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  • Clichés sur les fratries : vrais ou faux ?

    Clichés sur les fratries : vrais ou faux ?

    À Colmar, chez Céline, 41 ans, l’arrivée il y a dix ans d’Elsa et Arthur, des faux jumeaux, a tout chamboulé dans l’équilibre créé entre Manon, son aînée et Lucas, le benjamin. « On est passé de deux à quatre enfants. Ç’a été un peu un choc, surtout pour Manon », confie la maman. Aujourd’hui âgée de 16 ans, Manon, lui reproche, dans « ses moments de colère », de ne pas s’être arrêtée à deux.

    De nombreuses études plus ou moins scientifiques

    De son côté, Lucas, 4 ans à l’époque, a plutôt bien vécu d’endosser un nouveau rôle et perdre son rang de benjamin, souvent considéré comme étant la place du favori et se retrouver dans la position la plus délicate selon les préjugés : l’enfant du milieu. « Il n’a ni la place de l’aîné ni celle du petit dernier et peut très vite avoir l’impression qu’on le prive de sa place », constate Elena Goutard, coach parentale et familiale, autrice de Mon p’tit cahier. Frères et sœurs aux éditions Solar, coécrit avec Élodie Gossuin. Ici, dans la famille de Céline, c’est plutôt Manon, l’aînée qui a été la plus perturbée. De quoi déjouer les pronostics ?

    Si plusieurs comportements au sein des fratries font l’objet de myriades d’études plus ou moins scientifiques, comme le fait que l’aîné soit le plus intelligent, que les fratries de filles soient plus fusionnelles que les garçons ou l’influence du caractère selon le rang de l’enfant, les stéréotypes sur les fratries ne se vérifient pas tout le temps. Lors de ses consultations avec des parents d’ailleurs, Elena Goutard a tendance à ne pas aborder ces préjugés pour « éviter d’engendrer de l’inquiétude, à un endroit où ils ne se posaient même pas de questions ».

    Des jumeaux fusionnels, oui mais…

    À la maison, Céline se rend bien compte que le lien entre ses enfants est unique et ne répond pas vraiment aux préjugés qu’elle lit et entend régulièrement. Ses jumeaux sont peut-être « très complices », mais ne s’enferment pas dans leur relation et « ont tissé des liens très fort avec leur frère et leur sœur ». Céline n’aime pas « utiliser le terme “chouchou” » quand elle parle du traitement réservé à ses derniers-nés, mais concède volontiers qu’elle et son mari ont été « très souvent accaparés par eux, dès la naissance, parce qu’ils étaient plus fragiles ». Déjouer des attitudes stéréotypées passe aussi par la manière dont les enfants sont éduqués. « On pourrait dire que les garçons sont plus bagarreurs et cherchent davantage le conflit. Moi, avec mes quatre garçons, j’ai de quoi déjouer les idées reçues : ils sont très fusionnels », déroule Elena Goutard.

    Des étiquettes néfastes

    Manon, elle, « fait très attention à ses cadets et est hyper responsable », admet Céline. Dès lors, elle respecte son étiquette d’aînée. Toutefois, que l’aîné endosse le rôle de deuxième parent peut s’avérer néfaste pour le bon équilibre de la famille : « Généralement, les enfants n’aiment pas être commandés par un autre enfant quand les parents ne sont pas là. Quelque part, les aînés vont endosser un rôle qui n’est pas le leur, insiste Elena Goutard. C’est aux parents d’intervenir et d’expliquer les règles et les limites pour éviter que l’aîné devienne un petit chef. »

    La coach parentale et familiale rappelle d’ailleurs que même si certains « clichés se vérifient » et « partent d’une vérité générale », ils diffèrent en fonction des foyers, de l’éducation. « On va transmettre certains traits, mais tout reste assez relatif en fonction des tempéraments », conclut Elena Goutard.

    L’Essentiel de l’article

    • Les préjugés sur les caractères des enfants en fonction de leur rôle dans la famille ne sont pas des vérités générales, puisque chaque enfant, chaque famille est unique.
    • De nombreuses études menées avec plus ou moins de rigueur scientifique observent tout et n’importe quoi au sujet des dynamiques des fratries : attention à ne pas se laisser berner.
  • HPI, HPE, TDAH, TSA : ces acronymes liés aux comportements des enfants

    HPI, HPE, TDAH, TSA : ces acronymes liés aux comportements des enfants

    À la maison, votre enfant est un peu turbulent, à l’école, il s’ennuie. Il a peut-être du mal à gérer ses émotions. En cherchant des explications à son comportement, vous avez probablement conclu que votre enfant était atteint par un des troubles de plus en plus démocratisés dans les bouches des nombreux parents. Qu’il s’agisse du trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), du trouble du spectre autistique (TSA), du haut potentiel intellectuel (HPI) ou émotionnel (HPE) : tous ces acronymes peuvent être regroupés au sein des troubles du comportement et plus largement du spectre de la « neuroatypie », c’est-à-dire ceux dont le fonctionnement cognitif diffère.

    Ne pas tout mélanger

    Pourtant, tous ne se valent pas. Selon Nadège Rocher-Labarbe docteure en neurosciences, biologiste du comportement, psychologue de l’enfant et maîtresse de conférence en psychologie à l’Université de Caen-Normandie, il faut veiller à ne pas tous les mettre au même niveau, car « la réalité clinique n’est pas la même ». D’un côté, le TDAH ou le TSA sont scientifiquement valides, évalués avec des traits cliniques. De l’autre, le HPE correspondrait davantage, avertit Nadège Roche-Labarbe « à un besoin de qualifier des problèmes, rassurant puisque cela porte un nom, mais n’est pas lié un trouble du développement. Aucun clinicien ne sera en mesure de poser un diagnostic ». Cependant, l’hypersensibilité émotionnelle sous-entendue chez les HPE figure « généralement dans le TSA ou le TDAH, même s’il ne fait pas encore partie des critères de diagnostic », ajoute Maeva Rolin, psychologue clinicienne spécialisée en neuropsychologie et autrice de Diagnostic des troubles du neurodéveloppement chez l’adulte (2021, éditions Mardaga).

    L’HPI, lui, se repère via des tests de quotient intellectuel comme le WISC-5 et n’est pas à mettre au même rang non plus. « Être HPI, c’est un point fort. Ces personnes vont avoir une meilleure réflexion que les autres et n’iront en règle générale pas consulter, observe Nadège Roche-Labarbe. Cela devient embêtant si c’est associé à d’autres troubles, comme les troubles anxieux. » En termes de statistique, seulement 2,3 % des enfants seraient intellectuellement précoces.

    Un diagnostic pas forcément obligatoire

    Dès lors, faut-il forcément passer par la case du diagnostic ? Surtout pour les enfants HPI, le diagnostic est à « double tranchant », observe Nadège Roche-Labarbe. Car le quotient intellectuel « évolue avec l’âge. Une fois adultes, ces enfants pourront ne plus être HPI ». Un constat partagé par Maryse Corbet, psychologue clinicienne à la Maison des adolescents de la Manche qui ajoute qu’il n’est « pas forcément nécessaire de mener des tests de QI très cher, notamment si l’enfant ne rencontre pas de mal-être particulier, car cela peut être enfermant ».

    Vigilance sur l’autodiagnostic

    Chercher à tout prix à poser une étiquette, parfois sans consulter, peut s’avérer néfaste pour le développement de son enfant et « fermer la discussion sur ce qu’il y a derrière un enfant agité ou perturbé », considère Maryse Corbet. Et ce, même si cela peut rassurer les parents. « Ça ne nous viendrait pas à l’idée de faire un autodiagnostic de cancer, compare Maeva Rolin. Le TDAH n’est pas juste un enfant qui passe son temps à grimper aux arbres, ce n’est ni une mode ni un trouble facilement identifiable. »

    Il est également nécessaire de faire la part des choses, surtout dans les cas où l’enfant se pose des questions. « Je vois beaucoup d’adolescents venir consulter, car ils pensent être de troubles autistiques, partage Maryse Corbet. Il y a souvent derrière une recherche d’identité et une souffrance pour d’autres raisons qu’il faut creuser au cours d’une thérapie. »

    TDAH et TSA : diagnostic nécessaire

    Le diagnostic s’avère indispensable dans certains cas, particulièrement pour le TDAH ou le TSA. Il peut apaiser l’enfant et enlever chez lui « un sentiment de culpabilité, de honte, car il a remarqué qu’il n’était pas comme les autres », constate Maryse Corbet. Les parents pourront s’en saisir, être accompagnés, mettre en place un accompagnement médicamenteux, anticiper les défis auxquels ils seront confrontés, améliorer l’environnement de l’enfant, adapter son éducation… Chez l’enfant HPI, le passage des tests de QI est nécessaire dans les cas où « l’enfant est en souffrance », soutient Maryse Corbet.

    Dans tous les cas, Nadège Roche-Labarbe insiste sur le fait de ne pas « se contenter du diagnostic sans avoir fait un état des lieux complet et creuser les raisons du mal-être ». Comprendre : poursuivre l’accompagnement avec un psychothérapeute.

    L’Essentiel de l’article

    • Tous les acronymes et troubles ne se valent pas en termes de réalité clinique, ne sont pas tous soumis à des diagnostics cliniques, mais davantage à des traits du comportement.
    • Il faut rester vigilant sur l’intérêt d’un diagnostic pour son enfant : dans le cas du TDAH ou du TSA, le diagnostic est indispensable au bon développement de l’enfant.
    • Être HPI n’est pas forcément synonyme de souffrance chez un enfant, un approfondissement de son mal-être avec un professionnel de santé doit être fait en amont de potentiels tests.
  • Comment lutter contre les aléas naturels ?

    Comment lutter contre les aléas naturels ?

    Qu’est-ce qu’un aléa naturel ?

    Virginie Hilssone-Lévy : C’est un phénomène d’origine naturelle qui se développe dans un milieu tel que l’eau, le sol ou l’air. Il est plus ou moins prévisible et peut être brutal, potentiellement dangereux pour les humains et avec des impacts environnementaux parfois importants.

    Quels sont les principaux risques naturels qui touchent la France ? Y en a-t-il des plus dangereux que les autres ?

    V. H-L. : On compte 8 principaux types d’aléas naturels : les inondations, les séismes, les mouvements de terrain, les avalanches, les feux de forêt, les tempêtes, les cyclones et les éruptions volcaniques. Le risque d’inondation est le plus important en termes de personnes concernées et d’ampleur des dommages matériels causés. Mais les 8 aléas sont tous potentiellement dangereux, selon la force qu’ils vont avoir, selon leur étendue, on ne peut pas réellement les classer. Les orages par exemple sont un phénomène météo compliqué à prévoir car leur formation dépend de nombreux paramètres, les avalanches sont elles aussi difficiles à prédire et certains aléas en entraînent d’autres qu’on ne peut pas toujours pronostiquer.

    Près de 17 millions de personnes

    soit ¼ de la population française, sont exposées au risque d’inondation.

    Quelles sont les régions les plus concernées ?

    V. H-L. : Les régions du Sud-Est près de la Méditerranée sont davantage exposées aux inondations en automne, les tempêtes concernent plutôt les régions du Nord-Ouest comme la Bretagne ou la Normandie. Les incendies touchaient jusqu’alors principalement la région PACA et la Corse mais on a pu voir cette année que désormais, avec le réchauffement climatique et les sécheresses qui en découlent, les feux touchent également la moitié nord. Pour certains aléas naturels, on observe que l’urbanisation joue sur les conséquences de ceux-ci. Par exemple, en automne, un épisode de pluie continue peut faire déborder un cours d’eau qui pourrait être partiellement réabsorbé par les sols avoisinants, mais en ville, si les sols sont bétonnés, il n’y a pas d’évacuation possible de ces eaux, et les niveaux augmentent considérablement plus vite dans les rues, les sous-sols des habitations, etc.

    Le réchauffement climatique est-il le seul responsable de l’augmentation de ces événements naturels ?

    V. H-L. : Il y a plutôt un consensus scientifique sur le fait que les activités humaines entraînent le réchauffement climatique qui conduit à une augmentation du nombre et de l’intensité des aléas naturels. Ils ne seront pas tous plus nombreux mais ils seront plus graves. Par exemple, les scientifiques démontrent que pour chaque degré en plus dans l’atmosphère, cela provoquera 7% de pluie en plus. Donc tous les phénomènes associés, comme les ouragans ou les tempêtes, seront plus intenses. Il est important que tout le monde connaisse son niveau d’exposition à ces risques et les bons gestes pour en atténuer les conséquences.

    Comment expliquer de manière simple et non anxiogène le réchauffement climatique et ses conséquences à ses enfants ?

    V. H-L. : On peut faire un dessin avec une planète et plusieurs autres éléments comme des voitures, des usines, le soleil. On explique alors que les principaux éléments pollueurs rejettent du CO2, un gaz qui retient l’énergie du soleil et qui le transforme en chaleur. Que plus il y a de ce gaz dans l’atmosphère, plus ça réchauffe les sols et les océans et que cela a des conséquences directes sur l’environnement, par exemple des plantes qui ne peuvent plus pousser aux mêmes endroits, des animaux qui doivent se déplacer pour retrouver leur nourriture habituelle etc. Le traitement anxiogène type fin du monde n’est pas nécessaire, il vaut mieux dire qu’il y a effectivement un problème mais que nous faisons partie de la solution. Il est essentiel de leur expliquer qu’il faut revoir notre manière de vivre pour éviter ces conséquences.

    Justement, comment chacun peut lutter le réchauffement climatique ? Quel type d’écogestes bas carbone peut-on faire ?

    V. H-L. : C’est en comptant à l’échelle collective qu’il y a un impact global. On est de plus en plus nombreux à prendre conscience des enjeux, et cette conscience écologique peut créer un effet de pression aux changements, notamment envers les politiques. À titre individuel, il ne faut surtout pas se dire “Si les autres n’agissent pas, ça sert à rien que moi je le fasse” car sinon c’est un cercle contreproductif qui se met en place plutôt qu’un principe d’influence positive. C’est essentiel de se dire que des petits gestes peuvent avoir un grand impact, ça ne stoppera pas le réchauffement mais ça peut aider à ce que les conséquences soient moins catastrophiques. Il y a 5 actions clés à mettre en place : le choix de son mode de transport (opter pour les moins polluants lorsque c’est possible), manger moins de viande (pour limiter les activités à émissions de gaz à effet de serre), réduire ses déchets alimentaires (le traitement des ordures polluent énormément), limiter sa pollution numérique (regarder ses séries en wifi plutôt qu’en 4G) et réduire sa consommation d’électricité (éteindre plutôt que de mettre en veille). L’idée principale, c’est de ne pas toujours être dans la contrainte et que ces gestes deviennent des réflexes.

    1 Ecologie.gouv

  • Les couleurs de son logement ont-elles un impact sur le bien-être ?

    Les couleurs de son logement ont-elles un impact sur le bien-être ?

    Couleurs et résonnance

    En 1810, Goethe découvrait que la couleur provoquait chez le spectateur une résonance émotionnelle. Son Traité des couleurs servit d’inspiration à nombre de théoriciens de l’art, scientifiques et artistes. Preuve en est qu’un siècle plus tard, en 1911, Kandinsky publie sa propre théorie des couleurs, selon laquelle la couleur peut être choisie soit pour sa résonance psychologique, soit pour l’effet qu’elle produit sur l’œil. La psychologie des couleurs a toujours fasciné. Dans un monde où l’on est en recherche de bien-être, elle est un élément clé de la décoration de son logement. « Les couleurs ont un impact émotionnel, psychologique et sensitif considérable sur le bien-être de chacun. Selon l’état émotionnel et psychique du moment et de chaque individu, on ne reçoit pas la couleur de la même façon. On parle d’effet thérapeutique des couleurs », explique Mariane Sauzet. Après vingt-deux ans de recherches, cette architecte d’intérieur a créé la méthode « Color Deco Therapy », ou l’art du bien-être décoratif thérapeutique.

    L’objectif ? Proposer un test de 20 questions permettant de trouver sa « couleur totem » pour « réactiver ses énergies ». « Choisir les couleurs de son espace de vie ne s’improvise pas. On a souvent tendance à suivre les couleurs habituelles par confort ou à la mode parce qu’il “faut que socialement ce soit beau”. Mais si l’on utilise une couleur dont on n’a pas du tout besoin à ce moment-là, elle peut avoir l’effet inverse sur nous », nuance la spécialiste.

    Identifier ses besoins émotionnels

    Si l’on décide de changer la couleur de nos murs, il faut avant tout identifier ses propres besoins émotionnels du moment et ce qu’on souhaite apporter à la pièce. De la bonne humeur ? Du réconfort ? De l’apaisement ? De l’espace ? Du sommeil ? De la concentration ? De la communication ? Les palettes de couleurs sont immenses et chacune correspond à des besoins et des émotions particulières. Pour réactiver son corps et son énergie, stimuler les relations sociales, mieux vaut opter pour des couleurs chaudes. Le jaune, par exemple, couleur du soleil et de l’énergie, favorise la joie, l’optimisme et la confiance en soi et facilite les échanges.

    « Il est idéal quand on traverse une période de grand questionnement ou de transition professionnelle ou personnelle », souligne Mariane Sauzet. Quand la couleur orange dynamise et vitamine, le rouge évoque la chaleur, la puissance, la passion, mais aussi l’enracinement. Mais, en abuser peut créer un environnement trop agressif, épuisant ou oppressant. Romane, 25 ans, regrette d’avoir dormi, enfant, dans une chambre rouge vif. « Pendant la nuit, je faisais beaucoup de cauchemars, de terreurs nocturnes et j’étais somnambule. Cette couleur a certainement joué sur mon état émotionnel. »

    Le bleu pour la sérénité et la tranquillité

    Lorsqu’ils ont rénové leur logement, Romane et son conjoint se sont creusés les méninges sur les besoins correspondants à chaque pièce. « Dans le salon, une pièce dynamique et chaleureuse, on a peint les murs en terracotta pour favoriser le lien social. En revanche, pour la chambre, un lieu de tranquillité et de repos, c’était évident de mettre du bleu », précise la jeune femme. Même son de cloche pour Tom, 28 ans, qui a opté pour les couleurs lin et bleu nuit dans les chambres. « Je vois ces pièces comme des cocons, propices à des couleurs douces et pas trop agressives. Je m’imagine mal dormir dans une chambre jaune fluo », confie-t-il.

    Incontestablement, le bleu symbolise la sérénité, la relaxation ou la méditation. « Il apaise, restimule et peut aussi répondre au besoin de se concentrer. Cette couleur est idéale dans les bureaux de chefs d’entreprise très angoissés, illustre Mariane Sauzet. Tandis que le turquoise répond au besoin de se nettoyer, de se purifier et de se ressourcer. » Pas si loin dans le spectre des couleurs apaisantes, on retrouve le vert, symbole de la nature et du renouveau, qui inspire la croissance, l’équilibre et la vitalité. La couleur par excellence de la santé et du bien-être. Tom l’a choisie pour son salon, Romane pour sa cuisine. « Le vert est pour moi synonyme de bonne santé, d’harmonie et de concentration », confie-t-elle.

    Un style blanc ?

    Les personnes en plein questionnement spirituel peuvent miser sur le violet, connu pour sa capacité à stimuler l’intuition et à créer une atmosphère méditative. Celles qui ont besoin de calmer les émotions et de réchauffer le cœur choisiront plutôt des couleurs proches du magenta. Si les couleurs de son habitat ont un véritable impact sur notre état émotionnel, qu’en est-il du style blanc, épuré ? « Une chambre toute blanche est ce qu’il y a de pire. Si esthétiquement c’est un style, énergétiquement ça n’amène rien », juge l’architecte. Pour Romane, il était évident « de laisser des murs blancs dans chaque pièce, au risque de me sentir enfermée et oppressée. » L’inverse, un excès de couleurs, est aussi une prise de risque. Nul doute pour Mariane Sauzet : « Trop de couleurs est synonyme d’overdose. C’est comme tout, il est essentiel de les utiliser avec modération. »

    Locataire ou propriétaire, l’important est de se sentir bien chez soi

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  • Cancer dès 30 ans : comment se faire diagnostiquer ?

    Cancer dès 30 ans : comment se faire diagnostiquer ?

    Sein et col de l’utérus : dépistages nécessaires dès 25 ans

    Si l’âge moyen lors de la détection d’un cancer du col de l’utérus est de 51 ans, les infections à VPH (virus du papillome humain) sont fréquentes chez les femmes de moins de 30 ans. Il est recommandé de faire un premier dépistage du cancer du col de l’utérus dès 25 ans, puis tous les 3-5 ans entre 30 et 65 ans.

    Autre cancer à surveiller : celui du sein. Environ 10% des cas concernent des femmes âgées de moins de 35 ans. Il est ainsi recommandé de faire tous les ans dès 25 ans, un examen clinique des seins (palpations), par un.e gynécologue ou une sage-femme.

    Mélanomes : se protéger du soleil

    Le mélanome est la plus grave forme de cancer cutané. Mais dépisté précocement, il est tout à fait guérissable. Avec 15 000 nouveaux cas par an et 1 700 décès en France, le nombre de mélanomes double tous les 10 ans, particulièrement chez les personnes de 30 à 40 ans. Comme le rappelle le centre Gustave Roussy, expert mondial de la recherche sur le mélanome, les rayonnements ultraviolets naturels ont des effets nocifs sur la peau et l’exposition solaire est le principal facteur de risque.

    Se protéger des coups de soleil est primordial, c’est pourquoi juste avant l’été, une grande campagne de prévention relayée par le site web du centre a été organisée, avec les meilleures techniques de prévention de ce cancer de la peau particulièrement agressif. Rechercher l’ombre, éviter de s’exposer entre 12 h et 16 h l’été, appliquer toutes les deux heures une crème solaire avec un indice maximal… Les enfants doivent être encore plus protégés, puisque leur peau est plus fine et que leur système pigmentaire est encore en construction : vêtements longs, casquette et lunettes doivent absolument faire partie de leur panoplie estivale ! Il faut se rappeler que les coups de soleil, surtout ceux reçus dans l’enfance sont le signe d’une trop longue exposition solaire et donc d’un risque accru de développer plus tard un cancer de la peau.

    « On n’imagine pas que ce cancer puisse réellement arriver. J’ai une ancienne camarade de mon école qui est décédée à 36 ans des suites d’un mélanome. C’est arrivé très vite. Elle a laissé un mari et des enfants. Depuis ce jour, je fais très attention, et me protège réellement du soleil ! », raconte Mattéo, 39 ans.

    Une surveillance régulière de ses grains de beauté doit être effectuée pour détecter le plus précocement possible tout signe suspect. Tout d’abord grâce à un autoexamen de la tête aux pieds, sans oublier les zones peu visibles, et en utilisant la technique ABCDE (voir encadré). Tout grain de beauté ou tâche pigmentaire qui change de taille ou de couleur, qui démange, saigne ou présente un aspect rugueux ou perlé doit faire l’objet d’un avis médical rapide. La surveillance doit aussi se faire lors de rendez-vous réguliers avec un dermatologue, jusqu’à une fois par an pour les personnes présentant des facteurs de risque. Si le mélanome est un cancer qui peut être très agressif, certaines techniques permettent donc de s’en protéger, et de le détecter précocement, afin d’obtenir de bien meilleures chances de guérison.

    Règle ABCDE pour l’étude des grains de beauté :

    • A pour Asymétrie
    • B pour Bords irréguliers
    • C pour Couleur inhomogène
    • D pour Diamètre
    • E pour Évolution

    Le cancer du testicule : le plus fréquent chez l’homme jeune

    Même si les cancers du testicule sont assez rares globalement puisqu’ils représentent 1 à 2 % des cancers masculins, les jeunes sont les plus touchés puisqu’il s’agit du cancer le plus fréquent de l’homme entre 15 et 35 ans. De plus, ces trente dernières années, une augmentation de leur fréquence a été constatée, heureusement couplée avec d’importants progrès thérapeutiques qui ont permis de diminuer la mortalité associée. Les facteurs de risques du cancer du testicule sont principalement la cryptorchidie (testicule non descendu) ainsi que l’exposition à certaines substances chimiques comme le benzène, les hydrocarbures, les pesticides et le bisphénol A, même si ce n’est pas encore scientifiquement totalement établi.

    Apprendre à palper ses testicules à la recherche d’une grosseur anormale est une mesure de dépistage qui doit être effectuée régulièrement. D’autres signes peuvent se manifester comme une sensation de lourdeur, une gêne ou une douleur qui persistent dans le temps. Le testicule dans son ensemble peut gonfler et augmenter de volume, parfois de façon soudaine. En cas de doute, une consultation médicale rapide s’impose.

    En conclusion, s’il existe de nombreux facteurs de risques d’apparition des cancers, qu’ils soient internes ou externes, la moitié des cancers détectés chaque année pourraient être évités en changeant nos comportements quotidiens.

    Chiffres sur le cancer : https://www.frm.org/recherches-cancers/cancers-en-chiffres

    Site de Gustave Roussy : https://www.gustaveroussy.fr/fr/un-ete-sans-melanome-cap-sur-la-prevention-gustave-roussy

    Le cancer du testicule : https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-testicule/Les-points-cles

    La moitié des cancers pourraient être évités : https://www.e-cancer.fr/Acces-thematique/Prevention-des-cancers

  • Phobies handicapantes socialement : comment les surmonter ?

    Phobies handicapantes socialement : comment les surmonter ?

    À 27 ans, Olivier n’a pas de voiture ni même de permis de conduire. Ce développeur web n’a jamais tenu un volant ni poussé la porte d’une auto-école. Il souffre d’amaxophobie, la peur de conduire. « Il y a dix ans, au moment où mes amis ont commencé à faire de la conduite accompagnée avec leurs parents, j’ai compris que ça ne m’intéressait pas du tout d’apprendre à conduire, se souvient le jeune homme. Il m’arrivait souvent de faire des cauchemars dans lesquels j’étais au volant d’un bolide, sans savoir comment le manœuvrer, ni l’arrêter. Après mon diplôme, j’ai été recruté par une boîte à New York, où on se déplace surtout en métro et en taxi. » Mais à son retour en France, l’année dernière, il comprend que les choses seront plus compliquées. « Je travaille maintenant dans des locaux situés dans une zone périurbaine qui n’est desservie que par quelques bus, explique-t-il. Je fais beaucoup de covoiturage avec des collègues, car je me sens incapable de prendre des cours de conduite. » Pour tenter de remédier à son amaxophobie et gagner en autonomie, Olivier a suivi une dizaine de séances d’hypnose. Mais les résultats ne sont pas très concluants. « J’ai appris quelques techniques de respiration pour moins paniquer en pensant à la route, mais je suis toujours incapable de m’imaginer à la place du conducteur », déplore-t-il.

    Des conséquences dramatiques

    De son côté, Louisa, cadre dans l’industrie pharmaceutique et âgée de 39 ans, se démène depuis des années pour se débarrasser de son arachnophobie (la phobie des araignées). « J’ai essayé la sophrologie, le yoga et la méditation, mais rien n’y fait, regrette-t-elle. Rien que l’idée qu’une de ces bestioles peut se trouver dans la même pièce que moi me terrifie. » Si on entend souvent parler d’acrophobie (la peur de la hauteur), d’astraphobie (la peur des orages) ou de zoophobie (la peur des animaux, notamment des chiens), beaucoup d’autres phobies sont également assez répandues. Selon Anne-Victoire Rousselet, psychologue et psychothérapeute spécialisée en thérapies comportementales et cognitives (TCC), la plus fréquente est la phobie sociale. « C’est la crainte du jugement négatif de l’autre, précise-t-elle. Ça peut être de l’anxiété de performance, qui se traduit parfois par la peur d’avoir de mauvaises notes. Cette anxiété sociale s’exprime dans tous les groupes sociaux et commence vers 10 ou 12 ans, au moment où on prend conscience que le jugement de l’autre est important. » Or les conséquences peuvent être dramatiques. « Cette anxiété peut pousser à consommer de la drogue pour ne pas déplaire aux camarades, ou à voler pour obéir au caïd de la classe, par peur de son jugement » déroule la psy. Elle donne quelques autres exemples de phobies relativement courantes, comme l’agoraphobie (la crainte de ne pas pouvoir s’échapper ou être secouru), l’hématophobie (la peur du sang), l’émétophobie (la peur de vomir), la nosophobie (la peur d’être contaminée par une bactérie, qui a explosé avec le Covid-19), ou encore, la phobie scolaire.

    Un traitement efficace en quelques séances

    Anne-Victoire Rousselet ajoute que si une phobie n’est pas traitée, il y a un risque de les cumuler : « S’ils ne se soignent pas, les gens finissent par généraliser, c’est-à-dire par avoir de plus en plus de phobies. » La spécialiste des thérapies comportementales et cognitives rappelle que trois types de facteurs peuvent expliquer les troubles anxieux : d’abord, les facteurs biologiques, génétiques, héréditaires, puis, l’éducation, et, enfin, les expériences de vie. Mais, surtout, elle assure qu’il existe une méthode en deux temps pour traiter les phobies. Bonne nouvelle ! La première phase consiste en l’apprentissage d’une stratégie pour se détendre, notamment par des exercices de respiration et de relaxation. Elle dure une quinzaine de jours. « Une fois que l’on maîtrise cette stratégie, explique Anne-Victoire Rousselet, on démarre l’exposition progressive. On hiérarchise ses anxiétés et on s’expose d’abord à la moins invalidante, puis à toutes les situations d’anxiété, en s’interdisant les stratégies d’évitement. Par exemple, pour les acrophobes, on commence en haut de deux marches, puis des escaliers, etc. » Selon l’experte, six à huit séances suffisent pour en finir avec une phobie. Pourquoi attendre ?

  • « Il ne faut pas avoir peur de poser des questions sur l’état mental de ses enfants »

    « Il ne faut pas avoir peur de poser des questions sur l’état mental de ses enfants »

    Selon l’UNICEF, 50 % des troubles de santé mentale apparaissent avant l’âge de 14 ans. Comment expliquez-vous cette donnée ?

    Olivier Bonnot : Ces dix dernières années, on constate une augmentation importante des troubles anxieux et dépressifs chez les enfants et les adolescents. On parle de 2 % pour les enfants, et entre 15 et 20 % chez les adolescents. La raison : ces troubles ont tendance à la chronicisation ou à la répétition. Quand vous avez été anxieux, vous avez plus de risque de l’être plus tard. Or, comme ça commence tôt et que ça se répète dans l’ensemble de la vie, nécessairement ça fait baisser la moyenne d’âge.

    Et pourquoi cet âge plus qu’un autre ?

    O. B. : C’est lié au phénomène qu’on appelle la « plasticité neuronale ». Pour simplifier les choses : lorsque vous discutez avec quelqu’un, dans votre cerveau, des connexions se font. Après cet échange, votre cerveau ne sera plus le même qu’avant. Il aura changé. Cette capacité de connexion neuronale, nous l’avons tout au long de notre vie, mais elle est particulièrement sollicitée chez l’enfant et l’adolescent. C’est normal, car c’est une période où tout ce que l’on fait est une nouveauté. Arrivé à la fin de l’adolescence, le cerveau fait le point de toutes ces connexions et élimine celles dont il n’a pas besoin. C’est aussi à cette période qu’il essaie de compenser les « anomalies », la plupart d’entre elles génétiques. Grosso modo, vous partez avec un bagage génétique qui peut vous envoyer vers une schizophrénie, mais grâce à cette plasticité, le cerveau opère des remaniements qui font que parfois, vous n’évoluez plus dans cette direction. Si chez certains ça peut fonctionner, pour d’autres, c’est là que les premiers symptômes apparaissent.

    Longtemps, on a considéré que la bipolarité ou la schizophrénie avaient tendance à s’exprimer tardivement…

    O. B. : C’est vrai ! Par exemple, on disait que les schizophrènes, c’était le trouble de la vingtaine. Et les bipolaires, le trouble de la trentaine. Tout ça ne veut rien dire… Il y a des patients schizophrènes avant l’âge de 18 ans. Ça représente même à peu près 20 % de l’ensemble des schizophrènes. Et nous découvrons chaque jour un peu plus des troubles bipolaires de l’adolescent. Longtemps, on a cru que ça n’existait pas chez les jeunes. C’est principalement dû à une méconnaissance des troubles et de la clinique de l’enfant. La psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent est une discipline qui date essentiellement de l’après-guerre. Assez récente, donc.

    Pourquoi est-ce si difficile de déceler des troubles psychiques chez les jeunes ?

    O. B. : Déjà, force est de constater qu’il y a un manque important de spécialistes… Le nombre de gens formés est vraiment trop faible. Il faut aussi rappeler que la psychiatrie est au stade où était l’ensemble de la médecine il y a encore cent cinquante ans, lorsqu’elle n’avait que très peu d’examens complémentaires. En psychiatrie, il n’y a pas d’examen biologique ou radiologique, qui permet de matérialiser objectivement un diagnostic. On observe et on établit des diagnostics uniquement cliniques. Certes, c’est intéressant, mais ça nécessite d’être bien formé et de prendre son temps. Autre élément qui rend les choses compliquées : les symptômes présentés par les enfants et les adolescents sont très souvent – en tout cas, au premier abord – assez similaires. Un enfant agité, en colère, peut aussi bien avoir un trouble du développement intellectuel, un trouble du spectre de l’autisme, un TDH, une dépression ou un trouble anxieux. Ce n’est donc pas toujours évident de faire la distinction. Et le dernier élément : il arrive que des gens répondent objectivement aux éléments d’un diagnostic à un moment donné de leur existence pour finalement, quelques années après, répondre aux éléments d’un autre diagnostic. La question s’est alors posée : est-ce qu’un diagnostic est évolutif ? Autrement dit : la personne est-elle d’abord autiste puis schizophrène ? Il faut être prudent. D’autant que les prises en charge ne seront pas forcément les mêmes selon le diagnostic. Bref, entre le manque de spécialistes, le fait que le diagnostic clinique puisse être un peu trompeur et évoluer, ça fait pas mal d’obstacles. Mais le vrai problème reste que si nous étions plus nombreux, on y arriverait mieux.

    Concernant la santé mentale des jeunes, la pandémie Covid-19 n’a rien arrangé… Quel rôle les parents doivent-ils jouer ?

    O. B. : Premièrement, il ne faut pas avoir peur de poser des questions sur l’état mental de ses enfants. N’hésitez pas à l’interroger : « Est-ce que tu te sens bien ? », « j’ai l’impression que tu es parfois un peu triste », etc. Et si vraiment, votre enfant vous semble ne pas aller bien, il faut savoir dire : « Tu n’as pas l’air en forme, est-ce que tu as eu envie de te suicider dernièrement ? » Non seulement cette question ne déclenchera pas des envies de suicide, mais elle peut le soulager. Et en posant ces questions, il ne faut surtout pas avoir peur des réponses. Sinon, l’enfant le sentira et se taira. Et enfin : ne jamais minimiser les choses ! Si un enfant vous dit qu’il n’a pas le moral, qu’il n’y arrive pas à l’école, pas de « oh, ça va aller, faut s’accrocher ». Nous ne sommes pas tous équipés de la même manière. Il faut donc être attentif, car si l’on arrive à prendre ces troubles précocement, on sera bien plus efficace. La psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent est avant tout une discipline de la prévention.

    Quels sont les types de troubles psychiques ?

    • Anxiété, phobies et TOC

    • Troubles dépressifs

    • Troubles bipolaires

    • Troubles schizophréniques

    • Troubles addictifs

    • Troubles du comportement alimentaire (TCA)

    • Trouble de stress post-traumatique

  • Les vans gynéco au service de la santé des femmes

    Les vans gynéco au service de la santé des femmes

    4 septembre 2023. Ce matin, sur le parking faisant face à l’église de Royville – petite commune de 300 habitants en Seine-Maritime –, un étrange camion rose de 13 mètres de long y est garé. Il s’agit du Mammobile : un centre de dépistage du cancer du sein itinérant. Sur la devanture, on peut lire : « On a toutes à y gagner. » N’oublions pas que détecté tôt, le cancer du sein guérit dans 9 cas sur 10, d’où l’importance du dépistage.

    Le van rose n’en est d’ailleurs pas à sa première tournée de prévention. Après avoir sillonné l’Eure, le Calvados et la Manche, c’est désormais dans les communes de Seine-Maritime les plus éloignées des centres de radiologie (au moins 15 minutes en voiture) qu’il s’est installé, proposant un dépistage gratuit aux femmes de 50 à 74 ans. Ce projet est mené depuis mars 2022 par l’unité Anticipe du centre de cancérologie François-Baclesse de Caen et le Centre régional de coordination des dépistages des cancers de Normandie. « Dès l’instant où les femmes s’éloignent des centres de radiologie, la participation est moins importante, c’est un frein connu. On essaie de démontrer la plus-value d’un Mammobile qui vient au plus près des femmes », expliquait à France Bleu en avril dernier, Marie-Christine Quertier, médecin directeur du CRCDC en Normandie.

    Et bien que passer une mammographie dans un camion est loin d’être orthodoxe, l’intérieur du cabinet est on ne peut plus traditionnel. « Quand les femmes arrivent, elles sont accueillies par la secrétaire, ajoute la médecin. Elles voient ensuite la manipulatrice qui va réaliser l’examen, puis le médecin qui fait la palpation, interprète la radio et fait une échographie si besoin. »

    Isolement et état de santé plus dégradé

    Direction la région Auvergne, où un autre camion baptisé Opti’soins vient en aide aux femmes isolées, mais pas n’importe lesquelles : les femmes enceintes. « Le projet de départ est né sur une cartographie de l’Auvergne, racontait Julie Duclos, sage-femme et échographiste, à la chaîne Brut. Il a été montré que sur ces quatre départements (l’Allier, le Cantal, la Haute-Loire et le Puy-de-Dôme, ndr), il y avait des zones qui étaient des déserts médicaux […], des communes et donc des patientes qui étaient potentiellement à plus de 30 minutes de tout professionnel médical susceptible de suivre leur grossesse. »

    Au-delà du fait d’être isolées géographiquement, la cheffe du projet Isabelle Raimbault déplore chez ses patientes un état de santé « un peu plus dégradé que dans la population générale ». « [Elles] ont un suivi gynécologique qui est beaucoup plus décousu que dans les populations urbaines, et ce n’est pas par choix, ce n’est pas par manque d’intérêt, c’est vraiment parce qu’elles n’en trouvent pas. »

    « On ne va pas faire consulter les femmes dans un camion ! »

    Si les deux premiers camions proposent des services de santé spécifiques (dépistage, suivi de grossesse), il y en a un qui, depuis 2022, regroupe l’ensemble des soins gynécologiques et sillonne les routes de la Provence verte et du Verdon. Son nom : le « Gynécobus ». Imaginé en 2018 par Laure Fabre, sage-femme exerçant à Rians, ce dispositif est adossé à l’hôpital de Brignoles, sa base technique et administrative. Mais impossible de concrétiser cette belle idée sans financements – via l’État, la Région, l’Europe, les agglomérations ou encore l’Agence régionale de santé – ou sans véhicule (estimé à 100 000 euros). Une fois les communes ciblées (42 lieux d’intervention) et l’équipe montée (24 gynécologues, 20 sages-femmes), il faut cette fois s’attaquer aux idées reçues.

    « Au départ, les gens étaient circonspects, se souvient Laure Fabre. On me disait souvent : “On ne va tout de même pas consulter les femmes dans un camion !” Ce qui était compliqué, c’est qu’on innovait sur le fond et la forme. Sur la forme, en proposant un dispositif mobile – encore que, la mobilité était quelque chose qui existait déjà dans les communes reculées – et sur le fond, parce qu’on proposait d’agir en binôme. »

    Selon elle, avoir systématiquement une sage-femme et un gynécologue permet d’emblée un avis spécialisé et donc une prise en charge accélérée. Autre avantage : « Ce binôme aux sensibilités différentes donne un surplus d’humanité et ouvre le dialogue. Pour les patientes, c’est rassurant. En fonction des antécédents d’une patiente, de son âge, de son mode de vie, on va être en mesure de proposer une prise en charge adaptée, qui a du sens pour elle. Cela rend les choses plus intimes, on a presque une conversation à cœur ouvert, ce qui est plus difficile lors d’une consultation standardisée. »

    Redonner du sens aux examens gynécologiques

    Cela semble assez clair : le Gynécobus replace la patiente au centre et tente d’abolir les freins à la consultation. Qu’ils soient financiers (les soins sont pris en charge de la même manière qu’à l’hôpital, sans dépassement d’honoraires) ou plus personnels : « Pour beaucoup de femmes, être obligées de se déshabiller et de donner accès à la fois à la partie haute et basse du corps pose problème. C’est pour cela que tout ce que l’on fait est relié à de l’éducation à la santé, rappelle Laure Fabre. Lorsqu’on fait un frottis, on explique pourquoi on le fait, quelle est la nature de cet examen, quand est-ce qu’il faudra le refaire, qu’est-ce qu’il faut attendre comme résultats… Bref, on redonne du sens à ces examens. »

    Visiblement, cela fonctionne : aujourd’hui, 240 patientes sont vues chaque mois et l’agenda des rendez-vous – pris soit par le secrétariat gynécologique de l’hôpital de Brignoles, soit par Doctolib – ne désemplit pas. Mettant les créneaux en ligne tous les mois, il faut donc compter au maximum 30 jours d’attente. Rien à voir avec les 4 à 6 mois d’attente de l’hôpital ou du secteur libéral…

    Mais alors, la gynécologie serait-elle amenée à devenir une médecine itinérante ? À cette question, Laure Fabre partage un avis bien tranché : « Le Gynécobus ne peut être qu’un outil dans un système de santé. Ces vans sont des outils intéressants pour dépasser certains freins, mais qui ont aussi leur limite. À mon sens, ça ne peut pas être une solution à part entière. » Pour autant, la sage-femme n’est pas contre l’idée d’étendre le dispositif.

    À condition de considérer le projet dans sa globalité : « Le Gynécobus, ce n’est pas juste “acheter un van et mettre des gens dedans”. Si on arrive à recruter autant de monde aujourd’hui, c’est parce que nous avons redonné du sens et de la valeur à notre secteur. On ne s’oppose pas aux uns et aux autres, on est là pour prouver qu’on peut tous travailler ensemble et que chacun a sa place. »

    Où trouver un van gynéco ?

    • Les différents points d’étape du Mammobile sont à retrouver dans ce lien.
    • Pour savoir si votre commune est concernée par Opti’soins et prendre rendez-vous, écrivez à l’adresse e-mail [email protected] ou téléphonez au 07 73 75 01 0704 73 75 01 07.
    • Pour prendre rendez-vous avec le Gynécobus, contactez le 07 85 94 42 04 ou rendez-vous sur Doctolib.
  • Handicap invisible, mais conséquences bien réelles

    Handicap invisible, mais conséquences bien réelles

    Les maladies invalidantes sont des affections de longue durée qui peuvent être chroniques ou évolutives et peuvent atteindre les organes vitaux internes. Souvent invisibles, elles constituent un réel handicap et nécessitent un parcours de soins adapté, un aménagement dans le monde professionnel. Exemples : cancers, maladies cardiovasculaires, SIDA, diabète, maladies de Parkinson et de Crohn, asthme, hypertension artérielle, dépression, autisme, hépatites, sclérose en plaques, coxarthrose ou l’arthrose des doigts, troubles DYS, épilepsie et narcolepsie, troubles musculo-squelettiques, trouble du déficit de l’attention (TDA), Trisomie 21, troubles de l’audition ou surdité, etc.

    Une vie de DYS

    Troubles DYS : derrière ces trois lettres sont regroupés différents troubles cognitifs. Dyslexie, dyspraxie, dyscalculie, dysgraphie, troubles de l’attention. En France, ils touchent entre 4 et 5 % des élèves d’une classe et ont pour particularité de ne pouvoir être expliqués ni par une déficience intellectuelle globale, ni par un problème psychopathologique, ni par un trouble sensoriel ou des facteurs socioculturels. Comme Albert Einstein, Léonard de Vinci, Steven Spielberg ou, plus proche de nous, le journaliste Thomas Legrand, Nolan, 8 ans, est un petit garçon dyslexique avec TADH (Trouble déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité). Il ne tient pas en place et a parfois du mal à se concentrer. Si aujourd’hui, il lit beaucoup, c’est qu’il a été diagnostiqué par une orthophoniste dès l’âge de 6 ans, et que son école a accepté de mettre en place un PAP, un plan d’accompagnement personnalisé. Un dispositif créé en 2015 est destiné aux enfants qui ont besoin d’aménagements pédagogiques ne nécessitant pas d’accord de la MDPH (Maison Départementale pour les Personnes Handicapées). « En cours d’histoire, son institutrice ne note pas le niveau d’orthographe de Nolan, mais vérifie que les grandes dates et périodes ont été comprises et retenues, explique Hélène, sa maman. C’est pareil pour les devoirs : Nolan n’a pas la même quantité d’exercices à faire, puisqu’il se fatigue beaucoup plus vite que les autres. »

    Comme pour la plupart des handicaps invisibles, ces troubles ne se laissent pas facilement définir, et sont par conséquent souvent incompris, minimisés, voire niés. « Il n’est pas bien élevé », « il ne s’applique pas », « il est coléreux et impulsif » sont autant de phrases que les parents de Nolan ont entendu dès son plus jeune âge, même au sein de leurs familles respectives. Mais grâce aux diagnostics de plus en plus précoces et des solutions adaptées, Nolan suivra certainement la route d’autres illustres DYS !

    Des affections de longue durée

    Comme tous les matins, Alexandra prend le train de 8 h 50 pour se rendre à son travail. Cela fait dix ans maintenant qu’elle est éditrice au sein d’un grand groupe. Fin 2022, Alexandra a été atteinte d’un cancer du sein. Elle a été soignée, mais garde des séquelles : à cause des traitements très lourds, elle est souvent fatiguée. Ses collègues ne comprennent pas forcément ce qu’elle endure ni les raisons de ses absences répétées. Mais aujourd’hui Alexandra peut aller voir le référent handicap de son entreprise – une mesure obligatoire depuis 2018 dans les entreprises de plus de 250 salariés, sous l’impulsion de la loi « Avenir professionnel » – et organiser un entretien avec sa cheffe.

    Même s’il n’y a aucune obligation légale de parler de son handicap à son employeur, Alexandra souhaite jouer la carte de la transparence et ainsi bénéficier d’un accompagnement adapté. « J’ai déposé un dossier à la MDPH (Maison Départementale pour les Personnes Handicapées) pour que soit reconnue ma qualité de travailleuse handicapée (RQTH). Je ne voudrais pas que mon employeur pense que je suis démotivée ou que mes compétences ne sont plus à la hauteur ! », explique Alexandra. La reconnaissance administrative du handicap est très importante puisqu’elle permet d’avoir accès à un ensemble d’aides et de services de l’Agefiph (Association nationale de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées), comme bénéficier d’horaires aménagés ou se voir attribuer des tâches adaptées et ainsi concilier parcours de soins et vie professionnelle.

    Afin de proposer des solutions adaptées et de rendre leurs droits effectifs, les associations dédiées au handicap comme APF France handicap revendiquent la pleine reconnaissance de tous les handicaps invisibles. Et portent par la même occasion un projet d’intérêt général, celui d’une société inclusive et solidaire. Pour que le regard sur le handicap, invisible ou non, évolue.

    Quelle définition du handicap dans la loi ?

    La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, introduit pour la première fois dans le code de l’action sociale et des familles une définition du handicap : « Toute limitation d’activité ou de restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. »

     

    HANDICAP : LA MACIF ACCESSIBLE

    Dans ses offres et services, la Macif s’engage à prendre en compte les besoins spécifiques.

    L’Essentiel de l’article

    • Près de 80 % des handicaps sont invisibles
    • Parmi eux : cancers, maladies cardiovasculaires, SIDA, diabète, asthme, dépression, autisme…
    • Invisible n’est pas égal à imaginaire !

     

  • Être ado et aidant : une double casquette lourde à porter

    Être ado et aidant : une double casquette lourde à porter

    Plus de 14 % des lycéens français seraient de jeunes aidants(1). C’est-à-dire des jeunes ayant un proche malade, en situation de handicap ou d’addiction, auquel ils apportent une aide significative et régulière. « Cela ne veut pas forcément dire qu’ils sont tous en difficulté, précise Aurélie Untas, professeure de psychopathologie, mais cette situation peut avoir un impact sur la santé physique et mentale des jeunes, sur leurs activités sociales et leur scolarité. »

    Une aide peu visible, mais pesante

    Dans la plupart des cas, l’aide consiste moins à prodiguer des soins qu’à soulager son ou ses parents. C’est le cas de Mathilde, 17 ans, dont le petit frère est atteint de deux maladies génétiques rares ayant engendré de multiples complications. « Mes parents ont toujours tenu à ce que ma sœur et moi ne soyons pas impliquées dans les soins médicaux donnés à mon frère, raconte-t-elle. Mon rôle consistait à ne pas faire de vagues. Il fallait que je sois bonne à l’école, que je ne râle jamais, pour que mes parents puissent se concentrer sur les difficultés de mon frère. » Une situation qui a fini par devenir pesante pour la jeune fille, et que la période de confinement a accentuée, jusqu’à provoquer une dépression au moment d’entrer au lycée. « J’ai développé une phobie scolaire, car j’avais peur du regard des autres. Je craignais qu’on juge mon petit frère et j’avais l’impression qu’on me critiquait aussi. » Déscolarisée et placée en centre de soins pendant une partie de son année de seconde, elle a fini par surmonter ses troubles et par retourner en cours. « Je n’arrivais pas à me dire que j’étais malade, parce que mon petit frère était bien plus gravement atteint. Mais j’ai appris à admettre que j’avais le droit d’avoir des problèmes et qu’il ne fallait pas minimiser ceux que j’avais. »

    Mon rôle consistait à ne pas faire de vagues, pour que mes parents puissent se concentrer sur les difficultés de mon frère.

    Mathilde, 17 ans

    Une plus grande maturité

    Désormais en classe de première, Mathilde imagine se diriger vers des études de médecine. Une voie presque logique au regard de son passé. « J’ai besoin d’aider les autres. Et je pense avoir une capacité supérieure à les comprendre. Il n’y a pas beaucoup d’avantages à se retrouver dans la peau d’un jeune aidant, mais on grandit en tout cas plus vite que les autres. » Une orientation professionnelle assez courante dans ce genre de cas, selon Aurélie Untas qui a cosigné l’étude Adocare : « Quand on a été un jeune aidant, il y a plus de chance qu’on aille vers des carrières autour du soin ou du social. L’expérience a souvent une influence dans les choix de carrière. »

    Ce n’est pas Quentin, 16 ans, qui contredira cette observation. Son petit frère est en fauteuil roulant, souffrant d’une maladie musculaire. « Je suis protecteur, parce qu’il lui est forcément difficile de se défendre lui-même, explique Quentin. J’ai envie de faire des études de droit ou même l’armée, de faire en tout cas quelque chose qui soit en rapport avec la défense des autres. » S’il rêve qu’un jour un remède à la maladie de son frère soit découvert, afin de pouvoir « se chamailler avec lui, comme on se chamaille avec un frère », il essaie de voir le côté positif de la situation. « Il faut voir ça comme une épreuve, pas une fatalité. Quelque chose à surmonter. Et on sera tous plus heureux si on s’aide. »

    Quelles aides pour les jeunes aidants ?

    Aujourd’hui, seules deux associations aident les jeunes aidants en France : JADE (Jeunes aidants ensemble) et La Pause Brindille. La première, qui existe depuis 2016, organise notamment des ateliers artistiques et des séjours de répit gratuits, afin de sortir les jeunes de leur quotidien. La seconde, créée en 2019, grâce à laquelle ont été recueillis les témoignages de Mathilde et Quentin, se concentre principalement sur le partage de témoignages et l’échange, proposant un service d’écoute accessible par appel téléphonique, SMS ou chat. Des actions qui comptent, car comme le souligne Mathilde, la première aide dont ont besoin les jeunes aidants est le plus souvent de pouvoir se confier et souffler. « Mon conseil est de trouver quelqu’un à qui parler de votre quotidien, et qui de préférence ne fait pas partie de la famille ou n’est pas proche, parce que chacun a besoin d’un regard extérieur, de quelqu’un à qui l’on peut dire tout ce qu’on veut, pour vider son sac de temps en temps. Ça fait du bien et ça apaise. »

    Besoin de soutien ?

    Depuis plus de 15 ans, la Macif s’engage en faveur des aidants qui accompagnent un proche fragilisé par le handicap, la maladie ou la dépendance.

    (1) Adocare