1 Pourquoi collecter les huiles alimentaires usagées ?
Marie Thomé, fondatrice et présidente de l’association AREnAM. L’association AREnAM (pour le Respect de l’Environnement et l’Aide à la Mobilité) a été créée en 2008 et l’entreprise (1) a démarré son activité de garage solidaire en 2010. C’est une idée qui est venue du constat que j’avais fait, en tant qu’assistante sociale, que l’entretien et la réparation des voitures étaient problématiques pour de nombreux foyers précaires. Cela pose des problèmes de sécurité et de mobilité d’une part, mais aussi des problèmes environnementaux, puisque certains propriétaires de véhicules en sont réduits à faire les réparations, vidanges, etc. dans l’espace public. C’est pourquoi nous nous sommes aussi intéressés dès 2012 à la collecte des huiles alimentaires usagées, car c’est à la fois une façon d’adresser un problème environnemental et de créer du carburant de façon durable. C’était donc tout à fait cohérent avec notre projet !
de tonnes de colza ont été produites en France en 2015 à destination de la fabrication de biodiesel. (2)
2 Où collectez-vous les huiles alimentaires usagées ?
M. T. : Nous les collectons gratuitement auprès de 150 restaurants des Ardennes et des 14 déchetteries intercommunales du département. Celles-ci sont pour le moment le seul canal par lequel nous touchons les particuliers, à part certains de nos adhérents qui font la démarche volontaire de nous rapporter leurs huiles usagées. Jeter ses huiles directement dans son évier a un coût très important pour la collectivité, en termes de traitement et d’entretien des réseaux d’eaux usées.
Le saviez-vous ?
La Fondation Macif soutient AREnAM pour un carburant bio et propre !
J’encourage les particuliers à apporter leurs huiles en déchetterie, car les jeter dans les canalisations est très dommageable pour l’environnement.
3 Avez-vous tout de suite trouvé des « clients » intéressés ?
M. T. : Avant notre arrivée, le marché était principalement occupé par des entreprises belges, luxembourgeoises et allemandes, qui faisaient payer la collecte. Mais comme nous proposons la collecte gratuite, ils se sont rapidement alignés, en proposant même aux restaurateurs de racheter les huiles… La preuve que c’est une marchandise qui a de la valeur ! Nous avons néanmoins trouvé notre clientèle, grâce notamment au Conseil départemental des Ardennes et à l’ex-Conseil régional de Champagne-Ardenne : nous avons en charge la collecte auprès de l’ensemble des cantines des collèges et lycées publics du département.
Quand nous avons commencé en avril 2012, nous avons collecté 7 000 litres, et aujourd’hui nous sommes à près de 37 000 litres d’huile ! Et tout ça avec une camionnette et une équipe ultra-motivée et impliquée ! Nous avons actuellement cinq salariés, mais depuis la création de l’entreprise, nous avons formé huit personnes qui ont ensuite trouvé un emploi durable. Car c’est le but aussi d’une entreprise solidaire et sociale : servir de tremplin pour les personnes éloignées de l’emploi.
de gaz à effet de serres émis par les biodiesels issus d’huiles alimentaires recyclées par rapport aux carburants fossiles. (3)
4 Comment se passe ensuite le traitement des huiles pour en faire du biodiesel ?
M. T. : Nous effectuons un premier travail de filtration en interne, dans un local dédié à cet usage. Jusqu’à l’année dernière, nous revendions des huiles à une grande entreprise spécialisée dans le recyclage, et puis nous avons découvert le projet européen BIOHEC-LIFE via l’entreprise sociale et solidaire Gecco.
BIOHEC-LIFE est à la fois un programme de collecte des huiles usagées sur les territoires et un procédé biologique de transformation des huiles en biocarburant à l’usage des collectivités. Depuis, c’est à Gecco que nous revendons notre matière première. La transformation prend environ deux semaines en fonction des volumes.
5 Qui utilise votre biodiesel ?
M. T. : Le biodiesel est utilisé par des flottes de collectivités, notamment la Ville de Charleville-Mézières (Ardennes) qui a accepté de tenter l’expérience. Avec Gecco, nous avons également établi un partenariat avec La Poste et la ville. Celui-ci va d’ailleurs donner naissance à une station-service de biodiesel implantée directement dans le garage municipal de la ville qui ouvrira fin novembre. Un bel exemple d’économie circulaire en circuit court !
Malheureusement, les particuliers n’ont pas encore droit à ces biocarburants à base d’huiles alimentaires recyclées, car la loi française l’interdit. C’est un combat que nous allons devoir mener, car pour nous, ce serait une alternative intéressante…
6 Pensez-vous que ce soit une énergie durable pour l’avenir ?
M. T. : Bien sûr ! On a tout dans nos poubelles : pas la peine de faire pousser du colza ! L’idée est qu’à terme nous puissions transformer nous-mêmes les huiles en biodiesel. Mais pour cela, nous allons avoir besoin de subventions pour investir dans le matériel nécessaire. Nous nous sommes tournés vers Ardenne Métropole et la Fondation d’entreprise du groupe Macif. La Fondation nous a en l’occurrence déjà soutenu deux fois : au lancement de l’association (7 000 euros), et lorsque nous avons installé une chaudière à huile, avec une subvention de 15 000 euros. Car, il faut le savoir, les huiles usagées peuvent aussi servir à se chauffer, et c’est ce que nous faisons dans le local de 200 m2 consacré à la filtration des huiles. La boucle est bouclée !
Rouler à l’huile végétale, que dit la loi ?
Le Code de l’environnement oblige les restaurateurs à recycler leurs huiles alimentaires. Mais dans le même temps, la loi française interdit purement et simplement l’utilisation de l’huile végétale comme carburant pour les particuliers. Concernant le biodiesel issu du traitement des huiles alimentaires recyclées, seules les flottes d’entreprises publiques et collectivités sont, pour le moment, autorisées à les utiliser. En revanche, il est possible, pour les particuliers, de se chauffer aux huiles recyclées. Il suffit pour cela d’acheter une chaudière adaptée ou de remplacer le brûleur de sa chaudière à fuel par un brûleur à huile.
L’Essentiel de l’article
AREnAM gère un garage solidaire et une activité de collecte des huiles alimentaires usagées.
Les huiles sont transformées en biodiesel.
Le carburant est utilisé par les voitures de La Poste et de la Ville de Charleville-Mézières.
Le local de traitement des huiles est chauffé grâce aux huiles collectées.
(1) Entreprise sociale et solidaire reconnue d’intérêt général depuis 2013.
(2) Ministère de la Transition écologique et solidaire, Les biocarburants, 2016.
Gaëtan Thareau. En tant qu’élu à la commission Formation Emploi-insertion de la communauté de commune de Chinon, Vienne et Loire (Indre-et-Loire), je m’étais rendu compte que le taux de chômage sur les petits villages excentrés était plus élevé qu’en cœur d’agglomération, à plus forte raison chez les personnes ayant des difficultés de mobilité et d’apprentissage. Ces personnes se retrouvent isolées et ne font plus de démarches vers l’emploi car elles sont exclues de fait. J’ai donc eu le sentiment qu’il fallait agir sur le levier de la mobilité et de l’aide à l’apprentissage de la conduite pour les accompagner sur le chemin de la réinsertion.
2 Comment avez-vous créé La Batoude, et qui sont vos utilisateurs ?
G. T. Retraité d’EDF, je n’avais pas de lien particulier avec l’univers de l’auto-école. Par hasard, j’ai rencontré une ex-monitrice qui, elle-même, était en train de monter un projet d’auto-école solidaire. Nous avons donc joint nos forces et nos idées, et c’est ainsi que La Batoude est née.
Une batoude, c’est un tremplin utilisé par les acrobates pour prendre de l’élan. C’est un clin d’œil vers les personnes en difficulté d’apprentissage à qui s’adresse l’auto-école. Nos utilisateurs nous sont envoyés uniquement par les services d’aide sociale, les missions locales et Pôle emploi. Les profils sont donc très variés : des jeunes qui entrent dans la vie active, des mères isolées, des personnes qui ont eu un retrait de permis, des personnes en recherche d’emploi depuis longtemps, des saisonniers agricoles qui ont besoin de passer le permis pour trouver ou conserver leur emploi, etc.
3 Qu’est-ce qui différencie La Batoude d’une auto-école ordinaire ?
G. T. L’idée repose sur deux piliers : d’une part, avoir des cours de code et de conduite adaptés aux difficultés de chaque élève. D’autre part, pratiquer des tarifs sociaux et mobiliser des aides financières permettant un reste à charge le plus faible possible pour eux.
Les apprenants passent un test écrit qui a pour but de cerner les difficultés de chacun et de permettre l’adaptation des programmes. Notre monitrice a une certification de lutte contre l’illettrisme des adultes, ce qui est évidemment un atout capital. Par exemple, certaines personnes peuvent suivre les cours de code sur ordinateur, mais d’autres auront besoin d’une projection vidéo sonorisée. Quand c’est pertinent, nous privilégions aussi la pédagogie participative, basée sur l’échange en groupe, pour entamer un processus de resocialisation.
Avec ce système, nous avons un taux de réussite de 70 % ce qui est un bon score ! En à peine plus d’un an d’existence, nous avons 13 codes et 13 permis passés et obtenus à notre actif, dont un sans-faute au code. Nous sommes très fiers !
C’est le taux médian de réussite au permis de conduire en France en 2017. (2)
4 Et comment arrivez-vous à pratiquer des tarifs aussi bas ?
G. T. Chaque élève s’acquitte d’une cotisation de 50 euros/mois comprenant 10 heures de code par semaine, à laquelle s’ajoute le prix des cours de conduite : 45 euros/heure minorés de 10 euros/heure grâce aux dons des fondations dont la Fondation Macif.
Mais le fait de passer par des prescripteurs sociaux permet de solliciter des aides de l’État, qui sont directement activées par ces prescripteurs pour le bénéficiaire. Comme nous sommes reconnus en tant qu’organisme de formation, ça permet aussi à nos élèves de financer tout ou partie de leur permis sur leur compte personnel de formation. Cumulé à d’autres aides, comme celles venant de la Fondation Macif, ce surplus permet de couvrir le coût des leçons pour qu’au final le reste à charge pour l’élève soit le plus faible possible. Par exemple, une personne qui a des revenus très faibles, qui touche le maximum d’aides et décroche son permis avec seulement 20 heures de conduite, ne paiera au final que 5 euros.
5 Vous avez donc besoin de ces aides et subventions pour mener à bien votre mission ?
G. T. En effet, les aides des fondations sont vitales dans notre modèle économique, car elles sont un complément indispensable au subventionnement du coût global du permis de conduire. Nous sommes depuis peu reconnus d’utilité publique, ce qui veut dire que nous sommes aussi éligibles aux dons.
Au lancement de La Batoude, la Fondation Macif nous avait déjà aidés avec une subvention de 3 000 euros afin d’acheter du matériel et de financer la location longue durée de la voiture utilisée pour les cours de conduite. En bonus, nous proposons aussi à nos bénéficiaires des ateliers formation aux premiers secours ou à la petite mécanique. Grâce à la Macif, nous leur proposons également des ateliers pour apprendre à remplir un constat à l’amiable. Un vrai avantage pour eux !
L’Essentiel de l’article
L’auto-école La Batoude propose des formations adaptées aux publics en difficulté et ayant des difficultés d’apprentissage.
Les formations sont financées par des aides publiques, des donations de fondations et le compte personnel de formation.
Le reste à charge pour les élèves est très inférieur au coût d’une auto-école classique.
1 À la cuisine : passez-vous de plastique et optez pour le vrac et le lombricompostage
Avec 5 à 13 millions de tonnes de plastique qui finissent chaque année dans les océans (1), l’urgence de réduire nos déchets est plus que jamais d’actualité. Pour Adeline, bénévole à la Maison du Zéro Déchet, la prise de conscience a eu lieu il y a 5 ans :
« C’est une décision qui est venue par l’alimentation. Je fais régulièrement mes courses au marché et j’étais choquée par le gâchis de nourriture jetée en fin de marché. J’ai donc commencé à composter mes déchets alimentaires et à faire attention à ce que j’achetais, pour avoir toujours les justes quantités. »
Achetez vos aliments en vrac
Pour elle, l’achat en vrac est donc la base, ce qui implique de revoir certaines habitudes de shopping :
« Acheter en vrac, ça veut dire aussi que je ne fréquente plus les mêmes magasins qu’avant. Même si la grande distribution commence à se mettre à la vente en vrac, ça reste limité. Je fais donc principalement mes courses dans les petites épiceries et les magasins bio ou spécialisés, qui, certes sont parfois un peu plus chers, mais proposent plus de choix. »
Acheter en vrac nécessite donc d’investir dans des récipients qui remplaceront les emballages des produits alimentaires. Optez pour des bocaux en conserve, avec un joint en silicone, pour préserver vos denrées alimentaires à l’abri de l’humidité, de la poussière ou même des petites bêtes. Le verre est le meilleur contenant car il est durable, facile à nettoyer et non toxique. Pensez à stériliser les bocaux entre chaque utilisation : il suffit de les faire bouillir dans de l’eau. En choisissant des bocaux de verre, vous pourrez voir d’un simple coup d’œil vos aliments et ils apporteront une touche déco à votre cuisine ! Sinon, vous pouvez aussi recycler les pots de confiture…
Pensez également qu’acheter en vrac, demande un peu d’organisation : vous aurez peut-être besoin d’apporter vos récipients vides (bocaux, sachets…) pour les remplir. La plupart des magasins supermarchés et épiceries bio proposent néanmoins des sachets en papier sur place. Le tout est ensuite payé au kilogramme en caisse.
J’achète en vrac tout ce qui peut l’être, comme le café, les pâtes, le riz, les céréales, les légumes et fruits secs, les épices…
Faire un compost facilement !
La deuxième étape menée par Adeline pour réduire ses déchets a été de mettre en place un compost. Vivant en ville, elle s’est tournée vers une solution de lombricompostage. Le principe est simple : des lombrics (vers de terre) enfermés dans une boîte décomposent les déchets alimentaires tels que les épluchures de fruits et légumes, les coquilles d’œuf, le pain ou encore le marc de café. Ils circulent dans plusieurs tamis empilés les uns sur les autres, pour arriver à un compost directement utilisable. Ces lombricomposteurs peuvent s’acheter tout prêts, mais vous pouvez aussi les fabriquer vous-même !
« Ça n’a rien de compliqué, mais si on ne sait pas par où commencer, on peut se faire aider », explique Adeline. « Je suis bénévole à La Maison du Zéro Déchet, à Paris, et nous conseillons justement les personnes qui souhaitent se lancer. Beaucoup de gens sont intéressés mais ne savent pas comment faire ou sont un peu rebutés à l’idée d’avoir chez eux une boîte pleine de petits vers. Mais dès qu’on leur montre comment ça marche, ils sont rassurés ! Il y a aussi de plus en plus de blogs consacrés au lombricompostage. »
C’est la quantité de déchets ménagers produits par les Français. (2)
2 À la salle de bains : exit le jetable
Côté salle de bains, on peut faire beaucoup avec peu. À commencer par remplacer les produits jetables par leur équivalent durable : mouchoirs en tissu, rasoirs non jetables, oriculi (coton-tige en bois réutilisable), disques démaquillants en coton, couches bébé lavables, « coupe » menstruelle en silicone, brosse à dents à manche réutilisable et/ou en bambou… Il y a aussi les cosmétiques solides (shampoing, dentifrice) qui n’ont pas besoin d’emballage. En fonction de ses besoins, on peut presque toujours trouver des alternatives.
Autre astuce : fabriquer soi-même savon, lessive et produits d’entretien. La plupart des magasins bio ou spécialisés dans la vente en vrac proposent des kits très simples à utiliser. Avec du vinaigre blanc, du bicarbonate de soude, du citron et de l’huile de coude, vous aurez le nécessaire pour tout nettoyer chez vous. À la clé : moins d’emballages évidemment, mais aussi des produits plus sains et souvent moins chers.
Vous souhaitez agir pour l’environnement ?
Rendez-vous sur Diffuz.com, la plateforme solidaire de la Macif ! Vous pourrez y découvrir les défis solidaires près de chez vous.
Les vieux conseils – DIY : Faire ses produits ménagers
Francine et René vous partagent leurs vieux conseils pour vous apprendre à fabriquer soi-même ses produits ménagers pour garder son appartement propre tout en faisant des économies !
Réduire ses déchets, c’est une démarche globale qui s’installe petit à petit.
3 Dans la chambre et le salon : troquer, donner, recycler
Pour tout le reste, il y a deux moyens efficaces de jeter moins : acheter moins, et donner ou recycler plus.
« J’achète moins de vêtements qu’avant, et je vais plus souvent dans les friperies : ne pas acheter neuf, c’est éviter déjà des déchets », recommande Adeline. « J’ai aussi créé un système de troc qui marche très bien avec mes collègues car on s’est toutes rendu compte qu’on avait beaucoup de choses qu’on ne portait pas. Et tout ce dont je ne me sers plus, je le donne à Emmaüs : vêtements, livres, téléphones… Il y a beaucoup de points de collecte, qui garantissent la réutilisation des produits ou un recyclage optimal. »
Pour Adeline, tout le monde peut s’y mettre, de façon progressive.
« L’idée n’est pas de revenir à l’âge de pierre mais d’entamer une démarche globale et progressive : on fait plus attention à ce qu’on achète, où on l’achète, en quelle quantité, etc. Au final, on fait pas mal d’économies parce qu’on achète moins sans avoir l’impression de se priver. À chacun de trouver ses solutions en fonction de ses besoins et de ses contraintes ! »
La Maison du Zéro Déchet
La Maison du Zéro Déchet est une association gérée par des bénévoles. Implantée rue Charles-Nodier à Paris, elle propose une partie boutique (kits de fabrication de lessive, bentos, sacs de vrac réutilisables, couches lavables, etc.) et une partie atelier pour apprendre les bons gestes pour réduire ses déchets.
L’Essentiel de l’article
Achetez au maximum vos denrées en vrac et en petite quantité pour limiter le gaspillage.
Remplacez les produits d’hygiène jetables par des équivalents réutilisables.
Donnez au lieu de jeter, et achetez plus souvent d’occasion.
Fabriquez votre propre lessive et passez au lombricompostage.
La France compte 8,3 millions d’aidants familiaux (1), qui, comme Marie, s’occupent d’un proche dépendant. Parmi eux, 47 % sont actifs (1): la première question à se poser pour organiser une aide à domicile pour une personne dépendante est donc celle de l’articulation entre les contraintes professionnelles et les activités d’aidant. Tout dépend bien sûr des besoins de la personne aidée et de la souplesse de l’employeur.
Pour Marie, les choses se sont mises en place progressivement, au rythme de l’augmentation des besoins de sa mère.
La dépendance s’est installée lentement donc j’ai pu anticiper un certain nombre de problèmes, notamment sur l’aspect professionnel. Mais comme tout le monde, le moment venu, j’ai dû faire des choix pour m’adapter.
« J’ai jonglé avec deux emplois à temps partiel d’infirmière spécialisée et de secrétaire médicale, le matin et les week-ends, ce qui me permettait de me dégager du temps la journée pour m’occuper de ma mère. Mais au bout d’un moment c’est devenu ingérable, et j’ai dû arrêter l’un des deux emplois. Avec mon deuxième employeur, j’ai pu avoir une mise en disponibilité de 3 mois, qui a été renouvelée plusieurs fois. J’avais donc du temps, mais plus de revenus… ».
Un basculement souvent difficile à gérer, sur le plan financier comme sur le plan psychologique, organisationnel, administratif…
« C’est vraiment LA question que les aidants doivent anticiper au maximum, insiste Marie. Qu’est-ce qui est possible professionnellement, en cas d’aide à temps partiel ou à temps complet ? Comment ça va se passer sur le moment, mais aussi et surtout, après ? Quel est mon projet de vie ? Dans mon cas, j’ai profité de mes deux dernières années d’aidante où je ne pouvais plus travailler à l’extérieur pour reprendre des études universitaires à distance, ce qui m’a permis de rebondir ensuite. »
2 APA, CESU : les aides au maintien à domicile d’une personne âgée
Pour compenser en partie la perte de revenus liée à l’arrêt de la carrière, les aidants peuvent être rémunérés en CESU (chèque emploi service universel) émis pour le compte de la personne aidée.
« Pour obtenir les CESU, il faut d’abord faire une demande d’APA (Allocation pour personne handicapée) pour la personne aidée. Ensuite, se tourner vers une assistante sociale exerçant en CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) qui relève du Conseil Départemental. C’est le médecin traitant qui m’a donné l’information et j’ai pu enclencher les démarches. L’assistante se déplace à domicile pour faire le constat que la personne aidée est dépendante, et évaluer le nombre d’heures d’aide quotidienne nécessaires, ainsi que le montant accordé. »
Problème, ces CESU couvrent rarement les besoins réels.
« J’étais rémunérée à hauteur de 4 heures par jour au tarif SMIC pour mon rôle d’aidante, se souvient Marie. Mais évidemment c’est extrêmement insuffisant au regard de ce que je gagnais avant, et au regard de la lourdeur de la tâche d’aidant. Ça pose donc un vrai problème sur le moment, mais aussi pour le futur car ça ampute considérablement les cotisations retraite de l’aidant. »
Elle est accordée aux aidants d’un proche en fin de vie ou en perte d’autonomie grave qui suspendent ou réduisent leur activité professionnelle dans le cadre d’un congé de solidarité familiale. Son montant (au 19/09/2018) est de 55,21 € versés de manière journalière, dans la limite de 21 jours pour un congé complet, et de 27,61 € sur 42 jours maximum en cas de travail à temps partiel.
3 Quand les aidants ont besoin d’aide
« Peu avant le début de la dépendance de ma mère, nous avions emménagé ensemble à la campagne dans la maison familiale. Le fait de cohabiter dans une maison suffisamment grande pour que nous ayons chacune notre zone d’habitation a facilité l’organisation du maintien à domicile. Je n’ai eu finalement qu’à aménager l’entrée de son appartement pour mieux circuler. La salle de bains était fonctionnelle en l’état, donc rien à faire de ce côté-là, mais ce sont des choses à avoir en tête », pondère Marie. « Et bien sûr, il y a eu l’achat ou la location de matériel médical au fur et à mesure de l’évolution des besoins : d’abord un coussin anti-escarres pour le fauteuil, puis un lit médicalisé et un fauteuil coquille. Tous ces équipements sont pris en charge sur prescription médicale par la CPAM, et généralement les mutuelles. »
Libérée de ses obligations professionnelles, elle peut donc se consacrer entièrement à sa mère. Malheureusement, un banal aléa se transforme immédiatement en véritable casse-tête lorsqu’on est aidant.
« J’ai eu un accident dans lequel je me suis blessé l’épaule, j’ai dû alors faire appel à un SSIAD (service de soins infirmiers à domicile) proche de chez moi, lequel a fait intervenir des aides-soignantes pour le lever et le coucher de ma mère, et pour sa toilette. Un dépannage indispensable, mais faire intervenir une personne inconnue est difficile pour l’aidant comme pour l’aidé car la confiance se travaille ensemble dans la durée. Et parfois, il n’y a personne de disponible pour prendre le relais, tout simplement. Je vis en milieu rural et j’ai peu d’alternatives. S’il n’y a personne de disponible au SSIAD, je dois me débrouiller par mes propres moyens, avec des amis ou des proches, mais là aussi c’est compliqué de quémander ne serait-ce qu’une heure. »
Pour Marie, le répit proposé aux aidants ne peut pas se réfléchir en termes de remplacement pur et simple, car tout dépend de la place occupée auprès de la personne aidée.
« Si on doit faire appel à une aide extérieure, il est très important de définir sur quelle(s) tâche(s) ou rôle(s) précis on souhaite se faire remplacer : le ménage ? La toilette ? Les repas ? La veille ou le fait de tenir compagnie ? Il faut aussi savoir que ce type d’aide a un coût non négligeable qui doit être anticipé… ».
Autant de freins qui peuvent conduire à des situations de détresse pour l’aidant.
C’est vrai que j’ai souvent hésité à faire appel aux aides extérieures, et petit à petit, de façon très insidieuse, l’isolement vient parce qu’on rompt ses activités professionnelles et sociales, on n’a plus le temps de rien.
4 Garder du temps pour soi et se faire accompagner
C’est l’autre conseil que martèle Marie : aidants, ménagez-vous !
« Avec le temps, j’ai appris à garder des jours où je faisais “le minimum”, c’est-à-dire que j’assurais les repas, le lever le coucher et la toilette mais pas de courses, le médecin (sauf urgence), ni le ménage. J’en profitais pour sortir de chez moi et voir du monde, tout simplement. Je m’accordais ces pauses le samedi et le dimanche ; ça m’a permis de tenir sur la durée. »
Mais pour de nombreux aidants, c’est souvent impossible. C’est pourquoi Marie reste vigilante sur l’évolution de la situation des aidants et des lois censées les protéger.
« Pour moi, le discours actuel sur les aidants et leurs difficultés est une bonne chose car ça atteste de la réalité de leur situation. C’est une reconnaissance de leurs efforts et de leurs besoins, se félicite-t-elle. Pour autant, il ne faudrait pas qu’on s’en tienne à quelques aides financières, parce qu’elles seront forcément insuffisantes pour combler le manque à gagner de l’arrêt de la carrière. Et ça ne règle pas la question dans son ensemble, la question de l’isolement, la rupture sociale, le retour à l’emploi, etc. La réflexion doit être beaucoup plus large, au niveau de la société dans son ensemble. Un accompagnement médico-social, d’éducation à la santé et psychologique serait un bon départ, afin de construire son projet de vie et de le faire évoluer en fonction de la situation de la personne aidée. Devenir aidant, c’est une vie qui bascule tout à coup ou progressivement. La société doit prendre soin des aidants », conclut Marie.
* Dans les conditions et limites du contrat souscrit.
L’Essentiel de l’article
Il y a 8,3 millions d’aidants familiaux en France.
Plus de la moitié d’entre eux sont actifs.
Il est possible de demander un congé à son employeur pour s’occuper d’un proche dépendant.
Les aidants familiaux peuvent se rémunérer en CESU.
Rein, foie, cœur… Greffer un organe consiste à échanger un organe déficient par un organe sain. Une opération chirurgicale est donc nécessaire. Les personnes nécessitant une telle opération sont enregistrés par leur médecin sur une liste d’attente tenue par l’Agence de biomédecine. On retrouve parmi eux des personnes de tout âge qui sont atteintes de malformations cardiaques, de mucoviscidose, d’insuffisance rénale, ou encore de certains cancers…
Le manque persistant d’organes disponibles, malgré la hausse des dons (+ 5 % par an en moyenne (1)) est le principal obstacle à la greffe. On compte environ 1 donneur pour 3 malades (1).
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C’est le nombre de malades en France qui ont besoin chaque année d’une greffe d’organes (1).
2 Le don de tissu
Le tissu est une partie du corps humain destinée à assurer une fonction. Quand une personne est décédée, elle peut donner à la fois ses organes et ses tissus : des artères, de la peau, des valves cardiaques, des tendons…
Les « tissus » peuvent concerner des greffes de peau, pour soigner par exemple les grands brûlés, mais aussi des greffes de cornée qui permettront de redonner la vue aux malvoyants.
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C’est le nombre de personnes qui ont reçu une greffe de tissus en 2017. (1)
Une journée mondiale dédiée au don de moelle osseuse
Chaque année, 3 000 malades ont besoin d’une greffe de moelle osseuse en France (2). Ces personnes sont atteintes de pathologies graves du sang telles que des leucémies ou des lymphomes. Seulement 1 patient sur 4 a la chance d’avoir un donneur compatible dans sa famille.
Face à ce manque de donneurs en moelle osseuse, dû notamment à des appréhensions concernant le prélèvement, l’Agence de la biomédecine profite de la 4e journée mondiale dédiée au don de moelle osseuse pour communiquer et sensibiliser le grand public sur son importance.
3 Les conditions pour donner un organe
Don de son vivant
Aujourd’hui le prélèvement d’organes est possible à tout âge. Le rein et le foie peuvent être prélevés sur des personnes âgées. Pour les mineurs, les parents ou les tuteurs légaux doivent absolument donner leur autorisation.
En 2017, 3,6 % des donneurs avaient 17 ans ou moins, 28,9 % de 50 à 64 ans et 41,3 % plus de 65 ans (1).
L’âge des donneurs prélevés augmente : 57,8 ans en 2017 contre 56,1 ans en 2016 et l’activité de greffe à partir de donneurs vivants progresse légèrement (1).
Malade ou en bonne santé, il n’existe pas de contre-indication de principe au don d’organes et de tissus. Néanmoins, le donneur fait l’objet d’un bilan médical complet comportant des examens cliniques, radiologiques et biologiques pour s’assurer de sa capacité à faire un don et de la compatibilité avec le receveur.
Don le jour du décès
C’est le cas le plus fréquent. En effet, dans 90 % des cas (1), le donneur d’organe est décédé. La personne décédée peut ainsi permettre de greffer plusieurs malades. Les organes sont maintenus artificiellement en état de fonctionner par des techniques de réanimation jusqu’à l’opération de prélèvement. Le corps, traité avec respect, est ensuite rendu à la famille.
6 105
greffes d’organes ont été réalisées en 2017. Après le rein, les organes le plus transplantés ont été le foie, le cœur, les poumons et le pancréas (1).
4 Comment signaler son choix ?
« Consentement présumé »
Depuis le 1er janvier 2017, au titre de la solidarité nationale chaque Français qui décède est considéré comme donneur d’organes : c’est ce qu’on appelle le « consentement présumé ». Il est recommandé d’informer les proches de son choix et de connaître les leurs pour être en mesure de témoigner.
À noter : cette carte n’a aucune valeur légale. Elle veille à consolider un engagement, ouvrir la discussion et montrer que l’on soutient le don. Elle permettra également aux proches d’être plus sereins. Carte ou non, les médecins consultent toujours les proches avant d’envisager tout prélèvement. Si ceux-ci s’opposent au don, ce choix est respecté.
Refus général
Inscription sur le registre national des refus
Si vous ne souhaitez pas donner d’organes, vous avez la possibilité de vous inscrire gratuitement sur le registre national des refus. Il vous suffit pour cela d’en informer l’Agence de la biomédecine en remplissant ce formulaire. Il vous faudra dater le document, le signer ainsi que laisser une photocopie de votre pièce d’identité.
De nouvelles modalités
Selon le décret du 11 août 2016, vous avez également la possibilité d’exprimer votre refus en laissant un document écrit à un proche. Notez bien votre nom, prénom, datez et indiquez votre date de naissance. C’est la condition sine qua non pour que ce document soit considéré comme valable. (3)
Un proche de la personne décédée peut aussi faire valoir le refus de prélèvement d’organes que cette personne aurait manifesté expressément sans l’exprimer par écrit de son vivant. Dans ce cas, les médecins demanderont au proche une attestation écrite des circonstances du refus.
La possibilité de modifier son refus
Vous changez d’avis ? Sachez qu’il est toujours possible de faire marche arrière ! Vous bénéficiez effectivement d’un droit d’accès et de rectification.
Refus spécifique à certains organes
Vous pouvez aussi porter votre refus sur certains organes ou tissus en particulier. Par exemple, vous pouvez refuser le prélèvement de vos yeux, , mais permettre une greffe de foie.
Le don d’organe est anonyme et gratuit
Selon la loi de bioéthique, le don d’organes est anonyme et gratuit. Le nom du donneur ne peut être communiqué au receveur et le nom du receveur ne peut être communiqué au donneur. La famille du donneur peut cependant être informée des organes et tissus prélevés ainsi que du résultat des greffes. Toute rémunération, monétaire ou autre, en contrepartie du don d’organes est interdite. Le principe de la gratuité du don est posé dans le Code civil et repris dans le Code de la sécurité sociale et de la santé publique (4).
1 Le service d’aide au maintien à domicile : pourquoi ?
Seniors et quotidien : vers la perte d’autonomie
En avançant dans l’âge, nombreuses sont les personnes âgées qui rencontrent des difficultés pour accomplir les gestes du quotidien. Se lever, se nourrir, s’habiller peut devenir une tâche compliquée à accomplir. La vie à domicile devient alors difficile à gérer avec ce qu’on appelle communément une « perte d’autonomie ».
Le maintien à domicile de ses parents : un choix préférable
La plupart des personnes âgées dépendantes souhaitent vivre chez elles le plus longtemps possible. Le domicile occupe une place importante dans leur vie quotidienne et sociale : il est garant d’un espace de vie confortable et d’un environnement sécurisant.
8.8 %
des seniors de 75 ans ou plus, vivent en institution. (1)
Le service d’aide au maintien à domicile : confort et sécurité
Lors de la perte d’autonomie d’un proche, les familles sont souvent sollicitées pour les aider dans leur quotidien. Il est néanmoins indispensable d’envisager la solution d’aide à domicile par des professionnels pour soulager les aidants et envisager le maintien à domicile sur le long terme (2).
Parmi les tâches qui peuvent incomber à l’aide à domicile, se trouvent :
le rangement du logement de la personne aidée ;
le lavage du linge de maison (des draps, des serviettes et des vêtements) ;
l’aide au lever et au coucher ;
l’aide à la toilette ;
l’aide aux courses ;
la préparation des repas et l’aide pour manger correctement.
C’est donc une aide précieuse pour effectuer les gestes essentiels du quotidien.
Les aides à domicile sont aussi présents pour accompagner les personnes âgées lors de sorties ou toute autre activité pouvant contribuer à maintenir leur vie sociale.
Pour chaque situation, il existe des aides financières pour faire face aux coûts de l’intervention d’un service professionnel.
2 Comment bien choisir une aide à domicile ?
Les services et structures destinés à soutenir les personnes en situation de perte d’autonomie sont nombreux. Avant de les contacter, il est important de bien identifier les besoins.
Le besoin
Pour qu’une prise en charge à domicile soit efficace, il est important de bien comprendre quels sont les besoins de la personne et de son entourage : quel est le domaine de prise en charge ? S’agit-il de soins infirmiers ou de service d’aide à la personne (3) ? Par exemple, votre proche âgé a-t-il besoin de soins en gérontologie (piluliers, suivi de traitements, diabète) ou d’une aide à la toilette ? S’il y a un besoin de soins infirmiers, l’organisme propose-t-il ce genre de prestations ?
Tarif de l’aide à domicile
Le coût varie selon les services à domicile et les prestations proposées. Le mieux est de se renseigner directement auprès de la structure sollicitée. Par ailleurs, le responsable du service doit pouvoir expliquer les aides financières qui existent pour financer les services d’aide à domicile. À noter : il est possible de réaliser le paiement des prestations en chèque emploi service universel.
Les intervenants
Comment les intervenants sont-ils recrutés (aide-soignante, aide-ménagère, etc.) ? Quelles sont leurs compétences et bénéficient-ils de formations complémentaires pour assister par exemple une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer ? Le suivi se fait-il avec le même intervenant ? Sont-ils disponibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 ? Des remplaçants sont-ils prévus ?
L’organisme
L’organisme est-il « labellisé » ? Un agrément délivré par l’État est obligatoire lorsque les services d’aide à domicile s’adressent à des personnes âgées de 60 ans et plus. Par ailleurs, les organismes peuvent s’inscrire dans une démarche de qualité spécifique : adhésion à la Charte nationale Qualité des services à la personne, ou certification de qualité (NF service, Qualisap, Qualicert, ou Cap’ Handéo-SAP). Au-delà de ces labels, il est important de se poser les bonnes questions : depuis combien de temps cet organisme propose-t-il des services d’aide à la personne ? Peut-il répondre à vos besoins en particulier ? Et implique-t-il la personne âgée ou sa famille dans le développement du plan de prise en charge ?
Par ailleurs, l’organisme répond-t-il à la Charte nationale Qualité des services à la personne ? Est-il engagé dans un service répondant aux besoins et aux attentes du client ?
Pour plus d’informations sur la démarche qualité et la liste des organismes existants, consultez L’Essentiel des services à la personne, le site des Services à la personne proposé par le ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique.
Le saviez-vous ?
Les services d’aide et d’accompagnement à domicile sont spécifiquement habilités pour intervenir auprès de populations considérées comme fragiles (notamment les personnes âgées en perte d’autonomie et les personnes en situation de handicap). Leur autorisation de fonctionnement, délivrée par le Conseil départemental, est valable 15 ans.
3 Comment faire appel à un service d’aide à domicile ?
Les services d’aide à domicile peuvent être gérés par de multiples organismes comme des centres communaux d’action sociale (CCAS), des associations ou des entreprises commerciales. Dans tous les cas, vous pourrez entreprendre la démarche pour le compte de la personne en perte d’autonomie.
Aussi, il existe trois façons de faire appel à un service d’aide à domicile.
Faire appel à un service prestataire : Le personne en situation de dépendance fait appel à un organisme où les aides à domicile sont salariées.
Faire appel à un service mandataire : L’organisme mandataire octroie à la personne âgée un intervenant qui effectue la prestation au domicile. Celui-ci est salarié de la personne âgée qui doit donc assumer et surtout être en capacité d’assumer cette casquette d’employeur.
Emploi direct de gré-à-gré : La personne âgée peut aussi être directement l’employeur sans accompagnement d’un service.
Pour trouver un service d’aide à domicile, adressez-vous à votre point d’information local : il vous communiquera la liste des organismes qui interviennent dans le secteur géographique souhaité.
Il existe de nombreuses aides financières pour aider les personnes âgées à continuer à vivre chez elles. Là encore, vous pouvez entreprendre les démarches pour le compte d’un proche en perte d’autonomie.
L’allocation personnalisée d’autonomie à domicile : l’APA (4)
À quoi sert-elle ?
En cas de perte d’autonomie, l’APA aide à payer les dépenses nécessaires pour rester vivre à domicile. Elle est versée par le conseil départemental.
Quelles sont les conditions d’accès ?
Elle concerne les personnes :
de plus de 60 ans ;
dont le niveau de perte d’autonomie a été évalué comme importante (niveau GIR 1 à 4) par un représentant de l’équipe médico-sociale du département ;
résidantes en France de façon stable et régulière.
Il n’y a pas de conditions de revenus pour bénéficier de l’APA. Le montant attribué dépend du niveau de revenus.
Qu’est-ce qu’un GIR ?
Groupe Iso Ressources qui définit selon une grille le niveau de perte d’autonomie d’une personne âgée. Il en existe 6. Seules les personnes évaluées en GIR de 1 à 4 peuvent bénéficier de l’APA. Plus d’informations sur le site du Ministère des Solidarités et de la Santé.
Comment la solliciter ?
Vous pouvez retirer le dossier de demande d’APA auprès :
du conseil départemental ;
des points d’information locaux dédiés aux personnes âgées ;
des CCAS (centres communaux d’action sociale) ;
des services d’aide à domicile ;
des organismes de Sécurité sociale, des mutuelles.
Afin de limiter les risques de perte d’autonomie des seniors, les caisses de retraite financent des aides pour la vie quotidienne dans chaque région : courses, téléassistance, aide post-hospitalisation, déménagement, etc.
Quelles sont les conditions d’accès ?
Elle concerne les personnes :
retraitées ;
en situation de fragilité ;
qui ne bénéficient pas de l’APA.
Comment les solliciter ?
Contactez votre caisse de retraite de base pour vérifier si vous pouvez bénéficier d’aides.
Les aides à l’adaptation au logement de la CAF
À quoi servent-elles ?
Elle est versée sous réserve de conditions de ressources par la Caisse d’allocations familiales (CAF). Les personnes âgées qui vivent à leur domicile peuvent percevoir une aide au logement.
Quelles sont les conditions d’accès ?
Elle est versée sous réserve de conditions de ressources par la CAF. Il existe deux aides (non cumulables) pour les personnes âgées susceptibles d’être versées :
l’APL (aide personnalisée au logement) ;
l’ALS (allocation de logement sociale).
Plus d’informations sur les conditions d’accès ici.
Que ce soit un malaise, une chute etc., un problème à domicile est vite arrivé. Pour être rassuré, la téléassistance permet de mettre en contact la personne âgée avec un téléopérateur spécialisé à n’importe quel moment.
Plus d’informations sur les conditions d’accès ici.
Les aides fiscales pour l’aide à domicile
Les services d’aide à domicile ou l’emploi direct d’une aide à domicile peuvent donner droit à un crédit d’impôt.
Plus d’informations sur les conditions d’accès ici.
Les aides extralégales des mairies ou des conseils départementaux
À quoi servent-elles ?
En plus des aides sociales que les conseils départementaux et les mairies peuvent attribuer aux seniors, ces institutions peuvent dans certains cas décider d’appliquer un règlement d’aide sociale départementale plus avantageux que la loi pour les personnes âgées sans passer par le plan d’aide de l’APA.
Quelles sont les conditions d’accès ?
Les aides extralégales des mairies sont des aides financières ou en nature. Par exemple, une aide financière pour faire face à des frais exceptionnels ou à un besoin de téléassistance. Ces aides sont attribuées au cas par cas, en fonction des situations individuelles et des difficultés sociales des personnes.
Vous pouvez contacter la mairie de résidence de votre parent en perte d’autonomie.
Les complémentaires santé
À quoi servent-elles ?
Elles financent des prestations d’assistance prévues dans le cadre du contrat complémentaire santé souscrit. Exemple : un retour à domicile après une hospitalisation.
Les complémentaires santé peuvent également proposer, sous conditions et au titre de leur politique d’action sociale, le financement de dépenses de santé importantes restant à la charge de l’adhérent, non pris en charge par la Sécurité sociale ni par le contrat santé de la complémentaire santé.
Quelles sont les conditions d’accès ?
Chaque complémentaire santé a sa propre politique en matière d’action sociale. Une commission d’action sociale se réunit et étudie les demandes des adhérents.
Comment les solliciter ?
Après une hospitalisation et dans le cadre d’une garantie assistance, le contrat santé de la personne âgée peut parfois payer une aide à domicile pour un temps donné.
Renseignez-vous auprès de l’organisme complémentaire santé concerné.
Le saviez-vous ?
En cas de recherche d’information ou de conseil, le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) le plus proche est souvent la meilleure adresse. Il est responsable de l’aide sociale au niveau local.
Être accompagné au quotidien
Blandine Bricka, rédactrice et écrivain public, est allée à la rencontre de six personnes en situation de dépendance et qui ont besoin d’un accompagnement. Dans son livre Des liens (presque) ordinaires (publié en partenariat avec la Macif aux éditions de l’Atelier, avec une préface de Grand corps malade), elles témoignent de leur quotidien mais aussi de la richesse de ces liens tissés avec les aidants.
Besoin de relais en cas d’urgence ? D’aide au répit ? D’accompagnement psychologique ?
Les premières AMAP (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) sont nées en France en 2003 du désir de rapprocher les agriculteurs des consommateurs des villes. Le principe est simple : un groupement de clients s’engage auprès d’un producteur de la région à récupérer chaque semaine une quantité donnée, sur une durée d’un an. En retour, le producteur s’engage à livrer des produits saisonniers de qualité, le plus souvent bios. Concrètement, cela se traduit par une offre de « paniers » composés d’un assortiment de produits de saison issus de l’exploitation (fruits, légumes, fromages, lait, charcuterie…).
Chaque membre de l’AMAP s’engage alors contractuellement pour la saison, et règle l’intégralité des sommes à l’avance (généralement en une ou trois fois, mais certaines AMAP pratiquent le paiement hebdomadaire). Les paniers sont alors préparés et acheminés par l’agriculteur dans un point de livraison groupée, proche du domicile des adhérents.
Pour Lionel L’Haridon, président du réseau d’AMAP Rhenamap, ce lien direct entre « consom’acteurs » et producteurs est primordial :
« Il engage les deux parties, et c’est ce lien qui permet au système de durer. En mettant “un visage” sur un produit, on sait exactement pour quoi on paye et où va notre argent. On apprend comment marche l’exploitation, quelles sont éventuellement ses difficultés passagères, etc. C’est la meilleure façon de se réapproprier sa propre consommation, parce qu’on comprend mieux les enjeux environnementaux, économiques et sociaux de nos choix. Aujourd’hui, les AMAP de notre réseau représentent 70 emplois locaux, soutenus par l’engagement de 900 familles d’“amapiens” qui consomment chaque semaine leur panier de produits frais. »
92 %
des maraîchers partenaires d’AMAP en Île-de-France sont certifiés bios ou en conversion. (1)
2 Un sérieux coup de pouce à l’agriculture biologique
Manger bio et acheter local sont les deux piliers du dispositif :
« La démarche AMAP a toujours été portée par ces deux priorités : le passage des exploitations en agriculture bio, et la consommation locale. Aujourd’hui, la dimension locale est même devenue prépondérante. Notre volonté est donc d’avoir non seulement des circuits courts, c’est-à-dire sans intermédiaire, mais aussi de vraie proximité. Nos producteurs sont donc tous situés dans un rayon de 40 ou 45 km autour de l’agglomération de Mulhouse. »
Côté bio, les agriculteurs non certifiés sont invités à s’appuyer sur la trésorerie générée par l’activité AMAP pour se convertir dans un délai de cinq ans.
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3 Avec les AMAP, c’est facile de manger sainement !
L’autre moteur des AMAP, c’est bien sûr la volonté de mieux manger.
« Il y a souvent une prise de conscience, par exemple à la naissance du premier enfant, de la nécessité de changer ses habitudes alimentaires, poursuit Lionel. Plus de fruits et légumes frais et de saison, moins de pesticides, moins d’aliments transformés… Les AMAP permettent d’avoir accès à des produits variés, saisonniers et bios pour la plupart. Le tout, à un prix beaucoup moins élevé que si on devait faire des courses équivalentes dans une enseigne bio généraliste, ce qui explique aussi le succès de cette formule ! ».
Fruits et légumes, lait et fromages, pains, charcuteries… L’offre est aussi diversifiée que le permet la production locale, pour le plus grand plaisir des acheteurs. Pour autant, le choix de l’AMAP n’est pas anodin : c’est un engagement qui nécessite souvent de changer quelque peu ses habitudes quotidiennes.
« D’abord, il faut venir récupérer son ou ses paniers chaque semaine au point de distribution. Ensuite, il faut se mettre à cuisiner, tout simplement ! Or on se rend compte que les personnes ont une vraie volonté de mieux manger, mais qu’elles ne savent pas toujours comment s’y prendre », constate Lionel.
Comment cuisiner des panais ? Pas évident pour tout le monde… La saisonnalité peut aussi être déroutante :
« Certes, c’est un gage de qualité, mais quand on a du chou pendant trois semaines en hiver, on peut vite manquer d’idées pour l’accommoder. C’est pour ça que nous proposons sur notre site et dans notre newsletter des recettes simples à réaliser avec les fruits et légumes des paniers. Nous envisageons aussi d’organiser des ateliers culinaires car il y a un vrai besoin, chez les adultes comme chez les enfants. Ceci dit, nos agriculteurs ont beaucoup diversifié leur production au fil des années pour permettre de varier les paniers, y compris en hiver ! »
Comment trouver une AMAP près de chez moi ?
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4 Un fablab culinaire pour aller plus loin ?
Cette difficulté à cuisiner reste aujourd’hui un frein au développement des AMAP, mais Rhenamap n’est pas à court d’idées.
« C’est ce qui a inspiré notre nouveau projet de tiers lieu à Mulhouse, en partenariat avec la fondation Macif. Dans une zone de la ville en reconversion, un grand bâtiment accueillera un magasin de vente direct, une plateforme logistique et un lieu de distribution pour les paniers, un lieu de restauration, une cuisine pédagogique et un “fablab”, c’est-à-dire un incubateur d’entreprises du secteur culinaire. »
Bref, tout pour développer l’envie de bien manger, pour tous !
L’Essentiel de l’article
Les AMAP sont des associations qui mettent en relation directe des consommateurs et des agriculteurs.
Les consommateurs s’engagent sur l’achat de « paniers » de produits frais hebdomadaires, payés d’avance.
Les producteurs s’engagent sur la production et la livraison de produits de qualité à prix fixe.
Les produits proposés par les AMAP sont de saison, très majoritairement bios et locaux.
L’engagement bénévole des Français est une constante. Selon la dernière enquête Ifop-France Bénévolat (1), près de deux Français sur trois participent, ou ont participé par le passé à des actions bénévoles. 25 % d’entre eux le font aujourd’hui dans le cadre associatif. Ce chiffre est en hausse ces dernières années, particulièrement grâce à un engagement de plus en plus fort des moins de 35 ans. En 2016, ils étaient un tiers de plus à faire du bénévolat qu’en 2010.
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2 Un engagement associatif bénévole régulier
Le baromètre Djepva sur la jeunesse (2) permet de mieux connaître l’engagement des jeunes. Chez les 18-30 ans l’engagement est naturel. Un jeune sur deux a déjà donné de son temps bénévolement, et plus d’un sur trois l’a fait dans l’année écoulée. Mieux encore, 14 % des jeunes participent à des actions bénévoles chaque semaine ! Ces actions de bénévolat ont généralement pour cadre le milieu associatif : 76 % des adhérents d’une association donnent de leur temps gratuitement.
Hari, 24 ans, qui fait partie de L’AFEV, Association de la fondation étudiante pour la ville, qui lutte contre les inégalités, éducatives en particulier, donne l’exemple :
« J’habite un quartier populaire et je donne de mon temps de manière hebdomadaire pour faire des projets au sein de ce quartier. Ça me permet de me dire que je contribue à faire de ce monde ce que j’ai envie qu’il soit. »
Un discours qui fait écho à celui d’Olivia, 21 ans, de l’association Génération Cobayes, qui sensibilise sur les liens entre pollution environnementale et santé :
« Je suis responsable de la sensibilisation sur les festivals. On aborde des sujets de manière fun et décalée, on a un discours positif. Je me sens utile et je contribue à ma manière, et ça c’est gratifiant. »
Quand on leur demande les deux principales causes pour lesquelles ils seraient prêts à donner du temps, les réponses les plus citées sont le sport (22 %), la santé, la recherche et l’aide aux malades (20 %), l’environnement (20 %), l’éducation (19 %), et les actions sociales et solidaires (15 %).
3 Le manque de temps, frein à l’engagement bénévole
Si un jeune sur deux s’est déjà engagé, cela ne veut pas dire que les autres ne sont pas prêts à le faire. 31 % des 18-30 ans envisageraient de donner de leur temps bénévolement. En somme, l’idée du bénévolat intéresse huit jeunes sur dix. La raison la plus invoquée pour justifier l’absence d’engagement est le manque de temps, cité par 40 % des jeunes interrogés (2).
Pour Marie-Hanna de l’AFEV, la motivation permet de dépasser les contraintes de temps :
« Ce sont des choses que je fais avec plaisir, sur mon temps libre, donc on pourrait le comparer à un loisir ! Donc ça ne me pose vraiment pas de problème de temps ou de fatigue. »
4 Le service civique, un engagement citoyen reconnu
Le Service Civique permet de s’engager pour six à douze mois dans une mission d’intérêt général, souvent dans le cadre associatif. C’est aujourd’hui une forme d’engagement reconnue : 74 % des 18-30 ans déclarent connaître ce dispositif et 48 % des 18-25 ans aimeraient se lancer dans cette aventure. Leur motivation première ? Être utile à la société (28 % des réponses) (2). Il peut permettre d’aller plus loin dans l’engagement citoyen. C’est ce qui a poussé Olivia de Génération Cobayes à franchir le pas.
J’ai choisi de faire six mois de service civique et de me consacrer à plein temps à l’association.
Un pédibus, c’est tout simplement un bus scolaire pédestre. Il mobilise des parents qui accompagnent en toute sécurité les enfants tout le long d’un trajet défini vers l’école. Les élèves peuvent rejoindre le pédibus à des points d’arrêt tout le long du trajet.
Le premier pédibus a vu le jour en Australie au début des années 1990. Depuis, l’idée séduit à travers le monde, et les initiatives se multiplient aujourd’hui dans toute la France.
On est parti du constat que beaucoup d’enfants du quartier faisaient le même trajet le matin. Du coup, l’idée a été de se réunir pour faire le trajet avec au moins deux accompagnants, voire trois suivant le nombre d’enfants.
Laurence Louër, parent d’élève et bénévole d’un pédibus à Rennes
À savoir
Un pédibus se compose au minimum d’un conducteur, qui dirige le cortège et d’un accompagnateur qui ferme la marche. En fonction du nombre d’enfants, d’autres accompagnateurs peuvent être chargés de contrôler le pédibus latéralement. Il est recommandé d’avoir un adulte pour huit enfants maximum pour un trajet en toute sécurité.
2 Transport scolaire : les avantages du pédibus
Si le pédibus trouve facilement des adeptes, c’est qu’il propose bien des avantages ! En remplaçant des trajets souvent motorisés par de la marche, il est bénéfique à la fois pour l’environnement et pour la santé des enfants comme des parents. Il permet de tisser des liens entre voisins : les parents se rendent mutuellement service, et les enfants apprennent à se connaître en faisant le trajet ensemble au quotidien. Enfin le pédibus joue un rôle éducatif : il apprend aux jeunes élèves à se déplacer en groupe de manière sécurisée, et à bien respecter le Code de la route.
3 Lancer votre pédibus
Alors, convaincu par le pédibus pour vous enfants ? Pourquoi ne pas vous lancer ? Voici quelques conseils simples pour en créer un dans votre quartier :
Faites une réunion avec d’autres parents d’élèves et présenter le principe du pédibus. S’ils sont aussi séduits que vous, passez à la phase d’organisation.
Déterminez un itinéraire vers l’école permettant le ramassage de tous les élèves impliqués. Il doit tenir compte des contraintes de voirie et de la mobilisation des parents. Profitez-en pour déterminer les arrêts, où les enfants pourront rejoindre le pédibus.
Contactez la mairie et les collectivités locales qui pourront vous aider logistiquement en matérialisant les arrêts sur le parcours, en sécurisant certains passages sur la voirie, etc.
Rédigez une charte d’engagement qui précisera les obligations à respecter par les parents et les enfants participant au pédibus. Vous trouverez facilement des exemples de charte en ligne.
Établissez un planning pour les parents accompagnateurs. Il doit également définir qui est chargé simplement de la surveillance des enfants et qui est la personne en charge de conduire le pédibus.
Équipez-vous : il faudra des gilets fluorescents pour rendre visibles tous les accompagnateurs, et si possible pour les enfants.
Prévenez l’école pour faciliter les entrées et les sorties des enfants, et permettre un affichage des informations relatives à votre pédibus.
Aide, conseils, accompagnement
Vous souhaitez lancer un pédibus dans votre quartier ? Le réseau Milles-Pattes vous propose toutes les informations nécessaires et une boîte à outils complète pour bien vous organiser.
4 Quelles assurances pour un pédibus sans risques ?
Pour les enfants, une assurance scolaire garantissant les dommages qu’ils peuvent causer à des tiers ainsi que leurs propres dommages, suffit à couvrir les risques sur le trajet vers l’école. Pour les organisateurs et les accompagnateurs, aucune organisation n’est obligatoire. La responsabilité civile des parents-accompagnateurs pourrait être mise en œuvre. Il est toutefois recommandé de créer une association loi 1901 pour donner un cadre juridique au pédibus et clarifier les rôles et les responsabilités de chacun. Elle permettra de mette en place une assurance couvrant la responsabilité des dirigeants de l’association. Il est également possible de demander à l’école ou à la mairie si elles peuvent étendre leur couverture d’assurance aux membres du pédibus.
L’Essentiel de l’article
Le pédibus permet de s’organiser pour des trajets scolaires à pied sous la surveillance de parents.
Il est à la fois écologique, convivial et éducatif.
Il s’organise facilement à l’initiative des parents.
1 Assurer l’avenir professionnel des jeunes adultes
« Notre fille Joséphine a 24 ans. Elle a un léger handicap qui occasionne quelques difficultés au quotidien, mais a toujours fréquenté des écoles ordinaires du circuit normal. C’est à la sortie du système scolaire que s’est posée la question du travail, car son handicap n’est pas assez marqué pour qu’elle entre en ESAT (Établissement et service d’aide par le travail) mais elle ne peut pas non plus travailler en milieu ordinaire sans y être préparée », explique Valérie Sybille, cofondatrice de l’association Handélice et gérante bénévole du restaurant La Cantine de Joséphine.
En 2013, avec son mari et d’autres personnes concernées par le handicap, Valérie Sybille décide donc de créer Handélice pour aider à l’insertion de ces jeunes adultes. L’association agit d’abord sur le renforcement du lien social en organisant des sorties mélangeant jeunes handicapés et étudiants. Elle travaille également à l’insertion par le logement, avec la mise en place courant 2018 d’une colocation de sept adultes en situation de handicap, dans laquelle ils pourront vivre de façon autonome.
19 %
des personnes en situation de handicap sont au chômage en France, contre 10 % pour l’ensemble de la population.*
2 Au cœur de la ville, un vrai restaurant ouvert à tous
Dès 2013, Valérie Sybille a également l’idée de fonder La Cantine de Joséphine, un restaurant d’insertion professionnelle ouvert à tous.
« C’est un restaurant où les jeunes comme Joséphine peuvent travailler dans un cadre adapté, tout en étant un restaurant classique. C’est la raison pour laquelle nous avons tenu à ce qu’il soit implanté en plein centre-ville de Valenciennes, afin que tout le monde puisse venir y déjeuner et que nous soyons vraiment insérés dans la vie de la cité », insiste Valérie Sybille.
Six personnes travaillent actuellement dans le restaurant, dont quatre en insertion et deux encadrants techniques : Joséphine et Émilie, au service, encadrées par Ninon, la responsable de salle. En cuisine, Océane et Ludivine, encadrées par Laurent, chef-cuisinier. Toute cette équipe s’active consciencieusement pour donner le meilleur d’elle-même.
C’est très important que le service et la cuisine soient à la hauteur des attentes des clients : la première fois, ils viennent pour le concept, mais si on veut qu’ils reviennent, il faut assurer !
3 Changer le regard sur le handicap
Le restaurant accueille également régulièrement des stagiaires, souvent des jeunes en situation de handicap, mais pas seulement.
« Nous prenons aussi en stage des jeunes sans handicap, pour leur montrer que c’est tout à fait possible de travailler normalement avec des collègues handicapés. Ce sont pour certains de futurs patrons de restaurant, c’est donc important de changer leur regard car nous espérons que le moment venu, ils seront moins réticents à employer des personnes en situation de handicap », poursuit Valérie Sybille.
« Et ça marche ! Nous voyons tous les jours l’évolution positive des jeunes qui travaillent chez nous. Ils s’ouvrent, gagnent en confiance et en autonomie. Le contact avec la clientèle et la grande mixité entre les personnes handicapées et les autres est un vrai facteur de progrès. »
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4 Cap sur la formation professionnelle
Aux côtés de cette équipe de pros, des bénévoles assurent certaines fonctions administratives ou statutaires, comme Romain, qui s’occupe de la partie formation, car le statut d’entreprise d’insertion implique l’accompagnement des jeunes vers des formations diplômantes.
Depuis que La Cantine existe, quatre stagiaires ont déjà été formés, et deux, Vincent et William, ont obtenu leur CAP de cuisine : ils ont donc pu partir travailler dans des restaurants « traditionnels ».
« C’est une grande fierté pour eux et une victoire pour nous, ça prouve que c’est possible », se réjouit Valérie Sybille. « C’est ça notre combat : faire tomber les préjugés. Pour répondre au cahier des charges d’une entreprise d’insertion, on se doit d’organiser une immersion dans une structure différente de la nôtre, et c’est là que, souvent, ça coince, car la plupart des recruteurs et chefs d’entreprise ne sont pas prêts à faire travailler ces profils. Pourtant, ceux qui acceptent le défi sont enchantés ! »
Ce restaurant, c’est toute ma vie.
5 La diversification pour croître et s’ouvrir
La Cantine de Joséphine est une entreprise d’insertion, mais c’est aussi un vrai restaurant à statut commercial, avec des aides de l’État qui ne compensent évidemment pas les charges salariales, notamment des encadrants.
Pour se développer ou mettre en route de nouveaux projets, l’association Handélice doit donc faire régulièrement appel aux financements de fondations – dont la Fondation d’entreprise du groupe Macif.
« Nous allons prochainement lancer un restaurant ambulant sous forme d’une caravane récupérée et retapée en food truck pour aller vendre des sandwichs sur les campus et dans les entreprises de la région. C’est une diversification nécessaire pour notre activité, mais c’est aussi un excellent moyen pour les jeunes de voir autre chose et de toucher de nouveaux publics. »
Et de continuer à faire tomber, les uns après les autres, les préjugés sur le travail des personnes handicapées.
L’Essentiel de l’article
La Cantine de Joséphine est un restaurant d’insertion employant des jeunes en situation de handicap.
Il est situé à Valenciennes, en plein centre-ville, et est ouvert à tous.
Les jeunes sont accueillis, en stage ou en emploi, et bénéficient de formations diplômantes.