Étiquette : Travail

  • Vie pro des jeunes : se former encore et toujours

    Vie pro des jeunes : se former encore et toujours

    Trouver du sens et de l’épanouissement

    Après des études de droit en propriété intellectuelle à l’Université d’Assas et deux années passées en tant que juriste dans des sociétés de productions de cinéma, Louise*, 26 ans, ne s’épanouissait pas dans l’univers professionnel qu’elle avait fantasmé. Si trente ans auparavant, elle aurait probablement pris son mal en patience et effectué toute sa carrière dans la même entreprise, il n’est manifestement plus question pour la jeune génération d’avoir le sentiment de subir son travail. En 2024, elle a alors décidé de tout recommencer par une voie classique, mais très appréciée par la jeune génération de salariés : la formation professionnelle. En parallèle d’un CDD dans une communauté d’entraide au recrutement, elle a repris des études en psychologie du travail au Conservatoire national des arts et métiers. « Que ce soit en raison de l’instabilité politique ou de la crise environnementale, l’avenir peut sembler inquiétant. Néanmoins, on passe 80 % de notre temps au travail, alors on ressent le besoin de s’y accomplir. Se former tout au long de sa carrière, c’est être capable de s’adapter à nos désirs et aux aléas de la société », explique Louise.

    Lutter contre l’ennui et la lassitude

    Selon des données récentes de LinkedIn, aux États-Unis, près de trois quarts (70 %) des professionnels de la génération Z disent avoir vécu une prise de conscience concernant leur carrière depuis la pandémie. « Ils déclarent qu’ils s’ennuient et qu’ils souhaitent occuper un emploi qui corresponde davantage à leur passion ou qu’ils sont à la recherche d’opportunités d’évolution », détaille Laurie Moot, Marketing Manager chez LinkedIn, dans un post dédié. En France aussi, cette lassitude se fait ressentir, et se manifeste par un phénomène positif : l’aspiration grandissante à se former tout au long de sa carrière. Selon le baromètre Jeunes et entreprises, 65 % des 18-24 ans y aspirent. En 2022, selon l’Insee, 43 % des personnes âgées de 18 à 24 ans ont suivi au moins une formation non formelle à but professionnel au cours des douze derniers mois, contre 37 % en 2016.

    S’adapter aux nouveaux enjeux

    Chez les jeunes, la formation continue est aussi vue comme un moyen de se protéger sur un marché du travail plus précaire et instable que celui de leurs aînés. Près d’un tiers des jeunes salariés (31 %) mettent en avant un souhait de progresser dans leur entreprise, porté par le risque de perdre leur emploi qu’ils perçoivent comme fragile. C’est aussi pour échapper à une carrière monotone que les jeunes plébiscitent la formation. À la question « que souhaitez-vous pour les cinq ans à venir ? », plus de la moitié des jeunes souhaite « trouver un autre emploi » ou « changer d’entreprise », et 43 % d’entre eux voudraient « changer de métier ou de profession » selon la thèse en psychologie sociale de Lucile Cassé. « Avant, les carrières étaient linéaires, on passait 40 ans dans la même boîte. Désormais, les jeunes se posent plus de questions. Ils veulent savoir en quoi ils sont utiles, si les interactions humaines au travail seront de qualité, et de quelle manière leur emploi se conjuguera avec leur vie personnelle », ajoute Ludovic de Gromard, cofondateur de Chance, une communauté d’entraide qui propose des programmes d’accompagnement et de recrutement. Enfin, les jeunes veulent également se former pour répondre aux défis actuels des secteurs d’activités dans lesquels ils se trouvent, ainsi les professeurs de l’Éducation nationale sont nombreux à recourir à une formation continue sur le harcèlement ou l’autisme à l’école.

    Différentes options possibles

    Compte personnel de Formation (CPF), stages, alternance, bilan de compétences, reconversion… L’aspiration des jeunes à se former tout au long de leur carrière vient contredire l’idée reçue selon laquelle « les jeunes ne voudraient plus travailler »… La preuve : alors que les générations précédentes préféraient se former en semaine, la génération Z ne voit pas d’inconvénient à se former le week-end. De plus, en dépit du regain d’intérêt pour le développement des compétences interpersonnelles, le rapport Développement des compétences en entreprise de l’année dernière a révélé que la génération Z passe 12 % de plus de son temps sur LinkedIn Learning à développer ses compétences techniques que la moyenne des apprenants.

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  • Les choses à ne pas dire à quelqu’un qui se retrouve au chômage

    Les choses à ne pas dire à quelqu’un qui se retrouve au chômage

    Diplôme n’est pas forcément égal à emploi

    Ambre se rappellera longtemps de son entrée sur le marché du travail en mars 2020. Confiante après l’obtention d’un Master 2 en communication effectué en alternance, son début de carrière professionnelle s’est vu stoppé net par la crise sanitaire et les trois confinements successifs. Déjà à l’époque, lorsqu’elle parle de sa difficulté à trouver un emploi, on la renvoie à son jeune âge et à un stéréotype qui a la peau dure : les jeunes ne voudraient plus travailler, ou, en tout cas, seraient partisans du moindre effort. « Après six années d’études, deux mémoires et des efforts quotidiens pour trouver un job dans un contexte de crise sanitaire, sous-entendre que quand on veut on peut, c’est plus que décourageant », se souvient-elle. Après plus de trois années passées en communication institutionnelle dans une commune des Alpes-Maritimes, la jeune femme s’est de nouveau retrouvée au chômage pour suivi de conjoint dans une autre région. « Là encore, on a mis la difficulté à trouver un emploi sur le dos de mon jeune âge, en m’avertissant bien que je n’allais pas éternellement avoir des aides. Comme si c’était ce à quoi j’aspirais ! », blâme-t-elle. En attendant de trouver un emploi correspondant à ses qualifications dans sa nouvelle région, elle travaille temporairement dans la restauration.

    Stigmatisation des demandeurs d’emploi

    Bien que stigmatisantes, les petites phrases adressées aux demandeurs d’emploi sont cohérentes avec l’image négative qui leur colle à la peau. En 1981 déjà, l’étude réalisée par le sociologue Dominique Schnapper en France montre, par le biais d’une recherche par entretiens libres auprès d’une centaine de chômeurs, que ceux-ci apparaissent aux yeux des autres et à leurs propres yeux comme étant des « parasites », des « fainéants » et des « profiteurs ». Un stéréotype qui perdure aujourd’hui selon David Bourguignon, professeur en psychologie sociale à l’Université de Lorraine, qui s’est intéressé à la manière dont sont perçus les chômeurs en France, en Belgique et dans d’autres pays européens. Là encore, les qualificatifs « fainéants », « incompétents », « apathiques » apparaissent. « Ce que nous avons montré, c’est que les personnes qui y étaient confrontées étaient moins motivées à rechercher du travail », explique-t-il dans une interview réalisée par l’association Unédic, sur la vision déformée des Français quant au profil des chômeurs.

    « La recherche d’emploi, c’est du travail ! »

    Christophe Bort, directeur général de l’association de réinsertion Tous Tes Possibles, est témoin chaque jour d’attitudes inappropriées face aux demandeurs d’emploi. « Souvent, on va dire aux chômeurs qu’ils ont du temps devant eux. Mais être au chômage et être proactif, c’est parfois envoyer des dizaines de candidatures par jour. La recherche d’emploi, c’est du travail ! », rappelle-t-il. C’est ce qu’essaye de faire comprendre Jade, vidéaste parisienne de 26 ans, à ses parents, qui estiment que leur fille est capricieuse dans sa recherche de travail. Diplômée d’une école de journalisme depuis deux ans, elle peine à décrocher un contrat stable, n’ayant pas d’autres choix que d’enchaîner des contrats précaires ou à la mission, dans un secteur de l’audiovisuel structurellement bouché : « Ne pas voir que ce sont les conditions d’entrée sur le marché du travail qui sont plus difficiles qu’à leur époque me met en colère. » Aux yeux de Christophe Bort, la culpabilité peut être contre-productive et provoquer du chômage longue durée. « Beaucoup de demandeurs d’emploi ont intégré qu’ils ne sont pas désirables sur le marché du travail et ont une estime d’eux-mêmes dégradée. L’idéal est de tenir un discours positif et valorisant, sans extrapoler », conseille le directeur associatif.

    Souvent subi, le chômage peut aussi se révéler être une période de rééquilibrage et de précision de son projet professionnel. Sur le plateau de C à Vous, sur France 5, Kyan Khojandi, réalisateur de la série à succès Bref, s’est dit reconnaissant envers le système qui lui a permis de ne pas définitivement basculer. « J’étais au RSA le jeudi et le mardi suivant dans les locaux de la direction des programmes de Canal+ avec des gens emballés », a-t-il déclaré dans une allocution remarquée. En effet, 37 % des sondés d’une étude sur le chômage assurent qu’ils n’auraient jamais pu mener à terme ces changements de vie professionnelle sans la possibilité de recevoir des droits au chômage. Une énième raison de changer de ton face aux personnes en recherche d’emploi ?

  • Les choses à ne pas dire à quelqu’un qui se retrouve au chômage

    Les choses à ne pas dire à quelqu’un qui se retrouve au chômage

    Diplôme n’est pas forcément égal à emploi

    Ambre se rappellera longtemps de son entrée sur le marché du travail en mars 2020. Confiante après l’obtention d’un Master 2 en communication effectué en alternance, son début de carrière professionnelle s’est vu stoppé net par la crise sanitaire et les trois confinements successifs. Déjà à l’époque, lorsqu’elle parle de sa difficulté à trouver un emploi, on la renvoie à son jeune âge et à un stéréotype qui a la peau dure : les jeunes ne voudraient plus travailler, ou, en tout cas, seraient partisans du moindre effort. « Après six années d’études, deux mémoires et des efforts quotidiens pour trouver un job dans un contexte de crise sanitaire, sous-entendre que quand on veut on peut, c’est plus que décourageant », se souvient-elle. Après plus de trois années passées en communication institutionnelle dans une commune des Alpes-Maritimes, la jeune femme s’est de nouveau retrouvée au chômage pour suivi de conjoint dans une autre région. « Là encore, on a mis la difficulté à trouver un emploi sur le dos de mon jeune âge, en m’avertissant bien que je n’allais pas éternellement avoir des aides. Comme si c’était ce à quoi j’aspirais ! », blâme-t-elle. En attendant de trouver un emploi correspondant à ses qualifications dans sa nouvelle région, elle travaille temporairement dans la restauration.

    Stigmatisation des demandeurs d’emploi

    Bien que stigmatisantes, les petites phrases adressées aux demandeurs d’emploi sont cohérentes avec l’image négative qui leur colle à la peau. En 1981 déjà, l’étude réalisée par le sociologue Dominique Schnapper en France montre, par le biais d’une recherche par entretiens libres auprès d’une centaine de chômeurs, que ceux-ci apparaissent aux yeux des autres et à leurs propres yeux comme étant des « parasites », des « fainéants » et des « profiteurs ». Un stéréotype qui perdure aujourd’hui selon David Bourguignon, professeur en psychologie sociale à l’Université de Lorraine, qui s’est intéressé à la manière dont sont perçus les chômeurs en France, en Belgique et dans d’autres pays européens. Là encore, les qualificatifs « fainéants », « incompétents », « apathiques » apparaissent. « Ce que nous avons montré, c’est que les personnes qui y étaient confrontées étaient moins motivées à rechercher du travail », explique-t-il dans une interview réalisée par l’association Unédic, sur la vision déformée des Français quant au profil des chômeurs.

    « La recherche d’emploi, c’est du travail ! »

    Christophe Bort, directeur général de l’association de réinsertion Tous Tes Possibles, est témoin chaque jour d’attitudes inappropriées face aux demandeurs d’emploi. « Souvent, on va dire aux chômeurs qu’ils ont du temps devant eux. Mais être au chômage et être proactif, c’est parfois envoyer des dizaines de candidatures par jour. La recherche d’emploi, c’est du travail ! », rappelle-t-il. C’est ce qu’essaye de faire comprendre Jade, vidéaste parisienne de 26 ans, à ses parents, qui estiment que leur fille est capricieuse dans sa recherche de travail. Diplômée d’une école de journalisme depuis deux ans, elle peine à décrocher un contrat stable, n’ayant pas d’autres choix que d’enchaîner des contrats précaires ou à la mission, dans un secteur de l’audiovisuel structurellement bouché : « Ne pas voir que ce sont les conditions d’entrée sur le marché du travail qui sont plus difficiles qu’à leur époque me met en colère. » Aux yeux de Christophe Bort, la culpabilité peut être contre-productive et provoquer du chômage longue durée. « Beaucoup de demandeurs d’emploi ont intégré qu’ils ne sont pas désirables sur le marché du travail et ont une estime d’eux-mêmes dégradée. L’idéal est de tenir un discours positif et valorisant, sans extrapoler », conseille le directeur associatif.

    Souvent subi, le chômage peut aussi se révéler être une période de rééquilibrage et de précision de son projet professionnel. Sur le plateau de C à Vous, sur France 5, Kyan Khojandi, réalisateur de la série à succès Bref, s’est dit reconnaissant envers le système qui lui a permis de ne pas définitivement basculer. « J’étais au RSA le jeudi et le mardi suivant dans les locaux de la direction des programmes de Canal+ avec des gens emballés », a-t-il déclaré dans une allocution remarquée. En effet, 37 % des sondés d’une étude sur le chômage assurent qu’ils n’auraient jamais pu mener à terme ces changements de vie professionnelle sans la possibilité de recevoir des droits au chômage. Une énième raison de changer de ton face aux personnes en recherche d’emploi ?

  • Aidant et salarié : comment concilier vie pro et vie d’aidant ?

    Aidant et salarié : comment concilier vie pro et vie d’aidant ?

    Endosser le rôle d’aidant, c’est à la fois assumer les tâches du quotidien, mais aussi être le principal soutien moral et affectif du proche aidé. Une mission aussi importante que difficile, comme en témoigne Julie, qui a mené de front sa vie familiale et professionnelle avec son rôle d’aidant auprès de Laurent, son mari décédé en décembre dernier des suites d’une maladie. Elle partage son expérience.

    1 Quand survient l’impensable

    La maladie de Laurent se manifeste d’abord par des pertes cognitives et une intense fatigue, mises sur le compte d’un burn-out professionnel. Puis le diagnostic tombe : c’est un cancer. Pour Julie et sa famille, le monde s’écroule. Julie occupe un poste à responsabilité au sein d’une agence de publicité parisienne. Alors en période d’essai, elle n’ose dire à son employeur qu’elle a décidé de s’occuper seule de son mari devenu invalide : « Quand survient ce rôle d’aidant, on fait face sans se poser de questions : on soutient et on donne sans compter », raconte Julie.

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    Il faut éviter de se mettre en danger parce que si on craque, on entraîne tout le reste avec soi.

    Julie, aidante

    2 Une spirale sacrificielle

    Pour prendre soin de son mari, subvenir aux besoins financiers de la famille et gérer le quotidien, Julie adopte une organisation quasi-militaire. « Il n’y avait plus de place pour l’improvisation. Je devais mettre en place la coordination du parcours de soins (kinésithérapeute, infirmière, chimiothérapie, IRM, etc.) et le suivi médical très lourd, tout en continuant à travailler et m’occuper de la maison et des enfants », explique-t-elle.

    Jusqu’à s’en s’oublier… « Le piège, c’est de considérer que le rôle d’aidant est naturel. Alors qu’il faut être conscient de la responsabilité, de la charge mentale et de l’incidence physique que cela implique. On repousse nos limites tout en ayant conscience que l’on se met en danger et que si on craque, on entraîne tout le monde avec soi : son aidé, ses enfants, son entourage… »

    Un décalage s’est vite installé entre mes priorités du quotidien et mon travail, et j’ai su que je n’allais pas être en capacité de fournir ce qu’on me demandait.

    Julie, aidante

    3 Une carrière qui en pâtit

    Une situation difficilement tenable qui a inévitablement des répercussions sur l’activité professionnelle de Julie. « J’étais dans un environnement qui exigeait une grande productivité. Faute de soutien, un décalage s’est installé entre mes priorités du quotidien et mon travail. Et plus la dépendance de mon mari augmentait, plus je comprenais que je ne pouvais plus fournir ce qu’on attendait de moi au travail », avoue-t-elle.

    Julie quitte alors son entreprise pour se mettre à son compte, espérant gagner en souplesse. Mais très vite, la réalité la rattrape. « Laurent était à plus de 90 % d’invalidité. La charge mentale devenait trop lourde à porter et je n’arrivais plus du tout à travailler seule ».

    4 Le travail, véritable colonne vertébrale

    « Le travail est indispensable à l’équilibre personnel. J’avais besoin, mentalement et économiquement, de stabilité », souligne-t-elle. Julie accepte un nouveau CDD mais, cette fois, aborde la situation avec son employeur et demande un contrat aux 4/5e qui lui est refusé. « Néanmoins conciliante, l’entreprise a accepté que je télétravaille, m’absente pour aller à l’hôpital, et me donnant des congés malgré mon récent CDD… ». Se sentant soutenue par son employeur et voyant son mari au plus mal, Julie prend un second congé de répit. Laurent décède quelques semaines plus tard à l’hôpital.

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    5 Des salariés aidants et des employeurs co-responsables

    L’entreprise a sa part de responsabilité dans l’équilibre professionnel et personnel de l’aidant salarié. « Nous pouvons tous devenir un aidant ou un aidé jour et que nous sommes, assure Julie. Charge à l’entreprise d’instaurer un climat de confiance pour libérer la parole des aidants, adopter une politique RH pour les identifier au plus tôt ou créer un parcours professionnel spécifique… pour que ni la vie d’aidant ni l’activité salariale ne soient plus sacrifiées ».

    L’Essentiel de l’article

    • Les salariés aidants n’ont pas toujours conscience de se mettre en danger.
    • Le travail est essentiel à l’équilibre personnel des aidants.
    • Accepter de souffler est vital, pour soi et pour les proches.
    • Réinventer le parcours du salarié-aidant au sein des entreprises peut être une solution.

    (1) Ipsos-Macif, 2020

    (2) Association Française des aidants, Fiche pratique « Concilier vie d’aidant et vie professionnelle »

  • Comment se préparer à un entretien d’embauche ?

    Comment se préparer à un entretien d’embauche ?

    Patrice Ras est spécialiste en gestion de carrière. Il a animé des ateliers de préparation d’entretien d’embauche dans le supérieur et enseigne depuis plus de vingt ans les techniques de recrutement aux cadres, managers et gestionnaires de ressources humaines. Il est l’auteur de l’ouvrage Le Grand Livre de l’entretien d’embauche, publié aux Éditions Studyrama.

    Quelle est la préparation idéale avant un entretien d’embauche ?

    Patrice Ras : La clé d’un entretien réussi, c’est d’en préparer assidûment toutes les étapes préalables. Comme personne ne peut anticiper, et donc pleinement maîtriser l’interaction une fois le moment venu, le candidat doit d’abord s’assurer de parfaitement connaître son sujet : s’informer sur l’entreprise, sa manière de communiquer sur les réseaux sociaux, sa culture, ses produits ou services, et ses valeurs. Cela lui évitera de se rater à une première question basique, qui est, d’expérience, l’une des choses les plus déstabilisantes en entretien. Je recommande souvent aux étudiants de simuler des entretiens seuls, dans un espace qui les rassure, en imaginant les questions et les réponses qui peuvent être apportées. Un enregistrement vidéo, pour observer ses expressions faciales et corporelles, peut aussi être utile. Le recrutement, c’est comme un sport. Si on veut mettre le ballon dans le filet, il faut parfois tirer cent fois avant de marquer un but. Je recommande aussi de postuler à des annonces qui nous intéressent que moyennement, histoire de s’entraîner à l’interaction. Il n’y a pas de secret : il faut manger de l’entretien d’embauche, parce qu’on est toujours mauvais au premier.

    Vous dites qu’il y a un point essentiel auquel on pense rarement : connaître ses propres attentes et savoir en parler. Pouvez-vous développer ?

    Patrice Ras : Pour avoir recruté des jeunes diplômés comme des cadres confirmés, je me suis souvent aperçu que beaucoup de candidats ne verbalisent pas suffisamment leurs envies, leurs attentes, leurs doutes. C’est pourtant ce qui rend un entretien humain et un candidat attractif, singulier et sûr de lui. Plus qu’être dans une forme de passivité, il est recommandé de préparer des questions pertinentes à poser à la fin ou au cours de l’entretien. Cela démontre que vous êtes volontaire, affirmé, en mesure de cerner les attentes de la hiérarchie, mais aussi les vôtres. L’étape d’après, bien entendu, consiste à tenter de répondre à la question centrale et inévitable que le recruteur a en tête : pourquoi vous sélectionner et pas un(e) autre candidat(e) ? Recruter, c’est choisir, donc forcément comparer.

    Quid de l’attitude corporelle du candidat, qui doit elle aussi être maîtrisée au cours d’un entretien d’embauche ?

    Patrice Ras : Votre posture, vos gestes, la manière dont vous êtes assis et vos expressions faciales jouent un rôle crucial. La communication non verbale est le reflet de l’état d’esprit dans lequel vous êtes : quand on est droit sur sa chaise, sans être rigide, on paraît clair, confiant. Mais gare à ne pas trop y penser, il faut quand même être naturel ! L’essentiel est que le recruteur ne perçoive pas d’incohérence entre votre discours et les documents de votre candidature. Autre conseil de route au passage : si on veut anticiper au mieux l’échange et éviter les questions pièges, il faut que votre CV soit très clair.

    Si vous deviez avertir les potentiels candidats sur les deux erreurs à éviter, quelles seraient-elles ?

    Patrice Ras : On dit que la culture, c’est comme la confiture. Moins on en a, plus on l’étale. C’est un peu la même chose pour l’expérience que l’on vend à nos recruteurs en entretien d’embauche. Les candidat(e)s ont tendance à ajouter des éléments inutiles, voire dévalorisants ! Par exemple, un avocat me racontait qu’un candidat en entretien pour en stage avait passé cinq minutes à disserter sur sa cueillette de cerises à l’été dernier. Parfois, la piste extrascolaire est une fausse bonne idée. Cela ne veut pas dire que seuls les diplômes comptent. Mais il faut se poser la question : parmi tout ce que j’ai fait, qu’est-ce qui me valorise, qu’est-ce que cette expérience ou cet engagement raconte de moi ? Si je fais de la vidéo, même à un petit niveau, ça démontre une envie de raconter, une autonomie, une appétence pour l’image. Sans oublier le domaine le plus oublié des candidat(e)s, pourtant essentiel : l’aspect relationnel. Cela fait une vingtaine d’années qu’ils communiquent avec les autres, il faut donc savoir en tirer quelque chose : êtes-vous plutôt quelqu’un qui est à l’écoute ou qui motive les troupes ? Pour maximiser la sincérité, posez la question aux membres de votre famille, à vos amis.

    Quelques conseils supplémentaires pour réussir son entretien d’embauche

    • Envoyez un email de remerciement après l’entretien. C’est l’occasion de réitérer votre intérêt pour le poste et rappelez brièvement pourquoi vous pensez être un bon candidat.
    • Préparez des exemples concrets tirés de votre expérience, vos formations, vos voyages, vos intérêts : oubliez les phrases trop génériques !
    • Écoutez attentivement les questions et n’hésitez pas à prendre quelques secondes pour réfléchir avant de répondre. Cela montre que vous prenez la question au sérieux et que vous êtes réfléchi.

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  • Thierry Marx : « La cuisine est un moteur d’intégration puissant »

    Thierry Marx : « La cuisine est un moteur d’intégration puissant »

    Quand vous étiez jeune à Champigny, la cuisine était quelque chose qui vous attirait ?

    La cuisine n’était pas un référent dans ma famille. On mangeait utile, il fallait faire un peu attention à l’économie de l’assiette donc était très pratico-pratiques en termes de cuisine. Malgré tout, vous faites un CAP de pâtisserie. Oui, ça commence un peu par hasard. Au départ, je voulais être boulanger mais on m’a conseillé de plutôt faire de la pâtisserie. J’ai suivi un cursus de pâtissier chez les Compagnons du Devoir. Après mes études, j’ai compris que la France n’avait alors pas grand-chose à m’offrir professionnellement et je suis parti vivre en Australie avec mon CAP de pâtisserie sous le bras. Rapidement, je me suis retrouvé à faire plusieurs jobs : un en pâtisserie boulangerie et l’autre en cuisine du Regency, un hôtel de Sydney. Tout le monde me prêtait des compétences parce que j’étais français alors que je n’en avais aucune ! C’est pour ça que j’ai coutume de dire que je suis entré en cuisine par effraction. Et j’ai fini par prendre conscience que la cuisine m’intéressait un petit peu. En rentrant en France, j’ai décidé de passer mon CAPES à l’école Belliard à Paris, et j’ai toqué à la porte des grands chefs.

    C’est à ce moment que naît vraiment votre vocation de chef ?

    Oui, notamment grâce à ma rencontre avec Bernard Loiseau. Un monsieur qui était vraiment inspirant, lumineux. Il n’avait pas de travail pour moi mais m’avait quand même invité à déjeuner dans son restaurant et nous avions pu échanger. Finalement, j’ai intégré les cuisines du restaurant gastronomique Taillevent. Et très vite, j’ai compris que la cuisine c’était passionnant ! Qu’en étant curieux, discipliné et en ayant la volonté d’apprendre, vous avez la possibilité de sortir un peu des codes, de faire une cuisine différente de celle de votre voisin.

    À vous entendre, on a la sensation que la cuisine a des pouvoirs spéciaux ?

    Mais oui, bien sûr, parce que la cuisine est un moteur d’intégration et d’acceptation de la diversité extrêmement fort. C’est ça aussi la magie de la cuisine. Si l’on prend l’histoire de la cuisine française, elle a accepté beaucoup de diversité, plus que le monde politique finalement. Beaucoup de communautés se sont imposées par la table. Il suffit de voir que le couscous est l’un des plats préférés des Français pour l’entendre. À Belleville où j’ai grandi, ce sont tour à tour les communautés juives, maghrébines et du sud-est asiatique qui ont ouvert des échoppes et se sont intégrées. Le moteur d’intégration par l’alimentation est fort. Vous avez été parachutiste pendant la guerre du Liban.

    Là-bas aussi, vous avez pu voir ce que la nourriture était capable de faire ?

    À Beyrouth, toutes les communautés en guerre observaient une trêve tacite pour manger. J’ai un souvenir d’arômes de rue, de tahini. Il y avait plein de choses qui cramaient à droite, à gauche, mais les gens arrivaient quand même à faire de modestes barbecues. La pouvoir de la cuisine, c’est de faire du lien social, c’est la commensalité : avec qui j’accepte de manger ? De partager un moment autour d’un repas ? C’est dans cet esprit que nous sommes en train de créer une école à Medellín, en Colombie, pour réintégrer les anciens FARC (mouvement armé d’opposition au gouvernement colombien né dans les années 1960, ndr).

    Vous êtes devenu flexitarien, pourquoi ?

    Je ne cherche pas à imposer ma façon de manger aux autres. Moi je suis très content quand les gens mangent de tout. Ça me va très bien. Mais je pense que si on parle d’impact environnemental, alors effectivement, il va falloir diminuer notre consommation de protéines animales. Parce que le circuit de production est très polluant. Donc je préfère que l’on consomme un peu moins de viande mais de meilleure qualité.

    Comment ça se traduit dans vos restaurants ?

    Schématiquement, je fais en sorte que l’on soit à 20 % de protéine animale dans nos menus. En fait, si on voulait simplifier, on dirait qu’au lieu de faire du bœuf-carottes, on va faire du carottes bœuf. C’est une formule, ça vaut ce que ça vaut. Mais ça parle à tout le monde. Vous aimez le goût du bœuf-carottes ? Très bien alors on va vous proposer un carottes-bœuf, vous allez voir que c’est pas mal non plus. Vous venez d’ouvrir ONOR, le premier restaurant gastronomique à portée « économie sociale et solidaire ».

    Concrètement cela veut dire quoi ?

    Je crois que l’économie sociale est une économie du futur : c’est une économie qui fait de la croissance en conscience, en ayant impact social et un impact environnemental. ONOR est plus qu’un restaurant, c’est un engagement. Nous avons dix écoles d’inclusion professionnelle et nous proposons aux personnes qui ont suivi nos parcours chez Cuisine Mode d’Emploi(s) ou Boulangerie Mode d’Emploi(s) d’intégrer le restaurant ONOR en tant que salariés. ONOR était un peu le chaînon manquant dans le sens où pour certaines personnes que nous formons, c’était parfois un peu plus dur d’obtenir un poste à responsabilité dans un restaurant gastronomique en raison de leur parcours atypique. ONOR leur permet de rencontrer l’exigence du haut niveau et d’acquérir cette expérience pour la mettre sur leur CV. Nous avons d’ailleurs 10 % de personnes en inclusion sociale dans cette entreprise. Concernant l’impact environnemental, 80 % des produits servis viennent de filières d’agriculture régénérative, c’est-à-dire qu’on sélectionne des fournisseurs au travers du label bleu blanc cœur. Donc l’entreprise ONOR a un impact social et un impact environnemental. Ce qui ne l’empêche pas d’ambitionner de faire de la croissance dans l’économie du luxe, parce que notre but est d’aller chercher la reconnaissance des guides récompensant une cuisine de haut niveau.

    Comment est née l’idée du restaurant ?

    Elle est l’aboutissement de vingt ans de travail et d’engagement sur l’inclusion. En 2004, j’ai été suis désigné chef de l’année et on a beaucoup parlé de ce que je faisais. Là, je me demande comment aider les gens qui viennent des mêmes quartiers populaires que moi, qui ai grandi entre Belleville et la Cité du Bois-l’Abbé à Champigny-sur-Marne. À l’époque, je rencontre Véronique Colucci. Elle m’invite aux Restos du cœur où je donne des cours de cuisine. Je rencontre une dame qui, elle, donne des cours de français et d’arithmétique. Je me dis alors : « Est-ce qu’on ne peut pas mettre quelque chose en place pour proposer à ces personnes en situation de précarité un projet métier ? » C’est ainsi qu’a démarré la première école Cuisine Mode d’Emploi(s), rue Ménilmontant. Cela a répondu à une demande de gens qui ne pouvaient pas se payer une formation ou de personnes qui souhaitaient retourner à l’emploi au travers d’un projet. En onze semaines, on formait les personnes à retourner dans un projet de cuisinier ou de boulanger et à intégrer une entreprise afin de monter en compétence. Et le mécanisme est parti comme ça. Aujourd’hui, Cuisine Mode d’Emplois, ce sont 10 écoles en France, près de 8 500 personnes formées et 92 % de retour à l’emploi.

    À qui s’adressent vos formations ?

    Essentiellement à des gens qui ont été à un moment donné à l’écart d’une intégration économique dans ce pays. Cela peut-être des gens en reconversion et qui n’ont pas les moyens de se payer une formation opérante. Des gens éloignés de l’emploi voir très éloignés de l’emploi, en situation de précarité ; par exemple des personnes qui ont connu des accidents de parcours, des vies un peu dures et qui cherchent un moyen de revenir dans une vie active.

    Qu’avez-vous appris en vingt de travail sur l’inclusion ?

    Je me suis aperçu qu’il y a trois grands modèles qui fonctionnent bien dans l’inclusion : l’art, l’artisanat et le sport. Pourquoi ? Parce que ce sont des cadres éducationnels où vous vous retrouvez face à vous-même Et donc ça vous impose de mettre une énergie et une rigueur particulière au service de votre projet personnel. C’est un engagement qui nécessite par moments un petit accompagnement pour lâcher la main du passé et vous donner la régularité de vous présenter tous les jours pour vous former. Quand vous avez compris cette nécessité, vous avez aussi compris que vous allez pouvoir réussir comme au même titre que tout le monde. Cela va vous permettre de retrouver une verticalité pour vous engager dans la vie. L’ambition au-delà du fait de trouver un emploi, c’est de retrouver un projet. Je crois qu’on n’est plus dans le siècle où l’on va prendre pour argent comptant un emploi par défaut. On veut un projet qui nous ramène à l’emploi.

    Pour vous aussi, le sport et la cuisine ont été des écoles de vie ?

    Le sport, c’est le premier cadre éducationnel que j’ai rencontré après l’école. Je n’étais pas très bon au collège, donc le judo est devenu un cadre éducationnel. Pourquoi ? Parce qu’on est dans le faire pour apprendre. Si on traduit en français le concept de uchi komi, on pourrait traduire par « observe et tais-toi, apprends et comprends ». Ensuite tu pourras innover. L’école du judo, c’est ça. Observer le geste de l’enseignant, essayer de le reproduire au travers d’un apprentissage régulier. Et ensuite, créer son propre judo. C’est sans nul doute un cadre de vie. Je pense d’ailleurs qu’on n’apprend pas suffisamment aux enfants à observer, à écouter.

    La cuisine fonctionne de la même manière ?

    Totalement. Mais au-delà de cela, le point commun entre la cuisine et le sport, c’est qu’à un moment donné, vous êtes face à vous-même. La clé pour réussir dans ces deux domaines c’est : rigueur, engagement, régularité. La rigueur est un mot un peu galvaudé, la langue française en a fait quelque chose de très dur. Mais quand vous avez un projet et que vous y mettez la discipline et la détermination nécessaire pour vous y tenir, ça fonctionne. Que ce soit dans le sport ou la cuisine. En revanche, c’est vous qui devez vous l’imposer, pas une autorité quelconque, c’est cela qui fait toute la différence.

    C’est aussi ça que vous transmettez ?

    J’ai une conviction : l’apprentissage d’un métier est non seulement une arme contre le chômage, mais également le moyen de faire des hommes libres. La première des choses que je dis à mes jeunes collaborateurs est : « Ce n’est pas votre employeur qui protège votre travail, c’est votre curiosité. » Plus vous allez être curieux, plus vous allez apprendre, plus vous allez vous émanciper et moins vous serez dépendant d’une autorité. C’est cette force-là que je souhaite transmettre. Et plus vous êtes instruit dans un métier ou dans une compétence, plus vous avez confiance en vous et en votre valeur. Si vous faites ce métier avec passion, c’est encore plus vrai.

    Qu’est-ce que ça veut dire « bien manger » aujourd’hui ?

    Je crois qu’il faut être humble. Il y a une forme d’élite qui donne des leçons en permanence sur ce qu’on doit manger, pas manger. Moi, j’essaie déjà de convaincre les gens de refaire la cuisine : même si c’est un œuf dur, une boîte de thon, une salade, ça fait déjà un plat sympa. Il ne faut pas oublier qu’on a un pays qui a construit une fracture sociale dont la conséquence est une alimentation à deux vitesses. Il y a une partie de la population qui a un reste à vivre suffisant pour manger correctement et qui comprend un peu mieux ce qu’elle mange. Et puis une population qui a un reste à vivre qui n’est pas suffisant et qui ne peut se caler que sur les produits ultra-transformés et très peu chers.

    C’est impossible de bien manger quand on gagne le SMIC ? Le bien manger n’est pas accessible à tous ?

    C’est possible de bien manger si on ne se laisse pas piéger par la consommation. Ma génération est une génération de surconsommateurs. Nous avons vu arriver la grande distribution qui était une sorte de caverne d’Ali Baba où l’on nous promettait de l’opulence et du pouvoir d’achat en échange d’un certain renoncement à la qualité des produits. Nos parents qui travaillaient beaucoup, ont trouvé ça très pratique. Maintenant, on est dans une queue de comète et on voit que ça n’était pas la solution et qu’il faut passer à autre chose. Mais il va falloir éduquer. Pour cela, il n’y a pas mieux que l’école et je pense qu’il faut mettre en place des cours de cuisine à l’école pour former les mangeurs de demain.

    Quelles sont les solutions alors ?

    Le flexitarisme, reprendre la cuisine, manger moins d’aliments transformés. Là où on se trompe, c’est quand on croit qu’on va gagner de l’argent parce qu’on ne fait pas la cuisine, et qu’on fait ses courses dans un supermarché. L’alimentation est quand même une question de santé publique, la médecine a prouvé que quelqu’un qui mangeait bien présentait moins de risques de pathologie qu’une personne sédentaire qui ne mange que des produits ultra-transformés.

    Quel rôle peut jouer le restaurant dans tout ça ?

    Un restaurant doit faire une bonne cuisine avec des produits de proximité. Le rôle d’un restaurateur c’est de faire plaisir à ses convives. Aujourd’hui il doit le faire en offrant un peu moins de choix et plus de qualité dans les produits. Je pense qu’on doit retrouver ce qui était l’essence même de nos cuisines : c’est-à-dire un menu avec deux ou trois entrées, un ou deux plats du jour et deux ou trois desserts. Le tout avec des circuits d’achats extrêmement courts et pas de stock.

    Vous avez la sensation que les choses vont dans le bon sens ?

    Il y a des signaux faibles qui sont enthousiasmants, avec de jeunes restaurateurs qui essaient de faire bouger les lignes et une agriculture française qui est en train de se réformer pour être plus qualitative. Et en même temps d’autres signaux sont inquiétants à mes yeux. Quand je vois que certaines entreprises lèvent cinquante millions de dollars pour faire de la viande in vitro, je me dis qu’on ne va pas dans la bonne direction.

    Pour vous ça n’est pas le futur ?

    Un futur un peu angoissant alors. Il est essentiel de ne pas couper le mangeur de sa culture, de ses racines, du lien du vivant. Le mangeur ne devient plus qu’un consommateur. Or manger, c’est un acte culturel, quand vous restaurez simplement les gens pour qu’ils tiennent debout, vous faites rapidement des gens qui sont nettement moins intéressants pour partager quelque chose. L’appauvrissement par l’assiette est aussi un appauvrissement culturel, il ne faut pas le négliger.

    Un autre de vos combats, et c’est une chose dont on parle assez peu en cuisine, c’est la lutte contre le gaspillage de l’eau ?

    Oui parce qu’on refuse de comprendre que l’eau est un ingrédient comme un autre, et que la première chose que nous annonce la recherche pour 2050 et que l’on commence déjà à vivre, c’est le stress hydrique. Quand on voit que pour produire un kilo de champignons, il faut cent litres d’eau, il faut s’interroger. Un légume, c’est en gros 80 % d’eau. Pourquoi met-on dix litres d’eau pour cuire un kilo de haricots verts ? Alors qu’il est possible de faire cuire les légumes quasiment à sec. C’est que l’on a découvert en travaillant avec le chercheur en physico-chimie Raphael Haumont, au Centre français d’innovation culinaire à l’Université Paris-Saclay.

    C’est pour mener tous ces combats que vous êtes devenu président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie ?

    Et aussi pour que l’État prenne conscience que les restaurateurs ont besoin d’aide pour impulser une meilleure alimentation. Aujourd’hui, vous avez de grandes plateformes qui font beaucoup d’argent sans toujours être fiscalisées en France, en jouant sur les faibles marges de petits restaurants et en faisant pédaler des gens qui sont très mal payés. À l’inverse, un artisan qui essaie de défendre un certain nombre de valeurs et de produits paye des charges, des impôts locaux, et tout un tas de choses pour faire vivre sa maison. Il faut savoir que pour réaliser 20 000 € de chiffre d’affaires par semaine, un restaurant a besoin de sept ou huit personnes. Les entreprises qui font de la cuisine numérisée au travers de Uber Eats ou de Deliveroo ont besoin de beaucoup moins de personnel pour le même résultat. Les taxations devraient être un peu revues en conséquence. En tant que président, j’essaie de faire qu’il y ait au moins un peu de parité et l’égalité à ce niveau-là.

    Le mook Vous! par Macif #1 est à retrouver ici dans son intégralité.

  • L’autoentrepreneuriat, un statut qui séduit

    L’autoentrepreneuriat, un statut qui séduit

    « Après avoir travaillé cinq ans en indépendant pour une école de kitesurf, j’avais envie de changement », confie Raphaël, 27 ans, moniteur de kitesurf. Ce jeune Normand qui a monté en 2021 son école sur la côte bretonne fait partie des jeunes actifs qui ont décidé de créer leur microentreprise pour lancer leur projet personnel. Bénéficiant d’un régime spécifique dépendant des entreprises individuelles, l’autoentrepreneuriat est prisé pour sa simplicité de création et de gestion (peu d’obligations comptables, sociales et fiscales). Pour y prétendre, il suffit d’exercer une activité artisanale, commerciale ou libérale, à titre principal. Reste que le chiffre d’affaires annuel est plafonné à 188 700 € pour les activités commerciales et d’hébergement et à 77 700 € pour les prestations de services et activités libérales. D’après une récente étude publiée par l’Urssaf, le nombre de travailleurs indépendants a continué d’augmenter en France en 2022 avec une part toujours plus importante d’autoentrepreneurs. Cette explosion s’explique en partie par un intérêt croissant de la jeunesse pour ce format de travail.

    Quels risques et inconvénients ?

    Malgré quelques appréhensions au début, Raphaël a vite compris que les risques de l’autoentrepreneuriat étaient mineurs. « J’avais besoin d’un prêt important pour acheter un bateau, mais j’ai vite vu qu’en assurant un certain nombre de cours par mois, je couvrirais largement le remboursement », souligne-t-il. Le jeune homme a vu dans l’autoentrepreneuriat nombre d’avantages. « Je n’étais pas contraint de générer un chiffre d’affaires minimum et je devais simplement le déclarer chaque trimestre sans avoir à tout justifier. De plus, les démarches administratives sont très simplifiées », précise-t-il. Pour Raphaël, l’augmentation de sa charge de travail en tant qu’autoentrepreneur n’a jamais constitué un problème. Bien au contraire. « Comme c’est mon entreprise, c’est bien plus prenant et plaisant. Sur certains aspects, je ne considère pas ça comme du travail. » L’inconvénient ? Son métier est un sport à risque. Dans le cas où il se blesserait, non seulement il n’aurait plus de rentrée d’argent et son statut lui assurerait peu de compensation. Reste qu’après deux années de microentreprise, les perspectives d’évolution professionnelle restaient minces. « Sans salariés, je ne pouvais pas faire grossir la structure. Sans compter que mon chiffre d’affaires était plafonné », pose Raphaël. Raisons pour lesquelles le moniteur de kitesurf est passé sous le statut d’entreprise individuelle il y a un an. Résultats : il emploie deux salariés et son chiffre d’affaires a doublé.

    Diversifier ses clients et ses missions

    Pour Lou, 38 ans, ouvrir son entreprise d’enseignement de yoga semblait être « le plus simple à faire » pour développer son activité dans les Landes. « Je n’avais pas tellement d’autres choix. Monter une association aurait été plus complexe », cède-t-elle. Aucun tracas pour rédiger les contrats avec ses clients : « J’ai simplement à les informer sur mes prestations, on négocie les tarifs si besoin et je facture. » Par ailleurs, Lou profite de sa microentreprise pour diversifier ses clients et ses missions. Avec une professeure de Pilates, elle était par exemple intervenue pendant quatre mois dans une entreprise de production agricole pour enseigner et développer le bien-être au travail. Et c’est sans compter qu’elle a pu cumuler les statuts juridiques. À côté de sa microentreprise, la professeure de yoga est en CDI comme responsable d’œnotourisme dans une entreprise viticole et vient aussi de créer avec un associé une société civile d’exploitation agricole. « C’est un avantage énorme de pouvoir être polyvalente dans mes activités. Non seulement pour me stimuler au quotidien et aussi pour éviter de mettre tous mes œufs dans le même panier », souligne-t-elle. Reste qu’elle ne sait pas toujours comment intégrer ses activités complémentaires dans le chiffre d’affaires de sa microentreprise. De plus, Lou l’avoue, les rares fois où elle a été contrainte de faire des changements d’adresse, de statut ou de numéro de SIRET, ça a été « un calvaire administratif ». Autre difficulté : lorsqu’elle a fait une demande de crédit à la banque pour financer sa maison, on lui a expliqué que son activité d’autoentrepreneur seule ne suffisait pas. Par chance, elle a pu jouer la carte de son autre activité en CDI.

    Un format idéal pour travailler à distance

    De son côté, Gauthier, 25 ans, est devenu autoentrepreneur suite à l’obtention de son Bac STMG. Après un stage en community management pour une entreprise qui commercialise des maillots de bain, le jeune homme avait envie de voir du pays. Mais il n’a pas pu refuser l’opportunité proposée par ses employeurs : poursuivre ses missions en créant sa microentreprise, un format inévitable pour travailler à distance. Un pari gagnant pour Gauthier : « Je me suis construit professionnellement en autodidacte grâce à ma microentreprise. J’avais la liberté de créer et développer mes compétences, je m’amusais avec les logiciels. » Par effet domino, le développement de ses compétences en design de produits lui a permis de doubler ses tarifs de prestations en deux ans. Aussi, grâce à ce format, le designer est devenu un véritable digital nomade, un statut idéal pour nourrir son travail de ses rencontres et des lieux qu’il découvre à l’étranger. « Un designer a besoin d’être stimulé en permanence et le voyage est une immense source d’inspiration et de créativité artistiques. » Aujourd’hui, l’évolution du marché du travail et des outils numériques ont bel et bien fait du freelance un véritable mode de vie. Côté sécurité de l’emploi, pas l’ombre d’une inquiétude pour le designer. Au fur et à mesure, il a cumulé plusieurs clients tout en conservant son « noyau dur » – l’entreprise de maillots de bain. « Beaucoup de PME font appel à des designers en microentreprise pour remettre un coup de neuf à leur marque », ajoute-t-il. Seul bémol : la charge importante de travail, rappelle Gauthier. « Au début, j’ai multiplié les clients et les missions. Je sentais que j’avais quelque chose à prouver, alors je travaillais d’arrache-pied sans compter mes heures. Mais avec le temps et l’expérience, j’ai appris à mieux m’organiser. » Preuve que l’activité d’autoentrepreneur est souvent synonyme de dur labeur.

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  • Pense-t-on à la retraite à 30 ans ?

    Pense-t-on à la retraite à 30 ans ?

    « Au moment de la réforme des retraites, j’ai commencé à m’inquiéter pour mon avenir et je me suis penché sur le sujet. Pour l’instant, je commence petit à petit à épargner sur un compte dédié. Mon banquier m’a renseigné sur le PER (Plan Épargne Retraite) et j’envisage d’en ouvrir un dès que j’aurai signé un CDD ou un CDI l’été prochain », avoue Bruno, 29 ans, alternant en RSE. Ce Toulousain fait partie d’une grande majorité de jeunes actifs qui estiment qu’ils devront épargner par eux-mêmes pour financer leurs vieux jours.

    D’après les chiffres du cinquième Baromètre de l’épargne en France et en régions, réalisé par l’Ifop, l’intention des Français de souscrire un PER est en progression significative sur trois ans. 37 % des Français interrogés déclarent avoir l’intention de souscrire un PER contre 28 % en 2021. Les trentenaires semblent bel et bien les plus inquiets et les plus concernés quand on voit que 60 % des moins de 35 ans ont l’intention de souscrire un PER pour bénéficier d’une rente viagère ou d’un capital à leur retraite, contre seulement 29 % des 35 ans.

    En témoigne également le slogan « Pas de retraité.es sur une planète brûlée… Retraites, climat, même combat ! », scandé par la jeune génération lors des manifestations contre la réforme des retraites. « On est assez incertains sur le devenir de nos pensions retraite. Je suis assez pessimiste, on en bénéficiera encore plus tardivement. C’est important d’y penser le plus tôt possible », se désole Bruno.

    Miser sur les produits financiers… et l’immobilier

    Antoine*, parisien et père de famille de 35 ans, fait partie de ceux qui n’ont pas perdu de temps en commençant à placer de l’argent pour anticiper sa retraite et financer les futures études de ses filles. « Il y a trois ans, avec ma femme, on a ouvert deux comptes PER, deux comptes PEA (Plan Épargne en Actions) et deux assurances vie avec une trentaine d’enveloppes. Le but est de faire de l’épargne, de constituer un patrimoine et de bénéficier d’une déduction au niveau de l’impôt sur le revenu. Tout cela corrélé au fait que nous avons des incertitudes quant au système actuel de retraite par répartition, confie-t-il. Lorsque je suis rentré en France en 2020, après avoir travaillé six ans en Suisse, j’ai dû entamer toutes les démarches de changement de régime et donc réfléchir à l’avenir de mon patrimoine. En parallèle, j’ai monté ma boîte dans le milieu de l’innovation et du sport et via celle-ci, je dépose 3 600 euros par an sur mon compte PER. Ma femme, elle, dépose 4 000 euros. Nous atteignons tous les deux nos plafonds. » Si Antoine n’a pas encore de résidence principale, il a déjà investi avec son épouse dans l’immobilier en achetant deux appartements, aujourd’hui mis en location. Signe que le couple mise aussi sur l’immobilier, en plus des produits financiers, pour préparer sa retraite.

    Avoir un travail stable comme priorité

    Mais ce genre d’investissement est loin d’être à la portée de tous les Français. Nombre d’entre eux ne parviennent même pas à épargner à la fin du mois. C’est le cas de Remy, 28 ans, qui est sur le point de terminer son CDD saisonnier en restauration dans une station balnéaire du Sud-Ouest. « À mon âge, j’ai d’autres préoccupations que celle de penser à la retraite. Comme avoir un boulot stable, louer un appartement à prix raisonnable, voyager, peut-être acheter un appartement plus tard. » Aussi, le jeune homme, incertain sur son avenir, avoue ne pas avoir encore trouvé sa voie professionnelle. « La restauration n’est qu’un travail alimentaire à court terme uniquement pour payer mon loyer. Et puis mon salaire actuel ne serait pas assez suffisant pour pouvoir mettre de côté pour la retraite. Je n’arrive pas encore à me projeter dans quelques années, donc il m’est impossible de me projeter à l’âge de la retraite. Et puis, je ne connais rien à toutes ces démarches », justifie-t-il.

    Anticiper le budget logement

    Arthur*, 28 ans, consultant fonctionnel en informatique originaire du Sud-Ouest, a quant à lui eu la chance et les moyens de lancer un premier investissement. Avec sa conjointe, ils viennent d’acquérir une maison sur plan – leur résidence principale – dans les Landes « pour ne plus avoir à payer de loyer dans 25 ans ». « On projette d’acheter plus tard un autre appartement qu’on louera et qui complétera ma retraite précaire, sachant que j’espère arrêter de travailler avant l’âge légal », explique-t-il. Un autre projet pour anticiper l’avenir ? « Pourquoi ne pas épargner pour racheter des trimestres ? », suggère Arthur. Une solution envisageable quand on sait qu’une fois à la retraite, le budget logement moyen d’un Français correspond à 38,4 % des finances de son ménage.

    Compenser le montant des pensions

    Laura*, une journaliste parisienne de 36 ans, a récemment estimé sur un site le montant de sa retraite. « Les chiffres étaient terrifiants. Ils indiquaient que je devais travailler jusqu’à 67 ans pour avoir ma retraite à taux plein à hauteur de 1 400 euros par mois. Je me suis imaginée finir isolée et précarisée. Ce n’est pas mon genre de m’inquiéter pour mon avenir, j’ai tendance à être assez sereine. Mais j’ai réalisé qu’à 67 ans, on ne peut plus rebondir », remet-elle. Alors, avec une amie, elles ont eu l’idée de fonder une SCI pour acheter ensemble un appartement pour un investissement locatif, autour de villes étudiantes. « Le but est que cet appartement soit remboursé assez vite, avant d’en acheter un second, pose-t-elle. D’ici une trentaine d’années, on souhaiterait revendre ces deux biens pour nous acheter nos propres appartements et être à l’abri pour nos vieux jours. »

     

    *Les prénoms ont été modifiés

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  • Mobilités : comment les Français se rendent-ils au travail ?

    Mobilités : comment les Français se rendent-ils au travail ?

    Un Français sur trois met plus d’une heure pour se rendre au travail

    Avec 19 km (1) et 50 minutes en moyenne (25 minutes aller, 25 minutes retour) (2), les déplacements domicile-travail quotidiens restent l’un des principaux motifs de déplacement des Français. En Île-de-France, ce temps s’allonge à 1 heures et 11 minutes. En zone rurale au contraire (environ 33 % de la population française), il descend à 30 minutes (2). Conséquence, 46 % des actifs déclarent que ces trajets représentent une perte de temps (2) !

    Le mode de transport choisi a un impact sur le temps passé à se rendre au travail : 1 heure et 3 minutes aller-retour par jour en moyenne en transports en commun, 50 minutes en voiture et 47 minutes en mode « doux » (marche, vélo).

    Bon à savoir

    Le forfait mobilité durable

    Proposé par l’employeur (qui n’en a pas l’obligation), le forfait mobilité durable (FMD) prendre en charge les frais de déplacements domicile-travail liés à l’utilisation d’un mode de transport doux (vélo ou VAE, trottinette électrique, etc.). Il est plafonné à 600 € par an et par salarié. 

    La voiture en tête, le vélo progresse dans les grandes villes

    Côté transports justement, quels sont les choix des Français ? Sans surprise, la voiture reste largement en tête puisqu’elle concerne plus des trois quarts des trajets (1), un chiffre stable depuis l’avant-pandémie. Seule exception : l’Île-de-France et les grandes métropoles, où la part modale de la voiture tend à diminuer, au bénéfice notamment du vélo, électrique ou non. Le réflexe voiture s’applique même aux petits trajets : plus d’un trajet domicile-travail de moins de 2 km sur deux (53 %) est effectué en voiture (3).

    Les mobilités douces (vélo, marche, trottinette) sont utilisées régulièrement ou occasionnellement par un tiers des Français se rendant au travail. 5 % optent pour des moyens de locomotion électriques (hoverboard, trottinette électrique, vélo à assistance électrique – VAE –, etc.) (1)

    Les transports en commun sont en revanche en perte de vitesse par rapport à l’avant-Covid, principalement du fait du télétravail. Utilisés par 20 % des sondés, ils enregistrent une baisse de fréquentation de 4 points par rapport à 2019 et de 7 points par rapport à 2018 (1)

    Moins de voiture… quand c’est possible

    Les habitudes changent donc très lentement. Pourtant, 9 actifs sur 10 souhaitent réduire l’impact écologique de leurs trajets quotidiens. Un vœu malheureusement impossible à réaliser dans les faits pour 21 % des personnes interrogées (2), majoritairement par manque d’alternative (notamment le manque de transports en commun).

    10 % des actifs ont réussi à changer leur routine de déplacement depuis la crise sanitaire. À noter que dans un cas sur trois, ce changement a été encouragé ou opéré à l’initiative de l’employeur (mise en place de flottes électriques, du forfait mobilité durable, etc.) (1)

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    *Dans les conditions et limites du contrat souscrit.

    L’Essentiel de l’article

    • La voiture reste de loin le moyen de transport le plus utilisé pour aller au travail.
    • Les modes doux progressent, surtout dans les grandes villes.
    • Les Français souhaitent moins utiliser la voiture quand ils ont des alternatives.

    (1) IFOP, Baromètre Alphabet « Mobilité & Entreprises », 2021.
    (2) IPSOS, Les déplacements des Français, 2022.
    (3) INSEE, 2021.

  • Zoom sur ces métiers qui attirent les jeunes

    Zoom sur ces métiers qui attirent les jeunes

    Au lendemain de la crise sanitaire et en pleine crise climatique, quelles sont les ambitions professionnelles des jeunes générations ? Si les métiers préférés ont peu évolué ces dernières années, se détacher des contraintes horaires et du lien de subordination est devenu une véritable attente.

    La quête de sens oui… mais le salaire d’abord !

    La crise sanitaire a accéléré une mutation des aspirations professionnelles : les 18-35 ans n’entretiennent pas le même lien à l’emploi que leurs aînés. Sans surprise, la quête de sens arrive très haut dans les motivations des plus jeunes : 56 % d’entre eux déclarent être en recherche de sens dans leur vie professionnelle ou étudiante (1). Et pourtant, c’est bien la rémunération qui reste le critère le plus important dans le choix de carrière (1)

    Ils privilégient également des secteurs qui recrutent. Et leur projet de carrière répond à une meilleure adéquation formation-emploi.

    Chiffre-clé

    43% des jeunes considère la rémunération comme le critère le plus simportant dans leur choix de carrière (1).

    Cap sur le temps libre et la flexibilité

    Fini le dévouement corps et âme ! Se détacher des contraintes professionnelles pour mieux concilier vie personnelle et vie professionnelle et gagner en autonomie, est source d’inspiration (1b). Les jeunes générations souhaitent bénéficier de flexibilité dans leurs horaires de travail et d’activités diversifiées. Le confort au quotidien est recherché, avec une prise de poste à 20 kilomètres maximum de leur domicile, tout comme la possibilité d’effectuer du télétravail

    Près d’un jeune sur trois (30 %) estime également qu’une entreprise doit leur permettre d’avoir du temps libre pour leur vie personnelle (1).

    Chiffre-clé

    25% de l’emploi actuel sera renouvelé d’ici 2030 du fait des seniors qui quitteront leur emploi (6).

    Et les métiers les plus prisés par les jeunes sont…

    Médecin, professeur et chef d’entreprise (2)  figurent sur le podium des métiers qui inspirent les jeunes. Viennent ensuite ceux de vétérinaire, ingénieur et policier. Leur point commun ? Le haut niveau de qualification qu’ils requièrent. Soigner, éduquer, entreprendre… Ainsi, la liste des professions qui font rêver les jeunes n’a quasiment pas changé en 20 ans (3).

    Avec l’avènement des technologies et la multiplication des utilisateurs d’internet, les métiers du web intéressent aussi les jeunes d’aujourd’hui. Développeur Web, rédacteur Web et trafic manager figurent aussi parmi les métiers qui drainent le plus de candidatures (4).

    Bon à savoir

    Ingénieur en intelligence artificielle

    Le nombre de postes liés à l’intelligence artificielle a été multiplié par 16 depuis quatre ans. Un ingénieur en intelligence artificielle est rémunéré aux alentours de 30 000 € brut par an en début de carrière mais peut rapidement monter à 40 000 € et beaucoup plus en fin de carrière (7).

    Mais les métiers qui recrutent sont plutôt…

    Les métiers qui emploient le plus de jeunes sortants de leurs études initiales sont très différents selon le niveau de diplôme :

    • ouvriers non qualifiés et employés de service pour les non-diplômés ;
    • artisans « de bouche » et aides-soignants pour les CAP/BEP ;
    • surveillants scolaires, animateurs sportifs et socioculturels et employés de la restauration ou de la vente pour les bacheliers ;
    • métiers de la santé réglementés pour les bac+2 à bac+3 ;
    • emplois très qualifiés de la recherche ou de l’ingénierie pour les plus diplômés.

    760 000 postes seront à pourvoir chaque année d’ici à 2030, notamment dans les secteurs de la santé, du service à la personne et du commerce. Ainsi, les métiers qui recruteront le plus les dix prochaines années sont (6) :

    • agents d’entretien ;
    • enseignants ;
    • aides à domicile ;
    • conducteurs de véhicule ;
    • aides-soignants ;
    • cadres des services administratifs ;
    • comptables et financiers ;
    • cadres commerciaux et technico-commerciaux ;
    • infirmiers, sages-femmes ;
    • ouvriers qualifiés de la manutention ;
    • ingénieurs de l’informatique.

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    L’Essentiel de l’article

    • Les jeunes recherchent des métiers qui assurent un bon équilibre vie pro/vie perso
    • Médecin, professeur et chef d’entreprise : les métiers les plus attractifs en 2021
    • Les secteurs de la santé, du commerce, de l’aide à la personne recruteront le plus d’ici 2030.
       

    (1) Macif, Les jeunes et l’entreprise : Résultats du Baromètre – 2ème édition Fondation Jean-Jaurès / Macif,2022.
    (1b) Insee, À quoi rêvent les jeunes salariés ?, 2020. 
    (2) Jeunes et orientation : les métiers de demain,  2021. 
    (3) L’Étudiant, Les métiers qui font rêver filles et garçons ont peu changé en 20 ans, 2020.
    (4) Luttes étudiantes, Les métiers qui intéressent les jeunes, 2021.
    (5) Dares, Quels sont les métiers qui emploient le plus de jeunes à la sortie de leurs études ?, 2021.
    (6) Dares, Les métiers en 2030 : les postes à pourvoir par métiers, 2022
    (7) L’Étudiant, Les 10 métiers du web les plus demandés en 2020… selon LinkedIn, 2020