Étiquette : Santé

  • Le tabac chez les jeunes : la fin d’une tendance ?

    Le tabac chez les jeunes : la fin d’une tendance ?

    Des chiffres qui donnent envie de crier victoire : en 2022, seuls 6,2 % des lycéens déclaraient fumer quotidiennement contre 17,5 % en 2018, d’après une étude de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) parue en janvier. Un taux de consommation presque divisé par trois, résultat d’un ensemble de mesures prises depuis plusieurs années : interdiction de la publicité pour le tabac, mise en place du paquet neutre depuis 2017, mais aussi, hausse régulière des taxes sur les produits tabagiques, « l’une des mesures les plus efficaces pour réduire le tabagisme, notamment chez les jeunes », selon Amélie Eschenbrenner du Comité national contre le tabagisme (CNCT). « Tout cela a contribué à dénormaliser le tabagisme dans la société », ajoute la responsable communication de cette association fondée en 1868. Cette tendance à la baisse se retrouve également dans le reste du monde, notamment en Nouvelle-Zélande, un pays « avant-gardiste dans la lutte contre le tabac » où moins de 5 % des adolescents seraient fumeurs, d’après Amélie Eschenbrenner. « En plus d’avoir mis en place des mesures rapidement, on y trouve un meilleur respect des législations en place. En France, on constate que les buralistes sont encore très nombreux à vendre du tabac aux mineurs, alors que c’est interdit depuis plus de quinze ans », déplore-t-elle.

    Limiter la première expérience de la cigarette

    Reste qu’il faut également limiter l’initiation au tabac ou à la nicotine. Autrement dit, empêcher les jeunes de se laisser tenter par une première cigarette, qui pourrait les plonger ensuite dans l’addiction. En 2018, une équipe de chercheurs britanniques avait estimé que 69 % des personnes essayant de fumer une fois deviendraient ensuite des fumeurs réguliers. Là encore, la bataille se gagne progressivement : d’après l’étude de l’OFDT, le niveau d’expérimentation du tabac chez les collégiens a été divisé par deux, chutant de 21,2 % à 11,4 % entre 2018 et 2022, et selon Amélie Eschenbrenner, l’âge moyen de la première cigarette est passé de 12-13 ans (classe de cinquième) à 14 ans. Maxence, 18 ans, a déjà fumé en soirée, pour « accompagner des copains ». « Jamais une clope complète, juste quelques “taffes”. Mais je n’ai jamais ressenti de pression sociale, rien ne m’a poussé à le faire. C’était pour tester la sensation, pas pour m’y mettre », assure le jeune homme, qui a vu deux de ses grands-parents succomber à des années de consommation et estime qu’il n’a de toute façon « pas d’argent à investir là-dedans ». D’après lui, « ceux qui restent fumeurs avaient déjà une grosse consommation dès le début du lycée ».

    18,5 %

    des jeunes de 18 à 24 ans pensent que la vapoteuse est plus nocive que la cigarette. 33 % pensent l’inverse. (4)

    Une épidémie de vapotage

    Face à cette ringardisation de la cigarette, l’industrie du tabac a dû parier sur de nouveaux produits pour attirer les jeunes consommateurs : cigarettes électroniques ou puffs ont le vent en poupe. D’après une étude d’Alliance contre le tabac, publiée en novembre, 15 % des 13-16 ans consommeraient ces cigarettes électroniques jetables. Maxence a justement été témoin du succès des outils de vapotage parmi ses pairs et s’y est essayé aussi. « Tu peux tester plein de goûts différents, ça fait de la grosse fumée, tu peux faire des formes, c’est rigolo », justifie-t-il. De son côté, Amélie Eschenbrenner estime que l’on fait face à une véritable « épidémie de vapotage ». À tel point que le CNCT a demandé l’interdiction de ces produits, une doléance actuellement à l’étude auprès de la Commission européenne. En attendant, les diverses vapes se trouvent aisément dans les kiosques à journaux, certains magasins de décoration ou des restaurants, à des prix beaucoup moins élevés que des cigarettes classiques. Idem pour les Snus ou les sachets de nicotine pure, qui contiennent « des taux alarmants de nicotine et induisent une dépendance très rapide » selon la Responsable communication du CNCT, et dont les échantillons peuvent se procurer gratuitement sur internet, sans aucun contrôle sur l’âge des souscripteurs. « Le développement de tous ces produits est tellement anarchique qu’il a fallu agir avant qu’ils ne deviennent omniprésents, explique Amélie Eschenbrenner. On assiste à une baisse du tabagisme, mais à une hausse du vapotage chez les adolescents, alors que pour eux, ce n’est pas un outil de sevrage. » Toujours d’après Alliance contre le tabac, 47 % des 13-16 ans ont commencé leur initiation à la nicotine avec les puffs et 23 % d’entre eux se sont ensuite mis à consommer d’autres produits tabacologiques.

    8,1 %

    des 18-34 ans sont gênés de sortir leur paquet de cigarettes à cause de la couleur du paquet neutre et de la photo de prévention. (4)

    Un combat marketing

    Le CNCT œuvre depuis plus de 150 ans pour informer sur les risques du tabac et plaider auprès des instances de législation afin de « faire avancer certaines lois, les renforcer et les faire appliquer », détaille sa responsable communication. Un combat similaire à celui de David contre Goliath, tant l’industrie du tabac déploie tout un arsenal marketing pour séduire les ados, allant même jusqu’à investir les réseaux sociaux et faire appel à des influenceurs pour promouvoir leurs produits. En réponse, le CNCT a dû également se mettre à la page et a noué un partenariat avec Ketty Deléris (@kettydls.addicto, ndr), une influenceuse tabacologue sur TikTok. Surtout, l’association a trouvé un nouvel angle de communication, autre que les dangers sur la santé. « On a compris que la jeunesse d’aujourd’hui est beaucoup plus sensible aux droits humains et à l’environnement, alors on explique que l’industrie du tabac est l’une des plus polluantes ou que ce sont souvent des enfants qui travaillent dans les champs de production. Et ça fonctionne, se réjouit Amélie Eschenbrenner. Les données montrent qu’on peut parvenir dans les prochaines années à une génération sans tabac, ce qui était impensable il y a cinq ans. Donc on est plutôt optimistes pour l’avenir. »

    L’Essentiel de l’article

    • Le nombre de fumeurs quotidiens diminue chez les jeunes, surtout les garçons. (1)
    • Les 18-24 ans restent plus nombreux à fumer que le reste des Français. (1)
    • La cigarette électronique et la chicha peuvent être une porte d’entrée vers le tabagisme.

    (1) Santé publique France, La consommation de tabac en France : premiers résultats du baromètre santé 2017, 2018.
    (2) New England Journal of Medecin, Trends in Adolescent Vaping 2017–2019, 2019.
    (3) National Academies of Sciences, Engineering, Medecine, Public Health Consequences of E-Cigarettes, 2018.
    (4) Santé publique France, Baromètre de santé publique 2017, 2019.

  • Consommation raisonnée de viande : 3 conseils pour s’y mettre

    Consommation raisonnée de viande : 3 conseils pour s’y mettre

    Avec 83,5 kgec par habitant et par an (1), la consommation de viande est en baisse depuis plusieurs années en France. Prix, qualité inégale, elle est aussi pointée du doigt pour son impact environnemental. Pourtant, il existe de la viande de qualité, produite de façon respectueuse et écologique.

    1 Conseil n° 1 : vérifiez l’origine de la viande

    La viande et les produits animaux sont, parmi nos aliments consommés, les principaux émetteurs de gaz à effet de serre en France (2). En cause : les bêtes, mais aussi les transports de la viande et la production de l’alimentation animale. Autant d’activités polluantes qui peuvent être réduites par une baisse des quantités de viandes produites, et par la promotion d’un système d’élevage ayant davantage recours au pâturage. Car une vache élevée au pré n’a pas besoin (ou très peu) de compléments alimentaires céréaliers, donc pas besoin de polluer davantage ou de gaspiller des ressources pour les produire.

    « Choisir de la viande française, si possible élevée localement, c’est la base, résume le boucher Yves-Marie Le Bourdonnec, qui travaille avec 12 éleveurs triés sur le volet pour leurs pratiques d’élevage responsables. On peut aussi acheter en circuit court directement aux éleveurs, ou choisir un boucher qui sélectionne lui-même les bêtes, qui est capable de raconter leur histoire, leur provenance, comment elles ont été nourries, etc. »

    Alors, vive le made in France, gage de traçabilité !

    2 Conseil n° 2 : optez pour des viandes labellisées

    En France, la viande bio répond à un cahier des charges exigeant. L’impact environnemental de la viande bio est réduit au maximum, et une attention particulière est portée à la santé et aux conditions de vie des animaux pendant leur élevage.

    « Le label bio AB et le Label Rouge garantissent des conditions d’élevage et de bien-être animal, ce qui est déjà une très bonne chose. Malheureusement, ça ne prédit en rien le goût de la viande ! En particulier, parce que les bêtes ne sont pas seulement nourries en pâturage, mais aussi en ensilage*, ce qui acidifie la viande ».

    *Aliment à base de foin fermenté.

    14%

    des exploitations agricoles en France sont engagées bio .(3)

    3 Conseil n° 3 : privilégiez la qualité sur la quantité

    « N’oubliez pas que la bonne viande est plus satisfaisante et plus nourrissante que la viande de grande production. On peut donc en acheter moins et moins souvent. Pour proposer les meilleurs produits à mes clients, je travaille avec des éleveurs qui prennent un grand soin de leurs animaux. En plus, l’agriculteur n’a pas à se ruiner en soja pour les nourrir, et il peut réellement vivre de la vente de cette viande, explique Yves-Marie Le Bourdonnec. Ce prix économique et écologique se répercute évidemment sur le prix de vente, mais c’est le vrai coût des
    bonnes choses ! »

    Un repère ? Le Programme national nutrition santé (PNNS) recommande de limiter sa consommation hebdomadaire de viande rouge à 500 grammes (1), soit l’équivalent, par exemple, d’un steak haché, d’une escalope de veau, de deux côtelettes d’agneau et de deux chipolatas par semaine.

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    L’Essentiel de l’article

    • Chez le boucher et en magasin, choisissez des viandes françaises.
    • En grande surface, privilégiez les produits bios ou Label Rouge.

    (1) agreste.agriculture.gouv.fr, Synthèses conjecturelles : Baisse de la consommation de viande en France en 2023, 2024.
    (2) AVF, Gaz à effet de serre et élvage industriel
    (3) agriculture.gouv.fr, Infographie – L’agriculture biologique (chiffres 2023), 2024.

     

  • MST et IST : stop à la contagion des idées reçues !

    MST et IST : stop à la contagion des idées reçues !

    267 097

    C’est le nombre d’infections à chlamydia diagnostiquées en France en 2016 contre 76 918 en 2012. (1)

    Vous pensiez qu’elles avaient disparu avec le XXe siècle ? Perdu ! Les maladies et infections sexuellement transmissibles se portent comme un charme, en particulier chez les moins de 25 ans.

    MST et IST : stop à la contagion des idées reçues !

     

    1 Les IST/MST, c’est fini !

    Alors, non. Les maladies et les infections sexuellement transmissibles sont même terriblement d’actualité : les cas d’infections à chlamydia et à gonocoque ont explosé depuis 2012, en particulier chez les jeunes (1). En cause ? Outre un dépistage plus poussé, la multiplication des partenaires (les mauvaises langues l’appellent « l’effet Tinder ») et la baisse de l’utilisation du préservatif.

    49 628

    C’est le nombre d’infections à gonocoque diagnostiquées en France en 2016 contre 15 067 en 2012. (1)

    2 Aujourd’hui, on peut guérir du sida

    Malheureusement non ! Si les traitements ont beaucoup progressé et permettent à de nombreuses personnes séropositives de vivre presque normalement, on ne se débarrasse pas du VIH. Une fois contaminé(e), il faut prendre un traitement à vie et se protéger lors de chaque rapport sexuel. Une perspective pas très réjouissante… Et même si le risque de transmission au fœtus en cas de grossesse est très faible (0,5 %), il reste bien réel (2).

    3 On ne peut pas attraper de MST par la bouche

    Pas en bouche-à-bouche. Mais les rapports bucco-génitaux peuvent être sources de contamination au VIH, herpès, syphilis, chlamydia, entre autres, en cas de petites plaies ou d’infections (gencives irritées, aphtes, dent récemment soignée, angine…). Inutile de tourner sept fois sa langue dans sa bouche : pour allumer le calumet, c’est préservatif, sinon rien (s’il en existe à la fraise, c’est pas pour faire joli !).

    4 Il n’y a pas que le préservatif pour se protéger des MST

    Le préservatif est le SEUL ET UNIQUE (comme l’élu(e) de votre cœur) moyen de se préserver au maximum de l’ensemble des MST et IST lors d’un rapport sexuel, qu’il soit oral ou buccal, anal ou génital. Il n’y a que deux maladies sexuellement transmissibles contre lesquelles il existe un vaccin : l’hépatite B, et l’infection à papillomavirus (HPV) responsable du cancer du col de l’utérus.

    Le saviez-vous ?

    Des préservatifs sont distribués gratuitement dans les centres de dépistage du sida, les associations de prévention, les centres de planification et de PMI ou les centres médico-sociaux.

    5 Avec la pilule, vous êtes protégée des IST/MST

    Mais alors, vraiment pas ! La pilule empêche de faire des bébés, et dans le meilleur des cas elle peut aussi résoudre vos problèmes d’acné chronique. C’est déjà beaucoup, mais ça s’arrête là ! Pour se protéger de toutes les MST et IST, une seule option : le préservatif, masculin ou féminin (oui, ça existe, découvrez-le).

    6 Deux préservatifs valent mieux qu’un

    Oubliez ça tout de suite, c’est tout le contraire ! En frottant l’un contre l’autre, les préservatifs ont plus de risques de lâcher. Deux capotes dans la même soirée, pourquoi pas, mais pas en même temps !

    7 On peut attraper des IST/MST dans les toilettes publiques

    Bien sûr que non (3) ! Les muqueuses génitales n’étant pas en contact avec la cuvette, aucun risque !

    8 Les femmes ont plus de chance d’attraper une MST que les hommes

    Vrai pour le VIH, entre autres parce que les femmes ont des muqueuses plus étendues (4). Pour le reste, c’est faux : certaines IST sont plus fréquentes chez les femmes comme l’infection à chlamydia, d’autres chez les hommes, comme la blennorragie (1).

    L’Essentiel de l’article

    • Le préservatif est le seul moyen de se protéger au maximum de toutes les MST et IST.
    • Les MST et IST sont en augmentation, surtout chez les jeunes.
    • Le SIDA ne se guérit pas.
    • On peut attraper une maladie sexuellement transmissible par la bouche.
    • La pilule ne protège pas des MST.

    (1) Santé publique France, Infections sexuellement transmissibles (IST) : préservatif et dépistage, seuls remparts contre leur recrudescence, 2018

    (2) Sida Info Service, Quel est le risque de transmission du VIH de la mère à l’enfant ?, 2017

    (3) Centre régional d’information et de prévention du sida et pour la santé des jeunes Ile-de-France, Infections sexuellement transmissibles.

    (4) Organisation mondiale de la santé, Inégalités entre les sexes et VIH/sida.

  • 4 conseils pour aider votre enfant accro au sucre à décrocher

    4 conseils pour aider votre enfant accro au sucre à décrocher

    Les enfants mangent sucré et ce, de plus en plus jeunes ! Selon l’Anses (1), « les apports en sucres sont excessifs pour 75 % des 4-7 ans qui dépassent les 60 g recommandés, 60 % des 8-12 ans dépassent les 75 g recommandés et 25 % des 13-17 ans dépassent les 100 g recommandés. » On observe d’ailleurs 10 fois plus de cas d’obésité chez les enfants de 5 à 19 ans aujourd’hui, qu’il y a 40 ans (2). Face à cette dépendance, comment aider votre enfant à décrocher ?

    1 Comprenez l’addiction de votre enfant

    Anne Colin. Pour traiter ce trouble alimentaire, je dois avant tout comprendre d’où vient cette envie de manger : stress, fatigue, ennui ? Manger sucré répond aussi à un besoin de réconfort. L’addiction peut relever d’un certain mal-être.

    Le saviez-vous ?

    L’ingestion de sucre stimule une partie du cerveau baptisé « le circuit de récompense ». Les neurones vont alors produire de la dopamine, molécule du bien-être. D’où l’envie de consommer, encore et encore, du sucre !

    Le saviez-vous ?

    Macif est partenaire de Yuka : l’appli qui vous aide à décrypter les étiquettes.

    2 Réduisez les plats industriels au profit du fait-maison

    Anne Colin. Pour améliorer les repas de votre enfant, il n’y a pas de secret : évitez d’acheter des produits industriels et mettez-vous autant que possible aux fourneaux ! Faites vos propres gâteaux, crêpes, tartes et réduisez la quantité de sucre. Et le week-end, motivez votre enfant pour lui faire mettre la main « à la pâte » !

    Pour autant, il ne sert à rien de frustrer votre enfant en lui interdisant les produits industriels, surtout quand ses camarades en ramènent à l’école. Prenez le temps de lui expliquer qu’il en aura moins (une ou deux fois par semaine maximum). Pour les parents ce n’est pas évident non plus, parce qu’il faut réfléchir à des alternatives et prendre le temps de cuisiner. J’incite à faire un mix entre fait-maison et produits industriels. Contrôlez tout de même la ligne « dont sucres » sur les emballages des produits achetés et n’achetez pas si ça dépasse les 12 g de sucre.

    Le jus de fruit : gare à ce faux-ami !

    Vos enfants sont friands de jus de fruits ? Méfiez-vous ! Un verre de 25 cl de jus de fruit à base de concentré contient l’équivalent de quatre morceaux de sucre.(3)

    3 Misez sur les légumes

    Anne Colin. Une autre astuce pour déshabituer votre enfant aux produits sucrés, c’est de construire des repas essentiellement composés de légumes. Sachez qu’un enfant qui ne mange jamais de légumes va développer une flore intestinale un peu plus propice à la demande de sucre. Donc cuisinez les légumes sous toutes leurs formes : cuits, crus, en purée, en soupe…

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    4 Limitez les tentations

    Anne Colin. Si vous souhaitez emmener votre enfant faire les courses avec vous, attendez le samedi après-midi quand il aura le ventre plein. Évitez d’y aller à la sortie de l’école, votre enfant sera attiré par toutes les friandises possibles et imaginables ! Et si vous le pouvez, le marché est une meilleure alternative : les produits y sont meilleurs et pas de risque que votre enfant soit influencé par la publicité présente sur les emballages des produits industriels. Votre enfant pourra, au contraire, s’émerveiller devant les étals de fruits et légumes, de boucherie et de fromage.

    L’Essentiel de l’article

    • Comprendre quelle est la source du trouble alimentaire.
    • Préférez le fait-maison aux produits industriels.
    • Faites des concessions.
    • Faites, si possible, vos courses au marché.

    (1) Anses, Repères alimentaires pour les populations spécifiques, 2019

    (2) OMS, En 40 ans, les cas d’obésité chez l’enfant et l’adolescent ont été multipliés par dix, 2017

    (3) OMS, Sugars intake for adults and children, 2015

  • Comment faire pour conserver ses aliments dans son réfrigérateur ?

    Comment faire pour conserver ses aliments dans son réfrigérateur ?

    1 Effectuez une vérification de la température

    Le réfrigérateur est divisé en deux parties : la plus froide allant de 0 °C à 4 °C et la seconde allant de 4 °C à 6 °C. Elles vous permettent de conserver chaque aliment à la température qui lui convient. C’est indispensable car cela évitera la prolifération de mauvaises bactéries.

    Astuce

    Pour vérifier quelle partie est la plus froide, placez un thermomètre en haut ou en bas de votre réfrigérateur ou référez-vous à la notice de votre appareil. En effet, la répartition des zones fraîches dans un réfrigérateur diffère selon les marques.

    2 Bien préparer la conservation de ses aliments

    Avant le rangement, boîtes hermétiques, sachets de congélation ou film transparent seront vos meilleurs alliés pour bien conserver vos aliments. Attention à bien emballer vos aliments crus et cuits séparément. Les aliments crus comme la viande ou le poisson contiennent parfois des micro-organismes pouvant contaminer d’autres aliments.

    Astuce

    Pour conserver vos herbes fraîches, enroulez-les dans un papier absorbant humide, puis placez-les dans un sachet plastique fermé pour qu’elles ne se déshydratent pas.

    3 Répartir ses aliments dans son réfrigérateur

    À chaque aliment sa température : accordez les zones froides de votre réfrigérateur selon vos produits.

    Ouvrez la porte et placez-y les œufs, le beurre, le lait et les jus de fruits entamés. Mettez vos viandes, poissons, produits laitiers, fromages frais et au lait cru, plats cuisinés, jus de fruits frais et produits entamés ou en cours de décongélation dans la zone la plus fraîche.

    Dans la partie allant jusqu’à 6 °C, rangez vos préparations, viandes et poissons cuits faits maison, légumes et fruits cuits ainsi que vos yaourts et fromages faits à cœur.

    Bien sûr, le bac à légumes est parfait pour vos légumes et fruits frais lavés, mais aussi pour vos fromages non pasteurisés.

    Mieux manger avec la Macif !

    Les ateliers Nutrition vous conseillent pour adopter une alimentation plus saine. Inscrivez-vous sur Diffuz.com !

    Astuce

    Mettez à portée de main les produits dont les dates limites de consommation (DLC) sont les plus proches pour ne pas les oublier.

    4 Toutes les bonnes choses ont une fin

    Faire plaisir à ses papilles oui, mais sans mettre en danger sa santé ! Tous les aliments ont une durée de conservation à respecter. La DLC des aliments vendus emballés est indiquée sur l’emballage. Pour les autres aliments il faudra faire travailler sa mémoire. La viande crue ou préemballée se consomme dans les 48 heures après votre achat et jusqu’à 72 heures si vous l’avez cuite et bien emballée. Conservez vos fruits de mer et poissons crus jusqu’à 24 heures. Vous aurez trois jours pour consommer vos préparations maison et vos légumes cuits placés dans une boîte hermétique et jusqu’à quatre jours pour vos pâtisseries contenant du lait ou des œufs.

    Astuce

    Indiquez sur des boîtes hermétiques de conservation la date de mise au frais de vos produits emballés ou cuisinés par vos soins.

    30 kg

    C’est le poids de nourriture par personne et par an qui finit à la poubelle. Sur ces 30 kg, 7 kg sont encore dans l’emballage. Cela équivaut à jeter en moyenne 160 € par an (1).

    L’Essentiel de l’article

    • Pour bien conserver vos aliments, pensez conditionnement.
    • Répartissez vos aliments en fonction des zones les plus froides de votre réfrigérateur.
    • Placez les produits proches de la date limite de consommation à portée de main pour ne pas les oublier.

    (1) Source : Ademe, « En avez-vous fini avec le gaspillage alimentaire ? », 2018.
  • « Après un cancer, retravailler permet de reprendre sa vie en main »

    « Après un cancer, retravailler permet de reprendre sa vie en main »

    1 Quelle place prend le travail après un diagnostic de cancer ?

    Hélène Bonnet. Quand on apprend qu’on est malade, votre vie bascule et les priorités changent brutalement. Il faut avant tout penser à se soigner bien sûr, et malheureusement reléguer le travail au deuxième ou au troisième plan. La maladie vous fait alors prendre conscience que le travail a une importance capitale dans la vie de tous les jours. Le travail est à mon sens structurant : d’une part, il vous permet de vous sentir utile dans la société et, d’autre part, il vous permet de maintenir un lien social avec vos semblables.

    2 Quand on commence une chimio, peut-on continuer à travailler ?

    Hélène Bonnet. Certains traitements sont compatibles avec une activité professionnelle, d’autres pas. Pour ma part, j’ai arrêté de travailler neuf mois pour suivre mon parcours de soins : un véritable temps plein !

    Vous souhaitez une mutuelle santé adaptée à votre situation ?

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    3 Avez-vous parlé de votre maladie au travail ?

    Hélène Bonnet. Dès les premiers examens médicaux, j’ai informé mon manager. Ça m’a permis de transmettre plus facilement mes dossiers à l’équipe et de partir plus « tranquille ». Sur le moment, en parler m’a aidée à mieux vivre l’arrêt et le retour. Aujourd’hui cela contribue à briser le tabou, s’entraider et faire changer les regards.

    4 Comment s’est passé votre retour au travail ?

    Hélène Bonnet. À mon retour, j’ai pu bénéficier d’un aménagement de mes horaires et de mes tâches pour reprendre progressivement. Ce temps indispensable est à gérer étroitement avec le manager et les collègues et surtout avec ses managers : plus tout le monde est au diapason, plus le retour se passe bien. La visite de préreprise est très importante à ce titre.

    63 %

    des personnes en emploi au moment du diagnostic de cancer ont pu bénéficier d’un aménagement de poste. (2)

    5 Comment votre entourage professionnel a-t-il réagi ?

    Hélène Bonnet. Quand on revient, le travail est un véritable soutien, le signe que l’on reprend sa vie en main. Mais c’est un moment délicat. Même si les collègues sont bien intentionnés, les réactions ne sont pas toujours adaptées : parfois trop protectrices – et donc qui ramènent sans cesse à la maladie, parfois comme si rien n’avait changé, ce qui est bien sûr faux.

    6 Comment changer le regard sur le cancer en entreprise ?

    Hélène Bonnet. Les séquelles des traitements, comme les troubles de la mémoire, sont peu connues. Il faut informer davantage sur ce temps incompressible de rétablissement. C’est la raison pour laquelle nous avons ouvert des espaces de parole dans mon entreprise, où toute personne touchée directement ou indirectement par le cancer peut venir discuter et s’informer.

    Le saviez-vous ?

    La Fondation Macif soutient l’association Rose. Lauréate P’INS 2018, l’association a créé des maisons d’accueil destinées aux femmes atteintes d’un cancer, à leur entourage, à celles qui sont dans la maladie ou viennent d’en sortir. Elles offrent entre autres écoute, conseils (juridiques par ex.), sport adapté, ateliers coiffure, ateliers cuisine vitaminée, échanges entre pair.

    L’Essentiel de l’article

    • Le cancer et les traitements peuvent laisser des séquelles durables et influer à terme sur le travail des personnes touchées.
    • L’employeur est tenu d’examiner les éventuelles propositions d’aménagement de poste émises par le médecin du travail. (1)
    • Les visites médicales de préreprise permettent de s’informer sur les dispositifs d’aide au retour au travail.

    (1) Légifrance, Article L1226-8.

    (2) Inserm, 2018.

  • Vasectomie, coupez court aux idées reçues !

    Vasectomie, coupez court aux idées reçues !

    1 La vasectomie, c’est dire au revoir à votre service trois-pièces

    Bien sûr que non. Il ne faut pas confondre vasectomie et castration. L’opération consiste à ligaturer et sectionner une infime portion des canaux par lesquels passent les spermatozoïdes avant de se mélanger au liquide séminal (2), rendant le sperme infertile. Le service (de luxe, il va sans dire !) pourra donc toujours être assuré.

    2 La vasectomie signe la fin de votre virilité

    C’est certainement l’idée qui freine le plus de candidats à la vasectomie et pourtant, c’est complètement faux. Votre libido reste égale à elle-même, tout comme vos érections et vos sensations. Rassurez-vous, vos performances sexuelles resteront toujours aussi impressionnantes.

    3 La vasectomie, c’est seulement pour les couples !

    Pas du tout ! Pour la plupart des hommes, il est vrai, l’idée de la vasectomie a germé suite à une discussion de couple qui a la volonté de partager la charge de la contraception. Néanmoins, l’opération est accessible à tout homme majeur, préalablement informé sur le sujet, ayant fait la demande auprès de son médecin ou de son urologue. Vous avez ensuite quatre mois (le délai légal) pour vous rétracter ou confirmer votre souhait par écrit lors d’un second rendez-vous, puis caler la date de l’intervention.

    4 La vasectomie, ça fait mal comme un coup de genoux

    Faux. Comme toute opération, ce n’est pas une partie de plaisir, mais cela reste tout à fait supportable avec quelques antalgiques. Pour l’anesthésie, la douleur est la même qu’une piqûre de fourmi rouge (mais on est loin de la piqûre de frelon). Quelques jours après l’opération, vos bijoux peuvent prendre une couleur bleutée (autrement dit des hématomes peuvent apparaître) et cela peut tirer un peu, d’où une potentielle démarche de canard. Néanmoins, ces petits désagréments disparaissent rapidement.

    5 La vasectomie, c’est un quickie chirurgical finalement

    Vrai et faux. Vrai, car l’opération en elle-même dure entre 10 et 20 minutes (sous anesthésie locale), à l’issue de laquelle vous pouvez retourner au bureau (en bus plutôt qu’à vélo). Faux car la phase de stabilisation dure 6 à 8 semaines : la stérilité totale, confirmée par spermogramme, est quant à elle atteinte à l’issue de 16 semaines ou 20 éjaculations.

    6 La vasectomie, c’est un aller sans retour possible

    Vrai et faux. Vrai, car la vasectomie est considérée comme une contraception définitive. Faux, car si vous souhaitez avoir un enfant, il est tout à fait possible de faire machine arrière grâce à la vasovasostomie (2) qui permet de relier les canaux sectionnés. Elle est efficace dans 70 % à 95 % des cas (3), surtout si elle est pratiquée dans les trois ans qui suivent la vasectomie. Autre option : faire prélever et congeler votre sperme dans une banque de sperme, en amont de la vasectomie.

    7 La vasectomie, une petite affaire qui coûte cher

    Et bien non, surprise ! Depuis octobre 2012 (4), que ce soit pour les hommes ou les femmes, la stérilisation (vasectomie ou ligature des trompes) est remboursée par l’Assurance Maladie, peu importe votre âge ou votre statut familial. Vous pouvez donc fermer boutique sans y perdre vos plumes.

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    Quel moyen de contraception pour homme est actuellement testé en vue d’une commercialisation dans les années à venir ?

    Bonne réponse La réponse était : La pilule

    La pilule contraceptive pour homme a été présentée pour la première fois en mars 2018 lors du congrès annuel de la Société d’endocrinologie américaine.

    Mauvaise réponse La réponse était : Le stérilet

    La pilule contraceptive pour homme a été présentée pour la première fois en mars 2018 lors du congrès annuel de la Société d’endocrinologie américaine.

    Mauvaise réponse La réponse était : L’implant

    La pilule contraceptive pour homme a été présentée pour la première fois en mars 2018 lors du congrès annuel de la Société d’endocrinologie américaine.

    Mauvaise réponse La réponse était : Le diaphragme

    La pilule contraceptive pour homme a été présentée pour la première fois en mars 2018 lors du congrès annuel de la Société d’endocrinologie américaine.

    L’Essentiel de l’article

    • La vasectomie est autorisée en France depuis 2001.
    • Après une vasectomie les hommes n’ont pas de problèmes de libido ou d’érection.
    • Il faut compter entre 8 à 16 semaines pour que la vasectomie soit efficace.

    (1) Association Française d’Urologie, Vasectomie, l’opération méconnue, 2018.

    (2) Swiss Medical Forum, « Paternité après vasectomie comment procéder ? », 2007.

    (3) Revue médicale Suisse, « Désir de grossesse après vasectomie : vasovosostomie ou procréation médicalement assistée ? », 2010.

    (4) Le Planning Familial, « La contraception définitive ».

  • Prévention toxoplasmose, transmission, traitement… Le point sur la toxo pendant la grossesse

    Prévention toxoplasmose, transmission, traitement… Le point sur la toxo pendant la grossesse

    1 Qu’est-ce que la toxoplasmose ?

    La toxoplasmose est une maladie parasitaire due à Toxoplasma gondii, un protozoaire susceptible d’infecter tous les animaux à sang chaud. Son cycle passe par des hôtes très différents (oiseaux, animaux domestiques et d’élevage), mais c’est le chat qui est son hôte définitif et assure sa reproduction. Le parasite est contaminant à tous les stades de sa vie : il se transmet le plus souvent à l’homme via la viande contaminée par des kystes toxoplasmiques ou les fruits et légumes souillés par des déjections de chat récemment infecté, voire par contact direct avec les excréments d’un chat porteur du Toxoplasma gondii. Chez l’humain, l’infection est généralement sans gravité et passe souvent inaperçue, et elle permet d’être immunisé(e) contre de nouvelles infections.

    La toxoplasmose est très répandue partout dans le monde : on estime que 25 à 30 % des personnes ont été infectées au moins une fois, un chiffre comparable à celui constaté en France où la prévalence est de l’ordre de 31 %. (1)

    « Les changements de mode de vie en matière d’hygiène et d’alimentation, et l’évolution des conditions d’élevage ont permis de limiter l’exposition », explique Isabelle Villena, médecin biologiste et responsable du Centre National de Référence sur la Toxoplasmose. « Chez les femmes de 30 ans, l’incidence est passée de 7,5 pour 1 000 en 1980 à 2,4 pour 1 000 en 2010, et pourrait être seulement de 1,6 pour 1 000 en 2020 ».

    2 Quels sont les risques si vous attrapez la toxoplamose enceinte ?

    Asymptomatique et bénigne dans la plupart des cas, la toxoplasmose est en revanche dangereuse pour les personnes immunodéprimées et lorsqu’elle est contractée pendant la grossesse et transmise au fœtus (on parle alors de toxoplasmose congénitale).

    « Elle peut alors provoquer chez le fœtus de graves lésions cérébrales, viscérales et oculaires, voire entraîner la mort in utero. Mais heureusement, dans la majorité des cas, le nouveau-né sera sans symptôme à la naissance. Le risque de contagion de la mère à l’enfant dépend du stade de la grossesse, détaille Isabelle Villena. Faible en début de grossesse, le risque augmente au fur et à mesure de l’avancée de la grossesse. En revanche, la gravité de la maladie pour le fœtus suit la courbe inverse : plus il est infecté tôt, plus les conséquences peuvent être sévères. »

    On estime ainsi à 600 000 le nombre de femmes enceintes non immunisées contre la toxoplasmose (1) chaque année, soit environ 80 % des femmes enceintes. Pour limiter les risques d’attraper la maladie ou limiter ses conséquences, elles doivent donc être suivies tout au long de leur grossesse.

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    3 Comment attrape-t-on la toxoplasmose ?

    Chez l’humain, le parasite responsable de la toxoplasmose se transmet le plus souvent par l’alimentation :

    • viandes crues ou mal cuites, en particulier la viande de mouton et de porc (moins de risque avec le bœuf) ; (2)
    • fruits de mer ayant séjourné dans une eau souillée par un chat infecté ;
    • fruits et légumes ayant été au contact d’excréments de chat infecté, puis mal lavés ou lavés avec une eau contaminée par le parasite.

    La transmission par le lait cru est exceptionnelle (un seul cas recensé selon une étude de 2015 (2)), mais celui-ci peut être porteur d’autres germes (en particulier la listeria) potentiellement dangereux pour les femmes enceintes.

    En cas d’infection maternelle pendant la grossesse, une contamination fœtale est possible via le placenta, avec une transmission variable selon le stade de la grossesse. Cette contamination n’est généralement possible que si la mère n’a jamais eu la toxoplasmose, même si de rares cas de transmission chez les mères déjà immunisées mais immunodéprimées existent. En revanche, il n’y a aucun risque de contagion d’une personne à une autre.

    Et les chats dans tout ça ? Nos chers compagnons sont principalement contaminés par la viande, soit celle qu’ils chassent, soit celle qu’ils reçoivent de leurs maîtres (abats ou viandes crus). On estime à 1 % le nombre de félins ayant été vecteurs de la maladie au cours de leur vie. (3) Un risque gérable donc, à condition de respecter certaines règles d’hygiène (voir plus bas).

    29 %

    C’est le taux de transmission de la toxoplasmose de la mère à l’enfant pendant la grossesse. (1)

    4 Comment savoir si vous êtes immunisée ou non contre la toxoplasmose ?

    La seule façon de le savoir, c’est de faire une prise de sang qui permettra de définir votre statut sérologique à partir de votre taux d’IgG et d’IgM (immunoglobulines G et M). Cet examen doit être réalisé idéalement avant grossesse et si vous n’êtes pas immunisée, dès le début de celle-ci :

    • vous avez des IgG mais pas d’IgM (IgG+/IgM-) : vous avez contracté la toxoplasmose avant la grossesse, vous êtes donc immunisée ;
    • vous avez des IgG et des IgM (IgG+/IgM+) : vous avez probablement été infectée récemment, mais il faut dater la contamination pour évaluer le risque de transmission ;
    • vous n’avez pas d’IgG mais vous avez des IgM (IgG-/IgM+) : l’infection est possible mais incertaine. Un second test est nécessaire pour confirmer ou infirmer l’infection et donc évaluer le risque ;
    • vous n’avez ni IgG ni IgM (IgG-/IgM-) : vous n’avez jamais eu la toxoplasmose, vous n’êtes pas immunisée.

    Rassurez-vous : si vous êtes enceinte, ce test vous est systématiquement proposé par votre médecin traitant en début de grossesse, afin de mettre en place les mesures de prévention adaptées si nécessaire.

    5 Quels sont les symptômes chez l’adulte et le bébé ?

    Chez un adulte bien portant, la toxoplasmose est sans symptômes dans plus de 80 % des cas. (4) Mais dans un peu moins d’un cas sur 5 (4), notamment en cas de déficit de l’immunité, deux types de complications peuvent se manifester environ cinq à dix jours après l’infection (4) :

    • des atteintes cérébrales (toxoplasmose cérébrale) : fièvre, mal de tête, troubles neurologiques (épilepsie, difficultés motrices voire paralysie…) ;
    • des atteintes oculaires (toxoplasmose oculaire), avec la survenue d’une choriorétinite. Cette inflammation de la rétine et de la choroïde se traduit souvent par une baisse de l’acuité visuelle, des « mouches » volant devant les yeux ou une rougeur de l’œil.

    Mais c’est chez le fœtus et le nouveau-né que les atteintes sont les plus sévères :

    • hydrocéphalie ou microcéphalie ;
    • atteintes hépatiques, cardiaques ou pulmonaires ;
    • lésions oculaires (choriorétinite) pouvant provoquer une perte de vision importante ;
    • en tout début de grossesse, la toxoplasmose peut entraîner la mort fœtale et une interruption de grossesse.

    Si ces symptômes sont souvent présents dès la naissance, la choriorétinite peut en revanche apparaître après plusieurs années sans que l’on puisse prévoir sa survenue.

    Pour autant, inutile de paniquer : « Dans la majorité des cas en France, la toxoplasmose congénitale est bénigne à la naissance et sans conséquences cliniques. Les femmes peuvent être rassurées ! », insiste Isabelle Villena.

    6 Le dépistage prénatal et le suivi pendant la grossesse, comment ça marche ?

    Pour lutter contre cette maladie aux conséquences potentiellement graves pour les enfants à naître, un programme de dépistage et de prévention a été mis en place en France en 1978. Il s’appuie notamment sur un test sanguin effectué lors du rendez-vous de déclaration de grossesse chez le médecin, donc avant la fin du premier trimestre. C’est le résultat de ce test qui va décider de la nature du suivi :

    • en cas d’immunité, aucun suivi particulier n’est nécessaire pour la toxoplasmose : il n’y a aucun risque pour l’enfant à naître, ni pour les grossesses ultérieures ;
    • en cas d’immunité incertaine, un nouveau test est effectué deux semaines après le premier pour confirmer ou infirmer l’immunité. Dans l’attente, des mesures préventives (hygiène et alimentation), sont mises en place et maintenues jusqu’à preuve de l’immunité ;
    • en cas d’absence d’immunité, les mesures hygiéno-diététiques sont mises en place et maintenues jusqu’en fin de grossesse, et des tests réguliers permettront de vérifier l’absence d’infection. En cas d’infection récente, une prise en charge médicale adaptée est proposée pour éviter la transmission au fœtus.

    7 9 conseils pour éviter la toxoplasmose enceinte (et garder votre chat)

    Ces fameuses mesures « hygiéno-diététiques » sont simples à mettre en œuvre, et d’ailleurs les femmes enceintes les appliquent souvent sans le savoir :

    • Ne pas consommer de viandes, poissons ou fruits de mer crus.
    • Bien cuire les viandes (y compris la volaille et le gibier), à au moins 65 °C sur toute l’épaisseur. Concrètement, elle doit être bien dorée et aucun jus rosé ne doit persister. Pour vérifier la température, équipez-vous d’un thermomètre de cuisson (à partir de 6-7 euros en magasins spécialisés ou sur Internet).
    • Évitez de consommer de la viande fumée, grillée ou marinée.
    • Lavez à grande eau les fruits, légumes et plantes aromatiques, surtout s’ils sont terreux ou que vous les consommez crus.
    • Nettoyez soigneusement à l’eau les ustensiles et plans de travail après avoir cuisiné.
    • Lavez-vous bien les mains : après avoir manipulé de la viande crue ou des fruits ou légumes souillés de terre ; après avoir caressé un chat ou changé sa litière ; après avoir jardiné ; avant chaque repas.
    • Portez des gants pour jardiner et pour changer la litière de votre chat. Nettoyez le bac tous les jours avec de l’eau à au moins 70 °C.
    • Congelez les denrées animales à -18 °C ou à -12 °C pendant trois jours.
    • Lors des repas au travail, chez des amis ou au restaurant, ne mangez que de la viande bien cuite et évitez les crudités (salades, fruits, etc.).

    Pas de psychose !

    1 % des chats peuvent transmettre la toxoplasmose à un moment de leur vie. (5)

    8 Que se passe-t-il en cas d’infection toxoplasmique pendant la grossesse ? Quels sont les traitements ?

    Si votre statut sérologique (taux IgG/IgM) varie en cours de grossesse, un traitement antibiotique (spiramycine) vous sera prescrit pour toute la durée de la grossesse afin d’éviter la contamination fœtale. Un diagnostic prénatal permettra d’évaluer la transmission de la toxoplasmose au fœtus. Si le résultat est négatif, le traitement est maintenu. Si le résultat est positif, cela signifie que le fœtus est infecté, et il faut adapter le traitement (en général une association de deux antibiotiques, complémentés d’acide folinique pour contrer les effets secondaires du traitement)(1).

    « Chez les bébés touchés par la toxoplasmose, le traitement est poursuivi pendant un an après la naissance, poursuit Isabelle Villena. Un bilan ophtalmologique avec fond de l’œil devra être effectué annuellement au moins jusqu’à 6 ans, ou plus pour prolongement du traitement si nécessaire. »

    9 Ne vaut-il pas mieux attraper la toxoplasmose avant d’être enceinte pour être immunisée ?

    C’est une question pertinente (et souvent posée par les femmes qui essayent de concevoir un enfant), mais la réponse ne va pas de soi ! Bien sûr, la situation est plus simple pour les femmes enceintes immunisées. Pour autant, on ne décide pas d’attraper la toxoplasmose ! D’abord parce que sa transmission est incertaine. Ensuite, en cas d’immunodépression non détectée, elle peut avoir des effets graves. Mieux vaut donc ne pas chercher les ennuis… Au final, peu importe que vous soyez immunisée ou non. Si vous ne l’êtes pas, tout est mis en place en France pour éviter les atteintes fœtales : le nombre de cas de toxoplasmose congénitale observés chaque année est compris entre 250 et 300, soit 0,3 pour 1 000 naissances. Dans la majorité des cas, les enfants sont sans symptômes à la naissance et évoluent normalement au cours de leur vie. (1)  Et surtout, gardez en tête que neuf mois de steaks bien cuits et de ratatouilles longuement mijotées n’ont jamais fait de mal à personne !

    L’Essentiel de l’article

    • Contracter la toxoplasmose enceinte présente un risque grave pour le fœtus.
    • La toxoplasmose s’attrape principalement par la viande mal cuite ou des fruits et légumes mal lavés.
    • De bonnes habitudes d’hygiène et d’alimentation pendant la grossesse évitent de contracter la maladie.

    (1) Isabelle Villena et Laurence Lachaud, « Toxoplasmose et grossesse », Revue Francophone des Laboratoires, n° 509, 2019.

    (2) Radu Blagaa, Dominique Aubert, Catherine Perret, Régine Geers, Vitomir Djokic, Isabelle Villena, Emmanuelle Gilot-Fromont, Aurélien Mercier, Pascal Boireau, « Animaux réservoirs de Toxoplasma gondii : état des lieux en France », 2015.

    (3) Isabelle Villena, « Actualités sur la toxoplasmose », paru dans Spectra Biologie n° 206, janvier-février-mars 2014.

    (4) Ameli, « Toxoplasmose : définition, symptômes et complications possibles », 2019.

    (5) Isabelle Villena, « Actualités sur la toxoplasmose », paru dans Spectra Biologie n° 206, janvier-février-mars 2014.

     

    Pour aller plus loin : Blaga R., Aubert D., Perret C., Geers R., Djokic V., Villena I., Gilot-Fromont E., Mercier A., Boireau P., « Animaux réservoirs de Toxoplasma gondii : état des lieux en France », Revue Francophone des Laboratoires, n° 477, pp 31-48, 2015. Villena I. « Protozoaires : un risque émergent à mieux connaître ». Revue de l’Industrie Agro-alimentaire, n° 793, 2017.

  • Fact-checking : pour éviter l’hydrocution, faut-il digérer avant de se baigner ?

    Fact-checking : pour éviter l’hydrocution, faut-il digérer avant de se baigner ?

    1 Une entrée progressive dans l’eau est-elle importante ?

    Oui. « Le maître-mot, c’est de ne pas s’exposer en plein soleil, puis d’aller plonger tête la première dans l’eau froide », prévient le Dr Christine Lepourcelet-Talvard, médecin fédéral national de la Fédération Française de Natation. Ce plongeon risque de provoquer une hydrocution, qui est le résultat d’un choc thermique, soit la différence excessive entre la température extérieure et celle de l’eau. L’exposition prolongée au soleil avant de se baigner est donc dangereuse. « Pour éviter l’hydrocution, l’important c’est de ne rien faire en excès », souligne le médecin fédéral. Comme faire le lézard sur la plage pendant des heures ou laisser les enfants jouer en plein soleil. « Une entrée progressive pour s’habituer à la température de l’eau est primordiale. On commence par se mouiller la nuque et le ventre, les parties les plus difficiles à faire rentrer dans l’eau », préconise le médecin. On évite donc le plongeon brusque !

    26

    cas d’hydrocution ont donné lieu à une noyade en 2015. 20 ont été mortelles. (1)

    2 Faut-il attendre de digérer avant d’aller se baigner ?

    Oui et non. « Tout dépend de la teneur du repas. Si le repas est copieux et bien arrosé, cela impose un temps de digestion plus long qui va augmenter le travail cardiaque, la température du corps et accroître les risques de choc thermique en entrant dans l’eau. Mieux vaut donc manger léger, sans alcool et surtout ne pas rester exposé au soleil, ni faire un exercice physique intense avant de se jeter dans l’eau pour se rafraîchir », indique le Dr Christine Lepourcelet-Talvard. Le temps de digestion dépendant de ce que vous avez consommé pendant le repas, il est conseillé par sécurité de respecter la règle des trois heures de digestion avant de se baigner.

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    3 Sauter dans l’eau brusquement après avoir bu de l’alcool est-il dangereux ?

    Oui. Attention, l’alcool modifie la perception de la réalité et entraîne le sujet, dans un sentiment de toute-puissance, à prendre plus de risques. « L’ingestion de l’alcool, comme le repas copieux, provoque une augmentation de température corporelle, une dilatation des vaisseaux et par voie de conséquence, une augmentation du travail cardiaque : d’où les risques de choc thermique à l’entrée dans l’eau », conclut le Dr Lepourcelet-Talvard.

    Bon à savoir

    Quels sont les symptômes de l’hydrocution ?

    Sachez que l’hydrocution n’est pas forcément brutale. Elle peut être annoncée par certains signes avant-coureurs. Soyez donc attentif à l’arrivée soudaine de maux de tête, de crampes musculaires, d’une sensation d’angoisse ou de fatigue, de frissons ou encore de démangeaisons en entrant dans l’eau : il s’agit peut-être d’une hydrocution…

    Vous partez au bord de la mer ?

    Révisez les règles de base de la baignade sécurisée pendant des ateliers animés en partenariat avec la SNSM (Société Nationale de Sauvetage en Mer). Retrouvez les rendez-vous près de chez vous sur Diffuz.

    L’Essentiel de l’article

    • On évite de s’exposer entre 12 h et 14 h.
    • On entre progressivement dans l’eau.
    • On se protège contre le soleil : crème solaire, lunettes, chapeau, parasol, etc.

    (1) Santé publique France, Enquête Noyades 2015, 2016

  • Votre enfant a de l’asthme : comment faire avec l’école ?

    Votre enfant a de l’asthme : comment faire avec l’école ?

    1 Établir un projet d’accueil individualisé (PAI)

    Qu’est-ce que le PAI ?

    Le Projet d’accueil individualisé (PAI) est un document établi conjointement par les parents de l’élève et le médecin scolaire de la Protection maternelle et infantile (PMI) ou le médecin et l’infirmière de collectivité d’accueil. Il permet d’accueillir dans les meilleures conditions possible les enfants souffrant d’allergies sévères ou de maladies chroniques comme l’asthme, le diabète, les MICI (maladies inflammatoires chroniques de l’intestin), etc.

    Le PAI fixe les aménagements spécifiques nécessaires à votre enfant, en particulier(1) :

    • le régime alimentaire ;
    • les conditions des prises de repas ;
    • les aménagements d’horaires ;
    • les dispenses de certaines activités physiques ou pédagogiques incompatibles avec la santé de l’enfant ;
    • toute autre information utile au bien-être de l’enfant en lien avec sa maladie.

    Comment rédiger un PAI ?

    D’abord, munissez-vous de l’ordonnance du médecin traitant de votre enfant, détaillant les traitements en cours. Appelez ensuite l’établissement scolaire, qui fixera le rendez-vous avec l’équipe médicale. Une fois fixé, le PAI est signé par le directeur et les différents responsables (parents, médecins, nutritionniste) avant d’être diffusé auprès de l’ensemble de l’équipe pédagogique. En fonction du département, les démarches peuvent varier, n’hésitez pas à vous tourner vers l’école de votre enfant pour avoir toutes les informations spécifiques.

    Bon à savoir

    S’il est étendu aux activités périscolaires, le document de PAI est alors appelé PAIP (projet d’accueil individualisé périscolaire).

    2 Désigner qui garde et qui donne les médicaments en cas de crise d’asthme

    En cas de survenue d’une crise d’asthme à l’école, il est important de pouvoir donner le traitement le plus rapidement possible. À la maternelle et en primaire, les médicaments doivent être confiés à l’infirmerie de l’établissement qui se chargera de les administrer en cas de besoin, ou directement aux enseignants (avec une copie de l’ordonnance dans les deux cas). Même s’il est assez grand pour les prendre tout seul, il est important que l’enfant puisse être accueilli à l’infirmerie en cas de crise, le temps d’un retour complet à la normale.

    10 à 16 %

    des enfants sont touchés par l’asthme. (2)

    3 Fixer les modalités de pratique des activités physiques

    Les recommandations du médecin traitant de votre enfant seront appliquées par l’équipe pédagogique. Vous pourrez donc demander dans le PAI à limiter ou proscrire la pratique de certains sports si l’état de santé de votre enfant le nécessite.

    4 Animaux, cantine, pollens, acariens… faire la chasse aux allergènes

    L’asthme de votre enfant est d’origine allergique ? Il est important d’en informer l’équipe pédagogique et d’en faire état dans le PAI. S’il s’agit d’une allergie alimentaire, les repas servis à la cantine mais aussi les aliments distribués en classe (par exemple à l’occasion de goûter de fêtes) feront ainsi l’objet d’une attention particulière. Si c’est une allergie aux poils d’animaux, vous ne pourrez pas faire bannir le hamster mascotte de la salle de classe, mais vous pourrez exiger que votre enfant soit assis loin de la cage. L’enseignant veillera aussi à éviter tout contact avec l’animal. Parlez-en avec lui pour convenir de la meilleure marche à suivre en classe.

    Si votre enfant est allergique aux pollens, n’hésitez pas à le rappeler à l’enseignant en cas de sortie scolaire. Enfin, en cas d’allergie à la poussière, ou aux acariens, l’attention devra être portée sur l’entretien des tapis de sol et des literies (pour les petits qui font encore la sieste).

    Bon à savoir

    L’asthme sévère reconnu comme ALD

    Dans certains cas, l’asthme peut être reconnu comme une ALD (affection longue durée) ouvrant droit à une couverture à 100 % des soins en relation avec la maladie. Parlez-en avec votre médecin traitant qui pourra effectuer la demande de reconnaissance en ALD directement auprès de votre Caisse d’assurance maladie.

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    L’Essentiel de l’article

    • Établissez un Projet d’accueil individualisé (PAI) avec l’école pour décrire les besoins de votre enfant.
    • Précisez qui garde et qui administre les médicaments en cas de crise.
    • En cas d’allergie alimentaire ou aux animaux, n’hésitez pas à en discuter directement avec les enseignants.

    (1) Service public, « Qu’est-ce qu’un projet d’accueil individualisé ? », 2019.
    (2) Inserm.