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  • Dépression post-partum : comment se faire aider et pourquoi ?


    Dépression post-partum : comment se faire aider et pourquoi ?


    « J’avais accouché quelques semaines auparavant, mais entre la découverte de la maternité, le tourbillon des visites et le manque de sommeil, je n’avais pas eu le temps de me poser. Quand je me suis retrouvée seule et un peu plus au calme, j’ai réalisé que ce que je pensais être un simple baby blues passager dû à une chute d’hormones était plus profond : la tristesse me collait littéralement à la peau et je n’arrivais pas à en sortir. » Rosie, 33 ans, a accouché de son premier bébé, une petite fille. Après avoir essayé de faire face seule à ce qu’elle n’arrivait pas encore à nommer, elle s’est décidée à parler à une doula qu’une amie lui avait conseillée. Après plusieurs semaines de suivi avec Christelle Saguon, elle commence à s’en sortir et arrive enfin à mettre des mots sur ce qui lui est arrivé.

    Savoir repérer et anticiper les symptômes

    Manque d’énergie, difficultés à s’occuper de son bébé, perte de plaisir, profonde tristesse sans raison apparente, pensées négatives et difficultés à dormir sont autant de signes avant-coureurs du post-partum. Si cette dépression peut s’expliquer en partie par des causes physiologiques, elle peut aussi être déclenchée par les énormes changements de vie provoqués par l’arrivée du bébé. Il faut absolument la traiter sous peine de voir les symptômes s’aggraver, puisque le suicide serait la deuxième cause de mortalité post-partum : tous les mois, une femme se suicide au cours de la première année de vie de son bébé. D’où la nécessité que l’entourage soit vigilant et attentif : il ne faut jamais minimiser la souffrance d’une jeune mère.
Une fois le diagnostic posé, il faut ensuite trouver un espace de parole bienveillant pour pouvoir verbaliser et apaiser les angoisses. La prise en charge est nécessaire, car si les symptômes peuvent s’apaiser, ils ne disparaissent pas.

    Vers qui se tourner et quand ?

    Généralement, il faut une petite année pour que tout aille bien. « Les femmes qui souffrent de dépression post-partum peuvent se tourner vers plusieurs professionnels de santé, comme les doulas, les sages-femmes, leur médecin traitant, le centre de PMI le plus proche ou encore un ou une psychologue. Mais on peut aussi avoir envie d’en parler avec d’autres jeunes parents, par exemple dans un lieux d’accueil parent-enfant», témoigne Christelle Saguon, doula qui a suivi Rosie et qui accompagne des femmes du projet de naissance au post-partum. « Ce qu’il faut aussi savoir, c’est que beaucoup de choses se jouent bien avant l’accouchement. S’informer en amont pour mieux se préparer à la parentalité aide à vivre ce moment de bouleversements profonds et intimes qu’est l’arrivée d’un enfant, et cela suffit parfois pour éviter une dépression post-partum », continue-t-elle. Accepter que l’accouchement ne se passe pas toujours comme prévu dans le projet de naissance, que les suites de couche nécessitent un temps d’adaptation, que le lien avec le bébé ne se fait pas forcément immédiatement, qu’il faut réorganiser sa vie entièrement, sont autant de choses auxquelles il faut réfléchir.

    Des dispositifs d’accompagnement divers

    Plusieurs dispositifs d’accompagnement existent : les femmes désireuses d’en parler peuvent faire le point sur ce qu’elles ressentent pendant les deux entretiens prévus par l’Assurance Maladie (entretien prénatal précoce du quatrième mois et entretien post-natal précoce entre la quatrième et la huitième semaine après l’accouchement). 
Il est fortement recommandé de participer aux séances de préparation à la naissance et à la parentalité, même si on a déjà eu un enfant. La communication au sein du couple aussi est primordiale, notamment sur la nouvelle organisation du quotidien. Se dire ce qu’on peut accepter et ce qu’on ne peut pas, quand sa propre limite est atteinte, ne pas hésiter à demander de l’aide sont des clés pour éviter l’installation de la dépression. Enfin, s’informer sur les besoins d’un nouveau-né, son sommeil et ses pleurs, afin de mieux savoir comment y répondre. « Je n’arrivais pas à accepter que ma fille pleure et que je ne puisse pas immédiatement trouver ce qui la dérangeait. J’ai appris grâce à ma doula que les pleurs étaient aussi le seul moyen de communication des nouveau-nés, et que tout ne pouvait pas entièrement dépendre de moi, que mon conjoint aussi pouvait prendre le relais et s’en occuper, parfois même aussi bien ! », ajoute Rosie.
L’arrivée d’un bébé, ce sont des moments magiques, mais pas uniquement, et pour mieux les vivre, y penser avant et en parler à son conjoint sont importants. « Il faut savoir que la dépression post-partum a un impact sur la qualité de vie de la personne qui en souffre, et souvent aussi sur sa relation de couple. Il ne faut pas laisser traîner, d’autant plus que soignés, les symptômes peuvent s’éloigner très vite : en quelques jours à quelques semaines ! », conclut Christelle.

    Vous avez besoin d’aide ?

    Allo parents bébé au 0 800 00 34 56 – Du lundi au vendredi de 10h à 13H et de 14h à 18h. Des professionnels de la petite enfance sont à votre écoute. Numéro vert national anonyme et gratuit créé par l’association Enfance et Partage.

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  • Petites histoires du piratage et de l’escroquerie en ligne

    Petites histoires du piratage et de l’escroquerie en ligne

    Si les arnaques en ligne ont mille et un visages, elles reposent sur un même socle : la capacité à tromper la vigilance de leurs victimes en leur inspirant de la confiance. D’après une étude menée par Kaspersky, seuls 50 % des Français.es estiment maîtriser les bases de la cybersécurité et 65 % d’entre eux continuent de se faire avoir par des attaques d’hameçonnage au moins une fois de temps en temps. Pourtant, ces escroqueries ne sont pas nouvelles.

    Petites histoires du piratage et de l’escroquerie en ligne

    Petites histoires du piratage et de l’escroquerie en ligne

    Petites histoires du piratage et de l’escroquerie en ligne

    Petites histoires du piratage et de l’escroquerie en ligne

     

  • Identité numérique : demain, tous notés ?

    Identité numérique : demain, tous notés ?

    Big Brother déjà en Chine

    En Chine, le gouvernement a mis en place un système de crédit social attribuant une note aux individus et aux entreprises en fonction de leur comportement social et économique. Plus cette note est basse, moins la personne a de droits. Jouer trop longtemps aux jeux vidéo, publier certains contenus sur les réseaux sociaux, traverser au feu rouge ou accumuler des dettes expose ainsi les Chinois à une dégradation de leur score de citoyenneté. Expérimenté dans quelques villes depuis 2014, ce système de tri social a été élargi à l’ensemble du territoire en 2020. Avec des conséquences bien réelles pour ceux et celles qui ont le crédit le plus faible : impossibilité de prendre les transports, interdiction d’accéder au prêt bancaire ou encore d’inscrire ses enfants dans les meilleures écoles.

    Pour distinguer « bons » et « mauvais » citoyens, l’administration chinoise s’appuie sur toutes les données – situation financière, carrière, consommation, publications sur les réseaux sociaux – dressant le portrait des individus. Elle peut également compter sur la reconnaissance faciale et quelque 600 millions de caméras de vidéosurveillance capables de détecter en direct les comportements jugés suspects.

    L’ONG Human Right Watch a ainsi dénoncé en 2019 le recours à un système de surveillance de masse discriminatoire par la police dans la province du Xinjiang, où vivent majoritairement des Ouïghours, de confession musulmane. Via une application de smartphone, les policiers effectuant un contrôle d’identité ont accès à des données (nom, numéro de téléphone, consommation d’électricité, etc.) à partir desquelles le programme signale si une personne est menaçante ou non.

    Des algorithmes de prédiction pour classer les individus

    Si ce modèle de surveillance de masse mêlant big data et intelligence artificielle est propre à la Chine, des systèmes de classement d’individus reposant sur des algorithmes sont utilisés un peu partout sur le globe.

    Aux États-Unis, certaines villes fournissent à leurs unités de police un algorithme censé prédire les crimes. Le logiciel, anciennement baptisé PredPol et renommé Geolitica en 2021, repose sur les rapports d’incidents criminels, produits par les policiers ou les victimes, pour prévoir quotidiennement les lieux et les heures où des crimes sont le plus susceptibles d’être commis. Le hic, c’est que ces rapports présentent des biais raciaux – les quartiers afro-américains ou latinos sont plus susceptibles d’être signalés comme des points sensibles – qui vont nourrir l’algorithme et orienter ses prédictions. En 2020, à Los Angeles, la police a mis fin à l’utilisation de cet algorithme estimant qu’il stigmatisait certains quartiers et certaines populations.

    La même logique se déploie au cœur du système judiciaire américain. Dans les tribunaux, les juges utilisent le logiciel Compas pour évaluer la probabilité de récidive d’un prévenu. Mais, là encore, l’algorithme suscite la controverse. Selon une enquête de l’ONG ProPublica, « les prévenus noirs [sont] beaucoup plus susceptibles que les prévenus blancs d’être jugés à tort comme présentant un risque de récidive plus élevé, tandis que les prévenus blancs [sont] plus susceptibles que les prévenus noirs d’être marqués à tort comme présentant un faible risque. »

    En France, la Caisse d’allocations familiales (CAF) utilise aussi un algorithme pour orienter le contrôle de ses agents vers les allocataires les plus susceptibles de percevoir des prestations qu’ils ne devraient pas recevoir. La CAF attribue une note à ses usagers à partir d’une quarantaine de critères – la situation familiale, l’âge, le handicap, l’emploi, etc. –, dont certains sont discriminatoires. Or, comme le révèle une récente enquête du Monde, cet algorithme pénalise les foyers vulnérables : les plus pauvres sont plus à même d’être considérés comme des fraudeurs potentiels et ont par conséquent plus de chance d’être contrôlés.

    L’identité numérique, au cœur des modèles prédictifs

    Plus largement, l’intelligence artificielle – qui n’est au final qu’une machine à prédire la probabilité qu’une action se réalise en fonction de l’analyse de situations passées – et les algorithmes prédictifs qui la sous-tendent jouent un rôle clef dans la gestion et l’analyse de l’identité numérique des individus.

    L’identité numérique correspond aux attributs associés à un individu, ou à une entité, dans le monde digital. Cela regroupe toutes les données numériques que l’on peut relier à une personne physique. Ces données sont de différentes nature : informations liées à l’état civil (nom, prénom, date de naissance, renseignés par exemple lors de démarches administratives), identifiants utilisés pour se connecter à un service, adresse IP de l’ordinateur, traces laissées lors de la navigation (cookies, historique de navigation), publications sur les réseaux sociaux, ou encore géolocalisation.

    Qu’ils soient utilisés par des entreprises, des gouvernements ou des institutions, les algorithmes prédictifs transforment la masse de traces numériques que laisse notre navigation sur le Web en critères à partir desquels les individus sont répartis en différents profils. Ce classement établi en analysant les données comportementales, sert à personnaliser les expériences en ligne, cibler la publicité, évaluer les risques financiers, identifier des comportements suspects, etc.

    L’enjeu des prochaines décennies consiste donc à protéger au mieux les données personnelles des individus pour éviter que leur identité numérique ne leur échappe en étant façonnée, de manière quasi-invisible, par les intérêts économiques ou politiques d’entités extérieures.

    Qu’est-ce qu’un cookie ?

    Un cookie est un petit fichier stocké par un serveur dans notre ordinateur ou notre smartphone lors de notre visite sur une page web. Ces cookies permettent aux sites webs de conserver diverses informations (préférences, identifiants, langue d’affichage) entre deux connexions.

  • L’éco domotique pour une maison plus verte ?

    L’éco domotique pour une maison plus verte ?

    Gérer les différentes tâches de la maison depuis son smartphone, depuis quelques années, c’est possible. Notre habitat est devenu intelligent et connecté. Du chauffage à la lumière en passant par les systèmes de sécurité, l’électroménager ou les volets roulants, la domotique permet à tous de centraliser et automatiser la gestion de sa maison. « Il y a quatre piliers en domotique : le confort, la sécurité, le multimédia, mais aussi la maîtrise de la consommation énergétique », estime François-Xavier Jeuland, fondateur de l’Observatoire de l’immobilier connecté et responsable et vice-président de la Smart Buildings Alliance (SBA), une association réunissant 500 entreprises avec comme vocation d’être l’organisation de référence du smart building.

    Maîtriser sa consommation d’énergie

    Vivre dans une maison connectée ne se résume donc pas simplement à déclencher une lessive depuis son smartphone ou lancer une playlist en s’adressant à son assistant vocal. Nicolas, 50 ans, a par exemple opté pour un thermostat connecté pour sa maison en banlieue parisienne. Relié à sa chaudière à gaz, il lui permet de choisir quand et quelle pièce chauffer selon des plannings qu’il peur affiner à volonté. « La nuit je règle la température à 16 degrés, ensuite ça chauffe un peu le matin quand on se lève, puis le chauffage s’éteint la journée pour s’enclencher de nouveau en fin de journée quand on rentre du travail », explique-t-il. Un peu geek, il s’intéresse à la domotique depuis déjà plusieurs années, séduit par toutes les possibilités qu’elle peut offrir. Sa maison est aujourd’hui presque entièrement connectée. « J’ai installé entre autres des capteurs de mouvements. Quand je monte me coucher, une lampe s’allume pendant une minute et puis elle s’éteint. Mais aussi un détecteur de fuite d’eau. Si l’eau coule, ça sonne directement sur mon portable, il existe même des électrovannes qui peuvent couper l’arrivée d’eau en cas de fuite. Tout ça c’est du confort, mais ça permet également de ne pas gaspiller le gaz, l’électricité ou l’eau ! », ajoute-t-il.

    « Éviter le gaspillage, ça offre de belles économies sur sa facture d’électricité », sourit Malek, 35 ans, qui a lui décidé d’équiper son pavillon près de Grenoble il y a quelques mois, en pleine flambée du prix de l’énergie. Initialement novice en matière de domotique, c’est un ami qui lui a conseillé de sauter le pas : « J’ai donc installé un thermostat connecté. Ça permet vraiment d’optimiser ma consommation. Pour l’instant, je suis à peu près à 20 % de moins que l’hiver dernier. En gros, je ne chauffe plus pour rien ! »

    Économie d’eau et chauffage naturel

    La diminution de la consommation est telle après l’installation d’un thermostat connecté que le gouvernement a même récemment lancé un dispositif d’aide à ceux qui voudraient s’en équiper. Entrée en vigueur le 1er décembre dernier, il permet de faire poser chez soi par un professionnel des thermostats et des têtes thermostatiques connectés et de bénéficier de 260 € à 624 € d’aide à l’installation. La domotique contribue aussi à éviter le gaspillage d’une autre manière : en faisant prendre conscience de sa consommation, notamment celle de l’eau.

    Malek a donc opté pour un pommeau de douche connecté. « C’est assez simple. Quand on prend une douche, il s’allume. D’abord en vert entre 0 et 10 litres consommés, puis en bleu entre 10 et 20, etc. Jusqu’à 40 litres où, là, il se met carrément à clignoter », s’amuse le trentenaire. Connecté à une application, le pommeau peut mémoriser jusqu’à 200 douches et les transmettre pour permettre à l’utilisateur de suivre ses économies dans le temps. « Pour mon fils de 8 ans, c’est presque devenu un jeu. Il essaie d’utiliser le moins d’eau possible », raconte Malek. Bientôt, il voudrait encore aller un peu plus loin pour faire diminuer sa consommation d’énergie. « J’aimerais changer la motorisation des volets roulants de ma baie vitrée, de mes fenêtres et portes-fenêtres » prévoit l’Isérois. En hiver, grâce à un micromodule connecté à des capteurs météo et à son thermostat, il pourrait se servir de la lumière du soleil pour chauffer naturellement la maison. « Et l’été, les volets se baisseront tout seuls quand il fera trop chaud ou que le soleil tapera trop dans la maison, pour garder la fraîcheur », s’imagine déjà Malek.

    Vers une domotique moins énergivore

    La copie de la domotique n’est cependant pas encore parfaite. L’accumulation d’objets connectés se révèle forcément énergivore. « Notamment si on réfléchit en termes de bande passante ou au niveau des data centers », précise François-Xavier Jeuland. Mais les fabricants et les Gafam se sont accordés pour mettre en place le protocole Matter, un standard unifiant tous les objets connectés d’un logement pour leur fonctionnement. Une uniformisation qui devrait se généraliser et permettre d’alléger le coût en énergie de la domotique.  Selon lui, la domotique peut devenir aussi incontournable demain que l’isolation thermique aujourd’hui pour rendre la maison plus verte : « Il me semble que les objets connectés font partie de la solution. Ils sont très faciles à mettre en œuvre et ont un vrai impact. 20 à 30 % de consommation en moins grâce aux thermostats connectés, ce n’est pas négligeable. »

  • Mon enfant ne lit pas : est-ce vraiment grave ?

    Mon enfant ne lit pas : est-ce vraiment grave ?

    Pauline a parfois l’impression d’avoir raté quelque chose dans l’éducation de Gaspard et Lucien, ses deux fils âgés de 11 et 14 ans. Elle-même grande lectrice, elle les a élevés dans « un appartement peuplé de romans et de BD », les a emmenés régulièrement dans les librairies et les bibliothèques et s’est astreinte à leur lire des histoires avant le coucher jusqu’à ce que l’un et l’autre passent en CM1. « Je me souviens du plaisir que j’ai eu à les voir se plonger dans la lecture de grands classiques comme la saga Harry Potter ou les romans de Roald Dahl, confie-t-elle. Au petit-déjeuner, ils me racontaient le chapitre qu’ils avaient lu la veille. C’était de très beaux moments d’échange. »

    Mais, peu de temps après la rentrée au collège, chacun à leur tour, ses garçons ont progressivement refermé leurs livres. « À part Naruto, ils n’ouvrent plus du tout de bouquins », regrette Pauline, qui met cela à la fois « sur le compte de la crise d’adolescence, des hormones, des écrans et d’une possible réaction à l’éducation que je leur ai donnée ». Si cela l’attriste de ne plus pouvoir partager sa passion avec ses enfants, elle s’inquiète surtout des conséquences de ce désintérêt pour la lecture d’un point de vue scolaire et en termes de culture générale.

    Les écrans, fautifs mais…

    L’évolution de la relation aux livres de Gaspard et Lucien illustre bien le phénomène qui touche les jeunes collégiens. Selon une étude réalisée par IPSOS et le Centre National du Livre en 2022, si 81 % des jeunes de 7 à 25 ans aiment lire en dehors de l’école, pour les loisirs et par goût personnel, les collégiens, surtout les garçons, lisent moins que les plus jeunes. Entre 13 et 15 ans, les jeunes hommes ne sont plus que 68 % à déclarer bouquiner pour le plaisir. Et les premiers coupables de cette tendance à la baisse seraient les écrans.

    En effet, selon la même étude, les jeunes passent en moyenne 3h50 par jour devant un écran. Tandis que celles et ceux d’entre eux qui lisent en dehors du temps scolaire ne consacrent que 3h14 par semaine à la lecture. « Honnêtement, les miens n’y accordent même pas une heure hebdomadaire, alors qu’ils lisaient tous les jours il y a encore quelques années », se désole Pauline. Cependant, certains genres littéraires ont encore la cote chez les ados, à commencer par les romans de fantasy, les dystopies, les ouvrages de science-fiction (les succès de Twilight et Hunger Games l’ont montré), ainsi que les romances et les histoires autour de maladies graves (Nos étoiles contraires, de John Green, par exemple). Autant de catégories auxquelles il faut ajouter les indétrônables mangas, comics et BD, qui continuent à faire fureur chez les jeunes et que l’on aperçoit régulièrement entre leurs mains dans les transports en commun. Les réseaux sociaux jouent parfois un rôle de prescription, à l’image de la communauté Booktok, sur Tik Tok et des chaînes YouTube spécialisées en la matière. D’ailleurs, une partie des jeunes lisent en ligne, via des plateformes. La preuve que les écrans, qui sont en partie responsables de la baisse du temps accordé à la lecture, peuvent aussi inciter à s’y adonner.

    Lire pour ne pas perdre le fil

    Estelle Brune, professeure de Lettres et Histoire en lycée, explique que les enfants lisent lorsqu’ils sont dans la phase d’apprentissage, celle qui consiste dans « lire pour décoder, pour construire sa grammaire, pour comprendre », et que les enseignants les encouragent à s’entraîner tous les soirs pour consolider ces acquisitions. À partir du CM1-CM2, celles et ceux qui prennent du plaisir à lire ont des chances de rester des lecteurs réguliers, quand les autres risquent de se détacher des livres.

    Or, pour la professeure, les élèves qui abandonnent la lecture peuvent être pénalisés dans leur scolarité au collège et au lycée. Elle met en garde : « Quand ils seront confrontés à un texte long en littérature ou en philosophie, s’ils ont perdu l’habitude de se concentrer pour lire, ça leur demandera beaucoup plus d’efforts. Certains de mes élèves n’arrivent tout simplement plus à se poser et à se concentrer sur des mots alignés les uns à côté des autres, à prendre le temps de décortiquer une phrase et son contexte pour comprendre un mot dont ils ne connaissent pas le sens. » Il est donc indispensable de s’exercer à lire des textes comprenant des phrases complexes, que ce soit dans des livres ou des magazines. « En revanche, il ne faut pas lire uniquement des mangas et des BD », prévient Estelle Brune. En effet, s’ils contribuent à un enrichissement de la culture générale et de l’imaginaire, « ils ne permettent pas de développer la maîtrise de la lecture des phrases complexes », précise l’enseignante, qui recommande la lecture de romans et de magazines.

    Enrichir son vocabulaire

    Une autre inquiétude existe chez les parents d’ados qui ne lisent plus. « J’ai peur que leur niveau en orthographe baisse », s’alarme Pauline. Pourtant, le lien entre une pratique assidue de la lecture et une bonne maîtrise orthographique n’est pas systématique. Certains grands lecteurs butent sur des règles d’orthographe quand des lecteurs occasionnels sont incollables sur celles-ci. Mais, comme le souligne la professeure de lycée, « lire permet d’étoffer son vocabulaire ». Et cela ne passe pas nécessairement par la littérature. « Lire un magazine est parfois aussi enrichissant sur le vocabulaire didactique, explique-t-elle. Par exemple, dans un article sur les otaries, on va trouver un vocabulaire sur lequel on aura moins de chance de tomber dans un roman. »

    Alors, qu’il s’agisse de magazines sur les tatouages ou les sports extrêmes, de romans d’heroic fantasy, de mangas ou de classiques de la littérature étudiés en cours, le bon équilibre entre les devoirs et les plaisirs est peut-être de lire un peu de tout, et le plus souvent possible.

  • « Le cyberespace a remis l’individu au centre des conflits géopolitiques »

    « Le cyberespace a remis l’individu au centre des conflits géopolitiques »

    Clotilde Bômont

    est chercheuse post-doctorale en géopolitique du numérique au centre de recherche GEODE-géopolitique de la datasphère et à l’Institut de Recherche Stratégique de l’École Militaire (IRSEM).

    Comment définir le cyberespace ?

    C. B. : Le cyberespace correspond à l’espace conceptuel produit par les technologies de l’information et de la communication (TIC) ; c’est cet espace virtuel dans lequel nous nous projetons lorsque nous utilisons Internet ou, de façon plus générale, des outils numériques. Le mot « cyberespace » est apparu pour la première fois en 1984 dans le roman de science-fiction Neuromancer, de William Gibson. Si le terme cyberespace était particulièrement répandu il y a une dizaine d’années, on parle aujourd’hui plus volontiers d’espace numérique ou d’environnement numérique, voire de « datasphère ». Cette évolution témoigne de la prégnance du numérique dans nos sociétés. Bien que le cyberespace désigne initialement un espace abstrait et virtuel, le numérique n’est pas aussi immatériel et intangible qu’il n’y paraît. D’une part, parce que tous les systèmes d’informations reposent sur des infrastructures physiques : des data centers, des câbles, des satellites, etc. D’autre part, parce que la très vaste majorité des activités des sociétés contemporaines reposent sur les TIC et que ces dernières transforment profondément nos pratiques et nos représentations (télétravail, accès à l’information, commerce mondialisé…). On comprend alors qu’il est stratégique de contrôler, ou a minima de maîtriser, les technologies numériques.

    Aussi observe-t-on une forme de territorialisation du cyberespace qui, même s’il ne compte pas de territoires au sens traditionnel du terme, devient un espace porteur de valeurs et de sens pour une population qui se l’approprie. En 1996, John Perry Barlow – poète et cofondateur de l’Electronic Frontier Foundation, l’association de défense de la liberté d’expression sur Internet – a ainsi publié la déclaration du cyberespace, un manifeste qui proclame que cet espace est libre de toute domination des États ou des industries. À travers cet exemple, on voit que dès ses débuts, le cyberespace a été l’objet et la source de rapports de force et de rivalités entre acteurs.

    Quels acteurs dominent cet espace ?

    C. B. : L’espace numérique est aujourd’hui dominé par de grands acteurs privés américains. Les États-Unis sont le berceau d’Internet : c’est là-bas que se sont développées les premières infrastructures et les premières entreprises du numérique. Jusque dans les années 2000, le poids du gouvernement américain sur la scène internationale et celui des premières firmes du secteur, comme Amazon ou Microsoft, se sont nourris mutuellement. Désormais, ces entreprises transnationales sont très puissantes et leurs intérêts ne s’alignent plus nécessairement avec ceux du gouvernement américain, qui cherche fréquemment à accéder aux données dont elles disposent. Depuis quelques années, ces géants étatsuniens sont également en concurrence avec les entreprises chinoises dont la croissance est particulièrement rapide.

    Quelle place occupent les citoyens et citoyennes dans cette nouvelle donne ?

    C. B. : Le cyberespace a permis l’émergence dans les conflits géopolitiques d’un nouvel acteur : l’individu. Dans les années 1990-2000, la cybersécurité n’était pas aussi solide qu’aujourd’hui et posséder de très bonnes compétences en informatique pouvait suffire pour provoquer beaucoup de dommages. On a par exemple vu de jeunes hackers, parfois mineurs, capables de s’introduire dans les systèmes informatiques du gouvernement américain. Depuis les années 2010, on observe également une forme de mercenariat : des acteurs de la société civile commettent des cyberattaques dans l’intérêt d’un État (c’est une pratique assez répandue en Russie, par exemple). Cela présente l’avantage pour l’État en question de ne pas être soumis aux sanctions pouvant s’appliquer dans le cadre du droit international. En revanche, la société civile est pour l’instant marginalisée dans les débats politiques sur le numérique – son poids face aux acteurs industriels et politiques étant minime –, notamment dans les discussions sur l’orientation de l’industrie numérique ou la souveraineté numérique. Elle pourrait pourtant avoir un poids considérable dans le devenir de cet espace, à travers les données qu’elle génère.

    « Le cyberespace a remis l’individu au centre des conflits géopolitiques »

    Comment définir la gouvernance de cet espace ?

    C. B. : La gouvernance d’Internet résulte de principes et de règles établis par différents acteurs : société civile – comme par exemple l’association américaine Internet Society ou l’Association française pour le nommage Internet en coopération –, gouvernements, secteur privé. Elle est discutée dans divers instances, comme le Forum sur la gouvernance d’Internet, qui a lieu depuis 2006. Chaque année, cet événement réunit sous l’égide des Nations Unies une grande diversité d’acteurs qui échangent sur les réglementations, les risques, les bonnes pratiques… Cet effort de coordination ne doit pas masquer des divergences importantes entre les États, soucieux de garder le contrôle, au moins en partie, sur un espace numérique devenu synonyme de gains économiques mais aussi de menaces pour leur souveraineté.

     

    Quelle est la nature de ces menaces  ?

    C. B. : Elle a évolué au cours des deux dernières décennies, mais on peut en distinguer trois types. Les premières craintes concernent les cyberattaques, qui cherchent à entamer la disponibilité des données, leur confidentialité ou leur intégrité. Le deuxième type de menace est lié à l’hégémonie culturelle dont le numérique peut être le vecteur. Par exemple, pour faire face à la domination des États-Unis dans le secteur, la Chine a lancé dans les années 2000 son projet « bouclier doré» – également appelé Grand Firewall –, une sorte de grande muraille virtuelle permettant au gouvernement chinois de contrôler l’information accessible via Internet au niveau national, notamment en interdisant certains contenus ou en bloquant l’accès à certains sites. Le dernier type de menace a trait à la guerre économique, à laquelle se livre à la fois les États et les entreprises, pour le contrôle et l’exploitation des données personnelles et industrielles, véritables mines d’or du XXIème siècle.

    Les données des sociétaires constituent la richesse principale des assurances. Quels sont les risques que ferait courir une cyberattaque contre une entreprise ?

    C. B. : Le secteur assurantiel est un opérateur de services essentiels à la continuité d’activités économiques ou sociales critiques. Sa disruption empêcherait donc le fonctionnement normal de la société. En piratant les données des assurés, les hackers pourraient non seulement les revendre pour en tirer un profit, mais également collecter des informations sensibles (telles que des données sur la santé des personnes) qui, combinées à d’autres, leur permettrait d’établir des profils d’individus à partir desquels ils pourraient ensuite mener des actions d’influence. C’est ce qui s’est passé avec le scandale Facebook-Cambridge Analytica. Lors de la campagne présidentielle américaine de 2016, les données de près de 90 millions d’utilisateurs de Facebook ont fuité et ont été utilisées par l’équipe de Donald Trump, via l’entreprise Cambridge Analytica, spécialiste de l’analyse de données, pour influencer le vote d’électeurs indécis.

    Peut-on cartographier des puissances qui se partagent l’espace numérique ?

    C. B. : On a surtout deux blocs qui s’affrontent dans le domaine technologique : les États-Unis et la Chine. La rivalité sino-américaine est aussi imprégnée de visions idéologiques opposées sur le devenir de l’espace numérique. Les États-Unis défendent un modèle libéral et la Chine un modèle de contrôle des systèmes d’information. Entre les deux, l’Union européenne utilise le levier des valeurs et des standards – transparence, traçabilité, portabilité des données – pour tenter d’asseoir sa place sur la scène internationale. Le modèle européen se traduit notamment par la mise en place de mesures réglementaires, que cela concerne la protection des données des utilisateurs – avec la mise en place du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) ou, plus récemment, du Digital Services Act (DSA) – ou la régulation des flux numériques, et la structuration d’un marché numérique commun à l’échelle régionale – via par exemple le Digital Market Act (DMA).

    VOUS ÊTES SOCIÉTAIRE ?

    La Macif vous informe sur les risques liés à la cybercriminalité.

  • Comment les jeunes vivent la crise climatique ?

    Comment les jeunes vivent la crise climatique ?

    « Je suis inquiet pour la planète, parce que personne ne fait attention et tout le monde jette ses déchets par terre, dans la mer ou dans la rue. » Oscar, 7 ans, habite dans le Val-d’Oise. Depuis son entrée en CP, il s’intéresse de plus en plus à l’environnement. « On en parle un petit peu avec la maîtresse. Elle nous explique qu’il faut faire attention à la planète, qu’on en a qu’une et qu’il ne faut pas polluer. » L’autre jour, avec son amie Anna, il a même entrepris de ramasser les mouchoirs et les papiers qui traînaient dans la cour de récréation.

    Jeune génération préoccupée

    « L’école a un rôle fondamental à jouer pour sensibiliser les enfants aux sujets environnementaux », décrypte Anaïs Rocci, sociologue au sein de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Chaque année, l’Ademe publie un baromètre sur les représentations sociales du changement climatique. La dernière édition est sortie en décembre 2023. « La question environnementale fait partie des préoccupations principales des jeunes, poursuit l’experte. Elle est dans le top 2 des 15-17 ans, juste après l’inflation. C’est la seule tranche d’âge pour qui l’environnement arrive aussi haut. Et parmi tous les sujets liés, c’est le réchauffement climatique qui inquiète le plus (64%), loin devant la dégradation de la faune et de la flore (31%) ou la pollution de l’eau (35%). »

    Ne pas céder à la panique

    Un constat que partage Sixtine, 16 ans. L’adolescente vit en Indre-et-Loire. Elle a été frappée par les températures « quasi-estivales » ressenties à Noël. « C’est tangible. Quand on sort avec un petit pull en décembre, forcément on se dit qu’il y a un problème. » Pour autant, la jeune femme refuse de céder à la panique. « Pendant le confinement, je me renseignais beaucoup sur ces sujets et ça me créait de l’anxiété. Je voyais bien qu’à mon échelle, je ne pourrais pas régler tous les problèmes décrits sur les réseaux sociaux et dans les médias. C’est effrayant, on parle de la fin de l’Humanité. Donc j’essaie de prendre du recul. J’opère quelques petits changements, mais je ne veux plus nourrir un stress par rapport à l’écologie. Ça ne changera pas grand-chose, si ce n’est me pourrir la vie. » Ainsi, si dans son quotidien l’adolescente privilégie les trajets à vélo, elle le fait davantage « parce que c’est pratique que pour sauver la planète ».

    À en croire les données de l’Ademe, de nombreux jeunes de l’âge de Sixtine partagent le même fatalisme. « Cela peut s’expliquer par le sentiment que les acteurs qui seraient les plus à même d’agir ne jouent pas leur rôle. Il y a une véritable lassitude vis-à-vis de ces injonctions aux petits gestes », explique la sociologue Anaïs Rocci. « Je trouve qu’il y a beaucoup de pression sur notre génération pour porter les changements nécessaires, renchérit de son côté Sixtine. C’est rude de devoir faire face, seuls, à ce problème existentiel pour l’être humain. Ce devrait être aux organisations internationales de faire bouger les lignes, ce sont elles qui ont le pouvoir. »

    De la prise de conscience à l’action

    Même s’ils sont globalement plus inquiets et avertis que les générations antérieures, les jeunes n’ont pas des pratiques plus vertueuses que le reste de la population, nuance Anaïs Rocci. Par exemple, seuls 72 % des 15-17 ans déclarent trier leurs déchets, contre 83 % des Français en moyenne. Pareil pour la consommation : 43 % des 15-17 ans et 40 % des 18-24 déclarent consommer moins, contre 56 % des Français en moyenne. Ce qui n’empêche pas certains de se mobiliser, comme Victor, 19 ans. Il fait partie des 19 % de 18-24 ans qui participent à des manifestations pour le climat. « Ça aide à se sentir moins seul, moins impuissant », ajoute-t-il. Sa génération est aussi celle qui s’engage le plus dans des associations de protection de l’environnement (15 % des 18-24 ans, contre 8 % des Français en moyenne). Mais elle compte simultanément le plus de climatosceptiques : 6 % des 18-24 ans restent persuadés que le changement climatique est un leurre, soit deux fois plus que la moyenne nationale.

    Pour lutter contre ce phénomène, les médias ont un rôle essentiel à jouer. Mais cela ne peut se faire sans une remise en question profonde sur la manière dont y sont traitées ces thématiques. « Aujourd’hui, 57 % des jeunes ont le sentiment de ne pas connaître les sources fiables sur les sujets environnementaux », poursuit Anaïs Rocci. Pourtant, ils préfèrent consulter les réseaux sociaux aux dépens des médias traditionnels. C’est le cas de Sixtine, qui, comme de nombreux jeunes de son âge, ne rate jamais une vidéo du Youtubeur Hugo Décrypte, dont les vidéos concises vulgarisent l’actualité quotidienne. « Ils estiment que la manière dont les médias traditionnels traitent les sujets environnementaux est trop négative et angoissante, martèle Anaïs Rocci. Les réseaux leur proposent des contenus plus clairs, plus concis, plus positifs, avec des solutions et des perspectives concrètes qui répondent mieux à leur besoin. Cela leur apporte plus de sérénité par rapport aux angoisses qu’ils peuvent ressentir. »

  • « Partout où il y a des logiciels, il y a de l’intelligence artificielle »

    « Partout où il y a des logiciels, il y a de l’intelligence artificielle »

    Qui est Thomas Solignac ?

    Après des études à l’Ecole pour l’informatique et les nouvelles technologies (EPITECH), il cofonde Golem.ai, une société qui utilise l’intelligence artificielle pour analyser et exploiter les données langagières produites dans les entreprises. Il est également cofondateur de Kayro, une entreprise de conseil sur l’IA.

    Interview de Thomas Solignac sur l’IA

    L’intelligence artificielle est omniprésente dans les discussions, le dictionnaire anglo-saxon Collins l’a même élue mot de l’année 2023. Quelle place l’IA occupe-t-elle réellement dans nos vies ?

    T. S. : Elle est omniprésente depuis longtemps mais sa sémantique se déplace car le terme n’est pas bien délimité. Dans le débat public, l’IA renvoie à une sorte d’innovation mystique et fascinante qui ne fonctionne pas encore très bien. En général, dès qu’une innovation a fait ses preuves, on arrête de l’appeler intelligence artificielle. Par ailleurs, pour le grand public, l’IA a un côté anthropomorphique. Les œuvres de science-fiction ont toujours eu tendance à la représenter sous la forme d’un humain artificiel, comme Terminator. Mais, en réalité, l’IA ce sont des lignes de code qui s’exécutent aussi simplement qu’on exécute une recette de cuisine en ajoutant différents ingrédients. Partout où il y a des logiciels complexes il y a de l’IA : dans les GPS, les téléphones, les recommandations publicitaires, etc.

    Les progrès fulgurants de ChatGPT ont poussé certains, comme Elon Musk, à réclamer une pause immédiate des projets autour de l’intelligence artificielle. Pourquoi voient-ils dans l’IA une « menace » pour l’humanité ?

    T. S. : Une première analyse consisterait à dire que c’est une posture un peu hypocrite : ces personnes travaillent souvent sur des systèmes concurrents à Chat GPT. Il y aussi chez certains d’entre eux la peur de la Singularité, un concept transhumaniste selon lequel l’IA échapperait à notre contrôle et deviendrait à un moment plus consciente et intelligente que les humains. Selon eux, quelqu’un qui se saisirait de ce moment où l’IA deviendrait « généraliste »* pourrait faire de gros dégâts s’il était animé de mauvaises intentions. Mais pour que la Singularité advienne, il faudrait déjà que l’IA soit capable de réflexivité, c’est-à-dire de réécrire elle-même son propre code pour se faire évoluer. On parle beaucoup aujourd’hui d’apprentissage profond (« deep learning ») mais il ne faut pas se leurrer : ça reste de la statistique. Comme Chat GPT fait des calculs à très grandes échelles, avec beaucoup de données, on peut parler d’imitation d’intelligence. Mais il n’y a pas une grande différence entre ce que fait Chat GPT et le fait de faire une somme de notes pour obtenir une moyenne.

    Quels sont les enjeux techniques de l’IA ?

    T. S. : Pour le comprendre, il faut distinguer les deux courants de recherche autour de l’intelligence artificielle : le courant symbolique et le connexionnisme. Le premier est très logique, il tient de la démarche scientifique. On l’utilise notamment pour modéliser des processus métiers, par exemple pour gérer les différentes procédures de sécurité dans les centrales nucléaires ou dans les avions. Comme il fonctionne étape par étape, il est transparent. L’IA symbolique est toutefois limitée par le fait qu’elle ne parvient pas à modéliser suffisamment vite des situations complexes comme l’utilisation du langage. La deuxième famille d’IA, le connexionnisme, est principalement représentée par la branche du machine learning, qui est elle-même principalement représentée par le deep learning, le modèle algorithmique utilisé par Chat GPT. Son principe est de montrer à l’IA d’énormes bases de données et de la laisser y repérer des schémas. Elle en tire des prédictions sur la possibilité qu’un schéma advienne en fonction d’une situation donnée. Aujourd’hui, les IA développées relèvent essentiellement du deep learning.

    « Partout où il y a des logiciels, il y a de l’intelligence artificielle »

    Dans quelle mesure cela va-t-il impacter le travail ?

    T. S. : L’absorption sociale et économique des nouvelles technologies est beaucoup plus lente que celle de l’innovation technologique. L’apparition de Chat GPT – ou d’autres logiciels utilisant de l’IA – va provoquer des transformations économiques qui sont à prendre en compte. La première est la reformation continue tout au long de la vie. De plus en plus, le sens des métiers ne va pas être infini : l’idée selon laquelle on apprend son métier une bonne fois pour toute pendant ses études n’existera plus. La deuxième est qu’il se peut que le besoin de main d’œuvre ne cesse de diminuer (Selon une étude l’OCDE publiée en 2023, « dans les secteurs ayant adopté l’IA, 20% des salariés du secteur financier et 15 % de ceux de l’industrie manufacturière affirment connaître une personne qui a perdu son emploi à cause de l’IA », ndlr). Certaines choses qui relèvent aujourd’hui du travail seront probablement reléguées demain au champ des hobbies, notamment les tâches qui relèvent de l’exécution, parce qu’elles n’auront plus de sens industriellement ou économiquement. Dans les prochaines décennies, tout cela va nous amener à repenser la place de l’individu dans le monde du travail : qu’est-ce qu’un travailleur ? Qu’est-ce que l’État garantit ? Faut-il instaurer un revenu universel ? etc.

    Comment rendre l’IA plus éthique ?

    T. S. : Une grosse partie des recommandations sont écrites pour le deep learning. Il y a d’abord un sujet autour de la surveillance des données qu’on donne à l’IA. Comme on est sur des systèmes qui prennent des décisions en fonction de données, ils ont tendance à reproduire les biais associés à ces données. Amazon, par exemple, a créé sa propre IA pour recruter de nouveaux salariés et s’est retrouvée avec un algorithme sexiste. Il faut donc que les données collectées soient représentatives de la diversité des populations. D’où deux autres préconisations qui reviennent souvent : garder un humain pour superviser ces systèmes et rendre les algorithmes plus transparents. Enfin, les enjeux de cybersécurité (piratage des objets connectés) et de réduction de la consommation énergétique de l’intelligence artificielle sont au centre des préoccupations des acteurs du secteur.

    Glossaire du numérique

    Un algorithme est une séquence d’instructions ou de règles définies de manière précise, conçue pour résoudre un problème ou effectuer une tâche spécifique. Les algorithmes sont utilisés dans la programmation informatique pour automatiser des processus.

    Les biais algorithmiques sont des défauts dans le fonctionnement des algorithmes qui tendent à traiter différemment et de manière incohérente, voire injuste, les situations ou les individus. L’origine de ces défauts peut être multiple : les données d’entraînement de l’algorithme peuvent être elles-mêmes biaisées, les critères retenus pour développer un algorithme peuvent refléter les préjugés (racistes, sexistes, etc.) de leur concepteur.

    L’intelligence artificielle générative se réfère à des systèmes informatiques capables de créer de nouveaux contenus, tels que des textes, images, ou sons, de manière autonome. Ces systèmes produisent des résultats qui semblent provenir d’une créativité ou d’une compréhension similaire à celle humaine. On les appelle « génératifs » car ils s’appuient sur des modèles statistiques conçus pour générer de nouvelles données qui ressemblent à celles d’un ensemble d’apprentissage défini, par exemple l’ensemble des données disponibles sur le Web. Cette méthode d’apprentissage s’appelle l’apprentissage profond (deep learning en anglais).

    L’intelligence artificielle généraliste se réfère à un niveau d’intelligence artificielle qui équivaudrait à la capacité intellectuelle humaine à comprendre, apprendre, et effectuer n’importe quelle tâche cognitive. Ce concept n’est encore que théorique, mais le débat éthique qui entoure les conséquences d’un tel système divise d’ores et déjà la communauté scientifique.

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  • Conseils d’autodéfense numérique

    Conseils d’autodéfense numérique

    1 Protéger ses données personnelles

    Varier ses mots de passe d’un site à l’autre et créer plusieurs adresses mails

    Certains sites, comme epieos, permettent de voir sur quels sites votre adresse mail est inscrite. Ainsi, si comme 51 % des Français vous n’utilisez qu’un seul mot de passe et qu’un hacker réussit à pirater votre mail, tous les comptes associés lui seront accessibles. Mieux vaut donc utiliser au minimum deux adresses mails, et cloisonner ses comptes en n’utilisant jamais le même mot de passe d’un site à l’autre. Si vous manquez d’inspiration (évitez d’utiliser votre surnom ou votre date de naissance !), vous pouvez en générer via un gestionnaire de mot de passe…tout en gardant à l’esprit que cette méthode n’est pas non plus infaillible. En 2022, des hackers ont réussi à pénétrer dans le coffre-fort numérique de LastPass, un des gestionnaires de mot de passe les plus utilisés au monde, pour subtiliser les identifiants de ses clients.

    Utiliser un VPN

    Pour renforcer son anonymat en ligne, l’utilisation d’un réseau privé virtuel – VPN pour les intimes – est recommandée. Il permet de masquer l’adresse IP de votre appareil, chiffrer vos données et les envoyer vers leur destination finale sur Internet via un serveur VPN situé ailleurs dans le monde. Cette dissimulation empêche votre fournisseur d’accès Internet ou d’éventuels pirates informatiques de remonter jusqu’à votre ordinateur et vous permet d’accéder à des sites web réservés à certains utilisateurs en fonction de leur emplacement géographique. Quelques VPN gratuits existent mais les plus performants nécessitent une souscription, qui varie entre 3 et 10 euros par mois, avant l’installation sur votre ordinateur.

    Privilégier des navigateurs alternatifs

    En matière de protection de la vie privée, la politique des navigateurs web varie. La confidentialité des données des utilisateurs n’est pas le point fort de Google Chrome, Microsoft Edge ou Safari. Firefox, géré par la fondation à but non-lucratif Mozilla, ou Brave, un navigateur open source qui bloque les pisteurs et permet la navigation via le réseau Tor, sont à privilégier si vous cherchez à maximiser la protection de vos données.

    S’assurer que ses informations personnelles n’ont pas été dérobées

    À chaque cyberattaque visant un hôpital, une entreprise ou une administration, de grandes quantités de données fuient. Parmi elles se trouvent peut-être certaines informations vous concernant. Certains moteurs de recherche permettent d’en avoir le cœur net. Have I been Pwned est le plus célèbre d’entre eux. Il suffit d’y rentrer son adresse mail pour que le site nous dise si elle apparaît parmi les quelque 12 milliards de lignes de fuite de données recensées. Si le site indique qu’un de vos comptes fait partie d’une fuite, il est recommandé que vous changiez le mot de passe qui y est associé.

    Se protéger des logiciels espions

    Un stalkerware est un logiciel espion qui permet d’accéder aux données d’un portable (messages, géolocalisation,etc.). Pour être installé, un stalkerware requiert un accès physique au téléphone de la victime. Bien qu’il soit difficile de mesurer l’ampleur du phénomène, le recours à ce type de technologie est fréquent dans les cas de violences intra-familiales. D’après une étude du centre Hubertine Auclert, 29% de femmes victimes de violences conjugales ont ainsi le sentiment que leur (ex)partenaire surveille leur déplacement par GPS ou logiciel espion. Vous avez un doute ? Le collectif de hacker cyber-féministe Echap a rédigé sur son site un guide pour vous aider à en identifier la présence sur Android et iPhone.

    Conseils d’autodéfense numérique

    Le web abrite des trésors de connaissances mais aussi une multitude de techniques permettant de manipuler et de fausser les informations. Que l’on cherche à débusquer un deepfake, obtenir un document précis ou remonter à la source d’une image, quelques outils peuvent nous aider.

    2 Connaître les outils qui permettent d’optimiser ses recherches

    Faire une recherche inversée d’image

    Pour ne pas tomber dans le piège des infoxs, il est primordial de savoir remonter à la source d’une information. Une image peut être facilement décontextualisée dans le but d’étayer un propos manipulatoire. En quelques clics, la recherche inversée d’image permet d’en retrouver l’origine (cf. encadré Osint). Firefox, Bing, Yahoo ou encore Google proposent tous un portail ou une extension permettant d’accéder à la recherche inversée.

    Utiliser la recherche avancée

    Google est, de loin, le moteur de recherche le plus utilisé. En France, il détient plus de 91 % de parts du marché, largement devant Bing (4,2%). Pour ne pas se perdre au milieu du milliard de sites webs (au bas mot) qui y sont référencés, certaines astuces peuvent vous sauver. Il vous suffit d’utiliser des Google Dorks, une technique de recherche avancée utilisant un vocabulaire propre à Google pour trouver précisément ce que vous recherchez. Par exemple, pour trouver un pdf, tapez « filetype:pdf »; pour trouver toutes les pages comportant exactement une suite de mots mettez celle-ci entre guillemets ou, pour ne faire des recherches que dans un site web, tapez « site: » et le nom du site que vous souhaitez visiter.

    3 Conserver son esprit critique

    Toujours réfléchir avant de cliquer

    Selon Thibaut Hénin, expert en cybersécurité, « si on sent une pulsion, un besoin viscéral de cliquer alors c’est sûrement une arnaque ». Les mails trop beaux, du type « votre compte CPF est plein à craquer », ou angoissants, « nous vous avons filmé en train de vous masturber », comptent sur votre impulsivité pour vous « hameçonner » (phising). Mais ce conseil s’applique aussi lorsque vous vous apprêtez à publier un contenu sur les réseaux sociaux. N’oubliez pas qu’une fois publié, il est très difficile de l’effacer !

    A l’ère des deepfake, aiguiser son esprit critique

    Avec les intelligences artificielles génératives, il est devenu aisé de produire de fausses images, vidéos ou bandes sonores au rendu très réaliste appelés « deepfakes ». À partir des contenus trouvés sur un réseau social, il est donc possible d’usurper l’identité d’une personne. Ce procédé a été utilisé pour produire de fausses vidéos pornographiques, mettre en scène des personnalités politiques dans des situations embarrassantes ou cloner la voix d’un enfant puis l’utiliser lors d’un appel téléphonique pour faire croire à un enlèvement et demander une rançon aux parents. Peut-on détecter ces faux contenus ? Pour pallier les lacunes de la modération humaine sur les réseaux sociaux, des méthodes de détection sont peu à peu mises au point. Mais, comme l’explique Nicolas Beuve, doctorant en détection automatique de vidéos deepfake à l’INSA Rennes, dans un article de The Conversation : « Les domaines de la détection et de la génération de deepfakes s’adaptent en permanence aux innovations de l’autre, avec un avantage évident pour la génération qui a toujours un coup d’avance sur la détection. » La meilleure solution pour détecter ces faux contenus reste donc de faire fonctionner son esprit critique et d’en questionner l’authenticité !

    C’est quoi l’Osint ?

    L’Osint, ou Open Source Intelligence, « enquête en source ouverte » en français, est une méthode d’investigation qui utilise toutes les ressources et informations disponibles en ligne. Ces sources incluent des sites web, des réseaux sociaux, des bases de données. Utilisée par les enquêteurs et les journalistes mais aussi par les hackers, l’Osint, regroupe un ensemble de méthodes et de techniques (recherche inversée, google dorks, recherche sur le Dark Net) pour retrouver la source de documents.

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    Avec l’assurance Protection Juridique*, vous bénéficiez de conseils et d’un accompagnement juridique personnalisé en cas de litige avec un tiers, dont les arnaques téléphoniques.

    *Garantie optionnelle du contrat Habitation Résidence principale Formule Protectrice. (voir conditions du contrat)

  • Quelle plante dans quelle pièce chez soi ?

    Quelle plante dans quelle pièce chez soi ?

    Les plantes dont nous nous entourons peuvent faire plus que simplement embellir nos pièces. Selon une étude réalisée par l’université de Shanghai en 2013, vivre dans une pièce où des plantes sont présentes nous rend plus heureux qu’être dans une pièce dénuée de verdure. Une étude américaine de 2015 a aussi confirmé qu’être à proximité de plantes réduit le stress psychologique et physiologique. Antoniy Ivanov, 31 ans, barista à mi-temps et étudiant en master, l’a bien compris. C’est pour cela qu’il a acheté ses premières plantes : « Lorsque j’ai emménagé dans mon studio étudiant, j’étais juste entouré de tristes murs blancs, d’un lit, d’une table et d’une chaise. Les plantes m’ont permis de me sentir mieux chez moi. Elles sont belles à regarder et égayent l’espace. »

    En tant qu’organisme vivant, les plantes ont néanmoins des besoins bien particuliers. Il faut donc faire attention à leurs caractéristiques, mais aussi à celles de la pièce dans lesquelles vous voulez les placer. « Le plus important, explique Rémi Couturas, vendeur de plantes depuis cinq ans dans un magasin de jardinage, c’est de savoir s’adapter à l’environnement dans lequel vous allez placer votre plante et de bien faire attention à son évolution. Il n’existe pas de règles bien définies, mais il y a des lieux où certaines plantes auront plus de mal à pousser et à survivre qu’ailleurs ». De plus, certaines plantes ont des particularités qui peuvent avoir un impact positif sur votre environnement, qui va au-delà de la simple décoration. Mais alors quelles plantes sont-elles adaptées à chaque pièce de la maison ?

    Pour la cuisine

    Pour la cuisine, Rémi Couturas recommande « des plantes de la famille des aglaonemas, des dracénas (dragonniers), des chamaedoreas (chamaedorées), ou des chlorophytums (plantes-araignées). Elles sont connues pour nettoyer l’air des polluants ». Selon une étude de la NASA de 1989, ces plantes sont en effet efficaces pour filtrer des composés organiques volatils présents dans l’air qui peuvent être nocifs pour notre santé, tels que le benzène, le formaldéhyde ou l’ammoniaque. Il faut néanmoins nuancer les bienfaits de ces plantes. Si elles ont été identifiées par la NASA comme pouvant éliminer les polluants de l’air, l’étude a été faite dans un laboratoire étanche, dans des conditions qui ressemblent peu à celles d’une maison ou d’un appartement.

    Une étude de 2020 a ainsi prouvé que les plantes ont en fait peu d’impact sur la présence de polluants dans l’air d’un bureau ou d’une maison, celui-ci se renouvelant plus vite que les plantes ne peuvent le filtrer. De plus, Rémi Couturas rappelle que « la cuisine subit des changements de température et de taux d’humidité assez importants, et donc il faut bien surveiller comment nos plantes réagissent à cet environnement ».

    Pour le salon

    Selon Rémi Couturas, « la luminosité de l’emplacement va beaucoup jouer sur le bien-être d’une plante et c’est donc surtout cela qu’il faut prendre en compte ». Le salon est souvent une pièce assez lumineuse, qui bénéficie d’une exposition au soleil directe ou indirecte et beaucoup de plantes s’y plairont. Vous pouvez ainsi aussi bien y placer des fougères ou des palmiers areca que des dracénas (dragonniers) et des dieffenbachias. En les plaçant à proximité des fenêtres, un géranium citronné ou un citronnier nain peuvent être utilisés pour repousser les moustiques l’été.

    Pour la salle de bains

    Le meilleur choix pour la salle de bains est une plante qui puisse vivre dans un environnement humide et chaud. De plus, selon Rémi Couturas, il faudra garder l’humidité ambiante en tête et « espacer les fréquences d’arrosages, votre plante devrait quand même s’en sortir grâce à l’eau présente dans l’air ambiant ». Les fougères, les adiantum (capillaires) et les chlorophytums (plantes-araignées) ont besoin de beaucoup d’eau et absorbent efficacement l’humidité de leur environnement. Elles peuvent ainsi être utilisées comme un déshumidificateur naturel.

    Pour la chambre

    Contrairement à ce qu’on peut entendre ici ou là, les plantes d’intérieur ont tout à fait leur place dans une chambre, même si Rémi Couturas conseille d’éviter « les plantes odorantes parce que cela pourrait vous empêcher de dormir si vous y êtes sensible ». Les dracénas, l’aglaonema et les fleurs de lune pourront apporter de la couleur et une atmosphère paisible à cette pièce.

    Les préjugés sur les plantes à la maison

    Certaines plantes peuvent absorber les ondes de nos téléphones ou ordinateurs : Faux !

    Rémi Couturas se souvient d’une période où « beaucoup de gens venaient me réclamer un cactus anti-ondes, ce qui n’existe pas du tout. Aucune espèce de plantes, cactus ou autres, n’est connue comme pouvant absorber les ondes ! ». En effet, aucune étude scientifique n’a pour le moment établi que certaines plantes pourraient absorber des ondes électromagnétiques nocives pour les humains. Une étude de chercheurs d’une université turque datant de 2018 a même démontré que la présence de cactus aux alentours d’un écran d’ordinateur n’avait aucun impact sur le champ électromagnétique émis par la machine.

    Il ne faut pas mettre de plantes dans la chambre à coucher : Faux !

    La nuit, les plantes ne pratiquent plus la photosynthèse, le phénomène par lequel elles absorbent du CO2 et rejettent de l’oxygène. À la place, elles respirent de la même manière que les humains et prennent l’oxygène d’une pièce et rejettent du CO2. Cette respiration nocturne a entraîné l’idée selon laquelle dormir avec des plantes dans une pièce pourrait être dangereux et augmenter le risque d’intoxication au CO2. Une peur infondée pour Rémi Couturas, selon qui « il faudrait dormir avec une concentration de plantes similaire à celle de l’Amazonie dans sa chambre avant que cela devienne dangereux ! ».

    Locataire ou propriétaire, l’important est de se sentir bien chez soi

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