Étiquette : Santé

  • La dépression prénatale, une réalité encore trop méconnue

    La dépression prénatale, une réalité encore trop méconnue

     

    « Comme pour la dépression clinique, on estime à peu près à 10% la proportion de femmes enceintes qui subissent une dépression prénatale, indique Claudine Schalck. Mais c’est très compliqué d’avoir des chiffres précis et fiables parce que le diagnostic est difficile avec des symptômes souvent masqués, et même si le sujet vient à être plus connu, repérer les femmes concernées restera difficile. » Effectivement, en fonction des études, ces chiffres peuvent varier entre 5 à 17%. Preuve qu’il reste une importante marge de travail pour comprendre et identifier cette problématique.

    Quels sont les symptômes d’une dépression prénatale ?

    Claudine Schalck : Ils se rapprochent de ceux d’une dépression “classique”, à savoir des idées négatives tout le temps, l’incapacité à mobiliser d’autres formes de pensées, la tristesse permanente, le manque d’appétit, la difficulté d’attention, la perte de libido… Une femme enceinte en dépression prénatale se sent tout le temps au fond du trou sans qu’elle n’arrive jamais à remonter la pente, elle ne trouve plus de plaisir à rien. Elle perd confiance en elle et peut aussi se sentir impuissante, coupable, voire honteuse. La personne reste généralement figée dans cet état, mais on peut aussi constater une hyperactivité mise au premier plan, c’est une défense psychique pour résister instinctivement au poids des émotions négatives. Ça peut se voir par exemple chez quelqu’un qui va se noyer dans son travail pour ne penser à rien d’autre, garder le contrôle sur une partie de son quotidien et ne pas s’attarder sur le mal-être qui l’anime.

    En quoi se différencie-t-elle d’un simple coup de blues

    C. S. : Un coup de blues, c’est éphémère et fluctuant. On a une humeur stable la plupart du temps et d’un coup on se sent triste, fatigué, perdu ou en colère sans forcément comprendre pourquoi. Mais ça finit par passer, on arrive à retrouver le moral. Une dépression ne s’évapore pas seule et si elle n’est pas prise en charge, il y a un risque plus important de dépression post-partum.

    À quoi peut être due une dépression prénatale ?

    C. S. : Il y a bien sûr les inquiétudes liées à sa propre santé et à celle du bébé, l’anxiété due à l’accouchement, les changements corporels qui peuvent être très particulièrement impressionnants, l’hypersensibilité et les mouvements émotionnels liés au climat hormonal… Tout cela provoque un chamboulement immense qui peut mener à des épisodes de “déprime”. Mais lors de la grossesse, une femme est aussi prise dans des ambivalences permanentes. Elle est en perte de repères par rapport à la nouvelle place qu’elle doit se créer par rapport à ses proches et dans la société. Elle n’est plus seulement l’enfant de ses parents, elle devient elle-même parent. Elle n’est plus seulement une partenaire, le couple devient parents. Il faut s’accorder avec son nouveau corps qui n’est pas celui auquel on a été habitué jusqu’ici. Sans oublier évidemment la sensibilité émotionnelle et l’histoire personnelle de chacune. Pendant la grossesse, les enjeux de représentation de soi-même sont donc nombreux et parfois alourdis par des pressions extérieures. Une fois qu’on est dans la position de devenir mère, il y a comme un deuil à faire de la personne que l’on était avant. Tout est à reconfigurer dans son identité et c’est une étape qui peut être très lourde et peut paraître quasi insurmontable pour certaines.

    Pendant la grossesse, les enjeux de représentation de soi-même sont donc nombreux et parfois alourdis par des pressions extérieures.

    Claudine Schalck, sage-femme et psychologue clinicienne

    Pourquoi est-ce si difficile à diagnostiquer ?

    C. S. : Parler de détection, de repérage, de diagnostic, c’est envisager la grossesse comme une pathologie, alors que c’est un processus tellement plus large. Il est important pour une femme enceinte d’être entourée, aussi par des professionnels qui sont à l’écoute et pas seulement qui prennent sa tension ou surveille sa courbe de poids. Malheureusement aujourd’hui ce n’est pas automatique puisque la grossesse est davantage vue comme une problématique de santé physique et non globale, physique et mentale. De plus, la société renvoie qu’il faut être épanouie lorsque l’on attend un enfant. Donc les femmes concernées minimisent souvent ce qu’elles ressentent car ça ne rentre pas dans les codes, elles se disent que c’est les hormones et que ça passera tout seul. Et elles n’en parlent pas. Et si les professionnels qu’elles consultent ne vont pas plus loin pour connaître la réalité de leur état mental, alors rien ne bouge et ces femmes restent dans leur état de dépression.

    Comment prévenir et/ ou surmonter une dépression prénatale ?

    C. S. : C’est important dans ce parcours de grossesse d’avoir une personne référente avec laquelle on se sent à l’aise dès le début au cas où on aurait envie à un moment de parler ouvertement. Une femme enceinte qui se sent déprimée et qui voit qu’elle ne s’en sort pas seule peut se tourner vers sa sage-femme, un psychologue, pourquoi pas un groupe de parole. L’idée est de pouvoir se confier, faire le tri dans ses idées et ses émotions, ne pas se laisser emporter par ce qu’on vit sinon il y a un vrai risque d’isolement et d’aggravation de sa situation.

    Que faire en tant que partenaire ?

    C. S. : Il faut se dire que les moments de passage à vide c’est normal et il ne faut pas la laisser seule dans ces instants. Il ne faut pas non plus tout pathologiser mais veiller à rester attentif et montrer que l’on est ouvert au dialogue. Il s’agit aussi de respecter la femme enceinte dans son envie ou non de parler de ses sentiments, accepter de ne pas toujours être en phase avec ce qu’elle peut ressentir et s’atteler à ne pas être dans le jugement même si on ne comprend pas ce qui se passe. C’est important de garder en tête que même lorsque la grossesse est voulue et qu’en plus elle se passe bien “physiquement”, la dépression peut survenir pour toutes les raisons mentionnées précédemment. Par ailleurs, si on sait que les partenaires peuvent être directement touché.e.s par la dépression post-partum, il semble intéressant de dire qu’ils peuvent eux et elles aussi vivre une dépression prénatale. C’est encore moins évident à repérer, mais finalement, le co-parent est renvoyé au même questionnements fondamentaux de place, d’identité et de responsabilité.

    Dépression prénatale : le témoignage de Marie

    « J’ai l’impression qu’une femme enceinte déprimée c’est bizarre pour les gens. Je me sentais un peu coupable parce que je me demandais si je le voulais vraiment vu que je me sentais comme ça. Personne ne m’a expliqué que je pouvais ressentir ça, je ne comprenais pas pourquoi j’étais dans cet état-là alors que cette grossesse était voulue. J’aurais aimé en savoir plus sur la dépression prénatale, au moins savoir que ça existait. Que ce soit présent dans la littérature, j’aurais bien aimé que le corps médical nous en parle. J’aimerais que les choses bougent et qu’on soit au courant. »

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    L’Essentiel de l’article

    • La dépression prénatale est surmontable si vous êtes bien accompagnée
    • Parlez-en autour de vous, vous n’êtes pas la seule concernée
    • N’hésitez pas à consulter, même avec votre partenaire, pour vous libérer de ce poids

     

  • Hyper-connexion : le cerveau des ados en danger ?

    Hyper-connexion : le cerveau des ados en danger ?

    Un chiffre inquiétant ressort d’une récente étude : 61% des 16-30 ans affirment avoir connu au moins une « perte de contrôle » suite à une exposition aux écrans lors des 12 derniers mois1. Jusqu’à quel point la santé mentale des jeunes peut-elle être impactés ? Quelles formes peuvent prendre ces pertes de contrôle ? Quelles en sont leurs origines ? Eléments d’explications avec Thibaud Dumas, docteur en neurosciences cognitives et président de l’association « Attention Hyper-connexion ».

    Des pathologies difficiles à cerner

    Hyper-connexion, addiction aux écrans, dépendance aux réseaux sociaux, « nomophobie »2 (peur du téléphone inutilisable ou perdu)… le côté obscur de la révolution numérique est une réalité qui porte bien des noms et présente bien des aspects. C’est d’ailleurs son côté protéiforme qui rend ce fléau si difficile à cerner et à étudier. Car employer le mot « écrans » de manière générique n’a que très peu de valeur scientifique. De la même façon que se baser simplement sur le nombre d’heures qu’on y consacre quotidiennement ne suffit pas à détecter ou non une utilisation à risque. Néanmoins, l’impact « physique » des interfaces numériques sur la santé est aujourd’hui quantifiable : troubles du sommeil, prise de poids, problèmes oculaires, entre autres. L’inconnu concerne davantage les possibles séquelles psychologiques, notamment chez les jeunes…

    Les jeunes sous-estiment les risques liés à la surexposition aux écrans

    Sur un panel de 3500 jeunes interrogés3, seulement la moitié d’entre eux estiment que passer du temps devant des écrans interactifs peut avoir une répercussion sur leur santé.

    « Plus de batterie ? C’est la crise d’angoisse, direct ! »

    En 2021, l’addiction aux écrans n’est toujours pas considérée comme une maladie par l’Organisation Mondiale de la Santé, qui reconnaît seulement, depuis 2018, l’existence d’un « trouble du jeu-vidéo »4. Mais un rapide sondage auprès de n’importe quel adolescent suffit pour comprendre la place qu’ont pris les écrans – et plus particulièrement le smartphone – dans leur vie. « Une journée sans mon portable ? Déjà une heure, je suis au fond du trou ! » rigole Aïssa, 16 ans, lycéenne dans le Val-de-Marne. A côté d’elle, sa copine, Manon, ne sort jamais de chez elle sans un chargeur de secours dans son sac. « Plus de batterie, c’est la crise d’angoisse, direct ! Quand ton téléphone est éteint, c’est fini, t’es seule au monde ! ». De là à « perdre le contrôle » face à une batterie dans le rouge ? « Carrément », répond Manon du tac au tac. « Tu penses plus qu’à ça, ça devient l’obsession… Moi franchement, ça me fait péter un câble. C’est pour ça que j’ai toujours un chargeur… ».

    Thibaud Dumas, docteur en neurosciences cognitives, n’est pas étonné par les propos de ces jeunes filles : « La peur de rater une info, d’être injoignable, coupé des autres, tout cela peut générer de l’angoisse et du stress… et pas seulement chez les ados ! Je conseille à chacun de faire l’expérience : laissez votre portable à la maison et sortez-vous balader. C’est une excellente manière de mesurer son niveau de « dépendance » ».

    Perdre le contrôle pour se déconnecter du réel ?

    Plus loin, quatre garçons de 17 et 18 ans sont assis à la terrasse d’un fast-food : tous ont les yeux rivés sur leur portable. Pour eux, la notion de « perte de contrôle » n’est pas forcément négative. « Parfois, quand tu joues à un jeu ou que tu regardes un truc, t’oublies tout, tu te déconnectes de la réalité et ça fait du bien » explique Saïd, approuvé d’un hochement de tête par ses amis. Un avis que partagent également 12% des jeunes interrogés5, pour qui se connecter à une interface numérique signifie avant tout… « se déconnecter du reste ».

    « Sollicité comme il l’est tout au long de la journée, notre cerveau a bien besoin de moments de « déconnection », c’est normal », abonde Thibaud Dumas. « Mais est-ce que pour ces moments de détente, les écrans sont les plus efficaces ? Je ne suis pas sûr que « binge-watcher » des séries sur une plateforme de streaming ou passer des heures à faire défiler des photos sur Instagram soit la meilleure manière de s’aérer la tête. Ça ne vaudra jamais mieux qu’une séance de sport ou une balade en forêt ».

    « Notre cerveau est de moins en moins habitué à gérer la frustration. »

    Thibaud Dumas, neuroscientifique

    Ecrans : le danger de la « satisfaction instantanée »

    Perdre le contrôle, cela signifie aussi parfois perdre son calme. On ne compte plus ceux – jeunes et moins jeunes – qui ont déjà cassé leur smartphone dans un accès de colère… Interrogés sur le sujet, nos quatre ados échangent des sourires entendus. « Quand tu t’embrouilles sur les réseaux ou autre, parfois c’est la machine qui prend ! » s’esclaffe Luca en montrant l’écran fissuré de son smartphone. « C’est comme un joueur de tennis qui casse sa raquette ! » surenchérit Anouar, déclenchant les rires de ses copains.

    Sur ce sujet-là, Thibaud Dumas apporte son expertise de neuroscientifique : « Le but des réseaux sociaux et de certaines applications, c’est apporter à l’usager de la satisfaction instantanée. Un clic, un like, un « match »… tout va très vite dans le monde du numérique. Ce qui fait que notre cerveau est de moins en moins habitué à gérer la frustration… Et cela, ce n’est pas inné, cela s’apprend. Déjà, à la base, quand on est jeune, c’est parfois compliqué de réfréner ses émotions. Mais avec l’essor de ces pratiques, je crains que ça ne fasse qu’empirer… »

    La perte de contrôle : l’un des objectifs recherchés par les concepteurs

    On le sait, les géants du web ne sont pas simplement des concepteurs de machines high-tech ou d’interfaces « communautaires ». Chez Google ou Facebook, on étudie également avec attention les comportements humains et surtout, leurs failles. Thibaud Dumas livre une analyse aussi éclairée qu’inquiétante sur les stratagèmes employés par les géants de la Silicon Valley pour séduire leurs utilisateurs.

    « Avec les addictions aux réseaux sociaux, on note les mêmes symptômes que dans d’autres addictions comportementales et cela ne doit rien au hasard. En fait, les techniques employées par les géants du web sont les mêmes que celles des casinos : il faut capter l’attention de l’utilisateur avec un maximum d’efficacité et surtout, ne pas la relâcher. Plus il perd le contrôle, plus ses gestes deviennent automatisés, plus il va consommer. C’est un système très perfectionné qui a clairement pour but d’encourager les comportements addictifs. »

    4h30

    C’est le temps moyen consacré par les Français aux écrans chaque jour, soit 8 minutes de plus qu’en 2018.

    Addiction aux écrans : les ados en première ligne

    En sa qualité de président de l’association « Attention Hyper-connexion », Thibaud Dumas est bien placé pour savoir que les adolescents sont les premières victimes de ces techniques de séduction plus que pernicieuses. Et d’après lui, le problème est encore trop minimisé par les pouvoirs publics. « Les ados sont livrés à eux-mêmes avec leur smartphone, leurs réseaux, leurs tablettes… Contrairement au tabac ou à l’alcool, il n’y a quasiment pas de prévention, pas de message, alors que les conséquences néfastes liées à l’utilisation des écrans chez les jeunes ne manquent pas : cyberharcèlement, dépressions, comportements addictifs… », explique-t-il.

    Son conseil aux parents qui sentiraient leur ado glisser sur la mauvaise pente : « C’est le même principe qu’avec d’autres addictions, il faut avoir une conversation avec lui. Il faut lui poser des questions, demander, par exemple : « Qu’est-ce que tu vas ressentir, si tu passes une journée sans portable ? » Il faut encourager la conversation. C’est la clé pour guérir toutes les addictions, quelle qu’elle soit ».

    Mais pour pouvoir en parler sereinement avec leurs enfants, encore faudrait-il que les parents ne soient pas eux-mêmes concernés par le problème. Car si les jeunes sont les premiers touchés par l’hyper-connexion, les adultes ne sont pas en reste. La « consommation » d’activités numériques connait une véritable explosion depuis la crise du Covid et l’essor du télétravail. Vigilance, donc. Et pourquoi pas même, abstinence ?

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    L’Essentiel de l’article

    Les jeunes n’ont pas conscience des risques d’une addiction aux écrans

    La perte de contrôle face à l’hyperconnexion est minimisée

    Le dialogue est nécessaire pour comprendre les usages de son ados

    1 – 3 – 5 Baromètre des addictons Macif 2021.

    Contraction de « No Mobile Phone Phobie », expression employée aux Etats-Unis pour décrire la peur du téléphone inutilisable ou perdu

    4 drogues.gouv

  • Prendre conscience des impacts de la drogue avec Ludovik

    Comme 10% des 16-30 ans1, Sophie-Pénélope consomme régulièrement – au moins une fois par mois – du cannabis, au grand dam de sa sœur aînée. Dans une vidéo interactive, le youtubeur Ludovik se voit confier la mission de trouver les responsables du trafic de drogue qui permet à la jeune fille de se procurer du “kanateushi”. Sauriez-vous faire les bons choix pour réussir le défi à ses côtés ?

    Votre mission est d’autant plus importante que Sophie-Pénélope fait partie des 53 % des fumeurs réguliers de cannabis qui estiment que leur consommation n’a aucun impact sur leur santé1. Pas question en revanche de lui faire la morale, mais plutôt de la pédagogie bienveillante. Sinon elle risque, comme 64 % des consommateurs1, de ne pas se sentir concernée par les messages de prévention que vous lui soumettrez !

    Que dit la loi ?

    Le cannabis est illégal en France, fumer un joint c’est donc se mettre hors la loi. Depuis 2020, l’usage des stupéfiants est sanctionné par une amende forfaitaire de 200 euros2.

    1 Baromètre des Addictions Macif 2021
    2 Service Public 2020
  • Drogues : liste, effets et dangers sur la santé

    Drogues : liste, effets et dangers sur la santé

    1 Les différentes drogues

    Le mot drogue désigne des substances, naturelles ou synthétiques, ayant un effet modificateur sur l’état de conscience et/ou sur l’activité mentale. Elles sont consommées pour leurs effets spécifiques ou pour les sensations de bien-être immédiat qu’elles peuvent procurer. Toutes sont susceptibles de créer une dépendance psychologique ou physique.

    On les classe en trois catégories, selon les effets qu’elles produisent sur le système nerveux central. Il n’existe donc pas une drogue mais des drogues.

    Les perturbateurs/hallucinogènes

    Généralement, ces drogues créent une difficulté à se situer dans l’espace ou dans le temps. Le fonctionnement des sens comme la vue et le toucher sont modifiés.

    On retrouve :

    • le cannabis sous toutes ses formes : herbe (weed, beuh…), résine (haschich, hasch, shit…), etc.
    • les champignons hallucinogènes ;
    • le LSD et les acides, aussi appelés trips ou buvards ;
    • la kétamine ;
    • la MDMA (l’ecstasy) ;
    • le PCP ou poudre d’ange, et la mescaline.

    Les dépresseurs

    En général, ces drogues agissent sur le système nerveux central en engourdissant le cerveau et en ralentissant le fonctionnement du corps. Certaines d’entre elles peuvent également déformer les perceptions.

    On retrouve :

    • certains solvants et certaines colles (comme l’éther ou l’acétone) ;
    • le GHB – GBL (aussi appelé drogue du viol) ;
    • les benzodiazépines (comme le Valium®, le Xanax®, le Temesta®, etc.)
    • l’héroïne (aussi appelée horse, rabla, blanche…), ainsi que les autres opiacés comme la morphine ou la codéine.

    Les stimulants

    De manière générale, ces drogues causent de l’excitation et de l’agitation.

    On retrouve :

    • la cocaïne et ses dérivés comme le crack ;
    • le poppers ou nitrite d’amyle ;
    • les amphétamines ou speed ;
    • les méthamphétamines, aussi appelées Ice ou Crystal.

    France : une consommation de drogues qui n’est pas marginale*

    • 10 %

      des Français de 16-30 ans consomment du cannabis au moins une fois par mois.

    • 5 %

      des Français de 16-30 ans consomment de la cocaïne au moins une fois par mois.

    • 71 %

      des consommateurs réguliers de substances (toutes confondues) ont perdu le contrôle d’eux-mêmes au moins une fois au cours des 12 derniers mois au point de ne plus vraiment savoir ce qu’ils faisaient

    2 Drogues : conséquences et dangers

    Dépendance, diminution de l’appétit, pertes de mémoire, dépression, psychose toxique… Chaque drogue, qu’elle soit dite douce ou dure, très addictive ou peu addictive, a son potentiel de nuisance spécifique sur la santé, qui dépend aussi du consommateur et de son comportement, de sa sensibilité, de son état physique et psychique.

    La Mildeca (Mission interministérielle de la lutte contre les drogues et les conduites addictives) classe les dangers de la consommation de drogues en trois catégories : les troubles physiques, les troubles psychiques et les risques sociaux.

    Les troubles physiques

    Ces troubles sont généralement directement liés aux effets immédiats de la drogue. Ils peuvent aller de simples vertiges, de nausées, de pertes de mémoire, d’hyperthermie, de tachycardie jusqu’à la perte de conscience ou au décès par overdose. Les dangers sont augmentés par la quantité de drogues prise, et leur composition (concentration trop forte de certaines molécules dans une drogue trop pure, addition de produits toxiques pour couper la drogue, ou combinaison de diverses molécules plus ou moins actives).
    Pour réduire les risques d’overdose accidentelle et d’effets secondaires potentiellement mortels, certaines associations proposent de tester la composition des drogues, en particulier chimiques, sur les lieux de consommation festive comme les festivals de musique. La démarche vise uniquement à prévenir les consommateurs des dangers particuliers de la drogue qu’ils s’apprêtent à prendre, et non à inciter à la consommation.

    Toutes les drogues sont susceptibles d’engendrer des troubles physiques, même si on les associe souvent aux drogues de synthèse (amphétamines, MDMA, etc.) ou à l’héroïne.

    Les dangers sont également sanitaires, notamment avec le risque de transmission du sida par l’échange de seringues usagées.

    Les troubles psychiques

    À court ou à moyen terme, ils peuvent aller d’angoisses, de nervosité, d’instabilité d’humeur à des états plus dépressifs ou à l’apparition de phobies. Les capacités de concentration diminuent et la mémoire est affectée. Sur le long terme, les risques concernent la dépression et des troubles importants de la santé mentale.

    On associe souvent les troubles psychiques aux drogues dites dures comme la cocaïne, l’héroïne ou le LSD. Néanmoins la consommation régulière de cannabis, ou la prise de MDMA, par exemple, sont tout aussi susceptibles d’entraîner l’apparition de ces troubles.

    De nombreuses études sur les toxicomanes demandeurs de soins contre l’addiction montrent que la majorité d’entre eux (de 70 à 90 % selon les études (1)) souffrent également de troubles psychopathologiques. Le lien entre consommation de drogues et troubles mentaux est toujours difficile à analyser, l’un pouvant être à l’origine de l’autre. Néanmoins, la toxicomanie constitue un terrain favorable à l’apparition ou l’exacerbation de ces troubles.

    Les risques sociaux

    La désinhibition liée à la consommation de certaines drogues peut entraîner des risques immédiats tels que la violence et la modification de la perception de son environnement. L’altération de la notion de danger, souvent associée à la prise de cocaïne par exemple, est aussi un facteur de risques majeurs pour le consommateur comme pour son entourage.

    Par ailleurs, des troubles psychologiques graves telles que les difficultés relationnelles et la dépression peuvent accompagner une désocialisation progressive.

    La fondation Macif

    soutient La sauvegarde du Nord, qui accueille des toxicomanes en soins, ainsi que de nombreuses initiatives pour lutter contre la désocialisation.

    x 2

    Les taux de THC de la résine et de l’herbe de cannabis sont aujourd’hui en moyenne environ deux fois plus élevés qu’il y a dix ans.**

    3 Se faire aider

    En cas de consommation régulière de drogue, il est important de trouver de l’aide pour décrocher. Il est conseillé de rencontrer un professionnel de l’addictologie pour établir un protocole d’arrêt adapté. Les centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) et les unités hospitalières d’addictologie proposent une prise en charge complète du sevrage par des équipes médicales pluridisciplinaires, intégralement remboursée par la Sécurité sociale (pour la recherche d’un CSAPA ou un service d’addictologie, consulter cette page). Des structures comme Drogue Info Service proposent de l’aide dans une démarche d’orientation, en garantissant l’anonymat, par tchat en ligne ou par téléphone (0 800 23 13 13).

    L’Essentiel de l’article

    • Une drogue est une substance naturelle ou synthétique modifiant l’état de conscience et/ou l’activité mentale.
    • LSD, weed, cocaïne, MDMA, heroïne, etc., chaque substance procure des effets spécifiques recherchés par leurs consommateurs.
    • Les impacts sur la santé sont à prendre particulièrement au sérieux à court comme à long terme. Les dangers sont d’ordre physiques, psychiques et sociaux.
    • Les CSAPA et les unités hospitalières d’addictologie proposent une prise en charge complète et intégralement remboursée de la toxicomanie.

    (1) Troubles psychiatriques associés à la toxicomanie, Dr Alain Morel
    (pour référence : https://www.rvh-synergie.org/prises-en-charge-des-addictions/penser-ensemble-les-prises-en-charge/comorbidites/comorbidites-psychiatriques/167-troubles-psychiatriques-associes-a-la-toxicomanie.html)

    * Baromètre des addictions Ipsos-Macif – juillet 2021

    **Agence des drogues de l’UE, sept 2020 

    Fédération addiction, Rapport européen sur les drogues 2017

    Drogues dépendance, « Qu’est-ce que le cannabis »

    Ministère de la Santé, Informations sur les addictions et les drogues

    drogue-info-services

  • Mon ado fume du cannabis : que faire ?

    Mon ado fume du cannabis : que faire ?

    Avec un tiers des 16-30 ans qui a déjà expérimenté(1) et plus d’un million d’usagers réguliers(2), la France est l’un des pays au monde où l’on consomme le plus de cannabis. Et les jeunes, sans surprise, sont les premiers concernés (10% d’entre eux reconnaissent fumer au moins une fois par mois). Si vous êtes parents d’un ou d’une ado, il est donc possible que vous retrouviez, un jour ou l’autre, du cannabis oublié dans un pantalon au linge sale… Comment réagir ? Décryptage et conseils avec Francis Curtet, psychiatre spécialiste des addictions.

    Cannabis : que dit la loi ?

    Tout d’abord, la chose primordiale à rappeler à vos enfants, c’est qu’en France, fumer du cannabis est illégal. En vertu de la loi sur les stupéfiants du 31 décembre 1970, le cannabis et ses dérivés sont considérés comme des produits illicites. Fumer un joint, c’est se mettre hors-la-loi.

    Que risque-t-on, légalement, en consommant du cannabis ?

    Depuis 2020, l’usage des stupéfiants est sanctionné par une amende forfaitaire de 200 euros. En cas de non-paiement, le contrevenant risque jusqu’à un an de prison et 3750 euros d’amende. Mais attention, l’amende forfaitaire pour infraction à la législation sur les stupéfiants est également inscrite au casier judiciaire. Autrement dit, une seule arrestation en possession d’un produit illicite et c’est l’interdiction, à vie, d’exercer toute une série de métiers qui exigent un casier judiciaire vierge (gendarme, policier, pompier et nombre d’emplois dans la fonction publique, entre autres).

    Votre ado fume du cannabis ? Les erreurs à éviter

    « Quand on a découvert que notre fils fumait des joints, on a paniqué. On était très inquiet pour sa santé, surtout mentale. Sa mère était persuadée qu’il allait devenir schizophrène… » confie Philippe, dont le fils cadet, Jérémy, a commencé à consommer du cannabis à l’âge de 14 ans. Partisan de la « manière forte », ce sexagénaire du Val d’Oise a tout tenté pour l’obliger à arrêter – punitions, chantage, menaces – en vain. « On l’a aussi fait changer de collège, en espérant naïvement qu’il aurait de meilleures fréquentations dans le privé. Mais c’était pire. Les gamins avaient plus de moyens, donc il y avait encore plus de drogue qui circulait. Jérémy n’a pas arrêté, au contraire. Et à la maison, le sujet est devenu tabou. Dès qu’on essayait d’en parler, il se braquait. On s’est pris la tête pendant des années à cause de ça… ». Aujourd’hui âgé de 22 ans, Jérémy ne fume plus de cannabis. Et ce n’est pas la pression de ses parents qui l’a poussé à arrêter, mais un déclic suite à la perte de son permis de conduire – essentiel pour son travail – à cause d’un test positif au cannabis. Philippe estime, avec le recul, que leur approche s’est avérée stérile, voire contre-productive. « Quand Jérémy s’est fait retirer son permis, il est allé voir plusieurs addictologues. On l’a accompagné à certains rendez-vous. Ça nous a aidé aussi, d’une certaine manière. On a compris qu’interdire pour interdire, ça ne servait à rien ».

    Cannabis : les jeunes fumeurs sont dans le déni

    1 fumeur régulier sur 2(1) estime que consommer du cannabis ne comporte pas de risque pour la santé.

    Pourquoi les ados fument ?

    Ce n’est pas le docteur Francis Curtet qui le contredirait. Pour ce médecin psychiatre, l’interdiction sans justification est la « pire des choses » à faire pour des parents dans la situation de Philippe. « La première chose à demander à son enfant, ce n’est pas combien de joints il fume par jour, ou avec qui il les fume, mais pourquoi il les fume », explique celui qui a publié plusieurs ouvrages de référence sur les addictions4. « D’après mon expérience, il y a deux sortes de consommateurs chez les adolescents : ceux qui fument pour faire comme tout le monde, pour appartenir au groupe, et les autres, qui le font parce que ça leur fait « du bien », du moins, c’est ce qu’ils s’imaginent. Et pour chaque profil, l’approche est différente. D’où l’importance du  » pourquoi ? « », répète le psychiatre, à qui les chiffres donnent d’ailleurs raison. On constate effectivement que 42% des jeunes fumeurs interrogés affirment consommer du cannabis pour « déstresser », tandis qu’une autre portion, plus réduite (24%), le fait par effet de groupe ou pour ne pas s’isoler des autres.

    « Une fois qu’on connaît les raisons qui le poussent à consommer, Il faut tout faire pour instaurer un dialogue serein. Surtout, pas de leçon de morale, encore moins d’engueulade ! Pas de jugement, non plus. Au contraire. Aborder le sujet de la drogue avec ses enfants, c’est une occasion unique de leur montrer qu’on les aime », poursuit Francis Curtet, avant d’insister sur la nécessité pour les parents de de s’informer sur la réalité des effets du cannabis (démotivation, dangers sur la route, risque de décrochage scolaire…), loin des clichés véhiculés par certains médias. « Dire que “la drogue, c’est de la merde”5, ça ne sert à rien. Il faut leur expliquer que la drogue ne résout rien ».

    Le cannabis, un frein au développement du cerveau des ados ?

    En 2016, des chercheurs de l’université de Dallas (États-Unis) ont mené une étude sur 42 consommateurs réguliers de cannabis en les répartissant en fonction de l’âge auquel ils avaient commencé à fumer. Il est apparu que ceux qui avaient débuté avant 16 ans n’avaient pas connu le même développement cérébral que les autres. Dans cette période adolescente où le cerveau est encore en maturation, le THC pourrait donc altérer l’essor de certaines fonctions cognitives, comme l’apprentissage et la mémoire.

    Cannabis et adolescents : manière forte contre méthode douce

    Oly, lycéenne de 18 ans, est bien placée pour savoir ce qui marche et ne marche pas. Elle a été confrontée chez elle aux deux méthodes : la forte et la douce. « Mon père ne veut rien entendre, rien savoir. Pour lui, je me bousille la santé, point final » confie-t-elle. Sa mère a eu une réaction aux antipodes. « Lorsqu’elle a découvert que je fumais, on a eu une discussion très calme sur le sujet, elle m’a posé des questions et surtout, elle ne m’a pas fait la morale. Même si elle ne cautionnait pas, elle m’a traitée en adulte et ça, ça a tout changé. »

    Ne pas hésiter à consulter un addictologue

    Pédagogie, écoute, confiance, voilà donc les clés selon Francis Curtet. Mais la formule n’a rien de magique. Tous les parents du monde savent que « dialogue serein » et « adolescents » ne font pas toujours bon ménage. « Si ça ne marche pas, ils doivent l’emmener voir un psychothérapeute ou un addictologue, même si leur enfant n’est pas d’accord. Ensuite, c’est à nous, professionnels, de faire notre travail. Les parents ne peuvent pas toujours tout faire. »

    L’Essentiel de l’article

    • Éviter le conflit
    • Chercher à comprendre la raison de sa consommation
    • Ouvrir le dialogue
    • Se tourner vers un spécialiste si besoin

    (1) Baromètre « Les addictions et leurs conséquences chez les jeunes » 5ème édition – Mai 2025
    (2) Drogue Info Service
    (3) « Idées fausses sur la défonce », éditions Flammarion. « La drogue », éditions Milan.
    (4) Célèbre slogan d’une campagne de prévention des années 80.

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    Le contrat Santé de la Macif le couvre en cas de consultation chez un psychologue*.

  • Apéritif et enfants : les précautions pour éviter l’accident domestique

    Apéritif et enfants : les précautions pour éviter l’accident domestique

    1 À l’heure de l’apéritif, gare aux noyaux !

    L’apéritif est sur la table basse : vous avez posé des ramequins avec des cacahuètes, des noix de cajou, des pistaches, des olives… De quoi régaler vos proches ! Oui, mais la petite main de votre enfant peut vite passer par là et les risques d’étouffement sont réels s’il avale de travers ces aliments. La solution ? Placer les aliments en hauteur, hors de portée de main. Pour éviter tout danger, vous pouvez aussi opter pour des bâtonnets de carotte, concombre, part de quiche… tout aussi savoureux et moins dangereux pour les enfants.

    Chiffre-clé

    75 % des Français prennent l’apéritif au moins une fois par mois (1).

    2 L’alcool, à tenir hors de portée des enfants !

    Vos derniers invités sonnent à la porte ! Vous posez rapidement votre verre d’alcool et partez les accueillir. Mais votre verre… où est-il passé ? Pour éviter que votre enfant ne trempe ses lèvres dedans ou ne le casse et se coupe avec les débris, prenez l’habitude de poser vos verres et bouteilles en hauteur. En effet l’absorption d’alcool chez les enfants en bas âge est très dangereuse et peut être une cause d’intoxication (2). Pensez également à éloigner du bord de la table votre vaisselle et autres ustensiles fragiles qui peuvent vite se casser.

    Sortez couvert !

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    *Dans les conditions et limites du contrat souscrit.

    3 Petits fours et barbecue : chaud devant !

    Ça y est, c’est prêt : vos invités vont se régaler avec vos délicieux petits fours. Votre enfant risque fort aussi de se jeter dessus ! Prévenez l’accident en les laissant un peu « refroidir » avant de les servir. Vous lui éviterez ainsi les brûlures. Et si vous préparez des grillades pour la suite des festivités, veillez à faire jouer les enfants plus loin et gardez toujours un œil sur eux pour éviter l’accident de barbecue.

    4 Les ustensiles dangereux, c’est loin des petites mains !

    Pas d’apéritif réussi sans quelques tranches de cake salé ! Vous laissez votre couteau à côté pour pouvoir resservir vos invités. Aïe aïe aïe, sur la table basse ou à portée de main, les couteaux et autres objets tranchants peuvent faire un malheur. Rangez-les en hauteur ou éloignez-les du bord de la table pour éviter que votre enfant ne s’en empare. Idem si vous avez mis quelques cure-dents sur la table pour piquer les dés de fromage et autres réjouissances de votre apéro. Veillez à les tenir hors de portée, car si votre enfant tombe dessus, il n’y a pas que sa curiosité qui risque d’être piquée !

    Bon à savoir : les sacs des invités, c’est au placard !

    Pensez à ranger les sacs de vos invités (dans une chambre ou un placard fermé) afin qu’ils ne soient pas à la portée des jeunes enfants. Ils peuvent en effet comporter des objets dangereux pour les plus petits : médicaments, briquets et même du gel hydroalcoolique.

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    * Dans les conditions et limites du contrat souscrit.

    L’Essentiel de l’article

    • Préférez des aliments sans noyaux, faciles à déglutir pour les enfants.
    • Placez les objets dangereux ou fragiles hors de portée de main.
    • Laissez refroidir quelques minutes les amuse-bouches avant de les servir.
    • Évitez de laisser traîner les sacs des invités.

    (1) Étude CSA/Le Jardin d’Orante, « Les Français et l’apéritif », 2018

    (2) Association Assurance Prévention, Apéritif et enfants : quelles précautions pour éviter l’accident ?, 2020

  • Alimentation des enfants : où se cache le sucre ?

    Alimentation des enfants : où se cache le sucre ?

    1 Quelle consommation de sucre pour un enfant ?

    Le sucre est souvent perçu comme un ennemi pour le corps. Mais doit-on l’éliminer complètement de l’alimentation des enfants ? Certainement pas ! En effet, « le glucose est le seul nutriment que vos neurones sont capables d’utiliser comme carburant », rappelle Nathalie Hutter-Lardeau, nutritionniste et fondatrice de l’agence Atlantic Santé, spécialisée en nutrition, santé et sécurité alimentaire.

    Et comme il ne peut pas en faire des réserves, le cerveau doit être régulièrement alimenté en glucose. Votre enfant a donc besoin de sucre ! Mais de combien en a-t-il besoin ? L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande pour un enfant ayant entre 2 et 18 ans, une consommation quotidienne qui ne dépasse pas les 100 calories de sucre, soit 25 g, ce qui représente 5 cuillères à café.

    Un morceau de sucre est l’équivalent de 5g de sucre.

    Pour rappel 1 g de sucre = 4 calories.

    2 Partez à la chasse aux sucres ajoutés

    Le sucre se cache partout, même là où on ne l’attend pas forcément comme dans des plats industriels de type pizzas ou quiches, ou dans des sauces, de la charcuterie, des soupes, etc. Globalement utilisés de façon excessive par les industriels, les sucres ajoutés peuvent être évités en confectionnant soi-même ses repas ! Lorsque cela n’est pas possible et pour éviter aux enfants de consommer trop de sucre au quotidien, commencez par privilégier les produits estampillés « sans sucre ajouté ».

    Évitez également les aliments aromatisés : « Les boissons préparées comme les laits aromatisés contiennent 22 grammes de sucre par brique de 200 ml : c’est presque le nombre de grammes maximum recommandé par jour ! », prévient Nathalie Hutter-Lardeau.

    Alimentation des enfants : où se cache le sucre ?

     

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    Décryptez les étiquettes

    Lire les étiquettes est un geste de première importance afin de veiller à la composition des produits et du nombre de sucres ajoutés. En étudiant la liste des ingrédients, si le sucre figure en première position, c’est mauvais signe ! Attention, le sucre peut se cacher sous plusieurs noms : saccharose, sirop de riz, sirop de maïs, sirop de malt, sirop de fructose… Vérifiez également la ligne « dont sucres » qui vous indiquera la quantité de sucre qui a été ajoutée.

    Le saviez-vous ?

    Macif est partenaire de Yuka : l’appli qui vous aide à décrypter les étiquettes.

    4 Changez vos habitudes

    Dès le petit-déjeuner, privilégiez des produits peu sucrés pour votre enfant. Préférez par exemple un fruit à croquer à un jus de fruits, riche en sucres.

    Pendant ou après une activité physique intense, optez pour « les sucres rapides, présents dans les fruits notamment, qui donneront à votre enfant un coup de boost », préconise Nathalie Hutter-Lardeau, en ajoutant : « Les sucres absorbés plus lentement comme les féculents (riz, pâtes), les céréales et le pain complet sont à privilégier pour garder la forme tout au long de la matinée ou de l’après-midi. »

    Lorsque vous faites vos courses, évitez d’acheter des produits industriels ultrasucrés. Cela permettra à votre enfant de ne pas être tenté en ouvrant les placards. Pour les desserts, privilégiez les produits bruts ! Optez par exemple pour une salade de fruits maison ou un yaourt nature auquel vous rajouterez une petite cuillère de sucre, des dés de fruits ou de la compote. Pour le goûter, revenez à la base : un morceau de pain (aux céréales si possible), avec du chocolat noir 70 % : c’est si délicieux ! Plus un produit est brut, moins il a de risque de contenir de sucre ajouté !

    Et pourquoi pas préparer vous-même le goûter de votre enfant ? Voici une recette de biscuits granola moins sucrés à confectionner en famille :

     

    Bon à savoir

    Il est préférable de consommer une sucrerie à la fin d’un repas. Elle sera alors mélangée au bol alimentaire et sera moins rapidement assimilée, que prise seule en plein après-midi.

    5 Gare aux associations excessives

    « Il faut faire attention à ne pas cumuler trop de sucre dans un même repas », indique Nathalie Hutter-Lardeau.

    Pour cela, on évite les associations trop sucrées : au petit-déjeuner par exemple, associez du chocolat chaud à du pain complet beurré plutôt qu’à une viennoiserie ou un biscuit sucré. Côté fast-food, on évite d’y aller toutes les semaines. Et lorsqu’on y va, on adapte le menu de son enfant en associant par exemple le soda à un fruit en morceaux. Ou l’eau à la glace.

    Enfin, n’oubliez pas qu’il est inutile d’interdire ou diaboliser une catégorie d’aliment auprès d’un enfant.

    L’idée n’est pas de frustrer un enfant mais d’être raisonnable sur les quantités et la fréquence de consommation de sucre. Il faut ajuster les portions et autoriser les friandises mais de manière occasionnelle.

    L’Essentiel de l’article

    • Beaucoup de sucres ajoutés sont cachés dans les produits industriels.
    • Les étiquettes permettent de connaître la quantité de sucres ajoutés dans un produit.
    • Plus un produit est brut, moins il a de risque de contenir de sucre ajouté.
  • Piercing : quelles précautions pour prévenir les risques de complications ?

    Piercing : quelles précautions pour prévenir les risques de complications ?

    1 Quelles sont les contre-indications au piercing ?

    « Si la peau de votre enfant est particulièrement irritable, avec un eczéma atopique ou un psoriasis par exemple, le piercing est fortement déconseillé, car il pourrait amplifier les lésions sur les zones touchées », précise d’emblée le Dr Rousseaux, dermatologue. En revanche, si votre enfant souffre d’allergie au nickel, il n’y a pas de contre-indication. À une seule condition : que le bijou soit en acier chirurgical et fabriqué en Union Européenne (n’hésitez pas à poser la question au perceur). En effet, « les normes européennes ont banni le nickel, principal métal qui déclenche une allergie », observe la spécialiste.

    Bon à savoir

    Si votre enfant est mineur, vous devez signer une autorisation parentale pour qu’il puisse se faire percer dans un salon sans vous. Sinon, vous pouvez également l’accompagner en présentant votre pièce d’identité au professionnel.

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    2 Quel professionnel choisir pour se faire percer ?

    N’hésitez pas à accompagner votre ado dans différents salons de piercing pour échanger avec le professionnel sur le piercing souhaité, vous renseigner sur les soins pour la cicatrisation et checker les conditions d’hygiène. Tout comme le tatouage, le perçage corporel est très réglementé : port du masque et de gants, utilisation de matériel à usage unique, lavage des mains, désinfection de la peau avant le piercing, etc. C’est aussi l’occasion de vérifier que le professionnel utilise bien une aiguille plutôt qu’un pistolet pour percer. Ce dernier augmente le risque d’éclatement du cartilage, ce qui rend difficile la cicatrisation.

    3 Quelles sont les zones percées les plus sensibles aux complications ?

    « Si le piercing au lobe de l’oreille guérit facilement (environ 1 mois de cicatrisation), d’autres zones sont plus sensibles et difficiles à cicatriser », explique Isabelle Rousseaux. C’est le cas des tétons, des sourcils ou des lèvres, qui peuvent facilement s’infecter. En revanche, le piercing à la langue est plutôt bien toléré. « La bouche est autonettoyante, ce qui diminue le risque d’infection. Néanmoins, vous pouvez souffrir de petites complications comme des douleurs, des inflammations ou des saignements de la langue, qui disparaissent au bout de 2 à 3 jours », précise la dermatologue.

    Pour un premier piercing, il est conseillé d’opter pour une zone moins fragile, comme l’oreille ou le nombril, pour s’habituer au bijou et aux soins à lui apporter, avant de choisir des piercings plus originaux et sensibles tels que ceux sur le visage par exemple.

    À savoir

    « En dehors des piercings sur la langue, une fois la plaie cicatrisée, le trou du piercing ne se referme plus », explique Isabelle Rousseaux. Chaque piercing laisse donc une marque définitive (plus ou moins visible) sur votre peau, même après avoir retiré le bijou.

    4 Combien de temps doit-on attendre après un piercing pour se baigner ?

    « Comptez environ 4 à 6 semaines pour que la peau cicatrise après la pose du bijou », observe le médecin dermatologue. Pendant ce laps de temps, votre enfant doit éviter les baignades, car le sable, les germes et les bactéries dans l’eau des lacs et des piscines favorisent l’infection du piercing. Autre précaution : ne pas exposer la zone percée au soleil pendant la même durée pour une meilleure cicatrisation. Et si « la peau de la zone percée commence à rougir ou à gratter, demandez à votre enfant de retourner chez son perceur pour qu’il lui retire le bijou et consultez un médecin », rappelle Isabelle Rousseaux.

    Votre ado veut un piercing ?

    Une consultation chez un dermatologue est recommandée avant de se faire percer. Elle est couverte par le contrat Garantie Santé de la Macif.* Renseignez-vous !

     

    *voir conditions du contrat

    L’Essentiel de l’article

    • En cas de maladie(s) de peau, le piercing est déconseillé.
    • Il faut veiller à choisir un perceur agréé, qui utilise une aiguille.
    • Pour les mineurs, une autorisation parentale est nécessaire pour se faire percer.
    • Les baignades et l’exposition au soleil sont à proscrire pendant 4 à 6 semaines.
  • 8 bons réflexes avant de partir en vacances

    8 bons réflexes avant de partir en vacances

    1 Informez vos voisins de votre départ

    En votre absence, vos voisins peuvent vous rendre de multiples services ! Au minimum, ils peuvent garder un œil sur votre domicile et repérer les éventuelles intrusions pour donner l’alerte. Mais si vous leur confiez vos clés, ils peuvent aussi arroser les plantes, vérifier que tout va bien dans la maison, nourrir le poisson rouge, relever le courrier et intervenir plus rapidement en cas de dégât des eaux par exemple.

    2 Occupez-vous du courrier

    Pour que votre boîte aux lettres débordante ne révèle pas votre absence, faites suivre votre courrier sur votre lieu de vacances ou demandez à La Poste de le garder temporairement. Encore plus simple, vous pouvez le faire relever par une personne de confiance en lui confiant la clé de votre boîte aux lettres.

    3 Protégez votre domicile et vos biens

    Si vous n’avez personne à qui confier ce rôle, vous pouvez informer le commissariat de police ou la gendarmerie les plus proches de votre domicile. Dans le cadre de l’opération tranquillité vacances, ils pourront jeter un coup d’œil chez vous lors de leurs missions quotidiennes de surveillance du quartier.

    Par ailleurs, si vous avez récemment acquis des objets de valeurs, il est important de le signaler à votre assureur, qui adaptera si besoin votre contrat en conséquence. Cela ne découragera en rien les voleurs, mais vous aurez l’esprit plus tranquille si vous avez la certitude que tous vos biens sont assurés.

    Lire aussi : Sécurité : ces nouvelles technologies qui protègent votre habitation des cambriolages

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    La Macif vous couvre en cas de cambriolage grâce à l’offre assurance Habitation.
    Renseignez-vous !

    4 Faire garder Médor

    Si vous ne pouvez pas emmener vos animaux de compagnie avec vous, plusieurs solutions de garde s’offrent à vous : le confier à un proche ou demander aux voisins de venir régulièrement nourrir l’animal par exemple, ou encore recourir classiquement aux chenils. Plus original, vous pouvez aussi faire appel à des « pet-sitters » qui vont venir chez vous s’occuper de votre chien ou de votre chat contre rémunération. Des « familles d’accueil » pour animaux existent aussi, qui garderont votre animal le temps des vacances.

    5 Coupez l’eau, le gaz, l’électricité

    On n’est jamais à l’abri d’une canalisation ou d’un joint qui lâche, même en plein été. Si vous êtes absent, cela peut se traduire par d’importants dégâts car personne ne sera là pour intervenir. D’où l’utilité de couper l’arrivée d’eau au niveau de la vanne centrale. Comme ça, plus de pépin ! Idem pour le gaz et l’électricité, simples précautions de base. Pour éviter les surtensions en cas d’orage, débranchez également les appareils électriques sensibles (télévision, ordinateur, chaudière, lave-vaisselle, etc.).

    6 Dégivrez le frigo

    Si vous coupez l’électricité en partant, anticipez en dégivrant votre frigo : inutile de le faire tourner pour rien pendant trois semaines. C’est aussi l’occasion de le nettoyer à fond et de faire baisser sa consommation en éliminant la couche de givre du congélateur. Si vous décidez de le laisser tourner, videz-le bien des aliments périssables (fruits et légumes, viandes et charcuteries, laitages, restes divers, œufs, etc).

    Dans le même ordre d’idées, vérifiez qu’il n’y a pas de paquets entamés et mal refermés dans vos placards, qui risqueraient d’attirer les insectes. Pensez aussi à bien sortir toutes les poubelles et nettoyez-les avant de les rentrer.

    7 Scannez vos papiers

    Permis de conduire, carte d’identité, passeport… Ces papiers sont indispensables pour voyager, malheureusement on n’est jamais à l’abri d’une perte ou d’un vol lorsqu’on est loin de chez soi. Avoir des photocopies ou a minima un scan de ces précieux documents peut alors s’avérer très utile : ces copies peuvent permettre d’effectuer certaines démarches et aider au renouvellement des originaux. Pour les récupérer facilement à distance, adressez-les à vous-même par mail.

    8 Fermez tout !

    Ça semble évident, et pourtant il n’est pas rare de partir en ayant laissé une fenêtre ouverte. Avant de partir, faites le tour de toutes les pièces de votre domicile : fermez les volets, les fenêtres et fenêtres de toit, les vasistas, le garage, la cave, les remises, le grenier… Fermer à clé certaines portes intérieures (par exemple entre le garage et la cuisine) peut ralentir les cambrioleurs, c’est toujours bon à prendre !

     

    L’Essentiel de l’article

    • Informez vos voisins de votre départ.
    • Si vous partez longtemps, faites relever votre courrier.
    • Coupez l’eau, le gaz et l’électricité.
    • Dégivrez votre frigo.
    • Scannez vos documents importants.
    • Fermez soigneusement tous les accès.
  • Étudiants : la complémentaire santé est-elle obligatoire ?

    Étudiants : la complémentaire santé est-elle obligatoire ?

    Depuis le 1er septembre 2018, les étudiants sont affiliés au régime général de la Sécurité sociale (le plus souvent celui de l’un de leurs parents). Par ailleurs, comme c’était déjà le cas avant, ils peuvent librement choisir d’adhérer à une complémentaire santé ou pas.

    Mis à jour le 31/05/21

    1 CEVC, démarche obligatoire pour les étudiants

    Depuis 2019, les étudiants sont sollicités pour une nouvelle contribution annuelle, la CEVC (Contribution de vie étudiante et de campus) d’un montant de 92 €1, sans lien avec la Sécurité sociale. Les fonds versés sont utilisés pour favoriser l’accompagnement social, sanitaire, culturel et sportif des étudiants et conforter les actions de prévention et d’éducation à la santé.

    Certains étudiants sont exemptés du paiement de cette contribution : les boursiers sur critères sociaux et ceux bénéficiant d’une allocation annuelle dans le cadre des aides spécifiques, les étudiants bénéficiant du statut de réfugié, les étudiants bénéficiant de la protection subsidiaire et les étudiants enregistrés en qualité de demandeurs d’asile et disposant du droit de se maintenir sur le territoire.

    Vous avez moins de 30 ans ?

    Faites le bon choix avec le contrat Santé de Macif.

    2 Les complémentaires santé pour étudiants ou celles des parents ?

    Pour éviter des coûts exorbitants liés à une éventuelle hospitalisation ou d’avoir à supporter les frais liés aux soins dentaires peu remboursés par la Sécurité sociale, les étudiants peuvent opter pour une complémentaire, ou dans les cas où c’est possible, rester rattachés à la complémentaire santé de leurs parents. Consultez votre contrat d’assurance, ou le cas échéant, le contrat de santé collectif mis en place par votre employeur, pour vérifier les conditions d’affiliation de votre enfant, notamment si celui-ci est majeur.

    3 Des aides pour les étudiants boursiers ou défavorisés

    Il existe des aides pour les étudiants sous conditions de ressources, comme la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) ou l’aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS). Pour savoir si vous pouvez en bénéficier, vous pouvez faire une simulation de vos droits en ligne sur le site de la CPAM.

    Par ailleurs, sachez que certaines régions, telles que l’Île-de-France et la Provence-Alpes-Côte d’Azur, proposent des aides (subventions, chèques santé, PASS Santé Jeunes…) à leurs étudiants boursiers sur critères sociaux. Pour consulter les différentes aides proposées par les régions et outre-mer, rendez-vous ici.

    Lorsque vous partez à l’étranger, en Erasmus par exemple, renseignez-vous sur la couverture maladie en Europe.

    Enfin, n’oubliez pas que chaque université dispose d’un SUMPS (Service universitaire de médecine préventive et de promotion de la santé) à votre disposition pour des conseils et consultations individuelles gratuites sur la contraception, la vaccination, le dépistage ou encore les problèmes d’addiction (alcool, tabac).

    Plus d’infos sur : Etudiant.gouv.fr

    * Le contrat Garantie Santé proposé par la Macif est assuré par Macif-Mutualité ou Apivia Mutuelle, mutuelles régies par le livre II du code de la mutualité et adhérentes à la Mutualité Française.
    Les prestations d’assistance sont assurées par IMA ASSURANCES, entreprise régie par le code des assurances.

     
     

    1 Etudiants gouv 2021

    Enquête Conditions de vie des étudiant·e·s 2016 – Observatoire de la vie étudiante (OVE)