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  • Le diagnostic TSA chez les enfants, un parcours du combattant ?

    Le diagnostic TSA chez les enfants, un parcours du combattant ?

    Autisme chez l’enfant : de l’observation et de la patience

    Six ans. C’est le temps qu’il aura fallu à Marion Viol pour obtenir un diagnostic : « Trois ans pour que l’on me déculpabilise et trois ans pour me confirmer que mon fils présentait bien des signes d’un Haut Potentiel Intellectuel (HPI) et des troubles du spectre autistique (TSA) », précise-t-elle. Pourtant, dès les premiers mois qui suivent l’accouchement, cette jeune maman sent bien que quelque chose ne va pas : « Il n’aimait pas les chatouilles, il n’aimait pas que je lui chante des chansons… Toutes ces petites choses que les mamans font naturellement, chez moi, rien ne fonctionnait. »

    Comment l’expliquer ? À cette question, Marion Viol répond avec culpabilité : son fils étant le premier enfant, son inexpérience en est forcément la cause. Mais très vite, elle remarque chez ce petit garçon des capacités mémorielles exceptionnelles. « Il n’avait que deux ans et avait déjà mémorisé toutes les marques et modèles de voiture, se souvient-elle. Dès qu’il voyait les phares d’une auto, il me donnait dans l’instant la marque et le modèle. » Un signe bien loin des classiques « il ne regarde pas dans les yeux » ou « il ne pointe pas du doigt », mais un signe malgré tout. « Contrairement à ce que l’on pourrait penser, comme parfois même certains pédiatres, l’autisme ne repose pas uniquement sur le fait qu’un enfant va regarder ou non dans les yeux », déplore la jeune maman.

    Premiers signes autour de 18 mois

    C’est ce que confirme Frédérique Bonnet-Brilhault, pédopsychiatre et responsable du département universitaire de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent du CHRU de Tours (et coresponsable d’une équipe de recherche INSERM, l’équipe Autisme et neurodéveloppement de l’Unité IBrain, ndr) : avoir des intérêts particuliers, aimer des jeux atypiques, présenter des particularités sensorielles, réagir de manière très forte à des petits bruits ou à certains touchers, être trop mou ou hypertonique « Les signes sont nombreux, appuie-t-elle. Mais, si les parents ne reconnaissent pas l’autisme en soi, vous pouvez être sûrs qu’ils voient que sur certains aspects, la communication, la relation ou l’imagination de leur enfant ne se développent pas correctement. » De manière générale, c’est autour de 18 mois que l’autisme se manifeste. Mais il arrive que des formes plus légères ne se remarquent que vers l’âge de 2 ans et demi, lorsque l’enfant débute sa scolarisation. « Il est plus “facile” d’observer les premières difficultés de socialisation d’un enfant lorsqu’il est en groupe », explique la médecin.

    Troubles de développement : des parents démunis

    Au total, ce sont huit psychologues qu’ont consultés Marion et son compagnon. Sans succès. Entre ceux qui n’excluent pas la responsabilité de la mère et ceux qui sont totalement désarmés face aux troubles neurodéveloppementaux, le tunnel semble dénué de lumière. « Et ce n’est pas qu’une question de génération, estime Marion. J’ai pu rencontrer de jeunes professionnels de santé qui avaient les mêmes réflexions, les mêmes idées reçues, ce qui est bien plus inquiétant. S’ils ne sont pas à la page, soit. Mais qu’ils nous orientent vers quelqu’un d’autre. Lorsque vous souffrez en tant que parent, que vous êtes à court de solutions mais qu’on vous dit que c’est tout de même à vous de trouver des solutions, c’est très dur. C’est quelque chose qu’on ne peut pas entendre, c’est trop violent, trop injuste. »

    Si Frédérique Bonnet-Brilhault reconnaît que le nombre de médecins maîtrisant les troubles du neurodéveloppement est encore insuffisant, elle tient tout de même à souligner un effort de formation ces dernières années. « On sent que les choses changent, estime-t-elle. Vous avez notamment l’implantation dans chaque département de ce qu’on appelle les “plateformes de coordination et d’orientation”. » Lorsque le médecin traitant repère aux côtés des parents une trajectoire de développement différente, il peut solliciter cette plateforme qui va alors déclencher toutes sortes de bilans (orthophonique, psychomoteur, psychologique…). « Malheureusement, elles sont assez récentes (2019, ndr), tempère la pédopsychiatre. Il faut encore attendre pour que ces nouvelles plateformes soient parfaitement opérationnelles. Mais il est vrai que dans le domaine de la santé développementale, le temps est long. Si vous avez une enfant pour qui l’on suspecte une leucémie, les choses vont aller très vite. Lorsque c’est un problème de santé développementale, on réagit bien plus lentement alors que le temps compte aussi. »

    Après le diagnostic, le quotidien avec l’autisme

    Aujourd’hui, le fils de Marion a 9 ans et est suivi par une pédiatre, basée à Quimper – « soit à 15 km de mon domicile » –, spécialisée dans les troubles du neurodéveloppement : le Dr Sarah Doukhan-Becourt. Entre-temps, l’autisme s’est une nouvelle fois invité dans la famille, chez sa fille cadette. C’est pourquoi, à 39 ans elle a décidé de publier un livre intitulé La Théorie de la chaussette (paru en mars dernier, ndr), dans lequel elle raconte son quotidien : celui d’une mère dont les deux enfants souffrent de troubles du spectre autistique. « Le plus dur est passé, car une fois le diagnostic posé, vous pouvez trouver des prises en charge adaptées. Sans oublier le fait que le diagnostic donne une légitimité vis-à-vis de l’école et d’autrui. On cesse de vous faire douter, de vous culpabiliser. Ce qui ne change pas, c’est les journées rythmées par les crises, l’inquiétude et les angoisses lorsque vous pensez à l’avenir de votre enfant… »

    Comment faire face ? Pour Marion, l’essentiel est de se faire confiance en tant que parent. Et surtout, ne pas hésiter à continuer de poser des questions, et à changer de professionnel si ce dernier ne convient pas. Une remise en question permanente et indispensable, selon cette maman qui tient également à rassurer les futurs parents d’enfants autistes : « Qu’ils se sentent libres de craquer, c’est tout à fait normal. On a le droit de pleurer, on a le droit de crier. Et ce, tous les jours. »

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  • Autisme chez l’adulte : quel diagnostic et quelle prise en charge ?

    Autisme chez l’adulte : quel diagnostic et quelle prise en charge ?

    Autisme : les idées reçues

    Influencés par les représentations relativement caricaturales des troubles autistiques incarnées par des personnages de séries et de cinéma, de plus en plus de gens se questionnent sur l’origine de leur anxiété, de leurs difficultés en matière d’interactions sociales et de leurs troubles du sommeil. D’autres se demandent si leur voisin très doué en calcul mental ou leur collègue hypersensible au bruit ne serait pas « un peu autiste ». Depuis quelques années, l’autisme est devenu un sujet de société. Mais gare aux idées reçues !

    Hélène Vulser, psychiatre responsable du Centre du Neurodéveloppement adulte, Service de Psychiatrie adulte à l’Hôpital Pitié Salpêtrière, explique qu’on ne parle plus de « syndrome d’Asperger » ou « d’autisme de haut niveau » depuis plus de dix ans. On utilise aujourd’hui l’acronyme TSA, pour troubles du spectre de l’autisme, avec ou sans trouble de développement intellectuel. Thomas Bourgeron, généticien, chercheur à l’Institut Pasteur et auteur de Des gènes, des synapses, des autismes, Un voyage vers la diversité des personnes autistes, Odile Jacob, 2023, détaille des critères cliniques qui peuvent relever des TSA. « Il y a d’abord les troubles de l’interaction sociale, assure-t-il. Il peut s’agir d’un retrait complet, d’une absence des codes sociaux ou d’une très grande difficulté à interagir avec les autres. »

    Des intérêts restreints et répétitifs

    La présence d’une stéréotypie est un autre critère : « C’est une tendance à répéter certains gestes (comme le “flapping”, c’est-à-dire battre rapidement des mains, ndr) ou des comportements et des paroles, de façon involontaire et systématique », développe le généticien. De même que le fait d’avoir « des intérêts restreints et répétitifs », par exemple, une fascination pour les machines à laver ou les dinosaures. « C’est aussi pour cette raison que certaines personnes ayant des TSA ont des talents extraordinaires, éclaire le chercheur. Ils peuvent devenir des scientifiques ou des bibliothécaires incroyables ! » Hélène Vuslter ajoute que certaines personnes lourdement handicapées, avec des déficiences intellectuelles, peuvent néanmoins présenter des compétences exceptionnelles sur certains sujets. « On parle alors de pics de compétences », précise-t-elle. Cette psychiatre de renom réalise de nombreux diagnostics au sein d’un Centre de Ressources Autisme. Et elle s’alarme du « battage médiatique » et de la « psychose en France sur l’inquiétude de se découvrir qu’on est autiste à l’âge adulte ».

    Un diagnostic pluridisciplinaire

    Parmi les gens qu’elle reçoit, beaucoup ont des phobies sociales, des troubles anxieux, des dépressions, des troubles de personnalité borderline, des troubles du déficit de l’attention ou des troubles dys, sans présenter de troubles du spectre autistique pour autant. Pour en avoir le cœur net, le diagnostic a lieu dans un des Centres de Ressources Autisme agréés, selon les évaluations recommandées par la Haute Autorité de santé. Pendant au moins une journée, les personnes sont reçues par une équipe pluridisciplinaire composée de médecins, de psychologues, de psychomotriciens, d’orthophonistes, etc. « Et toujours en présence de quelqu’un de leur famille, souligne Hélène Vusler. Pour que l’on puisse échanger sur sa petite enfance. » Le diagnostic est entièrement pris en charge, mais il peut y avoir plusieurs mois d’attente pour obtenir un rendez-vous.

    En cas de diagnostic de TSA chez l’adulte, neuf séances d’éducation thérapeutiques sont prévues, ainsi que de l’entraînement aux habiletés sociales (pour comprendre les émotions et les intentions, savoir s’exprimer, etc.), et un travail sur les aspects sensoriels (apprendre à se servir d’un casque antibruit ou choisir une couverture lestée, par exemple). Ce programme s’accompagne d’une prise en charge psychiatrique et d’une aide sur les aspects socioprofessionnels, tels que la recherche d’un logement ou d’une activité professionnelle adaptée. Autant de moyens mis en place pour faciliter l’intégration sociale des adultes présentant des TSA.

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  • Les étirements : quand les effectuer et comment en tirer des bénéfices

    Les étirements : quand les effectuer et comment en tirer des bénéfices

    Les étirements doivent s’effectuer à chaud

    FAUX. Attention, car les étirements peuvent créer des lésions musculaires s’ils sont trop poussés. « On a tendance à les conseiller plutôt à froid en étant progressif dans leur mise en place », explique Matthieu Almoyner. Il est cependant possible de faire des étirements légers à la fin d’un entraînement. « Mais uniquement si celui-ci n’a pas été trop intense, en étant prudent et sans chercher à gagner en amplitude », prévient le masseur-kinésithérapeute.

    Il existe deux types d’étirements

    VRAI. Les étirements passifs sont réalisés en statique et consistent en un allongement musculaire durant lequel l’étirement est maintenu généralement entre 20 et 25 secondes. « Dans les étirements dynamiques, on intègre une contraction musculaire, explique Matthieu Almoyner, avant de préciser qu’il existe un sous-type, les étirements “balistiques”, qui intègrent un mouvement de balancier pendant la phase d’étirement. »

    Les étirements réduisent les douleurs liées aux courbatures

    FAUX. Il est important de comprendre que les courbatures sont une réponse inflammatoire à un effort inhabituel ou plus intense que d’habitude. Faire des étirements lorsqu’on souffre de courbatures peut même s’avérer dangereux, alerte Matthieu Almoyner : « Cela peut augmenter cette inflammation ou, inversement, s’ils sont faits avant un effort, “endormir” les récepteurs de la douleur. » Dans ce dernier cas, la personne ne se rend pas compte que l’effort est trop intense, ce qui peut aggraver l’inflammation existante.

    Les étirements évitent les blessures

    VRAI, en partie. « Les étirements sont un facteur permettant de limiter leur apparition, mais ce n’est clairement pas le facteur principal », analyse le kinésithérapeute du sport. D’autant plus qu’une blessure peut avoir de multiples origines, il est donc difficile d’affirmer que les étirements peuvent systématiquement aider à les prévenir.

    Il faut s’étirer avant et après une séance de sport

    CELA DÉPEND. Les étirements passifs avant une séance sont à proscrire, car ils ont tendance à endormir le muscle, ce qui est contraire au but d’un échauffement. « En revanche, les étirements actifs peuvent être réalisés pour échauffer le muscle », souligne Matthieu Almoyner. Après la séance, il est possible de s’étirer, mais seulement « si la séance n’a pas été trop intense, poursuit le spécialiste, mais l’idéal reste de le faire à froid de manière progressive ».

    S’étirer améliore la souplesse, et donc la mobilité

    VRAI, en partie. Les étirements ont bien pour principal effet de rendre plus souple, car ils allongent le muscle. « Un muscle souple va forcément permettre à une articulation de mieux bouger », note le masseur-kinésithérapeute. En revanche, « il ne faut pas nécessairement être souple pour être mobile » : la mobilité peut se développer autrement.

    S’étirer améliore les performances sportives

    Tout dépend du sport pratiqué. Certaines activités nécessitent une grande souplesse, d’autres non. « Pour les gymnastes, c’est sans aucun doute un facteur de performance, observe ainsi Matthieu Almoyner. Par contre, pour la course à pied, on sait qu’une certaine rigidité des tendons d’Achille permet un meilleur renvoi de l’énergie. » Il faut donc bien adapter les étirements à la pratique sportive.

    Les étirements n’ont pas de véritable utilité

    FAUX. Les étirements ont bien des bénéfices : ils améliorent et renforcent la mobilité générale du corps. « Mais ils doivent faire partie d’une routine plus globale (sport, alimentation, sommeil) pour en tirer le maximum, prévient le spécialiste du sport, avant de conclure : En somme, ce n’est pas un remède miracle. »

    En résumé, pour être utiles, les étirements doivent être adaptés à l’activité physique pratiquée et réalisés au bon moment. Dans le doute, il est toujours utile de consulter un professionnel qui saura vous orienter vers les étirements adaptés à votre cas.

  • Comment prendre soin de ses pieds ?

    Comment prendre soin de ses pieds ?

    Faire un appel du pied, avoir bon pied bon œil, travailler d’arrache-pied ou encore casser les pieds… Les expressions comprenant le mot « pied » sont si nombreuses que l’on saisit vite l’importance de cette partie de notre corps. Mais pour ce qui est d’en prendre soin, ce n’est pas toujours évident. Les pieds sont, selon les podologues, trop souvent négligés (contrairement aux mains) bien qu’ils effectuent entre 6 et 10 000 pas par jour et, en moyenne dans une vie, deux fois et demie le tour de la Terre. Arrêtons de sous-estimer nos pieds où une telle négligence aura son lot de conséquences, comme nous le rappelle le site d’Ameli, le site de l’assurance maladie : « Cela vous aidera notamment à poursuivre vos activités physiques et sportives, à diminuer votre risque de chute, à éviter l’épaississement de la peau des pieds – responsable de cors, cals et durillons – à prévenir les infections (mycoses ou verrues plantaires) et l’incarnation des ongles, ou encore à éviter les complications en cas de diabète ou de troubles vasculaires (artérite des membres inférieurs). »

    Une bonne hygiène, la base

    Prendre soin de ses pieds, c’est avant tout les nettoyer quotidiennement – ou davantage, si la personne est sujette à une transpiration excessive. Comment ? En utilisant de l’eau (ne dépassant pas les 37°C) et un savon doux, tel que le savon de Marseille, tout simplement. Attention à bien les rincer et à bien les essuyer – en particulier entre les orteils – afin de prévenir la macération, source d’infection.

    Les soins, le petit plus

    Que la peau de vos pieds soit sèche ou non, il est toujours conseillé d’hydrater quotidiennement les pieds (au moins les talons, la semelle plantaire et le tour des ongles), en les massant à l’aide d’une crème hydratante. Attention à toujours bien éviter les espaces entre les orteils.

    Rubis sur l’ongle

    Une bonne hygiène des pieds, c’est aussi penser à se couper les ongles régulièrement et correctement, afin d’éviter les petites blessures ou la survenue d’un ongle incarné. L’idéal est de le faire après la douche (ou le bain) – car les ongles sont ramollis par l’eau – et de les couper court et le plus rond possible. « Si on ne sait pas faire, il y a la fameuse technique qui est de laisser les angles des ongles dépasser, rappelle Fabian Retif, podologue-pédicure basé à Angers. Si on n’arrondit pas correctement, on laisse un petit étron dans le sillon de l’ongle et, avec les petits chocs de la chaussure, ça peut s’incarner. » Pour ce qui est de l’outillage, le site Ameli recommande d’utiliser « des ciseaux à ongles désinfectés à l’alcool ou un coupe-ongle ». Mais, si vous estimez manquer d’expertise – ou si vous avez tout simplement la flemme – il est toujours possible de prendre rendez-vous chez un podologue-pédicure.

    Changer fréquemment de chaussettes et bien choisir ses chaussures

    On ne vous apprend rien : les chaussettes doivent être renouvelées quotidiennement. Et pour limiter la transpiration, mieux vaut privilégier les fibres naturelles telles que le coton. À noter que, pour des pieds fragiles, l’absence de coutures est un plus, limitant les risques d’irritation cutanée. Et qu’en est-il des chaussures ? Plusieurs aspects doivent être considérés : une pointure adaptée, un bon maintien du pied, un cuir souple et une largeur suffisante. « Beaucoup de chaussures – notamment chez les femmes – ont un avant-pied trop fin, pouvant entraîner des cors ou des ongles incarnés, avertit Fabian Retif. Pour être sûr de soi, je conseille de sortir la semelle de propreté qui se trouve à l’intérieur de la chaussure. Posez ensuite le pied sur cette semelle pour bien vérifier que tous les orteils tiennent (gros orteil et auriculaire). » Sans surprise, le podologue met en garde contre les chaussures aux talons dépassant les 4 centimètres.

    Marcher pieds nus (le plus souvent possible)

    « Comme une main, le pied est fait d’une multitude de muscles, note Fabian Retif. Mais le fait que le pied soit chaussé, c’est comme si nous avions une main dans un gant toute la journée. Nous ne sollicitons que certaines parties du pied. Marcher pieds nus un certain temps revient à stimuler l’ensemble du pied et à rééquilibrer tous les points d’appui. » Les podologues recommandent cet exercice.

    En cas de diabète et d’artérite des pieds

    Il arrive que certaines personnes présentent « des troubles de la sensibilité des pieds, liés par exemple à un diabète ou à une mauvaise vascularisation », indique aussi Ameli.fr. Dans ces cas, des précautions particulières sont à prendre en compte : éviter d’exposer ses pieds à des sources de chaleur directe (bouillotte, radiateur, sable chaud, cheminée, etc.), limiter les risques de plaies, protéger sa peau au maximum, mais surtout, « inspectez-les quotidiennement afin de détecter d’éventuelles anomalies, insiste Fabian Retif. L’utilisation d’un miroir peut d’ailleurs aider ». Anomalies ou pas, il est fortement recommandé de faire examiner ses pieds chaque année, par un pédicure-podologue ou son médecin traitant.

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  • Dry January : Le défi du Janvier Sobre

    Dry January : Le défi du Janvier Sobre

    Début 2011, la Britannique Emily Robinson s’inscrit à son premier semi-marathon. Pour relever le défi et être en forme pour l’échéance en février, elle décide d’arrêter de boire de l’alcool durant le mois précédent. C’est un succès. Emily perd du poids, dort mieux et est plus en forme pour courir. Elle renouvelle l’opération l’année suivante. Entre-temps, elle a rejoint l’organisation Alcohol Change UK. Son histoire fait des émules. À tel point que l’organisation caritative décide d’en faire la promotion. C’est ainsi que la première édition de « Dry January » ou « janvier sec/sobre » voit le jour en janvier 2013.

     

    49% des 16-30 ans

    en France boivent de l’alcool au moins une fois par mois(1).

    41% d’entre eux le font “juste pour s’amuser”, 29% pour “destresser” et 22% car cela leur permet “plus facilement d’oser dire et faire des choses”

    Motivation et bienfaits

    Dix ans plus tard, l’initiative a essaimé. Aux quatre coins de l’Europe, des personnes profitent du mois suivant les agapes des fêtes de fin d’année pour relever le défi de janvier et faire une pause dans leur consommation d’alcool. Guillaume fait partie des pionniers. Ce quadragénaire qui travaille dans le contrôle de gestion entend parler de Dry January dès 2014, par le biais d’un ami irlandais. Il y voit à l’époque un bon moyen de réduire sa consommation après des fêtes bien arrosées : « Généralement, je faisais une pause de quelques jours et puis je recommençais dès la galette des Rois. Et puis le challenge m’a plu. Je suis allé au bout. Et j’ai compris qu’en fait, c’était assez cool de ne pas boire. Je dormais mieux, j’ai perdu du poids. » Après avoir longtemps pratiqué janvier sec, Guillaume s’attaque en 2022 au « dry september ». Là encore, c’est un succès. Depuis, Guillaume a tout simplement arrêté de boire de l’alcool.

    Le Dry January en chiffres(2)

    • 4.5 millions de participant·e·s en France
    • 62% des participant·e·s consomment toujours moins d’alcool trois mois après le Dry January
    • 54 % des participant·e·s déclarent une amélioration du bien-être physique

    Défi à relever

    Même si tous ceux qui s’y essayent n’optent pas pour une solution aussi radicale que Guillaume, chaque année, environ 19 % des Français ont déjà participé au Dry January(3). L’année dernière, les organisateurs de la campagne ont même relevé une hausse de 15 % des téléchargements de l’application Try Dry, qui accompagne celles et ceux souhaitant réfléchir à leur consommation d’alcool. Pourtant s’essayer à Dry January est parfois un parcours semé d’embûches. Entre les tentations sociales, les sollicitations d’amis toujours prompts à vouloir boire un verre, relever le défi n’est pas chose aisée.

    Marc, 50 ans l’a constaté. En janvier 2023, cet agent immobilier originaire de Blois, soucieux de faire attention à son hygiène de vie, tente l’aventure avec sa femme : « Après une semaine d’abstinence, somme toute assez facile, l’envie de boire un verre de vin est revenue en force avec l’arrivée du week-end. Dès le samedi soir, nous nous sommes regardés en riant et nous avons ouvert une bouteille de blanc. Nous ne faisons pas partie de la génération des défis qu’on s’impose. L’idée de cesser de boire en janvier, car tout le monde le fait, nous a vite paru ridicule. »

    Malgré cet échec, Marc et sa femme ont adopté leur propre ligne de conduite, qui consiste à ne pas boire en semaine et à se faire plaisir le week-end. Ils tirent de cette expérience la leçon suivante : « Si faire le Dry January peut aider d’autres gens à boire moins d’alcool, tant mieux. En ce qui nous concerne en tout cas, nous préférerons vivre la modération à notre manière, plutôt que de suivre un protocole qui nous semble absurde. »

    Quid de la pression sociale ?

    Julia, journaliste de 32 ans, s’essaye, elle, au Dry January en 2015, alors qu’elle est étudiante à Bruxelles. Après avoir entendu parler du défi sur les réseaux sociaux, elle se jette à l’eau avec quelques amis. Eux cèdent rapidement. Elle tient bon tout au long du mois et constate les effets bénéfiques : « J’ai perdu quatre kilos, j’ai vu des résultats concrets. » Pourtant c’est la première et dernière fois que Julia fait Dry January, elle ne renouvelle pas l’opération les années suivantes : « Quand tu es seule à le faire, c’est pénible. Si tu t’obliges à boire une eau pétillante quand tout le monde opte pour une bière, ce n’est pas très drôle. Mais ça m’a appris à boire avec modération. Par exemple à ne boire qu’une bière quand je sors. » Ses amis belges, eux, ont plébiscité une nouvelle forme de sobriété. À la place de Dry January, il existe depuis 2021 la Tournée minérale, qui encourage les Belges à relever le défi d’un mois de février sans alcool. Principal avantage selon les adeptes ? Il y a moins de jours en février qu’en janvier.

    Le Dry 31 : la plus grosse fête sans alcool !

    Imaginez une fête géante, unique, conviviale mais surtout… sans gueule de bois le lendemain ! C’est le concept du Dry 31 ! Un projet un peu fou : transgresser le dernier tabou de la sobriété. 50 lieux dans 25 villes en France ont décidé de jouer le jeu. Le 31 janvier 2026, cette grande fête accessible à tous vous invite à réinventer la convivialité. Au programme : de nombreuses animations, une expérience unique à vivre… et le plaisir de profiter de la journée du lendemain !

    Je participe au Dry 31 ! 

    (1) Baromètre Macif 2024

    (2) Chiffres 2024, https://dryjanuary.fr/

    (3) CSA 2024

  • VIH/Sida : vrai – faux sur les idées reçues

    VIH/Sida : vrai – faux sur les idées reçues

    Radia Djebbar : Faux ! C’est peut-être la fausse croyance la plus répandue, qu’il est important de déconstruire. Être atteint du VIH ne signifie pas avoir le sida. Le VIH est un virus pouvant entraîner le Sida. Si le VIH n’est pas traité, il peut affaiblir le système immunitaire jusqu’à atteindre le stade Sida, mais aujourd’hui, grâce aux traitements Sida, de nombreuses personnes vivent avec le VIH sans jamais développer le Sida.

    « On peut attraper le VIH par simple contact physique »

    R.D. : Faux. Après 40 ans de VIH, on se bat toujours contre ces idées, qui sont en réalité des peurs irrationnelles. Les toilettes publiques ou le sang séché sont encore, à tort, une hantise pour les gens. Le partage de couverts, les poignées de porte, les câlins, les baisers, dormir dans le même lit, boire dans la même canette… Tout cela comporte un risque nul de transmettre le VIH. Les vrais risques de contamination sont les suivants : des rapports sexuels non protégés, le partage de seringues ou d’aiguilles en cas de consommation de drogue par voie intraveineuse, et la transmission verticale de la mère à l’enfant.

    « Les femmes séropositives ne peuvent pas avoir d’enfants sans les infecter »

    R.D. : C’est compliqué. Le désir d’enfant est tout à fait réalisable pour une personne vivant avec le VIH. Cependant, il est essentiel de planifier la grossesse afin de bénéficier d’un suivi médical adapté et de minimiser le risque de transmission du virus à l’enfant. En France métropolitaine, les traitements antirétroviraux ont permis de réduire le taux de transmission mère-enfant du VIH-1 à 0,54 % entre 2005 et 2011, contre 15 à 20 % sans traitement.

    « Aucun risque d’attraper le sida en pratiquant du sexe oral »

    R.D. : Faux. Pratiquer une fellation avec une personne non traitée, tout comme les relations sexuelles entre femmes, présente un risque faible, mais réel, surtout en cas de présence d’infections sexuellement transmissibles ou de lésions sur les muqueuses.

    « On ne peut pas contracter le VIH en ayant un seul partenaire sexuel »

    R.D. : Avoir un seul partenaire tout au long de sa vie n’assure pas une protection contre le VIH. Si l’un des partenaires est infecté, il peut transmettre le virus lors de rapports non protégés. La fidélité mutuelle n’est une méthode de prévention efficace que si les deux partenaires sont séronégatifs et le demeurent. Pour que cette démarche soit réellement protectrice, les deux partenaires doivent en premier lieu se faire tester.

    « Le Sida, on n’en meurt plus »

    R.D. : C’est compliqué. Il est important de distinguer deux phases dans l’évolution de la maladie : l’infection par le VIH et le Sida, qui représente le stade avancé de l’infection. Dans les années 1980, lorsque les dispositifs d’accompagnement ont été mis en place, ils visaient principalement à accompagner les malades en fin de vie. Aujourd’hui, grâce aux traitements, une personne séropositive avec une bonne immunité peut avoir une espérance de vie comparable à celle d’une personne non infectée. Selon les prévisions de l’OMS, si toutes les personnes vivant avec le VIH étaient dépistées et traitées, il serait possible d’éliminer les nouvelles contaminations d’ici 2030.

    « Le préservatif est efficace à 100 % pour se protéger du VIH »

    R.D. : Au-delà du préservatif, essentiel, il existe d’autres méthodes de prévention du VIH en complément ou en alternative au préservatif. Parmi elles, la PrEP (prophylaxie préexposition), un traitement préventif destiné aux personnes ne souhaitant pas utiliser de préservatif. Il y a également le TPE (traitement post-exposition), administré aux personnes ayant pris un risque, comme lors d’un rapport non protégé. Ce traitement doit être initié dans les 48 heures suivant l’exposition. À noter : ces traitements sont entièrement pris en charge, y compris pour les personnes sans complémentaire santé.

    « C’est compliqué de se faire dépister »

    R.D. : C’est faux. Il existe au moins un Centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd) dans chaque département, dont la liste est accessible sur le site vih.org. Il est également possible de réaliser un dépistage dans un laboratoire d’analyse médicale, sans avoir besoin de rendez-vous, d’ordonnance ou d’avancer des frais. Une autre option consiste à utiliser un autotest, disponible en pharmacie pour un prix compris entre 25 et 30 €. Les délais pour détecter une éventuelle infection varient en fonction des tests, allant de six semaines à trois mois après l’exposition au risque.

    « On peut être guéri du VIH »

    R.D. : Faux. À ce jour, il n’existe pas de remède ni de vaccin pour guérir le VIH. Cependant, les traitements antirétroviraux permettent de contrôler le virus et de vivre sans symptômes, avec une espérance de vie quasi similaire à une personne non porteuse du VIH. Comme le VIH peut rester asymptomatique pendant plusieurs années, se faire dépister est indispensable. Par ailleurs, des avancées significatives dans la recherche vaccinale sont en cours, et des essais cliniques prometteurs ont été réalisés.

    Consultations médecin généraliste, gynécologue, urologue

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  • Préservatif : vrai/faux sur l’utilisation

    Préservatif : vrai/faux sur l’utilisation

    Le préservatif est trop cher : FAUX

    « Ils sont totalement gratuits et sans prescription en pharmacie pour les moins de 26 ans », répond la sexologue Catherine Solano. Pour les personnes au-delà de 26 ans, ils sont remboursés à hauteur de 60 % sur présentation de la prescription d’un médecin. Mais il existe divers endroits où l’on peut s’en procurer sans rien débourser, comme au planning familial ou dans les centres de dépistage des IST.

    Il peut altérer le plaisir : VRAI, mais…

    « Les hommes peuvent avoir moins de sensation lorsqu’ils portent un préservatif. Mais ça peut être un avantage pour ceux qui sont sujets par exemple à des éjaculations précoces. Sans compter qu’avoir un rapport sans le stress de pouvoir attraper une IST est quand même bien plus agréable », souligne la sexologue et autrice de plusieurs ouvrages sur la sexualité et la santé.

    Avec le préservatif, pas besoin de lubrifiant : FAUX

    Il est fortement recommandé d’ajouter du lubrifiant lors d’un rapport avec un préservatif. « Les frottements sont augmentés, ça peut brûler et faire mal », explique Catherine Solano. Mais attention, il ne faut pas utiliser n’importe quoi. « Seulement des lubrifiants à base d’eau. Sinon ça fragilise le préservatif et il peut se déchirer. Donc, pas d’huile d’olive ou d’huile de coco ! », prévient la médecin.

    Il est seulement réservé aux hommes : FAUX

    Il existe également des préservatifs internes, parfois appelés préservatifs féminins, qui peuvent être autant utilisés lors d’un rapport vaginal qu’anal et qui protègent tout autant que le préservatif « classique ». « On sait d’après des études qu’au moins un tiers des couples qui les testent finissent par les adopter. C’est comme les préservatifs masculins, certains vont dire qu’ils sont compliqués à utiliser, mais il suffit d’un peu d’entraînement », estime la sexologue Catherine Solano.

    Il ne protège pas contre toutes les IST : VRAI

    Le préservatif protège contre les IST qui se transmettent par le sperme, les sécrétions vaginales ou le sang comme le VIH, l’hépatite B, la syphilis, la gonorrhée ou encore la chlamydiose. « Mais il n’est pas toujours efficace contre les papillomavirus ou les herpès, parce que ce sont des maladies qui se transmettent facilement avec un contact peau à peau », ajoute Catherine Solano.

    On n’en a pas besoin au premier rapport sexuel : FAUX

    « Évidemment qu’il faut en porter un. Si c’est votre première fois, votre partenaire, lui, peut très bien avoir eu une IST. Ou alors, il faut avoir fait un test tous les deux et être sûr que son partenaire n’a pas eu de rapport depuis trois mois. Mais il faut être sûr de la fidélité de l’autre et ce n’est pas toujours évident. »

    Il est impossible d’en porter lorsqu’on est allergique aux latex : FAUX

    Les personnes concernées par une allergie au latex peuvent se tourner vers des préservatifs fabriqués à partir de néoprène ou de polyuréthane. Il en existe aussi confectionnés dans un latex déprotéiné qui réduit fortement le risque de réaction allergique.

    Le préservatif a une date limite d’utilisation : VRAI

    « Non seulement il a une date limite, mais en plus il faut faire attention aux conditions dans lesquelles on le garde. On ne le stocke pas dans son frigo ou au soleil sur la plage arrière de sa voiture. Ni dans son portefeuille pendant des mois. Sinon, la matière, que ce soit du latex ou autre chose, va s’abîmer. »

    Le préservatif se porte dans n’importe quel sens : FAUX

    Avant de l’enfiler, il est important de s’assurer que le préservatif est dans le bon sens. Pour le préservatif externe, dit masculin, l’anneau présent à son extrémité doit être à l’extérieur de manière à ce que le préservatif puisse être déroulé facilement. Si ce n’est pas le cas, il est sans doute dans le mauvais sens. Attention aussi à pincer le petit réservoir au bout du préservatif pour éviter la formation d’une bulle d’air qui risquerait de le faire éclater pendant le rapport. Pour le préservatif interne, dit féminin, il faut prendre l’anneau interne (le plus petit) et le pincer entre 2 doigts (pouce et index) puis l’insérer et ensuite le relâcher une fois bien positionné. Il ne doit pas être tordu.

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  • Herpès : Vrai / Faux sur les idées reçues

    Herpès : Vrai / Faux sur les idées reçues

    Qu’est-ce que l’herpès, exactement ?

    Magalie Garcia : L’herpès labial, communément appelé bouton de fièvre, est une maladie virale cutanée récidivante, qui se manifeste sur les lèvres, à la jonction entre la peau et la muqueuse, ou bien sur les parties génitales. Cette maladie est causée par le virus herpès simplex de type 1 (HSV-1), qui s’installe dans l’organisme après une première infection.

    « L’herpès, ça peut arriver à tout le monde »

    M.G. : Vrai. L’herpès est l’une des infections virales les plus courantes dans le monde ! Selon de nouvelles estimations faites en 2020, près de 500 millions de personnes sont atteintes d’herpès génital, et plusieurs milliards ont une infection orale due au virus de l’herpès. Ce qu’il est important de rappeler pour éviter les préjugés : le virus peut toucher n’importe qui, indépendamment de son âge, de son genre ou de son mode de vie.

    « Si on attrape de l’herpès, on en aura toute sa vie »

    M.G. : Vrai. Une fois infecté par le virus de l’herpès, il reste en effet dans l’organisme, tout simplement parce que le système immunitaire et les traitements actuels ne parviennent pas à l’éliminer complètement après la première infection. Mais pas de panique : les réactivations ne sont pas systématiques et varient d’une personne à l’autre. Certaines personnes peuvent connaître des rechutes fréquentes, tandis que d’autres n’en auront qu’une ou deux tout au long de leur vie.

    « L’herpès se soigne avec des antibiotiques »

    M.G. : Faux. Les antibiotiques, là encore, ne sont pas automatiques ! Ils sont particulièrement inefficaces contre l’herpès, car ils ne ciblent que les infections bactériennes, alors que l’herpès est une infection virale. Pour traiter l’herpès, on utilise plutôt des médicaments antiviraux, tels que l’aciclovir, le valaciclovir ou le famciclovir, qui permettent de réduire la durée et la sévérité des poussées.

    « Le soleil, le froid ou les remèdes de grand-mère, comme le vinaigre, une gousse d’ail ou un glaçon, peuvent empêcher le bouton de sortir »

    M.G. : Faux. Au contraire, le soleil est un facteur qui favorise la poussée et la propagation de l’herpès labial. Et jusqu’à preuve du contraire, aucun remède de grand-mère n’a montré de réelle efficacité pour stopper l’évolution de l’herpès lors d’une crise. Cependant, il est possible que ces derniers puissent apaiser ou atténuer les symptômes.

    « On peut attraper l’herpès en utilisant les toilettes publiques »

    M.G. : Faux. L’herpès ne se transmet pas via des objets inanimés, comme les lunettes de toilettes, les poignées de porte, ou encore les couverts. Le virus a besoin d’un contact direct avec la peau ou les muqueuses pour se propager.

    « Si on est infecté, les symptômes sont toujours sévères »

    M.G. : Faux ! Beaucoup de gens ne présentent aucun symptôme ou observent des manifestations très légères qui passent inaperçues, comme des picotements ou des irritations. En revanche, les personnes dont le système immunitaire est affaibli (à cause du VIH/Sida, de la chimiothérapie, ou d’un autre traitement immunosuppresseurs) peuvent avoir des poussées d’herpès plus fréquentes et plus difficiles à traiter.

    « On ne peut pas avoir de relations sexuelles normales en cas d’herpès »

    M.G. : Faux. Car si l’herpès génital complique effectivement les rapports, il n’empêche pas d’avoir une vie sexuelle. Des traitements antiviraux peuvent réduire la fréquence des poussées et le risque de transmission. Il est également conseillé d’utiliser des préservatifs et d’éviter les rapports pendant les poussées.

    « Avec le préservatif, pas de risque d’herpès »

    M.G. : Faux. Les préservatifs réduisent significativement le risque de transmission, mais ne l’éliminent pas complètement, car le virus peut se trouver sur les zones de la peau non couvertes par le préservatif.

    « Il est possible de sentir l’herpès arriver avant que les premiers signes soient visibles à l’œil nu »

    M.G. : Vrai. Des signes précurseurs apparaissent six heures à deux jours avant l’arrivée d’un bouton de fièvre. Certaines personnes affectées par l’herpès ressentent des symptômes avant l’apparition visible des lésions, comme des sensations de picotement, de brûlure, de démangeaison ou de douleur dans la zone où une éruption herpétique est sur le point d’apparaître. Il est utile de commencer un traitement antiviral pour réduire la gravité de l’épisode ou le prévenir.

    « Le stress peut provoquer une récidive d’herpès »

    M.G. : Vrai. Le stress, parce qu’il affaiblit le système immunitaire ou augmente la production de certaines hormones (comme le cortisol), peut favoriser la réactivation d’herpès et provoquer une nouvelle poussée. D’autres facteurs peuvent également déclencher des récidives, tels que la fatigue, les changements hormonaux (comme les menstruations), les maladies, les blessures ou une exposition au soleil (dans le cas de l’herpès labial). Mais le stress reste l’un des déclencheurs les plus courants des réactivations du virus.

     

    * Erratum

    Une coquille s’est glissée lors de la publication initiale de cet article le 18 novembre 2024. Les propos tenus ont été attribués au Dr Magali Garcia, médecin infectiologue au CHU de Poitiers. Or, c’est une homonyme, le Dr Magalie Garcia, docteur en médecine basée à Montpellier, qui a répondu à cette interview. La rédaction tient à leur présenter ses sincères excuses. L’article a été modifié dans ce sens avant republication.

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    (1) Harris 2015

  • Cancer du testicule : quels symptômes et comment dépister ?

    Cancer du testicule : quels symptômes et comment dépister ?

    Les signes qui doivent alerter

    La découverte d’une masse dure, semblable à un petit caillou, sur l’un des testicules, l’augmentation ou la régression de volume d’une des bourses, sont les signes les plus souvent constatés, mais globalement, tout changement d’un aspect du testicule doit amener à consulter. « Dès l’instant où il y a une anomalie testiculaire, il faut vraiment consulter sans attendre, insiste l’oncologue Natacha Naoun. Un diagnostic précoce est très important, parce qu’il augmente les chances de guérison et diminue l’intensité des traitements nécessaires. »

    Pour détecter une éventuelle anomalie, la méthode est simple : l’autopalpation. Idéalement, après une douche chaude, tâter ses testicules au moins une fois par mois. « La difficulté avec le cancer du testicule, c’est que souvent la tumeur testiculaire n’est pas forcément douloureuse au premier abord. Donc les jeunes hommes vont palper et se dire qu’ils ne sentent rien, que ça ne les gêne pas, ce qui va provoquer des retards de diagnostic. » En cas de doute, ne pas hésiter à se tourner vers son médecin traitant ou un urologue, qui prescrira une échographie testiculaire et une prise de sang. « Deux examens extrêmement simples et accessibles à faire », souligne l’oncologue.

    Quels sont les facteurs de risque  ?

    L’âge : un cancer qui touche principalement les jeunes

    Loin d’être le cancer le plus fréquent chez l’homme, puisque représentant environ 2700 cas par an en France, soit 1 à 2 % des cas de cancer, le cancer du testicule est en revanche le plus répandu entre 15 et 45 ans. « C’est le premier cancer du jeune homme, de loin, indique Natacha Naoun, oncologue spécialiste de ce cancer. C’est vraiment lié à l’âge, même si on a des cas tardifs jusqu’à 60 ans. »

    La cryptorchidie

    Le fait d’avoir eu un retard ou une anomalie de descente d’un ou des deux testicules à la naissance. C’est l’un des facteurs les plus connus et favorisants.

    Les antécédents familiaux

    Un père, un frère ou un oncle ayant eu ce cancer doit susciter une vigilance particulière. « Ce n’est pas lié à un gène en particulier, mais le contexte familial est très important », signale Natacha Naoun.

    D’autres facteurs de risque sont à l’étude

    Parmi ceux-ci, les perturbateurs endocriniens, qui peuvent être contenus dans les pesticides, les plastiques ou les produits de beauté, une consommation importante et régulière de cannabis, une baisse anormale de la fertilité appelée hypofertilité, ainsi qu’une atrophie testiculaire, c’est-à-dire un testicule qui n’a pas atteint sa taille normale ou a régressé.

    Quel traitement  pour le cancer des testicules ?

    L’orchidectomie

    Terme désignant l’ablation du testicule malade. Difficile d’y couper, même si dans quelques rares cas, il peut y avoir une ablation partielle. « Si la tumeur est de petite taille, précise Pierre-Emmanuel Bryckaert, chirurgien-urologue. Mais dans 95 % des cas, la chirurgie première consiste à effectuer une ablation. » Totale ou partielle, une opération qui peut suffire à traiter le cancer.

    La chimiothérapie

    Si la maladie est avancée et qu’il y a des métastases, une chimiothérapie, à base d’un ou plusieurs médicaments anticancéreux, est nécessaire. La chimiothérapie peut aussi être proposée à titre préventif. « Même sans localisation secondaire, on peut être amené à proposer des chimiothérapies dites adjuvantes, après la chirurgie, qui vont diminuer le risque métastatique », explique Pierre-Emmanuel Bryckaert.

    La radiothérapie

    Un traitement aux rayons X est possible dans certains sous-types de tumeur, les séminomes purs de stade 2. « Ce qui n’est pas forcément un traitement moins lourd », ajoute le chirurgien-urologue.

    Le curage ganglionnaire

    Opération chirurgicale qui intervient éventuellement dans un troisième temps, après la chimiothérapie ou la radiothérapie, permettant de retirer les cellules cancéreuses qui se sont se propagées jusqu’aux ganglions lymphatiques. Un cancer qui se traite bien : le taux de survie à 5 ans est de 98 % pour les patients âgés de 20 ans et 94 % pour ceux de 60 ans.

    Quelles conséquences ?

    Une vie sexuelle normale

    Avant l’ablation, par précaution, une préservation de sperme est réalisée, « mais la plupart des malades n’en auront pas besoin après, assure Pierre-Emmanuel Bryckaert. On peut reprendre une vie normale. L’autre testicule peut tout à fait assurer la fertilité. »

    D’éventuels troubles psychologiques

    Après traitement, c’est un cancer qui ne laisse quasiment pas de séquelles, si ce n’est psychologiques. « Beaucoup de jeunes sont en détresse psychologique lorsqu’ils apprennent qu’ils ont ce cancer, indique Olivier Jérôme, président de CerHom, une association dédiée au sujet qui propose notamment un centre d’écoute. Ils ne comprennent pas pourquoi ça leur tombe dessus. Maintenant, ce qui est bien, c’est que certains n’hésitent pas à en parler autour d’eux, c’était un sujet tabou jusqu’à peu. »

    Un cancer encore trop méconnu

    Si chaque année, en novembre, les campagnes de l’association Movember permettent de parler de ce cancer, sa prise en considération reste insuffisante, constatent les professionnels de santé. « On voit des malades qui ne sont pas du tout au courant de son existence », déplore Natacha Naoun, qui regrette par ailleurs que la fin du service militaire obligatoire ait entraîné la fin des visites médicales avec palpation testiculaire systématique. « C’est avant tout un problème d’information, pointe Olivier Jérôme, qui milite pour des campagnes de santé publique de plus grande envergure sur le sujet. Vous avez quelque chose de bizarre sur votre testicule, consultez votre médecin ! C’est l’un des cancers qui se soigne le mieux, l’autopalpation suffit à le détecter. Cependant, il faut en avoir entendu parler. »

    https://www.santepubliquefrance.fr/docs/survie-des-personnes-atteintes-de-cancer-en-france-metropolitaine-1989-2018-testicule-tous-cancers https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-testicule/Les-points-cles

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  • Comment les femmes de moins de 25 ans voient-elles la contraception ?

    Comment les femmes de moins de 25 ans voient-elles la contraception ?

    Le 19 décembre 1967, l’Assemblée nationale adoptait une loi autorisant la vente et l’usage des méthodes de contraception en France. Une décision historique faisant suite à la forte mobilisation du Mouvement français pour le planning familial. Plus de cinquante ans plus tard, le premier mode de contraception des femmes est la pilule, désormais gratuite pour les femmes jusqu’à 25 ans depuis 2021. À l’échelle mondiale, l’évolution de la contraception suit la même tendance de fond. Entre 2000 et 2020, le nombre de femmes utilisant une méthode de contraception moderne est passé de 663 millions à 851 millions. Et pourtant, plus récemment, de jeunes femmes remettent en question le choix de la pilule contraceptive. La vente des contraceptifs oraux (progestatifs seuls ou combinés à un estrogène) est d’ailleurs en baisse régulière depuis 10 ans (environ -12 %)(1).

    La pilule contraceptive en baisse

    Si encore 44 % des jeunes femmes de 15 à 24 ans prennent la pilule, le chiffre s’élevait à 60 % en 2016, selon le baromètre Contraception de Santé publique France. Désormais, la moitié des 15-19 ans et 19 % des 20-24 ans n’utilisent pas de moyen de contraception.

    Comment expliquer ce changement ? Sans doute, le scandale de 2012-2013 autour des pilules de troisième et quatrième générations, qui a révélé qu’elles étaient associées à un risque de thrombose, et leur lien, non encore évalué, avec le risque de cancer du sein, donnent une partie de la réponse. Mais, d’autres motivations expliquent ce choix : éviter la prise d’hormones et la charge mentale, se reconnecter à sa libido, être plus à l’écoute de ses propres cycles ou encore s’affranchir d’éventuels effets secondaires.

    Une contraception qui influe sur le corps

    Dans la plupart des cas, la pilule est souvent la première contraception qui s’impose aux femmes, recommandée par leurs mères ou leurs gynécologues. Parmi celles qui ont fait le choix d’arrêter la pilule, toutes affirment que cette décision importante aurait mérité plus mûre réflexion. « J’ai commencé la pilule à 16 ans, conseillée par une gynécologue pour mes règles douloureuses. Sans trop savoir pourquoi, j’ai continué même si je trouvais que ça jouait beaucoup sur ma sensibilité émotionnelle et la qualité de ma peau. J’ai décidé de tout arrêter en juin, et je me sens beaucoup mieux », témoigne Aby, toulousaine de 19 ans en première année de médecine.

    Contraception sans hormones privilégiée

    Même écho pour Camille Gantzer, journaliste de 25 ans, qui a la sensation d’avoir perdu du temps avant de passer à une contraception sans hormones. « J’ai été sous pilule de mes 17 à 21 ans. Plongeon dans la dépression, prise de poids, pas d’énergie et zéro libido. En me tournant vers le stérilet en cuivre, j’ai eu de la chance parce que mon corps s’est bien acclimaté malgré mes règles douloureuses », témoigne-t-elle. Les quelques désillusions des contraceptions plus naturelles font aussi partie de l’expérience. « J’ai beaucoup plus d’acné qu’avant. Mais j’aime penser que mon corps reprend un peu ses droits et que niveau hormones c’est plus naturel », relativise-t-elle.

    Partager la charge contraceptive

    Pour d’autres jeunes femmes, la pilule n’a jamais été une option. À l’instar de Nina, 25 ans, qui vit à Lausanne. « J’ai toujours fait attention à ma santé et j’ai été sensibilisée à ces questions tôt par ma mère, notamment au sujet des nombreux effets secondaires de la pilule, qu’on minimise tant ! », explique la jeune femme. À ses yeux, le choix d’une contraception est également intimement lié à la vision que l’on a du couple. « Quand on fait l’amour, on est deux. On doit aussi être deux à assumer la responsabilité et la charge contraceptive ! », assure celle qui n’a jamais eu de mal à convaincre ses partenaires amoureux. Le mouvement #MeToo, et dans son sillage, la réflexion autour des violences et inégalités dans le couple, dont fait partie la question de la charge contraceptive, expliqueraient également ce recul de la pilule contraceptive dont seule la femme a la charge.

    Il faut dire que, désormais, les alternatives sont nombreuses, et elles se démocratisent. Parmi elles, le traditionnel préservatif, utilisé par 21 % des couples, qui revient dans la course. Le stérilet en cuivre est également une contraception de plus en plus demandée par les jeunes femmes. Par ailleurs, 39 % des hommes en 2023 se disent prêts à entrer dans la danse contraceptive. Peu importe le choix, les professionnels de santé insistent sur la nécessité de continuer à faire du cas par cas. Il n’existe pas une méthode de contraception idéale pour toutes les femmes et les hommes, l’enjeu est simplement de trouver celle qui convient le mieux à chacune et chacun.

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