Étiquette : Santé

  • Phobies handicapantes socialement : comment les surmonter ?

    Phobies handicapantes socialement : comment les surmonter ?

    À 27 ans, Olivier n’a pas de voiture ni même de permis de conduire. Ce développeur web n’a jamais tenu un volant ni poussé la porte d’une auto-école. Il souffre d’amaxophobie, la peur de conduire. « Il y a dix ans, au moment où mes amis ont commencé à faire de la conduite accompagnée avec leurs parents, j’ai compris que ça ne m’intéressait pas du tout d’apprendre à conduire, se souvient le jeune homme. Il m’arrivait souvent de faire des cauchemars dans lesquels j’étais au volant d’un bolide, sans savoir comment le manœuvrer, ni l’arrêter. Après mon diplôme, j’ai été recruté par une boîte à New York, où on se déplace surtout en métro et en taxi. » Mais à son retour en France, l’année dernière, il comprend que les choses seront plus compliquées. « Je travaille maintenant dans des locaux situés dans une zone périurbaine qui n’est desservie que par quelques bus, explique-t-il. Je fais beaucoup de covoiturage avec des collègues, car je me sens incapable de prendre des cours de conduite. » Pour tenter de remédier à son amaxophobie et gagner en autonomie, Olivier a suivi une dizaine de séances d’hypnose. Mais les résultats ne sont pas très concluants. « J’ai appris quelques techniques de respiration pour moins paniquer en pensant à la route, mais je suis toujours incapable de m’imaginer à la place du conducteur », déplore-t-il.

    Des conséquences dramatiques

    De son côté, Louisa, cadre dans l’industrie pharmaceutique et âgée de 39 ans, se démène depuis des années pour se débarrasser de son arachnophobie (la phobie des araignées). « J’ai essayé la sophrologie, le yoga et la méditation, mais rien n’y fait, regrette-t-elle. Rien que l’idée qu’une de ces bestioles peut se trouver dans la même pièce que moi me terrifie. » Si on entend souvent parler d’acrophobie (la peur de la hauteur), d’astraphobie (la peur des orages) ou de zoophobie (la peur des animaux, notamment des chiens), beaucoup d’autres phobies sont également assez répandues. Selon Anne-Victoire Rousselet, psychologue et psychothérapeute spécialisée en thérapies comportementales et cognitives (TCC), la plus fréquente est la phobie sociale. « C’est la crainte du jugement négatif de l’autre, précise-t-elle. Ça peut être de l’anxiété de performance, qui se traduit parfois par la peur d’avoir de mauvaises notes. Cette anxiété sociale s’exprime dans tous les groupes sociaux et commence vers 10 ou 12 ans, au moment où on prend conscience que le jugement de l’autre est important. » Or les conséquences peuvent être dramatiques. « Cette anxiété peut pousser à consommer de la drogue pour ne pas déplaire aux camarades, ou à voler pour obéir au caïd de la classe, par peur de son jugement » déroule la psy. Elle donne quelques autres exemples de phobies relativement courantes, comme l’agoraphobie (la crainte de ne pas pouvoir s’échapper ou être secouru), l’hématophobie (la peur du sang), l’émétophobie (la peur de vomir), la nosophobie (la peur d’être contaminée par une bactérie, qui a explosé avec le Covid-19), ou encore, la phobie scolaire.

    Un traitement efficace en quelques séances

    Anne-Victoire Rousselet ajoute que si une phobie n’est pas traitée, il y a un risque de les cumuler : « S’ils ne se soignent pas, les gens finissent par généraliser, c’est-à-dire par avoir de plus en plus de phobies. » La spécialiste des thérapies comportementales et cognitives rappelle que trois types de facteurs peuvent expliquer les troubles anxieux : d’abord, les facteurs biologiques, génétiques, héréditaires, puis, l’éducation, et, enfin, les expériences de vie. Mais, surtout, elle assure qu’il existe une méthode en deux temps pour traiter les phobies. Bonne nouvelle ! La première phase consiste en l’apprentissage d’une stratégie pour se détendre, notamment par des exercices de respiration et de relaxation. Elle dure une quinzaine de jours. « Une fois que l’on maîtrise cette stratégie, explique Anne-Victoire Rousselet, on démarre l’exposition progressive. On hiérarchise ses anxiétés et on s’expose d’abord à la moins invalidante, puis à toutes les situations d’anxiété, en s’interdisant les stratégies d’évitement. Par exemple, pour les acrophobes, on commence en haut de deux marches, puis des escaliers, etc. » Selon l’experte, six à huit séances suffisent pour en finir avec une phobie. Pourquoi attendre ?

  • « Il ne faut pas avoir peur de poser des questions sur l’état mental de ses enfants »

    « Il ne faut pas avoir peur de poser des questions sur l’état mental de ses enfants »

    Selon l’UNICEF, 50 % des troubles de santé mentale apparaissent avant l’âge de 14 ans. Comment expliquez-vous cette donnée ?

    Olivier Bonnot : Ces dix dernières années, on constate une augmentation importante des troubles anxieux et dépressifs chez les enfants et les adolescents. On parle de 2 % pour les enfants, et entre 15 et 20 % chez les adolescents. La raison : ces troubles ont tendance à la chronicisation ou à la répétition. Quand vous avez été anxieux, vous avez plus de risque de l’être plus tard. Or, comme ça commence tôt et que ça se répète dans l’ensemble de la vie, nécessairement ça fait baisser la moyenne d’âge.

    Et pourquoi cet âge plus qu’un autre ?

    O. B. : C’est lié au phénomène qu’on appelle la « plasticité neuronale ». Pour simplifier les choses : lorsque vous discutez avec quelqu’un, dans votre cerveau, des connexions se font. Après cet échange, votre cerveau ne sera plus le même qu’avant. Il aura changé. Cette capacité de connexion neuronale, nous l’avons tout au long de notre vie, mais elle est particulièrement sollicitée chez l’enfant et l’adolescent. C’est normal, car c’est une période où tout ce que l’on fait est une nouveauté. Arrivé à la fin de l’adolescence, le cerveau fait le point de toutes ces connexions et élimine celles dont il n’a pas besoin. C’est aussi à cette période qu’il essaie de compenser les « anomalies », la plupart d’entre elles génétiques. Grosso modo, vous partez avec un bagage génétique qui peut vous envoyer vers une schizophrénie, mais grâce à cette plasticité, le cerveau opère des remaniements qui font que parfois, vous n’évoluez plus dans cette direction. Si chez certains ça peut fonctionner, pour d’autres, c’est là que les premiers symptômes apparaissent.

    Longtemps, on a considéré que la bipolarité ou la schizophrénie avaient tendance à s’exprimer tardivement…

    O. B. : C’est vrai ! Par exemple, on disait que les schizophrènes, c’était le trouble de la vingtaine. Et les bipolaires, le trouble de la trentaine. Tout ça ne veut rien dire… Il y a des patients schizophrènes avant l’âge de 18 ans. Ça représente même à peu près 20 % de l’ensemble des schizophrènes. Et nous découvrons chaque jour un peu plus des troubles bipolaires de l’adolescent. Longtemps, on a cru que ça n’existait pas chez les jeunes. C’est principalement dû à une méconnaissance des troubles et de la clinique de l’enfant. La psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent est une discipline qui date essentiellement de l’après-guerre. Assez récente, donc.

    Pourquoi est-ce si difficile de déceler des troubles psychiques chez les jeunes ?

    O. B. : Déjà, force est de constater qu’il y a un manque important de spécialistes… Le nombre de gens formés est vraiment trop faible. Il faut aussi rappeler que la psychiatrie est au stade où était l’ensemble de la médecine il y a encore cent cinquante ans, lorsqu’elle n’avait que très peu d’examens complémentaires. En psychiatrie, il n’y a pas d’examen biologique ou radiologique, qui permet de matérialiser objectivement un diagnostic. On observe et on établit des diagnostics uniquement cliniques. Certes, c’est intéressant, mais ça nécessite d’être bien formé et de prendre son temps. Autre élément qui rend les choses compliquées : les symptômes présentés par les enfants et les adolescents sont très souvent – en tout cas, au premier abord – assez similaires. Un enfant agité, en colère, peut aussi bien avoir un trouble du développement intellectuel, un trouble du spectre de l’autisme, un TDH, une dépression ou un trouble anxieux. Ce n’est donc pas toujours évident de faire la distinction. Et le dernier élément : il arrive que des gens répondent objectivement aux éléments d’un diagnostic à un moment donné de leur existence pour finalement, quelques années après, répondre aux éléments d’un autre diagnostic. La question s’est alors posée : est-ce qu’un diagnostic est évolutif ? Autrement dit : la personne est-elle d’abord autiste puis schizophrène ? Il faut être prudent. D’autant que les prises en charge ne seront pas forcément les mêmes selon le diagnostic. Bref, entre le manque de spécialistes, le fait que le diagnostic clinique puisse être un peu trompeur et évoluer, ça fait pas mal d’obstacles. Mais le vrai problème reste que si nous étions plus nombreux, on y arriverait mieux.

    Concernant la santé mentale des jeunes, la pandémie Covid-19 n’a rien arrangé… Quel rôle les parents doivent-ils jouer ?

    O. B. : Premièrement, il ne faut pas avoir peur de poser des questions sur l’état mental de ses enfants. N’hésitez pas à l’interroger : « Est-ce que tu te sens bien ? », « j’ai l’impression que tu es parfois un peu triste », etc. Et si vraiment, votre enfant vous semble ne pas aller bien, il faut savoir dire : « Tu n’as pas l’air en forme, est-ce que tu as eu envie de te suicider dernièrement ? » Non seulement cette question ne déclenchera pas des envies de suicide, mais elle peut le soulager. Et en posant ces questions, il ne faut surtout pas avoir peur des réponses. Sinon, l’enfant le sentira et se taira. Et enfin : ne jamais minimiser les choses ! Si un enfant vous dit qu’il n’a pas le moral, qu’il n’y arrive pas à l’école, pas de « oh, ça va aller, faut s’accrocher ». Nous ne sommes pas tous équipés de la même manière. Il faut donc être attentif, car si l’on arrive à prendre ces troubles précocement, on sera bien plus efficace. La psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent est avant tout une discipline de la prévention.

    Quels sont les types de troubles psychiques ?

    • Anxiété, phobies et TOC

    • Troubles dépressifs

    • Troubles bipolaires

    • Troubles schizophréniques

    • Troubles addictifs

    • Troubles du comportement alimentaire (TCA)

    • Trouble de stress post-traumatique

  • Les vans gynéco au service de la santé des femmes

    Les vans gynéco au service de la santé des femmes

    4 septembre 2023. Ce matin, sur le parking faisant face à l’église de Royville – petite commune de 300 habitants en Seine-Maritime –, un étrange camion rose de 13 mètres de long y est garé. Il s’agit du Mammobile : un centre de dépistage du cancer du sein itinérant. Sur la devanture, on peut lire : « On a toutes à y gagner. » N’oublions pas que détecté tôt, le cancer du sein guérit dans 9 cas sur 10, d’où l’importance du dépistage.

    Le van rose n’en est d’ailleurs pas à sa première tournée de prévention. Après avoir sillonné l’Eure, le Calvados et la Manche, c’est désormais dans les communes de Seine-Maritime les plus éloignées des centres de radiologie (au moins 15 minutes en voiture) qu’il s’est installé, proposant un dépistage gratuit aux femmes de 50 à 74 ans. Ce projet est mené depuis mars 2022 par l’unité Anticipe du centre de cancérologie François-Baclesse de Caen et le Centre régional de coordination des dépistages des cancers de Normandie. « Dès l’instant où les femmes s’éloignent des centres de radiologie, la participation est moins importante, c’est un frein connu. On essaie de démontrer la plus-value d’un Mammobile qui vient au plus près des femmes », expliquait à France Bleu en avril dernier, Marie-Christine Quertier, médecin directeur du CRCDC en Normandie.

    Et bien que passer une mammographie dans un camion est loin d’être orthodoxe, l’intérieur du cabinet est on ne peut plus traditionnel. « Quand les femmes arrivent, elles sont accueillies par la secrétaire, ajoute la médecin. Elles voient ensuite la manipulatrice qui va réaliser l’examen, puis le médecin qui fait la palpation, interprète la radio et fait une échographie si besoin. »

    Isolement et état de santé plus dégradé

    Direction la région Auvergne, où un autre camion baptisé Opti’soins vient en aide aux femmes isolées, mais pas n’importe lesquelles : les femmes enceintes. « Le projet de départ est né sur une cartographie de l’Auvergne, racontait Julie Duclos, sage-femme et échographiste, à la chaîne Brut. Il a été montré que sur ces quatre départements (l’Allier, le Cantal, la Haute-Loire et le Puy-de-Dôme, ndr), il y avait des zones qui étaient des déserts médicaux […], des communes et donc des patientes qui étaient potentiellement à plus de 30 minutes de tout professionnel médical susceptible de suivre leur grossesse. »

    Au-delà du fait d’être isolées géographiquement, la cheffe du projet Isabelle Raimbault déplore chez ses patientes un état de santé « un peu plus dégradé que dans la population générale ». « [Elles] ont un suivi gynécologique qui est beaucoup plus décousu que dans les populations urbaines, et ce n’est pas par choix, ce n’est pas par manque d’intérêt, c’est vraiment parce qu’elles n’en trouvent pas. »

    « On ne va pas faire consulter les femmes dans un camion ! »

    Si les deux premiers camions proposent des services de santé spécifiques (dépistage, suivi de grossesse), il y en a un qui, depuis 2022, regroupe l’ensemble des soins gynécologiques et sillonne les routes de la Provence verte et du Verdon. Son nom : le « Gynécobus ». Imaginé en 2018 par Laure Fabre, sage-femme exerçant à Rians, ce dispositif est adossé à l’hôpital de Brignoles, sa base technique et administrative. Mais impossible de concrétiser cette belle idée sans financements – via l’État, la Région, l’Europe, les agglomérations ou encore l’Agence régionale de santé – ou sans véhicule (estimé à 100 000 euros). Une fois les communes ciblées (42 lieux d’intervention) et l’équipe montée (24 gynécologues, 20 sages-femmes), il faut cette fois s’attaquer aux idées reçues.

    « Au départ, les gens étaient circonspects, se souvient Laure Fabre. On me disait souvent : “On ne va tout de même pas consulter les femmes dans un camion !” Ce qui était compliqué, c’est qu’on innovait sur le fond et la forme. Sur la forme, en proposant un dispositif mobile – encore que, la mobilité était quelque chose qui existait déjà dans les communes reculées – et sur le fond, parce qu’on proposait d’agir en binôme. »

    Selon elle, avoir systématiquement une sage-femme et un gynécologue permet d’emblée un avis spécialisé et donc une prise en charge accélérée. Autre avantage : « Ce binôme aux sensibilités différentes donne un surplus d’humanité et ouvre le dialogue. Pour les patientes, c’est rassurant. En fonction des antécédents d’une patiente, de son âge, de son mode de vie, on va être en mesure de proposer une prise en charge adaptée, qui a du sens pour elle. Cela rend les choses plus intimes, on a presque une conversation à cœur ouvert, ce qui est plus difficile lors d’une consultation standardisée. »

    Redonner du sens aux examens gynécologiques

    Cela semble assez clair : le Gynécobus replace la patiente au centre et tente d’abolir les freins à la consultation. Qu’ils soient financiers (les soins sont pris en charge de la même manière qu’à l’hôpital, sans dépassement d’honoraires) ou plus personnels : « Pour beaucoup de femmes, être obligées de se déshabiller et de donner accès à la fois à la partie haute et basse du corps pose problème. C’est pour cela que tout ce que l’on fait est relié à de l’éducation à la santé, rappelle Laure Fabre. Lorsqu’on fait un frottis, on explique pourquoi on le fait, quelle est la nature de cet examen, quand est-ce qu’il faudra le refaire, qu’est-ce qu’il faut attendre comme résultats… Bref, on redonne du sens à ces examens. »

    Visiblement, cela fonctionne : aujourd’hui, 240 patientes sont vues chaque mois et l’agenda des rendez-vous – pris soit par le secrétariat gynécologique de l’hôpital de Brignoles, soit par Doctolib – ne désemplit pas. Mettant les créneaux en ligne tous les mois, il faut donc compter au maximum 30 jours d’attente. Rien à voir avec les 4 à 6 mois d’attente de l’hôpital ou du secteur libéral…

    Mais alors, la gynécologie serait-elle amenée à devenir une médecine itinérante ? À cette question, Laure Fabre partage un avis bien tranché : « Le Gynécobus ne peut être qu’un outil dans un système de santé. Ces vans sont des outils intéressants pour dépasser certains freins, mais qui ont aussi leur limite. À mon sens, ça ne peut pas être une solution à part entière. » Pour autant, la sage-femme n’est pas contre l’idée d’étendre le dispositif.

    À condition de considérer le projet dans sa globalité : « Le Gynécobus, ce n’est pas juste “acheter un van et mettre des gens dedans”. Si on arrive à recruter autant de monde aujourd’hui, c’est parce que nous avons redonné du sens et de la valeur à notre secteur. On ne s’oppose pas aux uns et aux autres, on est là pour prouver qu’on peut tous travailler ensemble et que chacun a sa place. »

    Où trouver un van gynéco ?

    • Les différents points d’étape du Mammobile sont à retrouver dans ce lien.
    • Pour savoir si votre commune est concernée par Opti’soins et prendre rendez-vous, écrivez à l’adresse e-mail [email protected] ou téléphonez au 07 73 75 01 0704 73 75 01 07.
    • Pour prendre rendez-vous avec le Gynécobus, contactez le 07 85 94 42 04 ou rendez-vous sur Doctolib.
  • Handicap invisible, mais conséquences bien réelles

    Handicap invisible, mais conséquences bien réelles

    Les maladies invalidantes sont des affections de longue durée qui peuvent être chroniques ou évolutives et peuvent atteindre les organes vitaux internes. Souvent invisibles, elles constituent un réel handicap et nécessitent un parcours de soins adapté, un aménagement dans le monde professionnel. Exemples : cancers, maladies cardiovasculaires, SIDA, diabète, maladies de Parkinson et de Crohn, asthme, hypertension artérielle, dépression, autisme, hépatites, sclérose en plaques, coxarthrose ou l’arthrose des doigts, troubles DYS, épilepsie et narcolepsie, troubles musculo-squelettiques, trouble du déficit de l’attention (TDA), Trisomie 21, troubles de l’audition ou surdité, etc.

    Une vie de DYS

    Troubles DYS : derrière ces trois lettres sont regroupés différents troubles cognitifs. Dyslexie, dyspraxie, dyscalculie, dysgraphie, troubles de l’attention. En France, ils touchent entre 4 et 5 % des élèves d’une classe et ont pour particularité de ne pouvoir être expliqués ni par une déficience intellectuelle globale, ni par un problème psychopathologique, ni par un trouble sensoriel ou des facteurs socioculturels. Comme Albert Einstein, Léonard de Vinci, Steven Spielberg ou, plus proche de nous, le journaliste Thomas Legrand, Nolan, 8 ans, est un petit garçon dyslexique avec TADH (Trouble déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité). Il ne tient pas en place et a parfois du mal à se concentrer. Si aujourd’hui, il lit beaucoup, c’est qu’il a été diagnostiqué par une orthophoniste dès l’âge de 6 ans, et que son école a accepté de mettre en place un PAP, un plan d’accompagnement personnalisé. Un dispositif créé en 2015 est destiné aux enfants qui ont besoin d’aménagements pédagogiques ne nécessitant pas d’accord de la MDPH (Maison Départementale pour les Personnes Handicapées). « En cours d’histoire, son institutrice ne note pas le niveau d’orthographe de Nolan, mais vérifie que les grandes dates et périodes ont été comprises et retenues, explique Hélène, sa maman. C’est pareil pour les devoirs : Nolan n’a pas la même quantité d’exercices à faire, puisqu’il se fatigue beaucoup plus vite que les autres. »

    Comme pour la plupart des handicaps invisibles, ces troubles ne se laissent pas facilement définir, et sont par conséquent souvent incompris, minimisés, voire niés. « Il n’est pas bien élevé », « il ne s’applique pas », « il est coléreux et impulsif » sont autant de phrases que les parents de Nolan ont entendu dès son plus jeune âge, même au sein de leurs familles respectives. Mais grâce aux diagnostics de plus en plus précoces et des solutions adaptées, Nolan suivra certainement la route d’autres illustres DYS !

    Des affections de longue durée

    Comme tous les matins, Alexandra prend le train de 8 h 50 pour se rendre à son travail. Cela fait dix ans maintenant qu’elle est éditrice au sein d’un grand groupe. Fin 2022, Alexandra a été atteinte d’un cancer du sein. Elle a été soignée, mais garde des séquelles : à cause des traitements très lourds, elle est souvent fatiguée. Ses collègues ne comprennent pas forcément ce qu’elle endure ni les raisons de ses absences répétées. Mais aujourd’hui Alexandra peut aller voir le référent handicap de son entreprise – une mesure obligatoire depuis 2018 dans les entreprises de plus de 250 salariés, sous l’impulsion de la loi « Avenir professionnel » – et organiser un entretien avec sa cheffe.

    Même s’il n’y a aucune obligation légale de parler de son handicap à son employeur, Alexandra souhaite jouer la carte de la transparence et ainsi bénéficier d’un accompagnement adapté. « J’ai déposé un dossier à la MDPH (Maison Départementale pour les Personnes Handicapées) pour que soit reconnue ma qualité de travailleuse handicapée (RQTH). Je ne voudrais pas que mon employeur pense que je suis démotivée ou que mes compétences ne sont plus à la hauteur ! », explique Alexandra. La reconnaissance administrative du handicap est très importante puisqu’elle permet d’avoir accès à un ensemble d’aides et de services de l’Agefiph (Association nationale de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées), comme bénéficier d’horaires aménagés ou se voir attribuer des tâches adaptées et ainsi concilier parcours de soins et vie professionnelle.

    Afin de proposer des solutions adaptées et de rendre leurs droits effectifs, les associations dédiées au handicap comme APF France handicap revendiquent la pleine reconnaissance de tous les handicaps invisibles. Et portent par la même occasion un projet d’intérêt général, celui d’une société inclusive et solidaire. Pour que le regard sur le handicap, invisible ou non, évolue.

    Quelle définition du handicap dans la loi ?

    La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, introduit pour la première fois dans le code de l’action sociale et des familles une définition du handicap : « Toute limitation d’activité ou de restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. »

     

    HANDICAP : LA MACIF ACCESSIBLE

    Dans ses offres et services, la Macif s’engage à prendre en compte les besoins spécifiques.

    L’Essentiel de l’article

    • Près de 80 % des handicaps sont invisibles
    • Parmi eux : cancers, maladies cardiovasculaires, SIDA, diabète, asthme, dépression, autisme…
    • Invisible n’est pas égal à imaginaire !

     

  • Comment soulager les douleurs sexuelles chez les femmes ?

    Comment soulager les douleurs sexuelles chez les femmes ?

    « Ça faisait dix ans que je me disais que les douleurs sexuelles que je ressentais étaient dans ma tête, puis on m’a diagnostiqué de l’endométriose à trente ans », regrette Céline*, 30 ans, chef de projet dans le secteur de la RSE. Depuis son premier rapport sexuel à l’adolescence, ses douleurs vaginales étaient aussi pénibles qu’inexpliquées. Des années d’errance médicale qui l’ont profondément affectée et surtout découragée à s’engager dans une relation. Depuis son changement de contraception à la suite du diagnostic, elle sent cependant du mieux, et espère un changement de paradigme dans la société.

    Léa Meunier, kinésithérapeute spécialisée dans la rééducation périnéale, les douleurs pelviennes et les troubles sexologique chez la femme, croule sous les rendez-vous. Son but : aider les femmes à identifier le point de départ de leur douleur et les soulager. « La majorité des douleurs sont mécaniques, ou liées à de l’endométriose », confirme-t-elle. Sur le pas de sa porte, des patientes aux profils très variés, tous âges et toutes catégories socioprofessionnelles confondus, mais surtout, des femmes empreintes de culpabilité.

    « Peu à peu, les douleurs sexuelles des femmes deviennent un sujet de société. Même s’il n’existe toujours pas d’études à grande échelle ! »

    Léa Meunier, kinésithérapeute

    Douleurs sexuelles : les femmes et leur culpabilité

    « C’est quasiment systématique : les femmes se disent que c’est forcément leur faute, qu’elles mettent leur couple en péril. On sent encore trop souvent le poids du devoir conjugal sur les femmes qui, même célibataires, essaient d’être au top pour le prochain », raconte Léa Meunier. Se forcer à faire l’amour sans envie ni plaisir pour ne pas décevoir son conjoint est une triste réalité vécue par beaucoup de femmes. « Je me suis déjà forcée bien sûr, heureusement mon partenaire actuel est très attentif et il entend que la pénétration n’est pas forcément centrale dans la relation sexuelle », confie Céline.

    D’après le dernier rapport du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, 33 % des Françaises ont déjà eu rapport devant l’insistance de leur partenaire et 37 % ont déjà vécu une situation de non-consentement. Si le sujet commence à être plus facilement évoqué, il l’est surtout par des trentenaires, les femmes appartenant à la génération précédente ne s’autorisant pas la confession. « Quand tu en parles autour de toi, énormément de femmes souffrent de douleurs sexuelles. C’est simplement que nos mères, nos grands-mères ne s’en inquiétaient pas », poursuit-elle.

    Ce n’est pas « que dans la tête »

    La cause du silence ? Une absence de clarté sur les causes de la douleur, mais surtout une sous-estimation constante de ces souffrances. « La société considère que les douleurs sexuelles sont uniquement psychologiques, liées aux émotions des femmes, à qui on va rabâcher qu’il faut se détendre », dénonce Léa Meunier, qui tente de déconstruire ces préjugés dans son cabinet. Les causes des douleurs sexuelles sont selon elle multiples et identifiables, encore faut-il aborder la question. Vaginisme, positions sexuelles inadaptées à certains utérus, bouleversement hormonal dû à un changement de pilules, endométriose, pathologies vulvaires, mycose, infections urinaires à répétition, chute sur le coccyx : tout cela peut engendrer des contractions musculaires à l’origine de douleurs sexuelles.

    La masturbation, pour associer à nouveau plaisir et sexualité

    Et ces dernières peuvent être soulagées : « La crème anesthésiante fonctionne, mais c’est une solution de surface. Les exercices de cohérence cardiaque, méthode de relaxation, et le sport vont aussi contribuer à relâcher le périnée », informe Léa Meunier. La masturbation peut elle aussi être une ressource pour combattre la douleur sexuelle. « Notre cerveau a besoin d’enregistrer que la vulve n’est pas que douleur. Ça envoie des endorphines, ça contracte le périnée, c’est un exercice de kiné en soi que je recommande systématiquement à mes patientes ! », termine Léa Meunier, avec un sourire sérieux.

    Espérons qu’un jour, les douleurs sexuelles des femmes seront systématiquement verbalisées et prises en charge.

    L’Essentiel de l’article

    • Les causes des douleurs sexuelles sont multiples : vaginisme, positions sexuelles inadaptées à certains utérus, bouleversement hormonal, endométriose, mycose, infections urinaires…
    • Consulter un.e kiné spécilaisé.e ou une sage-femme peut aider à identifier l’origine des douleurs
    • La relaxation, le sport et la masturbation sont autant de techniques pour soulager les douleurs

     

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  • La zoothérapie, pour qui et pourquoi ?

    La zoothérapie, pour qui et pourquoi ?

    Trois chiens, un chat, un paon, un bouc nain, trois chèvres, un cochon nain, un cochon vietnamien, une ânesse, des lapins, des poules, un lapin nain… Bienvenue dans la ferme thérapeutique de Cendrine Funel, où de nombreuses familles et personnes fragiles viennent passer du bon temps ! C’est à une trentaine de kilomètres de Lyon, à Mornant plus exactement, que cette zoothérapeute a installé son petit paradis animalier pour aider au mieux ceux qui en ont besoin. Car après avoir été infirmière une bonne partie de sa vie, cette quinquagénaire a décidé de faire de sa passion son métier, dans une perspective de soins ou d’accompagnement.

    Une chèvre en laisse, des poussins en liesse

    « Écoute, mémoire, concentration, développement et maintien des fonctions cognitives, estime de soi, socialisation, contacts, échanges, acceptation des différences, équilibre, mobilité… Les animaux offrent des bénéfices incommensurables à l’être humain, c’est indéniable », explique Cendrine qui a été formée à l’Institut de Zoothérapie International, qui dispose également d’une certification d’entraîneur canin et qui propose depuis cinq ans des séances de médiation animale régulières à diverses structures en tant qu’autoentrepreneuse. Déjà très utilisée dans certains pays comme le Canada et de plus en plus en France, la zoothérapie englobe toutes les interventions assistées par l’animal lors de sessions individuelles ou collectives encadrées par un spécialiste de la médiation animale.

    L’homme en souffrance à tant de choses à gagner, au contact des bêtes. 

    Cendrine Funel, zoothérapeuthe

    En Ehpad (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), à l’hôpital ou en clinique (surtout pour les soins palliatifs), dans les prisons, pour les associations de personnes handicapées (notamment les enfants), etc. Toutes ces structures hébergeant des personnes en difficulté peuvent bénéficier des apports des animaux, des plus petits au plus imposants, sans oublier les oiseaux. « En général, c’est plutôt la personne bénéficiant de la séance qui sélectionne les animaux qui vont l’accompagner en choisissant ceux avec qui elle se sent bien, explique Cendrine. J’ai beaucoup d’animaux et je peux proposer des races variées. Cohésion du groupe et respect des consignes avec les jeunes, temps de relaxation en se couchant dans le foin avec les lapins… En ce moment, j’ai des poussins à la ferme : c’est extraordinaire comme ils captent l’attention ! Pour les patients qui ont une mobilité réduite, c’est moi qui me déplace. Parfois, je me rends dans des structures avec ma chèvre à qui j’ai appris la marche en laisse ! Mes animaux jouent à leur manière le rôle de psychologues auprès des patients, qui parlent volontiers avec eux. Chacun y trouve son compte. »

    Des animaux pour retrouver son autonomie

    Cécile, éducatrice spécialisée depuis sept ans, raconte comment cela se passe : « Pour nos jeunes âgés de 17 à 25 ans qui ont des troubles du spectre autistique, nous travaillons depuis trois ans avec une zoothérapeute. Tous les mercredis après-midi, nous avons une séance d’une heure de 16h30 à 17h30 pour deux groupes (un de six et un de sept). Elle se passe en trois temps. Premier temps : le temps d’accueil des chiens, avec caresse et brossage à tour de rôle. Deuxième temps : une balade autour de l’établissement d’une vingtaine de minutes avec les bergers allemands, chacun prenant la laisse et participant à du lancer de balle. Puis, au retour, le troisième temps : on discute, on verbalise et on raccompagne les chiens au véhicule. Pendant la séance, on s’aperçoit que certaines personnes se calment et parviennent à se poser avec l’animal, même sans être en contact direct avec lui. Généralement, on voit que ça détend les personnes. Mais la régularité a une importance capitale, c’est primordial qu’il y ait une constance. L’évolution et la progression prennent du temps. »

    Des bénéfices visibles

    Cécile explique comment sont appréciés les bénéfices de ces séances : « On remplit une fiche d’évaluation par résident à la fin de chaque séance avec les objectifs atteints ou non et une échelle de cotation. Tenir la laisse, nourrir l’animal, prendre soin de lui, oser les caresses, est-ce qu’il le fait seul, est-ce qu’il a eu besoin d’une présence physique, est-ce qu’il y a au contraire eu des problèmes… Ça nous permet d’évaluer où en est le patient, et sur quoi on doit encore travailler. Dans un premier temps, on a des objectifs généraux : capter l’attention de la personne ou de l’animal, demander de l’aide, savoir s’adapter face aux différentes situations, accomplir une tâche demandée pendant un temps requis… Après, on affine au cas par cas : chercher l’acceptation de l’animal près de soi, proposer un cadre relationnel et sécurisant avec l’animal, favoriser la communication et la concentration sur une tâche… Certains ont, au niveau sensoriel, une hypo ou une hypersensibilité. Au toucher, par exemple. Donc on les accompagne, avec la dynamique de groupe, dans leur tolérance aux poils du chien. Au début, c’est compliqué. Puis, avec la confiance et le temps, ils parviennent à tenir la laisse seuls. Nous avons l’exemple d’un jeune qui a vraiment bien évolué. Lorsqu’on va à la ferme pédagogique en fin d’année avec chaque groupe, il apprécie énormément. La présence du moindre animal le met en joie. Il est devenu serein. Ces séances ont en remplacé le traitement préventif qu’il prenait pour les troubles du comportement. »

    Un discours qui n’étonne pas Pauline Mayel, ex-infirmière elle aussi, qui exerce également à son compte dans le Rhône à Irigny. « La médiation animale permet de créer du lien, de s’éveiller et de progresser, amorce l’experte trentenaire. Il s’agit d’un soin alternatif non médicamenteux que l’on pratique à l’aide d’animaux familiers consciencieusement sélectionnés et éduqués dans l’environnement immédiat des personnes. Les objectifs principaux ? Favoriser la relation et les échanges avec autrui, mais aussi éveiller des réactions visant à maintenir ou à améliorer le potentiel global (à savoir cognitif, physique et psychosocial ou encore affectif). »

    La zoothérapie, pas du pipi de chat !

    Pour Pauline, ses compagnons de route qui la suivent non-stop dans son quotidien sont une grosse trentaine : vingt cochons d’Inde, quatre poules naines, six lapins de race différente, une lapine naine et une chienne. « Avant même que je ne devienne zoothérapeute, j’avais déjà observé les bénéfices de l’animal au contact de l’être humain. Pour moi, mais aussi pour mes proches. Quand je rentrais de mon travail au bloc opératoire des urgences, où je voyais des choses très difficiles et où il y avait beaucoup de pression ainsi que de souffrance humaine, me connecter avec mes petits protégés me faisait énormément de bien. Passer des moments simples, comme les caresser ou leur donner à manger, me détendait énormément, précise celle qui est zoothérapeute depuis un an. En soins palliatifs, j’ai parfois vécu des moments de grâce lorsque mon chien montait sur le lit de personnes qui allaient bientôt partir et qui profitaient d’un instant de répit. Le moment est beau et les malades le ressentent, ça ne s’explique pas. Dans certains Ehpad, des patients victimes de pathologies neurodégénératives assez poussées et qui ne s’expriment plus sont tout à coup super présents pendant la séance avec les animaux. Ils se remettent à parler, ils sont contents… Ils sont réveillés, ils sont là ! On sent que quelque chose se passe, indiscutablement. »

    « Ça me fait un bien fou, je vais bien dormir ce soir. Vous savez, rien que le contact avec la fourrure me fait du bien. L’importance du toucher… Ça me manque, les animaux. »

    Mme C., 95 ans

    Qui plus est, la médiation animale est accessible aux populations isolées. En témoignent l’expérience de Mme C., 95 ans qui vit seule chez elle et sans famille, une aide à domicile ou des IDE pour seules visites, comme le rapportte Pauline Mayel : « La zoothérapie lui apporte beaucoup de joie chaque mois. Elle s’installe dans son fauteuil en position inclinée avec Pepito le cochon d’Inde sur sa poitrine, ils discutent et parfois piquent une sieste ensemble… Elle prépare toujours une carotte en prévision de sa visite. » La zoothérapie, une approche au poil !

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    L’Essentiel de l’article

    • La zoothérapie est un soin alternatif et complémentaire au parcours médical classique
    • Chien, chat, chèvre, lapin, cheval, poule, cochon : de nombreuses espèces peuvent aider à retrouver une autonomie ou une sérénité
    • Les zoothérapeuthes interviennent dans des structures telles que les Ephad, les hôpitaux, les associations de personnes handicapées, les prisons…

     

  • Il fait (trop) chaud ? 5 conseils pour bien manger et s’hydrater

    Il fait (trop) chaud ? 5 conseils pour bien manger et s’hydrater

    1 Risque de canicule ? Buvez de l’eau, beaucoup d’eau !

    C’est le b. a.-ba, et pourtant seul 45% des Français (1) boivent assez d’eau chaque jour. En temps normal, il est recommandé de boire au moins 1,5 litre d’eau par jour pour un adulte et au moins 1 litre pour un enfant. Et en cas de canicule, il faut compter le double.

    Veillez donc à toujours avoir de l’eau à portée de main : bouteille ou eau du robinet, peu importe ! Soyez attentifs : chez les bébés, les jeunes enfants et les personnes âgées, la sensation de soif est atténuée. Il faut donc veiller activement à maintenir une bonne hydratation en buvant de façon très régulière (toutes les heures).

    65 %

    du corps humain est constitué d’eau. C’est dire l’importance de bien s’hydrater !*

    2 Café, alcool, sodas : à éviter !

    Évidemment, toutes les boissons ne se valent pas pour étancher la soif. Certaines, comme le café et les boissons alcoolisées ont même l’effet inverse : parce qu’elles sont diurétiques, elles déshydratent plus qu’elles n’hydratent. Idem pour les sodas, trop sucrés, qui provoquent une perte d’eau. Elles sont donc à consommer avec encore plus de modération que d’habitude en cas de grosses chaleurs.

    Sportifs, oui à l’eau (pas trop) sucrée

    Le sucre favorise l’absorption de l’eau par l’organisme. Si vous faites du sport par forte chaleur (ce n’est pas conseillé mais c’est vous qui voyez), il est donc possible d’ajouter du sucre à l’eau (environ 30 g/L) pour augmenter son pouvoir réhydratant. Attention, si la boisson est trop sucrée (soda) l’effet inverse se produit : elle devient déshydratante.

    3 Les fruits et légumes, sources d’eau

    Sur les 2,5 litres d’eau dont notre corps a besoin au quotidien pour maintenir son niveau d’hydratation, 1 litre est apporté par l’alimentation. Stars de l’été, les fruits et légumes sont nos alliés privilégiés en temps de canicule ! Frais, légers, ils sont très riches en eau et constituent donc une excellente source d’hydratation. Privilégiez les fruits et légumes moins riches en sucres comme le concombre, le melon, la pastèque, la tomate, la courgette, l’aubergine ou la laitue. À vous les salades composées, goûteuses, pleines de vitamines, faciles à réaliser et que vous pouvez varier à l’infini au gré de vos envies.

    4 Des féculents pour l’énergie

    L’appétit a souvent tendance à diminuer avec la chaleur, et pourtant le corps a toujours besoin d’énergie ! Il est donc important de conserver une alimentation équilibrée pour lui apporter tout ce qu’il lui faut : des fruits et légumes certes, mais aussi des féculents (riz, pâtes, pommes de terre, légumineuses) pour carburer toute la journée !

    C’est extrêmement important pour les enfants, les seniors et les personnes ayant un métier physique ou une activité sportive soutenue. Les légumineuses (lentilles, pois, haricots rouges ou blancs, fèves, pois chiches, etc.) sont particulièrement intéressantes car elles sont également riches en fibres, en protéines, en vitamines (B, PP et C notamment) et en oligo-éléments.

    5 Moins de viandes, plus d’oeufs et de yaourts

    Parce que les protéines peuvent être difficiles à digérer quand il fait chaud, mieux vaut limiter la consommation de viandes grasses. Les œufs sont une bonne alternative, de même que les crustacés, coquillages et poissons blancs. Enfin, les yaourts, constitués de 75 à 90 % d’eau, peuvent être consommés sans problème même en pleine canicule.

    Lire aussi : Comment consommer la viande de façon responsable ?

    L’Essentiel de l’article

    • Buvez au moins 3 litres d’eau par jour.
    • Évitez le café, les boissons alcoolisée et les sodas.
    • Boostez votre consommation de légumes et de fruits.
    • Consommez des féculents et de légumineuses pour l’énergie.
    • Limitez la viande. Préférez les oeufs, poissons et crustacés.

    (1) Credoc pour l’EHI (Institut européen de l’hydratation), « 1,5 litre de boissons par jour, c’est pas la mer à boire »,

  • Écrans et perte de contrôle : un danger pour les jeunes  ?

    Écrans et perte de contrôle : un danger pour les jeunes  ?

    Une saturation d’écrans

    Omniprésents dans notre quotidien, tant sur le plan social que professionnel, les écrans prennent même une place de plus en plus importante dans la vie des jeunes. 42 % des 15-30 ans passent au moins six heures devant un écran quotidiennement, et 13 % en passent dix ou plus. Un chiffre constant par rapport à 2022, mais qui confirme une hausse post-confinement.

    Faut-il s’inquiéter – et à quel moment ? Quand peut-on parler de surconsommation, ou même d’addiction ? En réalité, comme l’explique la psychologue Karine de Leusse, il faut surtout se demander ce qui se cache derrière ce temps d’écran. « Le temps passé est un premier signe, explique-t-elle. Pourtant, l’indicateur majeur, c’est la difficulté à se détacher de l’écran. Si cela s’avère difficile, il faut commencer à se poser des questions. » En particulier en ce qui concerne les adolescents, en période charnière de leur développement. C’est ce que constate Florian, père d’une fille de 16 ans, plutôt désemparé : « C’est le principal sujet de fâcherie entre nous. Elle a toujours une bonne raison de garder son téléphone, pendant ses devoirs ou même dans son lit. La limitation pure et simple ne fonctionne pas : elle le vivrait comme une punition, qui ne ferait que renforcer son désir d’écrans. »

    36 % des jeunes ont ressenti une perte de contrôle

    face à leurs écrans au moins vingt fois durant l’année écoulée. (1)

    Des applis qui font perdre le contrôle

    Autre facteur alarmant : la perte de contrôle. 70 % des jeunes interrogés avouent l’avoir ressenti au moins une fois. C’est le cas de Robin, community manager de 26 ans. « Entre mon travail et mes loisirs, je peux vite monter à douze heures d’écrans par jour, raconte-t-il. J’ai un écran au moment de me coucher et je me réveille avec un écran. Forcément, je me dis que c’est excessif, mais en fait je ne le vis pas comme ça. » Car une fois rentré du travail, les écrans deviennent pour Robin un moyen de décompresser. « Quand je regarde une longue vidéo YouTube, ou que je joue à un jeu qui me plaît, c’est un temps choisi, dont je ressors enrichi. » La perte de contrôle arrive plutôt quand ce temps est subi : « Quand je passe deux heures sur TikTok alors que je voulais y passer cinq minutes, j’ai vraiment l’impression de perdre mon temps. »

    Faut-il parler d’addiction ?

    Certains psychologues refusent malgré tout d’utiliser le terme d’addiction aux écrans. Sans le réfuter totalement, Karine de Leusse relativise : « En effet, difficile de parler d’addiction au même titre que l’alcool et la cigarette, d’autant qu’on est quasiment obligés de les utiliser dans sa vie quotidienne et professionnelle. Pourtant certains comportements en relèvent. Qu’on parle d’addiction, de régression ou autre, peu importe : il faut comprendre à quoi ce comportement correspond pour chaque personne. »

    Et cela passe déjà par comprendre les risques. Seuls 28 % des 15-30 ans, considèrent que l’usage des écrans peut être risqué, voire très risqué. « Ils ont une certitude, c’est qu’ils maîtrisent tout parfaitement, poursuit Karine de Leusse. Et au fond, ils maîtrisent effectivement très bien l’écran, mais ils ne connaissent pas les dessous de l’écran. »

    En effet, les applications modernes savent jouer avec la chimie des cerveaux pour capter l’attention. Florian ne peut que constater : « Quand je la regarde enchaîner les vidéos TikTok ou YouTube pendant trois ou quatre heures, je me dis qu’elle n’a pas un réel contrôle de ces outils. Et même que ces applications sont conçues pour ça : un ado n’est pas équipé pour déjouer les techniques utilisées pour capter son attention. Et les adultes ne le sont pas tellement plus. »

    Souvent, les activités personnelles en pâtissent, comme le constate Robin : « Mon problème depuis quelques années, c’est que j’ai l’impression de ne pas avoir le temps pour quoi que ce soit, raconte Robin. J’ai souvent envie d’avancer sur des projets personnels, mais c’est toujours plus facile de se mettre devant les écrans. »

    La détox numérique : une fausse bonne idée ?

    Mais alors, comment reprendre le contrôle ? La détox numérique, soit le fait de se couper d’écrans durant une période donnée, est une possibilité. Attention toutefois de ne pas y voir un remède miracle, comme l’explique Karine de Leusse : « Ça ne peut pas faire de mal, surtout si toute la famille le fait en même temps. Mais une détox seule, ce n’est rien du tout, c’est comme faire le Dry January [janvier sobre] et se remettre à boire comme avant. Ce qu’il faut, c’est fixer les bonnes limites. »

    La psychologue conseille ainsi de « tout contractualiser. Il faut dresser avec l’ado un règlement intérieur avec un temps maximum par jour, par exemple, et quand l’enfant dépasse son temps attribué le décompter pour la journée du lendemain. Il faut redonner la vraie valeur du temps ».

    Et ce contrat peut être dressé avec soi-même, comme le détaille Robin : « Souvent, je fais des emplois du temps de mon temps libre. Cela me permet de vraiment reprendre le contrôle sur mon temps justement. Malheureusement, dès que je traverse une période chargée, impossible de m’y tenir. »

    Mais il ne s’agit dans tous les cas que d’une première étape. Pour Karine de Leusse, il faut « voir à quoi l’écran fait écran. C’est bien souvent un refuge, non pas le problème, mais la solution à un problème qu’il s’agit donc de résoudre avant toute chose ».

    En attendant d’aller au bout de ce long processus, mieux ne vaut pas totalement noircir le tableau et se montrer optimiste, à l’image de Florian. « Toute une génération va souffrir des mêmes problèmes, mais aussi trouver des solutions ensemble. C’est une vie différente de celle que j’imagine, mais ma fille sera au moins autant armée que ses amies. Donc j’essaye de ne pas me faire trop de souci. »

    Comment les jeunes gèrent les addictions ?

    En 221, la Macif a lancé avec Ipsos le 1er baromètre sur les addictions et leurs conséquences chez les jeunes. Cette étude annuelle permet d’étudier les consommations de substances addictives chez les 16-30 ans et les comportements à risques qu’elles engendrent afin de proposer des solutions de prévention adaptées.

    L’Essentiel de l’article

    • 42 % des 15-30 ans passent au moins six heures devant un écran quotidiennement
    • 70 % des jeunes interrogés avouent avoir ressenti une perte de contrôle au moins une fois
    • seuls 28 % des 15-30 ans considèrent que l’usage des écrans peut être risqué
    • S’il vous est difficile de vous détacher des écrans, cela peut être un indicateur d’un souci dans votre consommation

    (1) Baromètre des addictions 2023 réalisé par l’IPSOS pour la MACIF

  • Vos repères santé : le podcast pour comprendre notre système de santé

    Vos repères santé : le podcast pour comprendre notre système de santé

    Épisode 1 : C’est quoi la Sécu ?

    Qui a eu l’idée de créer la sécurité sociale et quand ? Est-ce qu’aller chez le médecin ou le dentiste, c’est gratuit ? Qui finance les 183 milliards d’euros de la branche maladie ? Avec des archives et des questions d’enfant, plongez dans l’histoire et les mécanismes de la sécurité sociale en 3 minutes.

    Épisode 2 : C’est quoi une mutuelle ?

    Les mutuelles, c’est quoi ? À quoi ça sert exactement ? Avec des exemples et des cas concrets, comprenez enfin les rouages de ces institutions qui participent à la qualité et la réputation du système de santé français en 3 minutes.

    Épisode 3 : comment fonctionne le duo Sécu – mutuelle ?

    Dans de nombreux pays, les citoyens doivent débourser des milliers d’euros chaque année pour se soigner, pas en France. Pourquoi ? Grâce à une complémentarité entre la sécurité sociale et les mutuelles. On vous explique comment, à travers des exemples concrets et des comparaisons internationales en 3 minutes.

    Épisode 4 : Comment fonctionnent les remboursements à la pharmacie ?

    Un matin, Marin, se réveille patraque, avec le nez qui coule. Après son rendez-vous chez le médecin, il court à la pharmacie pour acheter ses médicaments. Combien ça va lui coûter ? Devra-t-il payer ses médicaments ? Dans quel cas, et pourquoi ? Avec des exemples et des cas concrets, on vous aide à mieux comprendre vos remboursements santé en moins de 4 min !

    Épisode 5 : Comment fonctionnent les remboursements à l’hôpital ?

    Mamie Violette a la vue qui baisse. Elle doit se faire opérer de la cataracte. Marin l’accompagne et sur la route, il se demande combien ce passage à l’hôpital va lui coûter ? Avec des exemples et des cas concrets, on vous aide à mieux comprendre vos remboursements santé en moins de 4 min !

    Épisode 6 : Remboursements de vos lunettes

    En pleine partie de jeu vidéo, Marin constate qu’il ne voit plus très bien son écran. Impossible de battre le boss ! Il va avoir besoin de lunettes… Chez quel spécialiste doit-il aller ? Combien ça va lui coûter ? Avec des exemples et des cas concrets, on vous aide à mieux comprendre vos remboursements santé en moins de 4 min !

  • “Mon chien, mon héros” : histoires de propriétaires de chiens d’assistance

    “Mon chien, mon héros” : histoires de propriétaires de chiens d’assistance

    Comment se passe le quotidien avec un chien d’assistance ? Ces chiens, formés à accompagner des personnes atteintes de cécité, de handicap moteur ou encore à détecter l’épilepsie et le diabète, permettent à celles ou ceux qu’ils assistent de retrouver une plus grande autonomie. Dans « Mon chien, mon héros », un podcast signé Macif, découvrez des récits inspirés de témoignages de propriétaires de chien d’assistance et de leurs proches.

    Épisode 1 – Océane et Pumba

    Océane, 28 ans, a une maladie qui touche ses fonctions cardiaques, respiratoires et motrices. Elle est également diabétique. Pumba lui a complétement changé la vie. Avant, des auxiliaires venaient aider Océane tous les jours. Désormais, elle peut vivre en toute autonomie. Dans cet épisode, découvrez comment elle gère son quotidien avec sa chienne à ses côtés.

    Épisode 2 – Lily et Rouky

    Étudiante en neurosciences, Lily est diagnostiquée épileptique depuis son adolescence. Roucky, sa chienne d’assistance, l’accompagne partout, jusque dans sa salle de classe. Une réassurance pour sa mère Marylène qui a vu sa fille reprendre confiance en elle. Dans cet épisode, découvrez comment Marylène perçoit cette relation entre sa fille et sa chienne.

    Épisode 3 – Lou et Prosper

    Atteinte de diabète de Type 1 comme son père, Lou a connu de nombreuses situations d’angoisse à l’approche de crise d’hypoglycémie. Mais depuis l’arrivée de Prosper, son chien d’assistance, la jeune femme est beaucoup plus sereine. Dans cet épisode, découvrez comment le regard d’Alain, d’abord sceptique sur l’odorat expert de Prosper, a changé sur le chien d’assistance de sa fille.

    Épisode 4 – Jean-Pierre et Népal

    À 40 ans, Jean Pierre reçoit un diagnostic tardif : il est atteint du syndrome d’Usher, une maladie génétique menant à une perte progressive de l’audition et de la vue. Pendant 15 ans, il cache sa maladie jusqu’à un accident de voiture qui le fait tomber en dépression. Dans cet épisode, découvrez le bonheur de Chloé qui a vu son père retrouver sa joie de vivre grâce à son chien d’assistance Népal.

    Épisode 5 – Bonus – Pierre-Marie et Lyrics

    Pierre-Marie a perdu la vue brutalement à 25 ans lors d’un accident de travail. Avec Lyrics à ses côtés, il a pu reprendre le cours de sa vie et se lancer dans de nouvelles activités comme la course à pied. C’est même grâce à son chien d’assistance a rencontré Lise, sa compagne. Et si Lyrics pouvait raconter ce qu’il ressent ? Ça donnerait le récit à découvrir dans cet épisode bonus de “Mon chien, mon héros”.

    Merci à Marylène et Lily, à Alain et Lou, à Jean-Pierre et Chloé, à Pierre-Marie ainsi qu’à Océane d’avoir choisi la Macif pour raconter leurs histoires.

    Vous êtes propriétaire d’un chien d’assistance ?

    Pour conserver votre autonomie, garder votre chien en bonne santé est essentiel ! Découvrez l’Assurance des chiens guides d’aveugle ou d’assistance de Macif.