Étiquette : Solidarité

  • Et si notre temps devenait une monnaie d’échange ?

    Et si notre temps devenait une monnaie d’échange ?

    Place de la Manu dans le centre de Nantes, nichée dans des locaux colorés, voilà une banque un peu particulière. Ici, on ne vient pas pour échanger de l’argent mais du temps et des services. Le tout sous l’œil avisé de Cécile Sauzeat, banquière en chef et coordinatrice de cette Accorderie. « Ici, on est à la fois donneur et receveur, explique-t-elle. Quand vous venez pour la première fois, on établit une liste d’offres de services que vous savez et aimez faire. Une fois adhérent, vous avez alors accès au catalogue de services proposés par les autres accordeurs. »

    Un principe de base règne : quelle que soit la nature du service ou sa complexité, une heure égale une heure. Les accordeurs possèdent tous un compte « temps », avec une dizaine d’heures initiales à donner ou à recevoir en fonction de leurs besoins et de ceux des autres volontaires. Parmi les services échangés, « les plus demandés sont surtout du petit bricolage, de l’informatique, de la couture ou des sorties culturelles », informe Cécile Sauzeat. Les échanges peuvent se faire au niveau individuel entre deux accordeurs, mais aussi au niveau collectif via par exemple l’organisation d’ateliers de partage de savoir-faire où le temps passé est divisé par le nombre de participants.

    Les Accorderies en chiffres

    • 16 600 accordeurs inscrits depuis 2011
    • 71,6 % de femmes
    • 44 % de personnes vivant seule
    • 9 % de familles monoparentales
    • 30 % de salariés
    • 26 % de retraités
    • 24 % de sans emploi
    • 54 % déclarant vivre avec moins de 20 000 euros par an (29 % moins de 10 000 €)
    • Âge moyen : 52 ans

    Réseau social

    Les services proposés relèvent souvent des besoins du quotidien que les personnes ne pourraient pas s’offrir autrement. Avec une règle : ils doivent se situer hors du cœur de métier des personnes, car « l’idée n’est pas de créer de la concurrence déloyale », souligne la coordinatrice.

    Au-delà de permettre à des gens d’échanger un savoir-faire, une Accorderie est aussi et surtout un lieu pour lutter contre la précarité et la pauvreté de liens sociaux. « On est tous égaux dans une Accorderie. On échange des savoirs, indépendamment de notre statut social, de notre condition professionnelle », martèle Pascale Caron, présidente du réseau des Accorderies en France.

    À Nantes, 80 % des volontaires déclarent gagner moins de 20 000 euros par an. « Parfois, je me rends compte que les gens qui ont des revenus supérieurs sont bien plus isolés que d’autres qui gagnent très peu mais qui sont très débrouillards, avec un réseau social solide », constate Cécile Sauzeat.

    Parmi les accordeurs nantais, beaucoup sont en recherche d’emploi. De fait, proposer de rendre service à quelqu’un d’autre permet de se remettre en action et de valoriser ses compétences. « C’est la première marche pour retrouver l’estime de soi », observe Pascale Caron. Le concept donne parfois lieu à des rencontres improbables. Comme cette vice-consule qui adorait repasser et qui a proposé ses services… à un bénéficiaire du RSA.

    Mouvement de fond

    Un an et demi après l’ouverture du local nantais, 73 personnes, de 23 à 76 ans, font désormais partie du réseau. Sur le territoire, 36 autres Accorderies ont été créées depuis 2011 – la dernière en date a ouvert à Cachan –, fédérant ainsi près de 16 000 volontaires. Trois autres lieux devraient voir le jour d’ici la fin de l’année, dans les villes de Caen, Mâcon et Orléans. Un engouement qui dépasse celui du Québec où est née l’initiative en 2002.

    Si ce succès montre la volonté croissante de nombreux Français de participer à la vie locale via l’entraide, cela exprime aussi les besoins croissants de certains citoyens vulnérables. Parmi les volontaires, près de la moitié (44 %) vivent seuls et près d’un quart (24 %) sont sans emploi. Près de deux tiers vivent dans une certaine précarité, plus de la moitié déclarant vivre avec moins de 20 000 euros par an. Devenir membre d’une Accorderie permettrait alors de se relier aux autres et de reprendre confiance en soi à un moment où l’on se sent vulnérable.

    Comme toute structure d’action sociale sans but lucratif, les Accorderies doivent aussi faire face aux nombreux défis liés au financement de leur déploiement. Bien qu’il s’agisse de lieux sans échanges monétaires, des fonds sont néanmoins nécessaires à la création de ces banques. Pour chaque antenne, au moins une personne est embauchée pour lancer la dynamique, animer le réseau, orienter les personnes. En parallèle, des accordeurs sont invités à donner un coup de main au fonctionnement de l’association, en assurant l’accueil ou l’entretien des locaux, en contrepartie de chèques temps. Chaque Accorderie est subventionnée par plusieurs partenaires : des fondations, comme la Fondation Macif qui a importé le concept en France, la CAF (Caisse d’allocations familiales), le Secours catholique, les départements ou encore les municipalités.

    Les Accorderies ne sont pas seules !

    Dans les villes de l’Hexagone, d’autres banques de temps ont émergé ces dernières années, comme le Rézo à Mulhouse ou le réseau Ecotemps. Partis du monde rural, les Systèmes d’échanges locaux (SEL), où l’on échange des services mais aussi des biens, sont quant à eux nés dès le milieu des années 1990. Plus ou moins au même moment que les Time Banks aux États-Unis. En Espagne, les Bancos de Tiempo ont connu un réel essor au début de la crise économique.

    Territoires en confiance

    Comment décrypter cet engouement pour les monnaies-temps ? Au fond, les Accorderies réaffirment deux principes universels : l’entraide et le fait que nous disposons tous de 24 heures par jour. « Une heure vaut une heure pour chaque échange, sans tenir compte de l’intensité. Être présent pour garder un animal pendant deux heures, c’est moins intense que de s’occuper d’enfants sur la même durée. Mais dans une banque de temps, on dit que c’est la même chose. Cela a un rôle démocratique extrêmement fort, car on met tout le monde sur un pied d’égalité. Que je sois chômeur, au RSA ou trader, ces fonctions sont complètement annulées », observe Jérôme Blanc, économiste et professeur à Sciences Po Lyon.

    Selon lui, le grand intérêt des banques de temps réside dans « l’entretien de manière active d’un lien social dans un quartier ou une ville, sans objet économique. On construit des relations de confiance sur un territoire donné. » En luttant contre la précarité et l’isolement social, ces lieux sont un investissement pour l’avenir. Un réel atout pour les pouvoirs publics. La mairie de Nantes l’a d’ailleurs bien compris, en étant à l’initiative du projet d’Accorderie, dès 2015.

    De son côté, Pascale Caron va même plus loin en imaginant comment les banques de temps pourraient inspirer les pouvoirs publics : « Imaginez, sur la question des aidants : si l’État reconnaissait le temps qu’ils consacrent à leurs proches en leur donnant accès à des services ? » imagine-t-elle.  À méditer…

  • Grand âge et dépendance, à quelles portes frapper ?

    Grand âge et dépendance, à quelles portes frapper ?

    1 Autonomie et dépendance en un coup d’œil

    L’administration française a mis en place un site dédié (1) à l’autonomie des personnes âgées et à l’accompagnement de leurs proches. Il regroupe toutes les sources d’information et les adresses des organismes utiles pour gérer une situation de dépendance. C’est un portail incontournable pour toutes celles et ceux qui aident un proche dépendant ou sont eux-mêmes touchés par la perte d’autonomie. Il permet, en outre, d’effectuer de nombreuses démarches grâce à des formulaires à remplir directement en ligne ou à télécharger. Vous y trouverez aussi un annuaire complet des points d’information, établissements spécialisés et services d’aide ou de soins à domicile.

    Par ailleurs, des points d’information de proximité proposent un accompagnement global de la dépendance, notamment :

    • les Centres locaux d’information et de coordination (CLIC) offrent de l’information, mais aussi de l’écoute, du conseil et du soutien aux personnes dépendantes et à leurs proches.
       
    • les Maisons de l’autonomie, qui existent dans certains départements. Elles informent sur les droits et dispositifs existants et permettent, entre autres, de déposer une demande d’allocation personnalisée d’autonomie (APA) ou d’une aide sociale à l’hébergement (ASH), en cas d’accueil en établissement.
       
    • les Centres communaux d’action sociale (CCAS) ou les mairies pour les communes de moins de 1 500 habitants.

    Ces points d’information constituent une « porte d’entrée » pour les personnes touchées par la dépendance, seniors ou non, comme pour les aidants. Selon les situations, ils pourront aussi vous orienter vers un gestionnaire de cas, qui coordonnera et planifiera l’intervention des différents professionnels et services nécessaires à la prise en charge de la personne dépendante.

    Besoin d’aide face à la dépendance ?

    Le contrat Garantie Autonomie Macif accompagne les aidants et les aidés dans leurs démarches administratives.

    2 Évaluer la dépendance

    L’un de vos proches est en perte d’autonomie et a besoin d’une aide régulière ? Pour adapter sa prise en charge, la première étape consiste à évaluer son niveau de dépendance. Cet examen peut se faire chez le médecin traitant de la personne concernée ou auprès d’équipes médico-sociales APA du conseil départemental de son lieu de résidence. Elle est basée sur la grille AGGIR (Autonomie, Gérontologie, Groupes Iso-Ressources), qui établit six niveaux de dépendance (les « GIR », groupes interressources), de la dépendance totale à la pleine autonomie. Seuls les quatre premiers niveaux de cette grille ouvrent droit à l’APA.

    2,12 MILLIONS

    C’est le nombre de personnes âgées de 85 ans vivent en France. Elles devraient être 6,3 millions en 2060. (2)

    3 Les aides financières

    Les conseils départementaux

    Les conseils départementaux sont en charge de l’aide à l’autonomie des personnes âgées de leur territoire, et en particulier du versement de l’APA et de l’ASH. Ces deux aides financières sont les plus couramment perçues en cas de dépendance, et permettent de couvrir une part importante des dépenses courantes (aide à domicile, hébergement, etc.). C’est donc vers eux que vous devrez vous tourner pour solliciter ces allocations, en votre nom propre si vous êtes concerné par la dépendance ou au nom de la personne touchée.

    Les caisses de retraite

    Les caisses de retraite proposent elles aussi des aides financières pour aider les seniors à maintenir leur autonomie, par exemple :

    • financement d’aménagements et d’équipements comme des barres d’appui ou des marches antidérapantes, du matériel de téléassistance, des portes et volets automatiques, etc.
    • financement de l’intervention d’une aide à domicile pour la livraison de repas, le ménage, la toilette, etc.

    L’Assurance maladie

    L’Assurance maladie peut être sollicitée par les personnes dépendantes à faibles revenus pour bénéficier, sous conditions de la CMUC (couverture maladie universelle complémentaire) ou de l’aide à la complémentaire santé (ACS).

    Les complémentaires santé

    Les organismes de complémentaire santé peuvent aussi venir en aide aux personnes dépendantes ou à leurs proches aidants au travers de garanties ou grâce à des dispositifs internes de solidarité. Ainsi par exemple, la Macif a mis en place un fonds d’action sociale qui peut, sous conditions et après étude du dossier, allouer une aide exceptionnelle à un adhérent pour financer, par exemple, du matériel médical non pris en charge par ailleurs. Les contrats santé peuvent aussi inclure des garanties d’assistance permettant de bénéficier d’une aide à domicile ponctuelle, souvent en cas de retour au domicile après une hospitalisation.

    Le Trésor public

    Le Trésor public accorde un crédit d’impôt sur le revenu pour les dépenses supportées et liées à l’emploi direct d’une personne à domicile affectée au service de la personne ou employée via un prestataire agréé (associations, entreprises), quel que soit le mode de paiement (Chèque emploi service (CESU), chèque…). Le crédit couvre 50 % des dépenses engagées dans la limite de 12 000 euros, éventuellement majorée sous certaines conditions.

    Les aides financières pour aménager le logement

    Sous certaines conditions, il est aussi possible de bénéficier de crédits d’impôts pour les dépenses liées aux équipements pour le maintien à domicile des personnes âgées. Les travaux concernent, par exemple, l’installation de volets roulants électriques et de portes coulissantes, l’aménagement de la salle de bains, la pose de revêtements antidérapants, etc.

    L’ANAH (Agence nationale de l’habitat) peut allouer, selon vos conditions de ressources et étude de la demande, une   subvention pour des travaux d’aménagement du logement. Il existe deux types d’aides : une pour les propriétaires occupants anticipant le bien-vieillir à domicile, une pour adapter son logement en cas de handicap. Selon les cas, vous pourrez solliciter l’une ou l’autre.

    1 265 000

    personnes bénéficient de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). (3)

    4 Les aides juridiques et administratives

    L’assistance sociale

    L’assistance sociale accompagne les personnes qui éprouvent des difficultés diverses, qu’elles soient financières, sociales ou psychologiques. Pour les personnes dépendantes ou les aidants, elle peut ainsi aider à la réalisation des démarches administratives, informer sur les droits et les aides disponibles, etc.

    Le juge des tutelles

    Le juge des tutelles peut être saisi si l’état de dépendance de la personne altère ses facultés mentales et/ou ses facultés corporelles de nature à empêcher l’expression de sa volonté et rend nécessaire l’ouverture et la mise en place d’une mesure de protection juridique (tutelle, curatelle…) afin de protéger ses intérêts patrimoniaux et/ou sa personne. Le juge des tutelles peut désigner un membre de la famille ou toute autre personne pour exercer, selon la situation, la mission de tuteur ou de curateur. Celui-ci aura alors la charge de gérer les biens et besoins de la personne placée sous sa tutelle ou curatelle.

    Le mandataire judiciaire à la protection des majeurs

    Si le juge des tutelles ne peut pas désigner un membre de la famille pour exercer la mission de tuteur ou de curateur, il nomme un mandataire judiciaire à la protection des majeurs ». Ce professionnel est alors en charge de l’accompagnement social, administratif, juridique et financier de la personne, bénéficiaire d’une mesure de protection juridique.

    5 Les soins médicaux et paramédicaux

    De nombreux professionnels de santé peuvent être sollicités pour améliorer le quotidien de la personne dépendante ou perte d’autonomie : le médecin traitant et pour les soins courants, les infirmiers et infirmières libérales. De même, en fonction des besoins, peuvent intervenir : pédicures-podologues, masseurs-kinésithérapeutes, gérontologues, dentistes, ergothérapeutes, psychomotriciens …

    La consultation mémoire est un dispositif spécifiquement conçu pour évaluer les pertes de mémoire chez les personnes âgées et établir un diagnostic. Renseignez-vous si un proche (ou vous-même) présente ces symptômes.

    6 Les hébergements spécialisés

    Quand le maintien à domicile n’est pas possible ou pas souhaitable, il existe de nombreuses options de logement répondant à différents besoins : accueil familial, résidences services pour seniors autonomes, Ehpad (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), USLD (unités de soins de longue durée), etc.

    Pour choisir un établissement adapté, connaître les conditions d’accès et les tarifs, consultez le site Pour-les-personnes-agees.gouv.fr.

    7 Le soutien et l’entraide

    Les caisses de retraite proposent un soutien personnalisé aux personnes âgées fragilisées. Après évaluation globale des besoins à domicile de l’assuré, elles peuvent accorder de l’information et des conseils personnalisés ainsi que des aides à la vie quotidienne et au maintien du lien social.

    Là aussi, les organismes complémentaires santé, notamment les mutuelles, peuvent prévoir une aide à domicile ponctuelle pour soulager les aidants et leur permettre, par exemple, de partir en vacances. Renseignez-vous directement auprès de votre interlocuteur habituel.

    De nombreuses associations peuvent aussi vous venir en aide et vous informer, vous aider à trouver des professionnels et des services adaptés, défendre vos droits ou tout simplement recevoir un soutien moral. Citons par exemple :

    L’Essentiel de l’article

    • Il existe un portail public entièrement dédié à la question de la dépendance des personnes âgées.
    • Les points d’information de proximité comme les Centres locaux d’information et de coordination (CLIC) et les conseils départementaux sont des points d’entrée incontournables.
    • Pensez aussi aux associations.

    (1) Pourlespersonnesâgées.gouv
    (2) Vie-publique.fr, 2018
    (3) Vie-publique.fr, 2017
  • 6 gestes pour protéger le littoral

    6 gestes pour protéger le littoral

    1 Ramassez et triez vos déchets

    Ça va de soi ! Que vous soyez promeneur ou plaisancier, les règles élémentaires de propreté s’appliquent en bord de mer, pour la protection du littoral, comme partout ailleurs. S’il n’y a pas de poubelle à proximité de votre lieu de balade ou de pique-nique, remballez vos déchets et jetez-les (après les avoir triés) une fois rentré chez vous.

    2 Ne laissez pas voler les petits papiers

    En bord de mer ou en bateau, le vent souffle ! Même si vous êtes de ceux qui ramassent scrupuleusement leurs déchets, vous pouvez éviter les pollutions accidentelles en bannissant les sacs en plastique légers, serviettes en papier et autre vaisselle jetable qui s’envolent trop facilement. Soyez chic : si vous voyez un sac en plastique qui traîne dans l’eau, même si ce n’est pas le vôtre, ramassez-le. Ces sacs génèrent une importante pollution de l’eau et sont dangereux pour les animaux qui les avalent.

    8 MILLIONS DE TONNES DE PLASTIQUE

    sont déversées dans les océans chaque année, soit l’équivalent d’une benne entière à chaque minute. (1)

    3 Utilisez un cendrier de poche

    Ce n’est pas un détail ! Outre qu’il ne faut pas jeter ses mégots dans la nature (ils mettent 1 à 5 ans à se dégrader (2)), ils peuvent aussi causer des incendies si on les jette négligemment à la poubelle. Si vous fumez, l’utilisation d’un cendrier de poche métallique est donc vivement conseillée.

    4 Respectez plantes et animaux

    Certaines zones du littoral sont protégées : respectez les règles indiquées sur les panneaux à l’entrée des sites et le long du parcours. Certaines sont interdites d’accès, dans d’autres, il est interdit de cueillir des fleurs ou de ramasser des plantes… Dans tous les cas, ne dérangez pas les animaux si vous en voyez, et n’approchez pas les oiseaux qui nichent au sol. En mer, restez à distance des dauphins, des phoques et des autres mammifères marins, même s’il est tentant de s’en approcher. Avant de partir, pensez à vous munir d’une paire de jumelles pour les observer à distance sans les déranger !

    5 Pêchez avec discernement

    Vous aimez pêcher en mer ? Pas de problème ! La pêche maritime, qu’elle soit à pied, en bateau ou sous-marine, est autorisée sous certaines conditions, et ne nécessite pas de permis.

    Respectez les tailles minimales de capture des différentes espèces

    Si vous pêchez des poissons, des coquillages ou des crustacés trop petits, vous mettez en danger le renouvellement naturel des espèces et vous épuisez les réserves. Ne pêchez que ce qui est nécessaire à votre consommation du jour et respectez les quantités autorisées par jour et par personne. Ces réglementations dépendent des départements, avec des spécificités sur certaines zones.

    Consultez les sites des préfectures pour avoir en tête :

    • les espèces autorisées/interdites ;
    • les zones autorisées ;
    • les périodes annuelles et les heures de pêche autorisée/interdite ;
    • la taille minimale autorisée pour chaque espèce ;
    • les quantités autorisées par jour et par personne.

    Les équipements autorisés pour la pêche

    N’utilisez que des équipements autorisés, notamment :

    • pas d’arme à projectiles propulsés par un gaz comprimé autrement qu’à la main ;
    • pas de bouteilles de plongée. Seule la pêche sous-marine en apnée est autorisée.

    Pêcher pour le plaisir

    Attention, certaines espèces (par exemple le bar) peuvent être pêchées mais doivent être relâchées : pas question d’en faire un festin au dîner ! Là encore, renseignez-vous auprès de la préfecture du département pour connaître la réglementation locale.

    Vendre sa pêche : interdit !

    Il est strictement interdit de vendre ce que vous pêchez. Afin d’éviter la vente illégale, le pêcheur amateur doit marquer certaines espèces en coupant la partie inférieure de la nageoire caudale dès leur capture, sous peine d’amende. Pensez donc à emporter une paire de ciseaux avec vous.

    6 Naviguez écolo

    Homme libre, toujours tu chériras la mer… Lorsqu’on largue les amarres, il est important d’avoir en tête les règles élémentaires de respect des fragiles écosystèmes marins qu’on aime tant parcourir !

    • Équipez si possible votre bateau de cuves à eaux noires et évitez d’utiliser vos toilettes marines près du rivage. Vidangez les cuves uniquement dans les emplacements portuaires prévus à cet effet.
       
    • Quand vous faites le plein, allez-y doucement pour ne pas renverser de carburant dans l’eau. En cas de « loupé » sur le pont, nettoyez avec des produits non polluants.
       
    • D’une manière générale, préférez le nettoyage de votre bateau à l’eau claire. En cas de besoin, optez pour des produits biodégradables et sans chlore.
       
    • Le nettoyage des carénages doit obligatoirement s’effectuer sur des aires prévues pour la récupération des eaux de lavage. Pour éviter l’application de peintures antisalissures polluantes, préférez les nettoyages mécaniques comme le décapage manuel ou le sablage.
       
    • Enfin, choisissez des moteurs dont les normes garantissent le respect de l’environnement en termes de bruit et de rejets.

    Le continent de plastique existe-t-il ?

    Oui et non… 10 % du plastique produit dans le monde finit dans les océans. Portés par les courants et dégradés par la mer, ces déchets se transforment en fragments de petite taille qui flottent entre la surface et jusqu’à 30 mètres de profondeur. Il ne s’agit donc pas de masses solides mais plutôt de « soupes » de plastique dérivant au gré des courants maritimes.

    Les déchets sauvages vous font hurler ?

    Rejoignez les opérations bénévoles de ramassage des déchets près de chez vous. Renseignements et inscriptions sur Diffuz.com.

    L’Essentiel de l’article

    • Évitez les pollutions accidentelles liées aux plastiques et aux papiers qui s’envolent.
    • Utilisez un cendrier de poche.
    • Respectez les règlements quand vous pêchez.
    • Évitez les produits d’entretien polluants sur les bateaux.
    • Ne vidangez que dans les endroits prévus à cet effet.

    Ministère de la Transition écologique et solidaire

    (1) ONU, On estime que 8 millions de tonnes de déchets plastiques sont déversées dans les océans du monde chaque année, 2017
    (2) ConsoGlobe, « La durée de vie des déchets dans la nature »

     

  • Devenir famille de vacances Secours Populaire

    Devenir famille de vacances Secours Populaire

    1 Qu’est-ce que le programme de vacances du Secours Populaire ?

    Chaque année, le Secours populaire envoie en vacances des dizaines de milliers de personnes. Parmi elles, quelque 1 300 enfants sont accueillis dans des familles bénévoles partout en France, mais aussi en Suisse et aux Pays-Bas. Les familles reçoivent les enfants chez elles ou peuvent choisir de partir avec eux vers la destination de leur choix.

    « Les enfants comme les familles qui les accueillent ont des profils très divers ! Ils viennent de tous les départements, de banlieue, de la campagne. Nous connaissons les familles des enfants accueillis à travers nos permanences locales où elles viennent nous consulter pour une aide alimentaire ou vestimentaire, un départ en vacances ou simplement partager un moment », explique Ingrid Joigneaux, coordinatrice vacances de la fédération du Secours populaire de la Nièvre.

    1 enfant sur 3

    en France ne part pas en vacances (1).

    2 Comment se déroulent les séjours ?

    Les séjours sont organisés tout au long de l’année, en période de vacances scolaires. La durée du séjour est généralement d’une semaine, mais ça peut être deux ou trois. Chaque fédération départementale du Secours populaire a ses pratiques. Tout dépend aussi de l’envie et de la disponibilité de la famille et de l’enfant accueilli.

    Le programme est libre et fixé par la famille : visites culturelles, balades, activités diverses… Aucune obligation, mais l’idée est évidemment de passer de bons moments ensemble, et donc de ne pas rester à s’ennuyer devant la télé !

    Les enfants ont besoin de partir dans des familles qui peuvent leur apporter de l’attention et leur faire découvrir des choses, échanger sur le plan culturel, etc.

    Bon à savoir

    Les familles prennent en charge l’ensemble des frais liés au séjour de l’enfant (alimentation, loisirs, etc.), sauf les frais de transport liés à son arrivée et à son départ qui sont à la charge de l’association. Elles ne perçoivent aucune indemnité du Secours populaire ; c’est donc un geste généreux et totalement désintéressé.

    158 000

    personnes sont parties en vacances en 2015 grâce au Secours populaire (1).

    Comment devenir « famille de vacances » ?

    « C’est très simple : il suffit d’appeler la fédération ou l’antenne du Secours populaire proche de votre domicile. Un rendez-vous est convenu avec des bénévoles pour étudier le projet de la famille et, bien sûr, vérifier les conditions d’accueil de l’enfant. Mais il n’y a pas de critères à proprement parler, tout le monde peut potentiellement participer, que l’on ait soi-même des enfants ou pas. »

    Autrement dit, pas besoin d’habiter au bord de la mer ou d’avoir une grande maison avec piscine : toutes les propositions sont étudiées ! L’accueil familial est ensuite soumis à un agrément administratif délivré par la Direction départementale de la cohésion sociale (ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse) sur demande du Secours populaire (voir encadré). Une fois l’agrément reçu, le séjour de l’enfant pourra être organisé selon les modalités convenues avec la « famille de vacances ». Sachez que les familles ne rencontrent pas les enfants avant le séjour, mais des « présentations » réciproques sont faites à distance (dossier, courrier, téléphone…). C’est le Secours populaire qui compose en amont les familles de vacances et qui choisit donc quel enfant part dans quelle famille.

    Le saviez-vous ?

    La Macif soutient l’initiative « famille de vacances » du Secours Populaire !

    Comment faire une déclaration d’accueil avec hébergement ?

    Les démarches se font à distance auprès de la DDCSPP (Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations). Le Secours populaire remplit un formulaire et fournit les pièces justificatives nécessaires, comme une copie de la pièce d’identité de la personne qui sera responsable de l’enfant, un certificat d’assurance de responsabilité civile adaptée aux activités effectuées pendant les vacances, un extrait de casier judiciaire et un certificat de conformité des locaux, notamment au regard des normes anti-incendie. Le formulaire doit être accompagné d’un document détaillant le projet de vacances : lieu, dates, activités proposées, nombre d’enfants présents, etc.

    L’Essentiel de l’article

    • Le Secours populaire organise des vacances pour des enfants de 6 à 12 ans.
    • Les séjours durent généralement une à deux semaines.
    • L’enfant est accueilli au domicile de la famille ou part en vacances avec elle.
    • Les familles intéressées doivent prendre rendez-vous avec le Secours populaire.

    (1) Source : Secours populaire.
  • Mères célibataires : quelles aides pour les mamans solos ?

    Mères célibataires : quelles aides pour les mamans solos ?

    1 Si vous êtes très isolée : l’allocation de soutien familial (ASF)

    Cette allocation vous est réservée si vous vous apprêtez à vivre seule avec votre enfant, sans aide (ou très peu) de la part de l’autre parent. Cette aide est versée dans trois cas :

    • si l’autre parent ne verse aucune aide financière parce qu’il n’est pas solvable ou parce qu’aucune pension n’a été fixée par le juge des affaires familiales (JAF) ;
    • si l’autre parent ne verse pas entièrement ou pas régulièrement la pension prévue par le JAF ;
    • si l’autre parent verse une pension inférieure à 115,64 euros par mois.

    L’ASF est versé dès le premier mois de vie en solo et jusqu’aux 20 ans de l’enfant. Son montant est de 115,64 euros par mois. Si l’autre parent verse une pension inférieure à ce montant, l’ASF vient alors la compléter pour atteindre 115,64 eurps.

    Dès la naissance de votre enfant, la demande d’ASF est à adresser à la Caisse d’allocations familiale (CAF) ou à la Mutualité sociale agricole (MSA) selon votre caisse d’affiliation.

    Bon à savoir

    En cas de défaut de paiement de la pension alimentaire prévue par le JAF, l’ASF est versée à titre d’avance. La CAF ou la MSA entament alors une procédure en votre nom pour récupérer les pensions impayées auprès de l’autre parent. En cas de veuvage, l’enfant héritera de son parent en lieu et place de la pension alimentaire.

    2 Pour les petits : la prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE)

    La PAJE est en fait un groupement de plusieurs aides financières à destination des parents d’enfants de moins de 3 ans. Elles permettent de couvrir les dépenses liées à la naissance, comme l’achat de mobilier et d’équipement de puériculture, de participer au salaire des nounous, mais aussi, si vous choisissez de réduire votre activité professionnelle, de compenser les pertes de revenus. La plupart de ces prestations prennent en compte la situation de mère (ou père) isolé(e). Toutes ces aides sont à demander auprès de la CAF ou de la MSA.

    Pour s’équiper : la prime à la naissance ou à l’adoption

    L’arrivée de bébé, ce n’est pas rien ! L’achat des divers équipements comme le lit bébé, la poussette, les vêtements, ou le siège auto mettent votre budget à rude épreuve. Soumise à conditions de ressources, cette prime d’un montant de 944,51 euros vous est versée juste après la naissance de votre enfant. Une vraie bouffée d’oxygène pour le pouvoir d’achat !

    Pour l’entretien et l’éducation : l’allocation de naissance ou d’adoption

    Pour faire face plus sereinement aux premières années de votre bébé, cette allocation vient compléter les autres aides dès la naissance (ou l’arrivée de l’enfant adopté) et jusqu’à ses 3 ans. Également soumise à conditions de ressources, son montant varie de 92,31 euros à 184,62 euros en fonction de vos revenus.

    Si vous réduisez votre activité professionnelle : la Prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE)

    Vous souhaitez passer à mi-temps pour l’arrivée de bébé ? La PrePare est là pour compenser en partie la perte de revenus liée à une réduction ou un arrêt de l’activité professionnelle pour une durée déterminée (2). La PreParE n’est pas soumise à conditions de revenus, mais vous devez avoir travaillé pour y avoir droit : il faut en effet avoir validé au moins huit trimestres de cotisations vieillesse au cours d’une période de deux à cinq ans selon le nombre de vos enfants. Son montant va de 148,21 à 397,20 euros par mois en fonction de la réduction du temps de travail choisi. Une majoration est prévue jusqu’à 649,26 euros par mois si vous avez trois enfants à charge ou plus et que vous avez totalement arrêté de travailler.

    Pour faire garder bébé : le Complément de libre choix du mode de garde (CMG)

    Vous ne pouvez pas ou ne souhaitez pas mettre votre futur enfant à la crèche municipale ? Vous pouvez demander la CMG pour couvrir jusqu’à 85 % des frais de garde. Cette aide s’applique si vous avez recours à une assistante maternelle, une garde à domicile ou à une microcrèche. Le montant de l’aide varie en fonction de vos revenus et de l’âge de l’enfant, de 88,68 à 468,82 euros par mois (pour une assistante maternelle ou une garde à domicile) et de 310,39 euros à 857,27 euros par mois en microcrèche.

    3 Si vous êtes sans emploi : le revenu de solidarité active (RSA) parent isolé

    En tant que maman solo, vous avez droit au RSA si vous remplissez les conditions prévues, et son montant est même majoré par rapport au RSA « socle » (le RSA de base des personnes sans activité). Cette majoration au titre de parent isolé est valable pendant 12 mois suivant la naissance de l’enfant (ou de la séparation du conjoint), mais peut être prolongée jusqu’aux 3 ans de votre plus jeune enfant. Vous pouvez faire une simulation directement en ligne pour tester votre éligibilité et estimer son montant. À titre indicatif, les montants forfaitaires pour un parent solo (qui servent de base au calcul de votre RSA) s’échelonnent de 958,37 euros pour un enfant, 1 197,97 euros pour deux enfants, puis 239,59 euros par enfant supplémentaire.

    23 %

    En 2024, près d’une famille monoparentale avec un enfant sur quatre est touchée par la pauvreté (contre 8% pour les couples avec un enfant). (3)

    Et aussi… Trouver soutien et réconfort au quotidien

    L’argent ne fait pas tout… En tant que jeune maman solo, vous aurez parfois besoin de conseils, de soutien ou simplement d’écoute. Famille, amis, voisins et parents sont là, mais aussi de nombreuses associations de proximité et réseaux d’entraide. Renseignez-vous auprès de la mairie de votre domicile et n’hésitez pas à les contacter pour rencontrer d’autres mères dans votre situation, échanger vos questionnements et partager des bons plans ! Écoutez le témoignage de Margot, qui a vécu sa grossesse en solo :

     

    Le saviez-vous ?

    La Fondation d’entreprise du groupe Macif soutient l’association Parents Solos.

    Parents solos et compagnie, le bon réseau !

    Soutenue par la Fondation d’entreprise du groupe Macif, l’association Parents solos et compagnie est un réseau national d’aide et de soutien aux mères et aux pères isolés. Ses missions : rompre l’isolement et apporter une aide quotidienne aux familles, mais aussi participer au financement de projets d’entraide organisés par et pour les parents solos. En proposant des études sur la monoparentalité, l’association contribue aussi à faire changer le regard de la société sur ces familles.

    L’Essentiel de l’article

    • L’allocation de soutien familial (ASF) est versée aux parents solos ne percevant pas ou très peu d’aide financière de l’autre parent.
    • Les aides de la prestation d’accueil du jeune enfant (Paje) sont spécialement dédiées aux jeunes parents.
    • Le revenu de solidarité active (RSA) est majoré pour les mères (et les pères) solos.

    (1) Insee, 2024.
    (2) Jusqu’au 1er anniversaire de votre enfant (si vous n’en avez qu’un) ou jusqu’au 3e anniversaire du plus jeune de vos enfants.
    (3) Insee Références, édition 2018 – Fiches – Revenus.

  • Solidarité : comment donner du sens à son épargne ?

    Solidarité : comment donner du sens à son épargne ?

    1 Le LDDS : comme un livret A, mais solidaire

    Ces livrets « développement durable et solidaire » fonctionnent comme un livret A (il est d’ailleurs possible de posséder les deux), à trois différences près :

    • les fonds sont investis dans le financement de PME, dans l’optimisation énergétique des logements et dans les entreprises de l’ESS (économie sociale et solidaire) ;
    • le plafond est limité à 12 000 € (hors intérêts) contre 22 950 € pour un livret A ;
    • le nombre de LDDS est limité à deux par foyer fiscal.

    Pour le reste : 3 % de taux d’intérêt, exonération d’impôts (sur le revenu et CSG) et disponibilité permanente de votre épargne.

    Solidarité : comment donner du sens à son épargne ?

     

    +15%

    L’épargne solidaire a progressé de près de de 15 % entre 2022 et 2023. (1)

    2 Les livrets de partage : faire don d’une partie de ses intérêts

    Ces livrets d’épargne, comme le livret Solidaire ou le CSL, vous aident à soutenir les associations et les causes qui vous tiennent à cœur en reversant tout ou partie des intérêts sous forme de dons.

    Le livret Solidaire

    Ce livret bancaire est une alternative intéressante pour ceux qui ont atteint les plafonds sur leur livret A et leur LDDS. Les livrets Solidaires ne sont généralement pas plafonnés. En fonction de l’organisme financier qui le propose, les dons peuvent servir à financer différents types de projets ayant tous pour point commun une dimension solidaire certifiée (associations, crédit municipal, etc.). Si les intérêts sont soumis à la fiscalité en vigueur pour l’impôt sur le revenu et la CSG, il est en revanche possible de défiscaliser une partie des dons : 75 % des sommes versées jusqu’à 536 € et 66 % de la partie des dons supérieure à 536 € (dans la limite de dons représentant 20 % du revenu imposable et uniquement lorsque cela concerne des dons au profit d’organismes d’aide aux personnes en difficulté fournissant gratuitement des repas, des soins ou favorisant le logement).

    Solidarité : comment donner du sens à son épargne ?

     

    Le saviez-vous ?

    À la Macif, le Livret Solidaire propose un taux particulièrement compétitif de 1,90 % (jusqu’à 2 000 € et 1.30 % au-delà)* et permet d’aider le Samu social de Paris, les Restos du cœur ou le Secours populaire français.

    *Les intérêts sont soumis à la fiscalité en vigueur.

    3 Investir dans les entreprises de l’ESS (et réduire ses impôts)

    Comme pour les entreprises cotées en Bourse, il est possible d’investir dans les entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) pour toucher des dividendes en contrepartie.

    Cet actionnariat solidaire est accessible via des clubs d’investisseurs ou des établissements financiers spécialisés dans la finance solidaire. Vous trouverez une liste des établissements et des clubs sur le site de Fair (voir encadré).

    Solidarité : comment donner du sens à son épargne ?

     

    Le label Fair

    Fair, anciennement nommée Finansol, est une association loi de 1901 créée en 1995, dont l’objet est la promotion de la solidarité dans l’épargne et la finance. Grâce à un panel de critères intégrant (entre autres) la nature sociale ou environnementale de l’utilisation des fonds et la transparence de l’information, le label Fair garantit que les fonds collectés via un produit d’épargne labellisé sont utilisés de façon solidaire. Le site de Fair propose notamment la liste des produits d’épargne, de placement et d’établissements financiers labellisés.

    4 L’épargne salariale solidaire : pensez-y !

    L’épargne salariale ou PEE (Plan d’épargne entreprise) est un dispositif qui permet à certains salariés de se constituer une épargne via leur employeur, souvent grâce à l’intéressement ou la participation dont ils bénéficient. Or on n’y pense pas toujours, mais l’épargne salariale représente pourtant près des deux tiers des fonds solidaires actuellement collectés en France (1). Les salariés qui en bénéficient ont en effet le choix de placer leur épargne sur différents types de fonds, parmi lesquels des FCPES (Fonds commun de placement d’entreprise solidaire, ou fonds « 90/10 ») qui consacrent 5 à 10 % des investissements au financement d’entreprises agréées de l’ESS. Les 90 % restant sont investis dans des entreprises cotées qui intègrent des critères environnementaux et solidaires à leur gestion financière et leurs activités. Les FCPES sont également disponibles dans les portefeuilles de fonds des PERCO (Plan d’épargne retraite collectifs) proposés dans la plupart des grandes entreprises et certaines PME.

    Concrètement, si vous souhaitez vérifier et modifier le type de fonds sur lesquels votre épargne salariale est placée, il vous suffit de contacter l’organisme de gestion en charge pour connaître les modalités de changement d’attribution.

    L’Essentiel de l’article

    • Il existe des produits d’épargne qui garantissent une utilisation solidaire des fonds.
    • Les plus répandus sont les LDDS et les livrets Solidaires.
    • Les produits d’épargne solidaire sont labellisés par l’organisme Finansol.

    (1)  baromètre de la finance solidaire Fair-La Croix  2024

  • La Maison de répit accueille aidants et aidés

    La Maison de répit accueille aidants et aidés

    1 Accompagner les familles aidantes sur le long terme

    Avec 9 à 11 millions d’aidants familiaux en France (1) dont un bon nombre menacé de burn-out, le besoin de solutions de soutien est une véritable responsabilité nationale.

    « Bien qu’il existe déjà des solutions institutionnelles, associatives ou privées, il y a de réelles difficultés d’accès et de lisibilité de l’offre en fonction de la situation de chacun. Les familles ont du mal à trouver la bonne information et à être orientées vers les réponses adaptées à leur cas », explique Henri de Rohan-Chabot, fondateur et délégué général de France Répit.

    En janvier 2018, France Répit a d’abord mis en place une équipe mobile de répit et d’accompagnement des aidants composée de deux médecins, deux psychologues, une infirmière et une assistante sociale. L’équipe intervient gratuitement au domicile des familles qui en font la demande, lorsque le besoin de trouver un relais ou une aide pour les soins se fait sentir. Elle évalue alors la situation et les difficultés à résoudre pour orienter l’aidant vers les solutions adaptées comme la Maison de répit (entre autres), une structure d’accueil gérée par France Répit.

    « Quand les familles sont accueillies à la Maison de répit, nous évaluons avec elles l’impact de la situation d’aide sur leur santé, sur les enfants, sur la vie de couple, la vie sociale ou professionnelle. L’équipe mobile développe une approche systémique, globale et continue de la situation des familles, qu’elle accompagne ensuite dans la durée : des contacts sont organisés régulièrement pour réévaluer la situation et adapter les réponses. Nous accompagnons ainsi une soixantaine de familles qui peuvent à tout moment la solliciter pour demander de l’aide ou anticiper les prochaines vacances, etc. », poursuit Henri de Rohan-Chabot.

    61,4

    milliards d’euros de fonds publics ont été consacrés à la compensation de la perte d’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées en 2015.*

    2 Une maison de répit pour souffler et faire le point

    Ouverte en octobre 2018 dans la banlieue lyonnaise, la Maison de répit dispose de 21 chambres et studios familiaux pour accueillir les patients malades ou en situation de handicap (âgé de 0 à 60 ans et vivant dans la Métropole de Lyon) et leurs aidants, jusqu’à 30 jours par an.

    « C’est une première en France, pour laquelle on s’est beaucoup inspiré des maisons existant au Québec, ou en Europe du Nord. Nous accueillons à la fois des adultes et des enfants (2), ce qui est assez rare dans le milieu médico-social. Les patients peuvent être atteints de maladies ou en situation de handicap. Cela aussi est original car ces personnes sont généralement orientées dans des structures différentes. Chaque situation est évaluée par l’équipe mobile qui oriente si nécessaire les familles vers des solutions qui pourraient être mieux adaptées. »

    Les médecins, infirmières, infirmiers et soignants présents dans la Maison 24 h/24 et 7 j/7 sont donc polyvalents afin de pouvoir répondre aux besoins de tous ces profils de patients et assurer surveillance médicale et continuité des soins.

    La Macif s’engage auprès de ceux qui aident un de leurs proches au quotidien !

    Renseignez-vous sur le site aveclesaidants.fr.

    3 Des solutions sur place et « à emporter »

    L’autre particularité de la Maison de répit, c’est qu’elle accueille des patients et des aidants. Les familles qui le souhaitent ont en effet la possibilité de séjourner avec leur proche dans la Maison. C’est alors l’occasion de faire le point avec chacun sur les difficultés rencontrées au quotidien.

    « On sait que c’est compliqué pour les aidants, mais on oublie parfois que ça peut l’être aussi pour la personne aidée, qui se rend compte du souci qu’elle crée, qui peut aussi se sentir parfois étouffée par la bienveillance excessive des proches et avoir besoin d’un peu de liberté », analyse Henri de Rohan-Chabot.

    Cette relation aidant-aidé a donc besoin d’être questionnée régulièrement avec des professionnels pour comprendre ce qui peut être amélioré des deux côtés afin que la vie à domicile, au moment du retour, soit plus soutenable. L’idée de ce travail de fond est là aussi d’apporter un bénéfice sur le long terme, et pas seulement un moment de répit ponctuel.

    La Maison de répit, une alternative pour prendre du recul

     

    Bien sûr, les aidants peuvent aussi confier leur proche comme dans un centre d’accueil temporaire classique. Ils peuvent ainsi profiter de 30 jours de répit par an, répartis à leur convenance sur des séjours d’une journée à plusieurs semaines. Toute famille aidante résidant dans la métropole lyonnaise peut faire librement appel à la Maison de répit, qui évaluera avec elle les besoins et les possibilités d’accueil.

    Grâce au financement de l’ARS (agence régionale de santé), le reste à charge pour les familles est pour le moment de 20 euros par jour (gratuit pour les enfants jusqu’à 18 ans et les personnes relevant de la couverture médicale universelle ou CMU), le même tarif qu’un séjour à l’hôpital, et des discussions sont en cours avec les groupes de protection sociale et les mutuelles pour l’abaisser à zéro. Un coût avantageux susceptible de créer une forte demande de la part des quelques 160 000 aidants de la métropole lyonnaise.

    494 000

    places sont disponibles en établissements et services pour les personnes handicapées, dont 157 000 places pour les enfants et 337 000 places pour les adultes (2016).*

    4 Le répit pour lutter contre les coûts cachés de la dépendance

    À terme, France Répit espère pouvoir ouvrir une maison par région. Ce qui suppose bien sûr de rassembler les fonds nécessaires :

    « Le modèle économique de la première maison repose sur le mécénat d’entreprises et de groupes de protection sociale, qui a permis de mobiliser les 6 millions d’euros nécessaires à la construction de la Maison de répit de Lyon. Le budget de fonctionnement est assuré par l’ARS Auvergne Rhône-Alpes. Notre vision est que les budgets investis dans ces solutions d’aide aux aidants seront toujours moins importants que les coûts cachés liés à l’épuisement, aux arrêts de travail, maladies ou dépressions causées par la charge physique et mentale. Ce qui aboutit souvent à la réhospitalisation de la personne aidée simplement parce que les familles ne peuvent plus suivre. »

    C’est la raison pour laquelle France Répit développe aussi des activités scientifiques comme la création d’un Diplôme Universitaire de répit et l’organisation d’un grand congrès francophone tous les deux ans. Mais surtout, la Fondation est à l’origine d’un programme très ambitieux de recherche clinique et médico-économique sur la question des aidants. Une douzaine de chercheurs du centre Léon Bérard, de l’École des Mines et du CNRS travaillent ainsi pendant quatre ans à produire des données scientifiques sur l’impact des nouvelles solutions de répit sur la qualité de vie des personnes, le parcours de soins et les comptes sociaux.

    « Nous faisons l’hypothèse qu’en investissant 1 euro sur le répit, notre système de santé économisera 5, 7 ou 10 euros correspondant aux « coûts cachés » de l’épuisement (arrêts de travail, consultations, consommation de médicaments, réhospitalisation du patient pour cause d’épuisement de l’aidant). Ce que tout le monde subodore mais sans jamais avoir disposé de données scientifiques pour le prouver ».

    5 Lyon, métropole aidante

    Mais les projets de la fondation France Répit ne s’arrêtent pas là. Le projet « Métropole aidante » à Lyon part du constat qu’il existe une multitude de propositions pour les aidants, et que de nouvelles offres se créent en permanence. C’est le cas notamment des solutions de « baluchonnage » (ou relayage) : une personne vient à domicile pendant un ou plusieurs jours pour remplacer l’aidant dans son rôle de surveillance, d’accueil et de coordination des différents intervenants de santé, sans prodiguer de soins elle-même. Il existe également des formations dédiées, des « cafés des aidants », des groupes de parole, des soutiens psychologiques et sociaux, des accueils temporaires, des séjours de vacances adaptés…

    « En l’absence de politique nationale, chaque association, collectivité locale, centre de soins développe ses solutions, ce qui est positif mais crée des difficultés de compréhension et d’accès aux propositions adaptées à chaque situation. Le projet ”Métropole aidante” est donc de créer courant 2019 un véritable ”guichet unique” regroupant toutes les initiatives des acteurs de la Métropole sous forme d’un site Internet mais aussi d’un lieu physique au centre de Lyon. Notre souhait est que tous les aidants de la métropole, quels que soient l’âge et la situation de la personne dont ils s’occupent, puissent pousser la porte et être écoutés, informés et orientés vers les dispositifs adaptés. Ils bénéficieront ainsi d’une offre territoriale structurée, labellisée et accessible, ce qui est à ce jour unique en France ! »

    Besoin de relais en cas d’urgence ? D’aide au répit ? D’accompagnement psychologique ?

    Le contrat Garantie Autonomie et Dépendance Macif vous apporte des solutions.**

    L’Essentiel de l’article

    • France Répit propose des solutions de répit aux aidants.
    • Elle gère la Maison de répit, une structure de soutien aux familles et d’accueil temporaire pour personnes dépendantes.
    • Elle prend part à des activités de recherche sur l’impact économique et social des solutions de répit.

    (1) Dominique Gillot, « Préserver nos aidants : une responsabilité nationale », ministère de la Solidarité et de la Santé, juin 2018
    (2) La Maison n’a pour le moment pas d’agrément pour les personnes âgées. Elle n’assure pas non plus l’accueil de personnes souffrant de troubles du comportement sévères.

    * CNSA (Centre national pour la solidarité et l’autonomie), 2017
    ** Dans les conditions et limites du contrat souscrit.

  • Pourquoi et comment sauver la biodiversité marine ?

    Pourquoi et comment sauver la biodiversité marine ?

    1 La biodiversité marine, un enjeu vital pour l’homme

    La biodiversité marine n’est pas qu’un joyau qu’il faut préserver pour le plaisir des yeux et des touristes. D’abord, l’alimentation d’une partie importante de l’humanité dépend de la pêche, rendant vitale la préservation des stocks de poissons. Mais c’est aussi tout un secteur économique qui repose sur la préservation des espèces marines.

    Pourtant, la faune et la flore marines connaissent un déclin largement constaté partout dans le monde. En cause ? L’activité humaine, que ce soit la surpêche, les émissions de gaz à effet de serre qui entraînent le réchauffement climatique, la pollution des océans, la destruction des habitats côtiers, l’introduction d’espèces invasives, etc. Il est donc urgent d’agir !

    « La pression ne diminuant pas, la fin des pêches telles que pratiquées aujourd’hui pourrait avoir lieu d’ici 2048 si l’on ne change pas nos habitudes (1), déplore Jérémie Cogrel, assistant de recherche à Surfrider Foundation Europe. Les récifs coralliens, qui abritent 25 % de la biodiversité marine (2), sont également menacés de disparition, ce qui met en danger tout l’écosystème qui en dépend. » L’ONU estime qu’au niveau actuel de pollution plastique des océans, il y aura plus de plastiques que de poissons dans les mers du globe à l’horizon 2050, et que la quasi-totalité des oiseaux marins auront ingéré des déchets plastiques (3).

    Si aujourd’hui toute la population mondiale vivait comme un Français moyen, nous aurions besoin de trois planètes pour servir tout le monde !

    Autre enjeu clé que l’on ignore souvent, la biodiversité marine est un agent actif fondamental de la lutte contre le changement climatique. « Certains habitats côtiers comme les mangroves sont de réels pièges à gaz à effet de serre comme le CO2 », explique Jérémie Cogrel. Enfin, la biodiversité marine est aussi utile pour le maintien de la bonne qualité de l’eau et la régénération des écosystèmes après des catastrophes naturelles ou industrielles. L’intérêt de protéger les espèces marines et côtières est donc un enjeu environnemental global qui dépasse la seule sphère maritime.

    8 millions

    de tonnes de plastiques sont rejetées dans les océans du monde entier chaque année.*

    À savoir**

    À l’échelle globale, le réchauffement des océans conduira à des modifications profondes de la distribution des espèces marines :

    • dans les zones tropicales, une perte de diversité due aux eaux devenues trop chaudes ;
    • dans les régions tempérées, une augmentation de la biodiversité liée à la migration de certaines espèces tropicales ;
    • pour les zones polaires, une disparition des espèces et écosystèmes dépendants de la glace, et arrivée des espèces des zones subpolaires.

    2 Agir à son échelle pour protéger les écosystèmes marins et côtiers

    À l’échelle individuelle, quels gestes peut-on mettre en place pour protéger la biodiversité marine ? Pour Jérémie Cogrel, la mobilisation de tous est primordiale, et les gestes à adopter sont légion ! À commencer par ne pas jeter ses déchets sur la plage. Un simple mégot suffit à polluer 500 litres d’eau de mer et met jusqu’à 5 ans à se dégrader dans l’environnement (4) ! Chez soi, tous les écogestes bénéficient aussi aux océans : trier ses déchets, utiliser des produits d’entretien sans danger pour l’environnement, et bien sûr, limiter l’utilisation du plastique. Car une écrasante majorité des déchets plastiques trouvés en mer proviennent des terres : 10 % sont des détritus abandonnés sur les littoraux et 80 % viennent de l’intérieur des terres (déchets jetés le long des routes et des rivières, en décharge sauvage, etc.).(5) Poussés par les vents et la pluie, tous finissent en mer.

    Il existe aujourd’hui de nombreuses alternatives aux plastiques jetables, responsable d’une part importante de la pollution des océans : carafes et gourdes pour remplacer les bouteilles plastiques, pailles en bambou ou en inox, brosse à dents en bambou compostable, sacs en coton (bio de préférence), cosmétiques et produits d’entretien à faire soi-même, aliments en vrac qui évitent les emballages…

    « On peut aussi penser, en vacances, à utiliser des crèmes solaires non impactantes pour l’environnement marin, notamment pour les coraux, ajoute Jérémie Cogrel. Ou tout simplement consommer moins de produits de la mer et de viande, car les élevages sont souvent nourris avec des farines de poissons. Et quand on en consomme, prendre des produits issus de la pêche durable. Nous conseillons aussi de choisir des produits bios aussi souvent que possible, car les pesticides de l’agriculture classique finissent en partie dans les océans et nuisent à la biodiversité. »

    Pour ceux qui pratiquent un sport nautique, le respect scrupuleux des réglementations des espaces protégés et des écogestes de base est évidemment nécessaire. Si vous utilisez en plus un matériel écoresponsable, la nature vous dira merci… Pour Jérémie Cogrel, l’action directe reste bien sûr un levier de choix pour faire bouger les choses : « Devenir bénévole dans une association de protection de l’environnement est une excellente option pour sensibiliser un maximum de personnes aux problématiques actuelles. Il faut agir pour faire changer les mentalités ! »

    L’association Surfrider au cœur de la protection des biodiversités marines

    Créée en 1990 par un groupe de surfeurs et soutenue par la fondation d’entreprise du groupe Macif, Surfrider Foundation Europe a pour mission la protection et la mise en valeur des milieux aquatiques. Elle regroupe 13 000 adhérents dans neuf pays et travaille sur trois grandes thématiques : les déchets aquatiques, la qualité des eaux, la santé des usagers et l’aménagement du littoral en lien avec le changement climatique.

    L’Essentiel de l’article

    • L’état des stocks de poissons montre que la biodiversité marine décline.
    • La surpêche, la pollution et le réchauffement climatique sont principalement en cause.
    • Éliminer les plastiques et limiter sa consommation de produits de la mer aide à préserver la biodiversité marine.

    (1) Gilles Bœuf, conférence au Collège de France « Océan et érosion de la biodiversité marine ».
    (2) WWF, « Coraux – Joyaux des océans ».
    (3) ONU Environnement, citant une étude de la Fondation Ellen MacArthur.
    (4) Futura Planète, « Quelle est la durée de vie des déchets ? ».
    (5) Surfrider Foundation Europe, « Pollution des océans : origine des déchets aquatiques ».

    * ONU Environnement
    ** Surfrider Foundation Europe

  • Don de RTT et congés : quand la solidarité s’invite dans l’entreprise

    Don de RTT et congés : quand la solidarité s’invite dans l’entreprise

    1 Qu’est-ce que la loi Mathys ?

    Zoom sur le don de RTT

    Offrir du temps à un collègue dont l’enfant souffre d’une grave maladie : c’est ce que permet, en France, la loi Mathys du 9 mai 2014, intégrée dans le Code du travail. Cette dernière autorise en effet le don de jours de RTT, de congés payés et/ou d’heures de récupération entre collaborateurs d’une même entreprise. Concrètement, le dispositif donne à tous les salariés la possibilité de renoncer anonymement et sans aucune contrepartie à tout ou partie de leurs jours de repos non pris (à l’exception des quatre premières semaines de congés payés) afin de les offrir à un collaborateur dont l’enfant est gravement malade, par exemple.
     
    Ce dispositif peut bénéficier au salarié assumant la charge d’un enfant de moins de 20 ans atteint d’une maladie, d’un handicap ou victime d’un grave accident rendant indispensables une présence soutenue et des soins contraignants.

    Dons de RTT : un dispositif élargi aux aidants familiaux

    Les conditions de ce dispositif ont été élargies en février 2018. Désormais, les aidants familiaux peuvent eux aussi profiter du dispositif dès lors qu’ils viennent en aide « de manière régulière et fréquente », à titre « non professionnel » à « un proche en situation de handicap ou à un proche âgé et en perte d’autonomie » (1). Dans ce cadre, le degré de parenté de l’aidé peut aller jusqu’au quatrième degré (frère, sœur, tante, oncle, cousin germain, neveu, nièce, etc.). La personne à charge peut en outre n’avoir aucun lien de parenté avec le bénéficiaire, mais une relation étroite et stable doit avoir été tissée entre les intéressés.

    Dans tous les cas, le bénéficiaire doit fournir à son employeur un certificat médical détaillé, celui-ci précisant notamment qu’une présence soutenue et des soins contraignants sont indispensables au rétablissement de la personne malade. En outre, qu’il s’agisse de donner des jours de congé ou d’en recevoir, l’accord de l’employeur est indispensable. La rémunération, elle, reste inchangée d’un côté comme de l’autre.

    À savoir

    Le salarié qui bénéficie du don de jours de repos conserve sa rémunération pendant son absence. Par ailleurs, toutes les périodes d’absence sont assimilées à une période de travail effectif, ce qui permet de les comptabiliser pour déterminer les droits du salarié liés à l’ancienneté. Le salarié conserve également le bénéfice de tous les avantages qu’il avait acquis avant le début de sa période d’absence. (1)

    2 Quand une entreprise soutient l’un de ses salariés

    En 2015, le dirigeant de l’agence lilloise DPS & Co a justement permis à ses collaborateurs de venir en aide à l’une de leurs collègues dont la fille devait être hospitalisée pendant plusieurs mois. Pierre Delobel, concepteur-rédacteur senior, fait partie des nombreux salariés à s’être mobilisé.

    Dans quelles circonstances le don de RTT a-t-il été mis en place au sein de votre entreprise ?

    Pierre Delobel : L’une des collaboratrices de l’agence a dû faire face à la maladie de sa fille âgée d’un an. Un cancer venait de lui être diagnostiqué. Nous avons été extrêmement touchés par cette annonce. Notre collègue nous a ensuite expliqué qu’elle allait devoir s’absenter pendant une longue période pour s’occuper de son enfant, quitte à poser des congés sans solde.

    Cette éventualité nous a interpellés. L’un des salariés, qui avait entendu parler de la loi Mathys dans les médias, a émis l’idée d’offrir du temps. L’initiative était lancée.

    Comment vous êtes-vous organisés en interne ?

    Pierre Delobel : Nous nous sommes rapprochés de notre service Ressources humaines et de notre direction afin de nous assurer que nous pouvions véritablement donner des jours de congé, que nous étions dans le cadre de la loi. Non seulement notre direction a immédiatement donné son feu vert, mais elle a également voulu participer à cet élan de solidarité. Elle s’est ainsi engagée à doubler le nombre de jours qui seraient collectés.

    Le service RH a donc envoyé un e-mail à chaque employé, stipulant qu’y répondre nous engageait à donner un jour de congés payés ou de RTT. Notre agence compte 80 salariés à Lille et une trentaine à Paris et nous avons reçu 89 réponses positives. C’est énorme ! Les Ressources humaines se sont ensuite chargées de la logistique.

    Comment ce geste de solidarité a-t-il été accueilli par la principale intéressée ?

    Pierre Delobel : Elle a été très touchée. Elle a appris qu’elle allait bénéficier de 178 jours de congé (soit près de 7,5 mois) par le biais de sa responsable. Elle nous a tout de suite fait parvenir un message de remerciement. Sa petite fille est malheureusement décédée quelques semaines plus tard. Il restait alors 1,5 mois de congé à notre collaboratrice. Elle a pu utiliser ce temps pour se remettre de cette épreuve. Elle a ensuite repris ses fonctions à l’agence, pleine de reconnaissance, avant de la quitter définitivement peu de temps après. Son départ était indispensable à sa reconstruction, mais je suis persuadé que notre geste restera gravé dans sa mémoire. De même, elle aura toujours une place toute particulière dans l’histoire de l’entreprise.

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    L’Essentiel de l’article

    • Le don de jours de repos entre salariés d’une même entreprise est encadré par le Code du travail.
    • Le dispositif de la loi Mathys du 9 mai 2014 a été élargi par une loi du 13 février 2018.
    • Peuvent bénéficier de ce don les parents d’enfants gravement malades, mais aussi les aidants familiaux.

    (1) Service-Public.fr, « Don de jours de repos à un salarié parent d’enfant gravement malade ou proche aidant », 2018.

  • Le MuMo fait voyager l’art au cœur des régions

    Le MuMo fait voyager l’art au cœur des régions

    1 Le MuMo a déjà une longue histoire, pouvez-vous nous raconter comment est née l’idée ?

    Ingrid Brochard : L’aventure du MuMo a commencé en 2008 avec un premier camion créé à partir d’un container par Adam Kalkin, architecte et artiste américain. Nous exposions alors des œuvres créées spécialement par les artistes pour le MuMo. Le camion a circulé pendant six ans : c’était un projet un peu fou, utopique, qui nous a emmenés sur les routes de France, de Belgique, en Afrique… Très vite, nous avons été amenés à travailler avec l’Éducation nationale et le ministère de la Culture. Quand le président de la République François Hollande a lancé le dispositif La France s’engage, nous avons présenté un nouveau projet de musée mobile itinérant qui aurait pour vocation de faire circuler les œuvres des collections des musées nationaux. Je suis alors entrée en contact avec Matali Crasset, une designer qui travaille beaucoup sur l’accès à l’art et l’ouverture, et qui a une vraie écoute et compréhension des besoins des publics et des commanditaires de projet. Notamment, elle a su créer des espaces de vie et d’interaction pas seulement dans le camion, mais aussi autour, ce qui était capital dans l’approche que nous voulions proposer.

    20 000

    visiteurs profitent des expositions du MuMo chaque année.*

    2 À quels publics s’adresse ce nouveau MuMo ?

    Ingrid Brochard : J’avais remarqué avec le premier MuMo que de nombreux publics étaient coupés du monde de l’art, que ce soit pour des raisons économiques, géographiques ou culturelles. Or l’art est un formidable outil d’éveil au monde, et je souhaitais offrir cette chance de premier contact avec des œuvres contemporaines, un peu sur le modèle des bibliobus qui se déplacent pour apporter des livres dans les quartiers. Nous tournons dans les secteurs éloignés des musées, donc principalement dans les banlieues et en campagne. Et où que nous allions, nous sommes toujours très bien reçus ! Les jeunes comme les parents sont ravis qu’on vienne au-devant d’eux pour leur présenter ces œuvres. Les visites se font en famille ou entre amis, c’est vraiment très varié. Parce qu’au-delà de l’expérience artistique et esthétique du camion qui se déplie pour présenter les œuvres, il y a une vraie dimension sociale : tout le monde est invité à la visite, tous âges confondus.

    3 Comment sont organisées les tournées ?

    Ingrid Brochard : Les quartiers et villages sont choisis en concertation avec les FRAC (Fonds régionaux d’art contemporain) dont nous exposons les œuvres, les DRAC (Directions régionales des affaires culturelles), l’éducation nationale et les collectivités locales, lors d’un comité de pilotage où l’on étudie les besoins des territoires pour fixer l’itinéraire de chaque tournée. Chaque tournée dure environ deux mois ou deux mois et demi, avec 10 à 12 étapes où nous restons environ une semaine. Ce temps nous permet de nouer de vrais contacts au sein du quartier, d’instaurer une forme pérenne de vivre ensemble et d’attirer des publics différents au fil des jours : d’abord, les enfants et les ados via les visites organisées avec l’école et les ateliers pédagogiques. Le soir et les week-ends, nous faisons des portes ouvertes pour tout public, et le vendredi, c’est le jour où nous exposons les œuvres produites par les enfants pendant les ateliers. Cette création de lien social sur la durée est vraiment au cœur du projet, c’est pour cela que nous restons plusieurs jours sur chaque étape.

    4 Quels types d’œuvres présentez-vous ?

    Ingrid Brochard : Aujourd’hui, nous travaillons uniquement avec les FRAC (Fonds régionaux d’art contemporain), avec l’idée, aussi, de faire la promotion des musées régionaux et du patrimoine artistique local. Ce sont donc des expositions qui changent en fonction du territoire… Cela ne veut pas dire que ce sont des artistes issus du terroir, mais que nous présentons des œuvres « domiciliées » dans la région. Par exemple, du 9 février au 12 avril 2019, nous sommes en Auvergne où nous présenterons des œuvres ayant déjà fait l’objet d’expositions au FRAC à Clermont-Ferrand (63), comme celles d’Abdelkader Benchamma, un artiste français exposé dans le monde entier, ou du dessinateur suisse Marc Bauer.

    5 Comment est financé le projet ? Son avenir est-il assuré ?

    Ingrid Brochard : Grâce à notre approche basée sur la promotion de l’art comme vecteur de lien social, nous avons obtenu une subvention de l’État (notamment dans le cadre du dispositif La France s’engage) et d’autres partenaires dont la Fondation d’entreprise du groupe Macif pour construire ce nouveau camion et avoir les fonds nécessaires au fonctionnement quotidien. Comme nos tournées ont beaucoup de succès, nous sommes déjà « bookés » jusqu’en 2021, avec un rythme de passage triennal dans les différents quartiers. Évidemment, notre souhait serait d’avoir plus de camions pour pouvoir démultiplier notre action. C’est quelque chose sur quoi nous allons travailler dans les mois à venir…

    La culture pour tous !

    En soutenant le MuMo, la Fondation d’entreprise du groupe Macif permet aux habitants des zones péri-urbaines et rurales d’accéder facilement à l’art. Une action qui lutte contre la fracture territoriale !

    L’Essentiel de l’article

    • Le MuMo (musée mobile) est un camion qui présente une exposition itinérante d’art contemporain.
    • Il présente des œuvres des FRAC (Fonds régionaux d’art contemporain) auprès des publics ayant peu accès aux musées.
    • Il a été développé en collaboration avec l’artiste et designer Matali Crasset.

    MuMo