Étiquette : Mobilités

  • Cargo, triporteur, long-tail : l’essor du vélo en famille

    Cargo, triporteur, long-tail : l’essor du vélo en famille

    Praticité en ville

    Depuis deux ans, Malik, la trentaine, sillonne quotidiennement Paris et ses environs sur son imposant vélo cargo bleu. Et depuis qu’il a franchi ce pas, il n’a jamais pensé à rétropédaler. « J’ai opté pour un vélo cargo parce que je voulais me passer de ma moto tout en pouvant toujours transporter du matériel informatique afin d’équiper mes clients. En plus, j’ai vite compris qu’il pouvait faire double usage : transport de matériel le jour et de mes enfants le soir et les week-ends, sans avoir besoin d’une voiture, qui n’est pas idéal en région parisienne. » Il ajoute : « En plus de ces avantages, un vélo cargo est très agréable à conduire, le moteur est suffisamment puissant pour qu’on puisse aller partout et, même avec une assistance électrique, on pratique une activité physique. » Outre la dimension plaisir, pratique et écologique, Malik a même fait des économies grâce aux aides de la région : « Ça m’a coûté moins cher d’investir dans un vélo cargo que d’acheter un vélo classique grâce à l’aide donnée par la région Île-de-France aux sociétés », explique-t-il.

    La pratique du vélo toujours en hausse

    Comme lui, de nombreux Français se mettent aux deux roues sous toutes ses formes. Selon le site Vélo & Territoires en effet, à la fin de l’année 2023, on comptait une augmentation de 5 % d’utilisation de vélo, à échelle nationale. L’Observatoire du cycle de l’Union sport cycle indique même que le vélo est le moyen de transport le plus apprécié en France. Il représente 43 % des moyens de locomotions vendus, loin devant la trottinette (26,5 %) ou la voiture (26 %). Mais le cycle qui tire évidemment son épingle du jeu, c’est le vélo à assistance électrique, dont la production française représentait 56 % des ventes en 2023, avec près de 11293 vélos cargos assemblés et vendus en France.

    Vers la démocratisation du vélo cargo

    Pour Olivier Razemon, spécialiste du cycle, la démocratisation du cargo s’explique facilement : « Le vélo cargo et ses dérivés sont apparus il y a déjà une dizaine d’années dans les autres pays d’Europe, comme les Pays-Bas et le Danemark, puis on l’a vu arriver à Strasbourg », se souvient-il. Il a ensuite gagné les grandes villes et c’est un peu plus récemment qu’on l’a vu apparaître dans des villes plus petites, comme Aurillac, où le journaliste a croisé des artisans qui transportaient leur matériel à vélo cargo. « Avec sa taille, la puissance de son moteur et sa longueur, ce type de vélo est tout à fait adapté aux villes moyennes et aux banlieues, explique-t-il. À Paris, la politique de la ville en matière de vélo a permis qu’il puisse désormais mieux circuler sur les pistes cyclables qui ont été agrandies au fil des ans. » Dans la majeure partie des villes françaises, il n’est donc plus rare de voir des vélos cargos chargés de matériel ou d’enfants aux heures de pointe. Le seul inconvénient pointé par Malik, ce sont les places de stationnement. « Les parkings à vélo ne sont pas adaptés aux vélos cargos et ils prennent de la place attachée sur des poteaux. On risque souvent de gêner les piétons en se garant », regrette Malik. Le journaliste reste néanmoins optimiste. « De plus en plus de villes adaptent les places de stationnement aux vélos cargos et certains parkings souterrains proposent désormais des emplacements qui leur sont dédiés, mais il faut les connaître. On en trouve notamment sous la gare de l’Est, encore faut-il le savoir ».

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  • Peur phobique de conduire : comment se sortir de l’amaxophobie ?

    Peur phobique de conduire : comment se sortir de l’amaxophobie ?

    Stresser de passer le permis de conduire

    Jusqu’en classe de Terminal, Marina, comme la plupart des adolescents, avait hâte de passer son permis de conduire. Elle se voyait déjà au volant d’une voiture qu’elle aurait acheté d’occasion après des mois à enchaîner les petits boulots, partant en virée pour le week-end avec des copains. À elle la liberté ! Mais rien ne s’est passé comme prévu. « Lorsque je me suis retrouvée pour la première fois sur le siège conducteur d’une voiture d’auto-école, pour l’évaluation destinée à déterminer le nombre d’heures de conduite dont j’aurais besoin, j’ai paniqué », se souvient celle qui est désormais trentenaire. Après plusieurs tentatives, des nuits de cauchemars et plusieurs crises d’angoisse, la jeune femme a finalement décidé de reporter son projet, perdant au passage les arrhes versées à l’auto-école. « Ensuite, j’ai vécu dans des grandes villes avec un bon maillage de transports urbains, donc je n’avais pas besoin de conduire », poursuit-elle. Jusqu’au jour où son conjoint se voit offrir un très bon poste à Bourges, dans le Cher. « J’ai réalisé que je ne survivrais pas dans cette région sans le permis de conduire, alors je suis retournée dans une auto-école », raconte Marina. Malheureusement, les crises d’angoisse sont revenues à la vue du volant.

    Subir des crises d’angoisse

    En effectuant des recherches, Marina découvre qu’elle souffre d’amaxophobie, la phobie de la conduite, et que sa vie passée dans les grandes villes a sans doute fait partie d’une stratégie d’évitement. « J’ai tâtonné, j’ai été voir une coach qui ne m’a été d’aucun secours, et puis j’en ai parlé à mon médecin traitant qui m’a recommandé de consulter un psychologue ou un psychiatre. » Aujourd’hui, elle conduit tous les jours pour se rendre sur son lieu de travail. Pour le docteur Elise Lelarge, médecin psychiatre et psychothérapeute en Loire-Atlantique, « la phobie de conduire se manifeste comme les autres phobies. En général, les gens font des crises d’angoisse, ce qui se manifeste par une accélération du rythme cardiaque et de la respiration, des sueurs, des tremblements, la sensation qu’ils vont devenir fous ou mourir. » Elle précise qu’il faut distinguer la « phobie simple », qui survient sans évènement déclencheur, des « phobies post-traumatiques », qui peuvent être liées à un accident. Le médecin précise que des troubles de la vue, constatés lors d’un bilan orthoptique, peuvent aussi être à l’origine d’une peur de conduire.

    Un traitement possible en quelques séances

    Dans le cas des phobies, le diagnostic est réalisé en consultation. « Je discute avec le patient pour comprendre dans quelles conditions les symptômes sont apparus », explique-t-elle. La phobie peut être totale, ou concerner des configurations précises, telles que la conduite sur une quatre voies ou l’autoroute, le passage sur un pont ou au bord d’une falaise. Si certains médecins prescrivent des antidépresseurs et des anxiolytiques, d’autres, comme le docteur Lelarge, ont recours à des méthodes telles que la psychothérapie, l’hypnose et les thérapies cognitives et comportementales. « Pour une phobie simple, sans problème médical ni traumatisme, en une dizaine de séances, les gens peuvent constater une amélioration », rassure-t-elle. En revanche, en cas de syndrome de stress post-traumatique, lié par exemple à un accident de la route, le traitement peut être plus long. Marina a eu besoin d’une année pour réussir à démarrer une voiture sur un parking à côté d’un moniteur. « Dans mon cas, il s’agissait d’un manque de confiance en moi que j’attribue à mon père qui a passé sa vie à dénigrer la conduite des femmes », a-t-elle fini par comprendre dans le cabinet de son médecin.

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  • Peur phobique de conduire : comment se sortir de l’amaxophobie ?

    Peur phobique de conduire : comment se sortir de l’amaxophobie ?

    Stresser de passer le permis de conduire

    Jusqu’en classe de Terminal, Marina, comme la plupart des adolescents, avait hâte de passer son permis de conduire. Elle se voyait déjà au volant d’une voiture qu’elle aurait acheté d’occasion après des mois à enchaîner les petits boulots, partant en virée pour le week-end avec des copains. À elle la liberté ! Mais rien ne s’est passé comme prévu. « Lorsque je me suis retrouvée pour la première fois sur le siège conducteur d’une voiture d’auto-école, pour l’évaluation destinée à déterminer le nombre d’heures de conduite dont j’aurais besoin, j’ai paniqué », se souvient celle qui est désormais trentenaire. Après plusieurs tentatives, des nuits de cauchemars et plusieurs crises d’angoisse, la jeune femme a finalement décidé de reporter son projet, perdant au passage les arrhes versées à l’auto-école. « Ensuite, j’ai vécu dans des grandes villes avec un bon maillage de transports urbains, donc je n’avais pas besoin de conduire », poursuit-elle. Jusqu’au jour où son conjoint se voit offrir un très bon poste à Bourges, dans le Cher. « J’ai réalisé que je ne survivrais pas dans cette région sans le permis de conduire, alors je suis retournée dans une auto-école », raconte Marina. Malheureusement, les crises d’angoisse sont revenues à la vue du volant.

    Subir des crises d’angoisse

    En effectuant des recherches, Marina découvre qu’elle souffre d’amaxophobie, la phobie de la conduite, et que sa vie passée dans les grandes villes a sans doute fait partie d’une stratégie d’évitement. « J’ai tâtonné, j’ai été voir une coach qui ne m’a été d’aucun secours, et puis j’en ai parlé à mon médecin traitant qui m’a recommandé de consulter un psychologue ou un psychiatre. » Aujourd’hui, elle conduit tous les jours pour se rendre sur son lieu de travail. Pour le docteur Elise Lelarge, médecin psychiatre et psychothérapeute en Loire-Atlantique, « la phobie de conduire se manifeste comme les autres phobies. En général, les gens font des crises d’angoisse, ce qui se manifeste par une accélération du rythme cardiaque et de la respiration, des sueurs, des tremblements, la sensation qu’ils vont devenir fous ou mourir. » Elle précise qu’il faut distinguer la « phobie simple », qui survient sans évènement déclencheur, des « phobies post-traumatiques », qui peuvent être liées à un accident. Le médecin précise que des troubles de la vue, constatés lors d’un bilan orthoptique, peuvent aussi être à l’origine d’une peur de conduire.

    Un traitement possible en quelques séances

    Dans le cas des phobies, le diagnostic est réalisé en consultation. « Je discute avec le patient pour comprendre dans quelles conditions les symptômes sont apparus », explique-t-elle. La phobie peut être totale, ou concerner des configurations précises, telles que la conduite sur une quatre voies ou l’autoroute, le passage sur un pont ou au bord d’une falaise. Si certains médecins prescrivent des antidépresseurs et des anxiolytiques, d’autres, comme le docteur Lelarge, ont recours à des méthodes telles que la psychothérapie, l’hypnose et les thérapies cognitives et comportementales. « Pour une phobie simple, sans problème médical ni traumatisme, en une dizaine de séances, les gens peuvent constater une amélioration », rassure-t-elle. En revanche, en cas de syndrome de stress post-traumatique, lié par exemple à un accident de la route, le traitement peut être plus long. Marina a eu besoin d’une année pour réussir à démarrer une voiture sur un parking à côté d’un moniteur. « Dans mon cas, il s’agissait d’un manque de confiance en moi que j’attribue à mon père qui a passé sa vie à dénigrer la conduite des femmes », a-t-elle fini par comprendre dans le cabinet de son médecin.

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  • Peur phobique de conduire : comment se sortir de l’amaxophobie ?

    Peur phobique de conduire : comment se sortir de l’amaxophobie ?

    Stresser de passer le permis de conduire

    Jusqu’en classe de Terminal, Marina, comme la plupart des adolescents, avait hâte de passer son permis de conduire. Elle se voyait déjà au volant d’une voiture qu’elle aurait acheté d’occasion après des mois à enchaîner les petits boulots, partant en virée pour le week-end avec des copains. À elle la liberté ! Mais rien ne s’est passé comme prévu. « Lorsque je me suis retrouvée pour la première fois sur le siège conducteur d’une voiture d’auto-école, pour l’évaluation destinée à déterminer le nombre d’heures de conduite dont j’aurais besoin, j’ai paniqué », se souvient celle qui est désormais trentenaire. Après plusieurs tentatives, des nuits de cauchemars et plusieurs crises d’angoisse, la jeune femme a finalement décidé de reporter son projet, perdant au passage les arrhes versées à l’auto-école. « Ensuite, j’ai vécu dans des grandes villes avec un bon maillage de transports urbains, donc je n’avais pas besoin de conduire », poursuit-elle. Jusqu’au jour où son conjoint se voit offrir un très bon poste à Bourges, dans le Cher. « J’ai réalisé que je ne survivrais pas dans cette région sans le permis de conduire, alors je suis retournée dans une auto-école », raconte Marina. Malheureusement, les crises d’angoisse sont revenues à la vue du volant.

    Subir des crises d’angoisse

    En effectuant des recherches, Marina découvre qu’elle souffre d’amaxophobie, la phobie de la conduite, et que sa vie passée dans les grandes villes a sans doute fait partie d’une stratégie d’évitement. « J’ai tâtonné, j’ai été voir une coach qui ne m’a été d’aucun secours, et puis j’en ai parlé à mon médecin traitant qui m’a recommandé de consulter un psychologue ou un psychiatre. » Aujourd’hui, elle conduit tous les jours pour se rendre sur son lieu de travail. Pour le docteur Elise Lelarge, médecin psychiatre et psychothérapeute en Loire-Atlantique, « la phobie de conduire se manifeste comme les autres phobies. En général, les gens font des crises d’angoisse, ce qui se manifeste par une accélération du rythme cardiaque et de la respiration, des sueurs, des tremblements, la sensation qu’ils vont devenir fous ou mourir. » Elle précise qu’il faut distinguer la « phobie simple », qui survient sans évènement déclencheur, des « phobies post-traumatiques », qui peuvent être liées à un accident. Le médecin précise que des troubles de la vue, constatés lors d’un bilan orthoptique, peuvent aussi être à l’origine d’une peur de conduire.

    Un traitement possible en quelques séances

    Dans le cas des phobies, le diagnostic est réalisé en consultation. « Je discute avec le patient pour comprendre dans quelles conditions les symptômes sont apparus », explique-t-elle. La phobie peut être totale, ou concerner des configurations précises, telles que la conduite sur une quatre voies ou l’autoroute, le passage sur un pont ou au bord d’une falaise. Si certains médecins prescrivent des antidépresseurs et des anxiolytiques, d’autres, comme le docteur Lelarge, ont recours à des méthodes telles que la psychothérapie, l’hypnose et les thérapies cognitives et comportementales. « Pour une phobie simple, sans problème médical ni traumatisme, en une dizaine de séances, les gens peuvent constater une amélioration », rassure-t-elle. En revanche, en cas de syndrome de stress post-traumatique, lié par exemple à un accident de la route, le traitement peut être plus long. Marina a eu besoin d’une année pour réussir à démarrer une voiture sur un parking à côté d’un moniteur. « Dans mon cas, il s’agissait d’un manque de confiance en moi que j’attribue à mon père qui a passé sa vie à dénigrer la conduite des femmes », a-t-elle fini par comprendre dans le cabinet de son médecin.

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  • La vanlife me fait envie, mais est-elle vraiment pour moi ?

    La vanlife me fait envie, mais est-elle vraiment pour moi ?

    Voilà déjà quatre ans que Fabien, un social media manager de 37 ans, est propriétaire d’un van qu’il a lui-même aménagé. « Je crois que j’ai connu à peu près toutes les configurations possibles dans la vanlife ! », s’amuse ce père de famille.

    La vanlife, un rêve réalisable ?

    S’il collectionnait les Combi Volkswagen miniatures lorsqu’il était petit, son envie de s’offrir un van est née au printemps 2020, pendant le premier confinement, comme pour beaucoup de vanlifers. « Je passais des heures à regarder des photos et des vidéos de trentenaires vivants sur la route, s’étirant au petit matin face à l’océan, avec le chant des oiseaux », se souvient-il. Il acquiert un véhicule dès la levée du confinement et passe une partie de l’été à l’aménager en regardant des tutoriels en ligne et en échangeant avec d’autres passionnés sur des forums spécialisés. « En septembre, j’ai pris la route pour un road trip de huit mois en solitaire à travers l’Europe, se remémore-t-il. J’ai rencontré ma copine en Suède et lorsque nous sommes rentrés en France, nous avons d’abord vécu en couple dans mon van pendant que nous retapions une maison dans le Sud-Ouest. » L’année suivante, un enfant naît de leur union. « Aujourd’hui, nous avons une vie sédentaire, mais nous prenons le van en famille au moins un week-end par mois et une bonne partie des vacances, précise Fabien. Et nous avons pour projet de partir tous les trois en voyage en van en Nouvelle-Zélande l’année prochaine. Mais cette fois, nous en louerons peut-être un sur place. » Comme lui, de plus en plus de Français ont envie de goûter à la vie nomade tout en se reconnectant à la nature. Ainsi, selon UniVDL, le syndicat des véhicules de loisirs, les ventes de vans et de fourgons neufs ont explosé entre 2017 et 2022, faisant un bond de + 156,8 %.

    Aimer la promiscuité

    Néanmoins, avant de sauter le pas, il est important de se poser quelques questions pour éviter les déconvenues. Mylène et Peter, la petite quarantaine, n’ont pas vécu une expérience aussi réjouissante que celle de Fabien. « Nous étions déjà des digital nomades, raconte la première. On changeait de pays plusieurs fois par an, dès que nos visas avaient expiré, mais on vivait confortablement dans des appartements en location. La vie en van, c’est vraiment autre chose ! » Peter résume leurs quelques mois passés à bord d’un véhicule, pourtant plutôt haut de gamme, de cette façon : « La promiscuité, surtout les jours de pluie, a fait que très rapidement, on ne se supportait plus. Et puis nous avons dépensé des fortunes en carburant, en réparations du van lorsqu’il était en panne et en emplacements pour avoir accès à des sanitaires. Et puis on a souvent eu froid la nuit, on s’est fait piquer nos ordinateurs en plein jour et presque à chaque fois qu’on trouvait un spot magnifique au calme pour passer la nuit, on se retrouvait finalement très vite encerclés par des flopées d’autres vans ! » Une vie loin du rêve de liberté et de retour à la nature déroulée à longueur de stories sur Instagram !

    Et bien préparer son voyage

    Le voyage en van convient donc avant tout aux personnes à l’aise dans un espace réduit et avec peu de confort. Et pour celles et ceux qui voudraient se lancer dans l’aventure, il est important de prévoir son budget et de bien préparer son départ en consultant quelques-uns de nombreux guides dédiés ou des vidéos de youtubeurs spécialisés. Les salons tels que le Vanlifest (à Capbreton) ou le Festival vanlife à Bordeaux, sont aussi de bons moyens pour s’informer. Philippe Colas organise les salons Vanlife Expo à Rennes et à Grenoble, ainsi que le Breizh Vanlife Festival à Saint-Malo. « Je conseille de commencer par louer un véhicule aménagé, pour bien se rendre compte, avant d’en acheter un, explique-t-il. Car la vanlife ce n’est pas seulement ce qu’on voit sur les réseaux sociaux, c’est aussi vivre en famille dans 6m2 ! » Sur ses salons, les modèles neufs sont vendus à partir de 35 000 euros. « Et il y a la nouvelle tendance des kits amovibles ou des malles de voyage, ajoute-t-il. Il s’agit de meubles adaptables que l’on installe sans outil sur les sièges arrière rabaissés d’une voiture et qui permettent d’accueillir un sommier, un matelas, des tiroirs, voire, une cuisinette, détaille le professionnel. Les premiers coûtent environ 2000 euros. »

    Un bon compromis pour les aventuriers à petit budget. Philippe Colas évoque aussi les « tear drop », ces petites caravanes équipées d’une chambre à coucher que l’on attache à sa voiture grâce à une boule d’attelage. Pour celles et ceux qui souhaitent aménager un utilitaire, un fourgon ou un van, il recommande de se fournir auprès d’entreprises spécialisées et de prévoir un budget minimum de 10 000 euros. « Mais, si vous ne partez qu’une fois par an, vous avez tout intérêt à privilégier la location », conclut-il.

     

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  • Apprendre à son enfant à faire du vélo

    Apprendre à son enfant à faire du vélo

    Le vélo, dès 2 ans

    Dès l’âge de 2 ans environ, votre enfant peut commencer à apprendre à maîtriser son équilibre sur roues, grâce à une draisienne. Avec ce drôle de vélo sans pédales, le petit acquiert le sens de l’équilibre, développe sa coordination et son autonomie, et s’initie naturellement au maintien du guidon pour rouler droit. Comme le raconte Lisa, « mon fils Hugo a commencé son initiation à 2 ans avec une draisienne. En quelques mois, il avait déjà un très bon équilibre et était prêt à passer à un véritable vélo avec pédales ». Pour apprendre à faire du vélo, un enfant doit cependant posséder certaines capacités motrices de base, comme se tenir droit sans aide, ou encore coordonner ses mouvements, ceux des jambes et des bras, pour pouvoir diriger le guidon. Enfin, un minimum de force dans les jambes et une certaine endurance sont nécessaires pour pédaler et maintenir l’effort sur une certaine distance.

    Les petites roues pour apprendre

    Deuxième étape, passer au vélo avec des petites roues une fois que l’enfant est à l’aise sur la draisienne, et apprendre à pédaler. Lorsque l’enfant montre des signes de confiance et de stabilité, il est temps de retirer les petites roues. Commencez sur une surface plane et sécurisée, comme une allée ou un parc. C’est ce qui s’est passé pour Léa, 4 ans : « Les petites roues l’ont aidée à se sentir en sécurité pendant qu’elle apprenait à pédaler. Nous les avons enlevées, une fois qu’elle se sentait prête », raconte son père, Paul. Cependant, cette étape n’est pas obligatoire pour tous les enfants. Certains passent directement de la draisienne au vélo, sans en passer par l’étape quatre roues, comme en témoignent les nombreux enfants de petite section de maternelle que l’on voit pédaler comme des fous dès l’âge de 3 ans ! Un autre conseil important de Julie, qui travaille au rayon vélo d’un grand magasin de sport : « Il est important de laisser l’enfant avancer à son propre rythme. Ne le forcez pas à retirer les petites roues avant qu’il ne se sente prêt. »

    Encouragement et patience

    Le rôle des parents dans l’apprentissage du vélo est en effet crucial : ils doivent encourager constamment leur enfant et faire preuve de patience pour rendre l’expérience positive et amusante, conseille Julie. Le vélo n’est pas seulement une activité physique qui contribue au développement psychomoteur de l’enfant, il a également un impact positif durable sur son autonomie et sur sa confiance. Pour Claire, « si Mathieu a appris à faire du vélo à 5 ans, c’est grâce à la draisienne et au vélo avec petites roues, mais aussi parce que nous sommes restés patients et que nous l’avons laissé progresser à son propre rythme. » Une erreur fréquente est de vouloir aller trop vite, trop tôt. Évitez de lui mettre trop de pression, ce qui peut entraîner l’arrêt de sa volonté d’apprendre à faire du vélo. Il faut choisir le bon moment, quand l’enfant se sent prêt et en manifeste l’envie. L’apprentissage doit se faire dans un moment de calme et de détente, sans pression ni contrainte de temps.

    Apprendre en jouant

    Le plus difficile à vélo, c’est de démarrer. L’enfant doit d’abord apprendre à placer correctement ses pieds sur les pédales sans regarder et comprendre que c’est l’élan qui donne la vitesse. Partir en plaçant le pied avant au-dessus de l’axe du pédalier donne plus de force pour effectuer un premier tour de pédale et gagner assez de vitesse pour garder son équilibre. Une fois que l’enfant maîtrise le démarrage et la vitesse, il faut aussi savoir s’arrêter ! Pour apprendre à freiner en s’amusant, voici quelques petits jeux à mettre en pratique : Tracez un repère au sol au niveau duquel votre enfant doit stopper. Cela lui permettra d’apprendre à s’arrêter au niveau d’un carrefour ou d’un feu. Faites circuler votre enfant librement sur une zone sans danger. À votre « top », votre enfant doit freiner et poser le pied à terre. Au « top » suivant, il repart. Ainsi, il saura par la suite faire face aux dangers de la circulation sur la voie publique.

    Bon à savoir

    Jusqu’à l’âge de 8 ans, un enfant est autorisé à rouler au pas sur les trottoirs, pendant que vous circulez sur la chaussée. Par ailleurs, il est recommandé de ne pas le laisser circuler seul en ville avant l’âge de 12 ans.

    Conseils de sécurité pour apprendre le vélo à votre enfant

    Il faut aussi adopter un équipement adapté : le port du casque est obligatoire jusqu’à 12 ans et reste très fortement recommandé après cet âge. Des genouillères et coudières sont également conseillées pour se protéger en cas de chute. Pour les premières sorties, il est recommandé de choisir des zones sûres et peu fréquentées. Restez toujours à proximité de votre enfant, car la supervision est essentielle pour assurer sa sécurité. Assurez-vous également que le vélo est adapté à la taille de l’enfant : un vélo trop grand ou trop petit peut rendre l’apprentissage difficile et dangereux. L’enfant doit pouvoir toucher le sol avec ses pieds lorsqu’il est assis sur la selle.

    Sensibiliser sans culpabiliser est essentiel pour développer des comportements responsables chez les jeunes. En encourageant un meilleur partage de la route, chacun peut contribuer à la sécurité de tous, en particulier celle des plus jeunes. Les parents jouent un rôle clé en inculquant les bonnes pratiques dès le plus jeune âge, comme le respect du code de la route et l’attention aux autres usagers. Pensez également à l’importance de la visibilité : l’utilisation d’accessoires réfléchissants ou de vêtements colorés est un moyen simple et efficace pour améliorer la visibilité de votre enfant.

    Et n’oubliez pas : en adaptant l’apprentissage à son rythme, vous lui offrirez une expérience positive et enrichissante !

  • Quel regard des jeunes sur la voiture aujourd’hui ?

    Quel regard des jeunes sur la voiture aujourd’hui ?

    Il y avait 38,9 millions de voitures sur les routes de France au 1er janvier 2023. Un chiffre donné en novembre dernier par le ministère de la Transition écologique dans une étude sur l’utilisation des véhicules sur le territoire. Parmi les conducteurs, on retrouve un nombre important de jeunes nés après l’an 2000, la majorité des permis B français étant délivrés aux moins de 20 ans, d’après l’institut Statista.

     

    @macifassurances La question de l’opinion sur la voiture et sa représentation divise ! Très pratique mais potentiellement peu écologique, ce n’est pas toujours facile de faire un choix 🤯 Dites-nous en commentaire ce que vous en pensez ! 👇 #LaMacifCestVous #PourToi #Jeunes #Voiture #Symbole ♬ original sound – Macif

    Entre envie et praticité

    « On entend souvent que les jeunes n’aiment plus la voiture alors que c’est faux. La réalité est plus complexe que cela », assure Hervé Marchal, sociologue et co-auteur de l’ouvrage collectif Les jeunes au volant (Erès, 2022). Théo, 20 ans, ne peut qu’acquiescer. Cet étudiant en architecture à Vaulx-en-Velin (Rhône) se dit « soucieux de [son] empreinte écologique », mais utilise parfois son véhicule hybride pour se rendre à l’école, pourtant située à dix minutes à pied. « C’est plus facile lorsque j’ai de grosses maquettes à transporter, se justifie-t-il. Je culpabilise, mais je me rassure en me disant qu’au moins, je roule en électrique. »

    La dimension utilitaire et la praticité sont des raisons largement invoquées par les jeunes conducteurs pour expliquer leur utilisation de la voiture : 63 % d’entre eux s’en serviraient principalement pour travailler ou étudier, d’après un sondage YouGov pour L’Obs publié en 2020. Sans surprise, les chercheurs constatent des rapports différents à la voiture entre les territoires. D’après Hervé Marchal, également professeur à l’université de Bourgogne (Lab. LIR3S), les jeunes des milieux ruraux et périurbains restent extrêmement attachés à leur véhicule, contrairement à leurs homologues « urbano-centrés », plus enclins à s’opposer radicalement à la voiture, aux 4×4 en ville ou à l’autosolisme (pratique solitaire de la conduite). « Simplement parce qu’ils ne vivent pas la même réalité et n’ont pas le même usage de la voiture au quotidien », souligne le sociologue.

    Un habitat à soi

    Le sondage YouGov montre aussi que 34 % des 18-24 ans associent l’automobile au mot « liberté ». Outil privilégié des premières vacances sans parents, moyen de partir où l’on veut, quand on veut, sans contrainte de temps… La voiture est le premier mode de transport pour les départs en voyage, selon un sondage Ipsos effectué en mai 2023 auprès des 18-34 ans. « Avoir sa première voiture représente une étape identitaire importante, confirme Hervé Marchal. Je peux organiser mon quotidien comme je l’entends, je m’affirme davantage en conduisant. » Le sociologue pousse l’analyse en comparant ce véhicule pas comme les autres à un habitat : « Un espace dans lequel on passe du temps, que l’on va s’approprier, qui va accueillir nos affaires, dans lequel on connaîtra peut-être l’amour pour la première fois », énumère-t-il. De son côté, le jeune Théo vit la conduite comme une pause, « un moment relaxant où il n’y a rien d’autre à faire que penser ».

    Un coût élevé qui entraîne un nouveau rapport à la propriété

    Reste que ce mode de transport coûte cher – 35 474 euros en moyenne pour un véhicule neuf, sans compter le carburant, l’assurance, la carte grise, l’entretien et d’éventuelles réparations. Si Théo s’estime chanceux que sa mère prenne en charge la plupart des coûts, il compte tout de même une dépense de 40 à 60 euros par plein, à raison de deux par mois, en n’utilisant son véhicule qu’un week-end sur deux pour rentrer au domicile familial situé à 50 km de son studio. La somme peut paraître dérisoire, mais engloutit en réalité une grosse partie de son budget d’étudiant. « Si je devais tout payer seul, je ne garderais pas la voiture. C’est un luxe d’en avoir une », reconnaît celui qui a passé son permis à 17 ans, en conduite accompagnée.

    Quand il ne rentre pas chez sa maman, le Vaudais s’en sert surtout pour partir en vacances avec les copains. Le covoiturage est alors la meilleure option pour répartir les frais et réduire l’impact écologique du trajet. « Le rapport à la propriété est en train de changer, analyse Hervé Marchal, qui prévoit l’essor des voitures partagées ou des locations de courte et longue durée dans les prochaines années. Plutôt qu’un véhicule à proprement parler, on achètera du service, de la tranquillité, du temps. » Que ferait Théo s’il ne pouvait plus utiliser sa voiture ? « Je ne chercherais pas à la remplacer. Ce serait l’occasion de changer mes habitudes, même si les alternatives sont moins confortables », promet-il tout en espérant qu’un jour, les voitures seront « 100 % vertes ».

    Comment assurer un jeune conducteur ?

    Suivez les conseils de la Macif pour savoir quelle assurance souscrire en tant que jeune conducteur, mais également comment assurer un jeune conducteur sur le contrat de ses parents.

  • La conduite accompagnée, un petit virage dans la vie de famille

    La conduite accompagnée, un petit virage dans la vie de famille

    Les doigts sur le frein à main, comme si elle allait devoir le soulever soudainement, Monique scrute le moindre danger et ne se montre pas franchement rassurée à côté de sa fille qui tient le volant. Comme ses deux grandes sœurs avant elle et comme environ 47 % des 18-26 ans qui ont passé le permis en France, Mélanie a opté pour la conduite accompagnée afin de décrocher le précieux sésame.

    Lancé en 1990 et officiellement appelé Apprentissage anticipé de la conduite (AAC), il offre la possibilité de rouler au quotidien avec un accompagnateur (les parents la plupart du temps, qui doivent eux-mêmes être détenteurs du permis B depuis au moins cinq années) à partir de son quinzième anniversaire après avoir suivi une formation initiale en école (évaluation d’une heure, formation théorique sur la sécurité routière et pratique d’au moins vingt heures).

    L’objectif ? Parcourir 3000 kilomètres ou plus en 365 jours minimum (et 1095 maximum) afin d’acquérir une solide expérience, devenir un bon conducteur et gagner en confiance pour le jour de l’examen, tout simplement. Des missions généralement remplies, puisque le taux de réussite à l’épreuve atteint 75 % pour ceux qui l’ont préparée avec la conduite accompagnée contre 57 % avec la méthode classique(1) et les accidents seraient quatre fois moins présents.

    Pourquoi choisir la conduite accompagnée ?

    Mais cette aventure n’est pas forcément une partie de plaisir, que ce soit pour l’enfant ou le parent. « Je savais que ce serait compliqué, car ça me fait très peur de me déplacer dans une voiture conduite par quelqu’un qui n’a pas le permis, témoigne Monique, qui garde en mémoire nombre d’anecdotes angoissantes. Ma fille aînée a par exemple percuté un labrador, ça nous a traumatisées ! » De là à perdre les pédales ? Parfois, oui. « Avec mon père, ça va, raconte sa fille Mélanie. Mais avec ma mère, c’est l’enfer. Elle n’est jamais motivée à l’idée de me laisser le volant et quand on le fait, elle panique tout le temps. Du coup, je n’ai pas énormément conduit… »

    Mais alors, pourquoi avoir choisi la conduite accompagnée ? « Beaucoup de monde en parlait quand nous l’avons proposé à notre fille aînée, explique Monique. C’était un peu la tendance, les proches et les autres parents le conseillaient donc ça nous a influencés. L’avantage financier a également eu son importance. » On le comprend puisqu’un élève en AAC a globalement besoin de moins de cours de conduite facturés par une école, et les assurances établissent généralement un tarif préférentiel aux jeunes conducteurs ayant suivi ce mode de formation.

    Le réapprentissage des parents

    De son côté, Philippe, a pleinement apprécié cette aventure avec ses deux enfants. « Au-delà du fait que ça permet aux gosses de progresser et de s’accoutumer à la voiture, la conduite accompagnée apporte aussi beaucoup aux parents ! J’ai appris ou réappris plein de choses, on se remet forcément en question parce que notre regard n’est pas le même que les nouvelles générations, estime ce père autrefois routier, qui a connu l’AAC avec son fils Jean et sa fille Morgane. Bon, c’est vrai qu’il faut savoir être patient et pédagogue… Mais ça s’est plutôt bien passé, même si Jean, mon garçon, a fait preuve d’une débordante confiance en lui dès le début. Il m’a cassé un rétroviseur, on s’est disputé quelques fois… Mais rien de bien grave, surtout par rapport aux bénéfices observés. »

    Réponse du fiston : « Oui, j’ai fait un peu le caïd au démarrage. Au bout de 50 bornes, je prenais le volant à une seule main juste pour énerver le daron. En même temps, on m’avait roulé dans la farine : mes parents m’avaient vendu la conduite accompagnée comme une promesse d’autonomie et de liberté, en disant que je n’avais pas besoin d’un scooter puisque je pourrais aller où je veux quand je veux avec la voiture. En réalité, pas du tout, cela n’a rien à voir ! Mais ce qui m’a le plus surpris, c’est que ma sœur et moi étions bien davantage au courant des règles du Code de la route que notre père. » Sa sœur Morgane confirme : « À chaque rond-point, il y avait débat sur la manière de l’emprunter. Notre père ne voulait jamais entendre qu’il faut emprunter à l’extérieur pour aller à droite. Il était vraiment hyper stressé, résume-t-elle, il s’accrochait tout le temps à la poignée de maintien au-dessus de la portière. Mais sincèrement, cette expérience sous son contrôle m’a globalement beaucoup aidée. Il m’a fait conduire avec une remorque, il me demandait de refaire des manœuvres jusqu’à ce que je réussisse… »

    Autre point positif pour la conduite accompagnée, depuis le 1er janvier 2024, elle permet de passer le permis de conduire dès l’âge de 17 ans.

    Vous êtes sociétaire ?

    La Macif vous rappelle les conditions et les règles de la conduite accompagnée.

    (1) www.securite-routiere.gouv.fr

  • Parmi les adeptes de skate, « la nouvelle génération arrive en force »

    Parmi les adeptes de skate, « la nouvelle génération arrive en force »

    À l’abri de la pluie, sous des barnums utilisés pour se protéger d’un soleil éblouissant quelques heures plus tôt, des enfants âgés d’une dizaine d’années dessinent sur leurs planches de skate avec des feutres. Certains portent des chaussures dédicacées par leurs idoles, d’autres sont vêtus de tee-shirts des marques emblématiques de la discipline. Emy, tee-shirt blanc extra-large et bob noir sur la tête, arbore fièrement ses baskets signées des mains de son skateur favori, le Havrais et multi-champion de France Joseph Garbaccio. Adepte de la planche à roulettes depuis deux ans, la jeune fille de 9 ans accompagne sa sœur aînée, Lilou Jupille, 17 ans, championne régionale Centre – Val-de-Loire, aux championnats de France à Pau. C’est elle qui l’a initiée et elles s’entraînent aujourd’hui au club Les Enfants du Skate et du Ride, à Châteauroux.

    Lire aussi : Skateboard et enfant : prévenir les risques pour qu’il pratique en toute sécurité

    Entre les passages des participants, Emy s’exerce sans relâche sur des rampes installées aux abords du skate-park. La jeune skateuse préfère la discipline du « street », « plus technique », qui consiste à faire des figures (« tricks ») en utilisant le mobilier urbain, à celle du « bowl », qui se pratique dans une grande cuvette toute en courbures. La semaine passée, elle concourrait aux championnats de France de street à Perpignan. « Ça lui a permis de voir le niveau des autres, à l’échelle nationale », affirme sa sœur Lilou.

    19 filles et 43 garçons

    Ici, le long de la voie ferrée, une centaine de skateurs vont s’affronter pendant trois jours pour le titre de champion et championne nationale de skate en bowl, sous le regard de plusieurs centaines de spectateurs. Les compétiteurs viennent de toute la France : des Sables-d’Olonne, de Pornichet, de Paris, de Marseille, de Bordeaux, et même de La Réunion. Champions et amateurs se côtoient dans une ambiance très détendue. David Lefebvre, président de l’association Skab, le club palois qui accueille la compétition, s’en réjouit : « Nous avons des champions, comme les Marseillais Vincent Matheron et Tom Martin ou la jeune Leucatoise Louise-Aïna Taboulet. » Les jeunes de moins de 16 ans sont nombreux à concourir pour les qualifications en demi-finale : 19 filles contre 43 garçons. Dans la catégorie des plus de 16 ans, les filles, au nombre de 12, se présenteront directement en demi-finale.

    Les skateuses en force

    Sur place, plusieurs entraîneurs le constatent : le développement des compétitions officielles a attiré de nombreux jeunes dans les clubs, notamment des filles. Maxime Blandin, entraîneur au club Roulettes Mates, aux Sables-d’Olonne, partage cet avis. « Quand j’ai commencé le skate, il y avait très peu de compétitions, mais cette visibilité donne aujourd’hui envie à des jeunes de se lancer. » Son école compte 150 adhérents et 96 licenciés, dont beaucoup d’adolescents et d’enfants, et environ 30 % de filles. « Elles ne sont pas encore aussi nombreuses que les garçons, mais leur niveau a énormément augmenté en deux ans », affirme-t-il.

    Dans le club palois, David Lefebvre recense aussi environ 35 % de filles parmi ses élèves. Lilou, elle, est la seule fille de plus de 16 ans dans son club castelroussin, « c’est énervant, on ne peut pas se confronter aux autres filles de notre âge ». Parmi les moins de 16 ans, en revanche, elles sont en nombre, « la nouvelle génération arrive en force ! ». D’ici peu, elle souhaiterait passer son Brevet d’initiateur fédéral (BIF), un diplôme permettant d’encadrer bénévolement un cycle de découverte du skateboard. Son entraîneur, Éric Dimeck, s’enthousiasme : « Elle est super motivée, ça fait plaisir. »

    Entraînements intensifs

    Si les concurrents viennent de tout l’Hexagone, ils ne bénéficient pas des mêmes conditions d’entraînement. Marion Terrien, 15 ans, est originaire de Pornichet. Depuis sa découverte du skate, lors du premier confinement, elle n’a pas quitté sa planche. Elle s’entraîne tous les jours, « quand il ne pleut pas ». Le bowl le plus près de chez elle est à Saint-Nazaire, mais il est très fréquenté. « Je m’entraîne en vacances et sur la mini-rampe que l’on a installée chez moi. »

    Dans son club, Lilou a la chance de pouvoir s’entraîner sur une « méga-rampe verticale », mais a été impressionnée, en arrivant à Pau, par l’infrastructure. « Leur bowl a des courbes très pentues, à l’américaine. Dans le nôtre, on n’a pas autant d’amplitude ; pour apprendre à bien mener les courbes, c’est plus difficile », explique-t-elle. Dans la pratique du skate en bowl, les Marseillais dominent. « Il y a toute une culture du bowl là-bas, avec celui du Prado, qui est une institution », ajoute la championne régionale. À l’issue de la compétition, trois Marseillais se partagent le podium dans la catégorie des garçons de plus de 16 ans : Vincent Matheron, Jean Pantaleo et Tom Martin.

    Compétition et communauté

    Tout sourire, Marion s’élance dans le bowl. À sa sortie, son amie Naomi De Souza, la félicite. Pour les deux jeunes, qui se sont connues le jour-même et se sont préparées ensemble, la compétition est aussi un prétexte pour rencontrer les autres adeptes de leur discipline. « On se suit quasiment tous sur les réseaux sociaux », affirme Naomi. La championne Louise-Aïna Taboulet, âgée de 13 ans et surclassée dans les plus de 16, apprécie aussi le skate pour son aspect communautaire. « Quand tu réussis un run, tout le monde vient te féliciter ! » Habituée des compétitions, celle qui fréquente les skate-parks depuis l’âge de 5 ans s’est placée en 19e position aux Championnats du monde à Dubaï en février dernier. L’an dernier, elle remportait le titre de championne de France de skate en bowl dans les moins de 16 ans, cette année, c’est dans la catégorie au-dessus qu’elle accède à la première place.

    La technicité des skateurs de moins de 16 ans, Julien Laurent, docteur en sociologie et auteur de Le skateboard, analyse sociologique d’une pratique physique urbaine (L’Harmattan, 2012) la considère également au prisme de nouvelles méthodes d’apprentissage. « Il y a une précocité dans l’apprentissage avec des enfants capables d’apprendre énormément entre 7 et 9 ans : ils s’y mettent de plus en plus tôt et bénéficient d’un accès aux connaissances techniques que nous n’avions pas grâce à Internet. Tout est décrit, décortiqué, analysé, expliqué, observable. Dans les années 90, il fallait plusieurs mois pour apprendre une figure basique que nous ne pouvions parfois voir qu’en photo », souligne-t-il.

    La culture du skate

    Au-delà de la pratique sportive, le skate s’inscrit dans une culture bien particulière. Comme l’atteste Julien Laurent : « le skateboard, c’est bien plus qu’une simple activité physique urbaine, c’est un élément prépondérant de l’identité et de la culture de celui qui le pratique. » Pour Emmanuel Camusat, enseignant à l’école des Beaux-Arts de Châteauroux et skateur depuis ses 16 ans, le skate est une affaire de transmission. Venu à Pau pour accompagner ses deux fils, à qui il a appris à se tenir sur une planche « depuis qu’ils savent se tenir debout », le quinquagénaire castelroussin constate l’évolution des pratiques : « Quand j’ai commencé le skate, on ne disposait pas de toutes ces infrastructures, on construisait des mini-rampes dans des lieux désaffectés, on apprenait à bricoler le bois et à utiliser une perceuse ».

    Il transmet aujourd’hui ces pratiques à ses enfants et à ses étudiants. La culture du skateboard est aussi indissociable de la ville. « Les skateurs ne conçoivent leur pratique que dans la rue, dans cet environnement qui n’est pas fait pour et qu’ils doivent exploiter pour faire en sorte que l’activité arbore sa totale dimension créative et culturelle », souligne Julien Laurent. Le rapport à la ville en est modifié, les bancs deviennent des obstacles, les rampes d’escaliers des endroits « skatables ». « Le sculpteur et skateur suédois Pontus Alv est dans cette approche : il bétonne les bâtiments pour les rendre skatables, il les “corrige”, en quelque sorte », ajoute Emmanuel Camusat.

    Les JO à l’horizon

    Si le développement des compétitions permet de recruter davantage de jeunes, la présence d’épreuves de skate aux Jeux olympiques et les tournois mondiaux ne suscitent pas l’adhésion de tous les pratiquants. Julien Laurent, lui, déplore l’importance d’enjeux financiers liés à ce qui « n’est pas un sport ». Pour Emmanuel Camusat, cette institutionnalisation revêt plusieurs aspects. « Cela peut donner un prétexte aux municipalités de contrôler le skate de rue, en sommant les skateurs de s’entraîner uniquement dans les lieux “dédiés”, c’est-à-dire les skate-parks », souffle-t-il. Mais pour le papa de deux skateurs qu’il accompagne lors des championnats, le problème n’est pas tant l’organisation de compétitions que la pression d’obtenir des résultats. « On peut faire de la compétition pour s’amuser, sans objectif de performance. »

    Ainsi ces trois enfants s’entraînent sur les rampes à l’entrée du skate-park. Louis et Nino ne se sont pas qualifiés pour les demi-finales, mais sont « contents d’être là ». « Moi, je suis arrivé dernier mais je m’en fiche, au moins j’ai participé », s’exclame l’un d’eux. Pour se détendre, ils font un « out », un jeu entre skateurs qui consiste à imposer une figure aux autres participants. « On fait un indy ! proclame-t-il en parlant de cette figure aérienne consistant à saisir le milieu de sa planche. C’est au tour de qui ? »

     

    Reportage réalisé par Emma Flacard lors des championnats de France en discipline bowl du 2 au 4 juin 2023

  • Vacances et handicap moteur : « Il y a encore des progrès à faire pour l’accessibilité. »

    Vacances et handicap moteur : « Il y a encore des progrès à faire pour l’accessibilité. »

    Janvier 2023. Alex Ribeiro décide, accompagné de son fils de 6 ans, de se rendre à Bordeaux, en provenance de Montpon-Ménestérol, en Dordogne. Jusque-là, pas de quoi en faire une histoire. Seulement voilà, ce jeune père handicapé physique depuis la naissance se déplace en fauteuil roulant. Il raconte son périple, un voyage semé d’embûches.

    Premier obstacle : le décalage entre le quai et la voiture du TER. Alex n’étant pas du genre à se laisser intimider par la première difficulté, il parvient à monter à bord, armé d’une petite rampe et aidé de la mère de son fils. Trente minutes passent et la rame s’arrête à Libourne. « Et là, on nous annonce le terminus du train ! Mais aucun voyageur ne s’est levé parce que ce n’était pas prévu », détaille-t-il dans un long message Facebook.

    3,5 millions

    de personnes à mobilité réduite dont 650 000 personnes en fauteuil roulant en France.(1)

    La SNCF propose alors aux voyageurs des cars de substitution, pour rejoindre la gare de Saint-Jean de Bordeaux. « Je découvre un vieux car, poursuit-il, à bord duquel je ne peux pas accéder en fauteuil. » Incapables de lui trouver un taxi, les agents ferroviaires font une proposition, que le trentenaire n’est pas prêt d’oublier : reprendre le train en sens inverse et attendre cinquante minutes sur le quai, avec son fils, dans le froid.

    Sans surprise, Alex a préféré rentrer et mettre son fils au chaud. « J’ai eu l’impression d’être un colis égaré et non conforme », déplore-t-il auprès de France 3, insistant sur cette évidence : « Il y a encore des progrès à faire pour l’accessibilité. »

    La SNCF n’est pas la seule concernée, mais bien l’ensemble des moyens de transport. À Paris par exemple, une seule ligne de métro peut être empruntée par les personnes en fauteuil roulant : la ligne 14, la plus récente.

    Une situation en voie d’amélioration puisque la RATP a promis 21 nouvelles stations totalement accessibles aux PMR, d’ici 2024.

    La roue tourne

    Triste constat : en 2023, se déplacer sur de longues distances en fauteuil roulant reste encore et toujours un parcours du combattant. Résultat, trop souvent, les vacances des personnes à mobilité réduite (PMR) relèvent du casse-tête et virent même au cauchemar.

    Andrea Mocellin en sait quelque chose. Ce designer italien est le créateur du Revolve Air : une sorte de fauteuil roulant du futur aux roues pliables. Permettant d’économiser jusqu’à 60 % d’espace, le fauteuil fait à peine la taille d’un bagage cabine et peut donc se glisser dans les compartiments de rangements des avions ou sous le siège du passager.

    « Le fauteuil roulant n’a jamais changé, que ce soit dans sa forme ou sa fonction. Alors que les systèmes de transport n’ont cessé d’évoluer au fil du temps, regrette l’inventeur. L’idée était de repartir de zéro et de réinventer le fauteuil roulant, en commençant par les roues. » Voyageur expérimenté, l’Italien liste rapidement de nombreuses problématiques pour les PMR adeptes de l’avion : « Les compagnies aériennes endommagent trop souvent les fauteuils roulants, alors qu’ils représentent un investissement très important, ajoute Andrea Mocellin. Logiquement, lorsque vous voyagez de Paris à Munich avec un vol d’une heure, mais que vous retrouvez votre fauteuil endommagé ou les roues cassées, ça rend fou. »

    Pour une personne à mobilité réduite, le fauteuil roulant est comme une extension de son corps pour laquelle elle aura dépensé entre 10 000 et 20 000 euros.

    Andrea Mocellin, créateur du Revolve Air

    Le Revolve Air d’Andrea a un gros avantage. Avec lui, terminé les enregistrements de fauteuil. Plus besoin d’une aide pour embarquer ou descendre de l’avion. Fini les longues attentes à la livraison des bagages ou la peur du fauteuil égaré.

    « Notre objectif est de donner une toute nouvelle indépendance aux PMR, qu’elles soient des passagers comme les autres. » Si le fauteuil n’est pas encore disponible et si aucune date de mise en vente n’a été communiquée pour le moment, on sait qu’il faudra compter 1900 euros pour la paire de roues, 5000 pour l’ensemble, l’inventeur italien pense néanmoins déjà à la suite.

    Objectifs : fabriquer assez de fauteuils pour pouvoir proposer des espaces de location dans les aéroports du monde entier. Et pourquoi pas une application permettant aux voyageurs de réserver un fauteuil roulant depuis leur smartphone ? « Nous sommes actuellement en discussion avec le comité olympique et paralympique de Paris 2024, pour proposer cette nouvelle technologie en la plaçant à côté des stades par exemple, confie Andrea Mocellin. On sait que lors de ces événements, il faut marcher – dans le cas présent “rouler” – des kilomètres pour se rendre d’un point à un autre. » Affaire à suivre, donc.

    Locations saisonnières pour les PMR

    Quand ce ne sont pas les transports, c’est le logement. Tout le monde le sait, les locations saisonnières ont également leur lot de mauvaises surprises : un wifi défectueux, une vue sur mer inexistante, une climatisation datant des années 1980… Des désagréments qui finalement paraissent bien légers lorsqu’une personne à mobilité réduite raconte qu’il n’est pas toujours facile de s’assurer si le logement loué pour les vacances est tout simplement accessible en fauteuil roulant…

    Karima Kerkoub en a fait l’expérience. Il y a deux ans, cette mère de famille de cinq enfants du quartier Boutonnet à Montpellier souhaite inviter sa famille de Grenoble. Dont un de ses cousins qui est en fauteuil roulant. « Malheureusement, mon logement était inadapté, car à l’étage et sans ascenseur, écrit-elle. J’ai donc commencé à chercher un logement adapté sur les plateformes bien connues –, en vain. Les logements étaient trop chers et souvent non adaptés. Les photos et les informations des annonces étaient trompeuses, ni les salles de bains, ni les toilettes ou même les entrées n’étaient aux normes PMR. » Karima finit par renoncer, sa famille ne viendra pas.

    Néanmoins, après cette mésaventure, Karima fait la rencontre des Déterminés, une association d’accompagnement à l’entrepreneuriat sur la ville de Montpellier. La jeune femme suit alors une formation de six mois, doublée d’une formation Handibat sur les normes des logements PMR. Et c’est ainsi qu’en mars 2022 naît Lilee, une plateforme dont la principale mission est de recenser les logements à louer, accessibles aux personnes handicapées.

    « Sur le site, les personnes vont pouvoir choisir le nombre de pièces, le nombre de personnes avec qui elles veulent partir, mais aussi sélectionner des filtres selon leur handicap et ce qu’elles recherchent : une poignée ou un lit médical. » Une fois les critères entrés, l’algorithme de Lilee s’active pour proposer un large panel de logements, vérifiés et validés par la dirigeante, assistée d’ergothérapeutes. Dès sa création, la startup montpelliéraine reçoit une bourse de 42 000 euros décernée par la French Tech. Karima a quant à elle été récompensée par le concours Talents des cités, soutenu par Pôle emploi.

    Si pour l’instant, la plateforme ne recense que des logements saisonniers situés en Occitanie, Karima envisage une levée de fonds pour élargir son offre en France, puis à l’étranger. Avec l’ambition qu’in fine, les PMR puissent – comme l’indique l’acronyme de la plateforme « Live Like Everyone Else » – vivre comme tout le monde.

    L’info en +

    Pour retrouver ces deux initiatives :

    Revolve Air, le fauteuil roulant du futur

    Lilee.fr

    (1) Insee

    L’Essentiel de l’article

    • 3,5 millions de personnes en France ont une mobilité réduite
    • De nombreuses initiatives vient le jour chaque année
    • Vous pouvez faire des dons financiers ou aider bénévolement les associations