Étiquette : Solidarité

  • Comment apprendre la langue des signes  ?

    Comment apprendre la langue des signes  ?

    Comme pour apprendre n’importe quelle langue, différentes méthodes sont proposées pour s’initier ou approfondir la LSF. Chacun peut ainsi choisir en fonction de son budget, de sa situation géographique, du temps qu’il souhaite y consacrer et des objectifs qu’il se fixe.

    S’inscrire à un cours

    Pour démarrer un apprentissage, il est parfois recommandé de se laisser guider par des enseignants professionnels. Des universités, des écoles privées et des associations proposent des cours de LSF, le plus souvent en présentiel, notamment le soir et pendant les périodes de vacances scolaires. C’est le cas de l’association Visuel, qui dispense des cours partout en France, ou de l’École des signes, qui organise des modules à distance, tout comme Les Signes de Voltaire, de la Fondation Voltaire. Certaines structures proposent même des formations qualifiées, diplômantes, à l’image de L’École française.

    S’initier via YouTube

    YouTube est également une mine d’outils pour débuter ou se perfectionner en LSF. Les filles de CODA partagent des vidéos sur les lettres de l’alphabet, les couleurs, ou encore, les jours et les mois. Mélanie Deaf enseigne les signes et partage des infos liées à l’univers des sourds en général, notamment sur le plan professionnel. Sur Signes&Vous, qui a la particularité de regrouper les vidéos d’un enseignant entendant, les internautes apprennent des phrases utiles. Aymeline LSF mélange cours de signes (qu’elle donne également de façon individuelle) et « culture sourd ».

    Se lancer sur Instagram

    Plusieurs comptes Instagram permettent également de commencer l’apprentissage de la LSF. L’actrice Sophievouzelaud_off propose des tutoriels pour commencer à signer. Sur commentçasignelsf, les signes diffusés correspondent en général au calendrier ou à la saison. Laura, aka Liloute LSF, s’est donné pour mission de partager les bases et de sensibilité à la surdité. Lepetitgeste_lsf est particulièrement adapté aux enfants, car c’est un lapin illustré qui montre les signes. Il existe même un compte pour apprendre à signer avec les bébés : celui de Tiphaineler.

    Apprendre avec une appli

    Depuis le succès des applications, telles que Duolingo pour apprendre les langues parlées aux quatre coins du monde, l’efficacité du procédé n’est plus à prouver. S’inscrire sur une application permet de progresser en s’organisant en fonction de ses disponibilités. C’est le moyen le plus adapté aux personnes en quête de flexibilité. On peut citer Pause LSF, qui comprend un programme de 20 modules, ou encore, le parcours ludique de HiFive, ainsi que l’application du dictionnaire Elix.

    Se plonger dans les livres

    De nombreux ouvrages existent pour s’initier à la LSF en solo. L’idéal est de réaliser quelques essais devant un miroir au fur et à mesure de la lecture. Parmi les best-sellers, on peut citer La Langue des signes française, d’Olivier Marchal (Éditions First, 2020), dans lequel chaque leçon est mise en pratique par un exercice. Ainsi qu’Apprenez facilement la langue des signes, de Chris Pavone (Les Éditions de l’Opportun, 2021), La Langue des signes française pour Les Nuls, d’Antoine Bonnet et Betty Nikolic (éditions First, 2020), 30 jours pour apprendre facilement la langue des signes, de Chris Pavone (éditions L’Étudiant Pratique, 2023) et Le Grand Guide des signes avec bébé, de Marie Cao (éditions Marabout, 2020). À vous de choisir la méthode qui vous conviendra !

    Les solutions Macif pour les personnes sourdes et malentendantes

    La Macif est engagée depuis plus de 20 ans aux côtés des personnes avec un handicap auditif. Elle s’engage pour leur offrir un maximum de protection.

  • Bénévolat : est-ce encore utile de s’engager ?

    Bénévolat : est-ce encore utile de s’engager ?

    En 2023, 13 millions de Français de 16 ans ou plus se déclarent bénévoles, soit environ un quart de la population. Piliers du tissu associatif, 86 % des 1 300 000 associations actives en France sont animées exclusivement par des bénévoles. Selon les chiffres clés de la vie associative 2023, recueillis par l’Institut National de la Jeunesse et de l’Éducation populaire (INJEP), le domaine sportif représente près d’un tiers du volume de travail bénévole, suivi des domaines de défense de causes, action sociale, humanitaire et caritative.

    Bénévolat : pour qui, pourquoi ?

    En dehors d’un bienfait intime et personnel, l’engagement bénévole permet des avancées concrètes. À commencer par la prise de conscience d’une réalité sociale chez les plus jeunes. « Les maraudes que j’effectue avec la paroisse Saint Vincent de Paul dans le quartier de Montparnasse à Paris m’ont permis de démystifier les invisibles que sont les sans-abri », confie Julie Gallys, 23 ans, juriste en alternance dans le secteur de l’énergie. Son engagement bénévole commence quand elle arrive dans la capitale pour ses études. La jeune fille réalise, hallucinée, que la « précarité est partout », des rues aux universités. Dès ses premiers mois en tant qu’étudiante, elle-même doit avoir recours aux distributions alimentaires organisées par Linkee, une association de lutte contre le gaspillage alimentaire et qui redistribue aux étudiants précaires.

    Une pensée la traverse lors des récupérations de panier : « C’est en donnant que l’on reçoit. » Julie devient alors bénéficiaire et bénévole de l’association. « J’ai vu concrètement qu’un petit geste pour nous peut avoir de grandes conséquences sur les autres. Et ça nous fait regarder plus loin que nos propres vies », continue-t-elle. En France, les femmes participent plus régulièrement que les hommes à la vie associative, elles représentent 52 % des bénévoles.

    Reprise du bénévolat chez les jeunes

    bénévolat associatif chez les plus jeunes en 2023. « Il y a chez eux une envie d’engagement qui ne cesse de progresser ces dernières années, avec souvent l’idée de faire avancer les choses de manière concrète et à leur échelle dans un monde si incertain, où le politique leur semble trop éloigné de leurs préoccupations », analyse Pascal Dreyer, vice-président Recherches & solidarités dans le rapport IFOP sur l’engagement bénévole en 2023. Créé au Québec en 2002, le concept des Accorderies a été introduit en France sous l’égide de la Fondation Macif et du Secours catholique en 2011. Fondées sur un système d’échange de services utilisant une « monnaie temps », elles sont la preuve qu’un engagement bénévole, basé sur le don de son temps et ses compétences, permet des gains sociaux mesurables. Parmi eux, la mixité sociale. À l’Accorderie d’Hayange, en Moselle, se croisent des individus de différents âges, situations sociales, nationalités et genres. Conversations en italien, cuisine, tricot ou encore réparation de voiture, il y en a pour tous les goûts. Ces lieux peuvent également être un levier concret dans la recherche d’emploi. « Ici, tu rencontres quelqu’un qui te fait rencontrer quelqu’un d’autre, et ainsi de suite. Cela m’a aidé à retrouver un emploi en recontactant tous mes anciens patrons et collègues », raconte Pascal, 44 ans, accordeur à Chambéry.

    La gratuité a un prix

    De manière générale, Accorderies ou autres associations solidaires posent les bases d’une citoyenneté active, invitant à l’action concrète, source de confiance en soi, et aux autres. « Il y a également une notion de partage dans l’associatif. On noue des liens avec les autres bénévoles, que l’on revoit chaque semaine, tous les mois, on devient riches des rencontres que l’on fait », confirme l’étudiante Julie Gallys.

    Malheureusement, le bénévolat associatif diminue depuis 2010, surtout chez les plus âgés. Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. « Ces personnes occupent souvent une position pivot entre plusieurs générations qui demandent leur soutien et peuvent les accaparer : leurs parents, leurs enfants et leurs petits-enfants. Par ailleurs, les baby-boomers n’ont pas connu la Seconde Guerre mondiale, les structures d’engagement collectif qu’étaient les patronages, les églises, les associations et les syndicats. Ils ont grandi et profité de la société de consommation », contextualise Pascal Dreyer. Une tendance reste toutefois constante : plus l’on est diplômé, plus l’on s’engage. La raison est simple. Donner du temps à une association suppose d’en disposer, en plus des ressources, des compétences, et de la confiance en soi. La gratuité a un prix. En 2018, les 21 millions de participations bénévoles représentent un volume de travail de l’ordre de 587 000 emplois en équivalent temps plein.

    Envie de vous engager ?

    Découvrez Diffuz, le réseau des actions bénévoles de la Macif !

  • Aidant et salarié : comment concilier vie pro et vie d’aidant ?

    Aidant et salarié : comment concilier vie pro et vie d’aidant ?

    Endosser le rôle d’aidant, c’est à la fois assumer les tâches du quotidien, mais aussi être le principal soutien moral et affectif du proche aidé. Une mission aussi importante que difficile, comme en témoigne Julie, qui a mené de front sa vie familiale et professionnelle avec son rôle d’aidant auprès de Laurent, son mari décédé en décembre dernier des suites d’une maladie. Elle partage son expérience.

    1 Quand survient l’impensable

    La maladie de Laurent se manifeste d’abord par des pertes cognitives et une intense fatigue, mises sur le compte d’un burn-out professionnel. Puis le diagnostic tombe : c’est un cancer. Pour Julie et sa famille, le monde s’écroule. Julie occupe un poste à responsabilité au sein d’une agence de publicité parisienne. Alors en période d’essai, elle n’ose dire à son employeur qu’elle a décidé de s’occuper seule de son mari devenu invalide : « Quand survient ce rôle d’aidant, on fait face sans se poser de questions : on soutient et on donne sans compter », raconte Julie.

    Vous aidez un proche au quotidien ?

    La Macif s’engage auprès des aidants.

    Renseignez-vous sur macif.fr !

    Il faut éviter de se mettre en danger parce que si on craque, on entraîne tout le reste avec soi.

    Julie, aidante

    2 Une spirale sacrificielle

    Pour prendre soin de son mari, subvenir aux besoins financiers de la famille et gérer le quotidien, Julie adopte une organisation quasi-militaire. « Il n’y avait plus de place pour l’improvisation. Je devais mettre en place la coordination du parcours de soins (kinésithérapeute, infirmière, chimiothérapie, IRM, etc.) et le suivi médical très lourd, tout en continuant à travailler et m’occuper de la maison et des enfants », explique-t-elle.

    Jusqu’à s’en s’oublier… « Le piège, c’est de considérer que le rôle d’aidant est naturel. Alors qu’il faut être conscient de la responsabilité, de la charge mentale et de l’incidence physique que cela implique. On repousse nos limites tout en ayant conscience que l’on se met en danger et que si on craque, on entraîne tout le monde avec soi : son aidé, ses enfants, son entourage… »

    Un décalage s’est vite installé entre mes priorités du quotidien et mon travail, et j’ai su que je n’allais pas être en capacité de fournir ce qu’on me demandait.

    Julie, aidante

    3 Une carrière qui en pâtit

    Une situation difficilement tenable qui a inévitablement des répercussions sur l’activité professionnelle de Julie. « J’étais dans un environnement qui exigeait une grande productivité. Faute de soutien, un décalage s’est installé entre mes priorités du quotidien et mon travail. Et plus la dépendance de mon mari augmentait, plus je comprenais que je ne pouvais plus fournir ce qu’on attendait de moi au travail », avoue-t-elle.

    Julie quitte alors son entreprise pour se mettre à son compte, espérant gagner en souplesse. Mais très vite, la réalité la rattrape. « Laurent était à plus de 90 % d’invalidité. La charge mentale devenait trop lourde à porter et je n’arrivais plus du tout à travailler seule ».

    4 Le travail, véritable colonne vertébrale

    « Le travail est indispensable à l’équilibre personnel. J’avais besoin, mentalement et économiquement, de stabilité », souligne-t-elle. Julie accepte un nouveau CDD mais, cette fois, aborde la situation avec son employeur et demande un contrat aux 4/5e qui lui est refusé. « Néanmoins conciliante, l’entreprise a accepté que je télétravaille, m’absente pour aller à l’hôpital, et me donnant des congés malgré mon récent CDD… ». Se sentant soutenue par son employeur et voyant son mari au plus mal, Julie prend un second congé de répit. Laurent décède quelques semaines plus tard à l’hôpital.

    Besoin d’aide ?

    Le site aveclesaidants.fr de la Macif vous éclaire pour vos démarches au quotidien.

    5 Des salariés aidants et des employeurs co-responsables

    L’entreprise a sa part de responsabilité dans l’équilibre professionnel et personnel de l’aidant salarié. « Nous pouvons tous devenir un aidant ou un aidé jour et que nous sommes, assure Julie. Charge à l’entreprise d’instaurer un climat de confiance pour libérer la parole des aidants, adopter une politique RH pour les identifier au plus tôt ou créer un parcours professionnel spécifique… pour que ni la vie d’aidant ni l’activité salariale ne soient plus sacrifiées ».

    L’Essentiel de l’article

    • Les salariés aidants n’ont pas toujours conscience de se mettre en danger.
    • Le travail est essentiel à l’équilibre personnel des aidants.
    • Accepter de souffler est vital, pour soi et pour les proches.
    • Réinventer le parcours du salarié-aidant au sein des entreprises peut être une solution.

    (1) Ipsos-Macif, 2020

    (2) Association Française des aidants, Fiche pratique « Concilier vie d’aidant et vie professionnelle »

  • Noémie Merlant, une actrice engagée

    Noémie Merlant, une actrice engagée

    Le premier coup de projecteur c’est dans le monde du mannequinat qu’elle le reçoit, à 17 ans. Quelques années plus tard, lassée d’être une image figée tourmentée par les injonctions physiques, elle se révèle une comédienne ultra talentueuse dans les films de réalisatrices qu’elle admire, comme Céline Sciamma, qui lui offre dans Portrait de la jeune fille en feu en 2019 le rôle qui va lancer sa carrière, ou Audrey Diwan, pour qui elle va bientôt être une Emmanuelle d’un tout nouveau style. En 2021, elle devient réalisatrice elle-même avec le film remarqué Mi iubita mon amour. Pourtant, en dehors des plateaux de cinéma, Noémie Merlant mène une vie parfaitement normale, oublie souvent qu’elle est célèbre et garde ses convictions chevillées au corps. Nous la retrouvons dans le froid du mois de janvier au Quartier rouge, un petit bar de quartier dans le XXe arrondissement, simple et chaleureux. À son image.

    Le public vous connaît surtout depuis votre révélation au Festival de Cannes en 2019. Ce qu’on ignore davantage, c’est votre engagement sur la question des aidants, depuis l’AVC de votre père.

    L’AVC de mon père remonte à 2009. Depuis ce jour, ma mère s’est occupée de lui 24 heures sur 24, sans accompagnement financier ni psychologique. Ils étaient tous les deux agents immobiliers et ont dû soudainement arrêter de travailler. On était déjà une famille modeste, mais là, du jour au lendemain, il n’y a plus du tout de revenus. Ils perdent leur logement et s’installent chez moi, dans mon petit studio parisien. C’est tumultueux, mais tu n’en veux à personne, même pas à celui qui gueule. Mon père dépend des autres, ma mère est épuisée, elle perd parfois patience. Elle n’a jamais vacillé, mais c’est important de rappeler que le surmenage des aidants peut amener à des cas de maltraitance. Peu de gens savent aussi, mais les aidants meurent souvent plus tôt que les aidés.

    En 2015, vous décidez alors d’introduire une caméra lors du repas de Noël pour documenter le quotidien de votre famille. Que cherchiez-vous ?

    En 2015, je suis en plein tournage du film Le Ciel attendra de Marie-Castille Mention-Schaar, je ne gagne pas encore ma vie en tant qu’actrice. Les choses sérieuses vont commencer pour moi. Cette année-là, je décide de prendre ma caméra et de filmer ce repas de Noël si particulier, où ma mère, entre deux repas donnés à mon père, répond aux questions existentielles de ma sœur, atteinte de troubles psychiques. Dans ce chaos, je trouvais qu’il y avait malgré tout beaucoup de joie, d’amour et d’humour bien que sur le papier, quand on parle de handicap et de maladie mentale, ça peut faire peur à tout le monde.

    Dans le documentaire, on entend votre mère dire qu’aider est sa mission. Comment expliquez-vous son dévouement ?

    Ma mère se donne du sens dans ce qu’elle fait, mais je ne blâme pas les aidants qui abandonnent. Il faut aussi entendre le discours de ceux qui partent. D’ailleurs, ce sont plus souvent les hommes qui partent après un accident de la vie dans le couple. C’est un sacrifice énorme. Et puis heureusement, ma mère est plutôt bonne en gestion administrative, parce que si on ne part pas à la pêche aux informations, et qu’on ne sait pas à quelles aides on a droit, on est seuls. Grâce à mon aide financière, aujourd’hui, elle souffle un peu plus. Mais la plupart des gens n’ont pas de quoi financer la prise en charge du handicap ou de la perte d’autonomie. C’est très injuste.

    Vous avez vous-même été aidante à certaines périodes de votre vie ?

    Je me souviens d’être encore très jeune dans ma tête et de me retrouver face à des responsabilités qui me dépassent. La veille, tu vois ton père dans le coma, le jour d’après tu dois lui faire prendre sa douche, l’emmener aux toilettes, dormir auprès de lui. C’était lunaire, mais je n’avais pas le choix. Tout le monde fait ce qu’il peut. Pour l’instant, à quoi ressemble ce documentaire ? C’est très artisanal, je filmais un peu à l’arrache à cette époque, mais je trouve que la forme est au profit du fond : c’est brut, sans artifices, on est plongés au cœur de ma famille, la vraie. Je continue à filmer depuis 2015, c’est intéressant de raconter l’évolution de l’AVC de mon père, la fatigue qui s’accumule pour ma mère, la manière dont la routine familiale s’est réorganisée. La suite est encore à construire, je dois trouver des fonds pour finir le montage et la postproduction. Plus tard, j’adorerais le présenter dans des festivals de documentaire.

    En interview ou dans vos rôles au cinéma, vous n’avez pas peur de mettre le sujet de la santé mentale sur la table. C’est un sujet qui compte pour vous ?

    dédramatise rapidement le truc, je dis ouvertement que je prends des antidépresseurs par exemple, que j’ai essayé toutes les thérapies possibles et imaginables, et que ça a changé ma vie, en mieux ! Souvent, les gens réagissent très bien, me parlent de leurs antidépresseurs préférés. (rires) Mais c’est vrai que ça peut encore provoquer de la gêne. Ça dépend, c’est hyper générationnel, je pense.

    Vous avez été mannequin avant d’être comédienne. Qu’est-ce que vous en gardez ?

    Ça m’a bien détraquée. Je suis entrée dans le monde du travail par le mannequinat quand j’avais 17 ans. Commencer par de la maltraitance, en étant un objet ou de la viande pour des produits et des marques, ça provoque tout un tas de choses comme des troubles du comportement alimentaire, d’où ma boulimie pendant des années. Malheureusement, ce sont des secteurs qui sont dominés par des schémas de pensée dont personne ne se défait depuis des décennies. Sans parler des risques constants d’agressions sexuelles sur les shootings et la pression pour nous encourager à maigrir. On peut résumer ça à une espèce de passage à tabac qui dure tant que tu t’accroches au métier. Tout ça pour parfois être payé en vêtements !

    Du Festival de Cannes aux retrouvailles en famille, comment se déroulent les allers‑retours entre vos deux vies ?

    Sincèrement, j’oublie souvent que je suis célèbre. Quand je prends le métro, ça me fait bizarre, des gens m’arrêtent et je reviens sur terre. Je réalise seulement quand je suis nommée dans les grands festivals de cinéma, ou en soirée. Mais c’est important d’oublier qu’on est connu. Si j’étais focalisée sur ma célébrité, je n’arriverais pas à écrire sur les choses qui m’entourent et me touchent. Ma famille me permet aussi de garder les pieds sur terre. On est très proches, très soudés. Mon métier d’actrice, c’est grâce à eux que je le fais, et je pense que ça leur apporte du bonheur. Ça les occupe, ils ont des choses à raconter à leurs amis, ça les sort de leur quotidien. D’ailleurs, ils collectionnent toujours les magazines dans lesquels ma tête apparaît. Je puise aussi mon inspiration auprès d’eux, notamment ma sœur et ma mère, qui ont une énergie particulière.

     

    Noémie Merlant, une actrice engagée

     

    On entend souvent dire que vous êtes une actrice engagée. Ça signifie quoi à vos yeux ?

    C’est un terme très large. Pour moi, être engagée, c’est être présent aux choses, aux autres, à soi, donner du sens à ce qu’on fait, essayer de se connecter les uns avec les autres. Le cinéma peut aider et être le début de prises de conscience importante. Depuis des générations, on passe notre temps à imiter les images vues dans la publicité, à la télévision, dans les salles de cinéma. Si ces représentations changent, je me dis qu’on peut tous mimer des choses meilleures.

    Vos engagements dans la vie et le fait d’être égérie pour Vuitton sont-ils compatibles ?

    L’être humain est plein de contradictions et c’est bien de le rappeler. Je suis très heureuse de travailler avec Nicolas Ghesquière – directeur artistique des collections Femme chez Louis Vuitton –, car on voit dans ses créations à quel point il est important pour lui de mélanger les genres par exemple. Et moi, grâce à cet argent, aujourd’hui, je peux aider ma famille. Je peux aussi réaliser mes propres films, parce que je deviens indépendante financièrement. Ça me permet de me concentrer sur les films qui abordent des sujets que je veux vraiment défendre.

    Vous dites que le cinéma vous aide à affronter vos angoisses. Racontez-nous.

    Dans la vie, je ne parle pas énormément, je ne pleure pas vraiment non plus. Ce sont mes personnages qui m’aident à sortir plein de choses. Dans le quotidien, j’ai parfois l’impression d’étouffer, de ne jamais savoir comment gérer les rapports humains. Dans un film, je sais ce que j’ai à dire, ce qu’il faut que je fasse. Je suis comme dans un cocon. Il y a un cadre, mais un cadre que j’ai choisi. Je ne suis pas en train d’errer à faire n’importe quoi. (rires) Et du coup, je suis dans l’instant présent, je suis dans le travail, je ne suis plus polluée par mes peurs.

    Le fait d’être dirigée par des femmes vous a-t-il aidée à devenir l’actrice que vous êtes ?

    S’entourer de femmes sur les plateaux de tournage m’offre le plaisir de pouvoir être moi-même beaucoup plus souvent. En tournant avec des hommes, on se retrouve parfois à jouer un rôle pour les hommes, pas pour soi. On est concentrées sur leur regard, et donc on évolue vraiment jamais, car on ne sert qu’à l’autre. Avec les femmes, il y a souvent plus de partage, c’est plus enveloppant. Mais attention : il y a aussi des hommes réalisateurs avec lesquels je n’ai pas du tout ressenti ça.

    Lorsque vous passez derrière la caméra, ce sont des choses que vous essayez d’appliquer quand vous dirigez les équipes d’un film ?

    Je dialogue beaucoup en amont avec les comédiens. Je leur dis que s’il y a une scène qu’ils ne veulent pas faire, ils me le disent, et on trouvera d’autres solutions. Par exemple, une comédienne peut choisir le partenaire avec lequel elle va jouer une scène intime, parce que cela peut être délicat. Et souvent, c’est très vertueux, car ils vont plus loin dans leur jeu, ils peuvent donner beaucoup plus grâce à la confiance sur le plateau, et tout le monde est content.

    Parlez-nous de votre dernier projet en date.

    Je suis en plein montage de mon film Les Femmes au balcon, coécrit avec Céline Sciamma, qui sera en salles en 2024. Il raconte l’histoire de trois femmes, dans un appartement à Marseille en pleine canicule. C’est un film d’horreur sanglant et comique avec une patte délurée et féministe !

    Cette interview est issue du numéro 2 du magazine Vous! par Macif. Pour découvrir le sommaire : c’est ICI.

  • Noémie Merlant, une actrice engagée

    Noémie Merlant, une actrice engagée

    Le premier coup de projecteur c’est dans le monde du mannequinat qu’elle le reçoit, à 17 ans. Quelques années plus tard, lassée d’être une image figée tourmentée par les injonctions physiques, elle se révèle une comédienne ultra talentueuse dans les films de réalisatrices qu’elle admire, comme Céline Sciamma, qui lui offre dans Portrait de la jeune fille en feu en 2019 le rôle qui va lancer sa carrière, ou Audrey Diwan, pour qui elle va bientôt être une Emmanuelle d’un tout nouveau style. En 2021, elle devient réalisatrice elle-même avec le film remarqué Mi iubita mon amour. Pourtant, en dehors des plateaux de cinéma, Noémie Merlant mène une vie parfaitement normale, oublie souvent qu’elle est célèbre et garde ses convictions chevillées au corps. Nous la retrouvons dans le froid du mois de janvier au Quartier rouge, un petit bar de quartier dans le XXe arrondissement, simple et chaleureux. À son image.

    Le public vous connaît surtout depuis votre révélation au Festival de Cannes en 2019. Ce qu’on ignore davantage, c’est votre engagement sur la question des aidants, depuis l’AVC de votre père.

    L’AVC de mon père remonte à 2009. Depuis ce jour, ma mère s’est occupée de lui 24 heures sur 24, sans accompagnement financier ni psychologique. Ils étaient tous les deux agents immobiliers et ont dû soudainement arrêter de travailler. On était déjà une famille modeste, mais là, du jour au lendemain, il n’y a plus du tout de revenus. Ils perdent leur logement et s’installent chez moi, dans mon petit studio parisien. C’est tumultueux, mais tu n’en veux à personne, même pas à celui qui gueule. Mon père dépend des autres, ma mère est épuisée, elle perd parfois patience. Elle n’a jamais vacillé, mais c’est important de rappeler que le surmenage des aidants peut amener à des cas de maltraitance. Peu de gens savent aussi, mais les aidants meurent souvent plus tôt que les aidés.

    En 2015, vous décidez alors d’introduire une caméra lors du repas de Noël pour documenter le quotidien de votre famille. Que cherchiez-vous ?

    En 2015, je suis en plein tournage du film Le Ciel attendra de Marie-Castille Mention-Schaar, je ne gagne pas encore ma vie en tant qu’actrice. Les choses sérieuses vont commencer pour moi. Cette année-là, je décide de prendre ma caméra et de filmer ce repas de Noël si particulier, où ma mère, entre deux repas donnés à mon père, répond aux questions existentielles de ma sœur, atteinte de troubles psychiques. Dans ce chaos, je trouvais qu’il y avait malgré tout beaucoup de joie, d’amour et d’humour bien que sur le papier, quand on parle de handicap et de maladie mentale, ça peut faire peur à tout le monde.

    Dans le documentaire, on entend votre mère dire qu’aider est sa mission. Comment expliquez-vous son dévouement ?

    Ma mère se donne du sens dans ce qu’elle fait, mais je ne blâme pas les aidants qui abandonnent. Il faut aussi entendre le discours de ceux qui partent. D’ailleurs, ce sont plus souvent les hommes qui partent après un accident de la vie dans le couple. C’est un sacrifice énorme. Et puis heureusement, ma mère est plutôt bonne en gestion administrative, parce que si on ne part pas à la pêche aux informations, et qu’on ne sait pas à quelles aides on a droit, on est seuls. Grâce à mon aide financière, aujourd’hui, elle souffle un peu plus. Mais la plupart des gens n’ont pas de quoi financer la prise en charge du handicap ou de la perte d’autonomie. C’est très injuste.

    Vous avez vous-même été aidante à certaines périodes de votre vie ?

    Je me souviens d’être encore très jeune dans ma tête et de me retrouver face à des responsabilités qui me dépassent. La veille, tu vois ton père dans le coma, le jour d’après tu dois lui faire prendre sa douche, l’emmener aux toilettes, dormir auprès de lui. C’était lunaire, mais je n’avais pas le choix. Tout le monde fait ce qu’il peut. Pour l’instant, à quoi ressemble ce documentaire ? C’est très artisanal, je filmais un peu à l’arrache à cette époque, mais je trouve que la forme est au profit du fond : c’est brut, sans artifices, on est plongés au cœur de ma famille, la vraie. Je continue à filmer depuis 2015, c’est intéressant de raconter l’évolution de l’AVC de mon père, la fatigue qui s’accumule pour ma mère, la manière dont la routine familiale s’est réorganisée. La suite est encore à construire, je dois trouver des fonds pour finir le montage et la postproduction. Plus tard, j’adorerais le présenter dans des festivals de documentaire.

    En interview ou dans vos rôles au cinéma, vous n’avez pas peur de mettre le sujet de la santé mentale sur la table. C’est un sujet qui compte pour vous ?

    dédramatise rapidement le truc, je dis ouvertement que je prends des antidépresseurs par exemple, que j’ai essayé toutes les thérapies possibles et imaginables, et que ça a changé ma vie, en mieux ! Souvent, les gens réagissent très bien, me parlent de leurs antidépresseurs préférés. (rires) Mais c’est vrai que ça peut encore provoquer de la gêne. Ça dépend, c’est hyper générationnel, je pense.

    Vous avez été mannequin avant d’être comédienne. Qu’est-ce que vous en gardez ?

    Ça m’a bien détraquée. Je suis entrée dans le monde du travail par le mannequinat quand j’avais 17 ans. Commencer par de la maltraitance, en étant un objet ou de la viande pour des produits et des marques, ça provoque tout un tas de choses comme des troubles du comportement alimentaire, d’où ma boulimie pendant des années. Malheureusement, ce sont des secteurs qui sont dominés par des schémas de pensée dont personne ne se défait depuis des décennies. Sans parler des risques constants d’agressions sexuelles sur les shootings et la pression pour nous encourager à maigrir. On peut résumer ça à une espèce de passage à tabac qui dure tant que tu t’accroches au métier. Tout ça pour parfois être payé en vêtements !

    Du Festival de Cannes aux retrouvailles en famille, comment se déroulent les allers‑retours entre vos deux vies ?

    Sincèrement, j’oublie souvent que je suis célèbre. Quand je prends le métro, ça me fait bizarre, des gens m’arrêtent et je reviens sur terre. Je réalise seulement quand je suis nommée dans les grands festivals de cinéma, ou en soirée. Mais c’est important d’oublier qu’on est connu. Si j’étais focalisée sur ma célébrité, je n’arriverais pas à écrire sur les choses qui m’entourent et me touchent. Ma famille me permet aussi de garder les pieds sur terre. On est très proches, très soudés. Mon métier d’actrice, c’est grâce à eux que je le fais, et je pense que ça leur apporte du bonheur. Ça les occupe, ils ont des choses à raconter à leurs amis, ça les sort de leur quotidien. D’ailleurs, ils collectionnent toujours les magazines dans lesquels ma tête apparaît. Je puise aussi mon inspiration auprès d’eux, notamment ma sœur et ma mère, qui ont une énergie particulière.

     

    Noémie Merlant, une actrice engagée

     

    On entend souvent dire que vous êtes une actrice engagée. Ça signifie quoi à vos yeux ?

    C’est un terme très large. Pour moi, être engagée, c’est être présent aux choses, aux autres, à soi, donner du sens à ce qu’on fait, essayer de se connecter les uns avec les autres. Le cinéma peut aider et être le début de prises de conscience importante. Depuis des générations, on passe notre temps à imiter les images vues dans la publicité, à la télévision, dans les salles de cinéma. Si ces représentations changent, je me dis qu’on peut tous mimer des choses meilleures.

    Vos engagements dans la vie et le fait d’être égérie pour Vuitton sont-ils compatibles ?

    L’être humain est plein de contradictions et c’est bien de le rappeler. Je suis très heureuse de travailler avec Nicolas Ghesquière – directeur artistique des collections Femme chez Louis Vuitton –, car on voit dans ses créations à quel point il est important pour lui de mélanger les genres par exemple. Et moi, grâce à cet argent, aujourd’hui, je peux aider ma famille. Je peux aussi réaliser mes propres films, parce que je deviens indépendante financièrement. Ça me permet de me concentrer sur les films qui abordent des sujets que je veux vraiment défendre.

    Vous dites que le cinéma vous aide à affronter vos angoisses. Racontez-nous.

    Dans la vie, je ne parle pas énormément, je ne pleure pas vraiment non plus. Ce sont mes personnages qui m’aident à sortir plein de choses. Dans le quotidien, j’ai parfois l’impression d’étouffer, de ne jamais savoir comment gérer les rapports humains. Dans un film, je sais ce que j’ai à dire, ce qu’il faut que je fasse. Je suis comme dans un cocon. Il y a un cadre, mais un cadre que j’ai choisi. Je ne suis pas en train d’errer à faire n’importe quoi. (rires) Et du coup, je suis dans l’instant présent, je suis dans le travail, je ne suis plus polluée par mes peurs.

    Le fait d’être dirigée par des femmes vous a-t-il aidée à devenir l’actrice que vous êtes ?

    S’entourer de femmes sur les plateaux de tournage m’offre le plaisir de pouvoir être moi-même beaucoup plus souvent. En tournant avec des hommes, on se retrouve parfois à jouer un rôle pour les hommes, pas pour soi. On est concentrées sur leur regard, et donc on évolue vraiment jamais, car on ne sert qu’à l’autre. Avec les femmes, il y a souvent plus de partage, c’est plus enveloppant. Mais attention : il y a aussi des hommes réalisateurs avec lesquels je n’ai pas du tout ressenti ça.

    Lorsque vous passez derrière la caméra, ce sont des choses que vous essayez d’appliquer quand vous dirigez les équipes d’un film ?

    Je dialogue beaucoup en amont avec les comédiens. Je leur dis que s’il y a une scène qu’ils ne veulent pas faire, ils me le disent, et on trouvera d’autres solutions. Par exemple, une comédienne peut choisir le partenaire avec lequel elle va jouer une scène intime, parce que cela peut être délicat. Et souvent, c’est très vertueux, car ils vont plus loin dans leur jeu, ils peuvent donner beaucoup plus grâce à la confiance sur le plateau, et tout le monde est content.

    Parlez-nous de votre dernier projet en date.

    Je suis en plein montage de mon film Les Femmes au balcon, coécrit avec Céline Sciamma, qui sera en salles en 2024. Il raconte l’histoire de trois femmes, dans un appartement à Marseille en pleine canicule. C’est un film d’horreur sanglant et comique avec une patte délurée et féministe !

    Cette interview est issue du numéro 2 du magazine Vous! par Macif. Pour découvrir le sommaire : c’est ICI.

  • Nouvelles Conversations : le podcast d’un monde en pleine mutation

    Nouvelles Conversations : le podcast d’un monde en pleine mutation

    Épisode 1 – Quel est le rôle d’une entreprise ?

    Dans ce premier épisode, le philosophe André Comte-Sponville et le directeur général de la Macif Jean-Philippe Dogneton abordent la question de l’urgence climatique. L’occasion d’évoquer le rôle que doivent jouer les entreprises, notamment mutualistes, face à ce défi majeur. Mais au fait, quel est le rôle d’une entreprise ?

    Épisode 2 – L’économie sociale et solidaire

    Dans ce deuxième épisode, le philosophe André Comte-Sponville et le directeur général de la Macif Jean-Philippe Dogneton échangent sur l’économie sociale et solidaire, cette forme alternative au modèle économique dominant. Une forme qui pourrait être la voie à emprunter pour s’attaquer à la crise climatique.

    Épisode 3 – Solidarité : de quoi est-ce le nom ?

    Dans ce troisième épisode, le philosophe André Comte-Sponville et le directeur général de la Macif Jean-Philippe Dogneton s’entretiennent autour d’un mot clé : Solidarité. De quoi est-ce le nom ? Et en quoi ce principe peut-il accélérer les évolutions sociétales nécessaires ?

  • Wabi, le podcast pour prendre soin de soi et de la Nature

    Wabi, le podcast pour prendre soin de soi et de la Nature

    Épisode 1 – Camille Étienne

    Depuis la sortie de sa vidéo « Réveillons-nous » aux millions de vues en mai 2020, Camille Etienne est devenue porte-parole d’une nouvelle génération engagée face à l’urgence climatique. Elle a créé le mouvement Avant l’orage qui travaille sur l’imaginaire, mêlant art et écologie. Dans son mini-film « Génération », la militante appelle à la cohésion de ces courants de pensées et des modes de vie parfois divergents, dans un contexte d’urgence climatique. Pour Camille Etienne, le fait de faire de l’écologie et du climat une question de rupture entre les générations est une impasse, une perte de temps. Plutôt que de perdre du temps en incompréhensions et tensions, il faut essayer de trouver des points de convergence.

    Épisode 2 – Jean-Louis Étienne

    Médecin et explorateur, Jean-Louis Étienne est le premier homme à atteindre le pôle Nord en solitaire, tirant lui-même son traîneau pendant 63 jours. Infatigable défenseur de la planète, il a mené plusieurs expéditions à vocation pédagogique et scientifique pour faire connaître les régions polaires et comprendre le rôle qu’elles jouent sur la vie et le climat de la terre. 

    Épisode 3 – Matthieu Tordeur

    Sportif, auteur, conférencier membre de la Société des Explorateurs Français : Matthieu Tordeur est un véritable aventurier. En 2019, il est devenu le premier Français et le plus jeune au monde à rallier le pôle Sud en solitaire, à ski et sans ravitaillement. La beauté du monde, il la contemple et fait son possible pour la faire connaitre aux autres, pour la protéger tous ensemble.

    Épisode 4 – Flore Vasseur

    Écrivain, journaliste et réalisatrice, Flore Vasseur s’est donné un objectif : comprendre pour trouver des solutions. Lorsque son fils de 7 ans l’interroge : « Maman ça veut dire quoi : ‘la planète va mourir ?’ ». Elle se retrouve démunie. Elle décide alors de faire un film pour lui et sa génération qui leur explique ce qu’il se passe et ce qu’il est possible de faire. Son documentaire “Bigger Than Us” présenté au festival de Cannes en 2021 montre les actions extraordinaires menées par sept jeunes, chacun dans leur pays, pour changer le monde.

    Épisode 5 – Christian Vanizette

    C’est un des entrepreneurs sociaux pionniers en France. Diplômé de la Barack Obama Foundation, Christian Vanizette a fondé Make Sense, une des première start-up à impact social, en 2010. Plus de 200 000 citoyens se sont mobilisés autour de projets sociétaux et environnementaux. Originaire de Tahiti, il a à cœur de préserver la planète pour son fils et les générations futures.

    Épisode 6 – Sophie Rabhi

    La « pédagogie de la bienveillance » : tel est le credo de Sophie Rabhi, éducatrice et fondatrice de “la Ferme des Enfants” en Ardèche et de l’écovillage intergénérationnel « Le Hameau des Buis ». Comment vivre en harmonie entre humains et avec la Nature ? Comment rendre soin de soi, des autres et du monde qui nous entoure ? Des questions auxquelles elle tente de répondre.

  • Harcèlement : le monde de la musique, des salles de concert et des festivals réagit

    Harcèlement : le monde de la musique, des salles de concert et des festivals réagit

    On les reconnaît à ses dossards blancs. L’équipe du dispositif Safer, qui lutte contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles en milieu festif, se faufile dans la foule compacte. Elle cherche une festivalière qui vient de signaler un comportement déplacé via une application dédiée. « Grâce à la géolocalisation, on peut intervenir rapidement. Notre rôle est de prendre la température, de rassurer, et de faire le lien avec la sécurité si le harceleur est toujours dans les parages, ou la Croix-Rouge si la victime a été droguée par exemple », détaille Lola, qui, comme la dizaine d’autres bénévoles qui travaillent avec elle, a été formée le matin même pour cette mission de la plus haute importance. « C’est plutôt calme », se félicite la jeune femme.

    Peut-être est-ce parce que le festival parisien We Love Green, où elle officie ce week-end, a mis le paquet : capotes à verre distribuées gratuitement, campagne d’affichage rappelant la loi, plateforme de signalement… Tous les moyens sont bons pour instaurer un climat aussi sécurisant que possible, dans ce grand festival comme dans plus en plus de salles de concert et de clubs partout en France.

    Près de 6 jeunes sur 10 ont déjà perdu le contrôle d’eux-mêmes

    au moins une fois au cours des 12 derniers mois du fait de leur consommation de substances, au point de ne plus vraiment savoir ce qu’ils faisaient (54%) (1). Parmi ces pertes de contrôle, le fait d’avoir un comportement inadapté envers les autres.

    Ouvrir des espaces de discussion

    À quelques mètres de là, d’autres associations organisent d’ailleurs des actions de prévention. Parmi elles, le CRIPS Île-de-France anime plusieurs activités pédagogiques pour sensibiliser les moins avertis. « Ces jeux permettent de démarrer une conversation avec – et surtout entre – les jeunes dans une démarche de prévention, sans tomber dans un discours d’interdiction », commente Émilie Monod, Responsable de la Communication au CRIPS Île-de-France.

    Qu’il s’agisse de consommation d’alcool, de substances, ou de consentement, l’association est équipée : « On a des lunettes qui permettent de simuler un état d’ébriété, par exemple. Ça nous permet de donner quelques conseils comme boire un verre d’eau entre chaque verre d’alcool… On a aussi imaginé un pref pong, sur le modèle du beer pong américain. Lorsque l’on parvient à viser un gobelet avec sa balle, on doit lire le papier qui est dedans, et dire selon nous si la situation décrite est charmante, gênante ou harcelante. »

    Le CRIPS n’est pas novice en la matière : « Cela fait plusieurs années que l’on travaille avec des festivals, des soirées, des lieux festifs… Il y a eu une vraie prise de conscience du secteur au sujet des violences sexistes et sexuelles depuis #MeToo. Les professionnels du milieu se forment massivement », poursuit l’experte.

    18% des consommateurs ont déjà agressé quelqu’un physiquement

    après avoir consommé de substances nocives (alcool, cannabis, ecstasy, cocaïne, héroïne). (1)

    Des formations certifiées

    La salle de concert et club le Trabendo, situé dans le Parc de la Villette à Paris, peut en témoigner ; pratiquement toute l’équipe a été formée par Consentis, l’une des associations de référence sur le consentement en milieu festif. « Pendant une demi-journée, on a revu les bases du consentement et appris à qualifier juridiquement différents comportements. Il en a découlé une charte interne et un protocole strict que nous déclenchons en cas de harcèlement ou d’agression. Aujourd’hui, ces formations se font sur la base du volontariat, mais elles sont en passe de devenir obligatoires, notamment pour être affilié au Centre National de la Musique et bénéficier de subventions », explique Pablo El Baz, directeur de la salle, qui fait une veille constante sur ce qui se passe chez ses collègues du secteur.

    « J’échange beaucoup avec d’autres clubs. On s’entraide, on partage les bonnes pratiques… » Il se félicite d’ailleurs que de plus en plus d’initiatives collectives voient le jour pour que le monde de la musique et de la nuit soit plus sûr pour tous : « Il y a notamment le Conseil de la nuit, les rencontres organisées sur le sujet par le CNM, le réseau MAP, le dispositif Demandez Angela… Tout cela traduit une prise de conscience indéniable, conjuguée à une demande accrue du public qui veut se sentir en sécurité. » Sur les murs du Trabendo, plusieurs affiches rappellent la loi et les règles du lieu. Un détail qui fait toute la différence, selon Pablo El Baz : « Ces affiches rassurent car elles rappellent aux clubbeurs que nos équipes sont mobilisées sur ces questions et qu’il y a une tolérance zéro vis-à-vis de ces comportements. L’équipe de sécurité et les barmen sont aussi particulièrement alertes, car ils sont les premiers en contact avec le public », poursuit-il.

    Une méfiance qui demeure ?

    Pourtant, certaines personnes se sentent encore mal à l’aise en club ou dans les salles de concert. À l’image de Pauline et Esther, toutes deux 24 ans : « J’ai souvent peur qu’on mette quelque chose dans mon verre », explique la première, venue se renseigner au stand du CRIPS entre deux concerts. « Personnellement, en boîte, j’ai surtout l’impression d’être un bout de viande dans une fosse aux lions, renchérit son amie. Les fois où j’y vais quand même, je fais en sorte de danser pas trop loin des vigiles, parce que je me dis que comme ça personne ne viendra m’embêter. »

    Si le monde de la nuit a entamé sa mue, le chemin est encore long. « La prise de conscience est certaine, appuie Safiatou Mendy, formatrice pour la très active association Consentis. Mais tout cela est encore bien fragile. Le consentement n’est pas une simple notion, il doit se pratiquer au quotidien. »

    (1) 3ème Édition du baromètre des addictions Ipsos/Macif 2023

    L’Essentiel de l’article

    • Le personnel des boîtes de nuit, festivals, bars et autres lieux de la vie nocturne est de plus en plus formé
    • Les comportements inappropriés sont divers (harcèlement sexuel, violence physique, insultes) et aucun n’est acceptable
    • Si vous êtes victime ou témoin de comportement inapproprié et/ou dangereux, adressez-vous au personnel du lieu
  • La précarité étudiante aggravée par la crise sanitaire

    La précarité étudiante aggravée par la crise sanitaire

    Les vidéos de files d’attente interminables d’étudiants devant les banques alimentaires depuis le début de la crise sanitaire ont marqué les esprits. Difficile, aujourd’hui, d’ignorer l’ampleur de la misère étudiante. « Avant la crise, la précarité était déjà forte. Désormais, elle explose, on le constate au quotidien », dénonce Mélanie Luce, présidente de l’Unef, l’Union nationale des étudiants de France. Et les distributions alimentaires que le syndicat a mises en place ne désemplissent pas. « Au fur et à mesure, de plus en plus d’étudiants y ont recours, et nous n’avons pas assez pour tous ceux qui ont fait la queue », détaille Mélanie Luce.

    43% des étudiants

    sautent des repas pour des raisons financières*.

    L’emploi étudiant, une nécessité financière pour beaucoup de jeunes

    Si la précarité n’a pas attendu les mesures gouvernementales liées à la Covid-19, ces dernières ont accentué la fragilité de nombreux étudiants, et notamment en les privant d’emploi – une béquille financière nécessaire pour près de la moitié d’entre eux, au vu de l’insuffisance des bourses.

    Ainsi, hors période Covid, 46 % des étudiants occupent une activité rémunérée durant l’année universitaire – ce pourcentage grimpe en été1. Une situation peu satisfaisante, quand on sait que travailler en parallèle de ses études est la première cause d’échec à l’université. « Les activités salariées hors cursus ont un impact négatif sur la validation (des diplômes) et favorisent l’abandon des études », confirme l’économiste Kady Marie-Danielle Sorho-Body2.

    « Non seulement les emplois étudiants révèlent les inégalités de parcours existant au sein de l’enseignement supérieur, mais, en outre, ils peuvent les accentuer », analyse également la sociologue Vanessa Pinto dans son ouvrage À l’école du salariat. Les étudiants et leurs « petits boulots »3.

    Mais à défaut d’être la solution idéale, l’emploi étudiant est jugé « nécessaire » par la quasi-totalité de ceux qui l’exercent. Il faut dire qu’aujourd’hui, seul un quart des étudiants bénéficie de bourses sur critères sociaux – à des niveaux souvent trop faibles pour en vivre (de 1 032 euros à 5 679 euros annuels).

    « Ce système d’aide est insuffisant, il oblige les étudiants à s’appuyer sur deux piliers pour financer leurs études : le salariat et la solidarité familiale », dénonce Mélanie Luce. Or, la dégradation du marché du travail touche particulièrement l’emploi informel et les contrats précaires, intérimaires ou autres, auxquels ont recours les étudiants. Ainsi, durant le confinement, plus d’un tiers des étudiants qui exerçaient une activité ont été contraints de l’arrêter, perdant ainsi en moyenne 274 € par mois4. Une baisse considérable pour des budgets ultraserrés.      

    Les étudiants précaires en grand besoin d’aide(s)

    Elise Nuret, vice-présidente en charge de l’Agoraé, une association qui compte une vingtaine d’épiceries solidaires gérées par des étudiants pour des étudiants, avait ainsi vu doubler le nombre de bénéficiaires entre septembre 2019 et septembre 2020. Et avec l’inflation la tendance n’a fait qu’augmenter. La jeune femme, elle-même étudiante, observe un changement de profils parmi les nouveaux venus : désormais, de plus en plus d’étudiants ayant perdu leur emploi n’ont d’autre choix que de se tourner vers la solidarité pour tenter de boucler les fins de mois. « Le problème était déjà présent avant 2020, mais il a été décuplé », souligne Elise Nuret.

    Lire aussi : Comment fonctionnent les AGORAé, ces épiceries étudiantes solidaires ?

    Ces modifications du travail étudiant ont des conséquences à long terme, bien au-delà de la seule période de confinement : parmi les étudiants ayant arrêté de travailler, 37 % n’ont pas repris d’activité rémunérée après le déconfinement4. Et nombreux sont ceux qui n’ont pas trouvé le fameux « job d’été » qui permet de tenir sur l’année universitaire. 

    Les études et la construction de l’avenir mises en péril par la précarité

    Une misère étudiante qui met à mal l’idéal de démocratisation des études supérieures et qui participe de la reproduction des inégalités sociales. L’Unef appelle à un plan d’urgence doté d’un milliard et demi d’euros pour permettre augmenter le montant des bourses et des APL (Aides pour le logement), mais aussi pour élargir massivement le nombre de bénéficiaires de ces bourses – entre autres en les ouvrant aux étudiants étrangers, qui en sont aujourd’hui exclus. Et au-delà, le syndicat propose la création d’une allocation d’autonomie, une aide universelle pour créer un filet de sécurité étudiant.

    « Aujourd’hui tout le monde peut perdre son emploi. Mais en tant qu’étudiant, nous n’avons droit ni au chômage ni au RSA »

    Mélanie Luce, présidente de l’Unef, l’Union nationale des étudiants de France

    Le constat est partagé mais les solutions émises peinent à trouver l’unanimité. Alors, faute de projet politique apportant une solution pérenne, le milieu associatif se mobilise. Les épiceries solidaires Agoraé, les associations Linkee ou Cop’21 organisent des distributions de panier repas, de plats préparés ou de produits d’hygiène. Idem pour les acteurs emblématiques de l’aide alimentaire, le Secours Populaire et les Restos du cœur, qui s’adaptent à leurs nouveaux bénéficiaires en ouvrant des centres dédiés aux étudiants. Des colis alimentaires pour des jeunes privés d’université, d’emplois et de perspective : difficile de trouver image plus marquante d’une jeunesse sacrifiée. « Les initiatives sont nombreuses dans le milieu associatif, mais notre action ne suffit pas. Les distributions de panier de sont pas une solution pérenne. Nous avons besoin de relais institutionnels », appelle Elise Nuret.

    La Macif se mobilise contre la précarité étudiante

    La Macif a décidé de mobiliser son dispositif Macif Solidarité Coups Durs pour permettre aux étudiants d’avoir un espace de soutien et d’écoute active, afin d’évaluer leur niveau de détresse et les orienter, en fonction, vers les aides ou structures de proximité existantes.

    *Linkee 2022
    (1) Observatoire national de la vie étudiante, enquête CDV 2016.
    (2) Sorho-Body Kady Marie-Danielle, « Le travail salarié a-t-il un impact sur la réussite en première année de licence ? », Formation emploi, 142 | 2018, 211-230.
    (3) Paris, PUF, 2014.
    (4) Observatoire national de la vie étudiante, enquête CDV 2020.
  • 1 Français sur 3 fait du bénévolat

    1 Français sur 3 fait du bénévolat

    1 La crise met le bénévolat à la peine

    36 % des Français (1) donnent du temps pour soutenir ou aider ceux qui en ont besoin : 20 % des Français font partie d’une association, 6,3 % donnent un coup de main via une organisation comme l’école, la mairie ou autre, et 18,4 % s’engagent auprès de leurs proches (voisins, amis…) (1).

    Des chiffres qui montrent cependant une dégradation par rapport à l’avant-crise sanitaire. Par exemple, une chute de 15 % est constatée sur le nombre d’adhérents d’association (20 % en 2022 contre 24 % en 2019) (1). Parmi les causes avancées : pour 64 %, l’impossibilité de mener son action (par exemple pour cause de locaux inaccessibles) ; pour 61 %, les pertes de contacts avec les autres bénévoles ; pour 43 %, la crainte du virus ; ou encore, pour 34 %, la difficulté à utiliser les outils numériques (1).
    Un peu plus d’un tiers des Français (37 %) (1) n’ont jamais été bénévoles.

    1,5 million

    d’associations* sont en activité en France, et il s’en crée près de 67 000 chaque année ! (2)

    2 Portrait-robot des bénévoles

    Qu’ils s’engagent via Diffuz ou par d’autres moyens, les hommes sont désormais majoritaires parmi les bénévoles (1). Les plus de 65 ans sont toujours ceux qui s’engagent le plus (devant les moins de 35 ans) : ils sont 26 % à soutenir une association, contre 19 % pour les moins de 35 ans. Mais même si les seniors restent champions du bénévolat, ils sont moins nombreux à s’engager. Une tendance générationnelle qui peut s’expliquer par l’allongement de la vie professionnelle, mais aussi par la nécessité pour certains d’exercer une activité pour compléter leur pension de retraite (3). Les difficultés économiques conduisent aussi les plus de 65 ans à soutenir financièrement leurs enfants et à leur rendre service, comme garder leurs petits-enfants, et ont de fait moins les moyens de donner pour d’autres causes. D’autres occupent le rôle d’aidant auprès de leurs parents et manquent de temps pour faire du bénévolat. (3)

    Pourtant, toutes tranches d’âges confondues, le taux d’engagement s’effrite : – 4 points pour les seniors, – 3 points pour les moins de 35 ans et – 8 points pour les 35-49 ans ! (1)

    Un autre constat : plus une personne a fait d’études, plus elle est susceptible de faire du bénévolat. 27 % (1) des personnes qui ont fait des études supérieures sont bénévoles, contre 15 % des personnes (1) sans diplôme.

    Autre enseignement des enquêtes menées en 2022 sur le bénévolat : la fréquence de l’engagement bat lui aussi en retraite. Ils ne sont plus que 8 % à peine à mener des actions chaque semaine, contre 10 % en 2019. Les effectifs de bénévoles ponctuels sont stables autour de 6,5 % (1).
     

    1 Français sur 3 fait du bénévolat
     

     

    Envie de vous engager ?

    Vous aussi, vous souhaitez agir pour la solidarité ? Rien de plus simple : sur Diffuz.com, la plateforme de défis solidaires proposée par la Macif, vous pouvez sélectionner les missions (les « défis ») qui vous intéressent près de chez vous en choisissant un thème d’action et/ou un secteur géographique. Actions récurrentes près de chez vous ou projet ponctuel d’envergure, à vous de voir !

    3 Des causes et des motivations variées

    Les motivations les plus souvent citées par les bénévoles ? Elles sont avant tout altruistes (1) :

    • être utile et agir pour les autres (86 %) ;
    • soutenir la cause défendue (47 %) ;
    • appartenir à une équipe (32 %)

    Viennent ensuite les motivations vis-à-vis de soi-même (1) :

    • l’épanouissement personnel (47 %) ;
    • l’acquisition de compétences (23 %) ;
    • la reconnaissance sociale (18 %).

    Les associations dans lesquelles s’engagent le plus souvent les bénévoles concernent (4) :

    • le sport à 20 % ;
    • les loisirs (sorties culturelles, échecs, tricot, amateur de gastronomie, etc.) à 32 %.
    • La santé et l’aide aux malades concernent 4 % (4) des engagements, l’environnement 3 % (4), et l’emploi et l’insertion 5 % (4).
       
    1 Français sur 3 fait du bénévolat

     

     

    4 À chaque territoire ses préférences 

    Si la vitalité associative est présente sur l’ensemble du territoire, on constate cependant d’importantes différences d’un département à l’autre quant aux causes majoritairement soutenues :

    • à Paris, en Lozère, dans le Gers et dans le Lot, plus de 28 % des créations d’associations concernent les activités culturelles (contre 22,1 % en moyenne nationale) ;
    • les loisirs sont champions dans le Cher, l’Yonne et la Marne (plus de 20 %, contre 11,3 % en moyenne nationale) ;
    • la Haute-Saône, la Corse, le Pas-de-Calais, le Territoire de Belfort et l’Indre privilégient les sports avec plus de 25 % de créations, contre 16,4 % en moyenne nationale ;
    • l’Orne, la Haute-Marne et la Creuse mettent l’accent sur la protection de l’environnement (10 %, contre 6 % de moyenne nationale) ;
    • pour le domaine social, la palme revient à La Réunion, la Seine-Saint-Denis, la Vendée et le Val-d’Oise (plus de 13,5 %, contre 8,6 % en moyenne nationale) ;
    • enfin, les Landes, le Gard et le Pas-de-Calais se distinguent dans le domaine de la santé (plus de 7 %, contre 5,2 % en moyenne nationale).

    5 Des dons en argent en baisse, mais plus nécessaires que jamais

    Mais la générosité des Français ne se limite pas au bénévolat. Les dons en argent sont une source de revenus importante pour de nombreuses associations, notamment dans le domaine caritatif. Et dans un contexte général d’inflation et de crise énergétique, la solidarité prend une place de plus en plus importante : 23 % des Français pensent en effet qu’ils pourraient être obligés de faire appel à la solidarité pour joindre les deux bouts.

    En 2022, les chiffres reculent : 35 % des Français ont donné moins qu’au cours des 12 derniers mois (6)
    Quid du montant ? Près de la moitié d’entre eux (44 %) sont de moins de 150 €, 15 % sont compris entre 150 et 300 €, et 9 % dépassent 10 000 € (5).

    Et c’est en fin d’année que les Français se montrent le plus généreux : 42 % des dons ont lieu sur le dernier trimestre de l’année, contre 18 % en janvier-février-mars, 22 % en avril- mai-juin et 18 % en juillet-août-septembre (5).

     

    L’Essentiel de l’article

    • Les Français sont moins nombreux à s’engager pour les associations qu’avant la crise sanitaire.
    • Les hommes sont maintenant plus nombreux que les femmes.
    • L’engagement hebdomadaire décroît.

    (1) Enquête IFOP 2022 pour France Bénévolat et R&S, 2022.
    (2) La France associative en mouvement, 2022.
    (3) Recherche & Solidarités, La France Bénévole : Évolutions et perspectives, 2019.
    (4) La France associative : les chiffres 2021-2022.
    (5) France Générosités, Baromètre de la générosité 2021.
    (6) Observatoire Odoxa des générosités nationales et régionales, 2022.