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  • Garage solidaire : s’engager pour la mobilité

    Garage solidaire : s’engager pour la mobilité

    Ici on répare des voitures, mais pas seulement. Créé en 2013, le garage solidaire du Guichen, situé dans une zone rurale de Bretagne, est avant tout un projet social innovant au service de l’emploi et de la mobilité.

    Développé par l’association Yves Morvan Solidaire, soutenu par la Fondation Macif, c’est un chantier d’insertion, qui permet à des personnes éloignées de l’emploi de se former aux métiers de la mécanique, mais aussi de bénéficier d’un accompagnement social afin de retrouver une activité professionnelle durable. C’est également un outil qui favorise la mobilité des plus modestes en leur proposant des prestations à moindre coût, sans lesquelles il leur serait très difficile d’entretenir ou de faire réparer leur voiture.

    1 Une initiative qui profite à tous

    « Il ne s’agit pas pour nous de venir concurrencer les garages traditionnels, explique Guillaume Diulein, salarié de l’association. Notre démarche est davantage tournée vers le service humain que nous pouvons proposer. Et il est double ! Nous venons à la fois faciliter la mobilité des personnes à faibles ressources, et en même temps aider ceux qui en ont besoin à se reconstruire un avenir professionnel. »

    2 Réparer les parcours professionnels

    Pour réaliser ce pari, une quinzaine de personnes en insertion sont accompagnées pendant un an ou plus. Encadrées par deux chefs d’atelier, elles sont formées à la mécanique (diagnostic de panne, réparation, entretien…) mais aussi pour certaines, aux techniques de vente et à l’accueil administratif.

    En plus de cette formation à un vrai métier, une accompagnatrice socioprofessionnelle vient compléter le dispositif en apportant aux salariés une aide à la réalisation de leurs projets, en vue de regagner le marché du travail. Un accompagnement très fructueux puisqu’à leur sortie, 70 à 80% des salariés retrouvent un emploi, un logement, une formation, bref redémarrent d’un bon pied…

    1 jeune sur 2

    refuse une offre d’emploi faute de moyen pour s’y rendre.*

    3 Un garage dédié aux clients modestes

    Au quotidien, le garage solidaire fonctionne comme un autre, mis à part qu’une partie du temps est consacrée à l’accompagnement social, l’autre aux travaux de réparation. Pour les clients, peu de changements. Après avoir apporté un justificatif attestant de leur niveau de ressources (RSA, bourse étudiante, allocation personne handicapée, etc.), ils déposent le véhicule à faire réparer.

    Panne de moteur, changement de courroie, vidange, et même contrôle technique sont effectués avec le plus grand sérieux, à des tarifs prix plus avantageux que ceux pratiqués dans un garage traditionnel.

    15 %

    C’est la part du budget mensuel que les automobilistes consacrent en moyenne à l’entretien et à l’utilisation de leur voiture.**

    4 Un projet qui s’étoffe et qui essaime

    Le garage solidaire du Guichen propose des services de vente et de location de voiture pour offrir encore plus de solutions aux problèmes de mobilité.

    Ici, ne pas avoir de voiture c’est souvent ne pas avoir de travail, et vice versa, pouvoir se déplacer conditionne fortement l’employabilité.

    Guillaume Diulein

    C’est pourquoi le garage a investi dans un parc locatif d’une dizaine de voitures qui sont louées de une journée à deux mois maximum au tarif de 5,90 euros par jour. Des véhicules de reprise, entièrement révisés, sont aussi proposés à la vente. Si le garage du Guichen paraît exemplaire, il n’est pas le seul ! Ce projet social dispose de deux autres garages en Bretagne : l’un à Carhaix, l’autre à Saint-Étienne-en-Coglès.

    5 Une entreprise solidaire primée

    La démarche innovante et solidaire du garage de Guichen s’est vue récompensée en 2016 par l’opération MaFondation conduite par la Macif. Grâce aux votes de sociétaires, séduits par l’initiative, le garage s’est vu doté d’une prime de 5 285 euros.

    « Une vraie bonne surprise ainsi qu’un encouragement qui nous ont permis d’investir dans du matériel, mais aussi de gagner en visibilité », confie Guillaume Diulein.

    Cette année encore, l’opération MaFondation récompensera 13 projets novateurs en leur partageant une enveloppe de 50 000 euros. N’hésitez pas à découvrir les candidats en lice et à soutenir votre projet préféré : les votes sont ouverts du 29 mai au 13 juin inclus ! Plus d’infos ici.

    Vous êtes sociétaire Macif ?

    Participez à MaFondation et votez pour votre projet préféré ici.

    Le saviez-vous ?

    La Fondation Macif a soutenu ce projet de garage solidaire en 2016 !

    Le garage solidaire de Guichen (Association Yves Morvan Solidaire)

    • 2013 : date de création
    • 15 personnes formées à l’année
    • 3 encadrants mobilisés
    • 80 % des projets d’insertion réalisés
    • 512 voitures réparées (2016)
    • 2 autres garages similaires en Bretagne

    En savoir plus :

    http://www.garagesolidaire.fr/
    Garage solidaire du Guichen
    ZA Les Grées Madame – 5, rue Denis-Papin
    35580 Guichen
    Tél. : 02 23 44 80 90

    L’Essentiel de l’article

    • Un garage solidaire qui œuvre pour l’insertion.
    • Des tarifs bas pour faciliter la mobilité des plus modestes.
    • Une offre multiple de réparation, de vente et de location.
    • Un suivi social et professionnel des salariés.
    • Un tremplin pour le retour à l’emploi.

    Sources :
    * Laboratoire de la Mobilité inclusive, 2017.

    ** Étude Ifop pour Drivepad.fr

  • « Nos usagers peuvent venir cueillir eux-mêmes leurs fruits et légumes près de chez eux. »

    « Nos usagers peuvent venir cueillir eux-mêmes leurs fruits et légumes près de chez eux. »

    1 Qu’est-ce qui distingue la permaculture de l’agriculture traditionnelle ?

    Karen Yvan, membre de la ferme Le Champ des possibles. La permaculture est une agriculture agroécologique : elle ne détruit pas l’environnement et n’épuise pas les sols comme les productions classiques. Mais en plus, elle agit de manière à ce que ceux-ci soient résilients, c’est-à-dire capables de s’enrichir et de se régénérer par eux-mêmes. En somme, l’enjeu est de mettre en place des systèmes imitant l’écologie naturelle.

    Nous devrions également obtenir le label bio cet été. Nos produits auront ainsi une traçabilité qui est très importante pour les consommateurs.

    2 Comment peut-on produire sans impact sur l’environnement ?

    K. Y. Nous récréons des écosystèmes qui fonctionnent au plus près de ce qui se passe dans la nature. Ils sont donc durables et résistants quels que soient les aléas climatiques ou les maladies.

    Concrètement, nous travaillons beaucoup sur les sols : ils doivent être vivants pour bien assurer leur fonction nourricière sans apport extérieur. Nous évitons donc le labour pour ne pas tuer les vers et autres « habitants » qui œuvrent à sa régénération permanente. On paille les sols pour garder la fraîcheur naturelle en été, et on laisse sur place. Avec la décomposition, de la matière organique vient enrichir le sol. Ça nous permet aussi d’économiser l’eau et d’éviter au maximum le désherbage, qu’on fait manuellement.

    CONNAISSEZ-VOUS LES TIERS LIEUX

    A DIMENSION SOCIALE ?

    Pour les découvrir, rendez-vous sur le site de MaFondation.

    3 Quels sont les freins à la mise en œuvre des principes de la permaculture ?

    K. Y. La difficulté principale est qu’il faut beaucoup expérimenter, car il faut tester toutes les interactions entre les plantes, les animaux, le climat, la terre… Les espèces doivent se protéger entre elles. Il y a aussi le travail manuel : comme on limite l’utilisation des machines fonctionnant aux énergies fossiles, le travail se fait « à l’huile de coude ».

    50 €/m2

    C’est le chiffre d’affaires constaté en permaculture bio lors d’une étude de l’INRA en 2016.*

    4 Comment se passe l’intégration d’une ferme dans le tissu urbain ?

    K. Y. Cultiver en milieu urbain implique de petites surfaces, 7 000 m2 pour nous. En revanche, nous densifions au maximum, avec une biodiversité optimisée : plantes aromatiques, fruits, légumes, fleurs… Car on l’oublie souvent, de nombreuses fleurs peuvent être mangées ! Bref, tout l’inverse de la monoculture : nous pratiquons un maraîchage diversifié, à échelle humaine, avec des débouchés locaux.

    C’est très important dans notre approche, car notre objectif est aussi d’encourager la diversité alimentaire auprès de nos publics. Deux fois par semaine, nous faisons des ventes à la ferme et nous avons un partenariat avec une AMAP et des commerçants locaux.

    À terme, nous espérons vendre aussi à des restaurants de la région pour toucher un maximum de gens. Toutes ces interactions sont nécessaires pour promouvoir la permaculture et détricoter le mythe que ce serait une alimentation de « bobos ».

    Beaucoup de gens découvrent avec bonheur qu’il est très facile de faire une soupe !

    Karen Yvan, coordinatrice de la ferme urbaine Le Champ des possibles

    5 En plus des fleurs et des légumes, vous cultivez donc aussi le lien social ?

    K. Y. Tout à fait ! Nous animons des ateliers culinaires pour réapprendre aux consommateurs à cuisiner simplement les légumes et leur en redonner le goût en montrant comment ils sont cultivés, d’où ils viennent, etc.

    C’est une approche qui marche très bien dans les quartiers, car on privilégie l’appropriation personnelle : qu’est-ce que je peux faire avec ces légumes en fonction de mes goûts et de mes capacités ? Beaucoup de gens découvrent avec bonheur, par exemple, qu’il est très facile de faire une soupe ! Nous nous amusons à comparer ensuite avec des soupes achetées en supermarché : que ce soit sur le goût comme sur le prix et la composition, le verdict est sans appel ! Changer l’agriculture passe aussi par le changement des comportements alimentaires et la façon dont on achète ce qu’on mange. Tout est lié…

    6 La permaculture serait-elle l’avenir des villes ?

    K. Y. Il faut en effet changer le visage des villes pour les reconnecter à la nature. Nos usagers peuvent venir cueillir eux-mêmes leurs fruits et légumes près de chez eux. C’est une expérience qu’ils apprécient, adultes comme enfants. Nous accueillons aussi des groupes scolaires à la ferme pour leur faire découvrir ce grand jardin productif.

    C’est un lieu humain, beau, où l’on a envie d’être, tout simplement ! En ville, ça ne va pas de soi… C’est aussi une façon d’éveiller des vocations chez les jeunes : être maraîcher en ville n’a rien à voir avec le métier d’agriculteur au sens traditionnel, à la campagne. C’est une nouvelle pratique du métier qui est très attractive. Installer des fermes en ville est capital pour toutes ces raisons.

    L’Essentiel de l’article

    • La permaculture est une agriculture durable.
    • Elle recrée artificiellement des écosystèmes aussi proches que possible de la nature.
    • L’utilisation des machines motorisées est limitée au strict minimum.
    • La production est vendue en circuits courts.

    * Source : Institut national de la recherche agronomique, 2016

  • La Cravate Solidaire, l’association stylée qui « rhabille » l’entretien d’embauche

    La Cravate Solidaire, l’association stylée qui « rhabille » l’entretien d’embauche

    1 Dress code* et choc des cultures

    La Cravate Solidaire a été créée en 2012 par trois étudiants de banlieue parisienne poursuivant leurs études à Paris La Défense, temple de l’entreprise moderne. Du décalage entre leur quartier d’origine et les cadres du quartier d’affaires est née l’idée de l’association :

    « En rentrant chez nous le soir, on se rendait bien compte que beaucoup de jeunes autour de nous ne maîtrisaient pas du tout les codes de l’entreprise, et notamment le dress code. Ils avaient donc du mal à franchir certaines étapes vers l’emploi, en particulier l’entretien d’embauche. Nous avons donc eu envie de créer une structure qui fournisse les outils pour réussir cette épreuve », se rappelle Yann Lotodé, cofondateur de La Cravate Solidaire.

    À commencer par les vêtements : s’habiller de façon adaptée au poste visé est un facteur important de réussite, et pourtant, ce n’est pas toujours évident pour des questions de moyens ou parce qu’on ne connaît pas les règles vestimentaires des différents métiers.

    « Les vêtements que nous donnons sont choisis de façon personnalisée. La tenue sera différente selon que le poste envisagé concerne le secteur bancaire, la boulangerie ou le bâtiment ! »

    * Code vestimentaire.

    2 Objectif zéro stress

    Un entretien d’embauche est une épreuve stressante pour tout le monde, et ça l’est encore plus quand on se sent fragilisé(e) ou inexpérimenté(e).

    Yann Lotodé

    Mais l’action de La Cravate Solidaire ne se limite pas au don de vêtements. L’association propose un accompagnement complet aux candidats pour préparer leur entretien. 450 bénévoles recruteurs, issus des entreprises, les conseillent sur les bonnes attitudes à adopter, les pièges à éviter, les questions à poser… L’idée est de former mais aussi de dédramatiser pour faire tomber le stress et (re)donner de la confiance en soi. Il faut éviter à tout prix de perdre ses moyens au moment où on en a le plus besoin !

    « 90% de nos candidats sont au RSA, 60% ont moins de 25 ans, et ils sont parfois très seuls dans leur recherche », explique Yann Lotodé. « Ils ont souvent eu un parcours chaotique et peuvent donc se sentir démunis face aux recruteurs, qui ne sont pas toujours tendres ! Leur donner les armes et les accompagner pour franchir cette ultime étape vers l’emploi est donc ultra-important, car ça peut tout changer. »

    Les séances sont individuelles et se déroulent en trois heures : une heure pour travailler l’image de soi à travers le choix de la tenue, une heure avec un bénévole recruteur pour apprendre les techniques d’entretien, et enfin une heure de revalorisation de soi à travers un atelier photographique. Les candidats repartent avec un portrait d’eux qui les met en valeur et qu’ils pourront utiliser sur leur CV et sur les réseaux sociaux professionnels.

    40 %

    Des candidats issus de l’immigration sont victimes de discrimination en Ile-de-France**.

    3 Agir aussi du côté des entreprises

    La volonté de La Cravate Solidaire est d’agir à tous les niveaux possibles pour faciliter l’accès à l’emploi par le biais de l’entretien d’embauche. Les bénévoles recruteurs sont donc les pivots des activités de l’association.

    « Ce sont des professionnels qui ont une véritable expérience du recrutement. Ils agissent auprès de nos candidats, mais aussi dans les entreprises où ils travaillent : en se positionnant, en “aidant”, ils améliorent leurs techniques de recrutement et contribuent à l’essaimage des bonnes pratiques, notamment en termes de non-discrimination à l’embauche », souligne Yann Lotodé.

    Ce réseau de bénévoles assure également une bonne visibilité de l’association, ce qui facilite grandement la collecte de vêtements.

    « Nous avons en moyenne 2 ou 3 collectes organisées chaque semaine dans des entreprises qui nous appellent parce que notre projet les intéresse. Nous collectons des vêtements propres et repassés, proches du neuf. Et pas seulement des costumes et des tailleurs, mais aussi des chemises, y compris à motifs ou à carreaux, des chinos, des jeans, des blazers… et bien sûr, des chaussures. »

    4 Le bus de la cravate

    Aujourd’hui, l’association est soutenue par la Macif, à travers sa fondation, dans la mise en œuvre de nouvelles initiatives.

    « À partir de juin, nous installerons nos bureaux dans un bus itinérant, qui nous permettra de toucher de nouveaux publics : les personnes les plus fragilisées, notamment dans les quartiers sensibles, ou qui ont des difficultés de mobilité pour des raisons financières ou de handicap. Pour accompagner notre développement à l’échelle nationale, nous cherchons d’ailleurs une entreprise partenaire dans le cadre d’un contrat à impact social, idéalement issue du secteur de la gestion financière, de la mode, de la fiscalité ou du juridique. Appelez-nous ! »

    Bon à savoir : Un « serious game* » pour s’entraîner aux entretiens d’embauche

    Pôle emploi propose aux personnes en recherche d’emploi « Mon entretien d’embauche », un serious game virtuel pour s’exercer à passer des entretiens. Après avoir renseigné son CV, le candidat se retrouve face à un recruteur virtuel qui lui posera les questions habituellement posées pour le type de poste visé. À la fin du jeu, les résultats sont commentés, et on peut recommencer autant de fois qu’on le souhaite.

    * Jeu sérieux.

    La Cravate Solidaire, partenaire de l’association Solidarités Nouvelles face au Chômage a été lauréat P’INS 2016 de la Fondation Macif pour accompagner son développement à d’autres territoires.

    Retrouvez La Cravate Solidaire à Paris, Lille, Caen, Lyon, Rouen, Le Mans, Pau, Dijon, Clermont-Ferrand.
     
    ** Source : INSEE, Discrimination à l’embauche selon l’origine et le genre, 2014.

    L’Essentiel de l’article

    • L’association donne des vêtements aux personnes qui en ont besoin pour un entretien.
    • Les candidats sont conseillés et accompagnés par des bénévoles recruteurs.
    • L’association est présente dans 9 grandes villes en France*.
  • Faire cohabiter les générations ? Ça fonctionne !

    Faire cohabiter les générations ? Ça fonctionne !

    Au Mans, à la Villa Léonard de Vinci, soutenue par la Fondation d’entreprise Macif, le vivre-ensemble n’est pas un vain mot, c’est une réalité qui se vit au quotidien. Retraités, familles monoparentales, jeunes en situation de précarité ou personnes touchées par le handicap, tous les locataires de cette résidence innovante expérimentent une nouvelle forme de cohabitation placée sous le signe de l’entraide et du partage.

    1 Un projet d’habitat social innovant

    Le projet, porté par l’association Habitat et Humanisme avec le soutien de la ville, du département, de la Région, de l’État et de mécènes comme la Fondation Macif est née d’un constat simple : le manque criant de logements sociaux adaptés aux publics fragiles.

    L’idée, comme l’explique Thierry Courdoisy, membre de l’association, était : « de proposer une nouvelle forme d’habitat collectif qui favorise la mixité intergénérationnelle, l’entraide mutuelle. Nous souhaitions aussi offrir un accompagnement social aux habitants les plus vulnérables pour que chacun puisse s’enrichir de l’autre et rompre avec l’isolement. »

    2 Un lieu de vie avant tout

    Pour réussir ce pari, le choix a été de construire un bâtiment de taille humaine. Inaugurée en 2016, la résidence située à 5 minutes du centre du Mans, s’élève sur 3 niveaux et dispose de 23 logements indépendants (dont 2 peuvent accueillir des personnes à mobilité réduite).

    Au rez-de-chaussée, des espaces collectifs (une cuisine, une salle d’activités, un espace jeux, une buanderie, 2 bureaux) ont été aménagés pour favoriser les échanges et des espaces verts accueillent un jardin partagé.

     

    3 Favoriser l’expérience du vivre-ensemble

    Au quotidien, la vie des 34 résidents, qu’ils soient seniors souffrant d’isolement, jeunes en perte de repères ou en recherche d’emploi, mères élevant seules leurs enfants est rythmée par des ateliers réguliers encadrés par une animatrice.

    Ils peuvent ainsi, au gré du calendrier, se retrouver pour cuisiner ensemble, cultiver le potager, partager des jeux de société ou échanger sur leurs lectures. Un soutien dans les démarches administratives est aussi proposé par un résident à titre bénévole ainsi que des sorties à l’extérieur (courses, visites culturelles…) grâce à l’animatrice et l’aide de bénévoles.

     

    La Fondation Macif soutient ce projet !

    Découvrez d’autres projets soutenus par la Fondation Macif ici !

    5 Une alchimie qui fonctionne

    « Tous les résidents n’en disent que du bien », avoue Thierry Courdoisy d’Habitat et Humanisme. Ici en effet, les problèmes de voisinage semblent avoir laissé la place à l’entraide. « De vrais liens se sont créés entre les résidents, quel que soit leur âge. Dès le début, des initiatives se sont mises en place spontanément comme d’aider à l’emménagement, de réaliser des travaux de bricolage, un senior s’est même porté volontaire pour rédiger des courriers… ».

    Grâce à cette dynamique collective, chacun a pu retrouver un sentiment d’utilité, recréer du lien et s’enrichir des différences des autres. Un projet qui a décidément tout bon !

    En savoir plus

    Villa Léonard de Vinci, le Mans (72).
    https://www.habitat-humanisme.org/projets/villa-leonard-de-vinci/

    La Villa Léonard de Vinci en chiffres

    • 2013 : lancement du projet
    • 2016 : année d’inauguration
    • 23 : nombre de logements
    • 34 : nombre de locataires
    • De 7 mois à 70 ans : âges des résidents
    • 20 000 euros : montant de la subvention de la Fondation Macif

    L’Essentiel de l’article

    • Une villa adaptée aux plus fragiles.
    • La volonté de mixer les générations.
    • Des échanges et une convivialité favorisés.
    • Un esprit d’entraide partagé par tous.
  • Les coopératives d’habitants, une nouvelle façon d’habiter

    Les coopératives d’habitants, une nouvelle façon d’habiter

    1 Le grand retour du collectif

    L’habitat coopératif, aussi appelé participatif, est avant tout un projet collectif. Il naît généralement de la volonté de revisiter l’immeuble classique pour y réintroduire de la solidarité et du partage.

    L’habitat participatif se caractérise par l’implication collégiale des futurs habitants dans la conception du bâtiment, des logements et des parties communes, comme les espaces verts, les terrasses, les parkings…

    Ces espaces communs sont un point clé de l’habitat participatif. Ils reflètent la volonté des habitants de partager certaines ressources et certains moments : ce sont souvent des espaces verts, des toits-terrasses, mais il s’agit aussi régulièrement d’une buanderie, d’une salle commune avec ou sans cuisine, d’une chambre d’ami partagée…

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    2 Ensemble contre la spéculation immobilière

    Sur le papier, l’habitat participatif peut prendre des formes bien différentes : on peut y être locataire, devenir propriétaire ou encore opter pour des formes plus originales comme la coopérative d’habitation. C’est le choix fait par Thomas Berthet, fondateur d’Abricoop. Cette coopérative d’habitants à Toulouse est accompagnée par Habicoop, la Fédération française des coopératives d’habitants, elle-même soutenue par la Fondation d’entreprise du groupe Macif.

    « Le principe de la coopérative, c’est qu’aucun d’entre nous n’est propriétaire ni locataire. L’immeuble appartient à la coopérative, qui elle-même est la propriété de ses membres : chacun y possède des parts sociales à hauteur de ses moyens et de ses envies. C’est une organisation non lucrative : elle permet d’éviter certains travers de la propriété classique qui peut générer de la ségrégation. Nous veillons à avoir des logements abordables pour tous, c’est-à-dire de 1000 à 100 000 € d’apport, et pour tous les revenus, de 500 à 4 000 € par mois », précise Thomas Berthet.

    Un souci d’accessibilité qui permet d’assurer une mixité optimale des habitants.

    « Nous tenons à avoir un équilibre entre les profils sociaux de nos 17 logements, entre les âges, les catégories socioprofessionnelles, la taille des foyers. Il y a un vrai mélange de logements sociaux et non sociaux dans notre immeuble, et certains appartements sont réservés de facto aux retraités. »

    3 L’architecte, c’est nous ! (ou presque)

    Tout cela nécessite une gestion administrative et juridique qui peut se révéler complexe. C’est la raison pour laquelle le recours à des organismes d’accompagnement est crucial pour la réussite du projet.

    « Après avoir créé la coopérative en 2008, nous nous sommes lancés dans la recherche d’un terrain à Toulouse. Ensuite, au moment de la rédaction du programme architectural, nous avons été conseillés et accompagnés par Habicoop, la Fédération française des coopératives d’habitants. C’est une étape fondamentale, durant laquelle la coopérative décide des caractéristiques détaillées du futur immeuble. Pour nous, les contraintes principales concernaient la taille des logements, les espaces extérieurs et l’aspect environnemental : une partie des matériaux de l’immeuble sont biosourcés et il est neutre énergétiquement, explique Thomas Berthet. Ensuite, c’est un organisme HLM qui a assuré la maîtrise d’ouvrage pendant les travaux. »

    Les Français ne connaissent pas l’habitat coopératif, alors que ça peut être une alternative intéressante à la propriété classique.

    Thomas Berthet

    4 Les bons comptes font les bons cohabitants

    Une fois les étapes de conception et de construction achevées, la cohabitation peut commencer. Il est alors important de bien cadrer les règles de cohabitation, le niveau d’implication attendu et, bien sûr, l’aspect financier. C’est particulièrement le cas dans le schéma coopératif, car pour être juste, il doit prendre en compte la situation de chacun des coopérateurs et son évolution : chômage, retraite ou, au contraire, hausse des revenus.

    « Pour que tout cela fonctionne, il faut avoir la volonté de s’impliquer dans la coopérative et de donner de son temps, souligne Thomas Berthet. Contrairement à une copropriété classique, nous gardons un droit de regard sur les nouveaux entrants. Malheureusement, cela n’empêche pas toujours les frictions sur la sélection des candidats et aussi sur la répartition des mensualités dans le temps. Mais ça reste somme toute plutôt rare ! Si le modèle coopératif fonctionne bien, c’est aussi parce que les mensualités versées viennent en partie s’ajouter aux parts détenues dans la coopérative et seront récupérables au moment de la sortie. Ce n’est donc pas comme un loyer, que l’on paye à perte. »

    40 %

    du parc immobilier d’Oslo, en Norvège, est construit en habitat participatif.**

    5 Lost in réglementation***

    Si l’habitat participatif est encore balbutiant en France, il est déjà bien en place dans d’autres pays d’Europe et d’Amérique du Nord : 5 % des nouveaux logements en Suisse sont construits en mode participatif, 15 % en Norvège, 5 % au Québec… Pour Thomas Berthet, il existe donc une demande, mais les Français ne connaissent pas bien, voire pas du tout l’habitat participatif.

    « Si l’on veut que le système se développe, il est indispensable de lever certains freins. Pour nous, ça a été le parcours du combattant, et l’on ne peut pas espérer que le modèle se diffuse si l’on ne simplifie pas certaines règles administratives, juridiques et financières. On a donc besoin d’un coup d’accélérateur des pouvoirs publics pour promouvoir l’habitat participatif, explique-t-il. Heureusement, du côté des professionnels, architectes, bailleurs sociaux, collectivités locales, etc., des réseaux de personnes qui maîtrisent le sujet commencent à se former. Nous avons notamment sélectionné l’architecte de notre projet sur ce critère, car nous voulions quelqu’un de réceptif, qui connaisse les spécificités de l’habitat participatif. Et nous n’avons pas été déçus : les échanges ont été riches et tout s’est très bien passé jusqu’au bout ! »

    Un bilan positif qui donne un éclairage sur l’habitat participatif en France.

    L’Essentiel de l’article

    • L’habitat participatif permet d’être propriétaire, locataire ou en coopérative, selon la formule choisie.
    • Les habitants participent à la conception des logements et gèrent ensuite les espaces communs collectivement.
    • Si l’habitat participatif démarre en France, il est très développé en Suisse et en Norvège.

    * Options accessibles en formule Protectrice et accordées dans les conditions et limites fixées au contrat.

    ** Source : ministère de la Cohésion des territoires, juin 2015.

    *** « Perdu dans la réglementation »

  • 1 million de Français placent leur confiance dans l’épargne solidaire

    1 million de Français placent leur confiance dans l’épargne solidaire

    Vous souhaitez épargner en privilégiant des entreprises éthiques ?

    Grâce à l’épargne solidaire, vous avez l’assurance que votre épargne est (ré)investie dans des activités à utilité sociale ou environnementale relevant de l’économie sociale et solidaire (ESS).

    Plébiscitée par les Français à hauteur de 1,3 milliard d’euros en 2016, l’épargne solidaire concerne des placements dans des entreprises publiques ou privées ou des fonds monétaires répondant toutes aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) d’investissement socialement responsable (ISR). En 2016, le stock total d’investissements dans ces produits d’épargne solidaire est ainsi porté à près de 9,8 milliards d’euros. Cela a notamment permis de créer ou consolider 49 000 emplois, de reloger 5 500 personnes ou encore de soutenir plus de 100 acteurs du développement économique dans les pays en développement.

    Les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) en détail :

    • Le critère environnemental

      Il veille à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, à la gestion des déchets, ainsi qu’à la prévention des risques environnementaux.

    • Le critère social

      Il prend en compte le respect du droit des employés, la formation du personnel, la prévention des accidents et le dialogue social. Il s’assure également que la chaîne de sous-traitance respecte les mêmes standards.

    • Le critère de gouvernance

      Il vérifie l’indépendance du conseil d’administration, la structure de gestion et la présence d’un comité de vérification des comptes.

    Bon à savoir

    L’économie sociale et solidaire (ESS) est composée d’entreprises, d’associations, de coopératives, de fondations ou encore de mutuelles qui concilient activité économique et équité sociale.

    Vous voulez donner du sens à votre épargne ?

    Avec le Livret Solidaire Macif, vous vous engagez à reverser tout ou partie des intérêts de votre épargne à une association.*

    Source : baromètre Finansol-La Croix, mai 2017.

    * Ouverture et fonctionnement soumis à conditions.

  • Contre les logements mal chauffés : l’énergie solidaire !

    Contre les logements mal chauffés : l’énergie solidaire !

    1 La précarité énergétique n’est pas une fatalité

    La précarité énergétique concerne près d’un foyer français sur cinq, soit près de 12 millions de personnes, selon l’Observatoire national de la précarité énergétique. Il s’agit de cas où, par manque de ressources, à cause d’un logement « passoire » ou d’équipements anciens, les ménages concernés ne peuvent assurer leurs besoins excessifs en électricité. Au-delà de l’inconfort subi (logement humide et mal chauffé), et des difficultés financières qu’il peut engendrer, l’état de précarité énergétique pèse aussi sur l’environnement.

    150 euros

    C’est le montant moyen du chèque énergie attribué aux ménages les plus modestes pour régler leur facture d’énergie.* Cette aide de l’État, en vigueur depuis 2018, remplace les anciens tarifs sociaux de l’énergie et devrait concerner près de 4 millions de foyers.*

    2 Une bonne énergie pour tous

    C’est pour tenter de remédier à ce problème que Les Amis d’Enercoop, une association soutenue par la Fondation d’entreprise du groupe Macif, s’engage depuis 2008 dans la transition énergétique et a lancé le programme Énergie Solidaire.

    « Notre ambition est de rendre la transition énergétique accessible à tous. Il n’est pas normal que les plus fragiles soient tenus à l’écart de ce passage d’une énergie chère et polluante vers une énergie maîtrisée et respectueuse de la planète », explique Kevin Chaplais, directeur de l’association.

    3 Le micro-don pour favoriser l’action

    Grâce au micro-don sur la consommation des ménages, une initiative singulière mise en place par Enercoop, de nouveaux liens de solidarité se créent entre consommateurs d’énergie. Elle permet notamment aux clients d’Enercoop, fournisseur à 100 % en énergie renouvelable, coopérative et locale, de donner 1 centime d’euro par kilowatt-heure consommé au bénéfice du fonds de dotation Énergie Solidaire.

    Pour donner un exemple, un ménage consommant 3 000 kWh par an fera don de 30 euros. Ce projet de collecte citoyenne propose également le don d’énergie ou la possibilité pour les producteurs autonomes, professionnels et particuliers, de reverser une partie de l’énergie produite au profit d’Énergie Solidaire.

    Le saviez-vous ?

    La Fondation d’entreprise du Groupe Macif soutient Enercoop pour une énergie citoyenne et renouvelable !

    2 Agir sur le terrain

    Grâce au fonds de dotation Énergie Solidaire, Les Amis d’Enercoop soutiennent les initiatives locales et préventives les mieux à même d’agir efficacement contre la précarité énergétique. En fonction des situations, cette aide visera entre autres à apporter un accompagnement social et technique aux personnes concernées en vue de la rénovation thermique de leur logement, à leur fournir un électroménager plus performant ou à les former aux principes d’une consommation énergétique plus raisonnée. Un vrai défi !

    En savoir plus : Fondation Macif

    L’Essentiel de l’article

    • La précarité énergétique ne cesse de croître.
    • Les logements « passoires » : un mal à combattre.
    • Créer des liens solidaires entre consommateurs d’énergie.
    • Le micro-don sur facture : une collecte citoyenne et solidaire.
    • Rendre la transition énergétique accessible à tous.

    Observatoire national de la précarité énergétique, 2016.
     
    Le Chèque énergie, Ministère de la Transition écologique et solidaire.
  • Héberger un réfugié : s’engager avec le programme ELAN

    Héberger un réfugié : s’engager avec le programme ELAN

    1 Comment est né le projet ELAN ?

    Nadège Letellier. ELAN est né de l’engagement citoyen qui a vu le jour en 2015, avec les premiers grands campements parisiens de la porte de la Chapelle.

    Pour endiguer ces campements, qui rassemblaient plus de 2 000 personnes, la police a mené plusieurs opérations d’évacuation. Mais en orientant les personnes évacuées vers les centres d’hébergement ou les hôtels, on s’est rendu compte que, parmi elles, il y en avait beaucoup qui avaient déjà obtenu le statut de réfugié*. Donc des personnes en situation légale, mais qui, faute d’hébergement pérenne, se retrouvaient à la case départ.

    2 Héberger un réfugié : comment fonctionne le programme ?

    N. L. ELAN aide les personnes ayant le statut de réfugié. Nous nous chargeons de leur trouver une famille prête à les accueillir sur un temps long (huit mois et demi en moyenne), le temps qu’ils trouvent un emploi et leur propre logement.

    Pour que cela fonctionne, il faut donc bien s’assurer en amont de la compatibilité entre l’accueillant et la personne hébergée, et assurer le suivi. Les critères sont à la fois objectifs et subjectifs, comme les motivations, les attentes de part et d’autre, la volonté de partage ou la préférence pour l’autonomie, etc.

    C’est un projet sur le long terme avec des personnes qui ont traversé des épreuves difficiles et peuvent souffrir de traumas rendant l’intégration plus longue et délicate. C’est pour cela que nous accompagnons aussi bien la personne réfugiée que la famille d’accueil tout au long du process : l’encadrement est nécessaire pour que ça marche.

    3 Peut-on héberger plusieurs personnes ?

    N. L. : Oui, vous pouvez accueillir jusqu’à deux personnes, s’il s’agit d’un couple. En revanche, vous ne pourrez pas accueillir toute une famille, ni même des enfants.

    Participez vous aussi à une initiative solidaire !

    Rendez-vous sur Diffuz et retrouvez les défis solidaires du Samusocial de Paris.

    4 Qui peut héberger un réfugié chez soi ?

    N. L. : Toute personne vivant en Île-de-France, à proximité d’une gare ou d’une station de métro et disposant d’une chambre libre ! Que l’on ait beaucoup de temps ou très peu, du moment que l’on a la volonté de partager, on peut rejoindre le programme ELAN. Les équipes du Samusocial de Paris se chargeront de trouver la personne avec qui vous pourrez envisager une cohabitation sereine et fructueuse.

    Et c’est surtout très utile, parce que ce programme est un formidable booster d’intégration ! À la fin du mois de décembre 2016, 34 personnes ont pu en bénéficier, qui parfois ne parlaient pas un mot de français et qui ont pu décrocher un travail et un logement. Le travail de suivi des équipes d’ELAN est capital, mais le fait d’être inclus dans une cellule familiale est un facteur de réussite décisif.

    43 000 personnes

    ont été placées sous la protection de l’OFPRA (1) aux titres du statut de réfugié et de la protection subsidiaire, en France en 2017 (2).

    5 Reçoit-on une aide financière pour l’aide apportée ?

    N. L. : Nous proposons en effet aux familles qui le souhaitent une participation aux frais engagés pour accueillir une personne réfugiée. Il s’agit d’un forfait à la journée : 2 € pour l’eau et l’électricité et 5 € pour l’alimentation. À ce jour, près de la moitié des accueillants n’ont pas souhaité bénéficier de cette rétribution.

    Nous avons choisi de mettre en place cette rétribution, car de nombreuses personnes réfugiées – notamment les jeunes de moins de 25 ans sans emploi – se retrouvent, dès l’obtention de leur statut, sans aucun revenu de transfert. Il aurait donc été fort préjudiciable de mettre les accueillants en position de devoir leur offrir le gîte et le couvert sans les aider à supporter les frais engagés pour accueillir ces publics plus vulnérables, d’autant plus que certains accueillants disposant d’une chambre libre n’ont pas forcément les ressources financières pour assumer cette charge supplémentaire.

    Par ailleurs, cette rétribution prend également une valeur hautement symbolique, puisqu’elle vise à réduire la dette ressentie par la personne réfugiée envers son accueillant, ce qui lui permet ainsi de ne pas se sentir assujetti dans une relation inégalitaire de don. Elle permet également aux accueillants de se détacher d’une position de « charité » avec laquelle certains ne sont pas forcément très à l’aise.

    À l’inverse, les personnes réfugiées s’acquittent, selon leur niveau de ressources, d’une participation qu’ils versent chaque mois à leur référent social. Cette participation vise également à réduire un possible sentiment de dette et les prépare à s’acquitter des charges locatives qu’ils devront régler une fois qu’ils seront autonomes.

    À savoir

    Le statut de réfugié n’ouvre aucun droit prioritaire pour l’accès au logement ou à l’emploi : une fois son statut obtenu, la personne dispose de trois mois pour quitter le centre d’accueil pour demandeur d’asile dans lequel elle a été accueillie pendant sa procédure de reconnaissance. Pour ces personnes fragilisées, c’est un délai souvent trop court pour trouver du travail et un logement dans un pays et une culture mal connus.

    L’Essentiel de l’article

    • Le programme ELAN est organisé par le Samusocial de Paris.
    • Il met en relation des réfugiés avec des particuliers souhaitant les héberger pour plusieurs mois.
    • Seules les personnes ayant obtenu le statut de réfugié* peuvent bénéficier du programme ELAN.
    • La famille d’accueil et la personne hébergée sont accompagnées du début à la fin.
    • Toute personne vivant en Île-de-France et disposant d’une chambre libre peut postuler.

    * « Le terme de réfugié s’applique à toute personne craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ; ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels événements, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner. ». Article 1er A2 de la Convention de Genève du 28 juillet 1951.

     

    (1) Office français de protection des réfugiés et apatrides.
    (2) OFPRA, 2018.
  • « Malgré mon handicap, je peux enfin m’habiller comme tout le monde. »

    « Malgré mon handicap, je peux enfin m’habiller comme tout le monde. »

    « J’ai toujours été d’une nature coquette ! », avoue d’emblée Nathalie, la petite cinquantaine enjouée.

    Pourtant, si elle parle aujourd’hui avec un certain plaisir retrouvé des trois derniers manteaux achetés cet hiver, tel ne fut pas toujours le cas. Victime d’un accident du travail, cette ancienne aide-soignante a perdu l’usage complet de son bras il y a quelques années. Un bouleversement total qui, en plus de lui avoir fait perdre son travail, a complètement changé sa façon d’être et d’apparaître.

    « Je ne me reconnaissais plus. J’ai passé trois ans en jogging, moi qui aimais tant m’habiller… J’ai très vite renoncé aux vêtements pour personnes en situation de handicap que je ne trouvais vraiment pas très beaux et souvent très chers », se souvient Nathalie, un peu triste.

    1 La mode : un accessoire essentiel !

    C’est une heureuse rencontre avec l’équipe de Cover Dressing, une association qui promeut une mode accessible à tous et qui est soutenue par la Fondation d’entreprise du groupe Macif, qui va tout changer en lui permettant de retrouver goût au shopping et au plaisir de porter ses vêtements préférés.

    Muriel Robine, la fondatrice de Cover Dressing, explique :

    « Retrouver une bonne image de soi à travers la mode que l’on s’est choisie et non celle revêtue faute de mieux est essentiel pour les personnes en situation de handicap. Nous avons donc développé un outil de référence qui permet à chacun de retrouver dans les boutiques de prêt-à-porter les pièces qui sont adaptées à tous les types de handicap. »

    « Malgré mon handicap, je peux enfin m’habiller comme tout le monde. »

     

    80 %

    des handicaps sont invisibles… alors que le fauteuil roulant reste dans l’imaginaire collectif le symbole du handicap.

    2 Du « bien-à-porter » plutôt que du « prêt-à-porter »

    Labellisé « Bien-à-porter », ce vestiaire adapté est disponible dans les rayons des boutiques de prêt-à-porter. Il a l’avantage de présenter des caractéristiques pratiques et ergonomiques (élasticité du tissu, largeur d’emmanchure, facilité de boutonnage, confort des coutures), dont les fabricants eux-mêmes ne soupçonnaient pas l’intérêt.

    Pour répondre au mieux à toutes les situations particulières et aux limitations qu’elles induisent en termes d’habillage, quatre profils ont été examinés sous toutes les coutures. Ainsi, selon que vous vous habillez d’une seule main (comme dans le cas de Nathalie), assis (pour les personnes en fauteuil), à deux (quand l’autonomie est limitée) ou en douceur (pour les personnes fragiles ou sujettes aux douleurs), vous pourrez découvrir en un clic les vêtements labellisés « Bien-à-porter », en vente dans les boutiques de Monsieur et Madame Toutlemonde. L’ensemble des pièces proposées ayant été auparavant testées et approuvées par les équipes de Cover Dressing (ergothérapeutes, stylistes, bénévoles, etc.).

    3 Une petite robe ? Un manteau ? Banco !

    Aujourd’hui, Nathalie a retrouvé goût au shopping et s’habille de nouveau « comme tout le monde ! » Elle poursuit :

    « Grâce aux conseils de Cover Dressing, je sors davantage, je retourne à nouveau dans les boutiques seule, et je sais désormais ce qui peut me convenir comme une petite robe en laine et élasthanne qui s’enfile facilement ou le blouson à bouton unique qui se ferme d’une main. Il m’arrive même de repérer moi-même des pièces adaptées ; j’en fais alors profiter la communauté de Cover Dressing et il rejoint les autres pièces labellisées. »

    Du côté de l’association, Muriel Robine continue de faire valoir ses belles valeurs inclusives, en espérant convaincre les industriels qu’un marquage spécifique sur les étiquettes faciliterait grandement la vie des personnes concernées par le handicap, tout aussi accros à la mode que les autres !

    Vous êtes en situation de handicap ?

    Bénéficiez d’une assurance spécifique et facilement accessible avec Macif Egalis.

    En savoir plus : www.coverdressing.com

    L’Essentiel de l’article

    • La mode : un essentiel pour la vie sociale.
    • Des vêtements spécialisés souvent trop chers.
    • « Bien-à-porter », un label pour une mode accessible.
    • Trouver des vêtements adaptés en fonction de son handicap.
    • Un repérage facilité dans les grandes enseignes.

    Source : OCIRP, 2016.

  • Vêtements et boutiques solidaires, vive la puériculture d’occasion !

    Vêtements et boutiques solidaires, vive la puériculture d’occasion !

    1 Vintage de mère en fille

    La volonté de ne pas consommer inutilement, de recycler et de rester à l’affût des bons plans, c’est un art de vivre qu’Emmanuelle, parisienne de 38 ans, cultive depuis bien avant la naissance de sa fille.

    « D’une manière générale, on aime bien recycler à la maison. Y compris nos meubles, qui sont beaucoup de la récupération et que nous customisons, explique-t-elle. On fait beaucoup de brocantes, de vide-greniers… On a donc cette logique globale de ne pas gaspiller. Par conviction, bien sûr, mais aussi tout simplement par goût : on aime bien le vintage ! »

    Du coup, pour son premier bébé, cette logique s’est imposée naturellement :

    « J’achète beaucoup sur les sites d’occasion entre particuliers, et je fais aussi bon nombre de récupérations auprès des amis et de la famille, notamment de ma grande sœur, qui a deux filles un peu plus âgées. Et, bien sûr, des brocantes, détaille Emmanuelle. Pour les vêtements, évidemment, il m’arrive de craquer pour un petit pull neuf en boutique, mais la plupart sont d’occasion ou de récupération. Et nous fabriquons aussi pas mal d’objets maison, comme des jouets, des balles, des habits aussi, car je fais de la couture. »

    2 Deuxième main, mais première qualité

    Pourtant, pas facile a priori de résister aux injonctions consuméristes dont sont bombardés les jeunes parents. Publicité, réseaux sociaux et même l’entourage familial sont souvent sources d’une certaine pression pour acheter toujours plus. Pour Emmanuelle, c’est l’expérience qui a fait la différence :

    « C’est mon premier enfant, mais je n’ai pas ressenti la pression à laquelle les jeunes parents sont souvent soumis. À 38 ans, j’ai vu de nombreuses personnes passer par là avant moi, et c’est vrai que les parents dépensent souvent des sommes folles pour des équipements qui peuvent très bien se trouver d’occasion à petit prix, voire gratuitement ! »

    De fait, un rapide coup d’œil sur les – nombreux – sites de petites annonces entre particuliers montre que l’offre est large ! Jouets, vêtements, accessoires, chaise haute, poussette, etc.

    « Pour moi, aucun souci à acheter tous ces équipements d’occasion, notamment sur Internet ou en vide-greniers, poursuit Emmanuelle. Je n’ai jamais eu de mauvaises surprises, car je privilégie la remise en main propre : je vois l’article et je peux l’essayer avant de l’acheter. Comme ça, pas de souci ! Pour la poussette, j’ai pu trouver le modèle qui répondait exactement à mes besoins, comme si je l’avais choisi en boutique. »

    2 000 €

    C’est le coût annuel estimatif de l’équipement et de l’alimentation d’un enfant entre 0 et 2 ans.*

    3 Le siège auto et les tÉtines, c’est non

    Bien que fervente pratiquante de la récup’, Emmanuelle évite d’acheter certains équipements d’occasion, notamment tout ce qui a trait à la sécurité ou risque de poser des problèmes d’hygiène.

    « Il y a des choses pour lesquelles il est hors de question d’acheter d’occasion, comme les sièges auto, par exemple. C’est l’un des rares accessoires que j’ai achetés neufs, avec les tétines et les biberons, pour des questions d’hygiène. Comme nous utilisons peu la voiture, nous avons acheté un modèle relativement basique, adapté à nos besoins. »

    Un réflexe de sobriété qu’elle applique d’ailleurs chaque fois qu’elle achète un accessoire : comparer les modèles pour trouver celui qui répond à ses besoins réels, sans chercher systématiquement à prendre le « top du top » ou le plus cher, juste pour se rassurer.

     

    4 Récupérer, redonner, louer

    Qui dit recyclage et récupération dit bien évidemment prendre, mais aussi donner.

    « Pour le moment, je ne vends pas : je donne ou je troque. Le troc entre potes et en famille marche à fond : comme on a des enfants d’âges différents, les équipements et les vêtements passent de l’un à l’autre. Je récupère, je redonne, il faut que ça tourne ! », s’amuse Emmanuelle.

    Mais c’est aussi une façon de se rendre utile et de jouer la solidarité.

    « Donner, c’est aussi se débarrasser de ce qu’on a en trop, pour en faire profiter d’autres. Entre les cadeaux de naissance, Noël, les anniversaires, etc., on a souvent trop de choses ! Donc je donne à la crèche, par exemple, qui récupère les jouets pour les redistribuer à des associations. »

    Sa prochaine conquête pour consommer malin ? La location de matériel de puériculture entre particuliers. Une formule qui connaît un franc succès auprès des jeunes parents soucieux de faire des économies et de ne pas s’encombrer d’objets dont ils auront peu l’usage.

    « Je n’ai pas encore eu l’occasion de tester, mais j’ai une amie qui vient d’avoir des jumeaux, et elle a loué comme ça une poussette. J’aurai sûrement l’occasion de le faire aussi dans les semaines ou les mois qui viennent, en fonction de nos nouveaux besoins. », conclut-elle.

    Mini-quiz : Un youpala, c’est…

    a) Comme une turbulette, mais avec une capuche.
    b) Comme une grenouillère, mais sans les bras.
    c) Comme une draisienne, mais avec quatre roulettes.
    d) Comme une nacelle, mais musicale.

    Vous êtes sociétaire Macif ?

    Bénéficiez du chéquier « avantages naissance » et des bons plans qu’il propose pour les familles qui s’agrandissent !

    Mini-quiz – réponse : c)

    L’Essentiel de l’article

    • Pour trouver l’essentiel pour bébé, pensez d’abord aux échanges ou dons en famille et entre amis.
    • De belles surprises en boutiques solidaires ou associatives.
    • Aux beaux jours, brocantes et vide-greniers.
    • Pour les habitués du web, il existe des sites de petites annonces entre particuliers.
    • Quand votre enfant a grandi, pensez, vous aussi, à donner aux associations, crèches, écoles.

    Source : Haut Conseil de la Famille, 2015.