Étiquette : Santé

  • Dry January : Le défi du Janvier Sobre

    Dry January : Le défi du Janvier Sobre

    Début 2011, la Britannique Emily Robinson s’inscrit à son premier semi-marathon. Pour relever le défi et être en forme pour l’échéance en février, elle décide d’arrêter de boire de l’alcool durant le mois précédent. C’est un succès. Emily perd du poids, dort mieux et est plus en forme pour courir. Elle renouvelle l’opération l’année suivante. Entre-temps, elle a rejoint l’organisation Alcohol Change UK. Son histoire fait des émules. À tel point que l’organisation caritative décide d’en faire la promotion. C’est ainsi que la première édition de « Dry January » ou « janvier sec/sobre » voit le jour en janvier 2013.

     

    49% des 16-30 ans

    en France boivent de l’alcool au moins une fois par mois(1).

    41% d’entre eux le font “juste pour s’amuser”, 29% pour “destresser” et 22% car cela leur permet “plus facilement d’oser dire et faire des choses”

    Motivation et bienfaits

    Dix ans plus tard, l’initiative a essaimé. Aux quatre coins de l’Europe, des personnes profitent du mois suivant les agapes des fêtes de fin d’année pour relever le défi de janvier et faire une pause dans leur consommation d’alcool. Guillaume fait partie des pionniers. Ce quadragénaire qui travaille dans le contrôle de gestion entend parler de Dry January dès 2014, par le biais d’un ami irlandais. Il y voit à l’époque un bon moyen de réduire sa consommation après des fêtes bien arrosées : « Généralement, je faisais une pause de quelques jours et puis je recommençais dès la galette des Rois. Et puis le challenge m’a plu. Je suis allé au bout. Et j’ai compris qu’en fait, c’était assez cool de ne pas boire. Je dormais mieux, j’ai perdu du poids. » Après avoir longtemps pratiqué janvier sec, Guillaume s’attaque en 2022 au « dry september ». Là encore, c’est un succès. Depuis, Guillaume a tout simplement arrêté de boire de l’alcool.

    Le Dry January en chiffres(2)

    • 4.5 millions de participant·e·s en France
    • 62% des participant·e·s consomment toujours moins d’alcool trois mois après le Dry January
    • 54 % des participant·e·s déclarent une amélioration du bien-être physique

    Défi à relever

    Même si tous ceux qui s’y essayent n’optent pas pour une solution aussi radicale que Guillaume, chaque année, environ 19 % des Français ont déjà participé au Dry January(3). L’année dernière, les organisateurs de la campagne ont même relevé une hausse de 15 % des téléchargements de l’application Try Dry, qui accompagne celles et ceux souhaitant réfléchir à leur consommation d’alcool. Pourtant s’essayer à Dry January est parfois un parcours semé d’embûches. Entre les tentations sociales, les sollicitations d’amis toujours prompts à vouloir boire un verre, relever le défi n’est pas chose aisée.

    Marc, 50 ans l’a constaté. En janvier 2023, cet agent immobilier originaire de Blois, soucieux de faire attention à son hygiène de vie, tente l’aventure avec sa femme : « Après une semaine d’abstinence, somme toute assez facile, l’envie de boire un verre de vin est revenue en force avec l’arrivée du week-end. Dès le samedi soir, nous nous sommes regardés en riant et nous avons ouvert une bouteille de blanc. Nous ne faisons pas partie de la génération des défis qu’on s’impose. L’idée de cesser de boire en janvier, car tout le monde le fait, nous a vite paru ridicule. »

    Malgré cet échec, Marc et sa femme ont adopté leur propre ligne de conduite, qui consiste à ne pas boire en semaine et à se faire plaisir le week-end. Ils tirent de cette expérience la leçon suivante : « Si faire le Dry January peut aider d’autres gens à boire moins d’alcool, tant mieux. En ce qui nous concerne en tout cas, nous préférerons vivre la modération à notre manière, plutôt que de suivre un protocole qui nous semble absurde. »

    Quid de la pression sociale ?

    Julia, journaliste de 32 ans, s’essaye, elle, au Dry January en 2015, alors qu’elle est étudiante à Bruxelles. Après avoir entendu parler du défi sur les réseaux sociaux, elle se jette à l’eau avec quelques amis. Eux cèdent rapidement. Elle tient bon tout au long du mois et constate les effets bénéfiques : « J’ai perdu quatre kilos, j’ai vu des résultats concrets. » Pourtant c’est la première et dernière fois que Julia fait Dry January, elle ne renouvelle pas l’opération les années suivantes : « Quand tu es seule à le faire, c’est pénible. Si tu t’obliges à boire une eau pétillante quand tout le monde opte pour une bière, ce n’est pas très drôle. Mais ça m’a appris à boire avec modération. Par exemple à ne boire qu’une bière quand je sors. » Ses amis belges, eux, ont plébiscité une nouvelle forme de sobriété. À la place de Dry January, il existe depuis 2021 la Tournée minérale, qui encourage les Belges à relever le défi d’un mois de février sans alcool. Principal avantage selon les adeptes ? Il y a moins de jours en février qu’en janvier.

    Le Dry 31 : la plus grosse fête sans alcool !

    Imaginez une fête géante, unique, conviviale mais surtout… sans gueule de bois le lendemain ! C’est le concept du Dry 31 ! Un projet un peu fou : transgresser le dernier tabou de la sobriété. 50 lieux dans 25 villes en France ont décidé de jouer le jeu. Le 31 janvier 2026, cette grande fête accessible à tous vous invite à réinventer la convivialité. Au programme : de nombreuses animations, une expérience unique à vivre… et le plaisir de profiter de la journée du lendemain !

    Je participe au Dry 31 ! 

    (1) Baromètre Macif 2024

    (2) Chiffres 2024, https://dryjanuary.fr/

    (3) CSA 2024

  • Mort inattendue du nourrisson : démêler le vrai du faux

    Mort inattendue du nourrisson : démêler le vrai du faux

    La mort inattendue du nourrisson (MIN) désigne la même chose que la mort subite du nourrisson (MSN)

    FAUX

    La MIN est officiellement définie comme suit : « Le décès subit d’un enfant âgé de 1 mois à 1 an jusqu’alors bien portant, alors que rien dans ses antécédents connus ni dans l’histoire des faits ne pouvait le laisser prévoir » (source : Santé publique France). « Les MIN concernent des bébés qui étaient en bonne santé avant leur décès », résume Fabienne Kochert. Le corps médical parvient à expliquer environ la moitié de ces décès à l’issue de bilans étiologiques, lesquels peuvent comprendre une autopsie. Les causes identifiées sont en général d’origine infectieuse, génétique, cardiaque, métabolique, traumatique ou accidentelle. Et pour la moitié des MIN que les experts ne sont pas parvenus à expliquer, on parle de « mort subite du nourrisson » (MSN). D’où la distinction terminologique. 
     

    Les MIN sont encore fréquentes en France de nos jours

    FAUX

    « Il s’agit de 250 à 350 nourrissons chaque année », assure Fabienne Kochert. Certes, c’est un chiffre élevé, et la France est l’un des pays européens les plus touchés, selon Santé publique France, mais les campagnes de prévention menées depuis les années 1990 ont permis de réduire ces décès de 75 %. « D’où l’importance de marteler les messages de prévention, insiste la pédiatre. C’est pourquoi il y a des opérations menées dans les maternités, les structures d’accueil et chez les assistantes maternelles. » Elle ajoute que la Société française de pédiatrie a mis en place un protocole de recherche et des actions de sensibilisation visant à faire évoluer les emballages de couches et de matériel de puériculture, souvent illustrés par des bébés couchés sur le ventre, une position responsable d’une grande partie des MIN. 
     

    Coucher son nourrisson sur le ventre est très dangereux

    VRAI

    « Le principal conseil de prévention, affirme Fabienne Kochert, c’est le couchage des bébés sur le dos. Car le fait de les coucher sur le ventre représente un risque majeur d’obstruction des voies aériennes respiratoires supérieures et d’arrêt cardio-respiratoire. Alors, même si on trouve qu’ils sont inconfortables dans cette position au début, il faut insister et ils finissent par s’habituer. » Elle recommande aussi d’être très ferme avec les proches ou les assistantes maternelles ayant conservé des habitudes révolues et pensent que les enfants digèrent mieux en dormant sur le ventre. Selon Fabienne Kochert, il faut que les moments où le tout-petit est placé sur le ventre fassent l’objet d’une grande vigilance. « À partir d’un mois, on peut les stimuler un peu dans la journée en les mettant sur le ventre pour renforcer leur tonus musculaire au niveau de la nuque, pour l’éveil à la motricité, précise la spécialiste. Mais cela doit se passer dans la journée, sous surveillance. » La nuit, les nourrissons doivent dormir sur le dos et dans des conditions de sécurité particulières : « Sur un matelas, ferme, pour que le bébé ne puisse pas s’enfoncer, et sans tour de lit, ni oreiller, ni couette, ni doudou, c’est-à-dire en éliminant tout ce qui pourrait obstruer les voies respiratoires aériennes supérieures », détaille le docteur Kochert. 
     

    Surélever son nourrisson en cas de toux est un bon réflexe

    FAUX

    S’il est parfois judicieux de surélever les jeunes enfants dans leur lit quand ils toussent, notamment en cas de bronchiolite, à l’aide d’oreillers placés sous le matelas, c’est une pratique à proscrire avec les nourrissons. « C’est très dangereux, avertit la pédiatre. Le bébé peut glisser, se retrouver sous la couette et ne plus pouvoir respirer. »

    La mauvaise qualité de l’air est une des causes de MIN

    VRAI

    Couplée à d’autres facteurs tels que la prématurité, le faible poids de naissance, ou une période critique du développement neurologique, respiratoire et cardiaque (de 1 à 4 mois), l’exposition à des facteurs de stress environnementaux, tels que le tabagisme passif, constitue une situation à risque. Il est important que l’air de la chambre soit sain, qu’il circule, que la pièce soit aérée régulièrement et non surchauffée (entre 18°C et 20°C). Fabienne Kochert insiste sur l’importance de ne pas fumer dans le logement et d’être prudent avec les chauffages d’appoint. 

    Le « cododo » en famille est recommandé jusqu’à 6 mois

    VRAI ET FAUX

    Si faire dormir les bébés dans la chambre des parents durant leurs 6 à 12 premiers mois est fortement recommandé, les faire dormir dans leur lit s’avère, en revanche, éminemment risqué. La pédiatre rappelle que les oreillers, les couettes et les corps peuvent obstruer les voies respiratoires des petits, et conduire à l’asphyxie. Elle conseille d’opter pour un lit à part ou un lit de cododo, accroché au lit des parents. 

    Pour aller plus loin

    https://www.omin.fr/espace-prevention/, le site de L’Observatoire des morts inattendues du nourrisson
    https://www.mpedia.fr/, le site destiné au grand public de l’Association française de pédiatrie ambulatoire
    Santé publique France

  • Prééclampsie : ce qu’il faut savoir

    Prééclampsie : ce qu’il faut savoir

    Le grand bonheur qui accompagne l’annonce d’une grossesse désirée est, en général, accompagné d’une batterie de recommandations faites aux femmes enceintes. On les invite à procéder au dépistage prénatal (qui vise, notamment, à dépister la trisomie 21 chez les fœtus), à surveiller leur prise de poids et un possible diabète gestationnel. Mais on ne les informe pas toujours sur les risques de prééclampsie, probablement pour ne pas générer d’anxiété. Mais savoir reconnaître les signes qui doivent alerter permet pourtant de sauver des vies. 
     

    Qu’est-ce que la prééclampsie ?

    Cette maladie est due à un dysfonctionnement du placenta, cet organe temporaire qui relie l’embryon à la paroi utérine de la femme enceinte pendant la grossesse. « Le rôle du placenta, explique le professeur Olivier Morel, du Collège national d’obstétrique, est d’apporter tout ce dont le bébé a besoin en termes de nutriments et d’oxygène. Il est indispensable pour le développement du bébé et pour la tolérance de la grossesse par le corps de la mère. On parle de prééclampsie, quand le placenta ne fonctionne plus correctement pour assurer l’interface entre la mère et le bébé. » Hélas, comme le précise le spécialiste, « c’est une maladie qu’on ne comprend pas encore complètement. Il y a beaucoup de recherches sur ce sujet. Sans qu’on sache pourquoi, à un moment donné, pour certaines femmes, pour certaines grossesses, le placenta dysfonctionne et ne joue plus ce rôle de tolérance ». Le diagnostic est généralement établi lorsqu’on constate une hypertension et des protéines dans les urines de futures mamans. « C’est pourquoi ces deux tests sont proposés à toutes les femmes enceintes, en suivi courant, pendant la grossesse », justifie le professeur Morel. Il indique qu’en cas d’hypertension, des maux de tête inhabituels qui ne passent pas malgré une prise de paracétamol, ou un œdème (gonflement) anormal, doivent alerter. « Au moindre doute, il ne faut pas hésiter à consulter », insiste-t-il. 
     

    Comment l’arrêter ?

    « Si on laisse évoluer la prééclampsie, ajoute le gynécologue, tous les organes de la mère vont dysfonctionner les uns après les autres. » La tension va continuer à monter, le dysfonctionnement des reins peut conduire à une insuffisance rénale, celui du foie à une insuffisance hépatique, etc. « Or, aujourd’hui, il n’y a strictement aucun traitement qui permet d’améliorer le fonctionnement du placenta, déplore-t-il. On peut recourir à un traitement antihypertenseur pour limiter les conséquences de l’hypertension, mais la seule façon d’arrêter la prééclampsie, c’est de retirer le placenta, donc de mettre fin à la grossesse. Et cela pose beaucoup de questions, notamment car la prééclampsie peut intervenir tôt dans la grossesse, dès 22 semaines. »

    Stopper la prééclampsie peut donc avoir pour conséquence des naissances prématurées. C’est pourquoi les professionnels de santé ont pour mission de trouver un équilibre entre poursuivre la grossesse pour limiter la prématurité, et provoquer l’accouchement pour limiter les complications qui pourraient survenir pour la maman. 
     

    Quelles conséquences pour la mère et le futur bébé ?

    Malgré le retrait du placenta, la guérison des femmes n’est pas toujours immédiate. Selon Olivier Morel, dans les formes les plus sévères de prééclampsie, cela peut même prendre plusieurs semaines. Les mères et les enfants sont alors hospitalisés sur de longues périodes. « Dans les cas les plus compliqués, déplore le médecin, des femmes conservent une insuffisance rénale. Il peut aussi y avoir des séquelles cérébrales et au niveau du fonctionnement du foie. » Les femmes qui ont connu une crise de prééclampsie vivent, en plus, avec un risque élevé de développer une hypertension ou des pathologies cardiovasculaires. Et, malheureusement, les cas les plus sévères peuvent causer des décès. Bien que peu connue, la prééclampsie concerne 3 % des grossesses, et 1 % dans ses formes les plus sévères. Il est donc urgent de faire de la prévention. Olivier Morel recommande aux femmes concernées de contacter l’association Grossesse Santé contre la prééclampsie, dont il est un des conseillers scientifiques, pour s’informer. 
     

  • Peaux atopiques : vrai/faux sur les idées reçues

    Peaux atopiques : vrai/faux sur les idées reçues

    La dermatite atopique est une maladie fréquente.

    VRAI. Selon une enquête de 2017, la dermatite atopique touche aujourd’hui « entre 10 à 15 % des enfants qui naissent » et « 4 % des adultes », souligne Aurélie Du-Thanh. Si les enfants sont plus nombreux à être touchés, c’est parce que cette maladie de la peau peut se résorber en grandissant. « Mais pas dans tous les cas, on sait désormais qu’il y a des formes persistantes », précise la dermatologue.

    L’eczéma atopique est une maladie allergique et peut entraîner de l’asthme.

    FAUX. Il ne s’agit pas d’une allergie. « En revanche, elle se déclare chez des gens qui ont un terrain allergique », nuance Aurélie Du-Thanh. Par conséquent, elle ne peut pas directement provoquer d’asthme, « mais elle peut y être associée de manière fréquente, ainsi qu’au rhume des foins et aux allergies alimentaires ». Mais toutes les personnes atteintes de dermatite atopique n’ont pas forcément d’asthme, et inversement. Contrairement aux idées reçues, « traiter l’eczéma ne fait pas “ressortir” l’asthme, celui-ci a simplement tendance à apparaître au début de l’adolescence, alors que l’eczéma se déclare plus tôt ».

    L’eczéma atopique de bébé est héréditaire.

    VRAI, mais pas seulement. « Si un des deux parents a une dermatite atopique ou une autre des maladies atopiques – asthme, rhume des foins, etc. –, on a 50 % de chances d’avoir soi-même une dermatite atopique », analyse la dermatologue. Un risque qui grimpe à 80 % si les deux parents sont atteints. Mais, même si aucun des deux parents n’est atteint, « le risque est de 10 à 15 % ».

    L’eczéma est dû à un manque d’hygiène.

    FAUX. « C’est le contraire, souvent les personnes atteintes souffrent d’un excès d’hygiène », met en garde Aurélie Du-Thanh. Le savon, les lavages répétés, entraînent « une perte de la couche protectrice à la surface de la peau », ce qui aggrave l’eczéma.

    L’eczéma atopique est contagieux.

    FAUX. Il n’y a pas de bactéries ni de germes, la maladie n’est donc pas contagieuse, ni pour soi ni pour les autres. « Certains patients pensent que, parce qu’ils ont insisté sur un endroit après avoir gratté une plaque, l’eczéma s’est étendu, mais c’est faux, explique la dermatologue. En revanche, ça peut se surinfecter. »

    Chez les familles d’atopiques, l’allaitement est recommandé.

    FAUX. Cela a longtemps été pensé dans le milieu médical, « mais il a été démontré depuis plus de dix ans que l’allaitement ne protégeait malheureusement pas un enfant à risque. Les grandes études épidémiologiques montrent qu’à niveaux de risque équivalents, il n’y a aucune différence », dément Aurélie Du-Thanh.

    L’enfant souffrant de dermatite atopique doit suivre un régime alimentaire spécial.

    FAUX. « Surtout pas, il est au contraire recommandé de diversifier l’alimentation le plus tôt possible, en introduisant la cacahuète dès l’âge de quatre mois, par exemple. » L’objectif : éviter de développer des allergies alimentaires chez des enfants ayant un terrain sensible.

    Les crèmes à la « cortisone » (dermocorticoïdes) sont dangereuses pour l’enfant.

    FAUX. Certaines crèmes sont adaptées à l’enfant et peuvent être prescrites. « Pas toutes, pas n’importe comment ni n’importe où, mais en respectant la prescription et les molécules adaptées à l’enfant », préconise la dermatologue.

    Le stress empire l’eczéma.

    OUI, mais pas directement. Le stress aggrave toutes les maladies inflammatoires. « Effectivement, si un patient est contrarié, il a plus de chances de se gratter et de déclencher une poussée d’eczéma, approuve Aurélie Du-Thanh, mais ce n’est pas le stress en lui-même qui l’aggrave. » En revanche, l’eczéma induit du stress en lui-même, « car on se gratte, car ça se voit, ça obsède, on dort mal à cause des démangeaisons ». Ce n’est pas une relation à sens unique.

    Le soleil améliore l’eczéma atopique.

    VRAI. S’il faut faire attention à ne surtout pas se brûler, l’exposition solaire modérée a souvent une action positive sur l’eczéma. « En tant que dermatologues, il nous arrive ainsi de prescrire des séances d’UV, c’est une pratique qui fait partie des traitements doux, avec les crèmes à la cortisone », souligne la dermatologue.

    Il n’y a pas de traitement efficace contre la dermatite atopique.

    FAUX. « Il ne faut pas abandonner. Il y a aujourd’hui plusieurs solutions qui n’existaient pas il y a encore quelques années », affirme Aurélie Du-Thanh, qui plaide pour réintégrer dans les circuits médicaux les nombreuses personnes qui en sont sorties par dépit. « Beaucoup d’adultes et parents arrêtent de se traiter, ce qui peut leur gâcher la vie ou celle de leur enfant, mais il ne faut jamais se résigner. » Un message important à transmettre.

    Besoin d’un rendez-vous avec un dermatologue ?

    La Macif vous explique tout sur le tarif et le remboursement du dermatologue.

  • Allergies de printemps : comment en venir à bout ?

    Allergies de printemps : comment en venir à bout ?

    Le retour des beaux jours ne présente pas que des avantages. Ainsi pour les personnes allergiques, elles sont synonymes de floraison et de dispersion dans l’air des premiers pollens. Une mauvaise nouvelle pour les 25 % des Français qui sont allergiques. D’autant que la saison des pollens est longue : « Pour les pollens d’arbres, c’est plutôt effectivement du 15 mars au 15 mai. Pour ce qui est bouleau, chêne ou frêne, c’est vraiment le pic. Après ça se calme et les graminées prennent la suite à partir de fin avril et jusqu’à mi-juillet. C’est ce que l’on appelle le rhume des foins », détaille le médecin allergologue Édouard Sève.

    Un long tunnel allergique

    La mauvaise nouvelle, c’est que les pollens ne sont pas les seules allergies à surveiller au printemps. La période est également propice aux acariens, ces êtres vivants microscopiques qui se développent dans la poussière de maison en se nourrissant des squames de peau humaine. Ces petites bêtes qui aiment bien la chaleur et l’humidité ont tendance à proliférer vers mars ou avril au moment du changement de saison.

    Plus tard viendront les allergies aux moisissures. Bref pour les personnes allergiques, la période qui court de la fin de l’hiver au début de l’été peut parfois ressembler à un long tunnel de tracas : « Les symptômes vont se ressembler pour les différentes allergies : ça peut être donc les yeux rouges, qui grattent, qui gonflent et qui pleurent, le nez qui est bouché ou qui coule, les éternuements, la gorge qui gratte. Et ça peut aller jusqu’à l’asthme », détaille le docteur Sève. Pourtant, malgré leur pénibilité, ces allergies ne sont pas souvent réellement considérées comme une maladie : « C’est pourtant une vraie gêne qu’il ne faut pas minimiser. Les allergies n’engendrent pas forcément un risque vital comme les problèmes neurologiques ou cardiologiques. Mais elles altèrent la qualité de vie. Il y a pas mal d’études qui ont prouvé qu’elles perturbaient la productivité au travail ou les résultats scolaires », poursuit l’allergologue.

    La solution ? La désensibilisation

    Aussi pénibles soient-elles, ces allergies ne sont pas une fatalité. Ainsi, il existe plusieurs gestes qui permettent de les rendre moins désagréables. Dans le cas des acariens, il faudra par exemple diminuer l’humidité, aérer tous les jours, même en hiver, changer les draps régulièrement, éviter les tapis, les moquettes et tout ce qui peut garder la poussière. Pour les différents types de pollen, les solutions préconisées consistent à fermer les fenêtres de la voiture, mettre un masque surtout si on jardine, prendre sa douche le soir et se rincer les cheveux pour éviter de garder du pollen sur soi. Bref, les mesures préventives existent.

    « Pourtant, on sait que souvent, on sera dehors parce qu’il fait beau au printemps, on a envie de sortir », reconnaît le docteur Sève qui préconise un traitement antihistaminique dans les cas les plus aigus tout en précisant : « C’est symptomatique, ça va soulager, mais ça ne va pas guérir. Donc chaque printemps, il faudra en reprendre. L’étape d’après c’est la désensibilisation. » S’il choisit cette solution, quand le patient met les pieds chez un médecin allergologue, il est d’abord soumis à une batterie de questions, un véritable interrogatoire : « On va essayer de cerner quelles sont les allergies ? reviennent-elles tous les ans, à quelle période ? Y a-t-il des signes de gravité, des passages aux urgences ? »

    Le patient est ensuite soumis à des tests cutanés afin de déterminer à quels potentiels allergènes, sa peau réagit. Une fois le diagnostic établi. Le médecin peut mettre en place un traitement et une désensibilisation : « On préconise un traitement sublingual, soit des gouttes, soit des comprimés à prendre quotidiennement pendant six mois, trois années de suite. On met un petit peu d’allergènes sous la langue pour habituer petit à petit l’organisme à ce à quoi il est allergique. Les résultats sont très bons. » Polyallergiques, rassurez-vous, des solutions existent !

    Vous souhaitez consulter un allergologue ?

    Renseignez-vous sur Macif Mutuelle Santé, une complémentaire qui s’adapte à vos besoins.

  • Deuil périnatal : comment le vivre et le surmonter ?

    Deuil périnatal : comment le vivre et le surmonter ?

    En 2023, Maryline Serrano vit un événement déchirant. Alors qu’elle est enceinte de son troisième enfant, elle apprend lors d’une échographie a priori anodine que son bébé présente un épanchement pleural (du liquide autour des poumons). Au bout de plusieurs semaines d’examens complémentaires, vécus comme autant de montagnes russes entre espoirs et craintes pour elle et son mari, le diagnostic tombe : leur bébé est atteint du syndrome de Noonan, une maladie génétique qui implique des pathologies extrêmement lourdes et affecte le pronostic vital de l’enfant. Après une discussion avec le corps médical, Maryline et son époux prennent la décision déchirante de recourir à une Intervention médicale de grossesse (IMG) lors de son septième mois de grossesse : « Le bébé bouge dans le ventre, en apparence, il donne signe de bonne vitalité, de bonne santé. Demander au médecin, alors que je porte la vie, de programmer sa mort, ça a été une décision extrêmement difficile. »

    Un délicat accompagnement du deuil

    À l’image de Maryline Serrano et de son mari, chaque année, près de 7 000 femmes et couples perdent un enfant en cours de grossesse ou lors de ses premiers jours de vie. Commence alors le deuil périnatal qui survient selon l’OMS après le décès d’un bébé in utero, à la naissance, dans les jours ou les semaines après sa naissance. Certains, comme Marilyne Serrano considèrent même que cette définition doit être étendue aux IVG ou aux fausses couches. Souvent, le deuil périnatal est un tabou face auquel les proches sont désemparés. D’autant que, comme le bébé n’a pas eu le temps de partager, la vie de ses parents, son existence n’est pas toujours “réelle” ou palpable pour eux. Les personnes endeuillées sont encore davantage isolées que lors d’un deuil classique : « Les relations avec notre entourage sont devenues difficiles. Les gens ne savaient plus comment nous aborder. Et quand on est coincé dans notre souffrance, on en veut beaucoup à l’entourage de ne pas être comme on voudrait qu’il soit », abonde Maryline qui doit à l’époque affronter des réflexions bienveillantes, mais maladroites. « Certains proches me disaient : allez, relève-toi, tu as deux enfants quand même… »

    Se faire aider

    C’est dans ce contexte qu’intervient régulièrement Yveline Exbrayat. « Le problème, c’est que tout le monde va proposer des solutions et des consolations, chercher à donner des réponses plutôt qu’une oreille attentive. Or une personne qui souffre, est en recherche d’écoute active pas de consolation », explique cette psychologue spécialisée dans le périnatal. Bien souvent, elle constate chez les proches, mais aussi souvent chez les conjoints ce qu’elle appelle « la posture du guerrier », c’est-à-dire vouloir aider à se relever la personne qui souffre, espérer qu’elle soit dans l’action plutôt que dans l’écoute de son deuil. « On voudrait que le deuil se passe vite, mais l’accompagnement du deuil consiste avant tout à faire présence, à partager l’émotion. Cela permet à la personne qui souffre de se sentir comprise. » Le rôle de cette praticienne, qui exerce à Orléans, est d’apporter ce soutien émotionnel quand les familles et les conjoints – parfois encore plus effondrées que la femme qui a perdu un enfant – ne sont pas en mesure de la faire.

    Lever le tabou du deuil périnatal

    Une chose est certaine, malgré la souffrance immense, malgré l’aspect tabou de la disparition et la difficulté à mettre des mots sur l’indicible, il faut rompre l’isolement pour faire ce cheminement qu’est le deuil : « Il existe beaucoup d’options maintenant pour se faire accompagner dans ce moment de vie », explique Maryline Serrano. Parmi celles-ci, les associations. Agapa par exemple, propose un soutien aux personnes confrontées au deuil périnatal. Depuis 2011, cette association forme les professionnels de santé et de la périnatalité afin de leur donner des clés qui leur permettront un meilleur accompagnement des personnes touchées. D’autres initiatives, telles que l’opération « une fleur, une vie », agissent pour lever le voile sur le tabou du deuil périnatal. Il faut parler est ne pas mettre les choses sous le tapis pour emprunter le chemin du deuil. Pour Maryline Serrano, ce cheminement a véritablement débuté lors qu’elle a accouché d’Ugo, son « bébé lumière » le 13 septembre 2023. Paradoxalement sa mise au monde est un vrai soulagement pour sa maman : « Sa découverte a balayé toutes des heures de souffrance. Sa présence était magique. » Entre la naissance et les funérailles d’Ugo, Marilyne partage des moments avec lui : « On a vécu avec lui des choses qui, d’un point de vue externe, peuvent paraître un peu glauques. Mais qui, dans la reconstruction, sont extrêmement importantes. Il faut créer des souvenirs. D’ailleurs les sages-femmes et l’équipe médicale prennent des photos. Quand les parents ne veulent pas voir, elles les gardent dans un dossier médical au cas où ils réclameraient un jour. »

    Se reconstruire après la perte

    Le 21 septembre, Marilyne entame son processus de reconstruction. Après les funérailles, elle décide d’écrire un livre et de raconter son expérience aussi bien pour elle que pour accompagner toutes les personnes qui doivent affronter la perte d’un enfant : « J’ai fini l’écriture au mois de juin 2024 et j’ai voulu qu’il soit publié le 13 septembre 2024, pour son premier anniversaire. » Depuis, cette ancienne coiffeuse consacre sa vie à accompagner les personnes qui, comme elles, ont été confrontées au drame. Elle a effectué une reconversion vers le métier de thanadoula (une personne qui accompagne les personnes en fin de vie et les personnes en deuil) spécialisée en périnatalité et pédiatrie, et se déplace dans toute la France en conférence, pour sensibiliser au deuil périnatal et sur l’importance de redonner une place à la mort dans nos vies.

    Besoin d’un accompagnement psychologique ?

    Macif Mutuelle Santé, une complémentaire qui s’adapte à vos besoins

  • Schizophrénie : le vrai-faux des idées reçues

    Schizophrénie : le vrai-faux des idées reçues

    Les schizophrènes ont une double personnalité

    FAUX Contrairement à ce que certains films laissent croire et malgré l’idée reçue largement répandue dans la population générale, « la double personnalité n’intervient absolument pas dans la définition de la schizophrénie », indique Estelle Willemet. Même s’il en existe de multiples formes, cette maladie peut en effet associer « des symptômes positifs (idées délirantes, en dehors de la réalité), des symptômes négatifs (un certain repli social, une baisse de la motivation) et des symptômes de désorganisation (discours décousu, dissociation entre affects et contenu du discours ».

    Les schizophrènes entendent des voix

    VRAI Certains seulement. Il s’agit notamment de ces symptômes positifs et idées délirantes mentionnés précédemment, qui s’illustrent par plusieurs mécanismes. « La présence d’hallucinations acoustico-verbales, par exemple, ou voix dans le langage courant : le patient peut entendre une voix qui commente ses actions, qui lui dit que le monde va s’écrouler ou bien d’autres choses, complète la psychiatre. Un autre mécanisme aux idées délirantes est l’interprétation : un patient schizophrène se promène dans la rue, un passant le regarde et le patient interprète ce regard comme un regard mauvais qui prouve que le passant va le tuer. »

    Les schizophrènes ont des hallucinations

    VRAI Hallucinations auditives, donc, mais pas uniquement. « Si les voix sont une forme d’hallucinations, il en existe d’autres : les hallucinations cénesthésiques (des sensations physiques, comme le sentiment d’être touché), olfactives ou gustatives… Et les hallucinations visuelles, en effet », répond le médecin. Reste que ces dernières sont très peu fréquentes chez les patients atteints de schizophrénie.

    La consommation de drogue rend schizophrène

    VRAI, mais… Difficile d’être catégorique à ce sujet, les facteurs de risque de développement d’une schizophrénie étant encore peu connus et devant faire l’objet d’études scientifiques approfondies. Mais « la consommation de cannabis favoriserait l’entrée dans la schizophrénie chez des patients qui y seraient déjà prédisposés », avance le Docteur. Qui cite également l’urbanisation, la génétique et les traumatismes de l’enfance parmi les autres facteurs de risque (outre la prise de drogue).

    La schizophrénie ne se soigne pas

    FAUX, mais…« Les traitements neuroleptiques peuvent permettre de stabiliser la schizophrénie chez de nombreux patients, c’est-à-dire que la maladie ne s’exprime pas lorsque les patients prennent leur traitement, explique la spécialiste, qui pointe la différence entre guérir et stabiliser. Dans la plupart des cas, les patients atteints de schizophrénie devront malheureusement prendre ce traitement psychiatrique toute leur vie (au risque de rechuter, ou décompenser à l’arrêt des traitements). Mais, dans certains cas et sous couvert de l’avis du psychiatre traitant, les traitements neuroleptiques peuvent être arrêtés sans que le patient redécompense par la suite. »

    Les schizophrènes vivent majoritairement en marge de la société

    FAUX Travail, logement, entourage, liens sociaux… Grâce à leur traitement neuroleptique, bon nombre de patients atteints de schizophrénie vivent une existence normale. Même si, il est vrai, certains patients qui ne prennent pas normalement leur traitement ou résistent aux traitements « auront parfois plus de difficultés à être insérés dans la société. C’est tout le travail de réhabilitation qu’entreprennent les soignants, en collaboration avec le patient, pour permettre une meilleure insertion socioprofessionnelle », précise l’experte.

    Les schizophrènes sont dangereux pour autrui

    FAUX, mais… Souvent, la peur s’invite dans les esprits dès lors qu’un individu est qualifié de schizophrène. Pourtant, « 6 % seulement des meurtriers seraient atteints de schizophrénie, et environ 5 % des crimes violents seraient commis par des patients, chiffre Estelle Willemet, pour un taux de 1 % de schizophrène dans la population générale. En revanche, ils sont globalement plus violents envers eux-mêmes, puisque 10 à 15 % décéderaient par suicide ».

    La schizophrénie est une maladie génétique

    VRAI, mais… « Oui, il existe une vulnérabilité génétique dans la schizophrénie, note la psychiatre. Mais il est très difficile de mettre clairement en évidence les gènes impliqués, certains chercheurs retrouvant néanmoins des variations appelées épigénétiques sur plusieurs gènes (notamment le gène COMT, qui aurait un rôle sur le cortex préfrontal lui-même impliqué dans la maladie). » Plus globalement, c’est l’association d’une vulnérabilité génétique aux facteurs environnementaux qui augmente le risque de déclenchement de la schizophrénie.

    Besoin d’un rendez-vous chez un spécialiste ?

    Macif Mutuelle Santé, une complémentaire qui s’adapte à vos besoins.

  • Mars Bleu : cancer colorectal, dépister pour mieux soigner

    Mars Bleu : cancer colorectal, dépister pour mieux soigner

    « Le cancer du côlon est un fléau », s’attriste le Dr Jean-Christophe Letard, hépato-gastro-entérologue basé à Poitiers. « Il provoque 18 000 décès par an, autant d’hommes que de femmes. Cela fait un mort toutes les 30 secondes. Alors que plus le dépistage de ce cancer est fait précocement, meilleur sera le pronostic pour le patient. » Depuis 2009, un test de dépistage du cancer colorectal est proposé gratuitement tous les deux ans, aux plus de 50 ans : le test Hemoccult II. Il permet de dépister la présence de sang dans les selles et donc la présence éventuelle d’une tumeur cancéreuse. Pourtant, selon une enquête de Santé publique France réalisée en 2019, le test n’est réalisé que par 35 % des personnes concernées.

    Ne pas attendre pour se faire dépister

    Comme les autres Français de plus de 50 ans, Carlos Cardoso, habitant à Marseille, a reçu un courrier pour faire le test. « Comme beaucoup de personnes, je n’ai rien fait. Le protocole était trop compliqué, car il fallait voir son médecin généraliste pour disposer d’un test. » Il a laissé passer un deuxième courrier, puis un troisième. « En 2023, le protocole est devenu plus pratique, car on pouvait récupérer directement le test en pharmacie. » À son quatrième courrier, M. Cardoso, aujourd’hui âgé de 54 ans, se décide enfin, récupère le test et le fait. Celui-ci se révèle positif et le patient prend rendez-vous avec un gastro-entérologue pour faire une coloscopie. « J’avais plusieurs polypes, des tumeurs précancéreuses, qui ont été enlevés. Je n’avais pas pris conscience auparavant que le cancer colorectal était un cancer aussi développé. Heureusement, maintenant, c’est derrière moi et j’ai pris conscience du danger. Aujourd’hui, j’essaie de sensibiliser tout le monde : le test est très simple à faire et il faut le faire ! »

    Un test très facile à faire

    Robert Perrin, 73 ans, vivant à Toulouse, a été plus sérieux avec le test Hemoccult II : « J’ai une vie saine. Je ne bois pas d’alcool et je ne fume pas. Je n’avais aucune douleur au ventre. Je pensais avoir zéro risque de développer ce type de cancer. » Sur l’incitation de son médecin généraliste, M. Perrin fait quand même le test tous les deux ans, à partir de 50 ans. « Le test Hemoccult II est très facile à faire. On le fait chez soi, en toute intimité. Tout est bien expliqué dans la brochure qui accompagne le test. Il suffit de prélever un peu de ses selles, de les mettre dans un tube avec un liquide, de rajouter son nom, son prénom sur une étiquette et de l’envoyer gratuitement à un laboratoire d’analyse. En résumé, c’est simple, bien expliqué, à faire chez soi et gratuit ! »

    Ce dépistage régulier va sauver M. Perrin. Les tests qu’il fait, entre ses 50 ans et ses 70 ans, se révèlent négatifs. Mais à 71 ans, il découvre qu’il est atteint d’un cancer colorectal : le test positif a été confirmé par une coloscopie et une biopsie. Il doit subir une colectomie (ablation d’une partie du côlon) et suivre un protocole de chimiothérapie. Son cancer est aujourd’hui en phase de rémission. « J’ai eu de la chance, car il a été pris à temps. Je n’attendais pas à développer ce cancer. » Cette « rencontre inopinée », Robert Perrin a décidé d’en faire un livre, « pour décrire mes émotions, faire partager mon expérience et inciter à la prévention et au dépistage »1.

    Quels sont les freins qui bloquent certaines personnes ?

    « Il y a encore beaucoup de tabous concernant cette partie du corps, le rectum et l’anus. Cela peut être un frein pour le dépistage », explique Carlos Cardoso. Ce que confirme Robert Perrin : « Le fait de manipuler ses selles peut poser problème à certains. Pourtant le prélèvement prend juste quelques dizaines de secondes. » D’autres freins peuvent apparaître selon M. Perrin : « Certains ont peur de savoir, sont dans le déni, alors ils ne font pas le test. Comme si ne rien savoir, cela les protégerait… D’autres personnes n’ont pas de symptômes, de douleurs, alors ils pensent qu’ils n’ont rien. Enfin, bien sûr, il y a l’indifférence, la négligence. »

    Le Dr Letard indique qu’il est possible de faire un test Hemoccult II avant 50 ans : « Pour ceux qui ont des antécédents familiaux avec le cancer du côlon ou ceux qui ont des signes, douleurs abdominales ou troubles du transit. Le plus important est de parler librement du sujet du cancer du côlon avec son médecin généraliste. La campagne de Mars Bleu2 est une très bonne opération pour cela, ouvrir le dialogue, la discussion autour de ce cancer. »

    S’il reconnaît que le test Hemoccult II, mis en place depuis quinze ans, a été une étape importante, le Dr Letard va plus loin en matière de prévention : « Il faudrait proposer une coloscopie à toute la population. Ce serait plus efficace. Évidemment, cela aurait un coût important au départ, mais ce serait économiquement rentable à terme, car il y aurait moins de cas de cancers à traiter. Aujourd’hui, il y a environ 40 000 nouveaux cas de cancer du côlon par an en France. Une coloscopie préventive permettrait de faire baisser ce chiffre. Selon des chiffres de la Société française d’endoscopie digestive (SFED), si l’on augmente les coloscopies de 30 %, on fait baisser la mortalité par cancer du côlon de 50 %. »

    VOUS SOUHAITEZ CONSULTER UN spécialiste ?

    Renseignez-vous sur Macif Mutuelle Santé, une complémentaire qui s’adapte à vos besoins.

    Robert Perrin, Rencontre inopinée avec un cancer colorectal (Éditions Complicités, 15 €, 2024 – les droits d’auteur du livre sont reversés à une association d’aide aux patients atteints d’un cancer)

    2 www.ligue-cancer.net/mars-bleu

  • Syndrome Gilles de La Tourette : le vrai-faux des idées reçues

    Syndrome Gilles de La Tourette : le vrai-faux des idées reçues

    Le syndrome Gilles de La Tourette est une maladie neurologique

    VRAI « Le SGT est en effet lié à la maturation cérébrale et à certaines connexions du cerveau, explique le neurologue Andreas Hartmann. Je trouve que le mot de syndrome est plus adapté que celui de maladie, car il y a une grande diversité de cas et certains patients sont atteints de troubles légers qui ne sont pas forcément très visibles et gênants. »

    Le SGT se caractérise principalement par des tics vocaux, notamment des insultes

    FAUX « La production d’insultes est rare. Elle ne touche que 5 % à 10 % des patients. Malheureusement, c’est l’image que beaucoup de personnes ont du syndrome Gilles de La Tourette. Le SGT se caractérise principalement par des tics moteurs comme des clignements d’yeux, des mouvements faciaux, des mouvements de la tête, du cou ou des épaules ; et aussi par des tics sonores, toussotements, raclements de gorge, reniflements. »

    Le SGT apparaît dès l’enfance 

    VRAI « Les tics apparaissent généralement entre 5 ans et 7 ans, et rarement après 10 ans. Ils apparaissent de manière insidieuse. Très discrets au début, ils s’accentuent par la suite. Pour détecter le SGT, il faut que le patient soit atteint de tics multiples, de deux ou trois tics moteurs et d’un tic sonore, et que ces tics soient chroniques sur une période de plus de douze mois. »

    Il touche autant les garçons que les filles

    FAUX « Beaucoup plus de garçons sont touchés par le syndrome Gilles de La Tourette. Le ratio est de trois à quatre garçons pour une fille. »

    La sévérité des tics diminue avec l’augmentation de l’âge

    VRAI « Globalement chez les patients, il y a une amplification des tics jusqu’à 15/16 ans. Puis la courbe commence lentement à s’inverser et les tics commencent à diminuer petit à petit à partir de 18/20 ans. Après cette phase, les tics se stabilisent. Cela concerne deux tiers des patients. Pour le dernier tiers des patients, les tics se stabilisent au début de l’âge adulte, mais il n’y a pas eu vraiment de diminution. »

    Le syndrome est héréditaire

    FAUX et VRAI « Il y a une composante génétique importante dans le SGT, mais on ne peut pas dire que ce soit un syndrome héréditaire. Dans le SGT, les troubles du neurodéveloppement sont la conséquence de la mutation d’un gène. Pour beaucoup de patients, le paramètre héréditaire du SGT est donc faux. Pour certains patients, oui, c’est vrai, il y a ce caractère héréditaire, car, dans deux cas sur trois, un parent proche est porteur au moins d’un tic simple. »

    Le syndrome a aussi des causes environnementales

    VRAI « Il peut y avoir des facteurs environnementaux dans le SGT, mais nous n’arrivons pas encore à bien les définir. Des équipes médicales s’intéressent à ces causes environnementales. Certaines pistes sont étudiées, comme le stress intra-utérin, l’accouchement prolongé ou la précocité, par exemple. »

    Il existe des traitements permettant la guérison définitive

    FAUX « Certains traitements symptomatiques permettent de diminuer les tics, mais ces traitements, qui peuvent durer plusieurs mois ou plusieurs années, ne vont pas faire disparaître complètement les tics. »

    Le SGT affecte l’espérance de vie

    FAUX « Le SGT n’influe pas sur l’espérance de vie, mais il peut avoir un impact sur la qualité de vie de certains patients, souvent plus en lien avec des troubles associés, comme le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ou les troubles obsessionnels compulsifs (TOC), qu’avec les tics à proprement parler. »

    Le syndrome empêche d’avoir une vie normale

    FAUX « Un patient peut avoir une vie normale avec le syndrome Gilles de La Tourette. Les difficultés sont davantage marquées durant l’enfance ou l’adolescence, car il est compliqué pour les jeunes d’accepter leurs tics, et d’avoir une scolarité ordinaire et une vie sociale apaisée. À l’âge adulte, les patients ont beaucoup plus accepté leurs tics et le regard des autres, d’autant que ces tics ont diminué pour beaucoup d’entre eux. Le syndrome Gilles de La Tourette touche aussi certaines célébrités, comme la chanteuse Billie Eilish, l’acteur Vincent Lindon ou le footballeur Tim Howard. »

    Besoin d’un suivi médical ?

    Découvrez Macif Mutuelle Santé, une complémentaire qui s’adapte à vos besoins

  • Ligature des trompes : une méthode de contraception en baisse

    Ligature des trompes : une méthode de contraception en baisse

    L’alternative aux hormones

    Se soustraire de manière définitive à toute préoccupation contraceptive et à la nécessité de prendre des hormones : c’est le principal avantage que les femmes trouvent à la ligature des trompes, si elles ne veulent plus ou n’ont jamais voulu avoir d’enfants, selon la gynécologue-obstétricienne Tania Labes. Cette méthode de contraception consiste en une intervention chirurgicale de stérilisation sous anesthésie générale. « Il y a eu une évolution dans les techniques. Pendant longtemps, on suturait les trompes ou on y apposait des clips pour éviter toute grossesse. Aujourd’hui, la plupart des chirurgiens pratiquent l’ablation des trompes. La contraception est alors 100 % efficace, définitive et irréversible », explique la médecin. Cette opération n’a aucun impact sur les règles, la prise de poids, le sommeil ou la libido. La ligature des trompes est ouverte à toutes les personnes majeures. Une première consultation avec un gynécologue expliquant le déroulement et les conséquences de l’opération est suivie d’un délai de réflexion de quatre mois, puis d’un second rendez-vous de confirmation.

    Contraception dans le couple

    En France, plus de 20 000 femmes ont eu recours à une ligature des trompes en 2023, contre plus de 31 000 en 2010. Comment expliquer la baisse de cette pratique ? « Outre le fait que de plus en plus de couples choisissent des méthodes de contraception naturelles et refusent toute ingérence médicale, on introduit de plus en plus la vasectomie dans les choix de contraception définitive », suggère Tania Labes. Une pratique beaucoup moins traumatique et invasive pour le corps. Alors qu’en 2010 on dénombrait à peine 2 000 vasectomies, plus de 30 000 hommes ont eu recours à cette opération en 2022. Un chiffre multiplié par 15 en 12 ans.

    Depuis dix ans, Célia, 28 ans, sait qu’elle ne veut pas d’enfants. Vers ses 25 ans, sa décision était toujours aussi claire et la jeune femme voulait se libérer de toute contraception, « de toute charge mentale ». « À cette époque, j’avais arrêté la pilule que je ne supportais plus. La ligature des trompes me paraissait être la meilleure alternative. » Après avoir écouté un podcast sur cette méthode, Célia prend rendez-vous avec un chirurgien-gynécologue. Grande déception. « C’était le profil type du vieux médecin traditionaliste et moralisateur. Il a refusé catégoriquement, jugeant que j’étais beaucoup trop jeune pour prendre cette décision et que je le regretterai », lâche-t-elle. Entre-temps, Célia est prise par un intense quotidien professionnel et laisse tomber ses recherches. Elle rencontre son partenaire et se fait poser un stérilet au cuivre en attendant. « Plus le temps passe et plus je suis sûre, comme mon conjoint, de ne pas vouloir d’enfant. La contraception définitive n’est pas un besoin immédiat, mais je sais que je veux le faire », confirme Célia. Cependant, sa réflexion a évolué depuis quelque temps : elle commence à aborder avec son partenaire la question de la vasectomie pour « plus d’équilibre entre eux concernant la contraception ». Dans tous les cas, Célia est sûre d’elle : elle prévoit de reprendre ses recherches.

    Un gain de sérénité

    Il y a cinq ans, à la naissance de son second enfant après une fin de grossesse difficile, Marine, 32 ans à l’époque, plonge dans une dépression post-partum. « La maternité était très compliquée à organiser en tant que travailleuse libérale. J’étais nerveusement épuisée et j’avais peur de retomber enceinte », se souvient-elle. Après l’échec d’une pose de stérilet, Marine se retrouve sans moyen de contraception et refuse toute prise d’hormones. Elle réfléchit pendant de longs mois à la ligature des trompes. « Mon mari était réticent à la vasectomie. Finalement je préférais prendre la responsabilité de la stérilisation, car c’était mon choix et mon corps », confie Marine. Sa décision prise, elle en parle à sa gynécologue, qui la « refroidit ». « Elle m’a jugé trop jeune et m’a mis en garde sur le fait de m’interdire le choix d’avoir un enfant dans le cas où mon mari me quitterait et où je reconstruirais ma vie avec quelqu’un d’autre. Je ne me suis pas du tout sentie écoutée, ça m’a choquée », souffle-t-elle.

    Mais pas de quoi décourager cette maman qui tombe sur un groupe Facebook de témoignages de femmes concernées par l’opération, où elle trouve le contact d’une gynécologue obstétricienne. Le rendez-vous se passe à merveille, et Marine se fait opérer quatre mois plus tard, à 34 ans. « L’opération s’est très bien passée et l’équipe médicale a été d’une douceur exceptionnelle. » Seul léger trouble secondaire : des nausées quelques jours après l’opération. « Cette opération a été un soulagement et le meilleur choix que j’ai fait. J’en suis très heureuse. J’ai tant gagné en sérénité depuis. »

    Besoin d’un suivi médical ?

    Découvrez Macif Mutuelle Santé, une complémentaire qui s’adapte à vos besoins