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  • Vasectomie, coupez court aux idées reçues !

    Vasectomie, coupez court aux idées reçues !

    1 La vasectomie, c’est dire au revoir à votre service trois-pièces

    Bien sûr que non. Il ne faut pas confondre vasectomie et castration. L’opération consiste à ligaturer et sectionner une infime portion des canaux par lesquels passent les spermatozoïdes avant de se mélanger au liquide séminal (2), rendant le sperme infertile. Le service (de luxe, il va sans dire !) pourra donc toujours être assuré.

    2 La vasectomie signe la fin de votre virilité

    C’est certainement l’idée qui freine le plus de candidats à la vasectomie et pourtant, c’est complètement faux. Votre libido reste égale à elle-même, tout comme vos érections et vos sensations. Rassurez-vous, vos performances sexuelles resteront toujours aussi impressionnantes.

    3 La vasectomie, c’est seulement pour les couples !

    Pas du tout ! Pour la plupart des hommes, il est vrai, l’idée de la vasectomie a germé suite à une discussion de couple qui a la volonté de partager la charge de la contraception. Néanmoins, l’opération est accessible à tout homme majeur, préalablement informé sur le sujet, ayant fait la demande auprès de son médecin ou de son urologue. Vous avez ensuite quatre mois (le délai légal) pour vous rétracter ou confirmer votre souhait par écrit lors d’un second rendez-vous, puis caler la date de l’intervention.

    4 La vasectomie, ça fait mal comme un coup de genoux

    Faux. Comme toute opération, ce n’est pas une partie de plaisir, mais cela reste tout à fait supportable avec quelques antalgiques. Pour l’anesthésie, la douleur est la même qu’une piqûre de fourmi rouge (mais on est loin de la piqûre de frelon). Quelques jours après l’opération, vos bijoux peuvent prendre une couleur bleutée (autrement dit des hématomes peuvent apparaître) et cela peut tirer un peu, d’où une potentielle démarche de canard. Néanmoins, ces petits désagréments disparaissent rapidement.

    5 La vasectomie, c’est un quickie chirurgical finalement

    Vrai et faux. Vrai, car l’opération en elle-même dure entre 10 et 20 minutes (sous anesthésie locale), à l’issue de laquelle vous pouvez retourner au bureau (en bus plutôt qu’à vélo). Faux car la phase de stabilisation dure 6 à 8 semaines : la stérilité totale, confirmée par spermogramme, est quant à elle atteinte à l’issue de 16 semaines ou 20 éjaculations.

    6 La vasectomie, c’est un aller sans retour possible

    Vrai et faux. Vrai, car la vasectomie est considérée comme une contraception définitive. Faux, car si vous souhaitez avoir un enfant, il est tout à fait possible de faire machine arrière grâce à la vasovasostomie (2) qui permet de relier les canaux sectionnés. Elle est efficace dans 70 % à 95 % des cas (3), surtout si elle est pratiquée dans les trois ans qui suivent la vasectomie. Autre option : faire prélever et congeler votre sperme dans une banque de sperme, en amont de la vasectomie.

    7 La vasectomie, une petite affaire qui coûte cher

    Et bien non, surprise ! Depuis octobre 2012 (4), que ce soit pour les hommes ou les femmes, la stérilisation (vasectomie ou ligature des trompes) est remboursée par l’Assurance Maladie, peu importe votre âge ou votre statut familial. Vous pouvez donc fermer boutique sans y perdre vos plumes.

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    de la Macif !

    Quel moyen de contraception pour homme est actuellement testé en vue d’une commercialisation dans les années à venir ?

    Bonne réponse La réponse était : La pilule

    La pilule contraceptive pour homme a été présentée pour la première fois en mars 2018 lors du congrès annuel de la Société d’endocrinologie américaine.

    Mauvaise réponse La réponse était : Le stérilet

    La pilule contraceptive pour homme a été présentée pour la première fois en mars 2018 lors du congrès annuel de la Société d’endocrinologie américaine.

    Mauvaise réponse La réponse était : L’implant

    La pilule contraceptive pour homme a été présentée pour la première fois en mars 2018 lors du congrès annuel de la Société d’endocrinologie américaine.

    Mauvaise réponse La réponse était : Le diaphragme

    La pilule contraceptive pour homme a été présentée pour la première fois en mars 2018 lors du congrès annuel de la Société d’endocrinologie américaine.

    L’Essentiel de l’article

    • La vasectomie est autorisée en France depuis 2001.
    • Après une vasectomie les hommes n’ont pas de problèmes de libido ou d’érection.
    • Il faut compter entre 8 à 16 semaines pour que la vasectomie soit efficace.

    (1) Association Française d’Urologie, Vasectomie, l’opération méconnue, 2018.

    (2) Swiss Medical Forum, « Paternité après vasectomie comment procéder ? », 2007.

    (3) Revue médicale Suisse, « Désir de grossesse après vasectomie : vasovosostomie ou procréation médicalement assistée ? », 2010.

    (4) Le Planning Familial, « La contraception définitive ».

  • Comment installer votre détecteur de fumée ?

    Comment installer votre détecteur de fumée ?

    1 Un objet obligatoire dans tous les foyers Français

    L’installation d’un détecteur de fumée est obligatoire depuis 2015 dans toutes les habitations. Cet appareil a pour mission de détecter les fumées dès le début d’un incendie et, surtout, d’alerter les occupants du logement, même s’ils dorment, grâce à un signal sonore assez fort. Si votre logement comprend plusieurs niveaux, installez un détecteur à chaque étage.

    Quelle norme pour votre DAAF ?

    Votre détecteur de fumée doit obligatoirement porter le label européen CE, qui garantit que le DAAF est conforme à la norme réglementaire en vigueur. La norme française NF est un gage de sécurité supplémentaire : elle impose des tests de qualité fréquents qui écartent les risques de malfaçon.

    2 Où le fixer ?

    Le détecteur doit être fixé de préférence :

    • au plafond
    • à au moins 30 cm des angles
    • à un mètre des portes
    • à distance des sources de lumière.

    L’idéal est d’installer le détecteur de fumée dans le couloir ou le hall qui mène aux chambres et le plus loin possible de la salle de bain ou de la cuisine, où les vapeurs peuvent perturber l’appareil.

    3 Et concrètement, comment on fait ?

    Pour installer le détecteur avertisseur autonome de fumée (DAAF), séparez le socle de l’appareil d’une simple rotation. Installez la pile (fournie) ou tirez sur la languette rouge si la pille est déjà en place. Repérez ensuite les points de fixation sur le socle. Posez ce dernier au plafond et marquez les points de fixation à l’aide du crayon. Reposez le socle. Percez à l’endroit que vous avez indiqué au plafond. Insérez les chevilles. Vissez ensuite le socle. Emboitez le détecteur en le faisant tourner dans le sens des aiguilles d’une montre. Testez l’appareil : appuyez sur le bouton pour vérifiez son bon fonctionnement (il doit sonner).

    Comment tester un DAAF ?

    Il est conseillé de tester ses détecteurs de fumées régulièrement, tous les deux ou trois mois par exemple.

    • Appuyez sur le bouton « Test » : si le DAAF émet un son, c’est qu’il fonctionne.
    • Utilisez une bombe aérosol test (à acheter en grande surface spécialisée ou sur Internet autour de 7 à 10 euros) : elle émet un nuage de fumée qui permet de tester le détecteur en conditions « réelles ».

    4 Le + sécurité

    • Dépoussiérez le détecteur régulièrement, a minima une fois par an, à l’aide d’un chiffon ou d’un plumeau. Si vous faites des travaux qui génèrent de la poussière ou repeignez le plafond, pensez à le protéger. Le DAAF lui-même ne doit jamais être peint !
    • Testez-le régulièrement : il suffit d’appuyer sur le bouton et de vérifier si un signal sonore s’enclenche.
    • Changez les piles régulièrement (voir encadré).
    • Si le DAAF émet des sonneries de façon répétée, changez les piles sans attendre.

    Quelle est la durée de vie d’un DAAF ?

    La plupart des détecteurs de fumées sont garantis 10 ans à l’issue desquels vous devrez les remplacer. Durant ce laps de temps, il vous faudra changer les piles régulièrement :

    • au moins une fois par an pour les piles alcalines ;
    • tous les 5 ans pour les piles lithium ;
    • pas besoin de changer les piles si celles de votre appareil sont garanties 10 ans.

    L’Essentiel de l’article

    • 1 détecteur de fumée (1 par étage, si le logement en comprend plusieurs)
    • 1 tournevis
    • 1 marteau
    • 1 perceuse
    • 1 forêt de 6mm
    • Des vis et des chevilles (fournies)
    • 1 crayon
  • Prévention toxoplasmose, transmission, traitement… Le point sur la toxo pendant la grossesse

    Prévention toxoplasmose, transmission, traitement… Le point sur la toxo pendant la grossesse

    1 Qu’est-ce que la toxoplasmose ?

    La toxoplasmose est une maladie parasitaire due à Toxoplasma gondii, un protozoaire susceptible d’infecter tous les animaux à sang chaud. Son cycle passe par des hôtes très différents (oiseaux, animaux domestiques et d’élevage), mais c’est le chat qui est son hôte définitif et assure sa reproduction. Le parasite est contaminant à tous les stades de sa vie : il se transmet le plus souvent à l’homme via la viande contaminée par des kystes toxoplasmiques ou les fruits et légumes souillés par des déjections de chat récemment infecté, voire par contact direct avec les excréments d’un chat porteur du Toxoplasma gondii. Chez l’humain, l’infection est généralement sans gravité et passe souvent inaperçue, et elle permet d’être immunisé(e) contre de nouvelles infections.

    La toxoplasmose est très répandue partout dans le monde : on estime que 25 à 30 % des personnes ont été infectées au moins une fois, un chiffre comparable à celui constaté en France où la prévalence est de l’ordre de 31 %. (1)

    « Les changements de mode de vie en matière d’hygiène et d’alimentation, et l’évolution des conditions d’élevage ont permis de limiter l’exposition », explique Isabelle Villena, médecin biologiste et responsable du Centre National de Référence sur la Toxoplasmose. « Chez les femmes de 30 ans, l’incidence est passée de 7,5 pour 1 000 en 1980 à 2,4 pour 1 000 en 2010, et pourrait être seulement de 1,6 pour 1 000 en 2020 ».

    2 Quels sont les risques si vous attrapez la toxoplamose enceinte ?

    Asymptomatique et bénigne dans la plupart des cas, la toxoplasmose est en revanche dangereuse pour les personnes immunodéprimées et lorsqu’elle est contractée pendant la grossesse et transmise au fœtus (on parle alors de toxoplasmose congénitale).

    « Elle peut alors provoquer chez le fœtus de graves lésions cérébrales, viscérales et oculaires, voire entraîner la mort in utero. Mais heureusement, dans la majorité des cas, le nouveau-né sera sans symptôme à la naissance. Le risque de contagion de la mère à l’enfant dépend du stade de la grossesse, détaille Isabelle Villena. Faible en début de grossesse, le risque augmente au fur et à mesure de l’avancée de la grossesse. En revanche, la gravité de la maladie pour le fœtus suit la courbe inverse : plus il est infecté tôt, plus les conséquences peuvent être sévères. »

    On estime ainsi à 600 000 le nombre de femmes enceintes non immunisées contre la toxoplasmose (1) chaque année, soit environ 80 % des femmes enceintes. Pour limiter les risques d’attraper la maladie ou limiter ses conséquences, elles doivent donc être suivies tout au long de leur grossesse.

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    3 Comment attrape-t-on la toxoplasmose ?

    Chez l’humain, le parasite responsable de la toxoplasmose se transmet le plus souvent par l’alimentation :

    • viandes crues ou mal cuites, en particulier la viande de mouton et de porc (moins de risque avec le bœuf) ; (2)
    • fruits de mer ayant séjourné dans une eau souillée par un chat infecté ;
    • fruits et légumes ayant été au contact d’excréments de chat infecté, puis mal lavés ou lavés avec une eau contaminée par le parasite.

    La transmission par le lait cru est exceptionnelle (un seul cas recensé selon une étude de 2015 (2)), mais celui-ci peut être porteur d’autres germes (en particulier la listeria) potentiellement dangereux pour les femmes enceintes.

    En cas d’infection maternelle pendant la grossesse, une contamination fœtale est possible via le placenta, avec une transmission variable selon le stade de la grossesse. Cette contamination n’est généralement possible que si la mère n’a jamais eu la toxoplasmose, même si de rares cas de transmission chez les mères déjà immunisées mais immunodéprimées existent. En revanche, il n’y a aucun risque de contagion d’une personne à une autre.

    Et les chats dans tout ça ? Nos chers compagnons sont principalement contaminés par la viande, soit celle qu’ils chassent, soit celle qu’ils reçoivent de leurs maîtres (abats ou viandes crus). On estime à 1 % le nombre de félins ayant été vecteurs de la maladie au cours de leur vie. (3) Un risque gérable donc, à condition de respecter certaines règles d’hygiène (voir plus bas).

    29 %

    C’est le taux de transmission de la toxoplasmose de la mère à l’enfant pendant la grossesse. (1)

    4 Comment savoir si vous êtes immunisée ou non contre la toxoplasmose ?

    La seule façon de le savoir, c’est de faire une prise de sang qui permettra de définir votre statut sérologique à partir de votre taux d’IgG et d’IgM (immunoglobulines G et M). Cet examen doit être réalisé idéalement avant grossesse et si vous n’êtes pas immunisée, dès le début de celle-ci :

    • vous avez des IgG mais pas d’IgM (IgG+/IgM-) : vous avez contracté la toxoplasmose avant la grossesse, vous êtes donc immunisée ;
    • vous avez des IgG et des IgM (IgG+/IgM+) : vous avez probablement été infectée récemment, mais il faut dater la contamination pour évaluer le risque de transmission ;
    • vous n’avez pas d’IgG mais vous avez des IgM (IgG-/IgM+) : l’infection est possible mais incertaine. Un second test est nécessaire pour confirmer ou infirmer l’infection et donc évaluer le risque ;
    • vous n’avez ni IgG ni IgM (IgG-/IgM-) : vous n’avez jamais eu la toxoplasmose, vous n’êtes pas immunisée.

    Rassurez-vous : si vous êtes enceinte, ce test vous est systématiquement proposé par votre médecin traitant en début de grossesse, afin de mettre en place les mesures de prévention adaptées si nécessaire.

    5 Quels sont les symptômes chez l’adulte et le bébé ?

    Chez un adulte bien portant, la toxoplasmose est sans symptômes dans plus de 80 % des cas. (4) Mais dans un peu moins d’un cas sur 5 (4), notamment en cas de déficit de l’immunité, deux types de complications peuvent se manifester environ cinq à dix jours après l’infection (4) :

    • des atteintes cérébrales (toxoplasmose cérébrale) : fièvre, mal de tête, troubles neurologiques (épilepsie, difficultés motrices voire paralysie…) ;
    • des atteintes oculaires (toxoplasmose oculaire), avec la survenue d’une choriorétinite. Cette inflammation de la rétine et de la choroïde se traduit souvent par une baisse de l’acuité visuelle, des « mouches » volant devant les yeux ou une rougeur de l’œil.

    Mais c’est chez le fœtus et le nouveau-né que les atteintes sont les plus sévères :

    • hydrocéphalie ou microcéphalie ;
    • atteintes hépatiques, cardiaques ou pulmonaires ;
    • lésions oculaires (choriorétinite) pouvant provoquer une perte de vision importante ;
    • en tout début de grossesse, la toxoplasmose peut entraîner la mort fœtale et une interruption de grossesse.

    Si ces symptômes sont souvent présents dès la naissance, la choriorétinite peut en revanche apparaître après plusieurs années sans que l’on puisse prévoir sa survenue.

    Pour autant, inutile de paniquer : « Dans la majorité des cas en France, la toxoplasmose congénitale est bénigne à la naissance et sans conséquences cliniques. Les femmes peuvent être rassurées ! », insiste Isabelle Villena.

    6 Le dépistage prénatal et le suivi pendant la grossesse, comment ça marche ?

    Pour lutter contre cette maladie aux conséquences potentiellement graves pour les enfants à naître, un programme de dépistage et de prévention a été mis en place en France en 1978. Il s’appuie notamment sur un test sanguin effectué lors du rendez-vous de déclaration de grossesse chez le médecin, donc avant la fin du premier trimestre. C’est le résultat de ce test qui va décider de la nature du suivi :

    • en cas d’immunité, aucun suivi particulier n’est nécessaire pour la toxoplasmose : il n’y a aucun risque pour l’enfant à naître, ni pour les grossesses ultérieures ;
    • en cas d’immunité incertaine, un nouveau test est effectué deux semaines après le premier pour confirmer ou infirmer l’immunité. Dans l’attente, des mesures préventives (hygiène et alimentation), sont mises en place et maintenues jusqu’à preuve de l’immunité ;
    • en cas d’absence d’immunité, les mesures hygiéno-diététiques sont mises en place et maintenues jusqu’en fin de grossesse, et des tests réguliers permettront de vérifier l’absence d’infection. En cas d’infection récente, une prise en charge médicale adaptée est proposée pour éviter la transmission au fœtus.

    7 9 conseils pour éviter la toxoplasmose enceinte (et garder votre chat)

    Ces fameuses mesures « hygiéno-diététiques » sont simples à mettre en œuvre, et d’ailleurs les femmes enceintes les appliquent souvent sans le savoir :

    • Ne pas consommer de viandes, poissons ou fruits de mer crus.
    • Bien cuire les viandes (y compris la volaille et le gibier), à au moins 65 °C sur toute l’épaisseur. Concrètement, elle doit être bien dorée et aucun jus rosé ne doit persister. Pour vérifier la température, équipez-vous d’un thermomètre de cuisson (à partir de 6-7 euros en magasins spécialisés ou sur Internet).
    • Évitez de consommer de la viande fumée, grillée ou marinée.
    • Lavez à grande eau les fruits, légumes et plantes aromatiques, surtout s’ils sont terreux ou que vous les consommez crus.
    • Nettoyez soigneusement à l’eau les ustensiles et plans de travail après avoir cuisiné.
    • Lavez-vous bien les mains : après avoir manipulé de la viande crue ou des fruits ou légumes souillés de terre ; après avoir caressé un chat ou changé sa litière ; après avoir jardiné ; avant chaque repas.
    • Portez des gants pour jardiner et pour changer la litière de votre chat. Nettoyez le bac tous les jours avec de l’eau à au moins 70 °C.
    • Congelez les denrées animales à -18 °C ou à -12 °C pendant trois jours.
    • Lors des repas au travail, chez des amis ou au restaurant, ne mangez que de la viande bien cuite et évitez les crudités (salades, fruits, etc.).

    Pas de psychose !

    1 % des chats peuvent transmettre la toxoplasmose à un moment de leur vie. (5)

    8 Que se passe-t-il en cas d’infection toxoplasmique pendant la grossesse ? Quels sont les traitements ?

    Si votre statut sérologique (taux IgG/IgM) varie en cours de grossesse, un traitement antibiotique (spiramycine) vous sera prescrit pour toute la durée de la grossesse afin d’éviter la contamination fœtale. Un diagnostic prénatal permettra d’évaluer la transmission de la toxoplasmose au fœtus. Si le résultat est négatif, le traitement est maintenu. Si le résultat est positif, cela signifie que le fœtus est infecté, et il faut adapter le traitement (en général une association de deux antibiotiques, complémentés d’acide folinique pour contrer les effets secondaires du traitement)(1).

    « Chez les bébés touchés par la toxoplasmose, le traitement est poursuivi pendant un an après la naissance, poursuit Isabelle Villena. Un bilan ophtalmologique avec fond de l’œil devra être effectué annuellement au moins jusqu’à 6 ans, ou plus pour prolongement du traitement si nécessaire. »

    9 Ne vaut-il pas mieux attraper la toxoplasmose avant d’être enceinte pour être immunisée ?

    C’est une question pertinente (et souvent posée par les femmes qui essayent de concevoir un enfant), mais la réponse ne va pas de soi ! Bien sûr, la situation est plus simple pour les femmes enceintes immunisées. Pour autant, on ne décide pas d’attraper la toxoplasmose ! D’abord parce que sa transmission est incertaine. Ensuite, en cas d’immunodépression non détectée, elle peut avoir des effets graves. Mieux vaut donc ne pas chercher les ennuis… Au final, peu importe que vous soyez immunisée ou non. Si vous ne l’êtes pas, tout est mis en place en France pour éviter les atteintes fœtales : le nombre de cas de toxoplasmose congénitale observés chaque année est compris entre 250 et 300, soit 0,3 pour 1 000 naissances. Dans la majorité des cas, les enfants sont sans symptômes à la naissance et évoluent normalement au cours de leur vie. (1)  Et surtout, gardez en tête que neuf mois de steaks bien cuits et de ratatouilles longuement mijotées n’ont jamais fait de mal à personne !

    L’Essentiel de l’article

    • Contracter la toxoplasmose enceinte présente un risque grave pour le fœtus.
    • La toxoplasmose s’attrape principalement par la viande mal cuite ou des fruits et légumes mal lavés.
    • De bonnes habitudes d’hygiène et d’alimentation pendant la grossesse évitent de contracter la maladie.

    (1) Isabelle Villena et Laurence Lachaud, « Toxoplasmose et grossesse », Revue Francophone des Laboratoires, n° 509, 2019.

    (2) Radu Blagaa, Dominique Aubert, Catherine Perret, Régine Geers, Vitomir Djokic, Isabelle Villena, Emmanuelle Gilot-Fromont, Aurélien Mercier, Pascal Boireau, « Animaux réservoirs de Toxoplasma gondii : état des lieux en France », 2015.

    (3) Isabelle Villena, « Actualités sur la toxoplasmose », paru dans Spectra Biologie n° 206, janvier-février-mars 2014.

    (4) Ameli, « Toxoplasmose : définition, symptômes et complications possibles », 2019.

    (5) Isabelle Villena, « Actualités sur la toxoplasmose », paru dans Spectra Biologie n° 206, janvier-février-mars 2014.

     

    Pour aller plus loin : Blaga R., Aubert D., Perret C., Geers R., Djokic V., Villena I., Gilot-Fromont E., Mercier A., Boireau P., « Animaux réservoirs de Toxoplasma gondii : état des lieux en France », Revue Francophone des Laboratoires, n° 477, pp 31-48, 2015. Villena I. « Protozoaires : un risque émergent à mieux connaître ». Revue de l’Industrie Agro-alimentaire, n° 793, 2017.

  • « Océan, une plongée insolite » : la fragilité des océans s’expose au Muséum d’histoire naturelle

    « Océan, une plongée insolite » : la fragilité des océans s’expose au Muséum d’histoire naturelle

    L’activité humaine menace l’environnement, à commencer par l’océan qui recouvre 71 % de la surface de la planète. (1)

    François Gabart, skipper du trimaran MACIF et ambassadeur – pour le Groupe – de l’exposition « Océan, une plongée insolite », est témoin de la fragilité des écosystèmes marins : « C’est en général quand on est sensibilisé à la vie qu’il y a partout sur Terre, qu’on se rend compte qu’il faut faire quelque chose pour la préserver », plaide-t-il. Au programme donc, émerveiller mais aussi informer, pour sensibiliser. Mais quelles sont donc ces menaces qui pèsent sur les océans et leurs habitants ?

    1 Le plastique, poison des poissons

    Chaque année, entre 8 et 12 millions de tonnes de plastiques sont rejetées dans l’océan ! (2) De véritables « continents » de plastiques se sont même constitués. Ces éponges à polluants dégagent une odeur alléchante pour les poissons et les mammifères marins et les incitent à manger les débris… (3) De nombreux cas de baleines et de tortues étouffées par des sacs plastique ont provoqué l’émoi. Les oiseaux et autres espèces marines sont aussi victimes des « larmes de sirènes », ces particules de plastiques qui leur obstruent les voies respiratoires et leur donnent un faux sentiment de satiété. Sans oublier que l’ingestion des plastiques par les espèces marines a un impact sur toute la chaîne alimentaire.

    49 %

    des animaux marins ont disparu entre 1970 et 2012. (4)

    2 L’exploitation minière, fossoyeuse des fonds marins

    Les fonds des océans sont extrêmement convoités pour leurs minerais qui servent notamment à produire smartphones, ordinateurs ou encore batteries pour véhicules électriques. Résultat : l’exploitation minière bat son plein et ravage les fonds marins.

    L’ignorance est un frein pour toute révolution de comportement dans la lutte que l’on doit avoir pour la préservation de l’environnement.

    François Gabart

    3 La surpêche, un fléau pour un sushi

    Avec plus de 90 millions de tonnes de poissons pêchés chaque année (5), certaines espèces sont surconsommées. Pour éviter la disparition de certaines d’entre elles, respectez les saisons, consommez local, préservez les espèces menacées et privilégiez les produits labellisés !

    La Macif s’engage en faveur de la protection des océans !

    Rendez-vous au Muséum national d’histoire naturelle jusqu’au 5 janvier 2020 pour découvrir l’exposition « Océan, une plongée insolite », dont la Macif est le mécène exclusif.

    L’Essentiel de l’article

    • L’océan recouvre 71 % de la surface de la planète. (1)
    • L’ingestion des plastiques par les espèces marines impacte aussi les humains.
    • La surpêche menace la biodiversité marine.

    (1) Muséum national d’histoire naturelle, « Océan, une plongée insolite ».

    (2) Greenpeace, « Pollution des océans : l’impact des plastiques », 2017.

    (3) The Royal Society, « Odours from marine plastic debirs include food search bahaviours in a forage fish », 2017.

    (4) WWF.

    (5) FAO, « La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture », 2018.

  • Casque audio et oreillettes interdits en voiture, à vélo, en deux-roues… Et en trottinette !

    Casque audio et oreillettes interdits en voiture, à vélo, en deux-roues… Et en trottinette !

    Un projet de décret modifiant le code de la route devrait bientôt préciser les règles de circulation avec un engin motorisé (trottinette…) pour les rapprocher de celles encadrant l’usage du vélo électrique.

    1 Écouteurs ou casque audio en voiture : c’est un grand non !

    Mélomanes impénitents et accros au smartphone, cette information vous concerne ! Depuis le 1er juillet 2015, la loi est sans appel : le conducteur d’un véhicule en circulation a interdiction de porter à l’oreille tout dispositif susceptible d’émettre un son (1). Autrement dit, lorsque vous conduisez, vous ne devez porter aucun casque audio, écouteurs internes ou externes ou kit main-libre. En cas d’infraction, il vous en coûtera 135 euros, et trois points de permis : ça fait réfléchir ! Seule exception logique : les appareils de correction auditive portés par les personnes malentendantes.

    Pour écouter de la musique, on s’en remet donc à ce bon vieil autoradio et ses enceintes intégrées. Pour téléphoner, le mieux est encore de stationner, moteur éteint, le temps de l’appel !

    1 accident de la route sur 10

    est lié à l’utilisation du téléphone portable au volant. (2)

    2 Deux-roues, vélo, trottinette… C’est non aussi !

    Vous pensiez écouter vos podcasts préférés en pédalant jusqu’au boulot ? Raté ! Car l’interdiction de porter des écouteurs s’étend à tout véhicule empruntant la chaussée ou les pistes cyclables : vélos, deux-roues motorisés mais aussi trottinettes électriques et autres NVEI tels que les gyropodes et les hoverboards pour ne citer qu’eux. Les écouteurs ont, en effet, tendance à couper le conducteur de son environnement et des autres usagers (on n’entend pas arriver les voitures, même si elles klaxonnent !), le rendant plus vulnérable… et plus dangereux pour les autres.

    Seuls les dispositifs intégrés dans un casque de moto sont tolérés. À défaut, écouteurs avec ou sans fils, casques audio et autres oreillettes Bluetooth devront voyager dans votre sac ou votre poche. À défaut, vous risquez jusqu’à 135 euros d’amende en cas de contrôle, mais pas une perte de points sur votre permis de conduire (sauf pour les deux-roues motorisés dont la conduite nécessite d’être titulaire d’un permis).

    Vous êtes sociétaire Macif ?

    Profitez des ateliers prévention Diffuz.

    x3

    C’est l’augmentation du risque d’accident lorsqu’un conducteur téléphone en conduisant (avec ou sans oreillette). (2)

    L’Essentiel de l’article

    • Tout dispositif sonore porté à l’oreille est interdit pour les conducteurs de voiture, vélo et deux-roues motorisés.
    • Les écouteurs, casques audio, oreillettes avec ou sans fil et kits Bluetooth sont interdits.
    • Trottinettes électriques et NVEI (Nouveaux Véhicules Électriques Individuels) sont concernés depuis septembre 2019.

    (1) Sécurité Routière, « Téléphone au volant : la réglementation »

    (2) Sécurité Routière, « Au volant, le téléphone peut tuer »

  • Forfait mobilité durable : le vélo, ça peut être payant

    Forfait mobilité durable : le vélo, ça peut être payant

    1 Pédalage et covoiturage, boosters de mobilité durable

    La mobilité durable, ou écomobilité, est un levier essentiel de la transition énergétique. Les mobilités dites douces comme le vélo électrique ou « sec », les transports en commun et le covoiturage sont donc au cœur de la LOM, visant à cadrer la politique des transports en France sur les prochaines années. Parmi les nombreux points qu’elle aborde, la loi prévoit un « forfait mobilités durables » pour développer les transports moins polluants comme le covoiturage ou le vélo.

    80 euros/an

    C’est le coût moyen d’utilisation d’un vélo ordinaire (300 euros/an pour un vélo à assistance électrique (VAE)), contre 6 000 à 10 000 euros pour une voiture. (1)

    2 Un nouveau forfait de 400 euros maxi par an (ou pas)

    Le principe ? Inciter les entreprises privées à verser un forfait aux salariés venant travailler à vélo ou en covoiturage (les voitures en libre-service devraient aussi en faire partie). D’un montant maximum de 400 euros net par an, il est destiné à couvrir les frais d’entretien et d’utilisation de votre monture ou du véhicule servant au covoiturage. Ce forfait, remplaçant l’actuelle indemnité kilométrique vélo, avec la prise en charge d’un abonnement de transports en commun ne pouvant dépasser le montant maximum de 400 euros.

    Le hic ? La loi n’étant pas contraignante envers les entreprises privées, le forfait mobilité durable est donc optionnel. Avant de vous ruer pour acheter un vélo dernier cri, attendez donc 1/ que la loi entre en vigueur (un réexamen par L’Assemblée nationale est d’ores et déjà prévu à la rentrée) et la parution de décret(s) d’applications et 2/ d’en discuter avec votre boss.

    Bon à savoir

    Un VAE moins cher

    De très nombreuses communes accordent une prime pour l’achat d’un vélo à assistance électrique (VAE) à leurs administrés (renseignez-vous auprès de votre mairie pour savoir si vous pouvez en profiter). D’un montant forfaitaire ou en fonction du prix du vélo, elle peut considérablement alléger la facture ! De son côté, l’État propose également un « bonus VAE » soumis à condition de revenus.

    L’Essentiel de l’article

    • Les chefs d’entreprise pourront choisir de l’accorder aux salariés venant travailler à vélo ou en covoiturage
    • Il est amené à remplacer l’indemnité kilométrique vélo
    • Son plafond de prise en charge peut aller jusqu’à 400 euros par an
    • La LOM sera réexaminée en nouvelle lecture par l’Assemblée nationale à la rentrée 2019 (10/09/2019) mais il faudra attendre le(s) décret(s) d’application pour connaître les modalités d’application.

    (1) Consoglobe, C’est prouvé : rouler à vélo coûte six fois moins cher qu’en voiture, 2019

  • Dépendance : les associations au secours des aidants en détresse

    Dépendance : les associations au secours des aidants en détresse

    1 Qui sont les aidants en France ?

    Alice Steenhouwer. Il y a en France 11 millions d’aidants, en clair, cela représente 1 Français sur 5… Ils apportent une aide régulière à un proche fragilisé par la maladie, le handicap ou le vieillissement, pour les actes de la vie quotidienne : les courses, le lever et le coucher, les repas, la toilette et l’habillage, la coordination des soins… Et aussi tout simplement l’écoute et l’accompagnement psychologique. 58 % des aidants sont des femmes et 75 % ont moins de 65 ans, ce sont donc souvent des personnes qui sont encore en âge de travailler. D’ailleurs plus d’un sur deux est actif.

    75% des aidants ont moins de 65 ans.*

    2 À quelles difficultés doivent-ils faire face ?

    A. S. L’aide à la personne dépendante peut aller de quelques heures par semaine à une assistance 24 h/24 dans les cas de perte d’autonomie totale. Tous sont très exposés à la fatigue et à l’isolement, d’autant que 39 % des aidants sont seul(e)s à prendre soin de leur proche, sans relais au sein de leur entourage. Les principales difficultés rencontrées sont en effet le manque de temps et l’épuisement, mais aussi, dans une moindre mesure, la complexité des démarches administratives, la difficulté à gérer les situations d’urgence, et le manque de soutien moral. La rupture de carrière est fréquente pour les aidants actifs, ce qui entraîne l’isolement social et bien sûr la précarité financière. Parce qu’en plus de la charge affective, physique et mentale, la dépendance a également un coût avec un reste à charge parfois important pour les familles.

    Il est vital d’accompagner les aidants le plus en amont possible pour prévenir le risque de burn-out.

    3 Quels rôles peuvent jouer les associations pour soutenir les aidants ?

    A. S. Il est vital d’accompagner les aidants le plus en amont possible pour prévenir le risque de burn-out. Notre association est là pour offrir une première écoute facile d’accès, et l’information dont ils ont besoin. Les bénévoles écoutants qui animent la ligne sont tous des anciens aidants. Ils connaissent donc parfaitement les difficultés rencontrées par les personnes qui nous appellent. Notre objectif, c’est d’encourager les aidants à prendre le temps d’aller à la rencontre des professionnels de terrain qui pourront leur proposer une aide concrète, afin d’éviter les situations critiques.

    Nos bénévoles connaissent les solutions existantes au niveau national, mais aussi celles de leur territoire, sachant qu’il y a de grandes disparités d’un département à l’autre… Nous les orientons vers les dispositifs qui conviennent le mieux à leurs besoins : services publics, professionnels du sanitaire et médico-social, et bien sûr les associations spécialisées : les Cafés des Aidants de l’Association Française des Aidants, les AIRE Cancer dans les Hauts-de-France, ou toute structure locale susceptible d’apporter une aide spécifique.

    4 Quels sont les besoins les plus fréquents ?

    A. S. La plupart du temps, les aidants nous contactent pour demander de l’information. Mais au fil de la conversation avec le bénévole, on se rend compte qu’en fait, c’est surtout l’écoute qu’ils recherchent, le partage d’expérience, le soutien moral. C’est la raison pour laquelle nos bénévoles ont tous une expérience d’aidant familial, et qu’ils ont eux aussi connu l’isolement, l’épuisement, la déprime… C’est très important pour pouvoir offrir aux appelants des conseils adaptés et une écoute de qualité. C’est aussi moins intimidant de dialoguer entre pairs plutôt que de faire directement appel à un professionnel comme un psychiatre ou un psychologue.

    5 Comment encourager les aidants à se faire aider à leur tour ?

    A. S. La simplicité de contact est très importante : d’une part les aidants ont très peu de temps, mais ils ont aussi des freins psychologiques. Comme ils ne se considèrent pas malades, ils n’ont pas le réflexe de demander de l’aide. Nous avons donc fait le choix du téléphone parce que c’est un moyen de communication universel. Il permet un dialogue personnalisé et une écoute sur mesure. Nos plages horaires élargies sont adaptées à leur rythme : nous sommes joignables 7 j/7, de 8 h à 22 h.

    6 Comment devenir écoutant bénévole ?

    A.S. Nous recherchons des bénévoles en permanence. Il faut savoir que notre système permet d’exercer la fonction d’écoutant de chez soi, avec des horaires totalement à la carte, sans contrainte de régularité. L’écoutant se connecte où il veut et quand il veut pour recevoir des appels, c’est très simple ! La seule exigence est d’avoir eu soi-même une expérience d’aidant, et de suivre la formation d’écoute empathique que nous proposons systématiquement.

    Les écoutants d’Avec nos proches sont joignables au 01.84.72.94.72, 7 jours sur 7, de 8 h à 22 h, au prix d’un appel local. Retrouvez leurs profils sur le site de l’association au www.avecnosproches.com.

    Besoin de relais en cas d’urgence ? D’aide au répit ? D’accompagnement psychologique ?

    Le contrat Garantie Autonomie Macif vous apporte les solutions nécessaires.

    L’Essentiel de l’article

    • La France compte 11 millions d’aidants.
    • La principale cause de dépendance est l’âge, mais aussi la maladie et le handicap.
    • De nombreux aidants sont en souffrance.
    • Des associations comme Avec nos proches peuvent leur apporter l’aide dont ils ont besoin.
  • Et si notre temps devenait une monnaie d’échange ?

    Et si notre temps devenait une monnaie d’échange ?

    Place de la Manu dans le centre de Nantes, nichée dans des locaux colorés, voilà une banque un peu particulière. Ici, on ne vient pas pour échanger de l’argent mais du temps et des services. Le tout sous l’œil avisé de Cécile Sauzeat, banquière en chef et coordinatrice de cette Accorderie. « Ici, on est à la fois donneur et receveur, explique-t-elle. Quand vous venez pour la première fois, on établit une liste d’offres de services que vous savez et aimez faire. Une fois adhérent, vous avez alors accès au catalogue de services proposés par les autres accordeurs. »

    Un principe de base règne : quelle que soit la nature du service ou sa complexité, une heure égale une heure. Les accordeurs possèdent tous un compte « temps », avec une dizaine d’heures initiales à donner ou à recevoir en fonction de leurs besoins et de ceux des autres volontaires. Parmi les services échangés, « les plus demandés sont surtout du petit bricolage, de l’informatique, de la couture ou des sorties culturelles », informe Cécile Sauzeat. Les échanges peuvent se faire au niveau individuel entre deux accordeurs, mais aussi au niveau collectif via par exemple l’organisation d’ateliers de partage de savoir-faire où le temps passé est divisé par le nombre de participants.

    Les Accorderies en chiffres

    • 16 600 accordeurs inscrits depuis 2011
    • 71,6 % de femmes
    • 44 % de personnes vivant seule
    • 9 % de familles monoparentales
    • 30 % de salariés
    • 26 % de retraités
    • 24 % de sans emploi
    • 54 % déclarant vivre avec moins de 20 000 euros par an (29 % moins de 10 000 €)
    • Âge moyen : 52 ans

    Réseau social

    Les services proposés relèvent souvent des besoins du quotidien que les personnes ne pourraient pas s’offrir autrement. Avec une règle : ils doivent se situer hors du cœur de métier des personnes, car « l’idée n’est pas de créer de la concurrence déloyale », souligne la coordinatrice.

    Au-delà de permettre à des gens d’échanger un savoir-faire, une Accorderie est aussi et surtout un lieu pour lutter contre la précarité et la pauvreté de liens sociaux. « On est tous égaux dans une Accorderie. On échange des savoirs, indépendamment de notre statut social, de notre condition professionnelle », martèle Pascale Caron, présidente du réseau des Accorderies en France.

    À Nantes, 80 % des volontaires déclarent gagner moins de 20 000 euros par an. « Parfois, je me rends compte que les gens qui ont des revenus supérieurs sont bien plus isolés que d’autres qui gagnent très peu mais qui sont très débrouillards, avec un réseau social solide », constate Cécile Sauzeat.

    Parmi les accordeurs nantais, beaucoup sont en recherche d’emploi. De fait, proposer de rendre service à quelqu’un d’autre permet de se remettre en action et de valoriser ses compétences. « C’est la première marche pour retrouver l’estime de soi », observe Pascale Caron. Le concept donne parfois lieu à des rencontres improbables. Comme cette vice-consule qui adorait repasser et qui a proposé ses services… à un bénéficiaire du RSA.

    Mouvement de fond

    Un an et demi après l’ouverture du local nantais, 73 personnes, de 23 à 76 ans, font désormais partie du réseau. Sur le territoire, 36 autres Accorderies ont été créées depuis 2011 – la dernière en date a ouvert à Cachan –, fédérant ainsi près de 16 000 volontaires. Trois autres lieux devraient voir le jour d’ici la fin de l’année, dans les villes de Caen, Mâcon et Orléans. Un engouement qui dépasse celui du Québec où est née l’initiative en 2002.

    Si ce succès montre la volonté croissante de nombreux Français de participer à la vie locale via l’entraide, cela exprime aussi les besoins croissants de certains citoyens vulnérables. Parmi les volontaires, près de la moitié (44 %) vivent seuls et près d’un quart (24 %) sont sans emploi. Près de deux tiers vivent dans une certaine précarité, plus de la moitié déclarant vivre avec moins de 20 000 euros par an. Devenir membre d’une Accorderie permettrait alors de se relier aux autres et de reprendre confiance en soi à un moment où l’on se sent vulnérable.

    Comme toute structure d’action sociale sans but lucratif, les Accorderies doivent aussi faire face aux nombreux défis liés au financement de leur déploiement. Bien qu’il s’agisse de lieux sans échanges monétaires, des fonds sont néanmoins nécessaires à la création de ces banques. Pour chaque antenne, au moins une personne est embauchée pour lancer la dynamique, animer le réseau, orienter les personnes. En parallèle, des accordeurs sont invités à donner un coup de main au fonctionnement de l’association, en assurant l’accueil ou l’entretien des locaux, en contrepartie de chèques temps. Chaque Accorderie est subventionnée par plusieurs partenaires : des fondations, comme la Fondation Macif qui a importé le concept en France, la CAF (Caisse d’allocations familiales), le Secours catholique, les départements ou encore les municipalités.

    Les Accorderies ne sont pas seules !

    Dans les villes de l’Hexagone, d’autres banques de temps ont émergé ces dernières années, comme le Rézo à Mulhouse ou le réseau Ecotemps. Partis du monde rural, les Systèmes d’échanges locaux (SEL), où l’on échange des services mais aussi des biens, sont quant à eux nés dès le milieu des années 1990. Plus ou moins au même moment que les Time Banks aux États-Unis. En Espagne, les Bancos de Tiempo ont connu un réel essor au début de la crise économique.

    Territoires en confiance

    Comment décrypter cet engouement pour les monnaies-temps ? Au fond, les Accorderies réaffirment deux principes universels : l’entraide et le fait que nous disposons tous de 24 heures par jour. « Une heure vaut une heure pour chaque échange, sans tenir compte de l’intensité. Être présent pour garder un animal pendant deux heures, c’est moins intense que de s’occuper d’enfants sur la même durée. Mais dans une banque de temps, on dit que c’est la même chose. Cela a un rôle démocratique extrêmement fort, car on met tout le monde sur un pied d’égalité. Que je sois chômeur, au RSA ou trader, ces fonctions sont complètement annulées », observe Jérôme Blanc, économiste et professeur à Sciences Po Lyon.

    Selon lui, le grand intérêt des banques de temps réside dans « l’entretien de manière active d’un lien social dans un quartier ou une ville, sans objet économique. On construit des relations de confiance sur un territoire donné. » En luttant contre la précarité et l’isolement social, ces lieux sont un investissement pour l’avenir. Un réel atout pour les pouvoirs publics. La mairie de Nantes l’a d’ailleurs bien compris, en étant à l’initiative du projet d’Accorderie, dès 2015.

    De son côté, Pascale Caron va même plus loin en imaginant comment les banques de temps pourraient inspirer les pouvoirs publics : « Imaginez, sur la question des aidants : si l’État reconnaissait le temps qu’ils consacrent à leurs proches en leur donnant accès à des services ? » imagine-t-elle.  À méditer…

  • Logement : la France peut-elle venir à bout de ses passoires thermiques ?

    Logement : la France peut-elle venir à bout de ses passoires thermiques ?

    Près d’un logement sur cinq en France est considéré comme « passoire thermique » : mal isolés, ces habitats pèsent lourds sur la facture énergétique du pays mais aussi sur le budget des ménages, notamment les plus modestes. Alors que le dérèglement climatique s’intensifie, sur fond de baisse du pouvoir d’achat, la lutte contre ces « passoires » est devenue urgente.

    Un combat écologique d’abord, car le secteur du bâtiment résidentiel représentait selon l’Ademe (1) près de 26 % des consommations d’énergies finales du pays en 2015. Un enjeu de justice sociale ensuite car sur les 2,6 millions de ménages modestes occupant des « passoires thermiques », près de la moitié est en situation de « précarité énergétique ». Ces derniers dépensant plus de 10 % de leurs ressources économiques pour se chauffer. « En moyenne, un ménage consomme 1 500 euros de facture d’énergie annuelle. Au-delà de 2 000 euros, c’est qu’il vit probablement dans une passoire thermique », constate Franck Billeau, président du réseau Eco-Habitat qui accompagne les ménages dans l’amélioration thermique de leur logement.

    « On peut diminuer jusqu’à 75 % sa facture d’énergie »

    Pour les personnes résidant dans l’un de ces logements mal isolés, bien souvent construits avant 1975 (date des réglementations thermiques dans la construction), la rénovation énergétique peut être un moyen de gagner en pouvoir d’achat, tout en préservant l’environnement. Selon le collectif Renovons (2), la rénovation d’une passoire thermique permettrait à un ménage d’économiser plus de 500 euros par an sur sa facture énergétique. « On peut diminuer jusqu’à 75 % sa consommation d’énergie. Dans le cas des passoires les plus importantes, avec des chauffages coûteux tournant au fioul, on peut atteindre 1 000 euros d’économie par an », explique Marie Moisan, animatrice du Cler.

    « Mais tendre vers une sobriété énergétique, c’est aussi lutter contre le réchauffement climatique, car ces logements utilisent de l’énergie issue de ressources fossiles (fioul, gaz) et produisent des gaz à effets de serre », ajoute-t-elle. Toujours selon l’Ademe, les émissions de CO2 liées aux bâtiments résidentiels représentaient 20 % des émissions totales françaises en 2015.

    Les chiffres de la précarité énergétique

    • 3,8 millions de ménages (14 %) consacrent plus de 10 % de leurs revenus aux dépenses d’énergie dans le logement
    • 5,1 millions de ménages (12 millions d’individus) en situation de précarité énergétique, dont 62 % sont propriétaires-occupants
    • Sur un parc de 30 millions d’habitations, on compte aujourd’hui 7,4 millions de « passoires thermiques »
    • Ces logements très énergivores sont occupés par 2,6 millions de ménages modestes, dont la moitié en situation de « précarité énergétique ». Selon l’Inspection générale des finances et du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), ce chiffre inclurait 218 000 propriétaires considérés comme « très modestes » et 200 000 propriétaires « modestes »

    Source : Observatoire national de la précarité énergétique, Ademe, CGEDD.

    Un millefeuille d’aides

    Attention : l’idée n’est pas juste de changer de chaudière, mais d’isoler totalement son logement, en agissant sur les toitures, les combles et les parois. Certes cela coûter cher, de l’ordre de 40 000 euros pour une maison de 100 m² (3). Mais « plus on fait des travaux conséquents, plus les économies vont être conséquentes », note Marie Moisan.

    C’est pourquoi de nombreuses aides existent pour aider à financer la rénovation énergétique des logements. C’est le cas du « Crédit d’impôt pour la transition énergétique » (CITE), qui s’adresse à tous (locataires ou propriétaires occupants), sans conditions de revenus, avec des plafonds de dépenses à respecter (4). « Il faut juste avoir déclaré ses revenus (pas besoin d’être imposable) et avoir comme projet de réaliser des travaux de performance énergétique, dans un logement achevé depuis plus de deux ans. Cette prime représente sur l’isolation 30 % du montant de la facture », indique Marilyne Vialles, responsable du Service mobilisation citoyenne et média de l’Ademe.

    Dans le cadre du projet de loi énergie-climat débattu et adopté par l’Assemblée nationale le 28 juin dernier, ce crédit d’impôt sera transformé en prime (subvention) versée au moment des travaux dès 2020 pour les ménages modestes, et en 2021 pour tous. Les ménages modestes peuvent déjà bénéficier d’aides aux travaux, proposées par l’Agence nationale de l’habitat (Anah). Ces subventions, qui vont de 2 000 à 20 000 euros, sont soumises à des conditions de ressources, ainsi que de performances des travaux, une estimation des économies réalisées en fonction de la rénovation envisagée devant être réalisée par un professionnel (5).

    « Tout un dossier doit être monté auprès de l’Anah : c’est plus compliqué que pour obtenir le CITE mais, au bout, il est possible de cumuler les deux afin de réduire la facture des travaux de 80 % », explique Marilyne Vialles. Pour de nombreux propriétaires, cela représente encore un investissement substantiel, d’où la nécessité d’aides complémentaires. Les collectivités territoriales, elles aussi, se mobilisent en proposant des aides complémentaires à celles de l’Anah. C’est par exemple le cas du conseil départemental de l’Hérault avec son Fonds d’aide aux travaux de maîtrise de l’eau et de l’énergie (6) qui, outre une enveloppe financière, accompagne aussi les ménages dans leurs démarches via l’association Gefosat.

    Il est aussi possible de bénéficier d’autres aides, comme l’Éco-prêt à taux zéro (Éco-PTZ). Sans intérêts, il peut aller jusqu’à 30 000 euros et financer la fourniture et la pose de matériaux et d’équipements, mais aussi les frais liés à la maîtrise d’œuvre (7). Enfin, les fournisseurs et distributeurs d’énergie, comme EDF, Engie ou encore Leclerc, qui ont l’obligation de participer à l’effort de réduction des émissions de CO2 et de consommation d’énergie de leurs clients, peuvent leur accorder des « primes énergie », ainsi que des prêts bonifiés dans le cas de ménages modestes, dans le cadre du dispositif des Certificats d’économies d’énergie (CEE) (8).

    Que dit le projet de loi énergie-climat ?

    Destiné à actualiser la loi de transition énergétique de 2015, le projet de loi énergie-climat discuté et adopté cet été par le Parlement prévoit un dispositif progressif afin de lutter contre les « passoires thermiques ». Pour les ménages les plus modestes, des primes (jusqu’à 11 000 euros) seront versées dès 2020 au commencement des travaux.

    À partir de 2021, les propriétaires n’auront plus le droit d’augmenter librement le loyer d’une « passoire » (logement classé F ou G, consommant plus 331 kWh/m2/an) entre deux locataires sans l’avoir rénovée. Dès 2022, un « audit énergétique » – accompagné de propositions de travaux – sera rendu obligatoire pour tout logement mis en vente ou en location.

    À partir de 2028, les propriétaires de logements (hors copropriété) classés F ou G auront l’obligation de les rénover pour atteindre au minimum la classe E.

    Retrouvez une liste des différentes aides financières à la rénovation sur le site de l’Ademe.

    Un accompagnement impératif

    « Les solutions existent et il est possible d’en cumuler entre 10 et 15, jusqu’à mobiliser 40 000 euros d’aides. Mais pour cela, il faut se faire accompagner, sous peine de vite se décourager », remarque Franck Billeau de Eco-Habitat. Car ce millefeuille d’aides, et donc de dossiers à monter, peut en désorienter plus d’un. « La première chose à faire, c’est de prendre contact avec un opérateur agréé par l’Anah, des associations partenaires ou le réseau FAIRE (Faciliter, Accompagner, Informer pour la Rénovation Energétique). service public gratuit composé de 600 conseillers en rénovation énergétique », conseille Marie Moisan.. Ces opérateurs vous aideront ainsi à vous repérer parmi les différentes aides.

    Pour améliorer les dispositifs existants, la plupart des spécialistes du sujet préconisent de réduire leur nombre et de simplifier les parcours de ceux qui veulent rénover leur logement. « Le fait qu’il y ait autant de dispositifs, sans cohérence dans les territoires, dilue souvent le message. Il faudrait peut-être s’interroger sur la possibilité d’une simplification de tous ces programmes, au travers de structures qui fédéreraient davantage les dispositifs privés et publics, afin de délivrer une réponse globale aux familles », estime Franck Billeau.

    Et de citer l’exemple du dispositif Picardie Pass rénovation, un accompagnement de A à Z proposé par la région Hauts-de-France à tous les ménages, des conseils techniques à la recherche de solutions personnalisées de financement (9). De tels dispositifs de « tiers-financement », qui mobilisent tous les acteurs du secteur, ont également été lancés dans les régions Grand-Est et Occitanie.

    (1) Ademe, Les Chiffres clés 2015 : Climat, air, énergie, http://multimedia.ademe.fr/catalogues/chiffres-cles-2015-climat-air-energie/common/data/catalogue.pdf

    (2) « Coûts et bénéfices d’un plan de rénovation des passoires énergétiques à horizon 2025 », février 2017, http://renovons.org/Le-scenario

    (3) https://decrypterlenergie.org/quel-est-le-vrai-prix-de-la-renovation-energetique-performante-et-peut-on-se-le-permettre

    (4) https://www.ademe.fr/particuliers-eco-citoyens/financez-projet/renovation/dossier/credit-dimpot/conditions-2019-beneficier-credit-dimpot-transition-energetique

    (5) http://www.anah.fr/proprietaires/proprietaires-occupants/renover-votre-logement-avec-habiter-sain-ou-habiter-serein/

    (6) https://www.precarite-energie.org/FATMEE-de-l-Herault-Fonds-d-aide.html

    (7) https://www.ademe.fr/particuliers-eco-citoyens/financez-projet/renovation/dossier/eco-pret-a-taux-zero/tout-savoir-leco-pret-a-taux-zero-2019

    (8) https://www.ademe.fr/particuliers-eco-citoyens/financez-projet/renovation/aides-entreprises-fourniture-denergie

    (9) https://www.pass-renovation.picardie.fr/

  • Cyberharcèlement sur les réseaux sociaux : 3 conseils d’expert pour protéger son ado

    Cyberharcèlement sur les réseaux sociaux : 3 conseils d’expert pour protéger son ado

    1 Le cyberharcèlement, c’est quoi exactement ?

    Intimidations, moqueries, menaces, piratage de compte, diffusion d’une photo ou création d’un groupe visant à salir la réputation de votre enfant ou adolescent sur les réseaux sociaux sont assimilés à du cyberharcèlement. À savoir également : l’harceleur peut être un individu ou un groupe.

    Le saviez-vous ?

    Si les moins de 13 ans ne peuvent s’inscrire officiellement à un média social (conformément à la loi COPPA visant à protéger les données des mineurs sur Internet), 57% des 11-12 ans et 26% des 9-10 ans ont déjà un compte. (1)

    2 Le cyberharcèlement, comment le prévenir ?

    Conseil n° 1 : leur apprendre à vivre avec les réseaux sociaux !

    Les réseaux sociaux satisfont le besoin d’expression, de proximité et d’appartenance à un groupe des jeunes, mais ils comportent aussi des risques. D’où la nécessité d’apprendre à son enfant à reconnaître et à faire face au cyberharcèlement, qu’il en soit victime, témoin ou auteur. Expliquez lui l’intérêt de réfléchir à deux fois avant de poster un commentaire, une photo ou une vidéo. Il faut que l’ado comprenne que pudeur et courtoisie sont de mise sur les réseaux sociaux.

    De plus, rappelez-lui que l’image de ses amis ne lui appartient pas et qu’il est donc important de leur demander une autorisation avant de mettre en ligne un contenu sur lequel ils apparaissent.

    « Souvent, les adolescents ne réalisent pas que la photo ou le commentaire qu’ils vont publier sera visible par des centaines de personnes. Il faut le leur rappeler et les inviter à se poser la question : est-ce que je suis sûr de vouloir que cette photo devienne publique et apparaisse sur Internet dans la durée ? », rappelle Charlotte Bugnon, intervenante en prévention en milieu scolaire.

    Une précaution qui permet donc de limiter les risques de cyberharcèlement, mais pas de les éliminer. Raison pour laquelle il est important de faire entendre à son enfant que même des contenus jugés “sans risque” pourraient un jour lui valoir des moqueries, mais qu’il n’en serait en aucun cas responsable.

    Conseil n° 2 : rester curieux !

    Facebook, Instagram, Snapchat et Twitter passent encore… En revanche, lorsqu’il vous a parlé de TikTok, vous avez tiqué. Jamais entendu parlé. Idem pour WhatsApp et Ask.fm.

    « Les parents doivent s’intéresser à la vie numérique de leur progéniture pour la comprendre. Télécharger ses applications est une bonne façon de savoir ce qu’il s’y passe et quel type de contenus on y partage », explique l’experte.

    Vous pouvez aussi demander à votre ado de vous expliquer comment fonctionne ses différentes applis.

    Cependant, exercer une surveillance accrue de son enfant n’est pas préconisé. Plutôt que de lui demander ses identifiants ou de le demander en ami, amorcez ponctuellement la discussion sur le sujet du cyberharcèlement, demandez-lui si tout va bien et surtout, rappelez-lui que vous êtes à son écoute si jamais lui ou l’un de ses camarades rencontrait un problème sur les réseaux. Une bonne façon de le responsabiliser et d’installer une relation de confiance.

    Bon à savoir

    Si vous vous posez des questions sur l’utilisation des réseaux sociaux faite par votre enfant, n’hésitez pas à contacter Net Écoute. Ce site, gratuit et anonyme, vous met en relation par téléphone au 0800 200 000 (appel gratuit) ou chat avec des spécialistes du sujet.

    Conseil n° 3 : garder ses petits secrets bien secrets !

    Sur les réseaux sociaux, il est possible de paramétrer le compte de façon à déterminer qui a accès au profil et quelles informations sont visibles. Discutez avec votre enfant de quels paramètres vous semblent important et pourquoi et paramétrez, ensemble, les éléments qui vous semblent nécessaires à tous deux.

    Vous pouvez, par exemple, mettre le compte Facebook de votre adolescent en privé pour qu’il ne soit visible que par ses amis. Bonne idée aussi : désactiver l’option « Autoriser les autres à me trouver » afin d’empêcher que son profil ne soit trouvable via une recherche par adresse mail ou numéro de téléphone. Restreignez également à un petit cercle d’amis qui peuvent commenter ses posts pour éviter les dérives. Enfin, sensibilisez votre enfant au fait que ses mots de passe doivent rester strictement confidentiels afin de prévenir le risque de piratage de compte et d’usurpation d’identité.

    78 %

    des 12-17 ans qui possèdent un smartphone ont au moins un compte sur les réseaux sociaux. Snapchat est le réseau le plus fréquenté (62 %), devant Facebook (53 %) puis Instagram (50 %) par les jeunes. (2)

    L’Essentiel de l’article

    • Demandez à votre ado qu’il vous montre comment les applications fonctionnent et comment il les utilise.
    • Adapter avec lui les paramètres de confidentialité des réseaux sociaux sur lesquels il est inscrit.
    • Informez votre enfant des potentiels risques liés au réseaux sociaux et encouragez la discussion à ce sujet.

    (1) Les jeunes, nouveau partenaire de consommation ? Junior Connect’2016 – Ipsos : Étude Médiamétrie : Les 15-24 et le le digital (2015); UE Kids online IIII (2014) “UE Kids online : findings, methods, recommandations”

    (2) BVA, « Les adolescents et les smartphones », 2018.