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  • Sport et mal de dos : quelles activités choisir ?

    Sport et mal de dos : quelles activités choisir ?

    1 Le mal de dos : le mal du siècle

    Si vous souffrez du dos, sachez que vous n’êtes pas seul ! En effet, les centres antidouleur sont en premier lieu sollicités pour le mal de dos.

    La nuque, le milieu du dos ainsi que le bas du dos sont les zones les plus touchées par le mal de dos.

    Quant à son origine, elle peut être multiple. Le mal de dos peut se manifester après un étirement ou suite à une inflammation des ligaments ou des tendons, voire des muscles. L’arthrose peut aussi être source de douleurs dans le dos.

    80 %

    C’est le nombre de Français qui souffrent, ont souffert ou souffriront du dos. (1)

    2 Le sport : un allié ?

    Si Churchill attribuait (entre autres) sa forme physique au « no sport », il est pour autant reconnu que l’activité sportive, quand elle est bien choisie, peut être une alliée du mal de dos. Un dos fragile ou douloureux ne doit pas être un frein à la pratique d’une activité physique régulière.

    L’important est d’apprendre à privilégier les disciplines et les mouvements qui lui font du bien ou tout au moins de proscrire celles qui risquent d’accentuer les tensions ou les douleurs.

    Néanmoins, avant de commencer une activité physique, passez chez votre médecin généraliste. Il pourra vous conseiller une activité sportive adaptée et vous fournira un certificat médical si vous souhaitez intégrer une association sportive ou une salle de sport.

    3 Mal de dos : les 6 sports à privilégier

    Le gainage ou la gym de dos

    Les exercices de gainage ou la gymnastique de dos améliorent la stabilité de la colonne vertébrale. Ils renforcent les muscles paravertébraux et abdominaux qui ont un rôle essentiel dans la protection du dos.

    Le stretching postural

    Le stretching postural permet d’assouplir le corps tout entier ainsi que d’agir sur le renforcement musculaire. Il permet au corps de mieux bouger et de moins se contracter.

    Le yoga, le tai-chi et le qi gong

    Le yoga, le tai-chi et le qi gong sont basés sur des postures statiques et lentes qui permettent de se muscler et de s’étirer sans tensions brusques. Associées à des exercices respiratoires, ces trois disciplines relaxent le mental.

    Certaines postures de yoga, plutôt douces, permettent d’estomper progressivement les contractions musculaires liées au stress ainsi que de nombreuses douleurs cervicales et dorsales.

    Attention toutefois : certaines postures peuvent s’avérer douloureuses pour le dos. Initiez-vous dans une salle de sport et prenez conseils auprès de votre professeur.

    La natation

    La natation est classiquement recommandée à tous ceux qui souffrent de la colonne vertébrale. Avec ce sport, le dos ne souffrira pas de chocs comme sur la terre ferme : le corps flotte et le dos est ainsi préservé.

    La brasse coulée et le dos crawlé restent les nages les plus sûres pour le dos. Le crawl reste néanmoins une nage plus technique qui nécessite de garder une bonne symétrie de mouvements.

    Le vélo

    La petite reine est un sport qui limite les tensions brutales et la dissymétrie qui fatigueraient le dos. Un vélo adapté, une bonne position et de l’entraînement suivi d’une série d’étirements sont à privilégier.

    Quelle est la posture idéale pour du vélo sur route ?

    • Tout d’abord, soyez le plus droit possible sur sa selle. Ne recherchez donc pas à être aérodynamique.
    • Relevez un peu la potence.
    • Et baissez la selle.

    Par contre, oubliez le VTT : les secousses provoquées par les chemins et les pierres affectant votre dos.

    L’idéal reste la pratique en salle sur des vélos spécifiques qui disposent de sièges adaptés aux personnes qui souffrent du dos.

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    Le contrat Santé Macif vous propose selon les formules, un remboursement forfaitaire pour vos séances d’ostéopathie.**

    Bon à savoir

    Les réglages de la selle et du guidon sont essentiels sur un vélo pour prévenir les douleurs. Incliner la selle vers l’avant de 10 à 15° éviterait les douleurs lombaires. Vous pouvez également installer un rehausseur de guidon pour une position redressée.

    La marche

    Qu’elle soit rapide ou lente, la marche permet de muscler son dos en douceur.

    Il convient de :

    • favoriser les petits pas plutôt que les grandes enjambées ;
    • privilégier les terrains souples en campagne lors de grandes randonnées ;
    • éviter les sacs à dos trop chargés ;
    • être toujours bien chaussé ;
    • prendre des bâtons de marche pour caler son pas et son souffle.

    4 Mal de dos : les sports à éviter

    Tout ce qui « tasse » le dos

    On retrouve : le saut à la corde, l’équitation et la moto qui se révèle mauvaise sur le long terme.

    Les impacts forts

    Tous les sports qui génèrent des pressions importantes sont à bannir. On note : le tennis, le rugby, le judo et surtout le squash, particulièrement violent avec des arrêts et des rebonds très brutaux.

    Les postures dissymétriques

    Si vous souffrez du dos, évitez certains sports comme le tennis, le judo ou même le golf qui font travailler le même côté du dos. À terme, cela pourrait causer un déséquilibre de la colonne vertébrale.

    ** Dans les limites et conditions du contrat.

    L’Essentiel de l’article

    • Le gainage et le stretching postural améliorent la stabilité de la colonne vertébrale.
    • Le yoga, le tai chi et le qi gong musclent et étirent sans tension brusque.
    • La natation fait travailler le corps en douceur.
    • Le vélo est adapté et, avec une bonne position, il limite les tensions.
    • La marche muscle le dos en douceur.

    (1) Caisse nationale de l’Assurance maladie des travailleurs salariés.
  • Quelles solutions de garde pour ses animaux de compagnie ?

    Quelles solutions de garde pour ses animaux de compagnie ?

    Daniel, 71 ans, vit avec sa compagne Françoise dans le Calvados. Le couple profite de sa retraite pour partir régulièrement en vadrouille. Et à chaque voyage, se pose la même question. Qui va s’occuper de Gershwin, leur adorable border collier, et de Nougat, son acolyte félin, en leur absence ? Avec les années, les septuagénaires ont pris le réflexe de laisser le premier dans un chenil de confiance, situé à quelques kilomètres de chez eux. Mais avant de dégoter cette adresse, à 20 euros la journée, il leur a fallu passer par toutes les solutions de garde possibles et imaginables : pet-sitting à domicile, pension animalière chez un éleveur, site internet entre particuliers passionnés d’animaux…

    Regarder du côté des plateformes dédiées

    Comment faire le tri entre tout ce qui existe et trouver l’option la plus adaptée, aussi bien pour son animal que pour son porte-monnaie ? En France, selon un sondage Ifop de juillet 2020, plus d’une personne sur deux affirme avoir au moins un animal de compagnie dans son foyer. Une boule de poils qu’il n’est pas toujours possible d’emmener partout avec soi. C’est pour cette raison qu’Ariane, 25 ans, s’est inscrite sur le site Animaute. La jeune active, qui travaille en parallèle dans une agence de communications, y propose occasionnellement ses services de dog-sitting. « C’est pratique, car les chiens sont autorisés dans les locaux de mon agence, donc je les emmène partout avec moi. » Comme elle, 250 000 pet-sitters certifiés sont enregistrés sur la plateforme. « Au moment de l’inscription, tu dois répondre à un ensemble de questions : quel type de logement tu occupes, le nombre d’espaces verts près de chez toi… Ce sont les propriétaires qui fixent le tarif journalier, ils te font une offre que tu choisis d’accepter ou non via la plateforme. Généralement, je suis payée autour de 5 euros par jour. À la fin, les maîtres ont aussi l’option de laisser un commentaire sur ton profil, pour aiguiller les prochains. »

    Avant tout pet-sitting, la jeune femme conseille aux maîtres de faire un premier rendez-vous pour voir si le courant passe avec l’animal. Et de communiquer le maximum d’informations possibles sur son alimentation, ses habitudes de promenade, sa peur potentielle des transports en commun… « J’adore les chiens, mais je n’en veux pas ; c’est trop de contraintes. Les garder est le compromis parfait : ça m’oblige à sortir et à prendre soin de quelqu’un d’autre que moi. En revanche, je ne m’en occupe rarement plus d’une semaine. Cela reste assez stressant puisque vous ne vous connaissez pas très bien et que le chien n’est pas dans son cadre habituel. »

    Se sentir en confiance

    Justement, Daniel et Françoise ont trouvé une parade à ce changement d’environnement qui peut parfois être déroutant pour l’animal : la garde à domicile. L’année dernière, le couple a fait appel à une jeune femme qu’ils avaient déjà hébergée lors d’un séjour de couchsurfing (un hébergement temporaire), pour veiller sur leurs animaux pendant trois semaines. « Elle est venue s’installer à la maison, c’était idéal pour Gershwin et Nougat qui restaient dans leur élément… Mais, pour ça, il faut avoir confiance en la personne. Un inconnu, on n’aurait pas tenté ! » De manière générale, les retraités normands conseillent de toujours rencontrer les personnes en amont, qu’il s’agisse d’un pet-sitter ou des propriétaires d’un chenil, pour voir si la confiance s’instaure et si l’animal est à l’aise. « Et si l’on envisage de laisser son animal quelque part, il vaut mieux visiter les lieux avant. » Et lui donner certains points de repère : « Sa couverture, le panier où il dort, un jouet dont il a l’habitude et un vêtement qui sent l’un de ses maîtres pour qu’il ne soit pas déboussolé, surtout la première fois. »

    Si Daniel insiste sur l’importance de visiter les lieux avant de confier son animal, c’est parce qu’il existe de tout sur le marché des chenils et autres pensions animalières. « Il faut s’y prendre de bonne heure pour réserver quelque chose de confortable. Les endroits sympas sont pris d’assaut », confirme Annouchka, peintre sur porcelaine. Avec son mari François-Xavier, pharmacien, ils ont régulièrement laissé leur beagle Léo dans un hôtel canin situé en région parisienne, avant que celui-ci ne mette la clé sous la porte à la suite du Covid. Le couple avait été séduit par le haut standing du lieu, qui demandait uniquement que l’animal soit vacciné : « Léo dormait dans une chambre pour deux, où il pouvait avoir son panier ou aller dans les lits proposés. Il y avait aussi une salle de gym et des télés pour chien. On ne voulait surtout pas qu’il soit bloqué dans un dortoir grillagé, mais qu’il puisse au contraire se balader d’une pièce à l’autre. Il était emmené en promenade deux fois par jour. » Le couple était tenu au courant tout au long du séjour, via moult photos et SMS quasi quotidiens. Des prestations rares, qui ont cependant un prix. « Plus de 500 euros pour deux semaines. » Sans regret : « Ça valait le coup, ils lui lavaient les oreilles tous les soirs ! »

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  • Comment choisir son coach sportif ?

    Comment choisir son coach sportif ?

    1 Pourquoi choisir un coach sportif ?

    Parce qu’il vous motive

    5,7 millions. C’est le nombre, en 2017, de Français inscrits dans les quelque 4 200 clubs ouverts dans l’Hexagone (1). Ces chiffres élevés n’indiquent en rien que les inscrits sont des sportifs assidus. Paresse, ennui, méconnaissance des appareils ou malaise peuvent causer l’abandon de la pratique du sport en salle. C’est alors que les coachs à domicile et en salles de sport apparaissent : ils ne vous jugent pas, agissent avec bienveillance et ne songent qu’à vous faire progresser.

    Parce qu’il s’adapte à vous

    Le recours à un coach à domicile est certes plus onéreux et chronophage, mais le bénéfice est double. Tout d’abord, il se cale sur votre emploi du temps. Si vous travaillez beaucoup, aucun souci : il suffit de convenir d’un créneau avec lui. Ensuite, les conseils sur-mesure qu’il prodigue s’adaptent à vos besoins, à votre morphologie et à vos objectifs.

    Entre 20 000 et 25 000

    coachs sportifs sont recensés en France.(2)

    2 Quels sont les critères de sélection d’un coach sportif ?

    Tout d’abord, il doit être certifié

    Afin d’exercer, un coach doit a minima posséder une carte professionnelle. Celle-ci indique qu’il est référencé au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) et donc reconnu par le ministère du Travail. Il existe également la formation délivrée par l’International Coach Federation (ICF), qui n’est autre que la première association de coachs dans le monde. Bien entendu, avant d’engager un coach à domicile, il faut également vérifier qu’il possède bien un numéro de Siret, afin d’éviter tout litige.

    Coach en club ou à domicile : qui choisir ?

    Tout dépend de vos besoins. Le coach à domicile, dit « personal sport trainer », se consacre pleinement à la personne qu’il entraîne, de la motivation à la bonne exécution des mouvements. D’un tarif allant de 40 à 200 € par séance (3), la souplesse de planning qu’il propose correspond particulièrement aux sportifs travaillant beaucoup et n’ayant pas le temps de se rendre à la salle de sport. Toutefois, à moins que vous ne possédiez tout un attirail de machines de musculation, l’entraînement sera effectué avec peu (ou pas) de matériel.

    C’est ici que le coach en salle de gym tire son épingle du jeu. Il en existe deux types. Le premier propose un suivi et dessine des entraînements sur mesure, à l’aide d’un large éventail d’exercices différents, effectués grâce à des appareils de musculation comme de cardio. Le second type de coach en salle de gym est en charge d’animer des cours collectifs, généralement limités à 10 ou 15 participants. Le suivi qu’il propose est moins poussé car il doit s’occuper simultanément de plusieurs personnes. Quant au prix, il est généralement compris dans celui de l’abonnement à la salle en question.

    Enfin, tout est une question de feeling

    Un bon coach est avant tout un coach qui vous donnera envie de progresser. Pour cela, il doit être incollable sur les questions de nutrition, santé et motivation, mais pas que. Il possède un rôle de psychologue à ne pas sous-estimer. Certains préconisent une approche plutôt dure, faisant pression sur les personnes qu’ils entraînent pour obtenir des résultats, quand d’autres seront plus doux et pédagogues. Ce critère est important, car vous et votre entraîneur êtes avant tout une équipe (qui gagne !).

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    * Sous conditions.
     

    L’Essentiel de l’article

    • Votre coach doit être certifié.
    • Un coach à domicile assurera un suivi sur mesure avec peu de matériel.
    • Un coach en salle de gym aura plus de matériel mais entraînera plusieurs personnes à la fois.
    • Un bon coach est avant tout un coach qui comprend vos besoins et avec qui vous vous entendez bien.

    (1) Étude du cabinet Europe Active présentée lors du forum européen sur la santé et la forme physique (EHFF) de Cologne en 2018.
    (2) Franck Hedin, conseiller du président du syndicat patronal France Active
    (3) Romain Moreau, coach certifié

  • Sport en extérieur : les raisons de s’y mettre !

    Sport en extérieur : les raisons de s’y mettre !

    1 La pollution intérieure

    L’air intérieur que vous respirez est 5 à 7 fois plus pollué que l’air extérieur, principalement en raison d’un taux élevé en composés organiques volatils (COV). Une bonne raison pour vous bouger dehors plutôt que dedans !

    Les bénéfices de l’activité physique dépassent très largement les effets secondaires des effets polluants.

    Pr. Xavier Bigard, vice-président de la Société française de médecine du sport, pour encourager les sportifs urbains craignant l’exposition aux particules fines.

    2 Le moral

    Une étude britannique* a mis en évidence les bienfaits d’une promenade à la campagne de trente minutes chez des personnes sujettes à la dépression. Résultats : ces dernières se sentaient moins déprimées, moins tendues et plus confiantes en elles. En ces temps difficiles, les restrictions de déplacements peuvent aussi jouer sur le moral, profite donc au maximum, dans le respect des gestes barrière, des espaces extérieurs à proximité de chez vous.

    3 Le prix

    Longévité, réduction des troubles respiratoires et de l’obésité… Les bienfaits de l’activité physique ne sont plus à prouver. Et que vous vous aidiez du mobilier urbain (marches, rampes, bancs) ou des obstacles naturels (montées, descentes), vous aurez tout sous la main gratuitement pour improviser des exercices de remise en forme.

    4 Le stress

    Les bénéfices de la pratique d’une activité physique en plein air sont nombreux : réduction du stress et des troubles de l’attention, amélioration de la capacité de concentration, meilleur sommeil, bref, une bien meilleure santé ! C’est facile comme une balade de trente minutes en extérieur !

    5 Les calories

    Faire du sport en plein air par des températures basses ou au contraire élevées augmente de 10 % les dépenses caloriques. Cela permet à l’organisme de rester à bonne température durant l’effort, soit en transpirant soit en se réchauffant.

    6 La luminosité

    Courir, pédaler ou ramer en extérieur durant les beaux jours est la garantie de faire le plein de luminosité (bonne pour le moral) grâce aux rayons du soleil. À condition de protéger sa peau à l’aide de crème solaire et d’éviter les mauvaises heures (entre 11 heures et 15 heures durant l’été) car il n’est pas question de brûler.

    7 La vitamine D

    Les UVB permettent de synthétiser la vitamine D qui garantit la solidité des os. Pratiquer son sport favori en short et T-shirt durant les belles journées (d’avril à octobre) est un excellent moyen d’en faire le plein. À condition, là encore, de ne pas abuser !

    8 La motivation

    Contrairement au sport en intérieur, souvent répétitif et ennuyeux, le sport en plein air offre une étendue de possibilités : forêt, bois, parcs, ville, campagne… En variant les terrains de jeux, vous éviterez de vous lasser et vous serez toujours motivé !

    À savoir

    Alertes Pollens est une appli permettant de connaître en temps réel les alertes polliniques du Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA), mais aussi la qualité de l’air et la météo selon votre géolocalisation.

    Sortez bien équipé !

    Parce qu’un bon équipement est aussi important que l’échauffement, Macif Avantages vous propose des offres d’équipementiers sélectionnées et négociées rien que pour vous tout au long de l’année !

    L’Essentiel de l’article

    • L’aérothérapie diminue le stress et favorise la concentration.
    • Faire du sport au grand air améliore le sommeil et renforce le système immunitaire.
    • Le froid et la chaleur font brûler 10 % de calories en plus.
    • Pratiquer une activité physique en extérieur est bon pour le moral.

    * Medical Daily, « Benefits of ecotherapy : being in nature fights depression improves mental health and well-being », 2016.
    Laille Pauline, Provendier Damien, Colson François, Salanié Julien, 2013. Les Bienfaits du végétal en ville : étude des travaux scientifiques et méthode d’analyse. Plante & Cité, Angers, 31 p.
    Partager la nature en famille, Association Santé Environnement France (ASEF), 11 octobre 2013.
    Première campagne nationale sur la qualité de l’air dans les logements en France de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI), 21 novembre 2006.
  • Petites histoires du piratage et de l’escroquerie en ligne

    Petites histoires du piratage et de l’escroquerie en ligne

    Si les arnaques en ligne ont mille et un visages, elles reposent sur un même socle : la capacité à tromper la vigilance de leurs victimes en leur inspirant de la confiance. D’après une étude menée par Kaspersky, seuls 50 % des Français.es estiment maîtriser les bases de la cybersécurité et 65 % d’entre eux continuent de se faire avoir par des attaques d’hameçonnage au moins une fois de temps en temps. Pourtant, ces escroqueries ne sont pas nouvelles.

    Petites histoires du piratage et de l’escroquerie en ligne

    Petites histoires du piratage et de l’escroquerie en ligne

    Petites histoires du piratage et de l’escroquerie en ligne

    Petites histoires du piratage et de l’escroquerie en ligne

     

  • Identité numérique : demain, tous notés ?

    Identité numérique : demain, tous notés ?

    Big Brother déjà en Chine

    En Chine, le gouvernement a mis en place un système de crédit social attribuant une note aux individus et aux entreprises en fonction de leur comportement social et économique. Plus cette note est basse, moins la personne a de droits. Jouer trop longtemps aux jeux vidéo, publier certains contenus sur les réseaux sociaux, traverser au feu rouge ou accumuler des dettes expose ainsi les Chinois à une dégradation de leur score de citoyenneté. Expérimenté dans quelques villes depuis 2014, ce système de tri social a été élargi à l’ensemble du territoire en 2020. Avec des conséquences bien réelles pour ceux et celles qui ont le crédit le plus faible : impossibilité de prendre les transports, interdiction d’accéder au prêt bancaire ou encore d’inscrire ses enfants dans les meilleures écoles.

    Pour distinguer « bons » et « mauvais » citoyens, l’administration chinoise s’appuie sur toutes les données – situation financière, carrière, consommation, publications sur les réseaux sociaux – dressant le portrait des individus. Elle peut également compter sur la reconnaissance faciale et quelque 600 millions de caméras de vidéosurveillance capables de détecter en direct les comportements jugés suspects.

    L’ONG Human Right Watch a ainsi dénoncé en 2019 le recours à un système de surveillance de masse discriminatoire par la police dans la province du Xinjiang, où vivent majoritairement des Ouïghours, de confession musulmane. Via une application de smartphone, les policiers effectuant un contrôle d’identité ont accès à des données (nom, numéro de téléphone, consommation d’électricité, etc.) à partir desquelles le programme signale si une personne est menaçante ou non.

    Des algorithmes de prédiction pour classer les individus

    Si ce modèle de surveillance de masse mêlant big data et intelligence artificielle est propre à la Chine, des systèmes de classement d’individus reposant sur des algorithmes sont utilisés un peu partout sur le globe.

    Aux États-Unis, certaines villes fournissent à leurs unités de police un algorithme censé prédire les crimes. Le logiciel, anciennement baptisé PredPol et renommé Geolitica en 2021, repose sur les rapports d’incidents criminels, produits par les policiers ou les victimes, pour prévoir quotidiennement les lieux et les heures où des crimes sont le plus susceptibles d’être commis. Le hic, c’est que ces rapports présentent des biais raciaux – les quartiers afro-américains ou latinos sont plus susceptibles d’être signalés comme des points sensibles – qui vont nourrir l’algorithme et orienter ses prédictions. En 2020, à Los Angeles, la police a mis fin à l’utilisation de cet algorithme estimant qu’il stigmatisait certains quartiers et certaines populations.

    La même logique se déploie au cœur du système judiciaire américain. Dans les tribunaux, les juges utilisent le logiciel Compas pour évaluer la probabilité de récidive d’un prévenu. Mais, là encore, l’algorithme suscite la controverse. Selon une enquête de l’ONG ProPublica, « les prévenus noirs [sont] beaucoup plus susceptibles que les prévenus blancs d’être jugés à tort comme présentant un risque de récidive plus élevé, tandis que les prévenus blancs [sont] plus susceptibles que les prévenus noirs d’être marqués à tort comme présentant un faible risque. »

    En France, la Caisse d’allocations familiales (CAF) utilise aussi un algorithme pour orienter le contrôle de ses agents vers les allocataires les plus susceptibles de percevoir des prestations qu’ils ne devraient pas recevoir. La CAF attribue une note à ses usagers à partir d’une quarantaine de critères – la situation familiale, l’âge, le handicap, l’emploi, etc. –, dont certains sont discriminatoires. Or, comme le révèle une récente enquête du Monde, cet algorithme pénalise les foyers vulnérables : les plus pauvres sont plus à même d’être considérés comme des fraudeurs potentiels et ont par conséquent plus de chance d’être contrôlés.

    L’identité numérique, au cœur des modèles prédictifs

    Plus largement, l’intelligence artificielle – qui n’est au final qu’une machine à prédire la probabilité qu’une action se réalise en fonction de l’analyse de situations passées – et les algorithmes prédictifs qui la sous-tendent jouent un rôle clef dans la gestion et l’analyse de l’identité numérique des individus.

    L’identité numérique correspond aux attributs associés à un individu, ou à une entité, dans le monde digital. Cela regroupe toutes les données numériques que l’on peut relier à une personne physique. Ces données sont de différentes nature : informations liées à l’état civil (nom, prénom, date de naissance, renseignés par exemple lors de démarches administratives), identifiants utilisés pour se connecter à un service, adresse IP de l’ordinateur, traces laissées lors de la navigation (cookies, historique de navigation), publications sur les réseaux sociaux, ou encore géolocalisation.

    Qu’ils soient utilisés par des entreprises, des gouvernements ou des institutions, les algorithmes prédictifs transforment la masse de traces numériques que laisse notre navigation sur le Web en critères à partir desquels les individus sont répartis en différents profils. Ce classement établi en analysant les données comportementales, sert à personnaliser les expériences en ligne, cibler la publicité, évaluer les risques financiers, identifier des comportements suspects, etc.

    L’enjeu des prochaines décennies consiste donc à protéger au mieux les données personnelles des individus pour éviter que leur identité numérique ne leur échappe en étant façonnée, de manière quasi-invisible, par les intérêts économiques ou politiques d’entités extérieures.

    Qu’est-ce qu’un cookie ?

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  • « Le cyberespace a remis l’individu au centre des conflits géopolitiques »

    « Le cyberespace a remis l’individu au centre des conflits géopolitiques »

    Clotilde Bômont

    est chercheuse post-doctorale en géopolitique du numérique au centre de recherche GEODE-géopolitique de la datasphère et à l’Institut de Recherche Stratégique de l’École Militaire (IRSEM).

    Comment définir le cyberespace ?

    C. B. : Le cyberespace correspond à l’espace conceptuel produit par les technologies de l’information et de la communication (TIC) ; c’est cet espace virtuel dans lequel nous nous projetons lorsque nous utilisons Internet ou, de façon plus générale, des outils numériques. Le mot « cyberespace » est apparu pour la première fois en 1984 dans le roman de science-fiction Neuromancer, de William Gibson. Si le terme cyberespace était particulièrement répandu il y a une dizaine d’années, on parle aujourd’hui plus volontiers d’espace numérique ou d’environnement numérique, voire de « datasphère ». Cette évolution témoigne de la prégnance du numérique dans nos sociétés. Bien que le cyberespace désigne initialement un espace abstrait et virtuel, le numérique n’est pas aussi immatériel et intangible qu’il n’y paraît. D’une part, parce que tous les systèmes d’informations reposent sur des infrastructures physiques : des data centers, des câbles, des satellites, etc. D’autre part, parce que la très vaste majorité des activités des sociétés contemporaines reposent sur les TIC et que ces dernières transforment profondément nos pratiques et nos représentations (télétravail, accès à l’information, commerce mondialisé…). On comprend alors qu’il est stratégique de contrôler, ou a minima de maîtriser, les technologies numériques.

    Aussi observe-t-on une forme de territorialisation du cyberespace qui, même s’il ne compte pas de territoires au sens traditionnel du terme, devient un espace porteur de valeurs et de sens pour une population qui se l’approprie. En 1996, John Perry Barlow – poète et cofondateur de l’Electronic Frontier Foundation, l’association de défense de la liberté d’expression sur Internet – a ainsi publié la déclaration du cyberespace, un manifeste qui proclame que cet espace est libre de toute domination des États ou des industries. À travers cet exemple, on voit que dès ses débuts, le cyberespace a été l’objet et la source de rapports de force et de rivalités entre acteurs.

    Quels acteurs dominent cet espace ?

    C. B. : L’espace numérique est aujourd’hui dominé par de grands acteurs privés américains. Les États-Unis sont le berceau d’Internet : c’est là-bas que se sont développées les premières infrastructures et les premières entreprises du numérique. Jusque dans les années 2000, le poids du gouvernement américain sur la scène internationale et celui des premières firmes du secteur, comme Amazon ou Microsoft, se sont nourris mutuellement. Désormais, ces entreprises transnationales sont très puissantes et leurs intérêts ne s’alignent plus nécessairement avec ceux du gouvernement américain, qui cherche fréquemment à accéder aux données dont elles disposent. Depuis quelques années, ces géants étatsuniens sont également en concurrence avec les entreprises chinoises dont la croissance est particulièrement rapide.

    Quelle place occupent les citoyens et citoyennes dans cette nouvelle donne ?

    C. B. : Le cyberespace a permis l’émergence dans les conflits géopolitiques d’un nouvel acteur : l’individu. Dans les années 1990-2000, la cybersécurité n’était pas aussi solide qu’aujourd’hui et posséder de très bonnes compétences en informatique pouvait suffire pour provoquer beaucoup de dommages. On a par exemple vu de jeunes hackers, parfois mineurs, capables de s’introduire dans les systèmes informatiques du gouvernement américain. Depuis les années 2010, on observe également une forme de mercenariat : des acteurs de la société civile commettent des cyberattaques dans l’intérêt d’un État (c’est une pratique assez répandue en Russie, par exemple). Cela présente l’avantage pour l’État en question de ne pas être soumis aux sanctions pouvant s’appliquer dans le cadre du droit international. En revanche, la société civile est pour l’instant marginalisée dans les débats politiques sur le numérique – son poids face aux acteurs industriels et politiques étant minime –, notamment dans les discussions sur l’orientation de l’industrie numérique ou la souveraineté numérique. Elle pourrait pourtant avoir un poids considérable dans le devenir de cet espace, à travers les données qu’elle génère.

    « Le cyberespace a remis l’individu au centre des conflits géopolitiques »

    Comment définir la gouvernance de cet espace ?

    C. B. : La gouvernance d’Internet résulte de principes et de règles établis par différents acteurs : société civile – comme par exemple l’association américaine Internet Society ou l’Association française pour le nommage Internet en coopération –, gouvernements, secteur privé. Elle est discutée dans divers instances, comme le Forum sur la gouvernance d’Internet, qui a lieu depuis 2006. Chaque année, cet événement réunit sous l’égide des Nations Unies une grande diversité d’acteurs qui échangent sur les réglementations, les risques, les bonnes pratiques… Cet effort de coordination ne doit pas masquer des divergences importantes entre les États, soucieux de garder le contrôle, au moins en partie, sur un espace numérique devenu synonyme de gains économiques mais aussi de menaces pour leur souveraineté.

     

    Quelle est la nature de ces menaces  ?

    C. B. : Elle a évolué au cours des deux dernières décennies, mais on peut en distinguer trois types. Les premières craintes concernent les cyberattaques, qui cherchent à entamer la disponibilité des données, leur confidentialité ou leur intégrité. Le deuxième type de menace est lié à l’hégémonie culturelle dont le numérique peut être le vecteur. Par exemple, pour faire face à la domination des États-Unis dans le secteur, la Chine a lancé dans les années 2000 son projet « bouclier doré» – également appelé Grand Firewall –, une sorte de grande muraille virtuelle permettant au gouvernement chinois de contrôler l’information accessible via Internet au niveau national, notamment en interdisant certains contenus ou en bloquant l’accès à certains sites. Le dernier type de menace a trait à la guerre économique, à laquelle se livre à la fois les États et les entreprises, pour le contrôle et l’exploitation des données personnelles et industrielles, véritables mines d’or du XXIème siècle.

    Les données des sociétaires constituent la richesse principale des assurances. Quels sont les risques que ferait courir une cyberattaque contre une entreprise ?

    C. B. : Le secteur assurantiel est un opérateur de services essentiels à la continuité d’activités économiques ou sociales critiques. Sa disruption empêcherait donc le fonctionnement normal de la société. En piratant les données des assurés, les hackers pourraient non seulement les revendre pour en tirer un profit, mais également collecter des informations sensibles (telles que des données sur la santé des personnes) qui, combinées à d’autres, leur permettrait d’établir des profils d’individus à partir desquels ils pourraient ensuite mener des actions d’influence. C’est ce qui s’est passé avec le scandale Facebook-Cambridge Analytica. Lors de la campagne présidentielle américaine de 2016, les données de près de 90 millions d’utilisateurs de Facebook ont fuité et ont été utilisées par l’équipe de Donald Trump, via l’entreprise Cambridge Analytica, spécialiste de l’analyse de données, pour influencer le vote d’électeurs indécis.

    Peut-on cartographier des puissances qui se partagent l’espace numérique ?

    C. B. : On a surtout deux blocs qui s’affrontent dans le domaine technologique : les États-Unis et la Chine. La rivalité sino-américaine est aussi imprégnée de visions idéologiques opposées sur le devenir de l’espace numérique. Les États-Unis défendent un modèle libéral et la Chine un modèle de contrôle des systèmes d’information. Entre les deux, l’Union européenne utilise le levier des valeurs et des standards – transparence, traçabilité, portabilité des données – pour tenter d’asseoir sa place sur la scène internationale. Le modèle européen se traduit notamment par la mise en place de mesures réglementaires, que cela concerne la protection des données des utilisateurs – avec la mise en place du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) ou, plus récemment, du Digital Services Act (DSA) – ou la régulation des flux numériques, et la structuration d’un marché numérique commun à l’échelle régionale – via par exemple le Digital Market Act (DMA).

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  • « Partout où il y a des logiciels, il y a de l’intelligence artificielle »

    « Partout où il y a des logiciels, il y a de l’intelligence artificielle »

    Qui est Thomas Solignac ?

    Après des études à l’Ecole pour l’informatique et les nouvelles technologies (EPITECH), il cofonde Golem.ai, une société qui utilise l’intelligence artificielle pour analyser et exploiter les données langagières produites dans les entreprises. Il est également cofondateur de Kayro, une entreprise de conseil sur l’IA.

    Interview de Thomas Solignac sur l’IA

    L’intelligence artificielle est omniprésente dans les discussions, le dictionnaire anglo-saxon Collins l’a même élue mot de l’année 2023. Quelle place l’IA occupe-t-elle réellement dans nos vies ?

    T. S. : Elle est omniprésente depuis longtemps mais sa sémantique se déplace car le terme n’est pas bien délimité. Dans le débat public, l’IA renvoie à une sorte d’innovation mystique et fascinante qui ne fonctionne pas encore très bien. En général, dès qu’une innovation a fait ses preuves, on arrête de l’appeler intelligence artificielle. Par ailleurs, pour le grand public, l’IA a un côté anthropomorphique. Les œuvres de science-fiction ont toujours eu tendance à la représenter sous la forme d’un humain artificiel, comme Terminator. Mais, en réalité, l’IA ce sont des lignes de code qui s’exécutent aussi simplement qu’on exécute une recette de cuisine en ajoutant différents ingrédients. Partout où il y a des logiciels complexes il y a de l’IA : dans les GPS, les téléphones, les recommandations publicitaires, etc.

    Les progrès fulgurants de ChatGPT ont poussé certains, comme Elon Musk, à réclamer une pause immédiate des projets autour de l’intelligence artificielle. Pourquoi voient-ils dans l’IA une « menace » pour l’humanité ?

    T. S. : Une première analyse consisterait à dire que c’est une posture un peu hypocrite : ces personnes travaillent souvent sur des systèmes concurrents à Chat GPT. Il y aussi chez certains d’entre eux la peur de la Singularité, un concept transhumaniste selon lequel l’IA échapperait à notre contrôle et deviendrait à un moment plus consciente et intelligente que les humains. Selon eux, quelqu’un qui se saisirait de ce moment où l’IA deviendrait « généraliste »* pourrait faire de gros dégâts s’il était animé de mauvaises intentions. Mais pour que la Singularité advienne, il faudrait déjà que l’IA soit capable de réflexivité, c’est-à-dire de réécrire elle-même son propre code pour se faire évoluer. On parle beaucoup aujourd’hui d’apprentissage profond (« deep learning ») mais il ne faut pas se leurrer : ça reste de la statistique. Comme Chat GPT fait des calculs à très grandes échelles, avec beaucoup de données, on peut parler d’imitation d’intelligence. Mais il n’y a pas une grande différence entre ce que fait Chat GPT et le fait de faire une somme de notes pour obtenir une moyenne.

    Quels sont les enjeux techniques de l’IA ?

    T. S. : Pour le comprendre, il faut distinguer les deux courants de recherche autour de l’intelligence artificielle : le courant symbolique et le connexionnisme. Le premier est très logique, il tient de la démarche scientifique. On l’utilise notamment pour modéliser des processus métiers, par exemple pour gérer les différentes procédures de sécurité dans les centrales nucléaires ou dans les avions. Comme il fonctionne étape par étape, il est transparent. L’IA symbolique est toutefois limitée par le fait qu’elle ne parvient pas à modéliser suffisamment vite des situations complexes comme l’utilisation du langage. La deuxième famille d’IA, le connexionnisme, est principalement représentée par la branche du machine learning, qui est elle-même principalement représentée par le deep learning, le modèle algorithmique utilisé par Chat GPT. Son principe est de montrer à l’IA d’énormes bases de données et de la laisser y repérer des schémas. Elle en tire des prédictions sur la possibilité qu’un schéma advienne en fonction d’une situation donnée. Aujourd’hui, les IA développées relèvent essentiellement du deep learning.

    « Partout où il y a des logiciels, il y a de l’intelligence artificielle »

    Dans quelle mesure cela va-t-il impacter le travail ?

    T. S. : L’absorption sociale et économique des nouvelles technologies est beaucoup plus lente que celle de l’innovation technologique. L’apparition de Chat GPT – ou d’autres logiciels utilisant de l’IA – va provoquer des transformations économiques qui sont à prendre en compte. La première est la reformation continue tout au long de la vie. De plus en plus, le sens des métiers ne va pas être infini : l’idée selon laquelle on apprend son métier une bonne fois pour toute pendant ses études n’existera plus. La deuxième est qu’il se peut que le besoin de main d’œuvre ne cesse de diminuer (Selon une étude l’OCDE publiée en 2023, « dans les secteurs ayant adopté l’IA, 20% des salariés du secteur financier et 15 % de ceux de l’industrie manufacturière affirment connaître une personne qui a perdu son emploi à cause de l’IA », ndlr). Certaines choses qui relèvent aujourd’hui du travail seront probablement reléguées demain au champ des hobbies, notamment les tâches qui relèvent de l’exécution, parce qu’elles n’auront plus de sens industriellement ou économiquement. Dans les prochaines décennies, tout cela va nous amener à repenser la place de l’individu dans le monde du travail : qu’est-ce qu’un travailleur ? Qu’est-ce que l’État garantit ? Faut-il instaurer un revenu universel ? etc.

    Comment rendre l’IA plus éthique ?

    T. S. : Une grosse partie des recommandations sont écrites pour le deep learning. Il y a d’abord un sujet autour de la surveillance des données qu’on donne à l’IA. Comme on est sur des systèmes qui prennent des décisions en fonction de données, ils ont tendance à reproduire les biais associés à ces données. Amazon, par exemple, a créé sa propre IA pour recruter de nouveaux salariés et s’est retrouvée avec un algorithme sexiste. Il faut donc que les données collectées soient représentatives de la diversité des populations. D’où deux autres préconisations qui reviennent souvent : garder un humain pour superviser ces systèmes et rendre les algorithmes plus transparents. Enfin, les enjeux de cybersécurité (piratage des objets connectés) et de réduction de la consommation énergétique de l’intelligence artificielle sont au centre des préoccupations des acteurs du secteur.

    Glossaire du numérique

    Un algorithme est une séquence d’instructions ou de règles définies de manière précise, conçue pour résoudre un problème ou effectuer une tâche spécifique. Les algorithmes sont utilisés dans la programmation informatique pour automatiser des processus.

    Les biais algorithmiques sont des défauts dans le fonctionnement des algorithmes qui tendent à traiter différemment et de manière incohérente, voire injuste, les situations ou les individus. L’origine de ces défauts peut être multiple : les données d’entraînement de l’algorithme peuvent être elles-mêmes biaisées, les critères retenus pour développer un algorithme peuvent refléter les préjugés (racistes, sexistes, etc.) de leur concepteur.

    L’intelligence artificielle générative se réfère à des systèmes informatiques capables de créer de nouveaux contenus, tels que des textes, images, ou sons, de manière autonome. Ces systèmes produisent des résultats qui semblent provenir d’une créativité ou d’une compréhension similaire à celle humaine. On les appelle « génératifs » car ils s’appuient sur des modèles statistiques conçus pour générer de nouvelles données qui ressemblent à celles d’un ensemble d’apprentissage défini, par exemple l’ensemble des données disponibles sur le Web. Cette méthode d’apprentissage s’appelle l’apprentissage profond (deep learning en anglais).

    L’intelligence artificielle généraliste se réfère à un niveau d’intelligence artificielle qui équivaudrait à la capacité intellectuelle humaine à comprendre, apprendre, et effectuer n’importe quelle tâche cognitive. Ce concept n’est encore que théorique, mais le débat éthique qui entoure les conséquences d’un tel système divise d’ores et déjà la communauté scientifique.

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  • Conseils d’autodéfense numérique

    Conseils d’autodéfense numérique

    1 Protéger ses données personnelles

    Varier ses mots de passe d’un site à l’autre et créer plusieurs adresses mails

    Certains sites, comme epieos, permettent de voir sur quels sites votre adresse mail est inscrite. Ainsi, si comme 51 % des Français vous n’utilisez qu’un seul mot de passe et qu’un hacker réussit à pirater votre mail, tous les comptes associés lui seront accessibles. Mieux vaut donc utiliser au minimum deux adresses mails, et cloisonner ses comptes en n’utilisant jamais le même mot de passe d’un site à l’autre. Si vous manquez d’inspiration (évitez d’utiliser votre surnom ou votre date de naissance !), vous pouvez en générer via un gestionnaire de mot de passe…tout en gardant à l’esprit que cette méthode n’est pas non plus infaillible. En 2022, des hackers ont réussi à pénétrer dans le coffre-fort numérique de LastPass, un des gestionnaires de mot de passe les plus utilisés au monde, pour subtiliser les identifiants de ses clients.

    Utiliser un VPN

    Pour renforcer son anonymat en ligne, l’utilisation d’un réseau privé virtuel – VPN pour les intimes – est recommandée. Il permet de masquer l’adresse IP de votre appareil, chiffrer vos données et les envoyer vers leur destination finale sur Internet via un serveur VPN situé ailleurs dans le monde. Cette dissimulation empêche votre fournisseur d’accès Internet ou d’éventuels pirates informatiques de remonter jusqu’à votre ordinateur et vous permet d’accéder à des sites web réservés à certains utilisateurs en fonction de leur emplacement géographique. Quelques VPN gratuits existent mais les plus performants nécessitent une souscription, qui varie entre 3 et 10 euros par mois, avant l’installation sur votre ordinateur.

    Privilégier des navigateurs alternatifs

    En matière de protection de la vie privée, la politique des navigateurs web varie. La confidentialité des données des utilisateurs n’est pas le point fort de Google Chrome, Microsoft Edge ou Safari. Firefox, géré par la fondation à but non-lucratif Mozilla, ou Brave, un navigateur open source qui bloque les pisteurs et permet la navigation via le réseau Tor, sont à privilégier si vous cherchez à maximiser la protection de vos données.

    S’assurer que ses informations personnelles n’ont pas été dérobées

    À chaque cyberattaque visant un hôpital, une entreprise ou une administration, de grandes quantités de données fuient. Parmi elles se trouvent peut-être certaines informations vous concernant. Certains moteurs de recherche permettent d’en avoir le cœur net. Have I been Pwned est le plus célèbre d’entre eux. Il suffit d’y rentrer son adresse mail pour que le site nous dise si elle apparaît parmi les quelque 12 milliards de lignes de fuite de données recensées. Si le site indique qu’un de vos comptes fait partie d’une fuite, il est recommandé que vous changiez le mot de passe qui y est associé.

    Se protéger des logiciels espions

    Un stalkerware est un logiciel espion qui permet d’accéder aux données d’un portable (messages, géolocalisation,etc.). Pour être installé, un stalkerware requiert un accès physique au téléphone de la victime. Bien qu’il soit difficile de mesurer l’ampleur du phénomène, le recours à ce type de technologie est fréquent dans les cas de violences intra-familiales. D’après une étude du centre Hubertine Auclert, 29% de femmes victimes de violences conjugales ont ainsi le sentiment que leur (ex)partenaire surveille leur déplacement par GPS ou logiciel espion. Vous avez un doute ? Le collectif de hacker cyber-féministe Echap a rédigé sur son site un guide pour vous aider à en identifier la présence sur Android et iPhone.

    Conseils d’autodéfense numérique

    Le web abrite des trésors de connaissances mais aussi une multitude de techniques permettant de manipuler et de fausser les informations. Que l’on cherche à débusquer un deepfake, obtenir un document précis ou remonter à la source d’une image, quelques outils peuvent nous aider.

    2 Connaître les outils qui permettent d’optimiser ses recherches

    Faire une recherche inversée d’image

    Pour ne pas tomber dans le piège des infoxs, il est primordial de savoir remonter à la source d’une information. Une image peut être facilement décontextualisée dans le but d’étayer un propos manipulatoire. En quelques clics, la recherche inversée d’image permet d’en retrouver l’origine (cf. encadré Osint). Firefox, Bing, Yahoo ou encore Google proposent tous un portail ou une extension permettant d’accéder à la recherche inversée.

    Utiliser la recherche avancée

    Google est, de loin, le moteur de recherche le plus utilisé. En France, il détient plus de 91 % de parts du marché, largement devant Bing (4,2%). Pour ne pas se perdre au milieu du milliard de sites webs (au bas mot) qui y sont référencés, certaines astuces peuvent vous sauver. Il vous suffit d’utiliser des Google Dorks, une technique de recherche avancée utilisant un vocabulaire propre à Google pour trouver précisément ce que vous recherchez. Par exemple, pour trouver un pdf, tapez « filetype:pdf »; pour trouver toutes les pages comportant exactement une suite de mots mettez celle-ci entre guillemets ou, pour ne faire des recherches que dans un site web, tapez « site: » et le nom du site que vous souhaitez visiter.

    3 Conserver son esprit critique

    Toujours réfléchir avant de cliquer

    Selon Thibaut Hénin, expert en cybersécurité, « si on sent une pulsion, un besoin viscéral de cliquer alors c’est sûrement une arnaque ». Les mails trop beaux, du type « votre compte CPF est plein à craquer », ou angoissants, « nous vous avons filmé en train de vous masturber », comptent sur votre impulsivité pour vous « hameçonner » (phising). Mais ce conseil s’applique aussi lorsque vous vous apprêtez à publier un contenu sur les réseaux sociaux. N’oubliez pas qu’une fois publié, il est très difficile de l’effacer !

    A l’ère des deepfake, aiguiser son esprit critique

    Avec les intelligences artificielles génératives, il est devenu aisé de produire de fausses images, vidéos ou bandes sonores au rendu très réaliste appelés « deepfakes ». À partir des contenus trouvés sur un réseau social, il est donc possible d’usurper l’identité d’une personne. Ce procédé a été utilisé pour produire de fausses vidéos pornographiques, mettre en scène des personnalités politiques dans des situations embarrassantes ou cloner la voix d’un enfant puis l’utiliser lors d’un appel téléphonique pour faire croire à un enlèvement et demander une rançon aux parents. Peut-on détecter ces faux contenus ? Pour pallier les lacunes de la modération humaine sur les réseaux sociaux, des méthodes de détection sont peu à peu mises au point. Mais, comme l’explique Nicolas Beuve, doctorant en détection automatique de vidéos deepfake à l’INSA Rennes, dans un article de The Conversation : « Les domaines de la détection et de la génération de deepfakes s’adaptent en permanence aux innovations de l’autre, avec un avantage évident pour la génération qui a toujours un coup d’avance sur la détection. » La meilleure solution pour détecter ces faux contenus reste donc de faire fonctionner son esprit critique et d’en questionner l’authenticité !

    C’est quoi l’Osint ?

    L’Osint, ou Open Source Intelligence, « enquête en source ouverte » en français, est une méthode d’investigation qui utilise toutes les ressources et informations disponibles en ligne. Ces sources incluent des sites web, des réseaux sociaux, des bases de données. Utilisée par les enquêteurs et les journalistes mais aussi par les hackers, l’Osint, regroupe un ensemble de méthodes et de techniques (recherche inversée, google dorks, recherche sur le Dark Net) pour retrouver la source de documents.

    Vous êtes sociétaire Macif ?

    Avec l’assurance Protection Juridique*, vous bénéficiez de conseils et d’un accompagnement juridique personnalisé en cas de litige avec un tiers, dont les arnaques téléphoniques.

    *Garantie optionnelle du contrat Habitation Résidence principale Formule Protectrice. (voir conditions du contrat)

  • « L’esprit critique résulte d’un travail de réflexion et d’empathie »

    « L’esprit critique résulte d’un travail de réflexion et d’empathie »

    Sylvie Pierre est maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université de Lorraine et responsable du séminaire de recherche « Fait didactique et éducation à l’Institut national supérieur du professorat et de l’éducation de Lorraine.

    Qu’est-ce que l’esprit critique ?

    Sylvie Pierre : C’est un terme qui est né au XVIIIe siècle sous la plume de personnalités marquées par la philosophie des Lumières, fondée sur la raison et l’intelligence. Il faut se rappeler que jusqu’à la Révolution, l’école publique n’existe pas et c’est l’Église qui se charge de diffuser le savoir à quelques privilégiés. L’esprit critique, tel que le définit Condorcet, désigne donc l’idée d’élévation, d’émancipation des élèves, garçons comme filles, vis-à-vis des préjugés et des dogmes, notamment religieux. Bien sûr le contexte d’aujourd’hui n’est plus du tout le même puisque notre société est sécularisée. Mais, quels que soient les siècles, l’esprit critique doit être au fondement de l’éducation et permettre aux enfants d’acquérir des savoirs tout en adoptant une lecture distanciée des informations qui leur parviennent.

    En quoi le paysage numérique et informationnel actuel influe-t-il sur la formation de l’esprit critique des enfants ?

    S. P. : Avec le numérique, la société se transforme, tout comme la production et la diffusion de l’information et du savoir. L’éducation s’inscrit dans cette transformation. La multiplication des écrans et des canaux de diffusion amène de nouveaux risques : exposition des données personnelles, diffusion d’images personnelles sans consentement, confrontation à des images violentes, etc. Les mineurs sont particulièrement exposés car leur capacité de jugement est encore faible. Et cela a une incidence sur la façon dont ils deviennent des citoyens ! Des études montrent par exemple que les jeunes garçons qui sont exposés aux contenus pornographiques très tôt sont moins capables de respecter le consentement que ceux qui ne l’ont pas été.

    On associe l’esprit critique à la raison, mais quelle est la place des émotions?

    S. P. : La raison “sèche” ne suffit pas. L’esprit critique est un état d’esprit. Il est le fruit d’un travail de réflexion et également de développement de l’empathie, de la capacité à se projeter vers les autres. C’est très important car la désinformation et la violence qui se déploient sur les réseaux sociaux touchent directement aux affects et aux émotions des jeunes. Il faut donc leur apprendre à déconstruire les stratégies de ces sites. D’un côté, l’école va transmettre des savoirs, une pensée réflexive fondée sur la science. Mais d’un autre côté, il faut leur enseigner dès le plus jeune âge à reconnaître leurs émotions.

    « L’esprit critique résulte d’un travail de réflexion et d’empathie »

    Est-ce que tous les enfants sont égaux face à la désinformation en ligne ?

    S. P. : L’accès aux réseaux sociaux affecte inégalement les familles. Plus les foyers sont privilégiés, plus les enfants sont préservés des écrans en général et donc des contenus manipulatoires, trompeurs et violents qu’on peut y trouver. Ce n’est pas nouveau : lorsque la télévision est arrivée en France, dans les années 1950, les classes populaires la regardaient tandis que les classes sociales plus favorisées en dénonçaient les effets pervers. Mais l’impact des écrans sur le développement des enfants dépend avant tout des pratiques de l’environnement familial. La télévision, comme Internet, produisent le meilleur – lorsqu’ils donnent accès à la culture et aux savoirs – comme le pire. Il faut donc s’assurer que les enfants aient les moyens d’en faire un usage éclairé.

    Comment l’École peut-elle encourager les élèves à se sentir acteurs de leurs pratiques numériques ?

    S. P. : Depuis 2013, tous les professeurs ont pour mission d’intégrer l’éducation aux médias et à l’information (EMI) à leur discipline. Mais il faut du temps pour que tous les enseignants soient formés à ces questions et fassent systématiquement des cours d’éducation aux médias. Pourtant, l’EMI permet indéniablement aux élèves de développer les compétences informationnelles nécessaires pour être de futurs citoyens capables d’utiliser les outils numériques de façon éclairée. Tous les élèves ne sont donc pas logés à la même enseigne. 65 % des élèves ayant eu des cours d’EMI vérifient les informations qu’ils reçoivent, contre 40 % pour ceux qui n’en n’ont pas eus. L’École doit aussi placer les élèves en position d’acteurs. Créer un journal numérique ou une radio dans son établissement leur permet de se confronter par la pratique aux grandes questions qui se posent dans tout environnement numérique : droit à l’image, haine en ligne, etc.

    Et quels conseils peut-on donner aux parents ?

    S. P. : Ils ont un rôle complémentaire à celui des enseignants. Pourtant, dans les études, les parents confient être de plus en plus démunis pour accompagner leurs enfants. 42 % déclarent avoir du mal à limiter le temps d’usage d’écran de leurs enfants. Souvent, eux-mêmes ont du mal à se limiter. Cela signifie qu’il faut aller à la rencontre de tous les parents, y compris ceux qui sont éloignés du numérique. Si on laisse des personnes sur le bord du chemin, on va fracturer la société. Cela signifie qu’ils ont besoin d’être accompagnés dès la petite enfance par des professionnels pour poser des règles et savoir comment aborder ce sujet en famille sans tomber dans la culpabilité.

    Comment déjouer les infoxs ?

    • Le terme “infox” – fake news en anglais – désigne toute forme d’information délibérément trompeuse. Qu’il s’agisse d’une rumeur, d’un mensonge ou d’une théorie du complot, l’infox est toujours réalisée à des fins financières, idéologiques ou politiques. Il est donc primordial que l’enfant comme l’adulte comprenne la nature du contenu auquel il est exposé et évite de confondre publicité, potin et information. Pour cela, il faut déjà apprendre à se poser quelques questions : qu’est-ce qu’une information ? Comment est-elle produite ? Qui en est l’auteur, sur quel média ou site est-elle publiée ? Quelles en sont les sources ?, etc. Certains médias ont constitué des équipes de “fact-checkeurs”, chargés de vérifier la véracité des informations : AFP Factuel, Les Décodeurs (Le Monde), Check News (Libération) ou encore Les Observateurs (France 24).

     

    • Discuter en famille des contenus produits par ces médias est un bon moyen de garder un œil vivant sur l’actualité et d’éveiller l’esprit critique de ses enfants. Sur son site, le Centre pour l’éducation aux médias et à l’information (CLEMI) partage des activités ludiques à faire en famille pour apprendre à différencier la nature des contenus en ligne, se repérer dans la galaxie des médias pour comprendre comment mieux s’informer, ou même produire soi-même de l’information en réalisant un reportage ou un podcast.