Inspiré du supermarché coopératif parisien La Louve, soutenue par la Fondation d’entreprise du groupe Macif, le Super Cafoutch marseillais revendique haut et fort son ambition : permettre à ses adhérents de manger mieux pour moins cher. Une ambition qui mobilise chacun des coopérateurs, qui s’engagent à donner trois heures de leur temps chaque mois.
Pour Charlotte Juin, coopératrice, le Cafoutch n’a rien à voir avec un supermarché classique : « C’est beaucoup plus convivial et les gens adorent ! Ici, toutes les personnes qui travaillent à la caisse, à la mise en rayon ou à l’accueil sont des coopérateurs, donc bénévoles. Chacun donne trois heures de service par mois à la coopérative pour assurer les tâches de son choix nécessaires au fonctionnement du magasin, et ça, ça change tout ! »
Mais les adhérents ne recherchent pas seulement une atmosphère chaleureuse. Ils sont aussi les premiers acteurs et bénéficiaires d’une offre principalement bio, abordable et locale puisque les produits sont sourcés auprès de producteurs et entreprises de la région PACA ou d’Occitanie.
« Quand le bio ou le local sont chers, on propose toujours une alternative conventionnelle (donc non bio, ndlr) pour que tout le monde puisse s’y retrouver. Le critère prix entre vraiment en ligne de compte chez nous, insiste Charlotte. On essaye aussi de s’adapter aux habitudes alimentaires des habitants du quartier. L’idée, c’est avant tout de rester un commerce de proximité. »
« Cafoutch » est un mot marseillais qui désigne une sorte de débarras.
J’adore aller au Cafoutch : les produits sont de bonne qualité et les gens sympathiques : il y a toujours une bonne ambiance ! Vivement l’étape suivante !
Laure, coopératrice et cliente
2 Mini Cafoutch deviendra grand
Encore au stade de l’épicerie pilote (« Mini Cafoutch » pour les intimes), les coopérateurs souhaitent passer à la vitesse supérieure, sans dénaturer l’ADN du projet.
« Chez nous, la gouvernance est partagée et toutes les idées et initiatives émanent du terrain. Les décisions sont votées en assemblée générale », poursuit Charlotte Juin.
Outre le travail à l’épicerie, chacun peut amener ses compétences pour que le Super Cafoutch voie le jour au plus vite.
« Nous sommes aujourd’hui en recherche active d’un local pour ouvrir le supermarché. Bien sûr, il y aura des travaux à faire pour l’aménager. On va s’appuyer sur l’expertise et les conseils de deux de nos coopérateurs bénévoles qui sont architectes. Pour eux, ça fait partie de leur engagement ! De mon côté, je m’occupe de la communication : on fonctionne au bouche-à-oreille, mais on communique aussi beaucoup au niveau local via des réunions d’information, la presse locale et les réseaux sociaux. »
Comme partout ailleurs en France, Marseille se met à l’heure de la consommation coopérative, pour le plus grand bonheur des participants !
« J’ai commencé à donner mon sang en 2009, encouragée par des collègues. Le lieu de collecte le plus proche était l’hôpital pédiatrique Robert-Debré. Quand j’ai vu tous ces enfants malades, j’ai pris conscience de l’importance de mon don. Avant ça, j’y pensais souvent, mais sans passer à l’acte… Ensuite, plusieurs personnes de mon entourage ont dû subir des opérations lourdes, et c’est ce qui a ancré l’habitude de donner. Au moins une fois par an, souvent deux. Quand je reviens d’une séance avec un pansement sur le bras, ça suscite la curiosité ! Alors j’en profite pour rappeler l’utilité, la facilité et la simplicité du don. Mais il y a quand même quelques conditions, et ça reste une décision personnelle. »
10 000
dons de sang sont nécessaires, chaque jour, pour soigner les malades en France. (2) Il est donc important que les dons se fassent tout au long de l’année.
Bon à savoir
Chaque année, 1 million de personnes reçoivent du sang. (2) Près de la moitié des personnes transfusées sont soignées pour des maladies du sang et des cancers. Les opérations chirurgicales représentent environ un tiers des besoins en sang. Pour trouver des points de collecte ou tous types d’informations, rendez-vous sur Établissement français du sang.
2 Nathalie, donneuse de sang de cordon ombilical
« Je n’avais jamais entendu parler du don de sang de cordon ombilical avant de tomber sur une affiche à la maternité de l’hôpital Pellegrin, à Bordeaux. Je me suis renseignée auprès de la sage-femme, et c’est la rareté de ce don qui m’a poussée à le faire. Depuis j’en parle autour de moi et sur mon blog. Pour la donneuse, c’est très simple : il faut juste remplir une fiche d’information et de consentement en amont de la naissance. À la fin de l’accouchement, tout se passe très vite. La personne en charge du prélèvement coupe le cordon, le clampe pour garder le sang, et repart avec. Je n’ai rien vu ni rien senti ! Avant ma sortie de la maternité, une sage-femme est venue me voir pour me dire que le don était très bon. Ça m’a fait super plaisir ! J’adore cette idée que ma fille ait pu sauver des vies dès sa naissance. »
Le sang de cordon ombilical contient des cellules-souches hématopoïétiques capables de « créer un nouveau sang ». Le don sang de cordon permet de soigner des maladies très graves comme les leucémies ou les lymphomes (cancers du sang). Plus d’infos sur Dondesangdecordon.fr.
3 Maria, greffée du rein
« J’ai été greffée du rein en 1990 et en 2011. Quand j’ai commencé les dialyses à 16 ans, on m’a dit que je n’allais pas attendre longtemps parce que les patients jeunes sont prioritaires… J’ai attendu quatorze ans. C’était en 1976. À l’époque, il y avait beaucoup moins de donneurs potentiels du fait des problèmes de compatibilité et à cause du manque d’information. Aujourd’hui, les médicaments antirejets facilitent les greffes parce qu’il n’y a plus besoin de trouver un donneur strictement compatible. Et le don d’organe sauve des vies, il faut le rappeler ! Grâce à mes donneurs, j’ai pu vivre une vie normale et j’ai aujourd’hui une fille de 23 ans en parfaite santé, c’est le bonheur. »
Bon à savoir
En France, tout le monde est considéré comme donneur d’organes présumé au moment du décès, sauf si on a exprimé son opposition de son vivant. Pourtant, 30 % des familles s’opposent au prélèvement car elles ne sont pas informées de ce dispositif légal, ni de la préférence de la personne décédée sur le sujet. (1) Mieux vaut donc parler à ses proches de son choix de donner ou de pas donner pour faciliter la décision finale. Informations sur Dondorganes.fr.
4 Delphine, engagée pour le don de moelle osseuse
« Je suis socio-esthéticienne : à l’hôpital, je propose des soins à des personnes atteintes de cancers du sang, candidates à une greffe de moelle osseuse. Je suis aussi présidente d’une association de soutien aux patients greffés de la moelle osseuse. Nous militons pour qu’un maximum de personnes s’inscrivent sur le fichier des donneurs. Pour qu’un malade puisse recevoir une greffe, la moelle osseuse doit être totalement compatible. Or il n’y a qu’une chance sur 1 million ! Il faut donc qu’il y ait un maximum de personnes inscrites. La procédure se passe en deux temps : un questionnaire à remplir en ligne sur dondemoelleosseuse.fr et un rendez-vous avec un médecin de l’Établissement français du sang si les critères sont OK. Il effectue une prise de sang pour déterminer votre profil immunitaire (HLA) et vous inscrire dans la base de données. Un kit salivaire est d’ailleurs en train d’être déployé pour simplifier cette procédure. Si un jour un malade correspond à votre profil HLA, vous serez appelé(e) pour donner votre moelle osseuse, soit par prise de sang, soit par prélèvement direct dans l’os iliaque sous anesthésie générale. On a besoin de tous les profils de donneurs, mais surtout des hommes : les cellules de leur moelle osseuse sont mieux tolérées par les patients. Pourtant, ils ne représentent qu’un gros tiers des donneurs potentiels. »
1 chance sur 1 million
C’est la probabilité que deux personnes soient compatibles pour le don de moelle osseuse. (3)
Bon à savoir
Le don de moelle osseuse peut traiter certains cancers du sang comme les lymphomes et les leucémies. Pour donner, il faut avoir entre 18 et 51 ans, et la plupart du temps ce n’est pas douloureux : dans les trois quarts des cas, le don s’effectue par prélèvement sanguin. (3) Informations et questionnaire de pré-inscription sur Dondemoelleosseuse.fr.
L’Essentiel de l’article
Donner son sang ne prend qu’une heure.
Le don de moelle osseuse et le don de sang de cordon ombilical sont les seuls moyens de guérir certaines maladies comme les leucémies ou les lymphomes.
En France, on est donneur d’organes par défaut.
Il est important de parler à ses proches de son choix en matière de don d’organes.
À l’approche de l’été, Cécile, la quarantaine, a souhaité partager une expérience de voyage différente avec ses trois enfants, Thibault, 14 ans, Amaury, 12 ans et Maxime, 11 ans. Toute la famille est partie au Sri Lanka pendant deux semaines pour restaurer le mobilier d’une école et arpenter le pays avec un guide. Elle explique son choix et raconte ce séjour peu ordinaire.
1 Que recherchiez-vous avec ce voyage solidaire ?
« L’an dernier, j’ai eu envie de proposer un autre style de vacances à mes enfants. Je voulais les emmener en voyage, mais étant seule avec eux, je ne voulais pas partir, sac à dos, à l’aventure. Je tenais à ce que l’on soit encadrés, mais je souhaitais qu’ils puissent être en contact avec les habitants du pays en question. Quand on part en voyage touristique, on passe d’hôtel en hôtel et on est finalement peu confrontés à la réalité quotidienne des gens. Ce voyage, c’était une façon de leur ouvrir les yeux sur le monde et de leur montrer à quel point ils vivaient dans un milieu privilégié. »
2 Comment avez-vous choisi votre organisme ?
« Quand je me suis mise en quête d’une destination et d’un voyage solidaire, je n’ai pas trouvé grand-chose sur Internet. Le déroulé du voyage et les missions proposées aux familles n’étaient pas toujours très clairs. Car il faut savoir que dans le cadre de ces séjours, un pourcentage du prix du voyage, variable selon chaque association, sert à soutenir des projets de développement prioritaires dans le pays visité. Nous sommes partis avec une agence en ligne qui m’a séduite par la clarté de son discours. On sait précisément comment notre argent est utilisé et à quoi il contribue. J’aimais aussi l’idée que nos kilomètres en avion soient compensés en empreinte carbone (l’agence retient 25 euros sur chaque voyage pour financer des cuiseurs à bois économes en contrepartie des émissions de gaz à effet de serre produites). »
Bon à savoir
Alerte arnaque : comment s’assurer que l’on passe par une ONG bien répertoriée ?
L’ATR, l’association Agir pour un tourisme responsable recense et contrôle les organisateurs de voyages reconnus chaque année. Ces agences ont pris des engagements en faveur du tourisme solidaire et ont été sélectionnées pour leurs implications auprès des régions d’accueil. N’hésitez pas à poser des questions à l’agence en question si vous avez besoin d’explications supplémentaires ou à questionner d’anciens voyageurs sur les forums consacrés aux séjours alternatifs.
3 Aviez-vous des craintes avant de partir en vacances solidaires ?
« Pas moi, mais certains de mes enfants, oui ! Il a fallu que je leur explique le projet. Je leur ai montré la vidéo d’un voyage solidaire au Cambodge. Mon fils de 11 ans était emballé à l’idée de partir aider une population locale, celui de 12 ans semblait un peu plus sur la réserve et mon aîné n’avait pas du tout envie de partir. Il craignait l’absence d’électricité et… de téléphone ! Se couper du monde et de ses copains, via les réseaux sociaux, ce n’était pas évident pour lui. »
Avant de sauter dans l’avion, même si vous passez par une agence, procurez-vous un ou des guides de voyage. Cela vous donnera des informations supplémentaires sur le pays, ses habitants, les coutumes locales.
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On a toujours tendance à partir avec des valises trop chargées. Renseignez-vous avant le départ sur le nécessaire à emporter et forcez-vous à vous limiter. En voyageant léger, on gagne en confort et les déplacements entre chaque étape sont plus faciles.
3
Rendez-vous sur le portail France Diplomatie, mis en place par le gouvernement pour connaître la situation diplomatique du pays avant de vous engager sur une destination.
4 Quelle mission solidaire avez-vous réalisée ?
« Notre mission a duré cinq jours. Nous sommes partis au nord du Sri Lanka. Notre objectif était de restaurer le mobilier très vétuste d’une école dans un village. Avec une autre famille, nous y avons séjourné et nous passions entre quatre et cinq heures par jour dans l’établissement pour effectuer les travaux. Des menuisiers locaux coupaient des planches de bois et s’occupaient de redresser la structure en métal des chaises et tables à rénover, de remplacer les planches en bois si nécessaire. Nous étions ensuite chargés de les peindre. Pendant notre temps libre, le guide nous emmenait visiter les environs et vivre des expériences avec les locaux. »
5 Quelle expérience vous a le plus marquée ?
« Nous avons été accueillis comme des rois dans cette école. Je garde un souvenir ému de l’accueil que nous ont réservé le directeur et les enfants. À notre arrivée, ils avaient organisé une cérémonie. Les élèves étaient tous habillés en blanc. Ils avaient préparé des colliers de fleurs fraîches et ont constitué une haie d’honneur pour nous souhaiter la bienvenue. C’était magnifique. Le directeur était très heureux que nous venions les aider, plutôt que d’aller séjourner sur une plage de rêve. Il l’avait expliqué aux enfants qui semblaient aussi reconnaissants que lui… »
6 Comment vos enfants ont-ils vécu la mission ?
« Au départ, mon aîné s’est montré assez fermé. Il refusait de jouer ou de parler aux enfants du village qui avaient le même âge que lui. Mais au fil du temps, il s’est détendu. On garde tous un très bon souvenir de ce voyage. Cette expérience les a beaucoup touchés et on évoque souvent des souvenirs de ce voyage. »
7 Quelle a été la suite de ce voyage solidaire ?
« Nous avons parcouru le nord du pays avec notre guide. Une autre famille faisait partie du voyage. Leurs enfants, en revanche, avaient plutôt une vingtaine d’années. Le programme était varié et riche : visite de mangroves, de temples, safari d’une journée, plage… C’était magique. »
8 Quels ont été les bénéfices de ce voyage solidaire ?
« Ce voyage a profondément marqué les enfants. Ils ont pu se rendre compte de leur confort. Je me souviens notamment d’un de mes fils qui avait relevé que le salaire mensuel d’un habitant de la capitale représentait le prix des baskets qu’il avait aux pieds… Mes enfants sont ressortis de cette expérience grandis, plus débrouillards et plus humbles. »
9 Êtes-vous prêts à repartir ?
« Pas cet été ! Mais l’année prochaine très certainement ! Je ne veux pas imposer à mes enfants un voyage utile chaque année. Ça reste des vacances enrichissantes mais assez fatigantes. Dès notre arrivée, malgré le décalage horaire, la mission démarrait… Et c’est aussi un séjour qui remue émotionnellement. On va attendre d’intégrer tout ça avant de repartir… »
1 Rien de neuf pendant 1 an, d’où vous est venue l’idée ?
Ludivine. « On a entendu parler à la radio de ce défi lancé par l’association Zero Waste France. On a décidé de se lancer parce que nous cherchions à avoir un mode de vie plus cohérent avec nos préoccupations écologistes. »
2 Peut-on vraiment vivre sans rien acheter de neuf ?
Jérémy.« Évidemment, ce défi ne s’applique pas à tout ce qui est alimentaire ou aux produits d’hygiène et d’entretien. Nous avons concentré nos efforts sur les vêtements, le mobilier et les équipements électroniques ou électroménagers. »
Jérémy.« On a surtout appris à réparer les objets plutôt que les jeter. C’était nouveau pour nous ! On a, par exemple, prolongé la durée de vie d’un smartphone en l’apportant dans un « repair café » près de chez nous, à Niort (79). »
Ludivine.« Le secret, c’est d’utiliser tous les moyens disponibles : les boutiques solidaires, Emmaüs, les recycleries et ressourceries, les applis de vente en ligne, le prêt d’objets par des amis… Nous-mêmes, nous donnons beaucoup pour alimenter ces circuits alternatifs. »
Jérémy.« Anticiper nos besoins. Je pense notamment aux changements de saison pour les vêtements, en particulier pour notre fils de 3 ans. Exit les collections printemps-été, automne-hiver, il faut penser à plus long terme, par exemple ne pas hésiter à acheter des pièces pour l’année suivante si l’on tombe sur de bonnes occasions. »
5 Vraiment aucun craquage pendant 1 an ?
Ludivine.« Presque pas ! Une fois pendant des vacances, à cause d’une météo pourrie. Il a fallu s’équiper en vêtements chauds en urgence, donc neufs. La deuxième fois, c’est quand on a adopté un chat qui est arrivé plus tôt que prévu, on a dû acheter la litière… Depuis, nous faisons sa litière maison avec de la sciure de bois. »
Ludivine.« Nous n’avons pas vraiment fait le calcul mais les plus grosses économies ont probablement été sur les vêtements. Nous avons surtout cherché à dépenser mieux : acheter de la meilleure qualité et plus écoresponsable. »
Jérémy.« Notre but n’était pas de consommer moins, mais de consommer mieux. Et en fait, on se rend compte que quand on n’achète rien de neuf, on achète souvent moins. Une fois sur deux, on trouve une solution sans rien payer du tout ! »
7 Rien acheter, est-ce être en marge de la société ?
Jérémy.« Non, au contraire ! Notre entourage a bien accueilli la démarche, les gens étaient curieux. C’était intéressant de pouvoir discuter de cette démarche entre amis, en famille, sur les réseaux sociaux… On a même eu une petite couverture dans la presse locale. »
Ludivine.« Au bout d’un an d’expérience, on s’est rendu compte que l’achat neuf n’est pas forcément mauvais en soi. Aujourd’hui, on a recommencé à acheter du neuf, mais beaucoup moins et mieux. Par exemple, on a cherché longtemps des Thermos d’occasion en inox, sans en trouver. Plutôt que d’acheter des gourdes en plastique, même d’occasion, on a préféré acheter neuf, mais de bonne qualité et recyclable ! Le message qu’on veut faire passer, c’est qu’on peut réduire considérablement son empreinte carbone en jouant ne serait-ce que sur ses achats de vêtements et sur l’électronique, deux industries extrêmement polluantes. De petites actions qui font pourtant une grosse différence ! »
La mobilisation citoyenne est l’une des clés du progrès écologique. À Aubais (30), le collectif des Survoltés a pris en main la question de la transition énergétique parce qu’ici, c’est une tradition : « Il y a eu d’abord une grosse mobilisation contre l’exploitation du gaz de schiste. Un combat gagné qui a donné envie aux citoyens d’aller plus loin. De là est venue l’idée d’un parc photovoltaïque collaboratif, entièrement financé par les citoyens, les collectivités et des partenaires locaux », explique Antoine Rousseau, coordinateur du projet.
8 à 22 %
de l’énergie solaire peut être transformée en électricité selon les méthodes utilisées. (1)
1 Citoyen à l’euro près
Et pour mettre en place une telle installation, il faut des soutiens. « Nous voulions un projet financé à l’échelle locale. Au final, on a réussi à lever 170 000 euros par financement participatif via une collecte directe ! Nous avons aussi bénéficié des financements du fonds d’épargne citoyenne Énergie Partagée, qui apporte des fonds à des projets de production d’énergie propre comme le nôtre. Le tout complété par des subventions de la région Occitanie et des entreprises locales » Résultat : zéro euro emprunté en banque et des investisseurs heureux d’un projet qui roule et rapporte 3 % de dividendes.
50
projets de production d’énergie renouvelable ont été financés par Énergie Partagée en 2018. (2)
Dans ce projet, tout est aligné sur les convictions citoyennes des fondateurs. D’abord, le choix du terrain, une ancienne décharge non constructible et non cultivable, qui ne demandait qu’à être valorisée. Mais l’essentiel de la démarche est ailleurs. « Avec l’appui d’Énergie Partagée et d’Enercoop, qui nous accompagnent depuis le début sur les volets financier, technique et juridique, nous avons réussi à convaincre les élus locaux de la pertinence du projet, et nous avons pu avoir les autorisations nécessaires. Aujourd’hui, le parc photovoltaïque “Le Watt Citoyen” est une fierté pour tout le monde ! Avec cette production d’électricité en circuit court, nous proposons des solutions environnementales réelles. Nous créons aussi du lien entre les contributeurs du projet. La coordination des différents acteurs était primordiale pour que ça marche ! »
3 Une place au soleil
L’électricité produite est vendue à Enercoop, un fournisseur d’électricité coopérative et 100 % renouvelable. Rentable donc pérenne, le parc solaire se prépare un bel avenir sous le soleil du Midi. « Le parc compte 700 panneaux solaires qui produisent 380 MWh d’électricité propre chaque année, soit la consommation de 280 personnes sans chauffage. Notre prochain objectif est d’embaucher un chargé de mission pour communiquer autour de nos actions et accompagner les particuliers et les collectivités qui envisagent de s’équiper en panneaux solaires. » Jamais à court d’énergie, le collectif des Survoltés aimerait, à plus long terme, mettre en place d’autres projets pour équiper en panneaux des bâtiments publics ou des entreprises du territoire.
L’Essentiel de l’article
Le parc solaire produit de l’énergie de façon collaborative.
Les financements sont 100 % citoyens, publics et/ou écoresponsables.
Les investisseurs touchent 3 % de dividendes.
Le parc produit l’équivalent de la consommation de 280 personnes, hors chauffage.
On compte 9 à 11 millions d’aidants familiaux en France (1) qui assistent des proches au degré de dépendance très variable. Enfants ou adultes en situation de handicap, patients atteints d’Alzheimer ou d’autres pathologies invalidantes, personnes très âgées… Depuis 2011, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) dispose de fonds dédiés à la formation de ces aidants, pour les aider à faire face aux différentes situations de soin. Grâce à ces formations, l’aidant familial* est plus autonome : la coordination avec les différents intervenants à domicile est facilitée, pour une prise en charge plus efficace. C’est bon pour tout le monde !
1 En quoi consistent ces formations aux aidants familiaux ?
Certains aidants sont parfois amenés à dispenser des soins, pour lesquels ils ont besoin d’une formation afin d’être certains de faire les bons gestes et d’avoir les bons réflexes. Si vous assistez un proche dépendant qui a besoin de soins spécifiques, que ce soit un adulte ou un enfant, ces formations sont pour vous. Premiers secours, toilette et soins corporels, soutien psychologique, travail de la psychomotricité, gestes de réconfort… Vous apprendrez les gestes du quotidien qui vous permettront d’accompagner plus facilement et plus efficacement votre proche dépendant.
C’est le nombre d’aidants familiaux avec un emploi en France, soit 15 % de la population active. (2)
2 Formation pour aidants familiaux : ça se passe où ?
Ces formations sont accessibles via plusieurs canaux selon votre lieu de résidence et le contexte de la dépendance (pathologie, âge, handicap, etc.). Le parcours de formation n’étant pas uniforme sur tout le territoire, le plus simple est de vous renseigner d’abord auprès du CLIC (Centre local d’information de coordination) le plus proche de chez vous. Vous pouvez aussi vous adresser au CCAS (Centre communal d’action sociale) de votre commune. Enfin, certaines associations comme l’APF, le CRAIF ou France Alzheimer peuvent aussi vous renseigner et proposer des modules spécifiques. La plupart du temps, ces formations sont gratuites (elles sont financées par la CNSA) : profitez-en !
« L’atout du foncier solidaire ? Le prix ! Je n’aurais pas pu acheter sur le marché classique. Et en tant que locataire, je galérais tous les mois, un tiers de mon salaire passait dans un appartement qui ne m’appartenait pas. » C’est décidé, Caroline, 24 ans, éducatrice de jeunes enfants, a signé pour un T2 à Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine), banlieue aisée de Rennes. La jeune femme résolue n’est pas une acheteuse comme les autres : elle sera propriétaire des murs de son appartement, mais pas du sol. « J’ai payé 83 000 euros pour 45 m2 et 9m2 de terrasse, alors que l’équivalent sur le marché traditionnel se négocie dans les 150 000 euros », précise-t-elle. Hors de portée : « les banques ne me prêtaient pas autant, je me suis vite heurtée au fait d’être célibataire, avec 1400 euros nets de revenus mensuels et un prêt étudiant encore en cours », regrette la bretonne.
Séparer le terrain du bâti, pour baisser le prix du logement. L’idée peut sembler étonnante. Mais pourquoi ne pas sauter le pas, si cela permet de payer moins cher ? « Avec les prix qui explosent, en tant que jeune, on se dit qu’on n’arrivera jamais à acheter. Ce dispositif permet de ne pas se démoraliser, et de se lancer ! », relève Caroline. « Ça va être le jour et la nuit par rapport à mon logement actuel. Je serai à dix minutes de mon travail, car je serai à un arrêt de métro, et je pourrai tout faire à pied » se félicite-t-elle.
Si le foncier solidaire est récent en France, il n’est pas inédit. Héritier des Community Land Trust expérimentés depuis plus de trente ans aux États-Unis, ainsi qu’en Belgique ou encore au Royaume-Uni, il séduit depuis peu les agglomérations françaises, de Lille à Saint-Malo, Rennes, Biarritz, Toulouse ou plus récemment encore Paris.
La capitale compte ainsi mettre en place son premier programme d’ici la fin de l’année, avec pour ambition affichée de diviser par deux le prix d’achat : de 10 000 à 5000 € le m2. Broutilles !
Organisme foncier solidaire : comment ça marche ?
En pratique, les acquéreurs achètent les murs de leur logement (appartement ou maison) via un bail spécial (un bail réel solidaire, BRS). Le sol, lui, reste la propriété d’un organisme de foncier solidaire (un OFS), structure à but non lucratif agréé par l’Etat, qui peut exister sous forme d’association, de Société Coopérative d’Intérêt Collectif ou encore de Groupement d’Intérêt Public.
« L’OFS achète le terrain sur lequel l’immeuble va être construit grâce à un prêt d’une durée de 60 ans, consenti par la Caisse des Dépôts et des Consignations. Dans certains cas, le terrain peut également être mis à disposition par des collectivités locales », précise Pierre Marchal, d’Occitalys Foncier, organisme de foncier solidaire en région Occitanie. Le terrain reste donc propriété de l’OFS : l’habitant le lui loue à petit prix, via une redevance mensuelle de l’ordre de quelques dizaines d’euros aidant ainsi l’OFS à rembourser son prêt à la Caisse des Dépôts. Le montage peut sembler complexe, mais le résultat est là : un prix d’achat de 20 à 50 % inférieur au marché privé. Une manière de démocratiser la propriété, notamment dans les centres urbains où les prix immobiliers grimpent jusqu’à exclure classes moyennes et populaires.
Ainsi, pour Marielle, lilloise de 55 ans, mère de deux filles et heureuse future propriétaire d’un T3 (l’aménagement est prévu pour 2020), la signature d’un Bail Réel Solidaire était l’unique ticket d’entrée pour acheter dans le centre-ville, où elle travaille. « Le remboursement de mon prêt et le paiement de la redevance sera l’équivalent de ce que je verse aujourd’hui comme locataire », confie cette responsable de magasin qui a longtemps vécu au Smic. C’est cette ambition sociale qui sous-tend le dispositif.
« L’idée est de pouvoir acheter là où on veut, et non pas là où on peut. »
Pierre Marchal, d’Occitalys Foncier
« À Toulouse, la première résidence en BRS est au cœur du quartier huppé de Saint-Michel. Elle permet de devenir propriétaire au prix d’une location, tout en évitant de payer chaque mois à fonds perdu comme c’est le cas avec un loyer », abonde Pierre Marchal. Une manière de concilier les avantages de la propriété (sérénité, constitution d’un capital) et de la location (accessibilité).
Bémol : pour l’heure, les logements proposés, encore à l’état de plan ou de chantier pour la plupart, se comptent en centaines. Loin, très loin des besoins exprimés. « On en est encore au stade de l’expérimentation, mais on sent une vraie prise de conscience de l’intérêt de ce dispositif », observe-t-on chez Occitalys Foncier.
Dispositif public, créé par la loi Alur de 2014 (pour l’Accès au Logement et un Urbanisme Rénové)1 le foncier solidaire est bien sûr encadré. Au quotidien, cela ressemble à une propriété classique : on partage les charges de copropriété avec ses voisins ; on a un prêt immobilier à la banque, on refait sa cuisine si on en a envie. Mais n’accède pas au BRS qui veut. Il faut être en-dessous d’un plafond de ressources, qui varie en fonction des villes, et qui correspond à celui d’un prêt social location-accession (PSLA). En zone tendue, comptez environ à 32 000 euros de revenu fiscal annuel pour une personne seule (et 58 000 pour 4 personnes). Ailleurs, ces plafonds sont respectivement abaissés à 24 000 euros (et 41 000)2. Autre condition : le logement doit être votre résidence principale.
« En pratique, ce sont souvent des adultes encore jeunes avec enfants qui se positionnent sur ce type de logement. »
Pierre Marchal, d’Occitalys Foncier
La revente est également encadrée : au niveau du prix, déjà, mais aussi des acheteurs : en bref, vous ne pouvez pas revendre à des acheteurs qui dépassent les plafonds de ressources, ou qui souhaiteraient investir pour générer des revenus locatifs. L’objectif est bien sûr de pérenniser le caractère social du dispositif. Sans ces garde-fous, les vendeurs pourraient réaliser de fortes plus-values, encourageant la spéculation, et dispersant en quelques années l’investissement public dans des bénéfices privés. « Cela fait partie des points négatifs : si un jour je pars, je ne pourrais pas louer, il me faudra vendre, et pas à n’importe qui ni à n’importe quel prix », explique Caroline.
Autre inconvénient : les démarches peuvent être longues. Ainsi, la jeune femme ne prévoit d’entrer dans les lieux qu’en 2021, le temps que la construction s’achève. « Il faut être assez posé dans ses projets pour se lancer ! ». Par ailleurs, un peu comme dans l’attribution d’un HLM, le choix de l’appartement est réduit. Les acheteurs se positionnent sur un bâtiment, formulent des souhaits (par exemple le nombre de pièces, rez-de-chaussée à bannir…) sans pouvoir précisément choisir leur futur bien. Mais pour la jeune active, les contreparties positives font clairement pencher la balance en faveur de cette forme innovante de propriété. D’autant que quand on vit en appartement, la question de la propriété du sol reste très théorique au quotidien !
Au-delà du prix, plus bas que celui du marché, et de la possibilité de souscrire un Prêt à Taux Zéro, le foncier solidaire offre aussi des garanties de revente. Par ailleurs, si l’appartement attribué n’est pas toujours idéal, les acheteurs ont la possibilité d’intervenir, durant l’avancement des travaux, sur le choix des peintures, des revêtements, du sol etc. « On est acteur de son projet », conclut Caroline. Le rêve propriétaire pour tous ?
1 La zoothérapie : quels sont les animaux médiateurs ?
Camille de Ravinel.« Nous travaillons avec une grande diversité d’animaux : équidés, lapins, cochons d’Inde, chiens… Le but est de donner du choix aux bénéficiaires. Il faut juste que l’animal soit volontaire et adapté : nous vérifions qu’il n’émet pas de signaux de stress et qu’il va bien au contact des bénéficiaires durant la séance. Les petits animaux, notamment les lapins, accompagnent leurs parents dès les premiers mois de leur vie afin de s’habituer à l’homme. Les chiens, eux, suivent une éducation spécifique. Ils répondent à des ordres et réalisent des jeux comme sauter dans des cerceaux ou d’autres exercices qui, à terme, permettent d’améliorer des compétences chez les gens. Le simple fait de lancer une balle peut devenir une difficulté pour certains. Dans la même lignée, il faut apprendre à faire confiance pour laisser un chien sauter dans un cerceau que l’on tient au-dessus de sa tête. »
2 La zoothérapie : comment ça marche ?
Camille de Ravinel.« La zoothérapie, ou médiation animale, vise à améliorer certaines capacités, comme l’attention, la dextérité ou la confiance en soi. La simple présence de l’animal a des effets physiologiques sur l’être humain : baisse de la tension artérielle, du stress et du rythme cardiaque. Les bénéficiaires sont plus en confiance avec un animal qu’avec une personne car les animaux ne jugent pas. Ils apaisent et stimulent. Ce sont des médiateurs vivants qui dénouent et détendent les relations à autrui. »
Camille de Ravinel.« Nous nous déplaçons dans des établissements tels que des foyers pour enfants/adultes, des hôpitaux, des EHPAD et en milieu carcéral. Nous recevons également des bénéficiaires sur notre site à La Garnache (85). Les séances sont pensées autour du comportement naturel de l’animal (jeux, nourrissage, soins, etc.) et sont adaptées à chaque type de difficulté. Ainsi, une personne âgée va réapprendre à éplucher les légumes pour nourrir les lapins quand un enfant autiste va volontiers distribuer des graines aux rongeurs. Ces actions, sous leurs airs ludiques, font en réalité travailler la motricité, le langage, l’estime de soi, les émotions. L’avantage ? Les bénéficiaires n’ont pas l’impression de faire d’effort ! »
Le saviez-vous ?
L’animal de compagnie permet par sa simple présence de diminuer le stress chez les enfants. (1)
4 Qui peut bénéficier de cette thérapie ?
Camille de Ravinel.« Tous les publics, des bébés aux seniors, souffrant de pathologies sociales, médicales, affectives, mentales, etc. Les activités sont choisies en fonction des profils. Les personnes âgées, par exemple, recherchent davantage des moments de bien-être et d’échange. En milieu carcéral, la médiation animale renforce le sentiment d’utilité et la confiance en soi. Nous sommes aussi de plus en plus contactés par des particuliers. »
5 Zoothérapie : comment évaluer les bénéfices ?
Camille de Ravinel.« Les séances se déroulent sous observation et nous prenons des notes. Nous comparons le comportement des bénéficiaires en début et fin d’année pour évaluer leurs progrès en fonction des objectifs fixés avec leurs référents. Les améliorations sont visibles : certains malades d’Alzheimer qui ne font plus leur toilette acceptent spontanément d’apporter des soins aux animaux, ce qui leur permet de réapprendre certains gestes d’hygiène. D’autres encore, qui avaient une perte de précision dans leurs mouvements, arrivent à verser de l’eau ou couper des fruits ! »
L’Essentiel de l’article
L’animal apaise l’anxiété et a un effet stimulant.
La médiation animale est adaptée à tous les publics, de la petite enfance aux seniors !
La médiation peut se faire avec n’importe quel animal volontaire et adapté.
« Sept kilomètres séparent Castelsarrasin où je travaille et Moissac où je vis. C’est peu, mais cela reste compliqué de se déplacer sans voiture », regrette Marie, habitante du Tarn-et-Garonne. Et ce ne sont pas les horaires SNCF qui la feraient mentir : pour un aller-retour entre les deux villes (un rendez-vous professionnel, une course, une visite…), mieux vaut réserver sa journée. Alors pour cette mère de deux grands enfants, l’affaire tient de l’évidence : elle se rend au travail en voiture. Et la plupart du temps, elle est seule. Pas toujours cependant. Car depuis quelques années, Marie est inscrite sur Rezo Pouce, une structure coopérative et associative à l’initiative d’élus locaux, qui vise à favoriser et améliorer l’auto-stop. Alors quand elle croise des piétons à l’un des arrêts « sur le Pouce » installés par le réseau, hop, elle les fait monter à bord.
Depuis sa création en 2011, Rezo Pouce a bien grandi : d’abord cantonné à quelques villes et villages, il compte aujourd’hui 4 000 arrêts signalisés sur plus de 1 600 communes. « Chaque fois qu’une collectivité met en place le service, il est facturé de 2 500 à 6 000 euros par an. Mais si le déploiement du réseau vient des pouvoirs publics, son appropriation passe par les habitants, encouragée par des animations et diverses actions de sensibilisation », explique Michel Cassignol, président de l’association porteuse du projet. Les conducteurs, eux, sont bénévoles, et reconnaissables grâce à leur autocollant vert et blanc posé sur leur pare-brise. Une indemnité de cinq centimes par kilomètre a un temps été envisagée avant d’être abandonnée : il est simplement conseillé au passager de verser une participation au « chauffeur » si le trajet devient régulier.
Ce sont souvent dans les premiers et les derniers kilomètres d’un trajet que les déplacements sont difficiles : un centre bourg peut disposer d’un réseau de bus, sans que rien ne soit prévu pour y accéder depuis un hameau périphérique. C’est là que l’auto-stop va trouver son utilité.
« L’idée est de redonner de la mobilité là où elle est en panne, en lien avec les transports déjà existants »
Michel Cassignol, président de Rezo Pouce
Cette complémentarité, c’est aussi ce que défendent les collectivités locales de Bretagne et de la Loire-Atlantique qui ont monté Ouest Go en lien avec l’association éhop. L’ambition : développer un covoiturage de proximité, notamment sur des trajets réguliers. Pour la chercheuse en urbanisme Marie Huyghe, ingénieure en aménagement du territoire, ce lien entre associations, habitants et collectivités locales est l’une des conditions du succès. « De plus en plus d’associations d’usagers sont associées aux politiques menées. Si on ne travaille pas de manière concertée, on risque d’investir à perte ». Parfois, c’est la société civile qui est à l’origine de ces mobilités alternatives, comme avec Octopouce, imaginé il y a trois ans par un collectif de citoyens de la presqu’île de Crozon pour développer l’autostop organisé, avec carte de membre, carte des arrêts, panneaux de destination…
Rezo Pouce compte aujourd’hui quelque 400 « poulpes » (c’est le nom des participants du réseau) enthousiastes.
L’enjeu est environnemental, mais aussi économique et social. « Aujourd’hui, 80 % des actifs bretons sont seuls dans leur voiture. Le potentiel de réduction du trafic est énorme si on augmente le taux d’occupation des véhicules. D’un autre côté, la moitié des personnes en reconversion professionnelle a déjà dû refuser un emploi par manque de mobilité » explique Anne-Laure Chiquet, du service éco-mobilité au conseil départemental du Finistère.
Reste que la complémentarité entre transports en commun et dispositifs alternatifs n’est pas toujours au rendez-vous. De la théorie à la pratique, il n’est pas rare que le service public sorte amoindri. « Le projet de loi mobilités actuellement en discussion à l’assemblée1 présente l’intérêt de placer la mobilité au cœur du débat. Mais s’il insiste sur l’importance du rail, les actes ne vont pas dans le même sens. C’est rageant ! », déplore Marie Huyghe.
Aujourd’hui, on compte 5800 offres de covoiturage sur Ouest Go, et environ 12 000 utilisateurs de Rezo Pouce. Une goutte d’eau, au regard des millions d’automobilistes présents sur ces territoires. À tel point que nombre d’usagers, même convaincus, regrettent la faible fréquentation. « Je croise rarement du monde aux arrêts », confie Marie. « Ces initiatives restent encore anecdotiques, mais le discours évolue de la part des élus comme des citoyens. Depuis deux ou trois ans, la tendance est à l’expérimentation de nouvelles mobilités. Nous ne sommes qu’au début du changement » veut croire Marie Huyghe. Certains préjugés tombent, comme celui de la longueur des trajets en zone rurale (la moitié font moins de 5 km) ou encore l’inadéquation de certains modes de transport.
Ainsi, le département Loire-Atlantique a longtemps relégué le vélo au secteur du tourisme, avant de se rendre compte que ses parcours touristiques étaient aussi utilisés par les habitants pour des trajets quotidiens, relate la chercheuse. Désormais, une signalétique commune a été installée sur tout le territoire, les communes porteuses de projets en faveur de la Petite Reine et l’apprentissage du vélo sont soutenus. Dans le Finistère, Anne-Laure Chiquet observe également une « vraie attente » par rapport au vélo, jugé attractif pour des trajets inférieurs à 5 km, et jusqu’à 10 km avec des modèles électriques.
Assiste-t-on aux prémices d’une révolution ?
« Aujourd’hui tous les marqueurs passent au vert. On prend conscience que continuer à se déplacer chacun tout seul dans sa voiture ne marche plus, il faut changer nos habitudes. »
Michel Cassignol, président Rezo Pouce
La question, en effet, n’est pas qu’affaire de technique ni d’infrastructure, ni même seulement de transport. « Quand on parle mobilité il faut aussi penser utilité du déplacement », abonde Anne-Laure Chiquet. Télétravail, redéfinitions urbaines, horaires de travail… Les chantiers ne manquent pas.
Alice Steenhouwer. Il y a en France 11 millions d’aidants, en clair, cela représente 1 Français sur 5… Ils apportent une aide régulière à un proche fragilisé par la maladie, le handicap ou le vieillissement, pour les actes de la vie quotidienne : les courses, le lever et le coucher, les repas, la toilette et l’habillage, la coordination des soins… Et aussi tout simplement l’écoute et l’accompagnement psychologique. 58 % des aidants sont des femmes et 75 % ont moins de 65 ans, ce sont donc souvent des personnes qui sont encore en âge de travailler. D’ailleurs plus d’un sur deux est actif.
75%des aidants ont moins de 65 ans.*
2 À quelles difficultés doivent-ils faire face ?
A. S. L’aide à la personne dépendante peut aller de quelques heures par semaine à une assistance 24 h/24 dans les cas de perte d’autonomie totale. Tous sont très exposés à la fatigue et à l’isolement, d’autant que 39 % des aidants sont seul(e)s à prendre soin de leur proche, sans relais au sein de leur entourage. Les principales difficultés rencontrées sont en effet le manque de temps et l’épuisement, mais aussi, dans une moindre mesure, la complexité des démarches administratives, la difficulté à gérer les situations d’urgence, et le manque de soutien moral. La rupture de carrière est fréquente pour les aidants actifs, ce qui entraîne l’isolement social et bien sûr la précarité financière. Parce qu’en plus de la charge affective, physique et mentale, la dépendance a également un coût avec un reste à charge parfois important pour les familles.
Il est vital d’accompagner les aidants le plus en amont possible pour prévenir le risque de burn-out.
3 Quels rôles peuvent jouer les associations pour soutenir les aidants ?
A. S. Il est vital d’accompagner les aidants le plus en amont possible pour prévenir le risque de burn-out. Notre association est là pour offrir une première écoute facile d’accès, et l’information dont ils ont besoin. Les bénévoles écoutants qui animent la ligne sont tous des anciens aidants. Ils connaissent donc parfaitement les difficultés rencontrées par les personnes qui nous appellent. Notre objectif, c’est d’encourager les aidants à prendre le temps d’aller à la rencontre des professionnels de terrain qui pourront leur proposer une aide concrète, afin d’éviter les situations critiques.
Nos bénévoles connaissent les solutions existantes au niveau national, mais aussi celles de leur territoire, sachant qu’il y a de grandes disparités d’un département à l’autre… Nous les orientons vers les dispositifs qui conviennent le mieux à leurs besoins : services publics, professionnels du sanitaire et médico-social, et bien sûr les associations spécialisées : les Cafés des Aidants de l’Association Française des Aidants, les AIRE Cancer dans les Hauts-de-France, ou toute structure locale susceptible d’apporter une aide spécifique.
4 Quels sont les besoins les plus fréquents ?
A. S. La plupart du temps, les aidants nous contactent pour demander de l’information. Mais au fil de la conversation avec le bénévole, on se rend compte qu’en fait, c’est surtout l’écoute qu’ils recherchent, le partage d’expérience, le soutien moral. C’est la raison pour laquelle nos bénévoles ont tous une expérience d’aidant familial, et qu’ils ont eux aussi connu l’isolement, l’épuisement, la déprime… C’est très important pour pouvoir offrir aux appelants des conseils adaptés et une écoute de qualité. C’est aussi moins intimidant de dialoguer entre pairs plutôt que de faire directement appel à un professionnel comme un psychiatre ou un psychologue.
5 Comment encourager les aidants à se faire aider à leur tour ?
A. S. La simplicité de contact est très importante : d’une part les aidants ont très peu de temps, mais ils ont aussi des freins psychologiques. Comme ils ne se considèrent pas malades, ils n’ont pas le réflexe de demander de l’aide. Nous avons donc fait le choix du téléphone parce que c’est un moyen de communication universel. Il permet un dialogue personnalisé et une écoute sur mesure. Nos plages horaires élargies sont adaptées à leur rythme : nous sommes joignables 7 j/7, de 8 h à 22 h.
6 Comment devenir écoutant bénévole ?
A.S. Nous recherchons des bénévoles en permanence. Il faut savoir que notre système permet d’exercer la fonction d’écoutant de chez soi, avec des horaires totalement à la carte, sans contrainte de régularité. L’écoutant se connecte où il veut et quand il veut pour recevoir des appels, c’est très simple ! La seule exigence est d’avoir eu soi-même une expérience d’aidant, et de suivre la formation d’écoute empathique que nous proposons systématiquement.
Les écoutants d’Avec nos proches sont joignables au 01.84.72.94.72, 7 jours sur 7, de 8 h à 22 h, au prix d’un appel local. Retrouvez leurs profils sur le site de l’association au www.avecnosproches.com.
Besoin de relais en cas d’urgence ? D’aide au répit ? D’accompagnement psychologique ?