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  • Quiz : êtes-vous incollable sur le tri ?

    Quiz : êtes-vous incollable sur le tri ?

    1 Le miroir de votre salle de bains se brise en mille morceaux, où déposez-vous le bris de verre ?

    Réponse B : certes, 68 % des emballages ménagers sont recyclés (1) et le verre se recycle à l’infini, mais cela concerne uniquement les pots, bocaux, bouteilles, etc. Les miroirs ou les verres à pied par exemple, sont composés d’un verre différent et doivent être déposés dans la poubelle à ordures ménagères.

    Chiffre-clé

    89 % (1) des Français trient les emballages ménagers dont 51 % le font systématiquement.

    2 Une fois l’année scolaire terminée, comment se débarrasser des vieux cahiers à spirales ?

    Réponse C : retenez que les agrafes et les spirales sont enlevées dans le processus de recyclage, donc vous n’avez qu’à simplement mettre les cahiers dans la poubelle dédiée au tri sélectif (jaune, verte ou marron selon les villes). Un petit truc simple à apprendre à vos enfants pour qu’ils deviennent de vrais petits écolos et finissent l’année le cœur léger.

    3 Vous faites le tri dans vos placards, mais que faire des vêtements que vous ne portez plus ?

    Réponse B : tous les vêtements usagés peuvent être recyclés. S’ils sont abîmés, déposez-les dans l’une des bornes de collecte de rue mises en place par votre ville. Ils seront transformés en chiffons, en sol de terrain de tennis ou encore en matériaux d’isolation phonique ! S’ils sont propres, secs et en assez bon état, la meilleure solution est de donner vos anciens vêtements à une association ou à une friperie solidaire pour qu’ils servent à d’autres. Un bon moyen de consommer la mode de façon responsable !

    4 Vous venez de terminer votre tube de dentifrice, que faites-vous ?

    Réponse A : trompeur le dentifrice ! On pourrait croire que le tube en plastique se recycle mais non, car le type de plastique utilisé n’est pas recyclable (sauf si vous avez choisi un dentifrice écologique). Il faut le mettre dans la poubelle à ordures ménagères.

    5 Pour les bocaux ou bouteilles en verre, que faire des bouchons et des couvercles ?

    Réponse A : les couvercles en métal et plastique (selon les consignes de votre ville) se recyclent mais ne sont pas à jeter dans le conteneur à verre. Il faut les enlever pour les jeter dans le bac de tri de tri sélectif. S’ils sont en plastique (selon les consignes de votre ville), en liège ou imitation, ils se déposent dans les ordures ménagères.

    Bon à savoir

    Vous vous questionnez encore sur l’endroit où jeter un de vos objets ?

    Rendez-vous sur la plateforme « Que faire de mes déchets ? » proposée par l’Ademe. Vous pourrez y rechercher l’objet en question et obtenir une réponse précise pour vous en débarrasser. En bonus, une explication sur le devenir de l’objet, une fois recyclé ou non.

    Sources :
    (1) Éco-Emballages, Rapport annuel, 2016
    (2) CITEO, Les chiffres du recyclage en France, 2020
    CITEO, Le guide du tri

     

     

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    Quiz : êtes-vous incollable sur le tri ?

    1 Le miroir de votre salle de bains se brise en mille morceaux, où déposez-vous le bris de verre ?

    Réponse B : certes, 68 % des emballages ménagers sont recyclés (1) et le verre se recycle à l’infini, mais cela concerne uniquement les pots, bocaux, bouteilles, etc. Les miroirs ou les verres à pied par exemple, sont composés d’un verre différent et doivent être déposés dans la poubelle à ordures ménagères.

    Chiffre-clé

    89 % (1) des Français trient les emballages ménagers dont 51 % le font systématiquement.

    2 Une fois l’année scolaire terminée, comment se débarrasser des vieux cahiers à spirales ?

    Réponse C : retenez que les agrafes et les spirales sont enlevées dans le processus de recyclage, donc vous n’avez qu’à simplement mettre les cahiers dans la poubelle dédiée au tri sélectif (jaune, verte ou marron selon les villes). Un petit truc simple à apprendre à vos enfants pour qu’ils deviennent de vrais petits écolos et finissent l’année le cœur léger.

    3 Vous faites le tri dans vos placards, mais que faire des vêtements que vous ne portez plus ?

    Réponse B : tous les vêtements usagés peuvent être recyclés. S’ils sont abîmés, déposez-les dans l’une des bornes de collecte de rue mises en place par votre ville. Ils seront transformés en chiffons, en sol de terrain de tennis ou encore en matériaux d’isolation phonique ! S’ils sont propres, secs et en assez bon état, la meilleure solution est de donner vos anciens vêtements à une association ou à une friperie solidaire pour qu’ils servent à d’autres. Un bon moyen de consommer la mode de façon responsable !

    4 Vous venez de terminer votre tube de dentifrice, que faites-vous ?

    Réponse A : trompeur le dentifrice ! On pourrait croire que le tube en plastique se recycle mais non, car le type de plastique utilisé n’est pas recyclable (sauf si vous avez choisi un dentifrice écologique). Il faut le mettre dans la poubelle à ordures ménagères.

    5 Pour les bocaux ou bouteilles en verre, que faire des bouchons et des couvercles ?

    Réponse A : les couvercles en métal et plastique (selon les consignes de votre ville) se recyclent mais ne sont pas à jeter dans le conteneur à verre. Il faut les enlever pour les jeter dans le bac de tri de tri sélectif. S’ils sont en plastique (selon les consignes de votre ville), en liège ou imitation, ils se déposent dans les ordures ménagères.

    Bon à savoir

    Vous vous questionnez encore sur l’endroit où jeter un de vos objets ?

    Rendez-vous sur la plateforme « Que faire de mes déchets ? » proposée par l’Ademe. Vous pourrez y rechercher l’objet en question et obtenir une réponse précise pour vous en débarrasser. En bonus, une explication sur le devenir de l’objet, une fois recyclé ou non.

    Sources :
    (1) Éco-Emballages, Rapport annuel, 2016
    (2) CITEO, Les chiffres du recyclage en France, 2020
    CITEO, Le guide du tri

     

     

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    Quiz : êtes-vous incollable sur le tri ?

    1 Le miroir de votre salle de bains se brise en mille morceaux, où déposez-vous le bris de verre ?

    Réponse B : certes, 68 % des emballages ménagers sont recyclés (1) et le verre se recycle à l’infini, mais cela concerne uniquement les pots, bocaux, bouteilles, etc. Les miroirs ou les verres à pied par exemple, sont composés d’un verre différent et doivent être déposés dans la poubelle à ordures ménagères.

    Chiffre-clé

    89 % (1) des Français trient les emballages ménagers dont 51 % le font systématiquement.

    2 Une fois l’année scolaire terminée, comment se débarrasser des vieux cahiers à spirales ?

    Réponse C : retenez que les agrafes et les spirales sont enlevées dans le processus de recyclage, donc vous n’avez qu’à simplement mettre les cahiers dans la poubelle dédiée au tri sélectif (jaune, verte ou marron selon les villes). Un petit truc simple à apprendre à vos enfants pour qu’ils deviennent de vrais petits écolos et finissent l’année le cœur léger.

    3 Vous faites le tri dans vos placards, mais que faire des vêtements que vous ne portez plus ?

    Réponse B : tous les vêtements usagés peuvent être recyclés. S’ils sont abîmés, déposez-les dans l’une des bornes de collecte de rue mises en place par votre ville. Ils seront transformés en chiffons, en sol de terrain de tennis ou encore en matériaux d’isolation phonique ! S’ils sont propres, secs et en assez bon état, la meilleure solution est de donner vos anciens vêtements à une association ou à une friperie solidaire pour qu’ils servent à d’autres. Un bon moyen de consommer la mode de façon responsable !

    4 Vous venez de terminer votre tube de dentifrice, que faites-vous ?

    Réponse A : trompeur le dentifrice ! On pourrait croire que le tube en plastique se recycle mais non, car le type de plastique utilisé n’est pas recyclable (sauf si vous avez choisi un dentifrice écologique). Il faut le mettre dans la poubelle à ordures ménagères.

    5 Pour les bocaux ou bouteilles en verre, que faire des bouchons et des couvercles ?

    Réponse A : les couvercles en métal et plastique (selon les consignes de votre ville) se recyclent mais ne sont pas à jeter dans le conteneur à verre. Il faut les enlever pour les jeter dans le bac de tri de tri sélectif. S’ils sont en plastique (selon les consignes de votre ville), en liège ou imitation, ils se déposent dans les ordures ménagères.

    Bon à savoir

    Vous vous questionnez encore sur l’endroit où jeter un de vos objets ?

    Rendez-vous sur la plateforme « Que faire de mes déchets ? » proposée par l’Ademe. Vous pourrez y rechercher l’objet en question et obtenir une réponse précise pour vous en débarrasser. En bonus, une explication sur le devenir de l’objet, une fois recyclé ou non.

    Sources :
    (1) Éco-Emballages, Rapport annuel, 2016
    (2) CITEO, Les chiffres du recyclage en France, 2020
    CITEO, Le guide du tri

     

     

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  • Antilles : sensibiliser au risque de tsunami

    Antilles : sensibiliser au risque de tsunami

    26 décembre 2004. Le monde découvre un mot japonais, inconnu jusque là en-dehors des frontières de l’archipel, et la puissance d’un phénomène naturel : tsunami. Ce jour-là, un séisme de magnitude de plus de 9 sur l’échelle de richter secoue les terres sous-marines, au large des côtes de l’île de Sumatra,en Indonésie, dégageant une énergie équivalente à 23 000 fois la puissance de la bombe atomique d’Hiroshima. Vingt minutes plus tard, une première vague déferle sur les abords de Banda Aceh, au nord de Sumatra. Certaines atteignent les 30 mètres de hauteur. Au total, neuf pays du Sud de l’Asie seront touchés par ces déferlantes de mer. Plus de 220 000 personnes perdront la vie dans la catastrophe. Pascal Saffache, géographe et professeur à l’Université des Antilles, est le premier à avoir alerté sur la possibilité qu’un événement comparable se produise au cœur des Caraïbes. « Les pouvoirs publics affirmaient alors que jamais un tsunami n’avait touché la Martinique ou la Guadeloupe. J’ai entrepris des recherches et ai retrouvé la trace de nombreux événements », pose-t-il. Le dernier date de 1939. Le volcan Kick’em Jenny, au large de l’île de la Grenade, entre en éruption. L’onde qu’il engendre met une dizaine de minutes à atteindre les côtes méridionales de la Guadeloupe. Aucune victime humaine ne sera à déplorer « mais les dégâts matériels sont importants », souligne l’universitaire.

    Etat de préparation

    L’opiniâtreté du professeur de géographie finit par payer. A partir de 2008, les services de l’Etat commencent à anticiper et à préparer la population à la survenue d’une telle catastrophe. L’enjeu est majeur. Mandaté en 2011 par l’Unesco pour évaluer l’état de préparation des territoires français des Caraïbes, le météorologue Gaël Musquet prend la mesure du danger. « Si aucune prévention n’était installée, j’ai évalué le risque à 500 000 morts », raconte-t-il aujourd’hui. La même année, en 2011, la Martinique comme la Guadeloupe participent au premier exercice d’alerte au tsunami organisé par l’Onu dans la région, « Caribe Wave ».

    L’idée : imaginer que se reproduisent les conditions d’une catastrophe passée. Dans un exercice de simulation, après les messages d’alerte reçus, les agents publics testent alors les procédures d’intervention et d’évacuation, quand les élèves des établissements participants vident leurs classes pour rejoindre les lieux de rassemblement. Pour l’édition 2025, à nouveau, les Antilles françaises ont été au rendez-vous, à l’unisson de 48 pays et territoires. « Nos agents se retrouvent confrontés aux situations. Ils prévoient quels seront les gestes nécessaires pour ajuster ensuite nos politiques de prévention des risques et organiser des formations en interne. Il faut se confronter au réel », explique Judith Laborieux, adjointe à la sécurité du maire du Lamentin, en Martinique.

    Culture du risque plus marquée

    Caribe Wave donne l’occasion de campagnes d’information mais la simulation, elle-même, ne concerne pas la population dans son ensemble, seulement les fonctionnaires de certaines institutions et les élèves des écoles. « C’est le reproche qu’on peut faire à ce genre d’exercices. Ils devraient concerner tout le monde », estime Pascal Saffache. Si la population antillaise fait preuve d’une culture du risque plus marquée que dans l’Hexagone, « les exercices servent à la prise de conscience générale mais ce n’est pas pour autant que chacun a préparé son kit de survie », reconnaît Judith Laborieux. Difficile toutefois d’incriminer la population, quand tous les acteurs publics ne jouent pas la partie totalement. « La France reste attentiste face à ce risque », considère Gaël Musquet. « Des chercheurs, Matthieu Péroche et Frédéric Leone, ont entrepris un formidable travail de terrain de cartographie des sites refuges, pour lequel il faut leur rendre hommage. Ils ont sué sang et eau pour comprendre les difficultés des populations pour évacuer et désigner les chemins les plus sûrs, poursuit le météorologue. Or, les collectivités ne s’en emparent pas assez. »

    « Sur les 27 communes littorales de Martinique [qui en comptent 34, NDLR], une bonne dizaine se sont dotées de la signalétique idoine et ont identifié des lieux de refuge », complète Pascal Saffache. La communauté d’agglomération Centre Martinique (Cacem) fait partie de ces collectivités qui ont travaillé le sujet : signalétique, cheminements sûrs et équipement des zones d’accueil. « Mais l’enjeu financier est énorme », souligne Laurence Louison, chargée de mission « risques majeurs » à la Cacem. Surtout, insiste-t-elle, dans le contexte de dérèglement climatique « qui oblige notre territoire à être résilient ».

    Toucher les familles

    « L’Etat devrait pourtant comprendre que les sommes investies dans la prévention sont bien moindre que quand il faut réparer les catastrophes et les crises sociales qui en découlent. On n’a pas besoin de sous après mais avant », pointe Judith Laborieux. Elle-même tente de convaincre des partenaires de financer l’équipement des kits de survie pour les 38 000 enfants scolarisés sur la commune, en maternelle et en primaire. « Une façon de toucher toute leur famille, leurs grands frères et sœurs, leurs mères, leurs tantes pour qu’elles se mettent à leur tour à préparer un kit », explique l’élue. La cellule familiale, c’est aussi le niveau de sensibilisation que préconise Gaël Musquet. « Au Chili, on évacue plus d’un million de personnes en moins de 45 minutes. C’est le résultat du plan mis en place par la présidente Michelle Bachelet [de 2006 à 2010 et de 2014 à 2018], un plan national nommé Familia Preparada. Beaucoup se joue dans la cellule familiale. » Un modèle pour la France ?

    La Macif vous aide à agir pour réduire les dommages liés aux risques naturels.

  • La forêt sous surveillance de l’intelligence artificielle

    La forêt sous surveillance de l’intelligence artificielle

    Avec le vent qui alimente les flammes, les pompiers ont un autre ennemi : le temps. Quand un feu prend, les secondes qui s’écoulent sont autant de mètres carrés de forêt qui s’envolent en fumée. La détection la plus rapide et la plus précise constitue dès lors un enjeu majeur de la lutte contre les feux de forêt. Du côté des services départementaux d’incendie et de secours (Sdis), comme des services de l’Etat, on n’ignore pas l’impact du dérèglement climatique sur la multiplication du risque « incendies ». En atteste la publication d’un rapport, en janvier 2024, consacré à la « politique de prévention et de lutte contre l’incendie de forêt dans un contexte d’extension et d’intensification du risque dû au changement climatique ».

    Le risque de feu, doublé, voire quadruplé

    Parce que le fait est établi : le dérèglement du climat accentue le risque « incendies », principalement en raison de l’assèchement des végétaux, accru par la hausse des températures. « La sensibilité météorologique élevée aux feux de forêt n’a cessé de croître en France depuis les années 1960, avec une augmentation plus nette depuis l’an 2000. Elle concernait en moyenne entre 2 et 3 % de la surface du territoire national entre 1960 et 1970, pour atteindre environ 6 % à la suite des changements de ces vingt dernières années », indiquent les auteurs du rapport. La tendance doit se poursuivre. La moyenne des jours « sécheresse feu météo élevée », un indicateur fondé sur les températures et l’état de la végétation, pourrait doubler, voire quadrupler, selon les scénarios d’évolution du climat tracés par le Giec. « Dans [ce] contexte que nous connaissons, il est indispensable d’adapter notre système de lutte contre les feux de forêts. Face à l’évolution de l’intensité et de la croissance de ces derniers, nous devons collectivement intensifier nos efforts […], en anticipant les risques et en développant de nouveaux moyens d’action, car ce sont les décisions que nous prenons maintenant qui vont permettre, dans dix ou vingt ans, de continuer à être efficace dans la lutte contre ces incendies majeurs », pose Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur, à la réception du rapport.

    Reconnaissance d’images

    Parmi ces « nouveaux moyens d’action », l’intelligence artificielle fait figure d’atout-maître dans la surveillance des forêts. De nombreuses entreprises, jusqu’au leader mondial des cartes graphiques, Nvidia, développent des solutions, fondées sur la reconnaissance d’images.

    En France, l’association Pyronear joue la carte de l’open source et de la « tech for good », ce mouvement qui veut mettre les technologies au service du bien commun. Elle est née d’une saison de « Data for good » : au cours d’un webinaire, dix projets potentiels sont « pitchés » à la communauté de cette association, qui rassemble plus de 4 000 bénévoles disposant de compétences techniques.

    En 2019, cinq jeunes ingénieurs proposent de tester leur idée d’intelligence artificielle de détection de feux de forêt. « Une solution simple : on installe des stations de détection sur un point haut en forêt. Dans ces stations, plusieurs caméras et un micro-ordinateur pour les contrôler, prendre des photos toutes les trente secondes et les analyser », détaille l’un de ses co-fondateurs, Mateo Lostanlen.

    C’est une IA de reconnaissance d’images, « locale et très spécialisée donc frugale [en énergie] », précise celui qui se charge de l’analyse. La détection d’un potentiel feu naissant peut ensuite être envoyé au Sdis « et les pompiers confirment ou infirment l’information », poursuit-il. Un premier partenariat avec le Sdis d’Ardèche a affiné la solution, pour répondre aux réalités des pompiers.

    Cinq ans plus tard, l’association Pyronear a une existence légale, salarie deux personnes et peut compter sur un réseau de 140 membres actifs, des codeurs ou codeuses et autres techniciens, disposés à offrir deux heures de leur temps, par ci par là, pour améliorer les solutions trouvées. « On a par ailleurs besoin d’expertise en droit ou en comptabilité », complète Mateo Lostanlen. Sur le terrain, 25 stations sont déjà installées en France. Avec un premier contrat signé avec le Sdis 77, pour l’installation de quatre stations en forêt de Fontainebleau.

    Solution moins onéreuse

    « On travaille à proposer une solution crédible et performante sur un modèle open source et à but non lucratif », explique-t-il. Il précise : ce double choix poursuit un objectif : proposer aux services publics de lutte contre les incendies une solution moins onéreuse que les acteurs privés de ce marché en plein développement, où la commande publique s’intensifie. Le choix de la licence libre offre un autre atout : la rapidité de développement. « C’est d’abord un choix de conviction, sourit l’une des bénévoles de l’association, Camille Modeste. Par ailleurs, l’open source accélère les processus, puisque chacune et chacun peut améliorer le code. » Néanmoins, en raison de la forte concurrence qui se dessine dans le secteur, l’association envisage de faire évoluer son modèle, en changeant la licence. Si le code continuait à rester ouvert, les paramètres d’entraînement pourraient être pour leur part protégés.

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  • Sécheresse en Ariège : tout le monde sur le pont

    Sécheresse en Ariège : tout le monde sur le pont

    Seize jours de neige par an. Dans les Pyrénées, le changement climatique entraînera, à l’horizon du dernier quart de ce siècle, une période d’enneigement divisée par sept, selon les projections de Météo France. Passant ainsi de 110 à 16 jours. « Même au cœur de l’hiver, la moitié des précipitations prendra la forme de pluies, en 2050, en raison de l’augmentation des températures », explique Lucile Chamayou, qui a travaillé sur le sujet pour le parc naturel régional des Pyrénées Ariégeoises. Elle résume : « Sur le massif, le changement est déjà en cours et mesurable. » Conséquence de cet enneigement qui se réduit à peau de chagrin : l’évapotranspiration, soit la part d’eau tombée du ciel qui s’évanouit à son arrivée sur terre, additionnée à la part puisée par les végétaux pour leurs besoins vitaux, va s’accroître de 10 à 30 %. Et aggraver, de ce fait, les situations de sécheresse.

    Sols extrêmement secs

    L’ensemble du territoire ariégeois connaîtra, au milieu du siècle, des sols extrêmement secs, dès le printemps. Par ailleurs, « l’Ariège sera fortement impactée par rapport au reste du grand Sud-Ouest par l’augmentation des sécheresses décennales, celles qui arrivent une année sur dix. En 2050, elles arriveraient huit à neuf années sur dix… », complète Lucile Chamayou. « La situation est très grave, tant sur la quantité d’eau que sur sa qualité », abonde en ce sens Claude Miqueu, ancien député des Hautes-Pyrénées et membre du Comité national de l’eau et qui a longtemps assumé des responsabilités à l’agence de l’eau Adour-Garonne. Le dossier, sans mauvais jeu de mots, est brûlant. « Sur le plan quantitatif, les périodes de sécheresse se multiplient. Quant au plan qualitatif, nous sommes débordés par les nouvelles pollutions, liées aux activités humaines », précise Claude Miqueu. Pour le spécialiste, trois impératifs sont à poursuivre : « La priorité doit être donnée à l’eau potable, après un engagement ferme sur des pratiques de sobriété. Ensuite, nous devons parvenir à une gestion collective, équilibrée, transparente et évaluée de l’ensemble des autres usages. »

    Plan de sobriété

    Sur la sobriété, le comité de bassin Adour Garonne a adopté un objectif de réduction des prélèvements en eau sur son territoire d’intervention de 10 %, en 2030. Une mesure qui fait suite à l’invitation faite à tous les comités de bassin de réfléchir à un plan de sobriété, contenue dans le « plan Eau » présenté par le gouvernement en avril 2023. Quant à la gestion « collective, équilibrée, transparente et évaluée » des usages autres que l’eau potable, elle se met doucement en place. Depuis la fin de l’année 2024, des consultations publiques sont organisées par le département de l’Ariège et par la « commission locale de l’eau » (CLE), une sorte de parlement de la gestion des eaux au niveau départemental, où siègent des élus locaux mais aussi des responsables de syndicats agricoles ou patronaux, des représentants des usagers et usagères du service public de distribution d’eau et des associations de défense de l’environnement. Objectif : élaborer en commun le prochain « Sage », le schéma d’aménagement de l’eau, qui met sur le papier le partage des usages de l’eau. « Nous espérons sa mise en application en 2027, après les consultations de 2025 et leurs traductions opérationnelles en 2026 », explique le président de la CLE, par ailleurs vice-président du conseil départemental de l’Ariège, Jean-Paul Ferré.

    Avec le concours de la commission nationale du débat public, une dizaine de réunions publiques sont organisées sur le territoire ariégeois. A la Confédération paysanne, on salue l’outil qui se met en place, « porté par les pouvoirs publics donc plus républicain que les délibérations prises dans les seules chambres d’agriculture », souligne son porte-parole de l’antenne ariégeoise, Angel Alegre. Si les secteurs économiques concernés, au premier rang desquels le secteur agricole, s’investissent dans ces consultations publiques, l’enjeu réside dans la mobilisation des citoyennes et citoyens. « C’est indispensable. Mon inquiétude, c’est que ces consultations sont pléthore et qu’on décourage les participations en multipliant les interpellations », pointe Claude Miqueu. Au-delà des réunions prévues autour du Sage, les habitantes et habitants de l’Ariège sont également invités à donner leur avis sur l’élaboration du « Sdage », le schéma départemental d’aménagement et de gestion de l’eau, l’échelon supérieur de planification, construit, lui, par l’agence de l’eau Adour-Garonne. À ces deux consultations, s’ajoutent les « conférences territoriales de l’eau », organisées pour leur part par l’État, à la suite du lancement du « plan Eau » d’avril 2023.

    Des « mesures éponges »

    Et la concertation ne s’arrête pas là. Sur des projets encore plus locaux, la discussion entre les parties prenantes s’engage. Ainsi du projet européen « Sponge Works ». La vallée de la Lèze, en Ariège, est l’un des trois spots choisis pour étudier les « mesures éponges », des solutions naturelles pour stocker davantage et plus longtemps les eaux de pluie dans le sol. Un sol très sec ne parvient pas à absorber l’eau et constitue, en plus de l’aggravation de l’état de sécheresse, un facteur d’inondations. « On appelle ça des laboratoires vivants : on intègre les acteurs du territoire pour démontrer à partir d’une hypothèse. On évalue en direct. On fait donc de la recherche appliquée et on évalue en même temps sur des grandes surfaces. L’objectif c’est de voir quelles sont les mesures qui marchent, pourquoi, et ensuite changer d’échelle », explique Sabine Sauvage, l’une des ingénieures de recherche au CNRS en charge de ce projet. Grâce à des fonds européens, les agriculteurs et agricultrices sont aidés à installer des dispositifs de retenue d’eau naturels. Premier objectif : replanter des haies en masse. Autre mesure à venir : ne plus laisser les sols nus en hiver. « Il y a deux cents exploitants dans la Vallée de la Lèze, la moitié est prête à appliquer les mesures », indique Sabine Sauvage. Un indicateur encourageant pour la concertation plus large sur le territoire ariégeois.

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  • « Les sécheresses agricoles vont se multiplier » Juliette Blanchet

    « Les sécheresses agricoles vont se multiplier » Juliette Blanchet

    Quel est le consensus scientifique sur l’influence du dérèglement climatique sur la survenue des événements météorologiques extrêmes ?

    J. B. : Il n’est pas facile d’imputer directement un événement extrême au dérèglement climatique. Cela dépend pour commencer de ce dont on parle. Ce qui est indéniable, c’est l’augmentation de la température dans l’atmosphère, que le consensus scientifique attribue aux activités humaines. Quelles que soient les actions entreprises pour réduire l’émission de gaz à effets de serre, en cause dans ce réchauffement, ce dernier va d’ailleurs se poursuivre, en raison de l’inertie du climat. Les canicules, en raison de ce réchauffement, sont plus fréquentes qu’il y a quelques décennies et le seront encore plus dans le futur. En revanche, si on se focalise sur les événements extrêmes en matière de précipitations, que ce soit des pluies très abondantes ou un manque extrême de précipitations, donc la sécheresse, il est plus incertain d’affirmer qu’ils seront plus nombreux dans le futur. Pour évaluer l’impact du dérèglement sur leur survenue, il faut de longues séries de données. Grâce à elles, on peut commencer à constater une augmentation des événements extrêmes dans le sud de la France. Les « événements méditerranéens » arrivent plus souvent qu’auparavant. Cela s’explique par l’augmentation de la température de la Méditerranée, qui gonfle les précipitations venues des côtes africaines. Mais pour l’ensemble du territoire français, il est difficile de dire si ces événements seront, ou non, plus fréquents à l’avenir.

    Pourquoi est-ce difficile à dire ?

    J. B. : Si on trace sur la courbe des températures, dont on dispose depuis 1950, on voit clairement une augmentation en tout endroit de la France. Pour les précipitations, on observe une forte variabilité d’une année sur l’autre. En revanche, on peut dire que la part de précipitations utiles est déjà moindre, par rapport au passé. Les précipitations utiles, c’est cette part de l’eau issue des précipitations qui rejoint les nappes phréatiques ou les rivières, dont on retranche l’évaporation et les besoins des végétaux, qu’on appelle l’« évapo-transpiration ». On peut déjà dire que la part utile est moindre, même à niveau de précipitations constant, parce que l’augmentation de la température accentue les besoins des végétaux et l’évaporation et que la part d’évapo-transpiration augmente dès lors mécaniquement. La sécheresse de 2022 a marqué les esprits. Pourtant, on constate des déficits pluviométriques qui ne sont pas extraordinaires cette année-là, notamment par rapport aux sécheresses de 1974 ou 1990 par exemple. Mais l’été a durablement été plus chaud de quelques degrés que les moyennes de saison. Les impacts sur la part utile des précipitations ont donc été importants. On le voit, la sécheresse, en elle-même, est une notion vague. De quoi parle-t-on ? De sécheresse pluviométrique ou de sécheresse agricole, qui désigne la sécheresse des sols ? Cette dernière est amenée à être plus fréquente.

    Que peut-on prévoir au sujet des inondations ?

    J. B. : Les fortes pluies ne sont pas vraiment plus fréquentes qu’avant sur la majorité du territoire français. Les inondations se produisent parce que de fortes précipitations ruissellent sur le sol et vont remplir les rivières, qui débordent. Le réchauffement global a un impact sur leur survenue parce que plus le sol est sec, plus l’eau va avoir tendance à ruisseler, sans imprégner le sol. En résumé, on ne constate pas tellement plus de précipitations mais on fait face à un changement des sols. L’augmentation de la température a un autre effet sur les précipitations. Dans les Alpes, auparavant, les précipitations tombaient sous forme de neige. La neige se stockait naturellement et, à sa fonte, venait lentement alimenter les rivières. Aujourd’hui, les pluies ne sont plus stockées et ruissellent plus vite, pour la même quantité d’eau qui tombe du ciel.

    « Les sécheresses agricoles vont se multiplier » Juliette Blanchet
    Juliette Blanchet, directrice de recherche CNRS à l’Institut des géosciences de l’environnement (IGE)

    Comment prévenir ces événements extrêmes ?

    J. B. : Pour les événements à venir dans un futur proche, la prévision repose sur les modèles météorologiques. On sait bien le faire, même si on ne peut pas dire qu’un orage terrible va s’abattre sur Paris dans six mois. Si on parle plutôt des prévisions sur la fréquence de ces événements, on parle de projections climatiques. C’est ce que nous faisons dans notre laboratoire. Nous participons à l’élaboration de modèles qui combinent les mathématiques et la physique qui vont simuler des centaines de météo possibles jusqu’en 2100. L’intérêt est de pointer les accords entre les différents modèles. Ils sont très raccords sur l’augmentation de la température mais offrent moins d’unanimité sur les vents et les précipitations. Notamment en France, qui est à l’intersection de deux climats, océanique et continental. Cela rajoute de l’incertitude.

    Comment s’y préparer ?

    J. B. : Même si des incertitudes demeurent sur le niveau de précipitations ou la fréquence des déficits pluviométriques, on sait déjà que les sécheresses agricoles vont se multiplier, en raison de l’augmentation de l’évapo-transpiration. Il faut donc d’ores et déjà que nous nous préparions à disposer de moins d’eau utile. Et pas seulement pour notre besoin vital d’eau, également pour les animaux que nous élevons, pour les industries, etc. La recherche a évidemment un rôle à jouer dans cette préparation. La grave sécheresse de 2022 a éveillé les consciences et on commence à voir se multiplier les collaborations entre les équipes de recherche et les collectivités, pour analyser les nappes phréatiques, par exemple. Le projet Explore 2, porté par l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), LIFE Eau&Climat, s’attache à faire des projections sur les impacts du dérèglement climatique sur le cycle de l’eau.

    Quel message peuvent porter les chercheuses et chercheurs pour persuader la société de se préparer à une autre gestion de l’eau ?

    J. B. : Le premier message que nous pouvons passer, c’est que l’eau a une capacité immense d’interconnexion. Un petit torrent de montagne va en relier un autre, jusqu’au Rhône, puis se jeter dans la Méditerranée. Certaines rivières en Espagne sont influencées par la quantité de neige qui tombent sur les Alpes. Il faut que toutes et tous comprennent que ce qui retiré en amont disparait aussi de l’aval. Malheureusement, la pluie ne tombe pas sur commande. En revanche, on peut réfléchir ensemble à partager au mieux la ressource en eau et poser ensuite des choix collectifs. Sur le plan individuel, il s’agit de ne pas gâcher l’eau. Mais il faut aussi aller voir du côté des pratiques agricoles et industrielles. L’industrie des puces électroniques utilise l’eau de la nappe qui alimente par ailleurs la métropole de Grenoble en eau potable. Avec l’explosion de la demande en micro-électronique, un conflit d’usage ne risque-t-il pas d’advenir ? Il faut s’y préparer. La question du partage de l’eau est une question de justice sociale et d’équité.

    La Macif vous aide à agir pour réduire les dommages liés aux risques naturels.

  • Comment s’engage la Gen Z ?

    Comment s’engage la Gen Z ?

    « 3,5 millions d’euros récoltés. Respect à vous. Quand on se retrouve unis comme ça pour la bonne cause, c’est juste magnifique. Vous êtes des monstres. » C’est sur ces paroles enjouées postées sur Instagram que le streamer (celui qui diffuse et propose son contenu en ligne, en direct ou en différé léger, ndr) français Amine MaTue a réagi, le 20 janvier 2025, à la clôture de l’événement Stream for Humanity. Un marathon caritatif de trois jours, diffusé sur Twitch (service de diffusion en direct de vidéos, populaire dans le domaine des jeux vidéo, de la retransmission de compétitions esport ou d’événements divers), ayant pour objectif de récolter des dons pour les victimes de conflits armés au bénéfice de l’association Médecins sans frontières. Pour la première édition de cette collecte de fonds, c’est plus de 26 streamers qui se sont réunis sur la plateforme, dont quelques grands noms du web comme Squeezie, deuxième youtubeur de France, et Inoxtag, dont le documentaire sur l’Everest a été la vidéo la plus vue de 2024 sur YouTube en France. Aussi spectaculaire qu’elle puisse paraître, cette collecte est loin d’être un cas isolé. Ces dernières années, ce genre de mobilisations en ligne — touchant des participants ayant une moyenne d’âge ne dépassant pas 30 ans — se multiplient. L’un des plus importants étant le ZEvent, rassemblement de stars du web français créé en 2016, qui, lors de sa dernière édition, a récolté plus de 10 millions d’euros au profit de cinq associations luttant contre la précarité.

    Preuve d’une bascule dans l’univers du don où les seniors ont longtemps été les plus généreux ? Pas complètement : les plus de 70 ans sont encore et toujours les plus gros donateurs (33 % contre 4 % pour les moins de 30 ans). Mais si les gens âgés restent les premiers à dégainer le chéquier, ils ne sont plus les seuls. Selon le dernier bilan dressé en 2023 par l’association Recherches et Solidarités sur la générosité des Français, les 18-27 ans sont ceux qui consentent « l’effort de don » le plus important. En effet, les dons aux associations de cette tranche d’âge représentent 2,5 % de leur revenu annuel moyen. Et pour ce qui est des bénéficiaires, toujours selon Recherches et Solidarités, trois causes semblent les mobiliser par ordre de priorité – la pauvreté et l’alimentation, l’écologie et les animaux, et l’enfance.

    Un engagement protéiforme

    Si les « digital natives » s’engagent davantage que les « boomers » (nés entre 1946 et 1964, ndr), la génération X (nés entre 1965 et 1979, ndr) ou les « millenials » (nés entre 1980 et 1994, ndr), c’est justement parce qu’ils maîtrisent – comme leur nom l’indique – le numérique sur le bout des doigts. « Le vecteur digital est énorme pour la solidarité, confirme Élisabeth Soulié, anthropologue et auteure de La Génération Z aux rayons X (2020). Grâce au numérique, cette jeune génération a massivement recours aux “microdons”. Chacun peut mettre un peu, et au bout du compte, ça a un impact extrêmement important. » La mutation ne s’arrête pas là : ces quinze dernières d’années, le nombre de portails de collecte en ligne a explosé, les réseaux sociaux Facebook, Instagram ou encore TikTok ont lancé les « donation stickers » (« autocollants de don », en français) permettant aux utilisateurs d’effectuer des collectes de fonds personnelles, et même les ONG ont adapté leurs quêtes de terrain pour que le don par carte bancaire soit possible… Zoom, la plateforme de visioconférence, a elle aussi rejoint l’aventure caritative en proposant d’ajouter un bouton de don dans ses réunions virtuelles. Bref, aujourd’hui, grâce aux outils numériques, s’engager ou faire un don n’a jamais été aussi facile. « En 2023, la part du don en ligne représente 30 % dans la collecte de dons ponctuels (contre 20 % en 2019), indique Pauline Héry, chargée de plaidoyer chez France Générosités. Et selon notre baromètre “image et notoriété”, 52 % des 25-34 ans déclarent avoir participé à des cagnottes en ligne pour des associations ou fondations. »

    Bien qu’ils soient souvent considérés comme immatures et naïfs, comme le souligne la journaliste Salomé Saqué dans son livre Sois jeune et tais-toi !, force est de constater que les 12-27 ans ne sont pas sans courage lorsqu’il s’agit de se retrousser les manches pour agir. Partout dans le monde, jeunes hommes et jeunes femmes se bougent pour que ce dernier tourne plus rond : Greta Thunberg, Camille Étienne et tant d’autres. La liste est longue. L’engagement prend aussi bien des formes. À défaut de pouvoir donner son argent, Tim Deguette préfère donner son temps aux associations, comme bénévole lors de maraudes. Originaire de Lille, cet étudiant en alternance à l’agence de marketing Isoskèle a récemment fait parler de lui, après avoir lancé « Solly », la première carte de paiement pour les sans-abri qui permet de dématérialiser les dons directement depuis son smartphone. « L’idée, c’est d’empêcher l’habituelle phrase “désolé, je n’ai pas de monnaie”, tout en redonnant confiance aux donateurs, raconte‑t-il. Car après sondage, on s’est rendu compte que 70 % des Français avaient une crainte sur la destination de leur don, considérant qu’il pouvait payer l’une des quatre addictions : alcool, tabac, drogue et jeu d’argent. » À seulement 22 ans, ce jeune entrepreneur a ouvert en avril 2024 une campagne de financement participatif pour « Solly ». Ses trois objectifs : récolter 15 000 euros, trouver 500 donateurs et obtenir trois parutions médiatiques. Après seulement 39 jours de campagne, le projet récolte près de 80 000 euros, rassemble 1 400 donateurs et apparaît déjà dans une trentaine de médias.

    Génération altruiste

    « On a souvent considéré la Gen Z comme égoïste, alors qu’en réalité, elle est très altruiste, constate l’anthropologue Elisabeth Soulié. Elle est sortie de l’individualisme pour aller vers le collectif. » Ainsi, la participation bénévole des jeunes est aujourd’hui à son plus haut niveau depuis 2016. Pauline Héry, de France Générosités, confirme que 29 % des 16-24 ans déclarent avoir une activité bénévole. « C’est une génération qui ne se projette quasiment plus, explique Élisabeth Soulié. Pour elle, l’expérience l’emporte sur la possession. Elle va donc privilégier le temps présent, elle va s’engager et rester fidèle à son engagement tant que ça la nourrit émotionnellement. » L’anthropologue parle d’une nouvelle solidarité « hyper‑personnalisée » : je m’engage parce que cette cause me concerne, parce que le fait de pouvoir agir participe à l’intelligence du monde. « Cette génération fait aussi le pari du relationnel, poursuit-elle. Face au grand défi qui l’attend, elle se dit : “Seule, je ne peux rien faire, c’est ensemble qu’on y arrivera.” » C’est aussi ce qui pousse les influenceurs à s’engager. À l’instar d’Arkunir qui, fort de son million d’abonnés sur le réseau X (ex-Twitter), a lancé le 18 novembre dernier un appel à réaliser le record d’Europe de don du sang. Promesse tenue, puisqu’en seulement quatre jours, Florian Gripon de son vrai nom est parvenu à réunir plus de 4 000 donateurs. Et ce n’était pas la première fois que l’influenceur de 22 ans usait de sa popularité pour servir une bonne cause. En 2021, il avait déjà récolté 47 500 euros pour la Fondation 30 millions d’amis, en faisant le tour du monde sur Google Maps dans un live Twitch de 48 heures. De quoi donner des idées aux ONG traditionnelles qui, pour toucher une cible plus jeune, n’hésitent plus à faire appel aux créateurs de contenu. Le 20 janvier dernier, par exemple, l’Unicef a annoncé la nomination de l’influenceuse Paola Locatelli (2 millions d’abonnés sur Instagram) en tant qu’ambassadrice. « Ce sont de vrais porte-parole, estime Tim Deguette. Aujourd’hui, si Squeezie ou Léna Situations décident de donner, leur communauté va donner. »

    1 500 podcasts pour appeler au don

    Inspiré du Téléthon et du ZEvent, le Podcasthon a fait son retour pour une troisième édition du 15 au 21 mars 2025. Durant cette période, des milliers d’animateurs de podcasts francophones (et anglophones) ont diffusé un épisode inédit dédié à une association. « Les podcasteurs ont raconté les actions menées par l’organisme caritatif de leur choix, quels sont ses enjeux, et ont invité leurs auditeurs à s’engager à leur tour, que ce soit en relayant l’info, en donnant de leur temps ou de l’argent », explique Jérémie Mani, cofondateur de l’association Altruwe, à l’origine de l’événement. « Ça permet de toucher un nouveau bassin de population, notamment les jeunes, dont les écoutes sont en hausse de 10 % pour les 12‑24 ans. »

  • Devenir propriétaire : quelles nouvelles stratégies de financement ?

    Devenir propriétaire : quelles nouvelles stratégies de financement ?

    L’éclairage avec trois experts du logement :

    • Clara Wolf Cheffe des études économiques au sein du ministère du Logement
    • Pierre Madec économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), spécialiste du logement
    • Cécile Delache Cofondatrice de l’association Habitat participatif en Nord, qui réside dans un habitat participatif à Villeneuve-d’Ascq depuis 33 ans

    Accède-t-on aussi facilement à la propriété aujourd’hui qu’au début des années 2000 ?

    Clara Wolf : En apparence, le taux de propriété en France est stable depuis plus de 20 ans. En 2023, 57,2 % des ménages étaient propriétaires de leur résidence principale en France hors Mayotte, ce qui représente environ 6 ménages sur 101. Au début des années 2000, nous étions à 56 % de ménages propriétaires. Mais ce que ces chiffres ne traduisent pas, c’est l’inégalité croissante dans l’accès à la propriété pour les jeunes ménages modestes (22-44 ans). 32 % de ces jeunes ménages étaient propriétaires en 1973. En 2013, ils ne sont plus que 16 %.

    Comment expliquer le recul de l’accès à la propriété pour ces jeunes ménages modestes ?

    Pierre Madec : La crise du logement est multifactorielle. Il y a le vieillissement de la population d’abord, qui pèse sur la quantité de logements disponibles sur le marché. Il faut ajouter à cela d’autres facteurs conjoncturels, comme la hausse des prix de l’immobilier, et plus récemment la hausse du taux moyen des crédits ou encore la durée des prêts accordés. Mais l’une des explications principales est l’évolution des structures familiales, notamment l’explosion des familles monoparentales. Sur les 8 millions de familles avec enfants de moins de 18 ans, 1,9 million sont des familles monoparentales, soit 23 % en 2020. Cette part a fortement augmenté depuis 1990 où elle s’élevait à 12 %2. Et quand un couple avec un enfant divorce, il leur faut trouver deux fois le même logement dans la même ville. Une mission quasi impossible, notamment dans les grandes métropoles qui concentrent l’emploi, les services publics et les écoles.

    Les dons familiaux ont-ils un rôle important dans le creusement des inégalités. Pouvez-vous développer ?

    Dans un rapport rédigé par l’Institut national des études démographiques (Ined), sur les inégalités d’accès à la propriété au sein des jeunes en France3.

    Pierre Madec : Les couples et familles modestes sont le plus souvent eux-mêmes issus de classes sociales modestes, et sont donc moins aidés par leurs parents pour accéder à la propriété. Ces 20 dernières années, face à l’augmentation des prix de l’immobilier, l’héritage a eu de plus en plus de poids dans l’accession à la propriété. En 2017, un quart des nouveaux propriétaires bénéficient d’une aide financière de leur famille, à hauteur d’un sixième du total de l’apport4. Mais, logiquement, moins on possède, moins on peut donner à ses enfants.

    La difficulté à investir dans la pierre s’illustre-t-elle de la même manière partout dans l’Hexagone ?

    Dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, seuls 50 % des ménages locataires pourraient acheter un logement5.

    Pierre Madec : Une forte tension s’observe dans les zones touristiques, notamment du fait de l’augmentation des résidences secondaires qui réduit l’offre de résidences principales, et la concurrence des plateformes de tourisme qui font flamber les prix. Il est également très difficile d’accéder à la propriété dans les grandes métropoles, notamment à Paris intra muros et sa petite couronne, pour une raison évidente du prix de l’immobilier. Dans la capitale, pour acheter un 40 m2, il faut pouvoir déclarer 90 000 euros de revenus annuels (soit 7 500 euros par mois)6. C’est une somme importante, le problème est là.

    83 % des achats de biens en 1984 et 89 % en 20136 se font par le biais de prêt immobilier.

    Si l’accès à la propriété continue majoritairement à se faire par le biais du prêt immobilier, il existe désormais d’autres stratégies de financement. Quelles sont-elles ?

    Clara Wolf : L’achat immobilier sous le régime du bail réel solidaire (BRS) permet aux ménages modestes d’accéder à la propriété à des prix réduits. C’est un dispositif lancé par le gouvernement en 2016, qui permet l’acquisition des murs, mais pas du terrain. Autrement dit, vous achetez uniquement le logement, et vous louez à un faible coût le terrain à un organisme agréé par l’État. Encore modestes, les logements achetés via ce dispositif s’établissent à 600 en 2022, 850 depuis le lancement du dispositif. En complément, des prêts aidés comme le prêt à taux zéro (PTZ) viennent souvent alléger la charge financière des ménages, permettant de limiter l’apport initial et d’étaler les remboursements.

    Que pensez-vous des start-up qui proposent la coacquisition, dont le principe consiste à partager la propriété d’un logement avec un investisseur ou une société spécialisée ?

    Pierre Madec : Le problème de ces services, disponibles uniquement dans les grandes villes, est qu’ils augmentent la capacité d’achat dans des zones où les biens immobiliers prennent rapidement de la valeur et se revendent facilement. Cela contribue à faire grimper les prix encore davantage. Ces solutions privées, sur le long terme, n’aident pas vraiment les ménages modestes à accéder à la propriété. Ce qui pourrait davantage solvabiliser les ménages, c’est la régulation sur le prix des logements neufs ou sur les meublés touristiques !

    En 2019, environ 5 000 logements étaient proposés en leasing immobilier. En quoi cela consiste-t-il ? Est-ce intéressant ?

    Pierre Madec : Appelé location-vente ou location‑accession, ce système de location avec option d’achat permet à des ménages, souvent sans apport initial, de tester leur capacité à devenir propriétaires. Le locataire doit choisir entre deux modalités de paiement : soit payer un loyer plus élevé comprenant le prix d’achat du bien, soit payer un loyer normal pour ensuite payer le prix d’achat du bien dans son intégralité à la fin du contrat. Mais attention : les frais supplémentaires, comme ceux liés à la gestion du contrat de location-accession, peuvent alourdir la facture et prendre l’allure d’une course en avant pour les ménages modestes.

    Bien qu’encore marginal, le choix de l’habitat participatif connaît une évolution constante en France. D’où vient ce modèle ?

    En 2024, on recense plus de 1 172 projets d’habitats participatifs, une évolution de 15 % par an entre 2021 et 20248.

    Cécile Delache : Inspiré des modèles développés aux États-Unis à la fin des années 1960 puis importé en Europe, l’habitat participatif repose sur la propriété collective du foncier et permet à des groupes de personnes de partager le poids de la propriété dans un mode de vie écologique et communautaire. Ce modèle attire particulièrement les jeunes ménages et les jeunes retraités plutôt soucieux de leur impact écologique, car il s’inscrit dans une vision plus large de la société : limiter l’artificialisation des sols, mutualiser les espaces et les équipements et réduire sa consommation globale. Gare aux fantasmes cependant : l’apport pour un habitat participatif n’est pas nécessairement plus accessible que pour une propriété classique. Ce qui réduit les coûts, c’est son fonctionnement, notamment l’absence de syndic. Mais quelques freins moraux subsistent encore dans la société française, tant du côté des particuliers que des banques, encore frileuses pour accorder des prêts pour ce type de projet immobilier. Par ailleurs, l’habitat participatif demande surtout de trouver des partenaires de vie au-delà de son couple, ce qui n’est pas toujours chose aisée.

    • 1 Le parc de logements au 1er janvier 2024 | Insee, septembre 2024
    • 2 Ménage – Famille − Tableaux de l’économie française | Insee
    • 3 Inégalités d’accès à la propriété et de richesse immobilière au sein des jeunes en France, 1973-2013 | Carole Bonnet, Bertrand Garbinti, Sébastien Grobon | Ined
    • 4 L’accès à la propriété en recul depuis la crise de 2008 − Les conditions de logement en France | Insee
    • 5 Seule la moitié des ménages locataires pourraient acheter un logement adapté à leur composition familiale | Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d’Azur
    • 6 Un bon salaire ne suffit plus pour devenir propriétaire à Paris : il faut gagner presque 100 000 € brut annuel pour s’acheter un 40 m2. www.wearevirgil.com/presse-communiques/salaire-suffit-plus
    • 7 L’accès à la propriété en recul depuis la crise de 2008 − Les conditions de logement en France | Insee
    • 8 Bilan & Chiffres 2024 : une synthèse chiffrée sur les tendances et évolutions de l’habitat participatif entre 2021 et 2024 | Habitat Participatif France
  • Cargo, triporteur, long-tail : l’essor du vélo en famille

    Cargo, triporteur, long-tail : l’essor du vélo en famille

    Praticité en ville

    Depuis deux ans, Malik, la trentaine, sillonne quotidiennement Paris et ses environs sur son imposant vélo cargo bleu. Et depuis qu’il a franchi ce pas, il n’a jamais pensé à rétropédaler. « J’ai opté pour un vélo cargo parce que je voulais me passer de ma moto tout en pouvant toujours transporter du matériel informatique afin d’équiper mes clients. En plus, j’ai vite compris qu’il pouvait faire double usage : transport de matériel le jour et de mes enfants le soir et les week-ends, sans avoir besoin d’une voiture, qui n’est pas idéal en région parisienne. » Il ajoute : « En plus de ces avantages, un vélo cargo est très agréable à conduire, le moteur est suffisamment puissant pour qu’on puisse aller partout et, même avec une assistance électrique, on pratique une activité physique. » Outre la dimension plaisir, pratique et écologique, Malik a même fait des économies grâce aux aides de la région : « Ça m’a coûté moins cher d’investir dans un vélo cargo que d’acheter un vélo classique grâce à l’aide donnée par la région Île-de-France aux sociétés », explique-t-il.

    La pratique du vélo toujours en hausse

    Comme lui, de nombreux Français se mettent aux deux roues sous toutes ses formes. Selon le site Vélo & Territoires en effet, à la fin de l’année 2023, on comptait une augmentation de 5 % d’utilisation de vélo, à échelle nationale. L’Observatoire du cycle de l’Union sport cycle indique même que le vélo est le moyen de transport le plus apprécié en France. Il représente 43 % des moyens de locomotions vendus, loin devant la trottinette (26,5 %) ou la voiture (26 %). Mais le cycle qui tire évidemment son épingle du jeu, c’est le vélo à assistance électrique, dont la production française représentait 56 % des ventes en 2023, avec près de 11293 vélos cargos assemblés et vendus en France.

    Vers la démocratisation du vélo cargo

    Pour Olivier Razemon, spécialiste du cycle, la démocratisation du cargo s’explique facilement : « Le vélo cargo et ses dérivés sont apparus il y a déjà une dizaine d’années dans les autres pays d’Europe, comme les Pays-Bas et le Danemark, puis on l’a vu arriver à Strasbourg », se souvient-il. Il a ensuite gagné les grandes villes et c’est un peu plus récemment qu’on l’a vu apparaître dans des villes plus petites, comme Aurillac, où le journaliste a croisé des artisans qui transportaient leur matériel à vélo cargo. « Avec sa taille, la puissance de son moteur et sa longueur, ce type de vélo est tout à fait adapté aux villes moyennes et aux banlieues, explique-t-il. À Paris, la politique de la ville en matière de vélo a permis qu’il puisse désormais mieux circuler sur les pistes cyclables qui ont été agrandies au fil des ans. » Dans la majeure partie des villes françaises, il n’est donc plus rare de voir des vélos cargos chargés de matériel ou d’enfants aux heures de pointe. Le seul inconvénient pointé par Malik, ce sont les places de stationnement. « Les parkings à vélo ne sont pas adaptés aux vélos cargos et ils prennent de la place attachée sur des poteaux. On risque souvent de gêner les piétons en se garant », regrette Malik. Le journaliste reste néanmoins optimiste. « De plus en plus de villes adaptent les places de stationnement aux vélos cargos et certains parkings souterrains proposent désormais des emplacements qui leur sont dédiés, mais il faut les connaître. On en trouve notamment sous la gare de l’Est, encore faut-il le savoir ».

    Votre vélo à assistance électrique protégé !

    Compte tenu de son prix et des convoitises qu’il peut susciter, mieux vaut correctement assurer votre vélo à assistance électrique avec la Macif.