporté ce côté là avec une vraie envie de faire évoluer les mentalités y compris au sein de l’entreprise, et c’est tant mieux pour la planète. Le problème, c’est quand certaines entreprises se positionnent sur le sujet alors qu’elles sont parfois loin d’être exemplaires. Heureusement, je trouve que ça va de plus en plus vers des faits réels, parce que de toute façon il n’y a pas le choix, notamment sur ce qui est alimentaire.

    1 Baromètre Les jeunes et l’entreprise

  • Jeunes et emploi : « On n’attend plus de l’entreprise qu’elle nous dise qui on est »

    Jeunes et emploi : « On n’attend plus de l’entreprise qu’elle nous dise qui on est »

    Globalement, les jeunes vous semblent-ils avoir un rapport au travail radicalement différent de celui des générations précédentes ?

    Vincent Cocquebert : Cela fait une vingtaine d’années qu’on entend le discours selon lequel il y aurait une rupture anthropologique entre les travailleurs millennials et ceux des générations précédentes. Il y avait toute une gamme de stéréotypes les peignant comme sûrs d’eux, peu fidèles, étant quasiment dans un rapport d’instrumentalisation à leur entreprise pour venir y chercher ce qui les intéresse et repartir dès qu’ils auraient suffisamment appris de l’entreprise. Mais on se rend compte que c’est tout l’inverse : on a en fait affaire à des jeunes qui ressemblent beaucoup à leurs aînés, puisque leur rapport au travail est d’abord marqué par une reconnaissance salariale puis par une stabilité professionnelle. Or depuis qu’on étudie le rapport des individus au travail, ce sont les deux préoccupations principales.

    Respect, confiance, écoute… On remarque que les jeunes générations se montrent exigeantes envers la qualité d’atmosphère de leur entreprise. D’où vient ce besoin de confort ?

    V. C. : On perçoit effectivement un besoin de protection, d’évoluer dans des espaces ressentis comme sécurisés. Cela s’illustre par la fin de l’attirance pour les grands groupes, perçus dans les années 80 comme des entreprises ouvertes sur le monde donnant l’impression d’être soi-même un travailleur nomade et mondialisé. Or je pense que dans la dialectique du cocon qu’on observe actuellement, il y a une volonté de « miniaturisation » du monde. C’est quelque chose qu’on vit au quotidien, avec l’émergence de cette possibilité de faire entrer la culture, la consommation et le travail dans nos foyers. Aujourd’hui, cette miniaturisation se déploie sur les entreprises : on veut comprendre tout le processus de production, avoir accès à des managers sans qu’il y ait trop d’échelons hiérarchiques, être dans une bonne ambiance avec un management bienveillant… C’est l’application de la dynamique du cocon à l’entreprise.

    Lire aussi : Jeunes et emploi : « C’est particulièrement attirant qu’une entreprise soit moderne »

    Les jeunes sont beaucoup plus humbles que ce qu’on dit souvent de la jeunesse.

    Vincent Cocquebert, journaliste et auteur

    Qu’est-ce que cette recherche de cocon en entreprise raconte de leur perception de l’époque ?

    V. C. : Il y a quelque chose qui est de l’ordre d’un désenchantement de la mondialisation, de l’idéologie du progrès. Travailler dans une grande entreprise qui rayonne à l’international selon l’idée que la réussite est synonyme de s’étendre en permanence et de gagner des marchés, cela attirait les travailleurs à l’époque où le mythe du progrès selon lequel « demain sera mieux qu’hier » tenait encore. Pendant des décennies, l’augmentation de la croissance allait de pair avec l’augmentation du bonheur. Mais les jeunes ont grandi avec l’idée que les lendemains seraient de plus en plus durs et économiquement précaires. Aujourd’hui, dire que « c’était mieux avant » est une phrase de bon sens acceptée par la sphère progressiste alors qu’elle était avant réservée aux conservateurs.

    Lire aussi : « Les jeunes sont à la recherche d’une entreprise à taille plus humaine »

    Les jeunes ont-ils vieilli trop vite dans leur rapport au travail ?

    V. C. : Quand il y avait eu les mouvements anti CPE en 2005, (le gouvernement supprimait l’existence d’un contrat de deux ans réservé aux moins de 25 ans qui pouvait être rompu par les deux parties sans justification), cette rupture a été vécue par la jeunesse comme une extrême précarisation. Ce qui était marquant, c’est que les observateurs médiatiques étaient alors presque déçus de voir des « jeunes vieux » revendiquer de la stabilité et des CDI. Mais la vérité, c’est que le rapport au travail n’a pas vraiment changé depuis les années 70 : qu’ils aient 20 ou 50 ans, que les gens veulent tous de la reconnaissance et de la stabilité. On retrouve cela aujourd’hui : on a beaucoup entendu que les jeunes appréciaient d’avoir trois ou quatre emplois différents, car cela leur permettait de s’épanouir 24h sur 24h. Pour moi, c’était une manière de « cooliser » quelque chose qui est de l’ordre de la précarité. Ce baromètre montre bien que non, la perception du bonheur ne se situe pas dans l’accumulation des métiers, mais bien dans le fait d’avoir un emploi au sein duquel on peut s’épanouir avec une certaine stabilité, en travaillant avec des gens qui sont des vecteurs de bienveillance et de développement, et avec une perspective de s’investir plutôt sur le long terme.

     

    On note néanmoins une tendance à « garder la porte ouverte » comme pour pouvoir s’échapper si, à un moment, leur emploi ne leur convenait plus. Les jeunes ont-ils peur de l’engagement ?

    V. C. : Cette aspiration à la fluidité et de pouvoir changer de perspective en fonction des situations fait partie des tendances de la société. Il y a beaucoup de discours disant que la règle du jeu en entreprise, c’est d’observer en permanence s’il y a de meilleures opportunités autour de soi. Ça vient d’une mentalité de survivalisme entrepreneurial dont la réalité ne s’applique qu’aux très hauts diplômés, mais ne correspond pas à la réalité professionnelle que vivent la grande majorité des gens qui doivent souvent se soumettre à des situations économiques dans lesquelles ils ne sont pas les maîtres du jeu. Je pense qu’on a malgré tout fini par intégrer cette idée de manière discursive, mais que la réalité de sa réalisation est relativement rare. En fait, quand on leur demande quel est leur but dans les années à venir, on s’aperçoit que les jeunes souhaitent rester dans leur entreprise pour un long moment. Pourtant, on dit beaucoup que les jeunes sont globalement « zappeurs » et ne veulent plus s’engager dans la durée, mais ça aussi c’est une idée qu’il faut battre en brèche, car si on leur donne des bonnes conditions, la reconnaissance salariale et l’ambiance au travail suivent, les jeunes sont prêts à s’engager sur du long terme.

    Jeunes et emploi : « On n'attend plus de l'entreprise qu'elle nous dise qui on est »

    43 % des jeunes

    estiment important de pouvoir compter sur des collègues en cas de difficulté. 1

    Des témoignages recueillis, on observe également que les jeunes tiennent beaucoup à leur relation avec leurs collègues. Les jeunes générations se sentent-elles suffisamment armées pour la vie professionnelle ?

    V. C. : C’est une autre idée reçue que ce baromètre vient mettre à mal : on a souvent dit que les jeunes professionnels se sentaient géniaux, n’ayant rien à apprendre de la transmission, voire même pensant que c’était eux qui avaient à transmettre des connaissances aux autres. Or ce qui émerge des réponses sur les premiers obstacles pour intégrer l’entreprise, c’est leur sentiment de manque d’expérience. Ils ont en fait un regard relativement négatif sur leurs compétences en sortie de formation et ce qu’ils peuvent apporter à l’entreprise. Il est clair qu’ils ont conscience que le monde de l’entreprise n’est pas un monde forcément facile, qu’ils vont devoir être dans un rapport assez compétitif par rapport aux autres, et donc que ce seront leurs compétences qui feront la différence. Ils sont dans une position de validation ou d’invalidation, et sont beaucoup plus humbles que ce qu’on dit souvent de la jeunesse.

    Lire aussi : Jeunes et emploi : “Le revenu représente la valeur de notre travail”

    On note pourtant un vrai besoin de liberté, d’autonomie et de confiance de la part des jeunes alors même qu’ils sont au tout début de leur vie professionnelle. De quoi cela témoigne-t-il, si ce n’est pas d’une certaine confiance en leur compétence ?

    V. C. : Pour moi, cela a surtout à voir avec la transformation du rapport au travail en général. Il y a encore peu de temps, c’était les grandes institutions qui nous donnaient une identité : c’était l’État, l’Église, ou l’entreprise. Ces institutions étaient une manière de valider une identité, et l’identité de travailleur était donc centrale. Aujourd’hui, nos identités sont beaucoup plus floues et multitudes, et on n’attend plus de l’entreprise qu’elle nous dise qui on est. En revanche, on attend d’elle qu’elle nous reconnaisse dans notre identité. Dans le baromètre et les témoignages, on voit aussi se profiler la perspective d’une « entreprise providence » : les jeunes attendent de l’entreprise qu’elle nous vienne en aide sur des activités extra-entrepreneuriales, ce qui traduit un rapport de néo-paternalisme avec les entreprises.

    29 % des jeunes

    disent considérer la préservation de l’environnement comme cause prioritaire pour laquelle une entreprise doit s’engager. 1

    Dans les discours, leurs exigences d’engagement envers leurs entreprises semblent confuses et peu concrètes

    Quand on pose la question aux individus par rapport aux responsabilités de l’entreprise, je pense qu’ils répondent plus en tant que consommateurs qu’en tant que salariés. Ils auront tendance à se montrer très exigeants en tant que consommateurs, mais en tant que salariés c’est plus flou, car ça les met eux-mêmes en responsabilité face à leur entreprise, alors que l’entreprise ne leur donne que peu de prise sur ces questions. Globalement, la figure du « salarié éthique » fait partie des aspirations post-matérielles et ne touche que les 20 % de personnes qui peuvent être dans cette posture exploratoire, de progressisme, et in fine de privilégié. Tout le monde ne peut pas se permettre de choisir son entreprise. En fait, on perçoit dans ces entretiens que le rapport au travail change beaucoup moins en termes d’âge ou de générations, qu’en termes de classe économique. Le travail ne prend pas la même place dans la dimension identité de l’individu selon qu’il ait un bac professionnel ou qu’il soit bac+5.

    1 Baromètre Les jeunes et l’entreprise

  • Jeunes et emploi : « C’est particulièrement attirant qu’une entreprise soit moderne »

    Jeunes et emploi : « C’est particulièrement attirant qu’une entreprise soit moderne »

    Romain a mis cette ambition à exécution dès sa sortie d’école et travaille depuis un an en Asie. C’est sa quatrième expérience professionnelle, précédée de deux stages de six mois et d’une expérience d’un an en Île de France. De son côté, Olivier est chargé d’innovation d’un grand groupe d’énergie français. Après ses études d’ingénieur, il intègre cette entreprise dans laquelle il évolue depuis près de 30 ans et recrute régulièrement de jeunes diplômés.

    16 % de jeunes

    projettent d’étudier à l’étranger.1

    Que vous ont apporté vos premières expériences professionnelles ?

    Romain : Tout d’abord, mes premières expériences m’ont permis d’avoir un CV fourni avec de bons éléments permettant d’appuyer mes candidatures dans le domaine que je recherchais, ce qui est toujours mieux que de sortir d’école sans stage. Aussi, d’un point de vue purement professionnel, ça m’a permis de mettre en pratique ce que j’avais appris en cours et de développer des compétences qu’on n’apprend pas à l’école : du relationnel et des compétences transverses comme de la gestion de projet ou le management.

    Olivier : Les critères de recrutement d’un jeune ingénieur sont effectivement le CV, les différentes expériences, mais cela ne fait pas tout. Il y a des choses qui ressortent d’une dimension extra-académique : il va falloir trouver chez le candidat un enthousiasme, une énergie, une ouverture vers le monde extérieur qui n’apparaissent pas dans un CV. Pour ce qui est de la découverte de compétences relationnelles, je pense que c’est une constante indépendamment des cursus universitaires et des générations : les écoles nous aident à penser, mais l’important de l’expérience professionnelle s’acquiert au contact de professionnels et cela tous les jours, depuis le premier jour de travail.

    « Plus d’un tiers des jeunes estiment que leurs compétences servent avant tout à valoriser le CV ». @Jeremie_Peltier revient sur l’enquête commandée par @MacifAssurances et @j_jaures à @BVA_France sur la jeunesse française et son rapport à l’entreprise https://t.co/CPGucsoy0u

    — Usbek & Rica (@USBEKetRICA) March 17, 2022

    De quoi avez-vous besoin pour vous sentir bien dans une entreprise ?

    Romain : L’important pour moi est de faire un travail qui me plaise, dans lequel je puisse m’épanouir, et surtout apprendre. J’espère continuer à me challenger en permanence, monter en compétences et gagner en responsabilité. Je pense qu’au moment où j’atteindrai une limite d’apprentissage dans mon emploi, je ne verrai plus grand intérêt à continuer : il vaudra peut-être mieux que je change d’orientation. Je pense par ailleurs qu’il est essentiel de s’entendre avec ses collègues, car ce sont eux qui nous forment. Cela permet également de savoir vers qui se tourner si on a besoin d’aide. Pareil pour ce qui touche au management : j’ai toujours eu affaire à des managers professionnels et bienveillants, sachant faire la part des choses entre parler travail quand c’est nécessaire, et être proches de leur équipe. J’ai aussi besoin qu’on me laisse beaucoup d’autonomie. Dans mon travail actuel, je fais les heures que je veux tant que le travail est fait, et c’est quelque chose que je valorise beaucoup.

    Olivier : Il faut avoir en tête que plus il y a de demande dans un secteur professionnel, plus les travailleurs sont en mesure de se montrer exigeant sur leurs conditions de travail. C’est ce qu’il se passe dans le monde de l’ingénierie : aujourd’hui, le pouvoir est du côté des diplômés, pas des entreprises. Les jeunes ont donc la possibilité du choix, bien plus qu’il ne l’était quand j’ai accédé au monde du travail. À mes débuts, on arrivait avec relativement peu de critères, tandis que les jeunes ingénieurs sont plus exigeants sur la pertinence de l’activité qui va leur être confiée, l’autonomie, la qualité de vie, la qualité de l’équipe et du management…

    Dans quel modèle d’entreprise pensez-vous être le plus à l’aise pour évoluer ?

    Romain : D’après mon expérience, quand on est dans un grand groupe, c’est un peu quitte ou double : si on tombe sur une bonne équipe c’est parfait, mais si on tombe sur du management un peu laxiste, ça risque d’être compliqué. Souvent, dans des groupes importants, on est un élément parmi tant d’autres, donc on n’a pas forcément tout le support dont on aurait besoin alors qu’on sort tout juste d’école. C’est pour ça qu’au début, je pense que le mieux est d’évoluer dans des entreprises un peu plus réduites et familiales. Le risque, c’est d’avoir moins d’opportunités professionnelles, ou peu de possibilité d’avoir des missions spécifiques, mais il y a plus de chances que ce soit plus confortable humainement.

    Olivier : Nous avons connu plusieurs phases : il y a 20 ou 30 ans, les jeunes cherchaient de grosses PME ou des grands groupes. Puis, à la fin des années 90, tout le monde a voulu intégrer des start-ups. Aujourd’hui j’ai l’impression que ça s’équilibre un peu, que chacun va trouver ce qu’il cherche en particulier dans son expérience professionnelle. Je pense qu’on va trouver des enseignements riches quelle que soit la taille de l’entreprise où l’on va faire sa première expérience. Dans un grand groupe industriel, on va apprendre à réfléchir à grosse échelle, à raisonner grand, efficace, et avec des moyens. On va également pouvoir s’appuyer sur un environnement avec beaucoup de compétences. Mais le corollaire de cela, c’est un peu moins d’autonomie, un peu plus de complexité, un peu plus de lourdeurs administratives, et un peu moins de confiance donnée à un jeune diplômé dans sa capacité à identifier et à promouvoir des solutions qu’il aurait imaginé lui. Dans une petite structure, on pourra accéder à une expérience formatrice parce qu’on va être confronté un peu seul à des problématiques d’ingénieur, mais en revanche on aura pas cette dimension de grande échelle.

    43 % des jeunes

    indiquent que leur attente principale vis-à-vis de leur travail se situe au niveau du salaire. 1

    Une bonne rémunération est-elle un élément décisif pour choisir une entreprise ?

    Romain : Ça ne me motiverait pas à rejoindre une entreprise si elle me proposait un salaire bien en dessous de celui de mes camarades qui sont aussi sortis d’école ou de la moyenne nationale. En somme, c’est une manière de mesurer la valeur de mon travail. Pour moi, l’argent est avant tout une question de sécurité. Cela permet d’une part de vivre tous les jours, mais aussi de faire des projets, comme acheter une maison et d’anticiper des évènements de vie comme un licenciement, un décès, des voyages…

    Olivier : J’observe depuis une dizaine d’années une tendance nouvelle du rapport des jeunes à leur rémunération : les jeunes considèrent qu’ils sont suffisamment payés entre 35, 38, ou 40k. Ils disent qu’ils ont « assez » pour vivre. Il y a un effet de palier sur un salaire minimum, qui garantit une certaine forme de confort et de reconnaissance sur le marché du travail, et à partir duquel le salaire ne devient plus important.

    Lire aussi : « Le revenu représente la valeur de notre travail »

    42 % des jeunes

    disent souhaiter avoir la possibilité de travailler depuis chez eux de temps en temps. 1

    Quelle place donneriez-vous au télétravail dans votre entreprise si vous aviez le choix ?

    Romain : À mes yeux, le format télétravail complet n’est pas quelque chose de viable pour une entreprise : c’est trop important d’avoir un contact réel avec les gens, et je pense qu’à terme, c’est préjudiciable pour le moral de n’avoir aucun contact avec son entreprise et ses collègues, si ce n’est en visio… Je pense que beaucoup de gens se laissent aller quand ils font du télétravail. Et puis le risque, c’est aussi d’oublier qu’on travaille ! À mon sens, ça peut être viable de faire un ou deux jours de télétravail par semaine, mais de manière autorisée et pas obligatoire pour prendre en compte les gens qui préfèrent passer toute la semaine au bureau.

    Olivier : Je doute que Romain soit représentatif de sa génération sur ce point : aujourd’hui, les professionnels de mon entourage me disent que la première question qui est posée à un jeune embauché est : « combien de jours de présentiel et de distanciel souhaitez-vous ? ». Le télétravail touche au lieu où l’on va exercer son activité professionnelle, ce qui est très important car il y a un enjeu autour du confort de vie qui se situe au niveau de la ruralité versus urbanité : est-ce que je vais être obligé de vivre en région parisienne pour travailler en région parisienne, ou est-ce que je peux aller vivre à Orléans ou aux Canaries parce que c’est là que j’ai envie d’être ? A mon sens, cette dimension-là va devenir de plus en plus prégnante dans le futur, jusqu’à devenir un facteur différenciant pour les employeurs

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